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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 12:47

La Commission trilatérale s’est réunie à Rome

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Par Alessandro Lattanzio sur le blog https://aurorasito.wordpress.com/ 18/04/2016

Traduction et commentaires COMAGUER

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La réunion plénière 2016 de la Commission trilatérale, une organisation fondée en 1973 par David Rockefeller, s’est tenue à Rome du 15 au 17 avril, à l'hôtel Cavalieri Waldorf Astoria de Monte Mario.

Parmi les 200 participants on relève les noms de : (notes Comaguer en italique)

L’ex-directeur général de Luxottica Andrea Guerra, (luxottica : lunetterie de luxe)

Un député du parti démocrate et Yoram Gutgeld, le Commissaire pour « l'examen des dépenses'» du gouvernement Renzi

La ministre des réformes Maria Elena Boschi

Le Ministre des Affaires étrangères Paolo Gentiloni Silverj

La présidente de la RAI Monica Maggioni

L’ancien vice-ministre des affaires étrangères et vice-président de l’ENI Lapo Pistelli (ENI : principale société pétrolière italienne)

Lia Quartapalle et Vincenzo Amendola du parti Démocrate (Parti Démocrate ex Pari communiste italien, De Profundis, nom choisi par ses fondateurs « communistes » en référence au parti démocrate étasunien !)

L’ex-recteur de l’université Bocconi Carlo Secchi (Président du groupe italien de la Trilatérale) (Bocconi : université privée à Milan – bastion de l’économie libérale)

Le PDG de la FINCANTIERI Giuseppe Bono (Chantier naval : navires marchands et militaires – grand vendeur sur les marchés internationaux)

L’ancien PDG de BANCA INTESA Enrico Cucchiani

Le président de la FCA John Elkann (John Elkann, citoyen italo étasunien, fils d’une héritière de la FIAT et donc petit-fils d’Agnelli - préside le groupe FIAT- CHRYSLER : FCA)

Le directeur général de INTESA SAN PAOLO Carlo Messina (INTESA SAN PAOLO – premier groupe bancaire italien pour la capitalisation- siège à Turin)

Le PDG de la Sté PIRELLI Marco Tronchetti Povera (Pirelli : cinquième producteur mondial de pneus – en voie de diversification dans l’économie « verte »)

Le Président d’UNICREDIT Giuseppe Vita (UNICREDIT : puissant groupe bancaire italien en pointe dans les crédits à l’exportation de matériel militaire)

L’amiral Giampaolo Di Paola (chef d’Etat-major de la défense de 2004 à 2008, puis président du comité militaire de l’OTAN avant de devenir Ministre de la défense de 2011 à 2013 dans le gouvernement Monti lui-même issu de Goldman Sachs – privilégie les fournisseurs US pour l’achat de matériel militaire)

La directrice d’ASPENIA Maria Dassu (ASPENIA : ASPEN Italie, think tank, filiale de la Commission Trilatérale présente dans de nombreux pays) et

Enrico Letta (président du Conseil italien d’Avril 2013 à Mai 2014 – dirigeant du Parti Démocrate qui s’oppose à lui et le contraint à la démission – Renzi prend la relève -« replié » sur Paris où il dirige l’Institut des Affaires Internationales de Sciences po)

et les invités vedettes étrangers David Rockefeller, Jean Claude Trichet (Président de la Commission Trilatérale), Madeleine Albright, Michael Bloomberg et Suzanne Rice.

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Les thèmes abordés par la Commission trilatérale à Rome, étaient les suivants :


Façonner l'avenir de l'Italie en Europe

Où en est projet européen ?

Allocution au Quirinal du Président de la République Mattarella

(Ces messieurs dames ont donc été reçus par le Président de la République en son palais - Elu Président en 2013 avec le ferme soutien du Président du Conseil Matteo Renzi, ce juriste sicilien démocrate-chrétien a été ministre de la Défense et responsable des services secrets en particulier au moment des bombardements de la Yougoslavie par l’OTAN)

Le Moyen-Orient dans la tourmente

Où en est la Russie ?

La Corée du Nord nucléaire et les menaces liées aux missiles

Où en est la Chine ?

Les élections présidentielles aux États-Unis

Migrations internationales et flux de réfugiés

Faire face aux perturbations numériques


En conclusion la Présidente de la session de la Commission Trilatérale, Maria Elena Boschi, s'exprimant en anglais devant le public cosmopolite sans médiation des traducteurs, a déclaré : «Le référendum ("sur les exercices") ne changera pas en quoi que ce soit la politique énergétique italienne, qui se poursuivra quel que soit le résultat, ayant un effet minime sur notre législation, qui n’en concerne qu’un petit aspect Il pourrait peut-être y avoir une incidence sur l'approche politique. Le gouvernement est engagé dans la recherche d'énergies alternatives, nous utilisons beaucoup de ressources. »

L'économiste Indien Nand Kishore Singh a interrogé Madame Boschi sur la réforme de la Constitution et l'organisation d'un référendum. «Voici pourquoi le référendum aura un impact plus profond sur notre politique énergétique. En effet nous devons aujourd’hui partager les décisions avec vingt régions, avec vingt lois, mais après la réforme, nous aurons une stratégie et des lois pour toute l'Italie. Donc, j'en suis sûre, nous aurons encore plus de poids en Europe ".

Et pour la Constitution ? « Je ne pense pas que le nombre de sénateurs puisse avoir une incidence sur l'équilibre des pouvoirs de la Constitution. Je pense que les freins et contrepoids sont garanties par la séparation des pouvoirs, l'indépendance de la magistrature et par les règles de la Cour constitutionnelle. Même le Président de la République est un garant de l’équilibre, et peut par exemple, refuser de signer une loi votée par le Parlement, si elle ne respecte pas notre Constitution".

Le référendum sur les plateformes pétrolières en mer a été depuis repoussé, la participation - 35% -ayant été insuffisante aux yeux de la loi.

Quant à la constitution et sans rentrer dans un exposé détaillé des récentes modifications ce qui est dit est destiné à rassurer le capitalisme international : rien dans la politique nationale italienne ne viendra le déranger.

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Précieux rappel historique d’Alessandro Lattanzio

David Rockefeller a voulu inclure le Japon dans les discussions sur la coopération Internationale. A la conférence du groupe de Bilderberg en Belgique en 1972, Rockefeller a discuté avec le professeur d’études russes de l'Université de Columbia Zbigniew Brzezinski, proche du Comité de pilotage du Bilderberg. En juillet 1972, eut lieu la première une réunion opérationnelle pour former la Commission Trilatérale. Y participèrent l'économiste Fred Bergsten, le politologue de la Brookings Institution Henry Owen, le Président de la Fondation Ford Mc George Bundy, le parlementaire allemand Karl Carstens, le politicien Français René Foch *, l’Ambassadeur et ancien commissaire de la CEE Guido Colonna di Paliano, le politologue de Université du Sussex François Duchène * , le directeur de l'Institut d'études européennes de la Communauté économique européenne Max Kohnstamm, le député et ancien ministre des affaires étrangères japonais Kiichi Miyazawa, le professeur de relations internationales Kinhide Mushakoji, le Président du Fonds de coopération économique outre-mer Saburo Okita et le président du Japan Center for International Exchange Tadashi Yamamoto. Donc un groupe de réflexion qui réunissait des représentants de l'élite politico-économique des États-Unis, du Canada, de l’Europe occidentale et du Japon.

Le Comité exécutif de La trilatérale a tenu sa première réunion officielle à Tokyo, en octobre 1973. La Commission trilatérale est financée par le Rockefeller Brothers Fund et est profondément liée au COUNCIL OF FOREIGN RELATIONS. La Commission aide les gouvernements à réaliser des « accords constructifs » avec d'autres gouvernements, à promouvoir une coopération plus étroite entre l'Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord. En 1974, elle a publié "la crise de la démocratie" en invoquant une démocratie « modérée ». (ce souci demeure et quand la « modération » habituelle parait insuffisante, elle prend la forme de l’état d’urgence).

Ont fait partie de le Commission trilatérale David Rockefeller, George H.W. Bush, Jimmy Carter, Jean-Claude Trichet, Bill Clinton, Henry Kissinger et Zbigniew Brzezinski. Lors du plénum du 10-12 d'avril 2000, la Trilatérale a décidé d'inclure le Mexique et de transformer le groupe japonais en groupe Asie-Pacifique, comprenant désormais la Corée du Sud, l'Australie et la Nouvelle-Zélande et des représentants de l'Indonésie, de la Malaisie, des Philippines, de Singapour et de la Thaïlande. Ces derniers temps la Trilatérale met l'accent sur les nouveaux équilibres mondiaux, sur la réorientation des organisations internationale (voir le blocage de l’OMC et les nouveaux concurrents du FMI et de la Banque Mondiale : Banque des BRICS, Banque Asiatique d’investissement dans les infrastructures …), et sur les nouveaux acteurs dans la politique internationale (AL QAIDA, DAESH, SOROS ?) et sur le développement durable (thème bateau pour la promotion du capitalisme vert).

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  • René Foch – presqu’ignoré des médias, ce personnage fait partie des artisans, qui dans la coulisse, ont œuvré pour l’alliance atlantique et pour une Europe pro-américaine. Directeur général honoraire à la Commission européenne. Ancien secrétaire général du Comité d’action pour l’Europe (en fait Fondation Jean Monnet). A publié La Haute Autorité de la vallée du Tennessee (PUF, 1951) ; Pour une défense de l’Europe (Institut universitaire européen de Florence, 1996). Egalement membre de l’Institut Jean Lecanuet, think tank atlantiste. A publié en 2001 dans la revue Commentaires un article « Comment vivre avec les États-Unis ? » alors que la question stratégique centrale dans la période multipolaire en cours est « Comment vivre sans ? »
  • François Duchene – politologue de père suisse et de mère française, élevé en Grande-Bretagne où son père était directeur de l’hôtel Ritz de Londres, décédé en 2005, très proche collaborateur de Jean Monnet, il est l’auteur de la principale biographie en anglais de ce dernier sous le titre très explicite : « Jean Monnet, Le premier homme d’état de l’interdépendance ». Pour mémoire les cendres de Jean Monnet ont été transférées au panthéon en 1988 sur décision du président Mitterrand.

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La prochaine réunion du groupe de Bilderberg aura lieu à DRESDE, (ville martyrisée par l’aviation alliée en 1945 et seconde ville de la RDA martyrisée par la RFA après 1991) du 9 au 12 Juin 2016. (lire à ce sujet le livre de Vladimiro Giacché : Le second anschluss, l’annexion de la RDA » - éditions Delga)

Ce bulletin peut avantageusement constituer une nouvelle annexe au livre de Domenico Moro sur le groupe de Bilderberg publié  en 2015 aux Editions Delga.

 

 

30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 12:41

DEUX ILES A VENDRE

 

 L' apparence

Au terme d’une longue visite officielle du roi d’Arabie Saoudite au Caire la population égyptienne vient de découvrir avec stupéfaction que l’Egypte reconnaissait la souveraineté de l’Arabie Saoudite sur deux iles : Tiran et Sanafir qui ferment l’entrée du Golfe d’Akaba.

En échange de cette reconnaissance l’Arabie Saoudite accorde un prêt à long terme de 16 Milliards de dollars à l’Egypte.

Le golfe d’Akaba sépare le Sinaï, donc l’Egypte, qui en occupe la rive l’Ouest de l’Arabie Saoudite qui en occupe la rive Est et son extrémité méridionale est fermée par deux iles sur lesquelles l’Arabie va planter son drapeau. Demeure pour la navigation un passage navigable en eau profonde de 6 km de large entre l’ile de Tiran et la côte égyptienne.

 

Le contexte

Cet accord serait anodin puisque les deux signataires disposent l’un et l’autre de milliers de kilomètres de côte et que leur activité sur leur rivage du golfe d’Akaba est très limitée. Côté égyptien le golfe et la région du détroit sont surtout voués à la plongée sous-marine dont ils constituent un des sites mondiaux les plus réputés de Taba jusqu’à Sharm El Sheikh.

Mais la question prend une dimension politique et militaire d’importance mondiale car au fond du golfe deux autres états ont un accès à la mer, petit mais décisif : la Jordanie et Israël.

Pour la Jordanie Aqaba est l’unique et étroite porte sur la mer. La Jordanie n’y est pour rien. Sa frontière avec l’Arabie est le résultat du découpage SYKES-PICOT pour faire accepter par la dynastie hachémite son éviction d’Arabie et en particulier de La Mecque au profit de la tribu des Saoud. L’accès à la mer était un peu de baume sur la plaie ! Encore faut-il noter que le tracé définitif de la frontière entre ces deux royaumes arabes n’a-t-il été arrêté après diverses escarmouches que par un accord de 1965.

Il en va bien différemment pour Israël. Dans la brulante géopolitique moyen-orientale Israël avec son accès au golfe d’Akaba et son port d’Eilat est le seul pays à faire jeu égal avec l’Egypte en ayant un accès maritime à l’Occident par la Méditerranée et un accès à l’Orient par la Mer Rouge. Même si cette fenêtre sur l’Orient est minuscule (moins de 10 km de littoral), l’état sioniste y tient comme à la prunelle de ses yeux et son armée y déploie toutes ses capacités, y compris nucléaires. Depuis la création de l’Etat d’Israël, Eilat a vu sa population multipliée par 100 : le village de 500 habitants en 1955 est devenu aujourd’hui une ville moderne de 50000 habitants et son développement est une préoccupation prioritaire du gouvernement. Dés 1968, un pipeline Eilat Ashkelon est construit pour remplacer le canal de Suez fermé et pour alimenter les raffineries israéliennes sur la côte méditerranéenne.

Pour preuve la construction en cours par des entreprises chinoises d’un TGV Eilat- Tel Aviv et un projet de canal Aqaba-Mer morte qui via la Jordanie alimenterait Israël (et en principe aussi les territoires palestiniens) en eau de la Mer rouge dûment dessalée au départ.

Possédant les deux iles qui ferment le détroit l’Egypte détenait la capacité pratique de verrouiller le golfe d’Akaba. Elle en avait usé en Mai 1967 et quelques mois plus tard la guerre des six jours manifestait que pour Israël ce blocage était tout simplement inacceptable. L’Egypte battue paya très cher son geste, le canal de Suez fut fermé pendant huit ans et elle perdit ainsi une partie notable de ses ressources.

Cette question était demeurée à ce point épineuse que le traité de paix entre Israël et l’Egypte y accordait une place particulière. (1)

 

Etat du droit

La vive réaction d’une partie de l’opinion publique égyptienne à l’annonce de l’accord avec l’Arabie mérite d’être confrontée à la réalité de la situation territoriale.

Les deux iles désertes et qui ne constituent en rien en elles-mêmes une gêne pour la navigation dans le détroit de Tiran font partie intégrante du territoire saoudien dès l’origine mais n’ont fait l’objet d’aucune attention particulière de la part de la monarchie saoudienne car le pays dispose de 2000 km de côte sur la Mer Rouge et le détroit de Tiran n’a pour lui aucun intérêt stratégique.

Ceci explique que dés la création de l’Etat d’Israël, l’Arabie ait, dans le cadre de la solidarité arabe, laissé l’usage militaire des deux iles à l’Egypte pour lui permettre de verrouiller le golfe d’Akaba. Pour autant les deux iles ne sont pas devenues égyptiennes. La crise de Suez , si elle fut un échec pour l’opération franco anglaise , permit à l’allié israélien, interdit de navigation sur le canal de Suez, de prendre la place de l’armée égyptienne sur l’ile de Tiran et de protéger ainsi son accès maritime à Eilat.

En Mai 67 l’Egypte reprend militairement possession des iles. Dés le 7 Juin Israel réplique puissamment , c’est la guerre des six jours . A son issue l’Egypte perd le Canal de Suez. Maigre consolation ,l’armée égyptienne reste sur les iles mais évitera de renouveler le blocus du détroit.

Cette situation nouvelle d’ouverture de la navigation dans le golfe d’Akaba va conduire Israël à mettre en place le système de pipelines Eilat-Ashkelon qui permet :

- de faire transiter du pétrole brut entre la mer Rouge - port d’Eilat - et la Méditerranée - port d’Ashkelon - pour réexportation

- d’alimenter deux raffineries israéliennes de la côte méditerranéenne

- d’expédier depuis ces deux raffineries des produits raffinés vers le Néguev et Eilat

L’idée de remplacer le canal de Suez fermé prit également corps côté égyptien et un groupement de pays arabes producteurs de brut décida en 1973 la construction du SUMED, pipeline joignant la mer Rouge à la méditerranéenne au voisinage d’Alexandrie. Sa mise en service n’intervint cependant qu’en 1977 après la réouverture du canal. Le SUMED a depuis trouvé sa place dans la logistique pétrolière internationale puisqu’il voit passer deux fois plus de pétrole brut que le canal lui-même.

Le récent accord porte non pas sur la reconnaissance par l’Egypte de l’appartenance des deux iles au territoire saoudien ce qui n’a jamais été en question mais sur la reconnaissance des eaux territoriales saoudiennes autour de ces iles.

La différence n’est pas mince.

En effet la Convention des Nations Unies pour le droit de la mer a clarifié le régime juridique des eaux territoriales dans les détroits ouverts à la navigation internationale. L’accord entre l’Egypte et l’Arabie entre bien dans ce cadre. Le détroit de Tiran est trop étroit 4 miles marins pour que les deux pays riverains puissent étendre leurs eaux territoriales respectives dans les limites admises de 12 miles marins. Une ligne de partage est donc nécessaire entre ces deux Etats. Chaque Etat reste souverain sur ses eaux territoriales ainsi limitées mais garantit la liberté de navigation internationale affirmée dans les accords de Camp David. (1)

L’opposition au président Al Sissi très organisée autour des Frères Musulmans et qui flatte en l’occurrence un nationalisme déplacé s’oppose donc en réalité à une normalisation juridique de la situation du détroit et à la renonciation confirmée de l’Egypte (et subsidiairement de l’Arabie Saoudite qui n’en a jamais fait directement usage) au recours à la fermeture du détroit dans le cadre du conflit israélo-arabe. Ce conflit, du fait des traités de paix de l’Egypte et de la Jordanie avec Israël et du fait des bonnes relations présentes entre Ryad et Tel-Aviv n’a plus guère de points communs avec la période précédente. Par ailleurs le doublement du canal de Suez effectif depuis l’été 2015 rend l’Egypte moins sensible à la concurrence du pont terrestre Eilat-Ashkelon.

En rendant public cet accord et en réponse aux critiques immédiates qu’il a suscité, la présidence égyptienne a indiqué que sa négociation avait duré 5 ans et que les autres pays riverains du golfe d’Aqaba à savoir Israël et la Jordanie y avaient été associés.

L’argent saoudien sera certainement le bienvenu dans les caisses égyptiennes pour peu qu’il contribue à l’indispensable amélioration de la situation économique d’une population qui dépasse aujourd’hui 90 millions de personnes. Le symbole de cet accord sera évidemment la construction du pont de 50 kilomètres au dessus du détroit de Tiran qui va bientôt relier l’Arabie à l’Egypte en prenant appui sur les iles saoudiennes, construction qui ne pouvait avoir lieu qu’après clarification du régime des eaux territoriales.

Les défenseurs de la cause palestinienne dans nos pays qui pourraient être tentés de jeter la pierre à ces arrangements entre puissances régionales devraient reconnaitre qu’attendre des seuls pays arabes divisés et dominés la décolonisation de la Palestine n’a pas produit de résultats probants, que les seuls pays arabes belligérants comme l’Egypte et la Syrie y ont beaucoup perdu, que la Syrie en pâtit encore et dans les pires conditions à l’inverse des monarchies arabes qui se sont contentées de gesticulations diplomatiques et d’envois de fonds humanitaires.

Il est patent que seule la permanence du puissant soutien impérialiste occidental à la politique sioniste a rendu impossible jusqu’à présent cette décolonisation.

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(1) Accords de Camp David – Extrait

The following matters are agreed between the parties:

  1. the full exercise of Egyptian sovereignty up to the internationally recognized border between Egypt and mandated Palestine;
  2. the withdrawal of Israeli armed forces from the Sinai;
  3. the use of airfields left by the Israelis near al-Arish, Rafah, Ras en-Naqb, and Sharm el-Sheikh for civilian purposes only, including possible commercial use only by all nations;
  4. the right of free passage by ships of Israel through the Gulf of Suez and the Suez Canal on the basis of the Constantinople Convention of 1888 applying to all nations; the Strait of Tiran and Gulf of Aqaba are international waterways to be open to all nations for unimpeded and nonsuspendable freedom of navigation and overflight;
  5. the construction of a highway between the Sinai and Jordan near Eilat with guaranteed free and peaceful passage by Egypt and Jordan; and
  6. the stationing of military forces listed below. (*)

* Le traité de paix entre l’Egypte et Israel, c’est à dire la miser en application des accords de Camp David a prévu la creation d’une force internationale de contrôle installée dans le Sinai. Il ne s’agit pas d’une force de l’ONU, les Etats-Unis, ayant imposé seuls cet accord aux deux belligérants, après avoir favorisé la prise du pouvoir par Anouar El Sadate. L’ONU et son Conseil de sécurité et surtout à l’époque l’URSS ont été tenus à l’écart de cette négociation. Les Etats-Unis ont donc fabriqué une force militaire dite d’observation d’un millier d’hommes avec leurs pays vassaux : Colombie , Italie, Fidji, Nouvelle Zélande, Australie,

29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 18:07

De l’enfer, il reviendra…

CHARLES BLE GOUDE ancien ministre ivoirien sous la présidence de Laurent Gbagbo est, on le sait, son compagnon de détention et de procès à la CPI. Il vient de publier aux Editions du moment un livre  « DE L’ENFER, JE REVIENDRAI ».

Ayant fui la Côte d’Ivoire après le coup d’Etat français du 11 avril 2011 il se réfugie au Ghana voisin. Dénoncé, il est trahi par le gouvernement ghanéen, enlevé par la police ivoirienne et séquestré pendant 14 mois  à Abidjan dans les locaux de la police  politique ivoirienne (DST) qu’il ne quittera qu’en mars 2014 pour être transféré dans la prison de la CPI à La Haye.  Il y fait la rencontre de « Mohamed » un djihadiste lui aussi prisonnier à la DST. Quelques jours après l’attentat de GRAND BASSAM ce récit, bref extrait d’un chapitre du livre, est éclairant.

Précisons que Blaise Campaoré, homme clé de la Françafrique, chassé de son pays et de son  pouvoir par un soulèvement populaire s’est réfugié chez son ami Alassane Ouattara qui vient de lui accorder la protection de la nationalité ivoirienne.

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Revenons à ma relation avec mon voisin djihadiste. Mauritanie, Maroc: bien qu'arabophones, ces deux pays d'où vient Mohamed sont aussi francophones. Je lance alors le sempiternel « Bonjour mon frère» à Mohamed, une expression usuelle entre détenus pour essayer de briser le mur de la méfiance. À ma grande satisfaction, il me répond avec ce que je devine être un sourire: « Bonjour Monsieur le ministre. »

Super! Il parle français, me dis-je. Avant même que je formule mon souhait d'échanger avec lui sur quelques sujets de temps à autre en profitant des moments d'inattention de nos geôliers, Mohamed s'empresse de me dire qu'il était l'homme à tout faire de Mokhtar Belmokhtar, le patron de Al-Mourabitoune, une union de factions djihadistes qui sévissaient dans le nord du Mali et auteur de plusieurs prises d'otages. Moktar Belmokhtar régnait en maître dans cette région. Durant les neuf mois que nous partageons à la DST, à travers les moyens de communication propres aux prisonniers, Mohamed m'apprend beaucoup sur bien des situations dont j'avais entendu parler de loin, ou même que j'ignorais tout simplement. Un jour que Mohamed s'arrête devant ma cellule, il me dit: « Monsieur le ministre, c'est dommage que je ne vous aie pas connu avant. J'aurais pu vous prévenir de tant de choses qui vous auraient évité bien des malheurs. » Intrigué, je lui demande: «De quoi aurais-tu pu me prévenir? »

Mohamed me raconte alors que l'attaque des 18 et 19 sep­tembre 2002 (note COMAGUER : première tentative française de renversement du président Gbagbo) qui s'est muée en rébellion s'est plus ou moins préparée sous ses yeux, du moins avec des gens qu'il connaissait bien au Burkina Faso. Et Mohamed de me demander si je connais un certain Mustapha Chafi 1. Je ne connais pas ce monsieur. Mohamed m'explique alors personne se disant proche de son entourage m'en parle ainsi directement. Mohamed poursuit pour me dire que tous, djihadistes et rebelles ivoiriens, étaient voisins à Ouaga 2000, un quartier huppé de la capitale burkinabée. C’est dans ce quartier que vivaient les chefs de la rébellion ivoirienne à l'époque. Ça, je le savais comme beaucoup d'autres Ivoiriens. Ce que j'ignorais, c'est le fait que l'ex-président burkinabé était le tuteur des djihadistes qui prenaient les Occidentaux en otage en échange de rançons. Mohamed y était logé au nom de son patron Mokhtar Belmokhtar au compte de l'État burkinabé. Son quotidien, ses repas, ses soins, tout était pris en charge par le pouvoir ouagalais.

«Mais, Mohamed, que gagnait le Président Blaise Compaoré à donner gîte et couvert aux djihadistes?» lui ai-je demandé. «Blaise Compaoré était notre maître, me répond-­il, notre démarcheur. Il gagnait, nous aussi nous gagnions. Il avait l'exclusivité de négocier avec les Occidentaux chaque fois que nous prenions en otage un de leurs ressortissants. Le deal avec lui était que nous acceptions que les fonds exigés soient réceptionnés par lui. Nous avions aussi convenu de ne pas faire de prise d'otage au Burkina Faso. »

Je n'en crois pas mes oreilles tellement je trouve trop grave et trop gros ce que m'affirme Mohamed.

Alors, je lui dis: «Mohamed, arrête de me raconter des contes de fées et prends-moi au sérieux s'il te plaît. » En fait je veux le stimuler à m'en dire davantage. C'est la seule occasion que j'ai pour m'informer en profondeur sur ces chefs d'État qui le jour, prononçaient des discours véhéments contre le terrorisme aux différentes tribunes des organisations internationales mais qui, nuitamment, servaient d'intermédiaires dans le cadre d'opérations pilotées par des hommes sans foi ni loi. La cohérence avec laquelle Mohamed détaille son récit me laisse sans voix. La seule condition que Mohamed me pose avant de continuer à parier est que je puisse un jour faire savoir au monde entier tout ce qu'il va me dire. En écrivant ces quelques lignes, je ne suis pas en train de trahir des confidences ou des secrets; bien au contraire, je ne fais que tenir la promesse faite à Mohamed d'en témoigner comme il me l'a demandé. Sûrement se doutait-il que, comme nombre de ses compagnons, il n'avait pas une longue espérance de vie. En outre, la portée propagandiste de pareille confession, habituelle dans les mouvements djihadistes, n'est pas à négliger.

Il raconte. «Dès que nous prenons un otage, on avertit tout de suite Blaise et il se charge d'informer les autorités du pays dont est originaire l'otage. Quand nous exigeons par exemple 1 000000 d'euros pour la libération d'un otage, Blaise dira aux autorités concernées que nous demandons 3000000 d'euros comme rançon. Une fois l'argent disponible, les autorités burkinabées nous facilitaient le transport pour retourner à notre base au nord Mali. On répartissait la rançon en deux parties. Un tiers nous revenait et Blaise gardait les deux tiers restants. Il en disposait comme bon lui semblait mais je dois reconnaître qu'il nous fournissait du matériel militaire, des vivres et des médicaments. On prenait beaucoup d'otages au Niger et au Mali sauf au Burkina Faso. En retour, Blaise nous couvrait, il nous a beaucoup aidés. On choisissait aussi la nationalité des Occidentaux à kidnapper selon la réputation de leurs pays d'origine à bien payer. Il y a des pays qui ne paient jamais. Nous, on n'avait rien à faire avec leurs ressortis­sants. Quelques rares fois où nous avons pris en otages certains de leurs ressortissants, c'était pour faire pression afin qu'on nous rende certains des nôtres qui étaient accusés de terrorisme et qui croupissaient dans les prisons. Il-y a des pays qui officiel­lement disent ne jamais payer de rançons et ne jamais négo­cier avec nous, mais qui en réalité sont de bons payeurs. C'est surtout leurs ressortissants qui étaient nos cibles privilégiées parce qu'avant tout, avec ces prises d'otages, notre objectif principal était d'avoir de l'argent pour nos besoins en matériels et aussi gérer notre quotidien et l'entretien des otages. Il fallait aussi mettre à l'abri du besoin les familles des candidats à l'explosion avec les ceintures. Voilà ce qui se passait, et c'est comme ça que je me suis lié d'amitié avec Mustapha Chafi. C'était lui qui servait de pont entre Blaise et nous. Aujourd'hui, après la prise de Kidal et de bien d'autres localités par les forces françaises, Chafi croit que nous ne sommes plus utiles, donc il me livre aux autorités ivoiriennes. C'est pourtant avec lui que nous avons monté l'opération en Côte d'Ivoire. Mais qu'il sache qu'il nous le paiera. »

Je veux savoir de quelle opération il parle. Mais à peine commence-t-il à répondre qu'on entend un bruit au niveau de la grande porte métallique qui ouvre le couloir de nos cellules. Vite, il se précipite dans la douche et me promet de me raconter la suite dès que l'occasion nous permettra de parler à nouveau. En prison, s'il y a une chose dont on dispose, c'est de temps. Hormis les dépla­cements surprises à la DST qui peuvent désorganiser nos plans, on a tout le temps pour nous, beaucoup trop d'ailleurs. J'attends donc patiemment que se présente une occasion pour poursuivre ce dialogue. Je viens enfin de trouver quelque chose à faire pour occuper utilement mon temps: aller au bout de cette affaire. Comme quoi, il n'est pas faux d'affirmer que toute épreuve est une oppor­tunité. Je ne compte pas rater la mienne. Dans ce cachot, me voici transformé en enquêteur.

Quand j'ai à nouveau l'occasion de discuter avec Mohamed, je le prie de me raconter son histoire d'opération montée en Côte d'Ivoire. Sans la moindre hésitation, mon voisin de fortune me raconte comment il s'est retrouvé à la DST. En voici le récit que je lui ai promis de partager.

Mohamed: « Nous sommes en mission en Côte D'Ivoire. » CBG: «Quand tu dis "nous", tu parles de qui puisque tu es seul ici à la DST? »

Mohamed: «Je parle de nous, les djihadistes. Moi je me suis marié avec une Ivoirienne et j'ai un enfant avec cette dernière; ce qui a facilité mon intégration en Côte d'Ivoire. En vérité, la jeune femme ne sait pas qui je suis, elle ne sait pas grande chose de mes activités de djihadiste. Elle ne sait même pas que je suis en prison. Elle sait simplement que je suis en voyage. J'ai loué plusieurs maisons où j'ai tout disposé. Tout était déjà planifié. »

CBG: «Mais pourquoi tout ça, mon frère? Pourquoi la Côte d'Ivoire ?»

Mohamed: «Monsieur le ministre, nous, on n'a rien contre les Ivoiriens. On en veut beaucoup au président Ouattara, c'est tout. Il va nous payer ce qu'il a fait. »

CBG: « Quoi? »

Mohamed: « Tu ne sais pas que c'est le président Alassane Ouattara qui a demandé à l'armée française de nous bombar­der dans le nord du Mali alors qu'on avait déjà conquis le pays?

En tout cas, même s'ils m'ont pris, tout le monde est décidé à réaliser l'opération. »

J'ai le souvenir en effet du rôle joué par Alassane Ouattara dans le déclenchement de l'opération Serval de l'armée française, puis de la MINUSMA conduite sous l'égide de la CEDEAO au nord du Mali. En sa qualité de président en exercice de cette institution sous-régionale entre 2012 et 2014, Ouattara avait contribué à conférer une base légale à cette intervention internationale qui a eu pour effet de momentanément stopper l'avancée djihadiste. En effet, c'est à la CEDEAO qu'en octobre 2012, le Conseil de sécurité de l'ONU avait confié la charge de la reconquête du nord Mali alors occupé comme on le sait par une myriade de groupes islamistes. Ceci peut donc expliquer les propos de Mohamed et l'obsession de ses compagnons à vouloir se « venger» du président ivoirien.

CBG: « Puisque tu veux que j'écrive un jour, dis-moi tout. »

Mohamed: «Quand les avions des Français auront fini de voler dans le ciel du Mali, ils vont nous trouver à terre. Cette histoire ne finira pas comme ils l'ont prévu. Elle finira au-delà du Mali et même au-delà de l'Afrique. Quant aux Occidentaux, cette guerre va les trouver eux. Tant qu'ils ne nous laisseront pas en paix, ils ne connaîtront plus jamais la paix. Ici en Côte d'Ivoire, on a déjà fini nos repérages. …….. (Souligné par nous)

 

1. Mustapha Limam Chafi est un ressortissant mauritanien qui a servi comme conseiller plus ou moins occulte de l'ex-président du Burkina Faso, Blaise Compaoré. Il est soupçonné d'être un intermédiaire des mouvements rebelles ou terroristes de la zone sahélo-saharienne, Soupçonné régulièrement d'activités subversives par nombre de pays ouest-africains notamment, il fait l'objet d'un mandat d'arrêt international émis par son pays d'origine, la Mauritanie. Il est supposé établi en Côte d'Ivoire où il a rejoint Blaise Compaoré après la chute de ce dernier. (Cf. supra pour un portrait plus complet du personnage.)

23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 17:24

« PARTENARIAT PUBLIC PRIVE » A LA MODE NEO COLONIALE

Etude de cas

L’approche des élections présidentielles françaises conduit les principaux candidats au primaire de droite à faire le traditionnel pèlerinage en Côte d’Ivoire.

Il s’agit évidemment du culte de Mammon.

Le parti socialiste n’est pas en reste puisque l’attentat terroriste de Grand Bassam a suscité le déplacement presqu’immédiat de deux des principaux ministres du gouvernement VALLS démontrant l’importance des intérêts français en Côte d’Ivoire et l’étroitesse des liens entre le gouvernement français et le Président de la Côte d’Ivoire.

La lecture de l’excellent livre de la journaliste FANNY PIGEAUD permet de mieux comprendre les rapports néocoloniaux. L’extrait du livre qui suit montre bien l’étroitesse des liens entre la néo colonie et la métropole maintenue.

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EXTRAIT DE « FRANCE  COTE D’IVOIRE -  UNE HISTOIRE TRONQUEE »

DE FANNY PIGEAUD  - EDITIONS VENT D’AILLEURS – 2015

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Éviter de revivre la mésaventure Gbagbo

Si l'objectif des responsables de l'État français était de reprendre le contrôle de la Côte d'Ivoire, il semblerait atteint. Paris a envoyé dès la fin de la guerre au moins une dizaine de conseillers qui ont intégré plusieurs ministères ivoiriens, ainsi que la: primature et la présidence? Dès le 11 juillet 2011, les autorités ivoiriennes ont annoncé que la Côte d'Ivoire allait dédommager pour environ 10 millions d'euros 44 entreprises françaises sinistrées en ... novembre 2004, lors des manifestations antifrançaises à Abidjan. Cette aide devait être prise sur les fonds accordés à la Côte d'Ivoire à titre de l'aide au développement par l'Agence française de développement (AFD) ! L'AFD a donc prêté de l'argent à l'État ivoirien pour financer ... le secteur privé français".

Bouygues a décroché en juillet 2012 le fameux marché de construction d'un troisième pont à Abidjan, objet de tensions au début de la présidence Gbagbo. La conception, la construction, l'exploitation et la maintenance de l'édifice pour une durée de trente ans ont finalement été confiées à un ami de Ouattara. Le géant français du BTP a aussi renforcé ses positions dans l'exploitation du gaz ivoirien et a obtenu le droit de se lancer dans l'exploration pétrolière avec sa filiale. (note de COMAGUER : le pont ‘Bouygues » est un pont payant en pleine ville)

Foxtrot International. Associé à deux entreprises sud-coréennes, il a également signé en 2014 1,1n accord préliminaire avec le gouvernement ivoirien pour la construction d'un train urbain à Abidjan. Bouygues est donc désormais présent dans le secteur de l'eau, de l'électricité, du gaz, du pétrole, des .infrastructures routières, du transport=. Fin 2013, Bolloré a de son côté remporté, dans des conditions critiquées, l'important marché de la 'réalisation, de la concession et de l'exploitation d'un second terminal à conteneurs au port d'Abidjan. Quant au géant pétrolier Total, il a annoncé en avril 2014 avoir découvert un gisement de pétrole de bonne qualité au large de la Côte d'Ivoire, parlant d'un «résultat très prometteur».

Paris a pu fêter, en octobre 2012, les 40 ans de la zone franc: Pierre Moscovici, ministre français de l'Économie et des Finances, a réuni pour un colloque lès ministres des Finances, les gouverneurs des banques centrales et les présidents des institutions régionales de la zone franc. C'est Ouattara qui a prononcé le discours d'ouverture de cette manifestation. Deux mois plus tard, Moscovici a signé avec Abidjan un «contrat de désendettement et de développement» (C2D), source d'importants marchés pour les entreprises françaises: officiellement, le C2D consiste à transformer la dette du pays signataire vis-à-vis de l'État français en «dons », censés financer des projets et infrastructures pour lutter, contre la pauvreté. Dans la pratique, le C2D profite essentiellement aux: sociétés françaises". Ces dernières vont également bénéficier des opportunités créés par l'accord de libre- échange conclu, grâce à Ouattara, en 2014 entre la Cédéao et l'Union européenne: le président ivoirien, alors président de la Cédéao, a joué un rôle essentiel pour l'obtention de la signature de ses pairs d'Afrique de l'Ouest sur cet accord de partenariat économique (APE) qu'ils rejetaient avec force depuis 2002.

Pour conquérir ou garder des marchés en Côte d'Ivoire, les entreprises françaises peuvent compter sur Jean-Marc Simon, ancien ambassadeur de France à Abidjan et acteur clé de la crise postélectorale. Retraité depuis mars 2012, Simon a fondé un cabinet de conseil, Eurafrique Stratégies, et est toujours en excellents termes avec Ouattara, dont il' est devenu l'un des conseillers. Il conseille aussi, entre autres, Total, GDF-Suez et Veolia en Côte d'Ivoire". Simon était également jusqu'en mars 2014 le suppléant à Senlis du député UMP Éric Woerth, ancien ministre du Budget sous Sarkozy et ex-trésorier de l'UlVIP. Après avoir été élevé par le président ivoirien, en juillet 2011, au grade de «commandeur de l'ordre du mérite de la République de Côte d'Ivoire », il a été récompensé pour« services rendus à la nation ». Il a fait en effet partie, en janvier 2012, de la centaine de personnalités du 'monde politique, diplomatique, économique, universitajre.et militaire français décorées par Ouattara de l'ordre national de Côte d'Ivoire à l'Ambassade de la Côte d'Ivoire à Paris - du jamais vu. Parmi les heureux élus: Sarkozy et Carla Bruni­-Sarkozy, les ministres Guéant, Juppé, Longuet, les entrepreneurs Bolloré, Bouygues, Castel, Fabre, Vilgrain, le chef d'état-major des armées, l'amiral Édouard Guillaud, le chef d'état-major particulier de Sarkozy, le général Benoît Puga. Ce dernier est depuis resté au même poste: il est chef d'état-major particulier de François Hollande. Il a joué un rôle essentiel dans les opérations militaires extérieures de la France au Mali et en Centrafrique (2013)

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Les quelques faits relatés par Fanny Pigeaud permettent de faire sur cet exemple un schéma des rapports économiques néocoloniaux en période capitaliste néolibérale.

Temps 1 : Un président ivoirien démocrate LAURENT GBAGBO arrive au pouvoir dans la régularité en 2000. Il n’a pas de programme de nationalisation socialiste de l’économie ivoirienne mais il souhaite simplement et il le dit desserrer l’étreinte du capitalisme français sur son pays c’est-à-dire  ne pas confier tous les grands projets économiques à la firme française en position de monopole dans chaque secteur d’activité et lancer des appels d’offre ouverts à la concurrence internationale . Ce qui revient à prendre à la lettre les idéologues du capitalisme libéral  et leur profession de foi qui se retrouve en l’état dans les traités européens: « favoriser une concurrence libre et non faussée ». Mais les idéologues ne sont là que pour faire le packaging de la violence du grand capital, pour faire un emballage médiatico-résistant à la violence du grand capital pour lequel la concurrence n’est jamais que le prélude, le plus bref possible,  du passage à l’oligopole ou au monopole, c’est-à-dire à la position de domination du marché, à la période où l’offre  - les grands capitalistes - écrase la demande – les consommateurs.

L’annonce de Laurent Gbagbo est perçue comme une agression par le grand capital français qui domine l’économie ivoirienne  et qui va donc lui déclarer la guerre.

Un bref sursis lui est procuré par la présence à la tête du gouvernement français de 2000 à 2002  de Lionel Jospin qui ne veut pas affronter un chef d’Etat membre comme lui de l’Internationale socialiste. La déconfiture socialiste à l’élection présidentielle de 2002 laisse le champ libre pour 10 ans à la droite capitaliste française et sitôt Chirac élu les manœuvres de déstabilisation de Laurent Gbagbo commencent. Le livre de Fanny Pigeaud raconte cette décennie  néo coloniale où la République française  sous les présidents Chirac et Sarkozy va utiliser tous les moyens possibles jusqu’à l’action militaire directe pour chasser Laurent Gbagbo du pouvoir.

Dans ce temps  1: le gouvernement :ses diplomates, ses militaires, ses moyens d’information/propagande,  dépense de l’argent public pour défendre le grand capital français menacé. Cet argent public est celui des citoyens et contribuables français et aussi celui des réserves de change du gouvernement ivoirien déposées au trésor public dans la cadre de la monnaie coloniale : le franc CFA. Pour faire simple : de la sueur française ajoutée à de la sueur ivoirienne.

Temps 2 : Laurent Gbagbo est finalement renversé. Le récit détaillé de ces dix années se trouve dans le livre de Fanny  PIGEAUD   N’étant pas choisi par les électeurs Le nouveau président est imposé militairement par la République française et se met au service du grand capital français (voir l’extrait du livre). Les bénéfices retrouvés de la position de monopole retrouvée permettent quelques largesses et les quelques miettes des larges  profits réalisés  deviennent entre des mains expertes des fortunes pour l’équipe dirigeante ivoirienne qui ne va évidemment pas faire des placements en franc CFA à Abidjan.

Temps 3 : Pour maintenir le système il convient que tout gouvernement français  puisse faire ce qu’ont fait Chirac et Sarkozy de 2002 à 2012 : s’ingérer puissamment dans la vie politique ivoirienne pour éviter toute dérive d’indépendance économique réelle du pays.  C’est alors au tour de L’équipe dirigeante ivoirienne de s’ingérer dans la politique française Elle prélève sur les commissions qui lui sont versées par les grandes entreprises française néocoloniales de quoi financer les partis et candidats français   qui soutiennent ou soutiendront, suivant des modalités diverses selon qu’il s’agit de la droite ou du PS, les dites grandes entreprises françaises.

Nous nous trouvons aujourd’hui dans ce troisième temps : Ouattara confirmé au pouvoir fin 2015, peut puiser dans sa caisse – c’est-à-dire dans l’argent de la corruption sorti de la caisse de corrupteurs  et qui sait dans la caisse publique ivoirienne - pour créer des liens forts et trébuchants avec la future équipe dirigeante  à Paris. Bien sur il faut miser sur plusieurs chevaux, les pronostiqueurs turfistes n’ayant pas encore émis leurs oracles, mais autant qu’on sache les mises ne dépassent pas quelques centaine de millions d’euros par casaque ! YES HE CAN !

 

Résumons le « partenariat public-privé » néo colonial dans la durée d’un cycle

1-Le public  (les contribuables français via le gouvernement français) paye pour choisir les politiques ivoiriens qui vont permettre l’enrichissement des monopoles français en Cote d’Ivoire

2-Les monopoles français  s’enrichissent en Côte d’Ivoire

3-Ils reversent une partie de leurs gains à l’entremetteur ivoirien complice : de l’argent privé devient de l’argent gris ou noir

4-Une partie de cet argent gris ou noir tombe dans l’escarcelle des futurs dirigeants français présélectionnés

5-Une fois élus, ceux-ci piocheront à nouveau dans la caisse publique française pour maintenir une présence diplomatique et militaire forte en Côte d’Ivoire garantissant le maintien de   la position et des profits des monopoles français

 

 

16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 15:54

 

 

LA PHALANGE MAGNIFIQUE …AU LARZAC

Ce nom qui donne la chair de poule à tous les descendants des républicains espagnols est le nom donné à une unité mythique de la Légion étrangère : la 13° Demi-brigade de la Légion Etrangère  (13° DBLE en langage militaire officiel). Il est possible qu’oubliant  - ou occultant ? - la référence au fascisme espagnol les militaires qui ont choisi cette dénomination aient simplement voulu  rattacher l’unité aux antiques précédents sumérien et grec. Plus simplement les militaires parlent d’elle comme de « la 13 »

Demi-brigade ne signifie aucunement une unité qui aurait perdu la moitié de son effectif mais cette appellation remonte à une décision de la Convention qui  avait décidé, dans le cadre de la réorganisation de l’armée révolutionnaire, de ne plus utiliser le terme « régiment » trop lié à l’ancien régime. Une demi-brigade composée de 3 bataillons comptait environ 3000 hommes. Dés le consulat, Bonaparte rétablit promptement le terme « régiment ».

Le nom est cependant demeuré et il est aujourd’hui encore porté par une seule unité de l’armée française: la 13° demi-brigade de  la Légion Etrangère. 

Cette distinction sémantique est le fruit d’un hasard de l’histoire.  La 13° DBLE est créée officiellement le  27 Mars 1940 mais elle fait immédiatement suite à la Demi Brigade Légère de montagne de la Légion étrangère  (DBLMLE) créée le 01 Mars 1940 et qui devait participer du côté finlandais à la « guerre de l’hiver » qui opposait la Finlande à l’URSS. Mais la guerre commencée le 30 Novembre 1939 s’achève par la victoire de l’URSS et le traité de paix de Moscou signé le 13 Mars 1940. La DBMLE qui s’est entrainée au combat en montagne au camp du Larzac n’ira donc   pas en Finlande. Le 22 avril désormais rebaptisée  « la 13 »  part en Norvège affronter l’armée allemande à Brejvik et à Narvik et combat précisément entre le 6 Mai et le 7 Juin. Sa victoire  sur les forces allemandes ne sert à rien, la France est en train de capituler. Quand elle rentre en France, soldats et officiers se trouvent devant le choix nouveau : rentrer dans la France défaite et déposer les armes  ou rallier la France libre. Les officiers se partagent mais la majorité des soldats, dont un quart seraient des républicains espagnols ayant fui le fascisme, décident de passer en Angleterre. « La 13 » devient une des toutes premières unités combattantes de la France Libre et compte parmi ses officiers de futurs personnages importants du gaullisme et de la République : Pierre Messmer, futur premier ministre et le général Koenig. Dés lors elle se trouve pleinement engagée   dans la guerre : Erythrée, Libye,  Tunisie et débarque en Provence le 16 Aout 1944 sans oublier un épisode délicat en Syrie où elle doit affronter des troupes françaises d’occupation fidèles à Vichy.

Elle passe ensuite aux guerres coloniales : Madagascar, Indochine, Algérie…

Elle s’installe à Djibouti en 1962 et  va participer jusqu’à l’indépendance en 1977 aux opérations de maintien de l’ordre dans la colonie française et aux alentours. Elle sera ensuite impliquée avec d’autres unités françaises et spécialement d’autres éléments de la légion les REP (régiments étrangers de parachutistes) et les REI (régiments étrangers d’infanterie)  et des forces spéciales dans diverses missions en Somalie, au Yémen,  au Rwanda (opération Turquoise 1994) et en Côte d’Ivoire à partir de 2002 (opération Licorne).

Dans toute cette longue période « la 13 »  se perfectionne au combat en zone désertique qu’elle avait pratiqué en Libye en 1942  et s’adapte à des nouvelles missions : usage de blindés légers, travaux de génie, formations aux actions amphibies,  évacuation de populations civiles dans des zones de conflit …Il lui arrive même d’opérer sous le casque bleu de l’ONU.

Mais rien de semblable aux opérations militaires classiques dans  des guerres classiques car la France néocoloniale  se fait discrète, dissimulatrice et intervient principalement en Afrique dans des conflits asymétriques qui sont souvent des opérations combinées de la « 13 » avec les forces spéciales et d’autres unités. La dimension « humanitaire » quelquefois mise en avant masque souvent des interventions politiques d’ingérence néocoloniale pour déstabiliser un régime ou conforter un régime vassal et ami menacé.

Ce caractère qui s’est renforcé après la chute de l’URSS et la disparition du bloc soviétique prend toute son ampleur après le lancement officiel de la « guerre contre le terrorisme » par GW BUSH après le 11 Septembre 2001. Il va s’accuser avec la présidence Sarkozy qui décide d’installer la 13° DBLE à Abu Dhabi  où s’installent également  l’armée de l’air et la marine. La France qui laisse l’armée US s’installer puissamment à Djibouti, s’inscrit ainsi pleinement dans la politique US de soutien des monarchies arabes réactionnaires et s’affiche comme le leader de l’agression de la Libye. La Légion étrangère participera au sol au renversement du régime libyen mais il n’est pas établi que la 13° DBLE ait été elle-même sur place.

Cependant l’énormité de la présence militaire US dans la région oblige l’armée française à trouver une petite place dans le dispositif impérialiste occidental dans le Golfe. Les Rafale et les Mirage font des frappes complémentaires de  celles de l’USAF, le Charles de Gaulle et sa flottille viennent de temps en temps se montrer  et « la 13 »  doit s’adapter à de nouvelles tâches : former des forces spéciales locales, faire des démonstrations d’armes  françaises sur le terrain pour convaincre les clients régionaux, prendre place dans la guerre électronique. A lire certains témoignages sur des blogs militaires  les baroudeurs traditionnels ne se reconnaissent pas trop dans ces nouveaux métiers  et le moral n’est pas bon  d’autant plus que les effectifs se réduisent.

Hollande inscrit d’abord ses pas dans cette politique de Sarkozy et « la 13 » va envoyer des hommes en Jordanie et en Irak pour former des troupes spéciales locales, probablement pour soutenir les forces spéciales française opérant dans le secteur  et pour assurer la protection de la base aérienne dite « projetée »  mais bien opérationnelle en Jordanie d’où décollent les Rafale et les Mirage qui frappent en Syrie et en Irak (voir à ce sujet notre bulletin n° 306).

La décision officialisée par le Conseil des Ministres du 31 Juillet 2015 d’installer la 13° DBLE  à demeure sur le camp du Larzac et d’augmenter ses effectifs pour en re-faire une unité combattante de pointe pose beaucoup de questions.

Elle intervient à un moment particulier. Le basculement de la guerre de Syrie, concrétisé par l’intervention  russe   qui commence le 30 Septembre n’a pas encore eu lieu mais les services de renseignement savent certainement que les préparatifs de l’installation  de l’aviation russe sur la base de Lattaquié sont en cours et que l’élimination de Bachar el Assad n’est plus à l’ordre du jour. Seul Fabius va persister dans sa volonté assassine affirmée et il faudra quelques mois pour qu’Hollande le mette sur la touche.

Il faut donc considérer le rapatriement de « la 13 » comme le constat d’échec de la guerre occidentale de Syrie et en même temps la préparation d’autres aventures .Il peut s’agir aussi  en redonnant du lustre à une unité célèbre de flatter une armée qui, s’exprimant par la bouche ou la plume de plusieurs officiers généraux,  supporte mal, depuis le début de la Présidence Hollande la double contrainte contradictoire de la multiplication des OPEX  dont les budgets doublent et de la diminution des moyens.

L’installation au Larzac au voisinage d’un aéroport civil qui pourrait être facilement agrandi pour accueillir les gros avions de transport de l’armée permet la projection rapide de l’unité vers le Sud de la Méditerranée  pour la défense des intérêts néocoloniaux de la France.

Une unité basée sur le sol métropolitain coûte moins cher qu’à l’étranger et donc la Défense peut à budget égal embaucher de nouveaux légionnaires  - l’effectif annoncé dépasse 1000 hommes - et les payer moins cher les jours où ils sont sur le sol métropolitain. Parallèlement des crédits ont été trouvés pour améliorer le confort du camp du Larzac pour ses nouveaux occupants.

Mais l’inquiétude principale vient du fait que la nouvelle doctrine politico-militaire qui fait du terrorisme l’ennemi principal fait disparaitre les frontières et avec elles la distinction entre THEATRE D’OPERATIONS EXTERIEUR (OPEX) et THEATRE D’OPERATIONS INTERIEUR (OPINT).

Une menace terroriste ou supposée sur le territoire métropolitain pourrait servir de justification à l’intervention de la 13° DBLE  sur le sol national et  qui sait contre des citoyens français.

 Souvenons-nous que pendant la guerre d’Algérie le camp du Larzac a servi à détenir discrètement des militants du FLN, citoyens français !

Après l’annonce de l’implantation de la 13 au Larzac, les élus locaux avaient promis, pour apaiser les inquiétudes locales,  que la Légion ne sortirait pas du camp. Deux mois après  la promesse ne tient déjà plus et des entrainements viennent d’avoir lieu en dehors du camp.

Ce n’est pas une surprise : ces promesses n’ont été faites ni par l’armée ni par le Ministère de la Défense qui diront que ces jeunes gens quand ils ne combattent pas dans le Sahel ne peuvent pas passer la journée à suivre des formations sur des armes électroniques ou à jouer aux cartes. Il leur faut donc de l’exercice physique  et pour cela ils ne se contentent manifestement pas de faire le tour des 3500 hectares du camp du Larzac en courant. Pourtant le rattachement de « la 13 » à la  6° Brigade légère blindée dont l’Etat-major est à Nîmes pourrait lui permettre de profiter de terrains d’exercice dans la région tel l’immense Camp de Canjuers  (35000 hectares, le plus grand camp d’Europe occidentale- dix fois la superficie du camp du Larzac) ou le camp des Garrigues proche de Nîmes (4700 hectares)

 

La plus grande vigilance s’impose donc face à un pouvoir qui a multiplié les interventions militaires en Afrique et qui,  sous le couvert de l’Etat d’urgence, accoutume la population à la présence de soldats en armes  dans les rues des villes et villages de France et qui sait disposer avec la Légion et la 13° DBLE d’unités  spécialement silencieuses et obéissantes.

Se pose en effet dans les rapports entre officiers français de la légion étrangère et soldats étrangers un problème qui est à la source même de ce régiment. Quand un soldat français, hors service croise dans la rue, dans un magasin ou un jardin public un officier français, il a à faire à un supérieur hiérarchique, mais il est un citoyen ayant les mêmes droits que lui ce qui est un facteur d’égalité et pas seulement symbolique. C’était encore plus vrai au moment de la conscription mais cela demeure. Face à un légionnaire, l’officier français est face à un étranger donc à un homme de statut inférieur sur tous les plans, le rapport de domination est complet.

 

Le Collectif GARDEM LO LARZAC  collectif de paysans, d’habitants, de citoyens du Larzac et d’ailleurs pour un Avenir Concerté du Larzac... s’est formé et diffuse des informations régulières sur le sujet

https://www.facebook.com/Collectif-Gardem-Lo-Larzac-408882059321808/

Courriel : stm.larzac@laposte.net

 

LE CAS DU GENERAL PARIS DE BOLLARDIERE

Ceux qui comme les élus locaux et comme José Bové, élu européen résidant sur la Larzac  veulent apaiser les inquiétudes locales rappellent volontiers que la Général Paris de Bollardière,  connu pour son soutien public aux paysans du Larzac qui refusaient  l’extension du camp, avait au début des sa carrière été officier à la 13° DBLE dans les Forces françaises libres pendant la deuxième guerre mondiale

Mais cet engagement spectaculaire aux côtés des paysans avait été précédé d’un autre : pendant la guerre d’Algérie, De Bollardière  se retrouve sous les ordres de Massu au moment de la bataille d’Alger. Influencé par le lieutenant Jean Jacques Servan-Schreiber qui sert sous ses ordres, il prend position contre la torture et demande à être renvoyé en métropole. Ses états de service sont tels que l’Etat-major ne peut qu’accéder à sa demande de mutation.

 Cet épisode rarissime voire unique dans l’histoire militaire sera suivi  d’un autre : sa participation à une opération de protestation non-violente contre les essais nucléaires dans le Pacifique.

Impossible donc de comprendre l’histoire  et la mentalité d’un régiment vieux de 75 ans à travers le cas d’un officier hors du commun qui n’en a été membre que 5 ans et en pleine guerre.

 

LE CAS DU GENERAL CHRISTIAN PIQUEMAL

Il vient de faire une entrée remarquée dans les grands médias en participant  à Calais une manifestation « contre les migrants » appelée par le mouvement xénophobe allemand PEGIDA et interdite par la Préfet. Interpellé il a été placé en garde en vue et mis à la retraite par Le Drian en attendant de se présenter au tribunal en Mai.

Commandant de la Légion étrangère pendant 5 ans, mais il ne semble pas qu’il ait jamais été affecté à la 13° DBLE. Il a également été président de l’Union Nationale de Parachutistes pendant dix ans (2004-2014), ce qui lui donne uns stature de leader dans ce milieu particulier.

La manifestation du 6 février – date à forte charge symbolique dans les milieux d’extrême-droite en souvenir du 6 Février 1934 -  a donné argument à Manuel Valls pour ordonner presque aussitôt  la fermeture de la « Jungle de Calais ». 

Si le général Piquemal était un fasciste avéré pourquoi trois premiers ministres socialistes  Michel Rocard, Edith Cresson, et Pierre Bérégovoy l’ont-ils choisi comme membre de leur cabinet ?

 

 

16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 15:05

 

 

 

CANNABIS

Nouveau carnaval communicationnel ou comment transformer une question géopolitique en question « sociétale »


Les dernières données officielles de l’OICS (organe international de contrôle des stupéfiants) comme celles de l’ONU viennent de confirmer une nouvelle fois ce qu’indiquent régulièrement, au fil des dépêches, les récits des prises, par les douanes françaises entre autres, de grosses quantités de cannabis : Le royaume du Maroc est de très loin le premier producteur mondial de cette drogue (80% du total mondial).

Dans le palmarès mondial des producteurs de drogue, il se situe aux côtés de l’Afghanistan, premier producteur d’héroïne et de la Colombie, premier producteur de cocaïne. Ce trio majeur bénéficie de l’immense intérêt que lui portent les Etats-Unis et leurs services spéciaux.

Nul n’ignore les liens très étroits qui unissent aujourd’hui la monarchie marocaine et les actuels cercles gouvernementaux français (et aussi les cercles dirigeants étasuniens et israéliens). Les entreprises françaises ont pignon sur rue au Maroc - on en évalue le nombre à 750 -, la dernière équipe gouvernementale française ne compte pas moins de trois ministres ayant des liens personnels très étroits avec le Maroc et Cazeneuve, Ministre de l’intérieur, vient de remettre la Légion d’honneur à Abdellatif Hammouchi, chef du contre-espionnage marocain, personnage très actif dans la répression brutale des démocrates marocains.

La relance du débat sur la dépénalisation du cannabis ne peut être l’effet du hasard et s’inscrit clairement dans l’approfondissement des liens économiques et politiques franco-marocains. En effet il n’est pas question dans la république socio-néolibérale de Hollande et Valls de créer une compagnie nationale qui sur le modèle de la défunte SEITA aurait le monopole de la commercialisation, régulerait le marché voire contrôlerait une production tout à fait possible sur le sol français *, la vente libre du cannabis conduirait donc à faire un cadeau « royal » au Maroc, à ouvrir tout grand le marché français au cannabis marocain et à implanter sur le territoire national les réseaux marocains de production et de distribution.

Un vrai cadeau …. empoisonnant ….

*sans ouvrir un débat plus que séculaire et non résolu qui a pris aujourd’hui une dimension nouvelle avec l’apparition d’ « Etats faillis » dans lesquels ne subsistent que des rapports de force, rappelons qu’un Etat n’est pas une ligue de vertu prônant l’ascétisme et la frugalité, mais une structure de gestion d’une nation et que l’absence d’Etat ne conduit pas nécessairement et immédiatement à l’autogestion généralisée.

 

 

 

 

8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 22:06

UNE COALITION INEFFICACE

 

La guerre de Syrie commencée en 2011 n’ayant pas produit les résultats rapides escomptés par ceux qui la soutenaient de l’extérieur à l’inverse des autres « printemps arabes » dont aucun bourgeon n’a donné des fruits succulents, il fut décidé de l’intensifier.

Les groupes djihadistes initiaux avaient réussi à créer des foyers de terreur dans la plupart des villes syriennes , grandes ou moyennes, mais la résistance opiniâtre de l’armée arabe syrienne et un soutien puissant de la population au gouvernement rendaient impossible le changement de régime escompté.

Il fallait donc monter d’un cran dans l’escalade militaire djihadiste. Enfin, après l’échec du coup tordu des armes chimiques déjoué par la Russie, DAESH vint …

Le « nouveau califat » installé soudainement dans le nord-ouest irakien et avec un armement ultra moderne volé à l’armée irakienne, devait permettre à l’opération d’aboutir. Prendre le contrôle de la moitié orientale du pays, s’approprier par la force les installations pétrolières nationales, contrôler la vallée de l’Euphrate et donc les ressources hydriques d’une grande partie du territoire syrien à l’exclusion de sa partie occidentale, couper le plus possible la route aux soutiens iraniens, revenait à passer à une phase de guerre totale visant à la conquête militaire de l’ensemble du territoire syrien et au renversement de toutes les institutions

Mais l’horrible mise en scène des crimes djihadistes devait conduire à mettre sur pied une coalition « anti DAESH » pour faire croire à l’opinion publique occidentale que l’Occident ne soutenait que la fameuse « opposition modérée » dont le casting sans cesse renouvelé s’avérait par ailleurs toujours très instable.

Cette mise en scène était scellée par la Conférence de Paris d’Aout 2014. Présidée par François Hollande elle fut tenue, dés l’arrivée au pouvoir du nouveau premier ministre irakien Al Abadi. Installé par un coup d’Etat discret orchestré à Bagdad par les Etats-Unis, il remplaçait Al Maliki considéré par l’Occident comme trop proche de l’Iran.

A partir de cette date commençait officiellement l’attaque par la «Coalition » des positions militaires de Daesh tant en Syrie qu’en Irak.

Un document publié début 2016 par la Conférence sur la sécurité de Munich (page 35 du rapport introductif – ci-après) apporte un éclairage curieux sur les actions de la dite « coalition ». Il fait état de 5624 frappes sur l’Irak et de 2433 frappes sur la Syrie soit environ 35 frappes par mois en Irak et 15 par mois en Syrie, le gros du travail étant effectué par l’aviation US

 

 

voir détails

 http://airwars.org/data/

 

 

Trois observations :

  • Les frappes sont plus de deux fois plus nombreuses en Irak qu’en Syrie comme si l’important était plus d’éviter la chute du gouvernement irakien que celle du gouvernement syrien
  • Les résultats n’ont pas été probants puisqu’il a en fait fallu attendre l’intervention aérienne russe en Syrie pour que, avec cet appui aérien puissant, l’armée arabe syrienne inflige des revers de plus en plus nombreux à DAESH et à AL NOSRA
  • La Turquie si active dans le soutien matériel à Daesh n’a même pas jugé bon de jouer double jeu en participant aux actions de la « coalition » et sa seule frappe a consisté à abattre sans préavis un bombardier russe qui ne la menaçait nullement. Son rôle indirect a consisté à laisser les appareils de l’US AIR FORCE utiliser massivement sa base d’Incirlik

A quoi ont donc servi les 2274 frappes aériennes US en Syrie ? Quels objectifs ont été visés et atteints ? Pourquoi les pays arabes ont-ils bombardé uniquement la Syrie ? Pourquoi la France a-telle bombardé 20 fois plus l’Irak que la Syrie où son intervention a été symbolique et probablement concentrée et dument claironnée dans les deux mois suivant l’intervention russe ?

Des hypothèses :

Face à de telles interrogations on est tenté de formuler des hypothèses qui, justes ou fausses, ne trouvent leur fondement que dans l’occultation totale de la réalité des actions militaires de l’Occident et de ses alliés arabes contre la Syrie.

Ces frappes non identifiées pouvaient aussi bien viser le Hezbollah, que les forces spéciales iraniennes, que les voies d’acheminement de l’armement iranien envoyé en Syrie, voire du pétrole iranien puisque les puits syriens étaient contrôlés par DAESH, qu’à l’occasion des positions kurdes pour contraindre les groupes kurdes à se rallier à la guerre contre la Syrie.

Et une conclusion évidente :

Les 2774 frappes sur la Syrie – du 8 aout 2014 au 30 Novembre 2015 – et la fraction des 35006 bombes et missiles envoyés n’ont certainement pas fait que des trous dans le sable du désert ou atteints des djihadistes en patrouille sur un pick-up. Il y a donc eu des dégâts matériels sur des bâtiments, des routes, des ouvrages d’art, des lignes électriques …ce que confirment toutes les photos disponibles sur les combats en Syrie.

Donc des armées étrangères dûment répertoriées et identifiées par ce document ont conduit des actions de guerre sur le sol d’un Etat souverain contre lequel elles n’étaient pas en guerre et qui ne leur avait pas demandé de l’aide, à l’inverse de ce qu’il a fait avec la Russie. Aussi cet Etat qui ne pourra pas poursuivre « le califat » évanescent ,clandestin et donc juridiquement insaisissable est par contre totalement fondé à réclamer des dommages de guerre à ces agresseurs et pourquoi pas à poursuivre devant la Cour Pénale Internationale les dirigeants de ces Etats agresseurs. Des responsables qui pourraient bien être aussi coupables ….

 

 

 

18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 11:44

CONNAISSEZ –VOUS LES « MUNICH YOUNG LEADERS » ?

 

Pareille appellation évoque inévitablement les « YOUNG LEADERS » ces personnages prometteurs que ce soit dans le domaine politique, dans le domaine économique ou dans le domaine culturel et médiatique qui sont sélectionnés chaque année depuis 40 ans par la FRENCH AMERICAN FOUNDATION à condition toutefois que, citoyens français ou étasuniens, ils soient dans toutes leurs activités de fidèles soutiens de l’alliance entre la France et les Etats-Unis, alliance aujourd’hui scellée dans l’OTAN mais que les fondateurs de la FRENCH AMERICAN FOUNDATION , les présidents Giscard d’Estaing et Gerald Ford ont voulu inscrire dans le passé plus lointain du soutien de la France – monarchiste - à l’indépendance des Etats-Unis. (Voir le livre de Domenico Moro « Le groupe de Bilderberg, l’ ‘’élite’’ du pouvoir mondial. » (Editions Delga -2015)

Ce système de sélection interne à la classe capitaliste dominante a fait école.

En 2004, Klaus Schwab, fondateur et organisateur du fameux forum de Davos lance les « YOUNG GLOBAL LEADERS », réseau international qui regroupe plus de 70 nationalités et qui est destiné à regrouper chaque année au « DAVOS d’été » les éléments les plus prometteurs de la fraction dirigeante du capitalisme transnational. Mais le système est trop récent pour avoir produit des grands leaders mondialement connus. Les français y sont peu représentés et s’y retrouvent plutôt des héritiers : Yannick Bolloré, fils de Vincent, Gabriel Naouri, fils de Jean Charles PDG de CASINO ou Pierre Kosciusko-Morizet, PDG de Price Minister, frère de NKM et petit-fils de l’ambassadeur.

Nouveau venu en 2010 dans ce type de regroupement les « MUNICH YOUNG LEADERS ». La CONFERENCE POUR LA SECURITE COLLECTIVE EN EUROPE qui l’a créé est l’équivalent en matière de relations internationales et de guerre du forum de Davos. Elle rassemble chaque année à Munich dans les premiers jours de Février le gratin européen et étasunien dans ces domaines : ministres de la défense et des affaires étrangères, dirigeants de l’OTAN, généraux, fabricants d’armes, banquiers, journalistes spécialisés et dirigeants de think tanks spécialisés. Nombre d’invités l’on été ou le seront également par le groupe de Bilderberg ou par la Commission Trilatérale.

Mais la particularité du recrutement des MUNICH YOUNG LEADERS, prés de 200 membres aujourd’hui est que, bien qu’organisé par une fondation privée, il est en pratique piloté par le ministère des affaires étrangères allemand et organisé dans les pays concernés par les ambassades d’Allemagne. Beaucoup plus sélectif que les YOUNG GLOBAL LEADERS il ne recrute que trois personnes par pays cible. Les MUNICH YOUNG LEADERS se réunissent entre eux une fois l’an et sont invités à assister à deux forums internationaux thématiques organisés par l’INTERNATIONAL INSTITUT FOR STRATEGIC STUDIES de Londres, celui de Singapour « SHANGRI–LA DIALOGUE » et le « MANAMA DIALOGUE » au Bahreïn. Ce manifeste ainsi une volonté politique claire de la RFA de structurer principalement sur le continent eurasiatique une zone d’influence stratégique autonome par rapport aux deux structures à domination étasunienne : le groupe de Bilderberg et la commission Trilatérale.

Cette volonté allemande est là pour rappeler une nouvelle fois que la classe dirigeante allemande, privée par la défaite de 1945 et la charte de l’ONU qui lui interdit l’accès au Conseil de Sécurité de l’ONU et à l’arme atomique d’un rôle prééminent dans la conduite des affaires mondiales, avance à pas comptés mais avec persévérance dans la conquête de ce rôle.

La destruction de la RDA- remarquablement décrite par Vladimiro Giacché dans son livre « Le second anschluss- l’annexion de la RDA » (Editions Delga – 2015) - et la brutale mise au pas de la Grèce en 2015 sont des illustrations concrètes de cette politique.

9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 22:41

La crise économique mondiale commencée en 2007 (crise des subprimes) 2008 (faillite de Lehmann Brother) dure, dure …

 

Excellente analyse de L’économiste italien VLADIMIRO GIACCHE (1)

 

A l’occasion d’une conférence organisée à Rome le 02 Octobre 2015 par l’association italienne MARX XXI, l’économiste VLADIMIRO GIACCHE a présenté un document de 30 thèses intitulé « La Chine après la grande crise financière 2007-2008 ».

Ce document de très grande qualité appuyé par une série de graphiques puisés aux sources les plus officielles (FED, BCE et autres) synthétise le mouvement de l’économie mondiale depuis le début de cette crise. Nous le joignons dans sa version originale intégrale et nous invitons tous les lecteurs capables de le faire de le lire en italien.

Pour les autres, risquons un résumé.

L’Occident capitaliste s’avère incapable d’en sortir et s’enfonce dans un endettement colossal qui croit sans cesse. Les banques centrales : Fed, BCE et autres ont fabriqué de la monnaie qu’elles ont fournie aux banques pour éviter les faillites bancaires, elles se sont mises ensuite à racheter les dettes de plus en plus énormes des Etats. Ce qui veut dire que la banque centrale efface leurs dettes et leur donne en échange de l’argent frais. Bien sûr les Etats qui, au nom de la dette, poursuivent des politiques d’austérité sur le dos de leurs populations ne s’en vantent pas et feignent d’ignorer le fait que la banque centrale dispose sur eux d’un droit de vie et de mort.

Cette politique qui n’a pas relancé l’activité productive a mis au chômage des dizaines de millions de personnes en Amérique du Nord, dans l’union européenne et au Japon. Des économistes cherchent à mettre cet énorme échec sur le compte d’une « stagnation séculaire », sorte de fatalité dont la fin ne serait pas en vue.

VLADIMIRO GIACCHE répond qu’il existe une réponse matérielle fournie par la Chine, une alternative à la politique de financiarisation et d’endettement massif de l’occident qui consiste

  • à sortir progressivement de l’usage exclusif du dollar dans les relations économiques internationales
  • à lancer une politique massive d’investissement dans les infrastructures (voies ferrées, routes, ports…) dans toutes les zones où elles font encore largement défaut. C’est le cas dans le cœur du continent eurasiatique où entre la Chine et l’Europe de l’Ouest existe une immensité où la densité des infrastructures est très insuffisante pour assurer un développement régulier, c’est également le cas en Afrique.

Sa conclusion mérite d’être méditée. Pour lui, l’alternative est entre :

a- le modèle proposé par la Chine de développement multilatéral et de relance de la croissance par des investissements dans des actifs réels , matériels

b- le modèle de croissance basé sur le capital producteur d’intérêt, sur la perpétuation du seigneuriage (2) antihistorique et la défense de vieilles rentes de situation à travers aujourd’hui la déstabilisation, et demain peut-être la guerre, et c’est entre ces deux termes que se joue la partie ? à l’issue incertaine ? entre le progrès et la régression.

(1)Vladimiro Giaccché est l’auteur d’un ouvrage passionnant : Le second anschluss, l’annexion de la RDA – Editions Delga – traduction Marie Ange Patrizio

(2) Seigneuriage (définition d’Alternatives économiques choisie comme étant la plus concise possible)

« Désignait, dans le régime féodal, le fait que le seigneur disposait seul du droit de battre monnaie dans son fief. Dans le langage moderne, désigne le pouvoir d'achat que les émetteurs d'une monnaie peuvent s'approprier en émettant cette monnaie. On parle ainsi souvent du «seigneuriage» du dollar. »

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Le texte et les graphiques sur

http://www.marx21.it/index.php/internazionale/economia/26201-dopo-la-grande-recessione-investimenti-multilaterali-per-lo-sviluppo-e-la-costruzione-di-un-nuovo-ordine-monetario-globale-30-tesi

 

Vladimiro Giacché - “Dopo la Grande Recessione: investimenti multilaterali per lo sviluppo e la costruzione di un nuovo ordine monetario globale. 30 tesi”

  1. Dopo la Grande Recessione i paesi dell’Occidente capitalistico non sembrano capaci di uscire dal modello, inaugurato negli anni Ottanta e definitamente entrato in crisi nel 2007/2008, di una crescita alimentata dal debito e dall’abnorme sviluppo della finanza.
  2. Si tratta di un modello che ha comprato la crescita nei paesi capitalistici avanzati con un'insostenibile crescita di debito e asset finanziari ("financial depth") che in poco meno di 30 anni sono passati dal 119% del pil mondiale (1980) al 356% (2007)

[grafico 1]

Tra le controtendenze alla caduta del saggio di profitto, nel periodo 1980-2007 un ruolo preminente (anche se non esclusivo) ha quindi giocato la finanziarizzazione, ossia il "capitale produttivo d’interesse" (Marx, Capitale, L. III sez 3).

  1. Esso ha consentito:

a) il mantenimento di una buona propensione al consumo da parte della classe lavoratrice in USA, UE e Giappone, nonostante salari reali calanti dall'inizio degli anni Settanta: questo grazie alla speculazione di borsa e allo sviluppo del credito al consumo;

b) il sostegno ad industrie di settori maturi, che hanno potuto sopravvivere nonostante un'evidente sovrapproduzione (cfr. settore automobilistico): questo grazie alle società finanziarie collegate e al credito al consumo;

c) la possibilità, per le stesse industrie del settore manifatturiero, di fare profitti attraverso la speculazione di borsa, attraverso la finanza proprietaria, il trading, ecc.

  1. La crisi iniziata nel 2007 ha rotto quel modello di sviluppo. Ha distrutto capitale reale e fittizio in enorme quantità (a conferma del carattere non ciclico della crisi). Ma non è riuscita a rilanciare l'accumulazione di capitale su scala globale.
  2. Stati Uniti, Giappone e Unione Europea (e più in particolare l'eurozona) si trovano molto al di sotto della crescita potenziale stimata prima della crisi [2-3].
  1. Nel mondo ci sono decine di milioni di disoccupati in più, soprattutto nei paesi a capitalismo avanzato, e quindi salari mancanti per oltre 1,2 trilioni di dollari, che gravano sulla domanda globale [4].
  1. Il debito complessivo, al contrario, è cresciuto di 57 trilioni di dollari dal 2007. Sia nei paesi a capitalismo maturo, sia nelle economie emergenti (Cina inclusa) [5].
  1. Per quanto riguarda in particolare i paesi a capitalismo maturo, a un calo contenuto del debito privato ha fatto riscontro un forte aumento del debito pubblico, principalmente a causa della enorme socializzazione delle perdite conseguente alla crisi (gli Stati hanno salvato a proprie spese dalla bancarotta il sistema finanziario e in qualche caso anche buona parte del settore manifatturiero) [6].
  1. Dopo la crisi, le banche centrali di USA, Giappone e poi anche UE hanno inondato il mondo di liquidità, portando a zero i tassi d'interesse (politica monetaria convenzionale) e acquistando massicciamente asset finanziari sul mercato (QE, politica monetaria non convenzionale).
  2. La Federal Reserve statunitense ha comprato titoli di Stato Usa e obbligazioni private per 4 trilioni di dollari. Attualmente nell'eurozona i riacquisti di obbligazioni da parte della BCE sono superiori alle nuove emissioni nette [7-8].
  1. Questo ha sostenuto i mercati azionari e quelli dei titoli di Stato sia negli Stati Uniti che in Europa [9-10-11]. Ma non ha fatto realmente ripartire la crescita.
  1. Questa constatazione ha indotto alcuni studiosi, tra cui Lawrence Summers e Paul Krugman, a rispolverare il concetto di "stagnazione secolare" (nato durante la crisi degli anni Trenta). La situazione è stata così descritta: "Sei anni sono passati dallo scoppio della Crisi Globale e la ripresa non è ancora soddisfacente. I livelli di prodotto interno lordo sono stati superati, ma poche economie avanzate sono tornate ai tassi di crescita pre-crisi nonostante anni di tassi d’interesse praticamente a zero. Inoltre, cosa preoccupante, la crescita recente ha un vago sentore di nuove bolle finanziarie. La lunga durata della Grande Recessione, e le misure straordinarie necessarie per combatterla, hanno originato una diffusa sensazione, non meglio definita, che qualcosa sia cambiato. A questa sensazione ha dato un nome a fine 2013 Lawrence Summers, reintroducendo il concetto di ‘stagnazione secolare’».
  2. Tale concetto, come ha osservato Paul Krugman, afferma che «periodi come gli ultimi 5 anni e oltre, in cui anche una politica di tassi d’interesse a zero non è in grado di ricreare una situazione di piena occupazione, sono destinati ad essere molto più frequenti in futuro».
  3. La ripresa da parte di Summers, Krugman e altri, della teoria della “stagnazione secolare” indica precisamente la difficoltà, ma al tempo stesso la avvertita necessità, per i paesi a capitalismo maturo, di mantenere in vita quel modello di crescita imperniato sul capitale produttivo d'interesse che è entrato in crisi nel 2007. Questo però si scontra con due problemi.
  4. Il primo è la sproporzione crescente tra liquidità immessa nel mercato da parte delle banche centrali e risultati in termini di crescita, sproporzione accompagnata dal rischio di alimentare instabilità finanziaria.
  5. Il secondo consiste nel fatto che le politiche monetarie espansive (convenzionali e non) delle principali banche centrali occidentali sono di fatto pagate dai paesi emergenti su cui le valute internazionali di riserva (e in particolare il dollaro) esercitano un diritto di signoraggio. Le manovre monetarie espansive del centro capitalistico sono pagate dalla periferia.
  6. Espandendo la loro base monetaria, i paesi le cui monete sono valute internazionali di riserva scaricano infatti il costo della loro politica monetaria espansiva sui paesi emergenti, che sono costretti ad adoperare quelle valute per gli scambi internazionali. Inoltre, rendendo negativi in termini reali i tassi d’interesse sui propri titoli di Stato, il costo dell’operazione viene scaricato su chi li ha comprati (come è noto la Cina ha molti titoli di Stato americani in portafoglio). Secondo Pingfan Hong (Onu) qualcosa come 3.700 miliardi di dollari di valore sarebbero stati trasferiti in questo modo dai paesi in via di sviluppo ai paesi più ricchi del pianeta.
  7. Questo rappresenta un forte incentivo al superamento dell'attuale ordine monetario mondiale.
  8. L'obiettivo strategico è quello enunciato dall'agenzia cinese Xinhua il 30 ottobre 2013: creare “una nuova valuta di riserva internazionale che rimpiazzi quella attualmente dominante, cioè il dollaro”.
  9. Esso viene oggi perseguito principalmente in 2 modi:

a) Primo modo: costruendo progressivamente un’alternativa concreta all’uso del dollaro, dell’euro e dello yen nelle transazioni internazionali. Questo sta già avvenendo: attraverso accordi bilaterali, un numero sempre maggiore di paesi ha stipulato con la Cina contratti in base ai quali le transazioni commerciali vengono regolate non più in dollari, ma in yuan. Ed è precisamente su questa base che fin dall’ottobre 2013 lo yuan ha superato l’euro e lo yen nel Trade Finance a livello internazionale, divenendo la seconda valuta mondiale in tale ambito [12]. La richiesta di ammissione dello yuan alle monete del paniere FMI dei diritti speciali di prelievo (SDR) rientra nella stessa strategia.

b) Un secondo modo è rappresentato dalla costruzione di nuove banche multilaterali di sviluppo (Banca dei BRICS e AIIB). Esse hanno però due obiettivi:

  1. Il primo obiettivo è la costruzione di infrastrutture finanziarie incentrate sui BRICS e non più sulla triade Europa-Stati Uniti-Giappone, e quindi in grado di assecondare la transizione a un ordine monetario più bilanciato.
  2. Il secondo obiettivo, enunciato in modo chiaro sin dal 2013 da Justin Yifu Lin (Against the consensus), è quello di colmare il gap infrastrutturale fisico dei paesi emergenti, eliminando colli di bottiglia dello sviluppo e sbloccando così importanti riserve di crescita mondiale. È importante notare che di questa crescita beneficerebbero sia i paesi emergenti (com'è ovvio), sia i paesi a capitalismo maturo (in grado di fornire oggi macchinari, domani beni di consumo ai mercati con migliore potenziale del mondo).
  3. È importante osservare che questa strategia per il rilancio dell'accumulazione di capitale su scala globale è l'unica vera alternativa oggi in campo, per uscire dalla crisi, alla riproposizione del modello imperniato sul capitale produttivo d'interesse e quindi sull'incremento esponenziale del capitale fittizio.
  4. Al tempo stesso, se ci fermiamo sulle più importanti infrastrutture ipotizzate, ossia la Via della Seta Terrestre e Marittima [13], vediamo che esse hanno un'implicazione geopolitica fondamentale: ossia l'avvicinamento di Europa ed Asia (e in prospettiva, forse, addirittura la creazione di un blocco eurasiatico).
  1. Oggi a questo avvicinamento si oppone non soltanto la carenza di infrastrutture di trasporto adeguate, ma l' "arco di instabilità" che destabilizza Medio Oriente e Asia Centrale, interrompendo in più punti entrambi i tracciati [14].
  1. Questo dato di fatto ci offre una interessante lettura, non "energetica", della situazione mediorientale. Esso ci deve preoccupare, soprattutto in riferimento ad alcuni enunciati di Lawrence Summers nel contesto della sua ripresa della teoria della "secular stagnation".
  2. Abbiamo visto sopra che questa teoria presuppone la possibilità di poter in qualche modo puntellare il modello di crescita precedente la crisi. Per contrastare la tendenza alla caduta del saggio di profitto la soluzione individuata è insomma quella di perpetuare l’egemonia del capitale produttivo d’interesse, pur sapendo che questo non farà che riproporre – e su scala ancora più estesa – i problemi che pochi anni fa hanno condotto a una delle più gravi crisi della storia del capitalismo.
  3. Ma in verità Summers accenna anche a una soluzione alternativa per far ripartire la crescita: «Alvin Hansen enunciò il rischio di una stagnazione secolare alla fine degli anni Trenta, in tempo per assistere al boom economico contemporaneo e successivo alla seconda guerra mondiale. È senz’altro possibile che si produca qualche evento esogeno di grande portata in grado di aumentare la spesa o di ridurre il risparmio in misura tale da accrescere il tasso di interesse reale da piena occupazione nel mondo industriale e da rendere irrilevanti le preoccupazioni che ho espresso. Guerra a parte, non è chiaro quali eventi del genere possano verificarsi» (corsivo mio).
  4. Se prendiamo sul serio queste affermazioni, quello che si sta svolgendo sotto i nostri occhi in Medio Oriente non è una recrudescenza di tribalismo islamico contro la "moderna civiltà occidentale"; e quanto avviene più complessivamente nel mondo non è l'emergere di presunti nuovi imperialismi contro i vecchi poteri capitalistici.
  5. Se si prendono sul serio quelle affermazioni - e io credo si debba farlo - sull'alternativa tra :

a) il modello di sviluppo multilaterale e di rilancio della crescita attraverso investimenti in asset reali proposto dalla Cina e

b) il modello di crescita basato sul capitale produttivo d'interesse, sul perpetuarsi di un signoraggio antistorico e la difesa di vecchie rendite di posizione attraverso la destabilizzazione ora, e domani forse la guerra, si gioca oggi la partita – dall’esito tutt’altro che deciso – tra progresso e regressione.

 

 

 

 

 

9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 22:25

ECONOMIE PETROLIERE : LE GRAND DESORDRE

 

Sur fond de quasi stagnation des économies européennes et japonaise, de faible croissance de l’économie étasunienne, il étai inévitable que l’économie pétrolière internationale connaisse une période de trouble.

Face à un marché global en faible croissance, l’OPEP , Arabie Saoudite en tête a décidé de ne pas ralentir sa production et les prix se sont donc affaissés.

Mais ces traits généraux, connus et repris dans l’information sommaire des médias dominants, ne peuvent pas cacher des désordres géopolitiques qui influent lourdement sur le marché.

Marché instable

Il a été remarqué que la baisse du prix du pétrole mettait en difficulté les finances de plusieurs grands producteurs / exportateurs : Venezuela et Russie en premier lieu, que le retour du pétrole iranien sur le marché international allait encore plus déséquilibrer le marché en ajoutant une offre supplémentaire et n’allait pas faire entrer dans les caisses de l’état iranien des flots considérables de dollars.

Vue ainsi la baisse du prix du pétrole s’inscrit dans le contexte global de l’attaque des Etats-Unis contre leurs principaux adversaires politiques du moment. Mais en même temps, le pétrole bon marché avantage deux des plus gros importateurs : la Chine, premier client de l’Arabie saoudite et l’Inde et il se confirme que la Chine s’est organisée pour profiter de l’aubaine et s’est donnée les moyens de faire sur son territoire quelques réserves.

Economie grise ou noire

L’autre facteur de désordre est le passage d’une partie, même mineure, de la production pétrolière dans l’économie grise ou noire.

Le vol du pétrole syrien par Daesh crée un marché noir qui profite principalement à deux pays voisins non producteurs et hostiles à la Syrie : la Turquie et Israël. La Syrie était un petit producteur pétrolier et faisait un usage rationnel de ses ressources en les réservant principalement à son usage national. Daesh s’est emparé de la zone pétrolière syrienne et a donc spolié l’Etat syrien propriétaire et exploitant des gisements. En droit international cet acte : vol à main armée, hold-up, braquage … mériterait réparation mais DAESH n’étant pas un Etat reconnu, qui pourra être poursuivi en ses lieu et place ?

Il reste que le pétrole volé à la Syrie peut être vendu à des prix cassés puisque DAESH n’a pas à payer les investissements : recherches, forages, installations d’extraction et de stockage de départ, qui ont été faits par l’Etat syrien.

Le cas libyen est un peu différent : les bombardements massifs de l’OTAN en 2011 n’ont pas touché les installations pétrolières. Ce n’est pas un hasard. La Libye a donc recommencé assez vite à exporter, mais l’expression est inexacte puisqu’en l’absence d’un Etat libyen souverain et organisé ce n’est pas la Libye qui exporte mais des pouvoirs de fait sur les installations pétrolières : puits, pipelines et ports d’embarquement. Ces pouvoirs de fait sont des alliances de circonstance entre les entreprises occidentales spécialisées qui ont repris les installations libyennes dans des conditions encore mal connues aujourd’hui et les milices islamiques armées qui les laissent exécuter leurs opérations et font payer leur protection en percevant un pourcentage sur les barils vendus. Dispositif instable puisque jusqu’à présent chaque producteur fait protéger ses installations propres par la milice locale mais si Daesh avec son projet de califat met la main sur la Libye à défaut d’avoir pu le faire sur la Syrie il voudra s’approprier la totalité du pétrole libyen, acquérir une véritable puissance et il essaiera de chasser les compagnies étrangères qui font marcher aujourd’hui l’industrie pétrolière libyenne.

A l’inverse de l’Etat syrien, l’Etat libyen ayant été détruit ne pourra pas demander de réparations ni aux compagnies étrangères qui exploitent le pétrole libyen et encore moins aux milices islamiques juridiquement insaisissables.

On comprend mieux pourquoi les adversaires occidentaux de l’Etat syrien s’acharnent à obtenir une rupture constitutionnelle de l’Etat syrien et la mise en place d’un gouvernement qui ne leur demanderait pas des comptes, pour éviter d’avoir à répondre du vol du pétrole syrien, du vol du coton syrien , du vol des usines syriennes démontées et transportées en Turquie et des destructions massives engendrées par une guerre qu’ils ont soutenu.

Le maintien à son poste de Bashar el Assad qui signifie la continuité de l’Etat syrien empêchera de tourner cette page de pillage massif et orchestré.

 

Arrivée du pétrole de schiste

Un autre aspect du désordre de l’économie pétrolière vient de prendre de la consistance ces derniers jours. Dés le début de la chute des prix du pétrole il est apparu qu’un des objectifs de cette baisse était la mise hors marché international du pétrole de schiste. Tous les observateurs avertis annonçaient que le cout d’extraction le pétrole issu du fractionnement des roches (pétrole de schiste) ne pouvait guère descendre en dessous de 50/60 $ le baril ils en concluaient donc que la politique de baisse des prix mise en œuvre par l’Arabie Saoudite condamnait le pétrole de schiste. Les faillites sont déjà nombreuses dans le secteur de l’extraction du gaz de schiste aux Etats-Unis. Or dans le même temps et depuis au moins deux ans le gouvernement des Etats-Unis, Obama en tête, n’arrêtait pas de proclamer que grâce au pétrole de schiste les Etats-Unis allaient sortir de leur position d’importateur de pétrole et redevenir exportateurs.

Ce jour là est arrivé. En effet Obama ne s’est pas contenté de bonnes paroles, il a proposé au Congrès une modification de la législation en vigueur depuis la présidence Ford qui interdisait l’exportation de pétrole étasunien. Le Congrès a voté le 18 décembre 2015 et depuis cette date l’exportation de pétrole par les Etats-Unis est légale.

Bien sûr ce vote était attendu par les pétroliers, les pipelines nécessaires avaient été remis en état de marche et il n’a fallu que quelques jours pour qu’un pétrolier charge du pétrole de schiste à destination d’un marché étranger.

Le 31 décembre 2015 Le THEO T, pétrolier de taille moyenne, immatriculé aux Bahamas appartenant à l’armateur grec IONIA (encore un qui ne paiera pas d’impôts en Grèce) a chargé dans le port texan de Corpus Christi du pétrole de schiste extrait en partie dans la région de San Antonio par les compagnies CONOCO PHILLIPS et NUSTAR et en partie dans l’état du Dakota

Ce pétrole a été déchargé en France dans le port pétrolier français de Fos sur mer. De là il a été acheminé vers la raffinerie suisse de Cressier, dans la région de Neuchâtel par le Pipeline sud européen qui part de Fos et dessert depuis sa création la raffinerie de Cressier et vers une raffinerie du sud de l’Allemagne également desservie par le même pipeline.

L’acheteur du pétrole de schiste est la société VITOL, très puissant trader pétrolier indépendant dont le siège est à Zoug, un petit paradis fiscal suisse proche de Zurich. Vitol fondé en 1966 à Rotterdam est installé à Genève, Houston et Singapour. La raffinerie de Cressier a été rachetée récemment par le groupe indépendant VARO lequel a noué en Décembre 2013 un partenariat 50/50 avec le groupe financier US CARLYLE bien connu pour ses relations avec la CIA et la famille BUSH. Elle couvre un quart du marché suisse des produits raffinés. VARO possède également une raffinerie en Bavière.

Quelques jours après le THEO T un second pétrolier a été chargé à Corpus Christi à destination lui d’Amsterdam.

Question : pourquoi ce pétrole cher a-t-il trouvé preneur et pourquoi en Europe de l’Ouest ?

Tout porte à croire qu’il s’agit d’une opération étasunienne très politique menée avec des compagnies amies et sûres et dans ce contexte d’un face à face tendu avec le géant pétrolier russe où les Etats-Unis ouvrent une tête de pont en Europe de l’Ouest pour vendre leur pétrole et pour laquelle le prix du pétrole de schiste a pu être fixé pour le client à un niveau bas compatible avec le niveau actuel du marché international.

Il ne faut jamais oublier que le « libéralisme » économique doctrinal professé par les Etats-Unis ne sert qu’à exprimer la liberté du plus fort et s’est toujours accommodé de formes diverses de soutien financier public à l’exportation, le cas des produits agricoles est bien connu.