Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 17:17

NOUVEL EPISODE DE LA GUERRE SOCIALE TRANSNATIONALE

Voici le précariat !

 

Comme il le fait chaque année depuis 1954 le groupe de Bilderberg s’est réuni pendant quatre jours  à huis clos à Dresde.

Il a rassemblé des hommes d’influence qui de part et d’autre de l’Atlantique défendent en commun les intérêts mondiaux des grandes entreprises capitalistes des Etats-Unis et de l’Union Européenne.

Ce ne sont pas comme on l’écrit trop souvent les 150 personnes qui dirigent le monde mais un des lieux où s’organise la domination de classe.

Il y a les stratèges : Kissinger, Christine Lagarde, Schaüble, ministre des finances allemand stratège du plan de destruction de la Grèce après l’avoir été de celui de la RDA, accompagnés par deux anciens chefs de l’armée US : Petraeus et Breedlove, chargés de faire respecter par la force ou l’intimidation la stratégie retenue.

Les maitres de la finance,  ces banques ou fonds d’investissement qui sont autant de corps d’armées de la guerre de classe. : Lazard, HSBC, Deutsche Bank, Banco Santander. Faites connaissance avec Patricia Barbizet qui, à la tête du fonds Artemis passe pour la femme d’affaires la plus puissante de France. Elle siège ou a siégé dans les Conseils de Kerring (ex PPR), Air France, Total, Bouygues,  PSA…

Des pétroliers : Shell, BP et Norsk Hydro. Des grandes industries : Airbus, Fiat, Siemens, Honeywell…

Des faiseurs de rois dans les élections importantes : Henri de Castries, Ex PDG d’AXA  promoteur  de l’opération  Hollande II  ( frémissez citoyens ! mais  le grand capital ne va pas se séparer si facilement d’un serviteur si docile ), Edouard Philippe,  maire du Havre qui porte la casaque de l’autre écurie du grand Capital l’écurie Juppé ( présent en personne l’an dernier), peut-être surveillé de prés par Olivier Blanchard ex économiste en chef du FMI probable membre de l’écurie/incurie Sarkozy,  Mehmet Simsek  vice premier ministre  turc, homme de main du sultan Erdogan qui sent son pouvoir vaciller et se fait fascisant.

Les hommes de la coulisse qui dans des clubs, des think tanks (un tank de la pensée c’est comme un tank  sur le champ de bataille, fait pour écraser le camp adverse) produisent les analyses, les techniques qui sont ensuite mises en pratique dans les entreprises Ainsi Nicolas Baverez, président de l’Institut Montaigne.

Les chiens de garde : Etienne Gernelle, PDG du Point chargé de retourner l’opinion contre les syndicats en lutte contre la loi Travail qui n’hésite pas à ressortir  l’épouvantail communiste avec Maurice Thorez et Jacques Duclos sur sa dernière. Il et en très bonne compagnie avec les leaders de la com.corporate capitaliste anglo-saxonne : Financial Times, Bloomberg, The Economist

En cette huitième année de  crise systémique du capitalisme, ces messieurs (deux femmes sur 150 participants) viennent de manifester leur inquiétude et ils l’ont fait en annonçant que le partage du pouvoir entre le capital et le travail allait prendre une nouvelle forme dominante : le précariat.

La précarité n’est certes pas chose nouvelle mais créer la catégorie sociale globale du précariat  montre une détermination à réduire l’autre catégorie qui aujourd’hui dans les pays capitalistes occidentaux est  encore numériquement dominante : le salariat. Il n’a pas suffi de créer partout des quantités croissantes de chômeurs. Il faut maintenant s’attaquer au cœur de la classe travailleuse qui est décidément bien trop organisée du goût de ces messieurs.

PRECARIAT : immense fourre-tout qui va des contrats anglais  ZERO HEURE, forme contemporains du servage, aux contrats Harz à  600 Euros mois en Allemagne, à tous les vrais-faux contrats de travail (bénévolat, stages, CDD …) les auto-entrepreneurs auto-exploités en passant par les « arrangements » , accords imposés par le patronat en écartant toute référence à des conventions collectives (vous avez reconnu la loi Travail et l’introduction du « braquage » dans les négociations d’entreprise ; « tu signes ou je ferme ! » sans oublier toutes les entreprises de serf-ice. But : diviser cette énorme masse par une infinité de sous-statuts toujours en évolution pour affaiblir toute organisation de classe.

Le précariat c’est l’insécurité sociale permanente, le ciel capitaliste qui à tout instant peut vous tomber sur la tête. Le précariat c’est des lois de plus en plus ténues pour renforcer le pouvoir du Capital sur la Travail.

Il suffit de lire l’article  1 de la loi Travail

1° Les libertés et droits fondamentaux de la personne sont garantis dans toute relation de travail. Des limitations ne peuvent leur être apportées que si elles sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché 

Les droits des travailleurs sont garantis sauf s’ils mettent en cause les droits du Capital. Qui est juge des « nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise » ? La réponse est connue : le représentant du Capital ! Sauf bien sûr dans le cas de propriété sociale ou collective des moyens de production. La seule véritable « refondation du code du travail » comme ils osent écrire dans la loi, serait fondée sur  ces nouveaux modes de propriété.

Quand il y a conflit entre les intérêts du Travail et ceux du Capital, ceux-ci priment puisqu’ils peuvent « limiter » les droits du travailleur. Après avoir ainsi clairement hiérarchisé, les droits du Capital passant avant ceux du Travail qu’ils peuvent limiter, l’article 4 en parlant d’égalité dans l’entreprise  entretient la confusion. Il est vrai qu’en prenant pour exemple l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, objectif déjà affiché et jamais atteint  il montre  son caractère purement incantatoire.   

Osant toutes les mystifications l’article 2 met en avant le respect de la dignité du travailleur : messieurs les patrons sont priés de licencier dignement, de ne pas payer des heures supplémentaires effectuées dans la dignité,  d’oublier dignement de payer l’URSSAF, de confier dignement  leurs économies aux paradis fiscaux …Les drones juridiques vont envahir les entreprises : du haut d’une lointaine DRH  ils vont cibler des salariés ou des unités de production : après des réunions discrètes au sommet , la DRH émet un email licencieur, un missile social… dignement, pas un cri, pas un gros mot, qui sait même une cellule de soutien psychologique  …a posteriori …pour le trauma …

Ainsi meurent dans le mensonge les républiques.

Ce sont des façades rongées de l’intérieur par le club de Bilderberg et tous ses avatars qui décident des politiques gouvernementales loin des parlements.

 

 

 

30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 10:53

Comme l'a rappelé dans une phrase célèbre le milliardaire étasunien Warren Buffet pour qu'il y ait lute il faut qu'il y ait deux adversaires . Il n'hésitait donc pas à affirmer que la classe capitaliste - aujourd'hui capitaliste internationale - était en lutte permanente et qu'elle était aujourd'hui proche de la victoire.

Mais trop pressé de prendre un peu de repose à l'issue d'une bataille qu'il pensait victorieuse il essayait de tirer une leçon définitive de la contre révolution conservatrice initiée dans les années 1980 et aggravée par la crise prolongée ouverte en 2008. Rien n'est joué et dans le tout nouveau texte qui suit Robert Charvin porte un autre regard sur la lutte toujours renouvelée.

 

*****************************************************************************************************************

La sacrée lutte des classes !

 

Robert Charvin

 

 

            Dans toute l'Europe, y compris à ses marges comme en Turquie, progresse l'influence d'organisations néofascistes variées[1], y compris au sein des forces de l'ordre des différents États.

 

          A la situation de crise économique, s'ajoute la responsabilité d'alliances de droites « décomplexées » et de fausse « gauches » : parfois, il s'agit de gouvernement d'union (Allemagne, Autriche) ; dans d'autres cas, la politique de soi-disant partis « socialistes » est faite de compromissions avec les grands intérêts privés. Le prétexte est l'ajustement « moderniste » aux difficultés du temps, notamment à la concurrence mondialisée. Le résultat est un discrédit global du politique et des « partis de gouvernement », … pour le plus grand profit des pouvoirs privés : « durant la crise, les affaires continuent »...

 

          Cette droitisation économiciste, indifférente à son impact social, est l'expression d'une incompatibilité croissante entre les quelques acquis démocratiques de l'après-seconde guerre mondiale et le système socio-économique hyper-concentré et mondialisé.

 

          Les stratégies financières des grands groupes privés transnationaux sont handicapées par des institutions étatiques d'un autre temps (en dépit de leur besoin permanent d’État à leur service), par un personnel politique globalement aligné mais encore doté d'une autonomie relative (en raison des élections), par une masse de travailleurs jugée insuffisamment manipulée, encore trop souvent revendicative mais de plus en plus « inutile » au système qui ne sait plus qu'en faire (plus de 20 millions de chômeurs dans le cadre de l'Union Européenne, des certaines de milliers de jeunes et de réfugiés sans emplois, etc.).

 

          Les extrêmes droites perturbent (en attendant des alliances probables) les droites affairistes classiques : leur radicalité remet en cause la quiétude requise pour le monde des affaires qui tend traditionnellement à éviter les outrances pour exploiter la paix. Toutefois, dans le désordre qui se développe, ces néofascistes ont le « mérite » de faire dévier la lutte contre le capital en combat contre « l'élite », c'est-à-dire contre les castes politico-bureaucratiques de droite ou de gauche qui font le spectacle, opacifiant la réalité du pouvoir économique et financier.

 

          Le monde des affaires a trouvé souvent très efficace la social-démocratie qui sait conjuguer l'oppression économique traditionnelle, le libéralisme politique, la permissivité des mœurs. Cette capacité « socialiste » répond aux besoins du marché combinant gestion sociale, économique et financière autoritaire au profit des intérêts privés des grands groupes, sous couverture de la « protection » des petites entreprises (dont beaucoup d'ailleurs sont des filiales des grands groupes) et d'une volonté affichée de « sauver ce qui peut l'être » pour les petites gens. La social-démocratie réalise le dédoublement de la possession (du capital) et de la gestion globale (des affaires et de la société), transformant le gouvernement en un simple organe de management et d'animation idéologique. Elle permet d'homogénéiser les contradictions du système. Loin d'apparaître comme un appareil d’État désuet, archaïque, la bureaucratie social-démocrate devient technocratie à la pointe du progrès technologique : comme l'extrême-droite, la social-démocratie détourne la vindicte contre le capital et lui sert de bouclier, y compris en sacrifiant parfois certains intérêts secondaires de la classe dominante : pour persévérer dans son être (accroître le profit), le capitalisme peut sacrifier bien des choses ….

 

          Tout va relativement bien pour le système tant que la séduction reste possible. Aussi longtemps, par exemple, que la consommation ludique (sur modèle étasunien), stimulée par les médias et les vitrines, est accessible pour la jeunesse, notamment. Tant que peut être satisfaite, au moins partiellement, l'acquisition des biens relevant du « marché du désir »[2].

 

          Mais semble être venu le temps nouveau des blocages généralisés d'un système à bout de souffle et de solutions attractives et pacifiques. Comme si la pseudo-démocratie politique devenait gênante et les éléments de démocratie sociale insupportables. Comme si toutes les superstructures du capitalisme contredisaient le présent et surtout l'avenir des intérêts du capital toujours plus concentré en quelques mains au niveau de chaque pays et de la planète.

 

          Le monde des affaires hésite et sans doute se divise (tout en jouant toutes les cartes sans « dogmatisme ») entre la solution social-démocrate, la droite « classique » (qualifiée en France de « républicaine »), l'extrême-droite, l'union des droites, la confusion droite-gauche....)[3]. L'option peut varier d'un pays à l'autre (l'Union Européenne assurant la cohérence minimale), mais les besoins sont standards : les grands intérêts privés sont en jeux.

 

 

 

 

1.              Le « besoin » d'autoritarisme

 

 

          Chaque système politique répond au « besoin » historique du moment, défini par les forces dominantes.

 

          Les « besoins » d'un capitalisme de petites et moyennes entreprises, sous direction des partis républicains du centre-gauche et de droite modéré, s'affirme avec le parlementarisme de la III° République, où fonctionne un esprit de compromis permanent (interrompu seulement quelques mois en 1936 avec un Front Populaire rapidement trahi par la « pause sociale » décrétée par le gouvernement Blum[4]).

 

          « L’État Français » qui gérait la collaboration avec l'occupant allemand et la répression anticommuniste et antisémite ne pouvait qu'être ultra-centralisé et tout le pouvoir était concentré entre les mains du Chef de l’État et du Chef du gouvernement.

 

          Les exigences d'un capitalisme de grandes unités coïncident en 1958 avec les revendications des colons en Algérie, avec la volonté de réduire le rôle du parti communiste et de rendre difficile l'accès à la Présidence de la République d'un candidat de la gauche, même unie. Le système présidentiel né avec la Constitution de 1958 a fonctionné dans ce sens durant 23 ans, jusqu'en 1981. De surcroît, l'Europe des Affaires ligote les politiques nationales dans leur cadre strictement capitaliste.

 

          Mais les mutations du capitalisme devenu essentiellement financier et mondialisé fabriquent de nouveaux besoins, tenus en échec en France lors des crises de 1995, de 2005 (projet refusé de « Constitution » européenne) et de 2008 (krach bancaire).

 

          La surconcentration du pouvoir politique entre les mains de « l'exécutif » (Président et gouvernement) est une exigence pour les grands groupes qui ont besoin d'un État fort à leur service, par-delà les ambitions de certaines personnalités, les patriotismes de parti et les jeux politiques traditionnels. L'autoritarisme de trouve ainsi renforcé avec la vulgarité brutale du sarkozysme et le médiocratisme pro-libéral du hollandisme, nouvelles étapes de la « modernisation » de l'appareil d’État, du droit pénal, du droit du travail et du droit économique. A l'exception de quelques mesures sociétales, les contre-réformes sont de nature répressive, défavorables aux intérêts populaires. Le discours officiel continue cependant à cultiver la fiction d'une politique « républicaine et démocratique » : Sarkozy et Hollande et leurs équipes, comme celles se préparant à suivre en 2017 chez les « Républicains » et au Parti Socialiste, répètent que les mesures prises et à prendre visent « à réduire le chômage grâce à la croissance conditionnée par la libération optimale de l'entreprise lui permettant de faire face à la concurrence internationale ». Il n'y aurait « aucune alternative » : les autres politiques sont archaïques ou utopiques.

 

          A ce discours primaire d'un mode de production qui ne peut plus faire autrement que de se dévoiler, affichant de plus en plus ses formes les plus arrogantes et les plus inéquitables, s'ajoute (« cadeau politique » circonstanciel) l'antiterrorisme qui, opportunément, permet d'appeler à « l'unité nationale » et à un rapprochement droite-gauche pour assurer la sécurité nationale et faire oublier l'insécurité sociale généralisée. Toutes les mesures d'exception (y compris évidemment l'état d'urgence, plusieurs fois prolongé) restreignant les droits individuels et le rôle de la justice sont ainsi légitimées.

 

          Simultanément, une pédagogie de la répression est soigneusement orchestrée au profit de la police (modérément républicaine) et de l'armée que les citoyens s'habituent à rencontrer dans leur quotidien. La peur de l'attentat est instrumentalisée de façon à ce que le pouvoir soit perçu comme « protecteur ». Les grands médias, propriétés des groupes économico-financiers, en rajoutent tout en cultivant, avec plus ou moins de subtilité, la « nécessaire » xénophobie et l'inévitable racisme à l'égard des ressortissants des ex-colonies (y compris nationaux) et des réfugiés venus du Sud, tous parfaits bouc-émissaires.

 

          Quelques arguments secondaires sont aussi utilisés en vue d'atteindre un consensus pro-autoritaire. Parmi ceux-ci, les « menaces » internationales. La « menace russe » occupe une bonne place[5] : les réseaux français complices seraient capables « d'avoir un impact mortifère sur l'Europe » !

 

          La Chine fait aussi l'objet de toutes les critiques, bien qu'elles soient tempérées par des liens économiques et financiers irremplaçables[6]. Il demeure néanmoins qu'il « faut » réagir au « danger » qu'elle représente.

 

          Le monde arabe est pour sa part globalement infréquentable : à lui seul, il cumule toutes les composantes conduisant à son rejet systématique et aux accusations multiples (souvenirs historiques, hostilité à l'Islam, pratique violente extrême, problèmes du pétrole, etc.). Il représente une menace directe constamment rappelée, alors que Daesh et les Frères Musulmans ont bénéficié de la part de l'Occident de multiples complaisances et complicités[7].

 

          Plus généralement, les peuples du Sud, particulièrement ceux d'Afrique (pour lesquels la colonisation, réhabilitée dans l'opinion, a été une « bonne école ») sont encore à « civiliser » et font courir des risques aux investisseurs occidentaux que l’État « doit » protéger, avec l'appui des peuples européens[8].

 

          Lorsque se développent des campagnes idéologiques du plus bas niveau, assimilant nazisme-communisme-islamisme, la boucle est bouclée[9].

 

          Les décennies de « droitdel'hommisme », longtemps présentées comme la légitimité de l'Occident contre tous les totalitarisme, s'effacent ainsi progressivement. La priorité apparaît désormais à une sorte de mobilisation générale initiée par les exécutifs en faveur d'un système « fort » et « sécuritaire » toujours moins démocratique.

 

 

2.               Les précautions à prendre

 

          Dans chaque pays, comme à l'échelle internationale, il y a toujours eu dans l'Histoire des dominants et des dominés. Chaque peuple se subdivise en une minorité de privilégiés et une masse plus ou moins soumise.

 

          Périodiquement, l'insoumission l'emporte et met en cause les privilèges. En France, ce fut le cas en juin 1848, en 1871, en 1944-1945, et plus modestement en mai 1968, provoquant la panique des « biens pensants » et des exploiteurs de toutes catégories, trouvant la société harmonieuses parce qu'ils en profitent.

 

          Après une période de désarroi en raison de la disparition de l'URSS, de multiples défaites idéologiques, source d'un profond confusionnisme, du droitdel'hommisme occultant le social, largement dues aux mystifications entretenues par la social-démocratie et ses médias-modes (style l'Obs et Libération en France), transformant la « gauche » en simple outil de modifications sociétales ne dérangeant en rien les grands intérêts économiques, on assiste en Europe (Grèce, France, Espagne, Portugal, Belgique, etc.) à un réveil d'une radicalité difficilement récupérable hostile au système socio-économique qui « digère » tout sauf la lutte des classes[10].

 

          Longtemps dénoncé comme une obscénité théorique et comme une notion irréelle préfabriquée par les marxistes, le concept de classe devient à nouveau visible, tant les inégalités et les discriminations deviennent insupportables à ceux qui les subissent et à ceux qui craignent de les subir à leur tour. Jamais, la richesse et les pouvoirs n'ont été concentrés entre les mains d'une minorité aussi restreinte ; jamais, la pauvreté et la précarité n'ont été aussi massives au cœur même du capitalisme occidental (aux États-Unis comme en Europe).

 

          L'ultra-droite a, en conséquence, dans la confusion de son discours, pris une ampleur que le système se sent capable de canaliser, tout comme il a su, depuis longtemps et plus que jamais, s'accommoder de la social-démocratie, elle-même de moins en moins sociale et de moins en moins démocrate.

 

          Ce qui reste de la droite « classique », tiraillée entre des alliances contraires possibles (avec l'extrême-droite ou avec la fausse gauche) et des socialistes[11], traversés de nombreux courants contradictoires, mais tous modérément socialistes, ne satisfait pas le système. Le monde des affaires est avant tout préoccupé de la résistance qui s'impose aux classes populaires qui tendent à « se mettre à leur compte » !

 

          Le système a peur et il prend les devants. L'arsenal répressif qu'il met en place, les « valeurs » qu'il diffuse dans la société, les recompositions  politiques qu'il prépare, n'ont qu'un but essentiel : neutraliser l'ennemi de classe en prenant à l'avance toutes les précautions jugées utiles. Syriza, Podemos et les autres manifestations de protestation sociale en Europe ne doivent en aucun cas bouleverser l'ordre socio-économique établi.

 

 

 

3.              L'ennemi de classe

 

          Les idéologues du système ont avancé de nombreux arguments pour considérer que l'évolution sociale avait réalisé une « moyennisation » généralisée, à l'exception de quelques marges inférieures réduites. Cette « moyennisation » entérinée par des éléments de l'intelligentsia, les grands médias et les partis de gouvernement (dont la composition sociale est elle-même « moyennisée », y compris au sein du parti socialiste) aurait résulté de la disparition des grandes unités de production (avec la désindustrialisation), de l'émiettement du travail et de la division internationale du travail (fruit d'une délocalisation des outils de production et d'un certain développement des économies du Sud).

 

          La classe ouvrière aurait donc disparu, ce qui se refléterait par des organisations politiques et syndicales traditionnelles en déclin. La négociation se serait substituée au combat social et la lutte des classes n'aurait plus aucune réalité.

 

          Un certain silence a d'ailleurs remplacé l'anticommunisme virulent qui l'avait précédé et le syndicalisme réformiste s'est vu offrir une place complaisante dans les relations sociales. Le mépris anti-ouvrier et plus généralement anti-salarié s'est fait discret par prudence : l'intégration sociale à l'américaine (rendue possible aux Etats-Unis par la division ouvrière entre noirs et blancs) a réalisé des avancées durant la longue phase de croissance traversée par le capitalisme européen et par la fin de la guerre froide, semblant fermer toutes les perspectives de transformation sociale radicale.

 

          La fin de la croissance, la montée du chômage et plus encore de la précarité, l'absence de tout progrès social et de l'indifférence des « élites » dominantes vis-à-vis de toutes les difficultés des citoyens « d'en-bas », ont réveillé les consciences de classe, celle des bourgeois et des castes techno-bureaucratiques comme celle des salariés.

 

          Certains événements, grands et petits, se sont avérés insupportables aux dominés. Par exemple, l'évasion fiscale dans les paradis fiscaux ouverte aux plus fortunés ; la fracture abyssale entre les niveaux de revenus ; les aides publiques aux banques dans une période de non-investissement productif et de licenciement permanent, etc.

 

          Le spectacle donné par des incidents plus limités mais hautement significatifs, comme celui provoqué par les résidents du XVI° arrondissement de Paris en avril 2016 refusant la création d'un centre d'accueil de sans-domiciles fixes dans leur quartier. La réunion d'information de la Mairie de Paris a donné lieu à des affrontements imprévus. Ces habitants du XVI° arrondissement se sont comportés en véritables voyous, eux qui simultanément n'ont de cesse de dénoncer la « racaille des banlieues ».

 

          On peut citer aussi la violence de la campagne anti-CGT du gouvernement et des médias à l'occasion des mouvements populaires contre la Loi Travail, supprimant des acquis essentiels du droit du travail français, comme si le Médef, représentant du patronat, avait nécessairement raison pour le Parti Socialiste contre les salariés, sauf s'ils restent passifs comme les syndiqués de la CFDT, courroie de transmission du gouvernement. La politique du Ministère de l'Intérieur et de sa police très virulente contre la CGT et FO, à la différence de l'extrême modération pratiquée vis-à-vis d'actions de même nature du syndicalisme agricole (FNSEA), montre que les conflits de classe sont jugés comme infiniment plus dangereux pour le système, d'autant qu'ils peuvent être les prémisses d'un mouvement populaire de beaucoup plus grande ampleur.

 

          Sont ainsi réapparues avec force toutes les réactions brutales de la lutte de classe, ouverte et frontale. Se révèle avec clarté ce qui reste souvent sous-jacent et occulté, l'hostilité de ceux dont le mépris hostile à l'égard des dominés est chronique et sans limite. Tous les moyens sont utilisés pour diviser, discréditer, réprimer « l'ennemi », et le Parti socialiste excelle dans ce rôle. Il a déjà pratiqué ainsi en France à la fin du Front Populaire, entre 1946 et 1947 (avec le Ministre de l'Intérieur J. Moch, par exemple), en 1956 (avec la SFIO de Guy Mollet), en 1958 (avec le ralliement SFIO à la V° République), avec les manœuvres politiciennes du « nouveau » Parti Socialiste contre les participations communistes dans le cadre de l'Union de la Gauche, etc.

 

          Les autres forces politiques, les grands médias et les intellectuels soi-disant  « avant-gardistes » se retrouvent sur les mêmes positions que la progressiste G. Sand durant la Commune en 1871 s'inquiétant davantage pour son mobilier parisien que pour le sort du mouvement ouvrier !

 

          La rupture est béante : on passe du jeu politicien à des affrontements déterminants. C'est « la guerre pour le pain » d'un côté, celle pour le maintien de la domination de l'autre côté, avec de part et d'autre, une hostilité sans réserve.

 

          Ceux qui faisaient semblant de croire que la lutte des classes n'avait plus d'existence sont les plus virulents : ils constatent que toutes leurs diversions et manipulations ne fonctionnent qu'imparfaitement. Il ne peut qu'en être ainsi.

 

          Certes, il convient de prendre en considération la capacité des dominants à imposer dans les consciences des représentations du réel très éloignées des réalités concrètes, et plus prégnantes qu'elles. La pauvreté peut dans ces conditions, ne plus être la pauvreté, la misère culturelle peut être vécue comme la modernité. La liberté et les droits de l'Homme peuvent se résumer à la Sécurité (qui peut pourtant être leur contraire), tandis que l'humanisme le plus traditionnel peut finir par n'être plus qu'une étiquette formelle de l'anti-humanisme plus traditionnel.

 

          Les diversions idéologiques et les phénomènes de séduction peuvent être à l'origine d'une « civilisation de la fiction », celle-ci pouvant être plus forte que la réalité dans la conscience des hommes. Encore faut-il que le système en ait les moyens, jugés de plus en plus coûteux pour lui.

 

          Il semble donc qu'aussi longtemps que demeurent les inégalités, les dominations de toutes sortes, les exploitations et les discriminations, les réalités de classe s'imposeront, quel que soit leur effacement temporaire, source de bonds en avant historiques.

 

Mai 2016

 

[1]Dans chaque État, le néofascisme a un visage spécifique tout en ayant des traits communs avec les forces de droite extrême des autres États. Malgré certaines divergences, ces forces ont réussi à constituer un groupe unique au Parlement Européen. Dans les pays du Sud, ce sont souvent les forces armées qui jouent le rôle que s'attribuent les extrêmes-droites européennes. Aux États-Unis, l'ultra-droite du Parti Républicain présente des particularités, comme le révèlent le Teaparty ou l'équipe de Trump.

[2]Voir les analyses de M. Clouscard (La bête sauvage. Éditions sociales. 1983 ; Le capitalisme de la séduction, Delga (réédition). 2005).

[3]En France, à l'occasion de la crise suscitée par la « Loi Travail », en mai 2016, le Président du Médef, principale organisation patronale, a manifesté son plein soutien au Premier Ministre (socialiste) Valls lui enjoignant de ne pas démissionner.

[4]Lorsque le besoin s'en faisait sentir, néanmoins, le gouvernement statuait par décret-loi, court-circuitant le Parlement.

[5]De nombreux ouvrages dénonçant « la dictature de Poutine » sont publiés en Europe, financés par diverses officines. Voir, par exemple, Les réseaux du Kremlin en France (2016) morceau de choix de cette littérature journalistique proche d'un rapport maccartyste, d'une certaine C. Vaissié, ayant le même niveau que les libelles de P. Rigoulot prétendument « spécialiste » de la Corée du Nord.

[6]La chaîne radio privée BFM consacre une émission hebdomadaire aux relations économiques avec la Chine.

[7]On peut s'étonner des liens anciens entre les Frères Musulmans et les États-Unis, ceux tissés avec les Talibans, les complicités en Syrie et avec une Turquie où les forces occidentales, jusqu'à l'intervention de la Russie, ont « négligé » de s'en prendre aux ressources pétrolières et financières de Daesh.

[8]Voir comment la France a renversé le régime du Président Gbagbo en Côte d'Ivoire. R. Charvin. La bataille de la seconde indépendance. L'Harmattan. 2012.

[9]Voir, par exemple, l'initiative du maire de Béziers, Ménard, ex-responsable de Reporters sans frontières, rassemblant l'ultra-droite en mai 2016 et déclarant incompatible la République et l'islamo-marxisme.

[10]L'Histoire des années 1930 montre que dans toute l'Europe, les forces fascistes ont pactisé avec les intérêts économiques privés dominants. Ces derniers ont même bénéficié d'une « protection » étatique contre les mouvements sociaux. Le monde des affaires a encore la capacité, en dépit du discours ambigu des extrêmes-droites contemporaines, de les « assimiler » en concluant des alliances variées. Privé de la couverture de partis socialistes efficients, ce même monde des affaires se trouve dans une position plus difficile vis-à-vis du mouvement social, animé par des syndicats comme la CGT ou FO en France.

[11]Dans l'étape actuelle, les partis « socialistes » européens sont en voie de se suicider, comme le parti français hésitant encore à suivre le « modèle » italien (création d'un vague « Parti Démocrate » incapable d'action transformatrice) mais susceptible de pratiquer toutes les alliances jugées autrefois contre-nature).

30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 10:47

 

CONNAISSEZ-VOUS

LE MOUVEMENT REVOLUTIONNAIRE DES PEUPLES UNIS ?

 

Quand dans la manifestation du premier Mai vous recevez de mains inconnues un tract émanant d’une structure politique inconnue, vous le conservez et vous le lisez ensuite attentivement car un titre si impressionnant et si fort politiquement mérite attention. Le voici.

 

Premier constat

Hormis cette signature aucune adresse, ni postale ni électronique, pas un blog de référence, pas un numéro de téléphone. S’agit-il d’un groupe clandestin, d’un leurre, d’une farce ?

Il faut donc poursuivre l’analyse :

Des références au Nord–Kurdistan (Etat inexistant à ce jour), à diverses villes dont Rojava donnent à penser que ce Mouvement ou au moins ce tract expriment des intérêts et des groupes qui agissent aujourd’hui dans le nord de la Syrie et en Turquie puisqu’y figure une critique de l’AKP , mais pas dans la province autonome kurde d’Irak, capitale Erbil, en délicatesse avec le pouvoir central de Bagdad et dont les dirigeants kurdes ne manifestent qu’un intérêt limité pour la cause kurde en raison des relations économiques étroites qu’ils entretiennent avec la Turquie d’Erdogan.

Ces constations sont étayées par le fait que le slogan terminal VIVE LE 1er Mai est reproduit et traduit en turc et probablement en kurde.

Avec ces quelques données, même sans maitriser la langue turque ou le kurde la recherche peut progresser.

Après quelques tâtonnements une clé semble être trouvée : Il s’est créé en Turquie au début de l’année 2016 sous l’appellation anglaise de

PEOPLE’S UNITED REVOLUTIONNARY MOVEMENT

A la lecture du document joint il s’agit d’une sorte de front politique d’extrême gauche anti-AKP qui est une réponse à la politique répressive brutale et fascisante de l’équipe au pouvoir à Ankara. L’abondance des signatures masque peut-être un rassemblement de petites organisations autour du PKK et semble confirmer un retour constaté de la majorité de celui-ci à la lutte armée.

Un avant dernier détail : la traduction française du titre anglais et les références à la situation kurde vont dans le sens d’un fort cousinage entre ce front turc et le groupe ( ?) groupuscule ( ?) parti-frère ( ?) taupe ( ?) français.

Dernier détail : le document joint est publié sur un site francophone intitulé LA NOUVELLE TURQUIE et a été repris dans le site francophone plus spécifiquement pro kurde KEDISTAN dont les relais apparaissent voir

http://www.kedistan.net/2015/09/05/larticle-du-cqfd-n135-turquie-erdogan-fait-sa-sale-guerre/

Enfin des noms et des adresses…et une plus juste appréciation de la taille du mouvement !

 

Nouvelle Turquie

Actualités révolutionnaires de Turquie et Kurdistan

 

Declaration of the Founding of the Revolutionary United People’s Movement

Posted on March 16, 2016 by Zeynel K. in Guerilla, Resistance // 0 Comments

 

Ten revolutionary organisations from Turkey/Kurdistan joined their forces to fight the fascism of the AKP and of President Erdoğan at its head. Basing on the experiences of the Internationalist Freedom Battalion, in which these groups have been united for one year already to defend Rojava, knowing that the guerillas of TKP/ML-TiKKO, PKK and MKP have been sharing their training camps for several years and knowing that for several months now these groups have been participating unofficially in the defense of the cities of Cizre, Silopi and Nusaybin, this official union has been long awaited. As a result of the failure of the parliamentary strategy of the HDP coalition, confronted by the Turkish Deep State, whose nature does not allow for the smallest of hopes for democracy, these organisations that, for the most part, have not kept close relationships to one another, made the decision to unite their forces in order to intensify their struggle against the fascist dictatorship of the AKP.

The creation of the Revolutionary United People’s Movement (Halkların Birleşik Devrim Hareketi) was declared by 10 revolutionary organisations that, following a series of discussions that have been taking place since December, made the decision to unite their forces and to lead a common front.

In their declaration, the organisations that are uniting their forces in the Revolutionary United People’s Movement, are doing it with the goal of strengthening the revolution by combatting this force deemed to be “the fascist collaborationist AKP and the oppressive system of the Turkish Republic” on all fronts, through armed struggle and by all other means.

 

THIS WILL BE A GLIMMER OF HOPE THAT WILL DOOM FASCISM FOREVER

Representatives of the organisations taking part in the creation of the Revolutionary United Movement, having gathered in the guerilla zones, explained the purpose of this move and its goals. Prior to reading the declaration, Duran Kalkan, member of the Executive Committee of the PKK, said these words: “We find ourselves here to be a part of a declaration that will doom fascism here and today, and which will be a new glimmer of hope for our peoples.” Afterward, he listed in the order given below the names of the revolutionary organisations of Turkey and Kurdistan that having being engaging in discussion since December and that have made the decision to unite their forces and to carry out actions together:

TKP/ML (Communist Party of Turkey/Marxist-Leninist)

PKK (Kurdistan Workers’ Party)

THKP-C/MLSPB (Front-Liberation Party of the People of Turkey / Marxist-Leninist Armed Propaganda Unit)

MKP (Maoist Communist Party)

TKEP-L (Communist Labour Party of Turkey-Leninist)

TİKB (Revolutionary Communist League of Turkey)

DKP (Revolutionary Communard Party)

Devrimci Karargâh (Revolutionary Headquarter)

MLKP (Marxist-Leninist Communist Party (Turkey/North Kurdistan))

Moreover, the Proleter Devrimciler Koordinasyonu (Coordination of Revolutionary Proletarians) has announced to join the Revolutionary United Movement. Also, an organisation by the name of Diriliş Hareket (Renaissance Movement), which took part at the discussions, has announced that it is considering to join the Movement.

 

WE ARE PRESENT…

Regarding the choice of March 12th as the date for the founding of the Revolutionary United of the Peoples’ Movement, Kalkan says the following: “By declaring our founding on the date of the 45th anniversary of the fascist Coup d’État of March 12, 1971, on the date of the 21st anniversary of the Gazi Massacre of March 12, 1995 and on the date of the 12th anniversary of the Qamışlo Massacre of March 12, 2004, we send a message to all the peoples of Turkey and Kurdistan that we made the decision to fight against fascism, imperialism and all sorts of obscurantisms, and for the Revolution, freedom, socialism, democracy and the fraternity of the peoples. By finding ourselves in such a union on the 45th anniversary of the fascist Coup d’État of March 12, 1971, we openly maintain our desire to lead victoriously our struggle for the Revolution, democracy and socialism. The Regime of the fascist Coup d’État massacred the Mahir Çayan’s, the Deniz Gezmiş’s and the İBRAHİM KAYPAKKAYA’s. Yet their passion, their resistance, their knowledge, their goals and aspirations are still here and still fresh. We are present; just like 45 years ago, we make our love of freedom, democracy and socialism a reality. We find ourselves undertaking this union in order to lead to victory the revolution against AKP’s fascism, which, by restoring the fascist Coups d’État of March 12 and September 12, seeks to put in place a new fascist dictatorship.

 

WE ARE OPEN TO ALL THOSE, WHO WANT TO FIGHT AGAINST FASCISM

“We will lead the struggle together, we will overcome together”

Following this, the communiqué was read in Turkish and Kurdish. The read communiqué, having brought up an analysis of the crisis currently-experienced in the Middle East and of the massacres, underlined that the entangled forces are of an imperialist nature and that the reactionary structures of the nation-state are menacing to drag away all of humanity into a world war. The AKP is showcased: “In its union with the imperialists and on a basis of contradictory interests, the AKP government seeks out the dirties alliances at international and regional levels in this bloody war led against the peoples of the region. In the same retrospective, inside the country, the AKP has launched a bloody, total assault against the peoples. It is trying to crush all opposition by means of state terrorism, street assassinations, massacres and mass arrests. At the same time, it attempts to commit a genocide against the Kurdish people by reducing the cities, take with tank fire and bullets, to rubble. It is working to crush all resistance and to install a one-party dictatorship supported by the traditional, modern, reactionary and fascist forces of the oppressive system of the Turkish Republic. This bloody and fascist alliance unites them on grounds of hatred of Kurds.”

 

The declaration, informing of the heavy damages and exploitation created by the regional forces, which ripened the revolutionary situation and opened a way for the Revolutionary United Peoples’ Movement, reads: “In fact, nowadays defending the revolutionary process in Rojava, the resistance for Kurdish self-determination and the Revolutionary United struggle of our peoples, means defending all of the oppressed, the workers, the intellectuals, the democrats, the life and the future of the entire people. In conclusion, to take into account all of these values is synonymous with defending the future of the peoples of the World. In this system, not a fraction of the society is safe in Turkey. The Alevis, the Kurds, the laic democrats, the workers, the poor and all of the opposition forces are under the fire of the assaults. If the struggle for Kurdish self-determination is broken, the AKP will start to attack all other opposition forces in Turkey. Consequently, the future of all progressive, revolutionary and working class forces in Turkey is directly tied to the future of the Kurdish resistance.

The Revolutionary United Peoples’ Movement’s basic principles of struggle were declared as following :

  • Our movement’s goal is to fight against imperialism, capitalism, chauvinism, fascism and racism for an emancipated and democratic future for our peoples. The destruction of the fascist AKP and of its public support by the revolutionary forces of the people is considered to be unavoidable.
  • The AKP government is in the process of destroying the society and the natural environment. It is a danger for women and youth. It intensifies the exploitation of the working class and of all workers and imposes slave-like conditions. It subdues and massacres all of the fringes of the population.
  • The Revolutionary United Peoples’ Movement adopts the principle of forming, organizing and unifying all forces – the victims of the AKP government’s and the Turkish Republic’s bourgeois state’s assaults – with the goal of mobilizing them for the struggle.
  • The Revolutionary United Peoples’ Movement struggles for an ecological society and supports women’s liberation and the struggle for rights and liberties for the working class and the workers. It struggles to win an emancipated future for our peoples by founding people’s power in Turkey and democratic autonomy in Kurdistan.
  • The Revolutionary United Peoples’ Movement calls all the oppressed masses, victims of fascism and conservatism, starting with women, youth, proletarians and workers to organise, to united and to fight for freedom, democracy and the fraternity of the peoples.

 

IF MEASURES ARE NOT TAKEN, A DICTATORSHIP WILL BE BORN

Concluding the declaration on the notion that in Turkey’s current situation, if measures are not taken, an even more bloody dictatorship will be put in place, the declaration reads: “Only the resistance of the united peoples and the revolution can protect us from what will happen. Either an even more bloody dictatorship will be put in place, or by organising and arming themselves, our people will reduce to dust the AKP fascists and the jihadists.

After the first declaration, the representative of MLKP, Ferzad Can, gave a speech to congratulate the people with the creation of the Revolutionary United People’s Movement: “To finish, we would like to add the following; presently, our people are no longer without an alternative against imperialism, capitalism, fascism and all sorts of conservatism. The Revolutionary United Peoples’ Movement is a revolutionary avant-garde built on the slogans of democracy, liberty, justice, equality and revolution. We invite our peoples, our workers, the oppressed, all cultures starting with the Alevis, the women, the youth to join the ranks of the Revolutionary United Movement and to struggle. We congratulate our peoples for the Revolutionary United Movement and hope that it will bring victories.

The Declaration was concluded with the slogans ‘Down with fascism’, ‘Long live the revolution’, ‘Long live the fraternity of the peoples’.

Translated from: http://www.atik-online.net/blog/halklarin-birlesik-devrim-hareketi-kuruldu-video.html

25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 14:07

Le lait sur le feu ou… l’empire précaire et fébrile

Le fameux bureau ovale de la Maison Blanche où se prennent quotidiennement des décisions qui portent atteinte :

-        soit immédiatement à la vie de certaines personnes humaines c’est  la fameuse KILL LIST à demeure sur le bureau présidentiel qui fait du Prix Nobel de la Paix un serial killer cool, cool jusqu’à être glacial

-        soit à plus long  terme à l’existence de groupes humains entiers organisés dans des Etats avec des gouvernements.

dans la période particulièrement agitée que traverse le monde,  le monstre froid ne doit céder à aucune émotion, il doit inexorablement comme le robot du Roi et l’Oiseau avancer, piétiner, détruire. Mais sa marche est de plus en plus incertaine.

 Certes, il a enregistré ces dernières semaines des satisfactions passagères : des élections portent à la tête de l’Argentine une équipe de laquais du grand capital étasunien prêts à faire reculer gravement  le niveau de vie du peuple argentin, deux membres des BRICS le Brésil et l’Afrique du Sud, affaiblis par une conjoncture économique dépressive, traversent une crise politique profonde. Dans le cas du Brésil cela conduit à la mise en place d’un gouvernement provisoire d’affairistes corrompus qui n’auront aucun scrupule à faire d’un pays industrialisé de 200 millions d’habitants, richement doté par la nature et  puissance agricole, le champion du monde incontesté  des inégalités sociales et de la violence policière quotidienne.

Il soutient la tentative de coup d’état militaire au Venezuela qui est la seule issue restant après avoir favorisé par tous les moyens une bourgeoisie compradore minable qui en fabriquant une fausse crise d’approvisionnement du marché national sur le modèle utilisé au Chili entre 1970 et 1973  tente de renverser le président élu Nicola Maduro en retournant la population contre lui.

Mais ….

En Syrie il est de plus en plus contraint d’intervenir lui-même et par Turquie interposée, ses agents : les terroristes et leurs monarques banquiers qui leur fournissent l’armement le plus sophistiqué  n’ayant pas réussi  à faire tomber le gouvernement régulier, il s’agit d’une politique USRAELIENNE  de longue date. Lorsque l’assemblée générale de l’ONU outrepassant la charte des Nations Unies qui ne lui donne pas ce droit  vote la création de l’Etat d’Israël sur un territoire occupé par une population qui n’est pas consultée, la Syrie est au nombre des pays qui votent contre. Elle n’a jamais changé de position.

Rappelons les dernières étapes de cette mise en liste noire de la République arabe syrienne avant la guerre par « terroristes » interposés déclenchée en 2011 :

1- objectif affiché dés 2001 par Bush (axe du mal – liste n°2)

2- confirmé en 2004 par le vote par le Congrès du Syria Accountability act inaugurant un régime sévère de sanctions

3- appuyé par la tentative d’attribuer l’assassinat de Rafik Hariri  (2005) à la Syrie (un nouveau tribunal international spécial  qui n’a produit aucun résultat tangible est fabriqué pour la cause) qui débouche sur le retrait de l’armée syrienne du Liban

4- croyant alors  le terrain libre Israël attaque le sud Liban en 2006  - attaque repoussée par le Hezbollah qui s’impose ainsi comme meilleur garant de la souveraineté libanaise

En Irak, après qu’il ait réussi

1- à favoriser la prise du pouvoir par Saddam Hussein en lui fournissant la liste des communistes irakiens qu’il a ensuite liquidés y compris les généraux prosoviétiques et procommunistes qu’il avait soutenu pour renverser la monarchie en 1958.

 2- à l’envoyer détruire l’Iran Khomeyniste – 8 ans de guerre n’ayant abouti qu’à appauvrir deux des trois premiers producteurs de pétrole du monde et à tuer un million de personnes

 3 - à lui tendre le piège du  Koweït qui lui vaudra l’élimination de ses meilleures troupes  et une première vague de destructions massives   (guerre du golfe)

4- à renverser Saddam Hussein, à le liquider, à démolir les infrastructures du pays et à reprivatiser  au profit principalement des multinationales anglo-saxonnes l’industrie pétrolière 

 La situation lui échappe largement  sanctionnant l’échec d’une politique multiforme d’ingérence et division ethnico religieuse de près d’un demi-siècle, sa dernière tentation étant de favoriser l’indépendance formelle du Kurdistan irakien ce qui consiste à favoriser les factions les plus pro occidentales et les plus corrompues de la société kurde qui gouvernent à Erbil.

Au Soudan

Ne parvenant pas à renverser le gouvernement ni à capturer le Président Omar el  Béchir, le bloc USRAEL fomente la sécession du Sud Soudan dont le territoire recèle la majorité actuelle des réserves pétrolières soudanaises. Mais l’indépendance débouche sur une guerre civile qui n’en finit pas même si une issue politique commence à se dessiner.

En Lybie

La fourberie occidentale néocoloniale atteint des sommets. Kadhafi ayant échappé miraculeusement au bombardement de sa résidence par Reagan et son avion ayant échappé à une attaque aérienne au dessus de la Méditerranée (affaire USTICA) il est décidé de changer d’approche. En 2005 en échange d’une renonciation à un armement nucléaire défensif, auquel il songeait, erreur qui lui sera reprochée par la Corée du Nord, l’occident lui fait les yeux doux. Sitôt élu Sarkozy s’empresse de prendre la tête de cette politique qui sera couronnée par la fastueuse réception à Paris. Le dirigeant libyen se laisse abuser par les amabilités de celui qui va organiser son assassinat. Depuis sa mort le chaos s’est installé en Lybie  et Washington tente d’installer un troisième gouvernement les deux premiers, celui de Tobrouk et celui de Tripoli ne gouvernant pas grand-chose. Seule satisfaction le pétrole coule...

Géorgie

L’éviction de Chevardnadze – révolution des roses  2003 -  et l’arrivée au pouvoir de Mikhaïl Saakashvili, agent américain férocement antirusse ne  produit pas les résultats escomptés et en Aout 2008 la Russie vient au secours des provinces géorgiennes  (Abkhazie et Ossétie du sud) qui refusaient la brutalité du pouvoir de Tbilissi. Cet échec favorise la chute de Saakashvili qui quitte le pays où il est poursuivi pour divers trafics financiers.  Son employeur l’envoie en Ukraine où après que lui  soit octroyée  vite fait la nationalité ukrainienne il devient aussitôt gouverneur d’Odessa. 

Ukraine

Le coup d’Etat de Février 2014 a débouché sur un vote massif de la population de Crimée pour son rattachement à la Russie, sur la sécession de deux provinces de l’Est aujourd’hui réelle malgré les interventions brutales des troupes du gouvernement de Kiev et sur une crise politique, économique et sociale profonde qui a conduit de plusieurs centaine de milliers à quelques millions  – chiffre masqué et habilement noyé dans la rubrique « réfugiés »  à fuir leur pays.

Yémen

Après avoir soi-disant frappé le « terrorisme islamique » avec des drones venus de Djibouti, les Etats-Unis sont contraints de voler au secours de l’allié saoudien qui malgré ses énormes moyens matériels ne vient pas à bout militairement de la résistance yéménite. Il  navigue aujourd’hui dans les eaux de la Mar Rouge des bâtiments  US  amphibies type boxer dotés d’hélicoptères et d’avions à décollage vertical   et capables de débarquer 2500 marines et leur équipement sur la côte occidentale du Yémen.

 

Sans multiplier les exemples il apparait clairement que la recrudescence  qui, avec l’OTAN, tourne à la frénésie, de l’activité néo impérialiste décidée après le 11 Septembre 2001  et au prétexte des attentats de ce jour là, n’a conduit nulle part à des résultats stables et durables et qu’elle a partout semé la mort la misère de masse et la désolation.

La dernière mauvaise surprise vient des Philippines. Ce pays violemment agressé à la fin du 19° siècle dans une guerre féroce est depuis satellisé par les USA. Des bases militaires y avaient été installées mais le comportement des militaires US les a vite rendus impopulaires et les bases ont été fermées à la suite de la grave crise politique qui a secoué le pays  (remplacement du dictateur Marcos). Depuis les élites pro américaines (Aquino et alii) s’étaient réinstallées au pouvoir sans pour autant venir à bout de la guérilla procommuniste. La politique anti chinoise d’Obama l’a conduit à demander la réinstallation massive de l’armée US sur le territoire philippin. Les nouveaux accords passés donnent libre accès  à l’armée US à une série d’installations moins massives mais plus nombreuses que les énormes camps militaires précédents.

Mais la bourgeoisie philippine compradore vient de subir un  grave échec politique en perdant les élections présidentielles. Le nouveau président très bien enraciné dans son ile et à la tête depuis longtemps  d’une grande  municipalité ne fait pas partie de ces riches latifundiaires qui tenaient le pays  Le personnage, autoritaire, inquiète  l’oncle Sam et les médias dominants sont en train d’en tracer un portrait le plus repoussant possible. Il est vrai que ses propos musclés accompagnent une politique, musclée elle aussi, mais efficace qu’il a conduite avec succès dans la lutte contre le grand banditisme et les trafiquants de drogue.   Mais ce portrait,  hâtivement fabriqué, masque à peine le fond de l’angoisse washingtonienne : Duterne est prêt à accueillir dans son gouvernement quatre ministres  communistes. L’entrée des communistes au gouvernement devrait déboucher sur un arrêt des activités de la guérilla. On tremble à Washington et dans les beaux quartiers à Manille. On se prend à espérer dans les campagnes philippines.

 

Dans la période actuelle, l’impérialisme est un fusil constamment brandi qui n’arrête pas de s’enrayer …

Que voulez-vous, les masses de plus en plus nombreuses et de plus en plus éduquées  font de plus en plus l’Histoire ….

A ce propos il faudrait élargir le calcul souvent fait selon lequel il y a aujourd’hui plus de savants vivants qu’il n’y a eu de savants depuis les origines de l’humanité

Il y a aujourd’hui plus d’humains vivants sachant lire et écrire – plusieurs milliards -  que depuis les origines de l’humanité. Le père Marx appelait ça les forces productives.  Pour mémoire les rapports de production sont gérés par quelques milliers d’individus qui ne savent pas mieux lire et écrire que tous les autres mais qui décident de l’usage du Capital. Cela s’appelle la contradiction principale.

 

 

 

30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 12:47

La Commission trilatérale s’est réunie à Rome

*****

Par Alessandro Lattanzio sur le blog https://aurorasito.wordpress.com/ 18/04/2016

Traduction et commentaires COMAGUER

*****

La réunion plénière 2016 de la Commission trilatérale, une organisation fondée en 1973 par David Rockefeller, s’est tenue à Rome du 15 au 17 avril, à l'hôtel Cavalieri Waldorf Astoria de Monte Mario.

Parmi les 200 participants on relève les noms de : (notes Comaguer en italique)

L’ex-directeur général de Luxottica Andrea Guerra, (luxottica : lunetterie de luxe)

Un député du parti démocrate et Yoram Gutgeld, le Commissaire pour « l'examen des dépenses'» du gouvernement Renzi

La ministre des réformes Maria Elena Boschi

Le Ministre des Affaires étrangères Paolo Gentiloni Silverj

La présidente de la RAI Monica Maggioni

L’ancien vice-ministre des affaires étrangères et vice-président de l’ENI Lapo Pistelli (ENI : principale société pétrolière italienne)

Lia Quartapalle et Vincenzo Amendola du parti Démocrate (Parti Démocrate ex Pari communiste italien, De Profundis, nom choisi par ses fondateurs « communistes » en référence au parti démocrate étasunien !)

L’ex-recteur de l’université Bocconi Carlo Secchi (Président du groupe italien de la Trilatérale) (Bocconi : université privée à Milan – bastion de l’économie libérale)

Le PDG de la FINCANTIERI Giuseppe Bono (Chantier naval : navires marchands et militaires – grand vendeur sur les marchés internationaux)

L’ancien PDG de BANCA INTESA Enrico Cucchiani

Le président de la FCA John Elkann (John Elkann, citoyen italo étasunien, fils d’une héritière de la FIAT et donc petit-fils d’Agnelli - préside le groupe FIAT- CHRYSLER : FCA)

Le directeur général de INTESA SAN PAOLO Carlo Messina (INTESA SAN PAOLO – premier groupe bancaire italien pour la capitalisation- siège à Turin)

Le PDG de la Sté PIRELLI Marco Tronchetti Povera (Pirelli : cinquième producteur mondial de pneus – en voie de diversification dans l’économie « verte »)

Le Président d’UNICREDIT Giuseppe Vita (UNICREDIT : puissant groupe bancaire italien en pointe dans les crédits à l’exportation de matériel militaire)

L’amiral Giampaolo Di Paola (chef d’Etat-major de la défense de 2004 à 2008, puis président du comité militaire de l’OTAN avant de devenir Ministre de la défense de 2011 à 2013 dans le gouvernement Monti lui-même issu de Goldman Sachs – privilégie les fournisseurs US pour l’achat de matériel militaire)

La directrice d’ASPENIA Maria Dassu (ASPENIA : ASPEN Italie, think tank, filiale de la Commission Trilatérale présente dans de nombreux pays) et

Enrico Letta (président du Conseil italien d’Avril 2013 à Mai 2014 – dirigeant du Parti Démocrate qui s’oppose à lui et le contraint à la démission – Renzi prend la relève -« replié » sur Paris où il dirige l’Institut des Affaires Internationales de Sciences po)

et les invités vedettes étrangers David Rockefeller, Jean Claude Trichet (Président de la Commission Trilatérale), Madeleine Albright, Michael Bloomberg et Suzanne Rice.

*****

Les thèmes abordés par la Commission trilatérale à Rome, étaient les suivants :


Façonner l'avenir de l'Italie en Europe

Où en est projet européen ?

Allocution au Quirinal du Président de la République Mattarella

(Ces messieurs dames ont donc été reçus par le Président de la République en son palais - Elu Président en 2013 avec le ferme soutien du Président du Conseil Matteo Renzi, ce juriste sicilien démocrate-chrétien a été ministre de la Défense et responsable des services secrets en particulier au moment des bombardements de la Yougoslavie par l’OTAN)

Le Moyen-Orient dans la tourmente

Où en est la Russie ?

La Corée du Nord nucléaire et les menaces liées aux missiles

Où en est la Chine ?

Les élections présidentielles aux États-Unis

Migrations internationales et flux de réfugiés

Faire face aux perturbations numériques


En conclusion la Présidente de la session de la Commission Trilatérale, Maria Elena Boschi, s'exprimant en anglais devant le public cosmopolite sans médiation des traducteurs, a déclaré : «Le référendum ("sur les exercices") ne changera pas en quoi que ce soit la politique énergétique italienne, qui se poursuivra quel que soit le résultat, ayant un effet minime sur notre législation, qui n’en concerne qu’un petit aspect Il pourrait peut-être y avoir une incidence sur l'approche politique. Le gouvernement est engagé dans la recherche d'énergies alternatives, nous utilisons beaucoup de ressources. »

L'économiste Indien Nand Kishore Singh a interrogé Madame Boschi sur la réforme de la Constitution et l'organisation d'un référendum. «Voici pourquoi le référendum aura un impact plus profond sur notre politique énergétique. En effet nous devons aujourd’hui partager les décisions avec vingt régions, avec vingt lois, mais après la réforme, nous aurons une stratégie et des lois pour toute l'Italie. Donc, j'en suis sûre, nous aurons encore plus de poids en Europe ".

Et pour la Constitution ? « Je ne pense pas que le nombre de sénateurs puisse avoir une incidence sur l'équilibre des pouvoirs de la Constitution. Je pense que les freins et contrepoids sont garanties par la séparation des pouvoirs, l'indépendance de la magistrature et par les règles de la Cour constitutionnelle. Même le Président de la République est un garant de l’équilibre, et peut par exemple, refuser de signer une loi votée par le Parlement, si elle ne respecte pas notre Constitution".

Le référendum sur les plateformes pétrolières en mer a été depuis repoussé, la participation - 35% -ayant été insuffisante aux yeux de la loi.

Quant à la constitution et sans rentrer dans un exposé détaillé des récentes modifications ce qui est dit est destiné à rassurer le capitalisme international : rien dans la politique nationale italienne ne viendra le déranger.

*****

Précieux rappel historique d’Alessandro Lattanzio

David Rockefeller a voulu inclure le Japon dans les discussions sur la coopération Internationale. A la conférence du groupe de Bilderberg en Belgique en 1972, Rockefeller a discuté avec le professeur d’études russes de l'Université de Columbia Zbigniew Brzezinski, proche du Comité de pilotage du Bilderberg. En juillet 1972, eut lieu la première une réunion opérationnelle pour former la Commission Trilatérale. Y participèrent l'économiste Fred Bergsten, le politologue de la Brookings Institution Henry Owen, le Président de la Fondation Ford Mc George Bundy, le parlementaire allemand Karl Carstens, le politicien Français René Foch *, l’Ambassadeur et ancien commissaire de la CEE Guido Colonna di Paliano, le politologue de Université du Sussex François Duchène * , le directeur de l'Institut d'études européennes de la Communauté économique européenne Max Kohnstamm, le député et ancien ministre des affaires étrangères japonais Kiichi Miyazawa, le professeur de relations internationales Kinhide Mushakoji, le Président du Fonds de coopération économique outre-mer Saburo Okita et le président du Japan Center for International Exchange Tadashi Yamamoto. Donc un groupe de réflexion qui réunissait des représentants de l'élite politico-économique des États-Unis, du Canada, de l’Europe occidentale et du Japon.

Le Comité exécutif de La trilatérale a tenu sa première réunion officielle à Tokyo, en octobre 1973. La Commission trilatérale est financée par le Rockefeller Brothers Fund et est profondément liée au COUNCIL OF FOREIGN RELATIONS. La Commission aide les gouvernements à réaliser des « accords constructifs » avec d'autres gouvernements, à promouvoir une coopération plus étroite entre l'Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord. En 1974, elle a publié "la crise de la démocratie" en invoquant une démocratie « modérée ». (ce souci demeure et quand la « modération » habituelle parait insuffisante, elle prend la forme de l’état d’urgence).

Ont fait partie de le Commission trilatérale David Rockefeller, George H.W. Bush, Jimmy Carter, Jean-Claude Trichet, Bill Clinton, Henry Kissinger et Zbigniew Brzezinski. Lors du plénum du 10-12 d'avril 2000, la Trilatérale a décidé d'inclure le Mexique et de transformer le groupe japonais en groupe Asie-Pacifique, comprenant désormais la Corée du Sud, l'Australie et la Nouvelle-Zélande et des représentants de l'Indonésie, de la Malaisie, des Philippines, de Singapour et de la Thaïlande. Ces derniers temps la Trilatérale met l'accent sur les nouveaux équilibres mondiaux, sur la réorientation des organisations internationale (voir le blocage de l’OMC et les nouveaux concurrents du FMI et de la Banque Mondiale : Banque des BRICS, Banque Asiatique d’investissement dans les infrastructures …), et sur les nouveaux acteurs dans la politique internationale (AL QAIDA, DAESH, SOROS ?) et sur le développement durable (thème bateau pour la promotion du capitalisme vert).

*****

  • René Foch – presqu’ignoré des médias, ce personnage fait partie des artisans, qui dans la coulisse, ont œuvré pour l’alliance atlantique et pour une Europe pro-américaine. Directeur général honoraire à la Commission européenne. Ancien secrétaire général du Comité d’action pour l’Europe (en fait Fondation Jean Monnet). A publié La Haute Autorité de la vallée du Tennessee (PUF, 1951) ; Pour une défense de l’Europe (Institut universitaire européen de Florence, 1996). Egalement membre de l’Institut Jean Lecanuet, think tank atlantiste. A publié en 2001 dans la revue Commentaires un article « Comment vivre avec les États-Unis ? » alors que la question stratégique centrale dans la période multipolaire en cours est « Comment vivre sans ? »
  • François Duchene – politologue de père suisse et de mère française, élevé en Grande-Bretagne où son père était directeur de l’hôtel Ritz de Londres, décédé en 2005, très proche collaborateur de Jean Monnet, il est l’auteur de la principale biographie en anglais de ce dernier sous le titre très explicite : « Jean Monnet, Le premier homme d’état de l’interdépendance ». Pour mémoire les cendres de Jean Monnet ont été transférées au panthéon en 1988 sur décision du président Mitterrand.

*****

La prochaine réunion du groupe de Bilderberg aura lieu à DRESDE, (ville martyrisée par l’aviation alliée en 1945 et seconde ville de la RDA martyrisée par la RFA après 1991) du 9 au 12 Juin 2016. (lire à ce sujet le livre de Vladimiro Giacché : Le second anschluss, l’annexion de la RDA » - éditions Delga)

Ce bulletin peut avantageusement constituer une nouvelle annexe au livre de Domenico Moro sur le groupe de Bilderberg publié  en 2015 aux Editions Delga.

 

 

30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 12:41

DEUX ILES A VENDRE

 

 L' apparence

Au terme d’une longue visite officielle du roi d’Arabie Saoudite au Caire la population égyptienne vient de découvrir avec stupéfaction que l’Egypte reconnaissait la souveraineté de l’Arabie Saoudite sur deux iles : Tiran et Sanafir qui ferment l’entrée du Golfe d’Akaba.

En échange de cette reconnaissance l’Arabie Saoudite accorde un prêt à long terme de 16 Milliards de dollars à l’Egypte.

Le golfe d’Akaba sépare le Sinaï, donc l’Egypte, qui en occupe la rive l’Ouest de l’Arabie Saoudite qui en occupe la rive Est et son extrémité méridionale est fermée par deux iles sur lesquelles l’Arabie va planter son drapeau. Demeure pour la navigation un passage navigable en eau profonde de 6 km de large entre l’ile de Tiran et la côte égyptienne.

 

Le contexte

Cet accord serait anodin puisque les deux signataires disposent l’un et l’autre de milliers de kilomètres de côte et que leur activité sur leur rivage du golfe d’Akaba est très limitée. Côté égyptien le golfe et la région du détroit sont surtout voués à la plongée sous-marine dont ils constituent un des sites mondiaux les plus réputés de Taba jusqu’à Sharm El Sheikh.

Mais la question prend une dimension politique et militaire d’importance mondiale car au fond du golfe deux autres états ont un accès à la mer, petit mais décisif : la Jordanie et Israël.

Pour la Jordanie Aqaba est l’unique et étroite porte sur la mer. La Jordanie n’y est pour rien. Sa frontière avec l’Arabie est le résultat du découpage SYKES-PICOT pour faire accepter par la dynastie hachémite son éviction d’Arabie et en particulier de La Mecque au profit de la tribu des Saoud. L’accès à la mer était un peu de baume sur la plaie ! Encore faut-il noter que le tracé définitif de la frontière entre ces deux royaumes arabes n’a-t-il été arrêté après diverses escarmouches que par un accord de 1965.

Il en va bien différemment pour Israël. Dans la brulante géopolitique moyen-orientale Israël avec son accès au golfe d’Akaba et son port d’Eilat est le seul pays à faire jeu égal avec l’Egypte en ayant un accès maritime à l’Occident par la Méditerranée et un accès à l’Orient par la Mer Rouge. Même si cette fenêtre sur l’Orient est minuscule (moins de 10 km de littoral), l’état sioniste y tient comme à la prunelle de ses yeux et son armée y déploie toutes ses capacités, y compris nucléaires. Depuis la création de l’Etat d’Israël, Eilat a vu sa population multipliée par 100 : le village de 500 habitants en 1955 est devenu aujourd’hui une ville moderne de 50000 habitants et son développement est une préoccupation prioritaire du gouvernement. Dés 1968, un pipeline Eilat Ashkelon est construit pour remplacer le canal de Suez fermé et pour alimenter les raffineries israéliennes sur la côte méditerranéenne.

Pour preuve la construction en cours par des entreprises chinoises d’un TGV Eilat- Tel Aviv et un projet de canal Aqaba-Mer morte qui via la Jordanie alimenterait Israël (et en principe aussi les territoires palestiniens) en eau de la Mer rouge dûment dessalée au départ.

Possédant les deux iles qui ferment le détroit l’Egypte détenait la capacité pratique de verrouiller le golfe d’Akaba. Elle en avait usé en Mai 1967 et quelques mois plus tard la guerre des six jours manifestait que pour Israël ce blocage était tout simplement inacceptable. L’Egypte battue paya très cher son geste, le canal de Suez fut fermé pendant huit ans et elle perdit ainsi une partie notable de ses ressources.

Cette question était demeurée à ce point épineuse que le traité de paix entre Israël et l’Egypte y accordait une place particulière. (1)

 

Etat du droit

La vive réaction d’une partie de l’opinion publique égyptienne à l’annonce de l’accord avec l’Arabie mérite d’être confrontée à la réalité de la situation territoriale.

Les deux iles désertes et qui ne constituent en rien en elles-mêmes une gêne pour la navigation dans le détroit de Tiran font partie intégrante du territoire saoudien dès l’origine mais n’ont fait l’objet d’aucune attention particulière de la part de la monarchie saoudienne car le pays dispose de 2000 km de côte sur la Mer Rouge et le détroit de Tiran n’a pour lui aucun intérêt stratégique.

Ceci explique que dés la création de l’Etat d’Israël, l’Arabie ait, dans le cadre de la solidarité arabe, laissé l’usage militaire des deux iles à l’Egypte pour lui permettre de verrouiller le golfe d’Akaba. Pour autant les deux iles ne sont pas devenues égyptiennes. La crise de Suez , si elle fut un échec pour l’opération franco anglaise , permit à l’allié israélien, interdit de navigation sur le canal de Suez, de prendre la place de l’armée égyptienne sur l’ile de Tiran et de protéger ainsi son accès maritime à Eilat.

En Mai 67 l’Egypte reprend militairement possession des iles. Dés le 7 Juin Israel réplique puissamment , c’est la guerre des six jours . A son issue l’Egypte perd le Canal de Suez. Maigre consolation ,l’armée égyptienne reste sur les iles mais évitera de renouveler le blocus du détroit.

Cette situation nouvelle d’ouverture de la navigation dans le golfe d’Akaba va conduire Israël à mettre en place le système de pipelines Eilat-Ashkelon qui permet :

- de faire transiter du pétrole brut entre la mer Rouge - port d’Eilat - et la Méditerranée - port d’Ashkelon - pour réexportation

- d’alimenter deux raffineries israéliennes de la côte méditerranéenne

- d’expédier depuis ces deux raffineries des produits raffinés vers le Néguev et Eilat

L’idée de remplacer le canal de Suez fermé prit également corps côté égyptien et un groupement de pays arabes producteurs de brut décida en 1973 la construction du SUMED, pipeline joignant la mer Rouge à la méditerranéenne au voisinage d’Alexandrie. Sa mise en service n’intervint cependant qu’en 1977 après la réouverture du canal. Le SUMED a depuis trouvé sa place dans la logistique pétrolière internationale puisqu’il voit passer deux fois plus de pétrole brut que le canal lui-même.

Le récent accord porte non pas sur la reconnaissance par l’Egypte de l’appartenance des deux iles au territoire saoudien ce qui n’a jamais été en question mais sur la reconnaissance des eaux territoriales saoudiennes autour de ces iles.

La différence n’est pas mince.

En effet la Convention des Nations Unies pour le droit de la mer a clarifié le régime juridique des eaux territoriales dans les détroits ouverts à la navigation internationale. L’accord entre l’Egypte et l’Arabie entre bien dans ce cadre. Le détroit de Tiran est trop étroit 4 miles marins pour que les deux pays riverains puissent étendre leurs eaux territoriales respectives dans les limites admises de 12 miles marins. Une ligne de partage est donc nécessaire entre ces deux Etats. Chaque Etat reste souverain sur ses eaux territoriales ainsi limitées mais garantit la liberté de navigation internationale affirmée dans les accords de Camp David. (1)

L’opposition au président Al Sissi très organisée autour des Frères Musulmans et qui flatte en l’occurrence un nationalisme déplacé s’oppose donc en réalité à une normalisation juridique de la situation du détroit et à la renonciation confirmée de l’Egypte (et subsidiairement de l’Arabie Saoudite qui n’en a jamais fait directement usage) au recours à la fermeture du détroit dans le cadre du conflit israélo-arabe. Ce conflit, du fait des traités de paix de l’Egypte et de la Jordanie avec Israël et du fait des bonnes relations présentes entre Ryad et Tel-Aviv n’a plus guère de points communs avec la période précédente. Par ailleurs le doublement du canal de Suez effectif depuis l’été 2015 rend l’Egypte moins sensible à la concurrence du pont terrestre Eilat-Ashkelon.

En rendant public cet accord et en réponse aux critiques immédiates qu’il a suscité, la présidence égyptienne a indiqué que sa négociation avait duré 5 ans et que les autres pays riverains du golfe d’Aqaba à savoir Israël et la Jordanie y avaient été associés.

L’argent saoudien sera certainement le bienvenu dans les caisses égyptiennes pour peu qu’il contribue à l’indispensable amélioration de la situation économique d’une population qui dépasse aujourd’hui 90 millions de personnes. Le symbole de cet accord sera évidemment la construction du pont de 50 kilomètres au dessus du détroit de Tiran qui va bientôt relier l’Arabie à l’Egypte en prenant appui sur les iles saoudiennes, construction qui ne pouvait avoir lieu qu’après clarification du régime des eaux territoriales.

Les défenseurs de la cause palestinienne dans nos pays qui pourraient être tentés de jeter la pierre à ces arrangements entre puissances régionales devraient reconnaitre qu’attendre des seuls pays arabes divisés et dominés la décolonisation de la Palestine n’a pas produit de résultats probants, que les seuls pays arabes belligérants comme l’Egypte et la Syrie y ont beaucoup perdu, que la Syrie en pâtit encore et dans les pires conditions à l’inverse des monarchies arabes qui se sont contentées de gesticulations diplomatiques et d’envois de fonds humanitaires.

Il est patent que seule la permanence du puissant soutien impérialiste occidental à la politique sioniste a rendu impossible jusqu’à présent cette décolonisation.

===================================================================================================================================

(1) Accords de Camp David – Extrait

The following matters are agreed between the parties:

  1. the full exercise of Egyptian sovereignty up to the internationally recognized border between Egypt and mandated Palestine;
  2. the withdrawal of Israeli armed forces from the Sinai;
  3. the use of airfields left by the Israelis near al-Arish, Rafah, Ras en-Naqb, and Sharm el-Sheikh for civilian purposes only, including possible commercial use only by all nations;
  4. the right of free passage by ships of Israel through the Gulf of Suez and the Suez Canal on the basis of the Constantinople Convention of 1888 applying to all nations; the Strait of Tiran and Gulf of Aqaba are international waterways to be open to all nations for unimpeded and nonsuspendable freedom of navigation and overflight;
  5. the construction of a highway between the Sinai and Jordan near Eilat with guaranteed free and peaceful passage by Egypt and Jordan; and
  6. the stationing of military forces listed below. (*)

* Le traité de paix entre l’Egypte et Israel, c’est à dire la miser en application des accords de Camp David a prévu la creation d’une force internationale de contrôle installée dans le Sinai. Il ne s’agit pas d’une force de l’ONU, les Etats-Unis, ayant imposé seuls cet accord aux deux belligérants, après avoir favorisé la prise du pouvoir par Anouar El Sadate. L’ONU et son Conseil de sécurité et surtout à l’époque l’URSS ont été tenus à l’écart de cette négociation. Les Etats-Unis ont donc fabriqué une force militaire dite d’observation d’un millier d’hommes avec leurs pays vassaux : Colombie , Italie, Fidji, Nouvelle Zélande, Australie,

29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 18:07

De l’enfer, il reviendra…

CHARLES BLE GOUDE ancien ministre ivoirien sous la présidence de Laurent Gbagbo est, on le sait, son compagnon de détention et de procès à la CPI. Il vient de publier aux Editions du moment un livre  « DE L’ENFER, JE REVIENDRAI ».

Ayant fui la Côte d’Ivoire après le coup d’Etat français du 11 avril 2011 il se réfugie au Ghana voisin. Dénoncé, il est trahi par le gouvernement ghanéen, enlevé par la police ivoirienne et séquestré pendant 14 mois  à Abidjan dans les locaux de la police  politique ivoirienne (DST) qu’il ne quittera qu’en mars 2014 pour être transféré dans la prison de la CPI à La Haye.  Il y fait la rencontre de « Mohamed » un djihadiste lui aussi prisonnier à la DST. Quelques jours après l’attentat de GRAND BASSAM ce récit, bref extrait d’un chapitre du livre, est éclairant.

Précisons que Blaise Campaoré, homme clé de la Françafrique, chassé de son pays et de son  pouvoir par un soulèvement populaire s’est réfugié chez son ami Alassane Ouattara qui vient de lui accorder la protection de la nationalité ivoirienne.

=======================================================================================================================================

Revenons à ma relation avec mon voisin djihadiste. Mauritanie, Maroc: bien qu'arabophones, ces deux pays d'où vient Mohamed sont aussi francophones. Je lance alors le sempiternel « Bonjour mon frère» à Mohamed, une expression usuelle entre détenus pour essayer de briser le mur de la méfiance. À ma grande satisfaction, il me répond avec ce que je devine être un sourire: « Bonjour Monsieur le ministre. »

Super! Il parle français, me dis-je. Avant même que je formule mon souhait d'échanger avec lui sur quelques sujets de temps à autre en profitant des moments d'inattention de nos geôliers, Mohamed s'empresse de me dire qu'il était l'homme à tout faire de Mokhtar Belmokhtar, le patron de Al-Mourabitoune, une union de factions djihadistes qui sévissaient dans le nord du Mali et auteur de plusieurs prises d'otages. Moktar Belmokhtar régnait en maître dans cette région. Durant les neuf mois que nous partageons à la DST, à travers les moyens de communication propres aux prisonniers, Mohamed m'apprend beaucoup sur bien des situations dont j'avais entendu parler de loin, ou même que j'ignorais tout simplement. Un jour que Mohamed s'arrête devant ma cellule, il me dit: « Monsieur le ministre, c'est dommage que je ne vous aie pas connu avant. J'aurais pu vous prévenir de tant de choses qui vous auraient évité bien des malheurs. » Intrigué, je lui demande: «De quoi aurais-tu pu me prévenir? »

Mohamed me raconte alors que l'attaque des 18 et 19 sep­tembre 2002 (note COMAGUER : première tentative française de renversement du président Gbagbo) qui s'est muée en rébellion s'est plus ou moins préparée sous ses yeux, du moins avec des gens qu'il connaissait bien au Burkina Faso. Et Mohamed de me demander si je connais un certain Mustapha Chafi 1. Je ne connais pas ce monsieur. Mohamed m'explique alors personne se disant proche de son entourage m'en parle ainsi directement. Mohamed poursuit pour me dire que tous, djihadistes et rebelles ivoiriens, étaient voisins à Ouaga 2000, un quartier huppé de la capitale burkinabée. C’est dans ce quartier que vivaient les chefs de la rébellion ivoirienne à l'époque. Ça, je le savais comme beaucoup d'autres Ivoiriens. Ce que j'ignorais, c'est le fait que l'ex-président burkinabé était le tuteur des djihadistes qui prenaient les Occidentaux en otage en échange de rançons. Mohamed y était logé au nom de son patron Mokhtar Belmokhtar au compte de l'État burkinabé. Son quotidien, ses repas, ses soins, tout était pris en charge par le pouvoir ouagalais.

«Mais, Mohamed, que gagnait le Président Blaise Compaoré à donner gîte et couvert aux djihadistes?» lui ai-je demandé. «Blaise Compaoré était notre maître, me répond-­il, notre démarcheur. Il gagnait, nous aussi nous gagnions. Il avait l'exclusivité de négocier avec les Occidentaux chaque fois que nous prenions en otage un de leurs ressortissants. Le deal avec lui était que nous acceptions que les fonds exigés soient réceptionnés par lui. Nous avions aussi convenu de ne pas faire de prise d'otage au Burkina Faso. »

Je n'en crois pas mes oreilles tellement je trouve trop grave et trop gros ce que m'affirme Mohamed.

Alors, je lui dis: «Mohamed, arrête de me raconter des contes de fées et prends-moi au sérieux s'il te plaît. » En fait je veux le stimuler à m'en dire davantage. C'est la seule occasion que j'ai pour m'informer en profondeur sur ces chefs d'État qui le jour, prononçaient des discours véhéments contre le terrorisme aux différentes tribunes des organisations internationales mais qui, nuitamment, servaient d'intermédiaires dans le cadre d'opérations pilotées par des hommes sans foi ni loi. La cohérence avec laquelle Mohamed détaille son récit me laisse sans voix. La seule condition que Mohamed me pose avant de continuer à parier est que je puisse un jour faire savoir au monde entier tout ce qu'il va me dire. En écrivant ces quelques lignes, je ne suis pas en train de trahir des confidences ou des secrets; bien au contraire, je ne fais que tenir la promesse faite à Mohamed d'en témoigner comme il me l'a demandé. Sûrement se doutait-il que, comme nombre de ses compagnons, il n'avait pas une longue espérance de vie. En outre, la portée propagandiste de pareille confession, habituelle dans les mouvements djihadistes, n'est pas à négliger.

Il raconte. «Dès que nous prenons un otage, on avertit tout de suite Blaise et il se charge d'informer les autorités du pays dont est originaire l'otage. Quand nous exigeons par exemple 1 000000 d'euros pour la libération d'un otage, Blaise dira aux autorités concernées que nous demandons 3000000 d'euros comme rançon. Une fois l'argent disponible, les autorités burkinabées nous facilitaient le transport pour retourner à notre base au nord Mali. On répartissait la rançon en deux parties. Un tiers nous revenait et Blaise gardait les deux tiers restants. Il en disposait comme bon lui semblait mais je dois reconnaître qu'il nous fournissait du matériel militaire, des vivres et des médicaments. On prenait beaucoup d'otages au Niger et au Mali sauf au Burkina Faso. En retour, Blaise nous couvrait, il nous a beaucoup aidés. On choisissait aussi la nationalité des Occidentaux à kidnapper selon la réputation de leurs pays d'origine à bien payer. Il y a des pays qui ne paient jamais. Nous, on n'avait rien à faire avec leurs ressortis­sants. Quelques rares fois où nous avons pris en otages certains de leurs ressortissants, c'était pour faire pression afin qu'on nous rende certains des nôtres qui étaient accusés de terrorisme et qui croupissaient dans les prisons. Il-y a des pays qui officiel­lement disent ne jamais payer de rançons et ne jamais négo­cier avec nous, mais qui en réalité sont de bons payeurs. C'est surtout leurs ressortissants qui étaient nos cibles privilégiées parce qu'avant tout, avec ces prises d'otages, notre objectif principal était d'avoir de l'argent pour nos besoins en matériels et aussi gérer notre quotidien et l'entretien des otages. Il fallait aussi mettre à l'abri du besoin les familles des candidats à l'explosion avec les ceintures. Voilà ce qui se passait, et c'est comme ça que je me suis lié d'amitié avec Mustapha Chafi. C'était lui qui servait de pont entre Blaise et nous. Aujourd'hui, après la prise de Kidal et de bien d'autres localités par les forces françaises, Chafi croit que nous ne sommes plus utiles, donc il me livre aux autorités ivoiriennes. C'est pourtant avec lui que nous avons monté l'opération en Côte d'Ivoire. Mais qu'il sache qu'il nous le paiera. »

Je veux savoir de quelle opération il parle. Mais à peine commence-t-il à répondre qu'on entend un bruit au niveau de la grande porte métallique qui ouvre le couloir de nos cellules. Vite, il se précipite dans la douche et me promet de me raconter la suite dès que l'occasion nous permettra de parler à nouveau. En prison, s'il y a une chose dont on dispose, c'est de temps. Hormis les dépla­cements surprises à la DST qui peuvent désorganiser nos plans, on a tout le temps pour nous, beaucoup trop d'ailleurs. J'attends donc patiemment que se présente une occasion pour poursuivre ce dialogue. Je viens enfin de trouver quelque chose à faire pour occuper utilement mon temps: aller au bout de cette affaire. Comme quoi, il n'est pas faux d'affirmer que toute épreuve est une oppor­tunité. Je ne compte pas rater la mienne. Dans ce cachot, me voici transformé en enquêteur.

Quand j'ai à nouveau l'occasion de discuter avec Mohamed, je le prie de me raconter son histoire d'opération montée en Côte d'Ivoire. Sans la moindre hésitation, mon voisin de fortune me raconte comment il s'est retrouvé à la DST. En voici le récit que je lui ai promis de partager.

Mohamed: « Nous sommes en mission en Côte D'Ivoire. » CBG: «Quand tu dis "nous", tu parles de qui puisque tu es seul ici à la DST? »

Mohamed: «Je parle de nous, les djihadistes. Moi je me suis marié avec une Ivoirienne et j'ai un enfant avec cette dernière; ce qui a facilité mon intégration en Côte d'Ivoire. En vérité, la jeune femme ne sait pas qui je suis, elle ne sait pas grande chose de mes activités de djihadiste. Elle ne sait même pas que je suis en prison. Elle sait simplement que je suis en voyage. J'ai loué plusieurs maisons où j'ai tout disposé. Tout était déjà planifié. »

CBG: «Mais pourquoi tout ça, mon frère? Pourquoi la Côte d'Ivoire ?»

Mohamed: «Monsieur le ministre, nous, on n'a rien contre les Ivoiriens. On en veut beaucoup au président Ouattara, c'est tout. Il va nous payer ce qu'il a fait. »

CBG: « Quoi? »

Mohamed: « Tu ne sais pas que c'est le président Alassane Ouattara qui a demandé à l'armée française de nous bombar­der dans le nord du Mali alors qu'on avait déjà conquis le pays?

En tout cas, même s'ils m'ont pris, tout le monde est décidé à réaliser l'opération. »

J'ai le souvenir en effet du rôle joué par Alassane Ouattara dans le déclenchement de l'opération Serval de l'armée française, puis de la MINUSMA conduite sous l'égide de la CEDEAO au nord du Mali. En sa qualité de président en exercice de cette institution sous-régionale entre 2012 et 2014, Ouattara avait contribué à conférer une base légale à cette intervention internationale qui a eu pour effet de momentanément stopper l'avancée djihadiste. En effet, c'est à la CEDEAO qu'en octobre 2012, le Conseil de sécurité de l'ONU avait confié la charge de la reconquête du nord Mali alors occupé comme on le sait par une myriade de groupes islamistes. Ceci peut donc expliquer les propos de Mohamed et l'obsession de ses compagnons à vouloir se « venger» du président ivoirien.

CBG: « Puisque tu veux que j'écrive un jour, dis-moi tout. »

Mohamed: «Quand les avions des Français auront fini de voler dans le ciel du Mali, ils vont nous trouver à terre. Cette histoire ne finira pas comme ils l'ont prévu. Elle finira au-delà du Mali et même au-delà de l'Afrique. Quant aux Occidentaux, cette guerre va les trouver eux. Tant qu'ils ne nous laisseront pas en paix, ils ne connaîtront plus jamais la paix. Ici en Côte d'Ivoire, on a déjà fini nos repérages. …….. (Souligné par nous)

 

1. Mustapha Limam Chafi est un ressortissant mauritanien qui a servi comme conseiller plus ou moins occulte de l'ex-président du Burkina Faso, Blaise Compaoré. Il est soupçonné d'être un intermédiaire des mouvements rebelles ou terroristes de la zone sahélo-saharienne, Soupçonné régulièrement d'activités subversives par nombre de pays ouest-africains notamment, il fait l'objet d'un mandat d'arrêt international émis par son pays d'origine, la Mauritanie. Il est supposé établi en Côte d'Ivoire où il a rejoint Blaise Compaoré après la chute de ce dernier. (Cf. supra pour un portrait plus complet du personnage.)

23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 17:24

« PARTENARIAT PUBLIC PRIVE » A LA MODE NEO COLONIALE

Etude de cas

L’approche des élections présidentielles françaises conduit les principaux candidats au primaire de droite à faire le traditionnel pèlerinage en Côte d’Ivoire.

Il s’agit évidemment du culte de Mammon.

Le parti socialiste n’est pas en reste puisque l’attentat terroriste de Grand Bassam a suscité le déplacement presqu’immédiat de deux des principaux ministres du gouvernement VALLS démontrant l’importance des intérêts français en Côte d’Ivoire et l’étroitesse des liens entre le gouvernement français et le Président de la Côte d’Ivoire.

La lecture de l’excellent livre de la journaliste FANNY PIGEAUD permet de mieux comprendre les rapports néocoloniaux. L’extrait du livre qui suit montre bien l’étroitesse des liens entre la néo colonie et la métropole maintenue.

****************************

EXTRAIT DE « FRANCE  COTE D’IVOIRE -  UNE HISTOIRE TRONQUEE »

DE FANNY PIGEAUD  - EDITIONS VENT D’AILLEURS – 2015

=====

Éviter de revivre la mésaventure Gbagbo

Si l'objectif des responsables de l'État français était de reprendre le contrôle de la Côte d'Ivoire, il semblerait atteint. Paris a envoyé dès la fin de la guerre au moins une dizaine de conseillers qui ont intégré plusieurs ministères ivoiriens, ainsi que la: primature et la présidence? Dès le 11 juillet 2011, les autorités ivoiriennes ont annoncé que la Côte d'Ivoire allait dédommager pour environ 10 millions d'euros 44 entreprises françaises sinistrées en ... novembre 2004, lors des manifestations antifrançaises à Abidjan. Cette aide devait être prise sur les fonds accordés à la Côte d'Ivoire à titre de l'aide au développement par l'Agence française de développement (AFD) ! L'AFD a donc prêté de l'argent à l'État ivoirien pour financer ... le secteur privé français".

Bouygues a décroché en juillet 2012 le fameux marché de construction d'un troisième pont à Abidjan, objet de tensions au début de la présidence Gbagbo. La conception, la construction, l'exploitation et la maintenance de l'édifice pour une durée de trente ans ont finalement été confiées à un ami de Ouattara. Le géant français du BTP a aussi renforcé ses positions dans l'exploitation du gaz ivoirien et a obtenu le droit de se lancer dans l'exploration pétrolière avec sa filiale. (note de COMAGUER : le pont ‘Bouygues » est un pont payant en pleine ville)

Foxtrot International. Associé à deux entreprises sud-coréennes, il a également signé en 2014 1,1n accord préliminaire avec le gouvernement ivoirien pour la construction d'un train urbain à Abidjan. Bouygues est donc désormais présent dans le secteur de l'eau, de l'électricité, du gaz, du pétrole, des .infrastructures routières, du transport=. Fin 2013, Bolloré a de son côté remporté, dans des conditions critiquées, l'important marché de la 'réalisation, de la concession et de l'exploitation d'un second terminal à conteneurs au port d'Abidjan. Quant au géant pétrolier Total, il a annoncé en avril 2014 avoir découvert un gisement de pétrole de bonne qualité au large de la Côte d'Ivoire, parlant d'un «résultat très prometteur».

Paris a pu fêter, en octobre 2012, les 40 ans de la zone franc: Pierre Moscovici, ministre français de l'Économie et des Finances, a réuni pour un colloque lès ministres des Finances, les gouverneurs des banques centrales et les présidents des institutions régionales de la zone franc. C'est Ouattara qui a prononcé le discours d'ouverture de cette manifestation. Deux mois plus tard, Moscovici a signé avec Abidjan un «contrat de désendettement et de développement» (C2D), source d'importants marchés pour les entreprises françaises: officiellement, le C2D consiste à transformer la dette du pays signataire vis-à-vis de l'État français en «dons », censés financer des projets et infrastructures pour lutter, contre la pauvreté. Dans la pratique, le C2D profite essentiellement aux: sociétés françaises". Ces dernières vont également bénéficier des opportunités créés par l'accord de libre- échange conclu, grâce à Ouattara, en 2014 entre la Cédéao et l'Union européenne: le président ivoirien, alors président de la Cédéao, a joué un rôle essentiel pour l'obtention de la signature de ses pairs d'Afrique de l'Ouest sur cet accord de partenariat économique (APE) qu'ils rejetaient avec force depuis 2002.

Pour conquérir ou garder des marchés en Côte d'Ivoire, les entreprises françaises peuvent compter sur Jean-Marc Simon, ancien ambassadeur de France à Abidjan et acteur clé de la crise postélectorale. Retraité depuis mars 2012, Simon a fondé un cabinet de conseil, Eurafrique Stratégies, et est toujours en excellents termes avec Ouattara, dont il' est devenu l'un des conseillers. Il conseille aussi, entre autres, Total, GDF-Suez et Veolia en Côte d'Ivoire". Simon était également jusqu'en mars 2014 le suppléant à Senlis du député UMP Éric Woerth, ancien ministre du Budget sous Sarkozy et ex-trésorier de l'UlVIP. Après avoir été élevé par le président ivoirien, en juillet 2011, au grade de «commandeur de l'ordre du mérite de la République de Côte d'Ivoire », il a été récompensé pour« services rendus à la nation ». Il a fait en effet partie, en janvier 2012, de la centaine de personnalités du 'monde politique, diplomatique, économique, universitajre.et militaire français décorées par Ouattara de l'ordre national de Côte d'Ivoire à l'Ambassade de la Côte d'Ivoire à Paris - du jamais vu. Parmi les heureux élus: Sarkozy et Carla Bruni­-Sarkozy, les ministres Guéant, Juppé, Longuet, les entrepreneurs Bolloré, Bouygues, Castel, Fabre, Vilgrain, le chef d'état-major des armées, l'amiral Édouard Guillaud, le chef d'état-major particulier de Sarkozy, le général Benoît Puga. Ce dernier est depuis resté au même poste: il est chef d'état-major particulier de François Hollande. Il a joué un rôle essentiel dans les opérations militaires extérieures de la France au Mali et en Centrafrique (2013)

******************************

Les quelques faits relatés par Fanny Pigeaud permettent de faire sur cet exemple un schéma des rapports économiques néocoloniaux en période capitaliste néolibérale.

Temps 1 : Un président ivoirien démocrate LAURENT GBAGBO arrive au pouvoir dans la régularité en 2000. Il n’a pas de programme de nationalisation socialiste de l’économie ivoirienne mais il souhaite simplement et il le dit desserrer l’étreinte du capitalisme français sur son pays c’est-à-dire  ne pas confier tous les grands projets économiques à la firme française en position de monopole dans chaque secteur d’activité et lancer des appels d’offre ouverts à la concurrence internationale . Ce qui revient à prendre à la lettre les idéologues du capitalisme libéral  et leur profession de foi qui se retrouve en l’état dans les traités européens: « favoriser une concurrence libre et non faussée ». Mais les idéologues ne sont là que pour faire le packaging de la violence du grand capital, pour faire un emballage médiatico-résistant à la violence du grand capital pour lequel la concurrence n’est jamais que le prélude, le plus bref possible,  du passage à l’oligopole ou au monopole, c’est-à-dire à la position de domination du marché, à la période où l’offre  - les grands capitalistes - écrase la demande – les consommateurs.

L’annonce de Laurent Gbagbo est perçue comme une agression par le grand capital français qui domine l’économie ivoirienne  et qui va donc lui déclarer la guerre.

Un bref sursis lui est procuré par la présence à la tête du gouvernement français de 2000 à 2002  de Lionel Jospin qui ne veut pas affronter un chef d’Etat membre comme lui de l’Internationale socialiste. La déconfiture socialiste à l’élection présidentielle de 2002 laisse le champ libre pour 10 ans à la droite capitaliste française et sitôt Chirac élu les manœuvres de déstabilisation de Laurent Gbagbo commencent. Le livre de Fanny Pigeaud raconte cette décennie  néo coloniale où la République française  sous les présidents Chirac et Sarkozy va utiliser tous les moyens possibles jusqu’à l’action militaire directe pour chasser Laurent Gbagbo du pouvoir.

Dans ce temps  1: le gouvernement :ses diplomates, ses militaires, ses moyens d’information/propagande,  dépense de l’argent public pour défendre le grand capital français menacé. Cet argent public est celui des citoyens et contribuables français et aussi celui des réserves de change du gouvernement ivoirien déposées au trésor public dans la cadre de la monnaie coloniale : le franc CFA. Pour faire simple : de la sueur française ajoutée à de la sueur ivoirienne.

Temps 2 : Laurent Gbagbo est finalement renversé. Le récit détaillé de ces dix années se trouve dans le livre de Fanny  PIGEAUD   N’étant pas choisi par les électeurs Le nouveau président est imposé militairement par la République française et se met au service du grand capital français (voir l’extrait du livre). Les bénéfices retrouvés de la position de monopole retrouvée permettent quelques largesses et les quelques miettes des larges  profits réalisés  deviennent entre des mains expertes des fortunes pour l’équipe dirigeante ivoirienne qui ne va évidemment pas faire des placements en franc CFA à Abidjan.

Temps 3 : Pour maintenir le système il convient que tout gouvernement français  puisse faire ce qu’ont fait Chirac et Sarkozy de 2002 à 2012 : s’ingérer puissamment dans la vie politique ivoirienne pour éviter toute dérive d’indépendance économique réelle du pays.  C’est alors au tour de L’équipe dirigeante ivoirienne de s’ingérer dans la politique française Elle prélève sur les commissions qui lui sont versées par les grandes entreprises française néocoloniales de quoi financer les partis et candidats français   qui soutiennent ou soutiendront, suivant des modalités diverses selon qu’il s’agit de la droite ou du PS, les dites grandes entreprises françaises.

Nous nous trouvons aujourd’hui dans ce troisième temps : Ouattara confirmé au pouvoir fin 2015, peut puiser dans sa caisse – c’est-à-dire dans l’argent de la corruption sorti de la caisse de corrupteurs  et qui sait dans la caisse publique ivoirienne - pour créer des liens forts et trébuchants avec la future équipe dirigeante  à Paris. Bien sur il faut miser sur plusieurs chevaux, les pronostiqueurs turfistes n’ayant pas encore émis leurs oracles, mais autant qu’on sache les mises ne dépassent pas quelques centaine de millions d’euros par casaque ! YES HE CAN !

 

Résumons le « partenariat public-privé » néo colonial dans la durée d’un cycle

1-Le public  (les contribuables français via le gouvernement français) paye pour choisir les politiques ivoiriens qui vont permettre l’enrichissement des monopoles français en Cote d’Ivoire

2-Les monopoles français  s’enrichissent en Côte d’Ivoire

3-Ils reversent une partie de leurs gains à l’entremetteur ivoirien complice : de l’argent privé devient de l’argent gris ou noir

4-Une partie de cet argent gris ou noir tombe dans l’escarcelle des futurs dirigeants français présélectionnés

5-Une fois élus, ceux-ci piocheront à nouveau dans la caisse publique française pour maintenir une présence diplomatique et militaire forte en Côte d’Ivoire garantissant le maintien de   la position et des profits des monopoles français

 

 

16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 15:54

 

 

LA PHALANGE MAGNIFIQUE …AU LARZAC

Ce nom qui donne la chair de poule à tous les descendants des républicains espagnols est le nom donné à une unité mythique de la Légion étrangère : la 13° Demi-brigade de la Légion Etrangère  (13° DBLE en langage militaire officiel). Il est possible qu’oubliant  - ou occultant ? - la référence au fascisme espagnol les militaires qui ont choisi cette dénomination aient simplement voulu  rattacher l’unité aux antiques précédents sumérien et grec. Plus simplement les militaires parlent d’elle comme de « la 13 »

Demi-brigade ne signifie aucunement une unité qui aurait perdu la moitié de son effectif mais cette appellation remonte à une décision de la Convention qui  avait décidé, dans le cadre de la réorganisation de l’armée révolutionnaire, de ne plus utiliser le terme « régiment » trop lié à l’ancien régime. Une demi-brigade composée de 3 bataillons comptait environ 3000 hommes. Dés le consulat, Bonaparte rétablit promptement le terme « régiment ».

Le nom est cependant demeuré et il est aujourd’hui encore porté par une seule unité de l’armée française: la 13° demi-brigade de  la Légion Etrangère. 

Cette distinction sémantique est le fruit d’un hasard de l’histoire.  La 13° DBLE est créée officiellement le  27 Mars 1940 mais elle fait immédiatement suite à la Demi Brigade Légère de montagne de la Légion étrangère  (DBLMLE) créée le 01 Mars 1940 et qui devait participer du côté finlandais à la « guerre de l’hiver » qui opposait la Finlande à l’URSS. Mais la guerre commencée le 30 Novembre 1939 s’achève par la victoire de l’URSS et le traité de paix de Moscou signé le 13 Mars 1940. La DBMLE qui s’est entrainée au combat en montagne au camp du Larzac n’ira donc   pas en Finlande. Le 22 avril désormais rebaptisée  « la 13 »  part en Norvège affronter l’armée allemande à Brejvik et à Narvik et combat précisément entre le 6 Mai et le 7 Juin. Sa victoire  sur les forces allemandes ne sert à rien, la France est en train de capituler. Quand elle rentre en France, soldats et officiers se trouvent devant le choix nouveau : rentrer dans la France défaite et déposer les armes  ou rallier la France libre. Les officiers se partagent mais la majorité des soldats, dont un quart seraient des républicains espagnols ayant fui le fascisme, décident de passer en Angleterre. « La 13 » devient une des toutes premières unités combattantes de la France Libre et compte parmi ses officiers de futurs personnages importants du gaullisme et de la République : Pierre Messmer, futur premier ministre et le général Koenig. Dés lors elle se trouve pleinement engagée   dans la guerre : Erythrée, Libye,  Tunisie et débarque en Provence le 16 Aout 1944 sans oublier un épisode délicat en Syrie où elle doit affronter des troupes françaises d’occupation fidèles à Vichy.

Elle passe ensuite aux guerres coloniales : Madagascar, Indochine, Algérie…

Elle s’installe à Djibouti en 1962 et  va participer jusqu’à l’indépendance en 1977 aux opérations de maintien de l’ordre dans la colonie française et aux alentours. Elle sera ensuite impliquée avec d’autres unités françaises et spécialement d’autres éléments de la légion les REP (régiments étrangers de parachutistes) et les REI (régiments étrangers d’infanterie)  et des forces spéciales dans diverses missions en Somalie, au Yémen,  au Rwanda (opération Turquoise 1994) et en Côte d’Ivoire à partir de 2002 (opération Licorne).

Dans toute cette longue période « la 13 »  se perfectionne au combat en zone désertique qu’elle avait pratiqué en Libye en 1942  et s’adapte à des nouvelles missions : usage de blindés légers, travaux de génie, formations aux actions amphibies,  évacuation de populations civiles dans des zones de conflit …Il lui arrive même d’opérer sous le casque bleu de l’ONU.

Mais rien de semblable aux opérations militaires classiques dans  des guerres classiques car la France néocoloniale  se fait discrète, dissimulatrice et intervient principalement en Afrique dans des conflits asymétriques qui sont souvent des opérations combinées de la « 13 » avec les forces spéciales et d’autres unités. La dimension « humanitaire » quelquefois mise en avant masque souvent des interventions politiques d’ingérence néocoloniale pour déstabiliser un régime ou conforter un régime vassal et ami menacé.

Ce caractère qui s’est renforcé après la chute de l’URSS et la disparition du bloc soviétique prend toute son ampleur après le lancement officiel de la « guerre contre le terrorisme » par GW BUSH après le 11 Septembre 2001. Il va s’accuser avec la présidence Sarkozy qui décide d’installer la 13° DBLE à Abu Dhabi  où s’installent également  l’armée de l’air et la marine. La France qui laisse l’armée US s’installer puissamment à Djibouti, s’inscrit ainsi pleinement dans la politique US de soutien des monarchies arabes réactionnaires et s’affiche comme le leader de l’agression de la Libye. La Légion étrangère participera au sol au renversement du régime libyen mais il n’est pas établi que la 13° DBLE ait été elle-même sur place.

Cependant l’énormité de la présence militaire US dans la région oblige l’armée française à trouver une petite place dans le dispositif impérialiste occidental dans le Golfe. Les Rafale et les Mirage font des frappes complémentaires de  celles de l’USAF, le Charles de Gaulle et sa flottille viennent de temps en temps se montrer  et « la 13 »  doit s’adapter à de nouvelles tâches : former des forces spéciales locales, faire des démonstrations d’armes  françaises sur le terrain pour convaincre les clients régionaux, prendre place dans la guerre électronique. A lire certains témoignages sur des blogs militaires  les baroudeurs traditionnels ne se reconnaissent pas trop dans ces nouveaux métiers  et le moral n’est pas bon  d’autant plus que les effectifs se réduisent.

Hollande inscrit d’abord ses pas dans cette politique de Sarkozy et « la 13 » va envoyer des hommes en Jordanie et en Irak pour former des troupes spéciales locales, probablement pour soutenir les forces spéciales française opérant dans le secteur  et pour assurer la protection de la base aérienne dite « projetée »  mais bien opérationnelle en Jordanie d’où décollent les Rafale et les Mirage qui frappent en Syrie et en Irak (voir à ce sujet notre bulletin n° 306).

La décision officialisée par le Conseil des Ministres du 31 Juillet 2015 d’installer la 13° DBLE  à demeure sur le camp du Larzac et d’augmenter ses effectifs pour en re-faire une unité combattante de pointe pose beaucoup de questions.

Elle intervient à un moment particulier. Le basculement de la guerre de Syrie, concrétisé par l’intervention  russe   qui commence le 30 Septembre n’a pas encore eu lieu mais les services de renseignement savent certainement que les préparatifs de l’installation  de l’aviation russe sur la base de Lattaquié sont en cours et que l’élimination de Bachar el Assad n’est plus à l’ordre du jour. Seul Fabius va persister dans sa volonté assassine affirmée et il faudra quelques mois pour qu’Hollande le mette sur la touche.

Il faut donc considérer le rapatriement de « la 13 » comme le constat d’échec de la guerre occidentale de Syrie et en même temps la préparation d’autres aventures .Il peut s’agir aussi  en redonnant du lustre à une unité célèbre de flatter une armée qui, s’exprimant par la bouche ou la plume de plusieurs officiers généraux,  supporte mal, depuis le début de la Présidence Hollande la double contrainte contradictoire de la multiplication des OPEX  dont les budgets doublent et de la diminution des moyens.

L’installation au Larzac au voisinage d’un aéroport civil qui pourrait être facilement agrandi pour accueillir les gros avions de transport de l’armée permet la projection rapide de l’unité vers le Sud de la Méditerranée  pour la défense des intérêts néocoloniaux de la France.

Une unité basée sur le sol métropolitain coûte moins cher qu’à l’étranger et donc la Défense peut à budget égal embaucher de nouveaux légionnaires  - l’effectif annoncé dépasse 1000 hommes - et les payer moins cher les jours où ils sont sur le sol métropolitain. Parallèlement des crédits ont été trouvés pour améliorer le confort du camp du Larzac pour ses nouveaux occupants.

Mais l’inquiétude principale vient du fait que la nouvelle doctrine politico-militaire qui fait du terrorisme l’ennemi principal fait disparaitre les frontières et avec elles la distinction entre THEATRE D’OPERATIONS EXTERIEUR (OPEX) et THEATRE D’OPERATIONS INTERIEUR (OPINT).

Une menace terroriste ou supposée sur le territoire métropolitain pourrait servir de justification à l’intervention de la 13° DBLE  sur le sol national et  qui sait contre des citoyens français.

 Souvenons-nous que pendant la guerre d’Algérie le camp du Larzac a servi à détenir discrètement des militants du FLN, citoyens français !

Après l’annonce de l’implantation de la 13 au Larzac, les élus locaux avaient promis, pour apaiser les inquiétudes locales,  que la Légion ne sortirait pas du camp. Deux mois après  la promesse ne tient déjà plus et des entrainements viennent d’avoir lieu en dehors du camp.

Ce n’est pas une surprise : ces promesses n’ont été faites ni par l’armée ni par le Ministère de la Défense qui diront que ces jeunes gens quand ils ne combattent pas dans le Sahel ne peuvent pas passer la journée à suivre des formations sur des armes électroniques ou à jouer aux cartes. Il leur faut donc de l’exercice physique  et pour cela ils ne se contentent manifestement pas de faire le tour des 3500 hectares du camp du Larzac en courant. Pourtant le rattachement de « la 13 » à la  6° Brigade légère blindée dont l’Etat-major est à Nîmes pourrait lui permettre de profiter de terrains d’exercice dans la région tel l’immense Camp de Canjuers  (35000 hectares, le plus grand camp d’Europe occidentale- dix fois la superficie du camp du Larzac) ou le camp des Garrigues proche de Nîmes (4700 hectares)

 

La plus grande vigilance s’impose donc face à un pouvoir qui a multiplié les interventions militaires en Afrique et qui,  sous le couvert de l’Etat d’urgence, accoutume la population à la présence de soldats en armes  dans les rues des villes et villages de France et qui sait disposer avec la Légion et la 13° DBLE d’unités  spécialement silencieuses et obéissantes.

Se pose en effet dans les rapports entre officiers français de la légion étrangère et soldats étrangers un problème qui est à la source même de ce régiment. Quand un soldat français, hors service croise dans la rue, dans un magasin ou un jardin public un officier français, il a à faire à un supérieur hiérarchique, mais il est un citoyen ayant les mêmes droits que lui ce qui est un facteur d’égalité et pas seulement symbolique. C’était encore plus vrai au moment de la conscription mais cela demeure. Face à un légionnaire, l’officier français est face à un étranger donc à un homme de statut inférieur sur tous les plans, le rapport de domination est complet.

 

Le Collectif GARDEM LO LARZAC  collectif de paysans, d’habitants, de citoyens du Larzac et d’ailleurs pour un Avenir Concerté du Larzac... s’est formé et diffuse des informations régulières sur le sujet

https://www.facebook.com/Collectif-Gardem-Lo-Larzac-408882059321808/

Courriel : stm.larzac@laposte.net

 

LE CAS DU GENERAL PARIS DE BOLLARDIERE

Ceux qui comme les élus locaux et comme José Bové, élu européen résidant sur la Larzac  veulent apaiser les inquiétudes locales rappellent volontiers que la Général Paris de Bollardière,  connu pour son soutien public aux paysans du Larzac qui refusaient  l’extension du camp, avait au début des sa carrière été officier à la 13° DBLE dans les Forces françaises libres pendant la deuxième guerre mondiale

Mais cet engagement spectaculaire aux côtés des paysans avait été précédé d’un autre : pendant la guerre d’Algérie, De Bollardière  se retrouve sous les ordres de Massu au moment de la bataille d’Alger. Influencé par le lieutenant Jean Jacques Servan-Schreiber qui sert sous ses ordres, il prend position contre la torture et demande à être renvoyé en métropole. Ses états de service sont tels que l’Etat-major ne peut qu’accéder à sa demande de mutation.

 Cet épisode rarissime voire unique dans l’histoire militaire sera suivi  d’un autre : sa participation à une opération de protestation non-violente contre les essais nucléaires dans le Pacifique.

Impossible donc de comprendre l’histoire  et la mentalité d’un régiment vieux de 75 ans à travers le cas d’un officier hors du commun qui n’en a été membre que 5 ans et en pleine guerre.

 

LE CAS DU GENERAL CHRISTIAN PIQUEMAL

Il vient de faire une entrée remarquée dans les grands médias en participant  à Calais une manifestation « contre les migrants » appelée par le mouvement xénophobe allemand PEGIDA et interdite par la Préfet. Interpellé il a été placé en garde en vue et mis à la retraite par Le Drian en attendant de se présenter au tribunal en Mai.

Commandant de la Légion étrangère pendant 5 ans, mais il ne semble pas qu’il ait jamais été affecté à la 13° DBLE. Il a également été président de l’Union Nationale de Parachutistes pendant dix ans (2004-2014), ce qui lui donne uns stature de leader dans ce milieu particulier.

La manifestation du 6 février – date à forte charge symbolique dans les milieux d’extrême-droite en souvenir du 6 Février 1934 -  a donné argument à Manuel Valls pour ordonner presque aussitôt  la fermeture de la « Jungle de Calais ». 

Si le général Piquemal était un fasciste avéré pourquoi trois premiers ministres socialistes  Michel Rocard, Edith Cresson, et Pierre Bérégovoy l’ont-ils choisi comme membre de leur cabinet ?

 

 

16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 15:05

 

 

 

CANNABIS

Nouveau carnaval communicationnel ou comment transformer une question géopolitique en question « sociétale »


Les dernières données officielles de l’OICS (organe international de contrôle des stupéfiants) comme celles de l’ONU viennent de confirmer une nouvelle fois ce qu’indiquent régulièrement, au fil des dépêches, les récits des prises, par les douanes françaises entre autres, de grosses quantités de cannabis : Le royaume du Maroc est de très loin le premier producteur mondial de cette drogue (80% du total mondial).

Dans le palmarès mondial des producteurs de drogue, il se situe aux côtés de l’Afghanistan, premier producteur d’héroïne et de la Colombie, premier producteur de cocaïne. Ce trio majeur bénéficie de l’immense intérêt que lui portent les Etats-Unis et leurs services spéciaux.

Nul n’ignore les liens très étroits qui unissent aujourd’hui la monarchie marocaine et les actuels cercles gouvernementaux français (et aussi les cercles dirigeants étasuniens et israéliens). Les entreprises françaises ont pignon sur rue au Maroc - on en évalue le nombre à 750 -, la dernière équipe gouvernementale française ne compte pas moins de trois ministres ayant des liens personnels très étroits avec le Maroc et Cazeneuve, Ministre de l’intérieur, vient de remettre la Légion d’honneur à Abdellatif Hammouchi, chef du contre-espionnage marocain, personnage très actif dans la répression brutale des démocrates marocains.

La relance du débat sur la dépénalisation du cannabis ne peut être l’effet du hasard et s’inscrit clairement dans l’approfondissement des liens économiques et politiques franco-marocains. En effet il n’est pas question dans la république socio-néolibérale de Hollande et Valls de créer une compagnie nationale qui sur le modèle de la défunte SEITA aurait le monopole de la commercialisation, régulerait le marché voire contrôlerait une production tout à fait possible sur le sol français *, la vente libre du cannabis conduirait donc à faire un cadeau « royal » au Maroc, à ouvrir tout grand le marché français au cannabis marocain et à implanter sur le territoire national les réseaux marocains de production et de distribution.

Un vrai cadeau …. empoisonnant ….

*sans ouvrir un débat plus que séculaire et non résolu qui a pris aujourd’hui une dimension nouvelle avec l’apparition d’ « Etats faillis » dans lesquels ne subsistent que des rapports de force, rappelons qu’un Etat n’est pas une ligue de vertu prônant l’ascétisme et la frugalité, mais une structure de gestion d’une nation et que l’absence d’Etat ne conduit pas nécessairement et immédiatement à l’autogestion généralisée.