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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 13:43

Les Attentats de Paris et la réaction de l'Etat français: ….

L’article qui suit a été publié le 24.11.2015 sur le site PAMBAZUKA NEWS.

PAMBAZUKA NEWS présente quotidiennement des articles d’analyse sur la situation dans divers pays d’Afrique ou des points de vue d’africains sur la situation internationale. Il s’agit d’un site d’information qui n’est donc pas l’expression d’une ligne politique ou d’un parti particulier et les articles qu’il publie n’engagent, selon l’expression consacrée soulignée expressément par PAMBAZUKA, que leurs auteurs. La très grande majorité des articles sont en anglais mais quelques traductions en français sont proposées.

L’auteur, un certain Samuel Albert, est difficile à identifier tant il s’agit d’un nom à consonance anglo-saxonne assez courant *. Ses articles sont publiés de temps en temps sur le site PAMBAZUKA NEWS bien que sa biographie ne figure pas dans la longue liste des auteurs publiés par PAMBAZUKA NEWS, mais il semble être un des éditorialistes réguliers du groupe révolutionnaire anglais A WORLD TO WIN (aworldtowin.net).

Il s’intéresse spécialement et depuis plusieurs années aux problèmes du Proche Orient et de la Méditerranée et développe un point de vue sur les rapports conflictuels entre deux formes contemporaines, tout à la fois concurrentes et complices de la contre-révolution mondiale : le néo colonialisme guerrier et l’islamisme radical.

*Nous remercions à l’avance tout lecteur qui en saurait plus sur ce SAMUEL ALBERT à nous faire profiter de ses lumières.

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Les Attentats de Paris et la réaction de l'Etat français: tous des meurtriers

Samuel Albert 23/11/2015, numéro 752

http://pambazuka.org/en/category/features/96106


Si la France est «en guerre», comme le président Hollande l’a annoncé après les attentats horribles à Paris la semaine dernière, alors c’est une guerre injuste entre les forces réactionnaires aussi dédaigneuses l’une que l’autre de la vie humaine, aucune d'elles n’étant moins que l’autre délibérément et consciemment cruelle dans la poursuite d’objectifs politiques réactionnaires. Soutenir la France ou les islamistes ne fera qu'aggraver la dynamique entre deux alternatives inacceptables.

Les attentats à la bombe et les fusillades du 13 novembre à Paris ont tué 129 personnes innocentes. Beaucoup d'entre elles dans la vingtaine et la trentaine, alors qu'elles assistaient à un concert de rock, ou qu’elles mangeaient dans un quartier animé, ou qu’elles regardaient un match de foot dans un bar des sports ou tout simplement qu’elles marchaient dans la rue . Les attaques ont pris des vies au hasard, dévastant irrémédiablement des familles et laissant la plupart des français les plus ordinaires dans la douleur et le choc profond.

Les attaques faisaient partie d'une vague de massacres délibérés de civils revendiqués par Daesh (Etat islamique), y compris les explosions qui ont tué des dizaines de personnes dans un quartier chiite de Beyrouth la veille, et l'explosion d'un avion de ligne russe avec 224 touristes au dessus du Sinaï, le désert de l'Egypte, en Octobre. Ce sont tous des actes meurtriers, mais à une échelle beaucoup plus petite que ceux que les puissances occidentales, dont la France, ont infligé aux peuples du monde pendant plus d'un siècle, au Moyen-Orient et ailleurs. Faut-il mentionner le million de victimes de la guerre de la France pour empêcher l'indépendance algérienne (de 1954 à 1962)?

Presque immédiatement, le président français François Hollande a déclaré la guerre. Il a déclaré que son pays faisait face non seulement à des attaques par des individus comme il l'a fait dans le passé, mais maintenant à "une armée terroriste». "Nous sommes en guerre", a-t-il quelques jours après l'attaque de Paris, déclaré au Parlement français qui lui a donné des pouvoirs de temps de guerre. Il a affirmé que c’était de l'auto-défense, bien que son gouvernement ait intensifié les opérations militaires en Syrie - des vols de surveillance, des frappes aériennes et, selon Le Monde, les forces spéciales - dans les semaines et les jours précédant les meurtres de Paris.

Si cela est une guerre, c’est une guerre injuste entre les forces réactionnaires également dédaigneuses de la vie humaine, aucune d'entre elles n’étant moins que l’autre consciemment et délibérément cruelle dans la poursuite d'objectifs politiques réactionnaires. Soutenir un côté ou l’autre ne fera qu'aggraver la dynamique entre deux alternatives inacceptables. Les peuples ont besoin d'avancer et de s’opposer politiquement aux deux côtés et à toutes leurs horreurs et à travailler à se libérer de cette logique affreuse.

Daesh se présente comme la seule force qui peut contester le pouvoir, l'idéologie et l'hypocrisie des classes dirigeantes impérialistes de la poignée de pays qui contrôlent ou qui cherchent à contrôler tant de nations et à mettre tant de gens dans la misère. Il est la manifestation d’un défi inspiré par une idéologie réactionnaire et une vision de la société qui amènerait à la montée en puissance de nouveaux exploiteurs opposés aux anciens. Le but de leur djihad est de préserver, de sanctifier et de systématiser les formes existantes de l'oppression des peuples du Moyen-Orient et d’ailleurs, y compris la suprématie des hommes sur les femmes, un asservissement qui persiste sous des formes anciennes et nouvelles dans tout le monde d'aujourd'hui, à côté d'autres divisions sociales oppressives qui écrasent la vie et le potentiel de populations entières. Des milliers de jeunes de France et d'ailleurs ont rejoint ses rangs en Syrie et dans d'autres pays parce qu'ils croient que l'islamisme leur offre un avenir qui leur a été refusé dans leurs sociétés. Certains d'entre eux sont dits avoir été impliqués dans les attentats de Paris.

La France a été profondément impliquée en Syrie depuis que la Première Guerre mondiale a été menée pour un nouveau partage du monde entre les puissances impérialistes. Même avant que la guerre ne soit finie, l'accord Sykes-Picot de 1916 a divisé les possessions de l'Empire ottoman entre la Grande-Bretagne et la France. La France trancha dans la Syrie pour créer l'Etat du Liban, en s’appuyant sur ses alliés de la minorité chrétienne de là-bas, et plus généralement elle a travaillé à exacerber les contradictions religieuses et ethniques. Le communiqué publié par Daesh à l'issue des massacres de Paris a spécifiquement appelé la France "le gardien du temple Sykes-Picot», ce qui signifie non seulement l'ancien ordre colonial, mais l'assujettissement économique et politique de la région qui a persisté et à certains égards a été intensifié.

La France a cherché à faire progresser ses intérêts en Syrie et dans la région de plusieurs façons au cours des années, parfois de concert avec d'autres puissances telles que les Etats-Unis et souvent en rivalité avec elles. Probablement plus que toute autre puissance occidentale, la France a des liens historiques et d'influence avec des secteurs de la classe dirigeante syrienne, à certains moments avec la famille Assad et maintenant parmi les leaders transfuges du régime dépeints comme l'opposition "modérée" (pro-occidentale). Ironiquement, ce fut la France, pas les Etats-Unis, qui a été la plus désireuse d'ouvrir une campagne de bombardements contre le régime Assad en 2013. Depuis lors, tandis que les États-Unis et la Russie poursuivent leurs opérations en Syrie sous la bannière de l’affrontement avec Daesh, le président français Hollande a vu un besoin croissant de faire la même chose, cette fois au nom de l’opposition non plus à Assad mais à Daesh. Les tactiques, les manœuvres et les justifications varient, mais les intérêts impérialistes restent les mêmes - celui qui ne possède pas de forces armées impliquées ne va pas s'asseoir à la table lorsque les dépouilles seront partagées.

Il faut comprendre que ce que la France a fait et espère faire en Syrie n’est pas différent de ce qu'elle a fait avec ses 3500 soldats au Tchad, au Mali et ailleurs dans les anciennes colonies françaises d'Afrique occidentale et centrale: elle ne cherchent pas à rétablir des états coloniaux qui ne sont plus possibles ou nécessairement souhaitables du point de vue de l'impérialisme français, mais elle travaille à insérer les peuples plus étroitement dans les réseaux de l'accumulation du capital à Paris et à garder ses rivaux impérialistes à l’écart.

Tout comme Hollande avait déjà intensifié les opérations françaises en Syrie avant les attentats de Paris, son gouvernement avait déjà commencé à adopter de nouveaux pouvoirs au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste. Ces pouvoirs visaient également l’importante population d'origine immigrée de la France, venant en grande partie des pays majoritairement musulmans qui étaient autrefois des colonies françaises et qui restent dans sa sphère d'influence. Ces mesures répressives vont de la législation permettant à la police politique d'opérer plus librement de contrôle judiciaire (non en annonçant de nouvelles pratiques de surveillance mais en leur donnant une couverture juridique plus solide) à l'interdiction de vitres teintées dans les voitures (justifiées comme étant nécessaires à la police pour voir si les conducteurs téléphonent ou portent leur ceinture, mais aussi, bien sûr, leur permettant de repérer plus facilement l'origine ethnique de personnes).

Après les attaques, Hollande a déclaré l'état d'urgence qui a permis à près de 300 policiers de procéder à des invasions de domicile sans mandat de perquisition pendant deux nuits. Parents, frères et sœurs et d'autres membres de la famille de personnes soupçonnées d'implication dans les attentats ont été emprisonnés sans inculpation - un acte considéré comme une vengeance et une prise d'otages lorsqu'elle est effectuée par certains autres pays.

En fait, comme des journalistes français l’ont souligné, ce slogan hypocrite "Liberté, Egalité, Fraternité» a été noyé dans le chant de l'hymne national, La Marseillaise, en mettant l'accent sur le verset, «Aux armes Citoyens, ". Contrairement à ce qui s’est passé après le massacre de Charlie Hebdo Janvier dernier, il y a moins d'avertissements de l'establishment intérieur contre la confusion entre islamistes et personnes de milieux islamiques. Le point fort dans le discours de Hollande est que l'Etat sera «sans merci» à l'extérieur et à l’intérieur.

Ce n’est pas par hasard qu’Hollande a repris la proposition de l'extrême droite Front national de donner au gouvernement le pouvoir de dépouiller même les gens nés en France (ce qui signifie issus de l'immigration) de leur citoyenneté. Il a limité cette menace aux personnes détenant la double nationalité, car créer des apatrides est problématique au regard du droit international, mais la valeur symbolique de ce pouvoir est énorme, tout comme son potentiel comme arme pour terroriser les familles avec la possibilité d'être déchirées. Plusieurs millions d'immigrants sont des doubles nationaux.

Prenant la parole devant les deux chambres du parlement, une occasion extrêmement rare, il a appelé au vote d’une loi qui permettrait de prolonger l'état d'urgence de 90 jours. Il a également appelé à une modification de la Constitution de 1958 du pays pour donner à cet état d'urgence prolongé une base juridique plus solide, et pour modifier une clause constitutionnelle qui autorise actuellement le président à assumer des pouvoirs plus étendus que dans le cas d'une insurrection armée ou d’une invasion étrangère. Il a annoncé l'embauche de milliers de nouveaux policiers, gardes-frontières et gardiens de prison.

L'imprécision des intentions de Hollande laisse ouverte toutes sortes de possibilités. Il y a un tollé général dans les cercles dirigeants de la France sur les risques et opportunités posés par les différentes approches que le pays pourrait adopter à l'échelle nationale et internationale.

Mais il y a beaucoup d'unité dans la classe dirigeante française en termes de mesures répressives. Par exemple, quand un chef de file des républicains (le nouveau nom du parti dominant de droite) a appelé à l'internement de toutes les personnes avec un «S» sur leur dossier de police (ce qui signifie qu'ils sont sous surveillance spéciale, généralement maintenant présumés de connexions avec les islamistes , estimé entre 4.000 et 10.000 personnes, selon Le Monde et le New York Times, respectivement), le Premier ministre de Hollande Manuel Valls a refusé d'écarter cette possibilité, affirmant que le gouvernement prendrait en considération "toutes les armes nécessaires».

Lorsque le président français déclare "Nous sommes en guerre," ce qui vient à l'esprit c’est non seulement la Seconde Guerre mondiale, mais aussi la guerre d'Algérie, quand les pouvoirs qu’ Hollande évoque ont été établis. Ils visaient surtout des Algériens en France et également destinés à régler les différends au sein de la classe dirigeante par la force.

La France peut être «en guerre», mais ce que sont les vrais buts de guerre demeure imprécis. La France ne peut pas dans le même temps, rester à l'écart de ce conflit, car elle en a besoin pour maintenir et développer son statut de grande puissance, et, finalement, comme l'un des rares pays capitalistes monopolistes en mesure d'extraire des superprofits grâce à sa place dans les rouages du système impérialiste mondial. Voilà une situation très dangereuse, pour la classe dirigeante française, le peuple de France et les peuples du monde.

Les risques sont également très élevés sur le front intérieur. Dépouiller des personnes de leur nationalité française reviendrait à reconnaître formellement l'inégalité des citoyens français, un fait déjà connu dans la vie quotidienne des gens dans les cités de banlieue où une partie des classes inférieures déjà se sent confinée. Il est probable que l'un des objectifs politiques de Daesh derrière ces attaques horribles était d'accentuer la dynamique dans lequel de grandes sections de la population de soi-disant «sous-classe» de la France sont poussés dans le sens de l'islamisme par leur position marginalisée dans la société et en particulier par la répression de l'Etat contre eux.

Les deux parties intensifient la polarisation entre l'islamisme et la classe dirigeante française et son idéologie. Voilà exactement le problème, la façon dont le conflit entre ces deux côtés réactionnaires définit la situation d'aujourd'hui. Un refus de reconnaître cette dynamique - cette réalité - ne peut que conduire à être tiré dans le sillage d'un côté ou de l'autre malgré les protestations du contraire. Dans les pays impérialistes en particulier, mais pas seulement, cela signifie généralement aider les impérialistes. Partout, le soutien à l’un ou l’autre côté signifie renforcer la dynamique réactionnaire sous- jacente et renforcer les deux à la fois.

Il est difficile pour les gens de résister à l'attraction de l’un ou de l’autre de ces deux pôles sans une certaine compréhension de la raison pour laquelle ce ne sont pas les seuls choix. Dans les pays opprimés et oppresseurs, ils ont besoin d'une perspective à long terme sur la façon dont une alternative révolutionnaire pourrait se créer. Après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, malgré une forte tendance des gens à chercher la protection du gouvernement, avec la participation des communistes révolutionnaires un mouvement « Pas en notre nom» a émergé ce qui a été en mesure de contester les tentatives du régime Bush d’occuper le terrain moral en tant que représentant des victimes et de l'utiliser pour légitimer des crimes encore plus massifs.

Aujourd'hui, une opposition sérieuse, courageuse et croissante aux crimes passés, présents et futurs des dirigeants impérialistes pourrait fournir une aide politique à ceux qui haïssent l'impérialisme et l'islamisme au Moyen-Orient et faire partie du début d’une transformation de l’actuel paysage politique défavorable dans le monde entier.

* Les opinions de l'article DESSUS SONT CELLES DE L'AUTEUR / ET NE reflètent pas nécessairement les VUES DE LA RÉDACTION DE PAMBAZUKA NEWS.

Traduction COMAGUER

 

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 16:37

L’ETAT D’URGENCE : UNE LEGISLATION COLONIALE ET NEO COLONIALE

Dans les jours qui viennent le gouvernement va demander au Parlement de prolonger de trois mois l’état d’urgence mis en place pour 12 jours par décret le 14.11.2015. La procédure est valide.

Mais l’histoire de l’état d’urgence constitue un trame juridique et institutionnelle de l’histoire coloniale de la France et des rapports particuliers qu’elle ne parvient pas à cesser d’entretenir avec les populations colonisées ou issues de la colonisation.

1955 : Vote de la loi sur l’état d’urgence

Aux prises avec la guerre de libération algérienne initiée six mois plus tôt, le gouvernement français, présidé par Edgar Faure, fait voter le 3 Avril 1955 la loi n°55-385 « instituant un état d’urgence et en déclarant l’application en Algérie ». Cette loi introduit la notion d’état d’urgence dans la législation républicaine.

L’état d’urgence est prolongé pour 6 mois le 7 Aout 1955

Loi n° 55-385 du 3 Avril 1955 instituant un état d’urgence et en déclarant l’application en Algérie

Article 1

L’état d’urgence peut être déclaré sur tout ou partie du territoire, métropolitain, de l’Algérie et des départements d’outre mer soit en cas de péril imminent résultant de troubles graves à l’ordre public, soit en cas d’évènements présentant , par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique

Mais l’état d’urgence ne suffit pas et le gouvernement de Guy Mollet fait voter la loi sur les pouvoirs spéciaux qui confirme que les « départements d’Algérie » sont soumis à des règles d’administration autoritaires exceptionnelles et ne sont déjà plus des départements comme les autres.

Loi n° 56-258 du 16 Mars 1956 autorisant le Gouvernement à mettre en œuvre en Algérie un programme d’expansion économique , de progrès social et de réforme administrative et l’habilitant à prendre toutes mesures exceptionnelles en vue du rétablissement de l’ordre de la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire

Article 5

Le gouvernement disposera en Algérie des pouvoirs les plus étendus pour prendre toute mesure exceptionnelle commandée par les circonstances en vue du rétablissement de l’ordre, de la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire.

Lorsque les mesures prises en vertu de l’alinéa précédent auront pour effet de modifier la législation elles seront arrêtées par décret pris en conseil des ministres.

1958

Après le coup d’état du 13 Mai à Alger le gouvernement Pflimlin assure la transition avec le gouvernement provisoire du général de Gaulle qui sera installé le 01 Juin et déclare le 18 Mai l’état d’urgence pour trois mois sur l’ensemble du territoire métropolitain

1961

La loi de 1955 bien que non intégrée formellement - voir plus loin - dans la Constitution de la V° République connait une nouvelle application à l’occasion du putsch des généraux d’Alger.

Alors que la population française consultée par référendum en Janvier a approuvé à une large majorité de 70% le principe d’un vote d’autodétermination pour l’Algérie, quatre généraux à la retraite appuyés par quelques unités d’active et leurs officiers supérieurs tentent de s’opposer à la décision du peuple.

Le complot qui n’a pas réussi à impliquer une majorité de l’armée échoue.

Prorogé plusieurs fois l’état d’urgence est en vigueur jusqu’au 31 Mai 1963.

1984

Laurent Fabius, premier ministre décrète l’état d’urgence en Nouvelle Calédonie

A cette occasion le Conseil Constitutionnel saisi par le RPR valide la loi de 1955 qui n’avait pas été intégrée formellement dans la Constitution de 1958

« Considérant que, si la Constitution, dans son article 36, vise expressément l'état de siège, elle n'a pas pour autant exclu la possibilité pour le législateur de prévoir un régime d'état d'urgence pour concilier, comme il vient d'être dit, les exigences de la liberté et la sauvegarde de l'ordre public ; qu'ainsi, la Constitution du 4 octobre 1958 n'a pas eu pour effet d'abroger la loi du 3 avril 1955 relative à l'état d'urgence, qui, d'ailleurs, a été modifiée sous son empire »

2005

C’est au tour de Jacques Chirac, Président et de Dominique de Villepin, premier Ministre de recourir le 8 Novembre à l’état d’urgence sur une partie du territoire français en réponse aux émeutes des banlieues. La période initiale est prolongée de trois mois par le parlement. Il y est mis fin le 4 janvier 2006 alors que les émeutes sont finies depuis bien longtemps.

Il ne s’agit plus là d’une circonstance directement liée à la colonisation, mais d’un conflit social mettant en cause sur le sol français des citoyens français issus de populations colonisées ou anciennement colonisées.

2015

14 Novembre - François Hollande et Manuel Valls inscrivent leur action dans la même législation.

De nombreuses réactions à l’adoption de cette mesure ont déjà eu lieu, voir entre autres

Syndicat de la Magistrature – blog Gilles Devers – Nous y renvoyons.* (in fine)

Notre propos étant simplement de souligner que la république coloniale est toujours présente dans la législation et dans l’esprit des gouvernants français qu’ils soient socialistes ou de droite et que l’état d’urgence n’a jamais été utilisé dans d’autres circonstances de la vie nationale pourtant troublées comme par exemple la grève générale de masse – 10 millions de grévistes - de Mai 1968

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* http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2015/11/14/l-etat-d-urgence-decrete-923684.html

* Attentats : Le communiqué du Syndicat de la Magistrature 16/11/2015

L’état d’urgence est un régime d’atteinte à nos libertés. Des circonstances graves mettant en cause la sécurité des personnes, quelles que soient les responsabilités, sont un fait objectif qui appelle une restriction momentanée de l’exercice de ces libertés. Tout le monde le comprend. Mais, un équilibre strict doit être respecté, car la force des sociétés démocratiques est de se régir par loi, dans le respect des principes du droit. C’est là la vraie condition de leur force.

Voici le communiqué du Syndicat de la Magistrature publié ce 16 novembre, dont la rédaction me parait excellente de mesure et pour sa détermination à des défendre une société de libertés.

Vendredi soir, des attentats meurtriers ont touché la France en plein cœur, faisant plus de cent vingt morts et plusieurs centaines de blessés dans une salle de concert, des bars ou dans la rue.

Le Syndicat de la magistrature apporte son entier soutien et exprime toute sa solidarité aux victimes et à leurs proches, ainsi qu’aux nombreux professionnels mobilisés, chacun dans leur domaine, après ces attentats.

Ces actes criminels d’une brutalité absolue appellent évidemment la réunion de moyens d’envergure pour en rechercher et punir les auteurs et, autant qu’il est possible, anticiper et prévenir leur commission.

Mais les mesures tant judiciaires qu’administratives qui seront prises ne feront qu’ajouter le mal au mal si elles s’écartent de nos principes démocratiques. C’est pourquoi le discours martial repris par l’exécutif et sa déclinaison juridique dans l’état d’urgence, décrété sur la base de la loi du 3 avril 1955, ne peuvent qu’inquiéter.

L’état d’urgence modifie dangereusement la nature et l’étendue des pouvoirs de police des autorités administratives. Des interdictions et des restrictions aux libertés individuelles et collectives habituellement encadrées, examinées et justifiées une à une deviennent possibles par principe, sans autre motivation que celle, générale, de l’état d’urgence. Des perquisitions peuvent être ordonnées par l’autorité préfectorale, sans établir de lien avec une infraction pénale et sans contrôle de l’autorité judiciaire, qui en sera seulement informée. Il en va de même des assignations à résidence décidées dans ce cadre flou du risque de trouble à l’ordre public. Quant au contrôle du juge administratif, il est réduit à peau de chagrin.

La France a tout à perdre à cette suspension - même temporaire - de l’Etat de droit.

Lutter contre le terrorisme, c’est d’abord protéger nos libertés et nos institutions démocratiques en refusant de céder à la peur et à la spirale guerrière. Et rappeler que l’Etat de droit n’est pas l’Etat impuissant.

 

 

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 16:34

ETAT D’URGENCE EN FRANCE

Une des principales utilisations par la République français du droit de l’état d’urgence a eu lieu dans des circonstances historiques très différentes de celles d’aujourd’hui. Il s’agit en fait des derniers soubresauts de la guerre d’Algérie.

Instauré au soir du putsch des généraux à Alger, il va se prolonger jusqu’en Juin 1963, plus d’un an après le cessez-le-feu et neuf mois après l’indépendance de l’Algérie.

Or c’est dans cette période que vont avoir lieu sous l’empire de l’état d’urgence deux graves « accrocs » à la légalité républicaine et en particulier l’atteinte au droit de manifester.

  1. Manifestation du 17 Octobre 1961

La manifestation organisée par la fédération de France du FLNest interdite par le préfet de Police : Maurice Papon. A l’interdiction de manifester s’est ajoutée l’instauration du couvre-feu appliqué aux seuls Algériens bien qu’ils soient encore en droit citoyens français. Maintenue, elle est durement réprimée et fait de nombreuses victimes. L’ordre de grandeur de plusieurs centaines de morts est aujourd’hui couramment admis malgré la censure ayant sévi sur cet évènement pendant plus de 30 ans.

  1. Manifestation du 8 février 1962

Organisée par le Parti Communiste français, la CGT et l’UNEF elle est aussi interdite par le même préfet de police. Désorganisée et fragmentée par l’intervention brutale des forces de l’ordre qui empêche le service d’ordre syndical de la protéger, elle se termine dramatiquement à la station de métro CHARONNE. Tabassés, les manifestations refluent en désordre dans la station de métro, se piétinent les uns les autres et pour certains reçoivent sur la tête des grilles de 40 kg de protection des platanes jetées par les forces de police. Neuf morts.

Dans le droit d’exception qu’est l’état d’urgence, l’Etat n’a rien à se reprocher. Les citoyens qui ont voulu utiliser le droit républicain à manifester ont juridiquement tort puisque ce droit était suspendu.

Le fait que, dans ces deux cas, le bras armé de l’Etat soit un ancien préfet de Vichy permet de comprendre que la France occupée a été gouvernée par un Etat installé sur les décombres d’une République abolie par la majorité du Parlement. L’occupation militaire nazie ne peut pas faire oublier que c’est l’Etat français et sa police qui organisent la rafle du Vel d’Hiv, que c’est l’Etat français et sa police qui organisent l’expulsion des milliers d’habitants du Panier à Marseille laissant à l’armée d’occupation la tâche technique de destruction du quartier.

La période est différente mais il faut toujours garder en mémoire que dans les profondeurs de l’appareil d’Etat il peut toujours se trouver des personnages capables de céder au vertige de l’hyperpuissance d’une administration libérée du contrôle des institutions républicaines et capables d’interdire l’expression citoyenne.

A l’instant où s’installe l’état d’urgence le Président de la République en titre s’efface en fait derrière le Chef de l’Etat. Le même homme a changé de fonction principale.

 

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 11:09

La guerre froide a commencé… dés le 16 Juillet 1945

 

L’Histoire officielle fait remonter le début de la guerre froide à deux annonces, la première celle de Winston Churchill dans son discours prononcé le 5 Mars 1946 à l’Université de Fulton (Etats-Unis) la seconde, celle de Truman, le 12 Mars 1947 dans son discours au Congrès. Il est à noter que ces deux déclarations de guerre à l’URSS ne constituent aucunement une réponse à des menées agressives de l’adversaire ainsi désigné.

Le discours de Fulton qui dénonce le « rideau de fer » tombé sur l’Europe montre tout le contraire de la volonté de rechercher un traité de paix entérinant la chute du nazisme et fixant les règles de gouvernement des pays occupés par les alliés à l’occasion de la campagne de riposte à l’agression nazie. Celui qui tire le rideau de fer décide unilatéralement que les pays qui sont à l’Ouest de ce rideau sont sous sa coupe et délimite d’un seul geste qui portera effet pendant 45 ans le camp ennemi et considère que le partage de Yalta qu’il a lui-même effectué n’est plus un accord entre alliés mais une division entre puissances hostiles. Ce discours et ses objectifs stratégiques laissent pantois devant la rapidité du renversement d’alliance et sur le cynisme qui y préside. Après avoir fait les louanges de l’URSS et de ONCLE JO (Staline) et avoir fait applaudir son nom par la Chambre des communes, Churchill siffle la fin de partie et l’allié d’hier devient l’adversaire total car la contribution décisive de l’URSS à la victoire alliée lui à attiré un immense courant de sympathie tant dans les pays libérés par l’Armée Rouge qu’en Europe occidentale et dans les pays colonisés.

L’enchainement chronologique des faits ne laisse aucun doute sur le fait que l’URSS n’a fait que riposter à des actions occidentales unilatérales : unification des trois zones d’occupation occidentales de l’Allemagne pour constituer une RFA soumise, torpillage progressif de la Fédération Syndicale Mondiale, torpillage de l’Organisation internationale du commerce préparée par la conférence de La Havane et dont la Charte qui en est issue constituerait encore aujourd’hui la meilleure antidote possible aux débordements du capitalisme transnational organisé au sein de l’OMC.(l’article « Charte de la Havane » de Wikipédia l’explique bien)

Revenons au grand basculement de la période qui sépare la capitulation du Reich de celle du Japon. Dans les deux cas l’URSS, pour qui les deux fascismes allemand et japonais sont des ennemis mortels puisqu’ils ont signé contre elle le 24 Novembre 1936 le pacte Anti Komintern, a exigé une capitulation sans conditions. Elle va l’obtenir en Allemagne en conduisant elle même les opérations militaires qui détruisent le Reich. En effet il est établi que du côté occidental Eisenhower ne voyait pas d’intérêt à conduire la bataille pour la prise de la capitale, supposant que cette ultime bataille livrée par le Reich pour sa survie serait très couteuse en hommes. Les armées anglaises et américaine avancées jusqu’à l’Elbe et bloquant les troupes nazies du front de l’Ouest se contentèrent de bombarder Berlin avant l’assaut définitif par l’armée soviétique (19 avril 1945). Encore est-il notable que Berlin, à l’inverse des villes martyres de Dresde et d’Hambourg, ne fut détruite qu’à 30%. La bataille de Berlin fut très dure, maisons prises une à une, Reichstag défendu jusqu’au dernier homme. Le chiffre des pertes de l’armée rouge dans cette ultime bataille est controversé allant de 80 000 à 300000 morts mais la propagande occidentale d’après guerre ne s’est passionnée que pour les viols de femmes allemandes par les soldats soviétiques. La chute de Berlin sanctionnée par le suicide d’Hitler puis par celui de Goebbels sanctionne non pas une simple défaite militaire du III° Reich mais sa destruction.

Après la capitulation allemande les alliés vont se retrouver à Potsdam (quartier périphérique de Berlin) du 17 Juillet au 2 Aout 1945 pour une conférence tripartite (Etats-Unis, URSS, Grande-Bretagne). Truman qui, à la tête de la délégation étasunienne, a remplacé Roosevelt décédé en Avril, arrive à Potsdam sachant que la veille, le 16 Juillet, le premier essai atomique des Etats-Unis a réussi. Il n’en fait la confidence à Staline que le 27 Juillet mais celui-ci ne marque guère de surprise. Il est déjà informé par les services de renseignement soviétiques. La fabrication des bombes d’Hiroshima et de Nagasaki peut commencer et Truman pense être désormais en possession d’une arme terrorisante donnant aux Etats-Unis un avantage stratégique décisif sur l’adversaire soviétique qui est encore officiellement un allié.

Mais la conférence ne peut régler que les conditions de fin de conflit en Europe puisque la guerre continue en Asie. Il n’en sort donc aucun traité, aucun engagement formel pour le long terme. La seule disposition adoptée est la mise en place de réunions régulières, dénommées « Conseils des ministres des Affaires étrangères » des vainqueurs. Ces conseils réunissent donc : Etats-Unis, URSS, Grande Bretagne, France et Chine nationaliste et vont se réunir régulièrement à Londres.

L’achèvement de la guerre en Asie et la question de la participation de l’URSS au combat ont évidemment été abordés pendant les réunions à Potsdam. Il est établi que l’URSS s’est engagée à intervenir sur le front asiatique trois mois après la capitulation allemande, temps nécessaire pour déplacer à l’autre bout du continent tous les moyens militaires nécessaires soit rien moins que 39 divisions, 1 500 000 hommes, et prés de 4000 avions. L’engagement est effectivement tenu et le 8 Aout 1945, deux jours après le bombardement d’Hiroshima, et la veille du bombardement de Nagasaki, l’URSS déclare la guerre au Japon et passe immédiatement et puissamment à l’action. Les résultats sont spectaculaires : l’armée japonaise de Mandchourie est balayée, la Corée, colonisée par la Japon depuis 1910 est libérée, l’URSS s’empare de la moitié sud de l’ile de Sakhaline et de l’archipel des Kouriles, territoires arrachées par le Japon impérial à la Russie tsariste en 1905, et menace la grande ile d’Hokkaido.

C’est-à-dire que l’armée soviétique se trouve en position d’envahir le Japon et de rééditer son opération achevée à Berlin le 8 Mai, c’est-à-dire d’obtenir la capitulation sans conditions du Japon qu’elle a réclamée à Yalta comme à Potsdam. Mais l’URSS demande l’accord des Etats-Unis, son allié, pour cette opération décisive. Or, Truman ne l’entend pas ainsi et organise un coup fourré diplomatique parfaitement décrit par l’historien irlandais Geoffrey Roberts dans son livre « Les guerres de Staline » (Editions Delga – 2014). En substance Truman, qui a négocié séparément une capitulation japonaise avec maintien au pouvoir de l’empereur, omet de répondre aux télégrammes de Staline qui a demandé l’accord de son allié pour l’invasion d’Hokkaido et rappelé l’exigence soviétique de capitulation sans conditions et avant que l’armée rouge ait mis le pied sur Hokkaido, le 2 Septembre Japon signe sa capitulation entre les mains du général étasunien Sutherland à bord du croiseur Missouri ancré en rade de Tokyo. Le Japon tombe donc sous l’unique tutelle des Etats-Unis. L’URSS est mise devant le fait accompli. Le procès de Tokyo ne sera qu’une pale copie du procès de Nuremberg, l’empereur, généralissime en chef, n’étant pas poursuivi.

La page de l’alliance est tournée dans les faits. A l’inverse de la situation allemande, il n’y aura pas de face à face entre puissances occupantes sur le sol du Japon qui restera sous la coupe directe du général Mac Arthur jusqu’en 1952 et qui abritera jusqu’à aujourd’hui des troupes US dans l’archipel d’Okinawa. Le seul face à face militaire Etats-Unis/URSS dans la région aura lieu en Corée où il débouchera sur un conflit très dur où la République populaire de Chine Communiste proclamée le 01.10.1949 jouera sur le terrain un rôle décisif et sur la division du pays toujours existante sous le régime d’un simple armistice.

Dans la période tendue qui sépare la capitulation du Japon et le déclenchement de la guerre de Corée, et qui voit les Etats-Unis intervenir sans succès - mais avec de faibles moyens- en Chine pour essayer de sauver Tchang Kai Check et le régime nationaliste, le déséquilibre stratégique du fait de la détention de l’arme atomique par les Etats-Unis, des tensions en Europe du fait du non respect par les occidentaux de la gestion quadripartite de l’Allemagne et des énormes impératifs de la reconstruction d’un pays dévasté conduisent l’URSS à une position prudente. Cependant dés le 20 Aout 1945, le jour même de l’annonce de la capitulation du Japon, Staline confie à Beria la mission de rattraper le retard soviétique en matière d’armement atomique. Mission accomplie : 4 ans plus tard, le 29 Aout 1949, l’URSS fait exploser sa première bombe atomique. La première annonce publique vient de Washington qui surveille la situation de prés et a, dés Avril, mis en place le contre-feu : l’OTAN, organisation qui lui garantit une présence militaire lourde et indéfinie en Europe de l’Ouest. L’URSS se contente de confirmer. La destruction de l’URSS est ainsi reportée de 40 ans mais elle ne cessera jamais d’être un objectif central de la politique dominatrice des Etats-Unis qui, faute de pouvoir l’attaquer militairement, mettront au point un arsenal très sophistiqué de techniques politiques, psychologiques, économiques et médiatiques pour affaiblir l’adversaire. Le « rideau de fer » annoncé par Churchill servira tout autant de fortification européenne avancée du camp étasunien que de protection du « camp socialiste » et la fameuse « construction européenne » ne prend son sens que dans ce dispositif stratégique.

 

ANNEXES

Les séquelles peu connues de la seconde guerre mondiale en termes de droit international

La Conférence de San Francisco qui se tient du 25 Avril au 26 Juin 1945 (donc qui s’achève avant la guerre en Asie) débouche sur le vote unanime de la Charte des Nations Unies par les 50 Etats qui ont déclaré la guerre aux puissances de l’AXE c’est-à-dire Allemagne, Italie et Japon. La Charte des Nations Unies qui n’a subi, depuis, que peu de retouches est donc une condamnation sans appel des Etats qui ont agressé leurs voisins et donc constitue la pierre angulaire de l’édifice des Nations Unes : la nation qui en agresse une autre a juridiquement tort. Le jour du vote qui se fait par appel nominal la Chine premier pays envahi par une puissance de l’Axe est appelée à voter la première.

Même s’ils sont depuis devenus membres de l’ONU, les trois agresseurs continuent depuis 70 ans à subir une restriction de leur souveraineté militaire et politique : interdiction de l’arme nucléaire, présence de troupes étasuniennes sur leur sol, pas de siège permanent au Conseil de sécurité.

Bien que cette donnée soit le plus souvent masquée et que les trois pays s’accommodent diversement de cette situation. L’Italie, bien, L’Allemagne assez bien tout en s’efforçant de prendre de plus en plus sa place dans de grandes négociations internationales - exemple : le récent accord avec l’Iran- le Japon assez mal comme le démontrent les tentatives de l’actuel Premier ministre Shinzo Abe de transformer les forces de défense japonaises en véritable armée, la disposition demeure dans le texte de la Charte.

A aucun moment depuis 1945 les Etats-Unis n’ont évoqué la possibilité de la faire disparaitre et s’ils ont laissé l’Allemagne et le Japon redevenir de grandes puissances économiques ils gardent ces deux pays fermement dans leur camp sous leur parapluie nucléaire.

Quelques rappels de la Charte des Nations Unies

Préambule : Nous, peuples des Nations Unies,

Résolus

à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances,

à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites,

à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international,

à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande,

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Article 53

Le Conseil de sécurité utilise, s’il y a lieu, les accords ou organismes régionaux pour l’application des mesures coercitives prises sous son autorité. Toutefois, aucune action coercitive ne sera entreprise en vertu d’accords régionaux ou par des organismes régionaux sans l’autorisation du Conseil de sécurité ; sont exceptées les mesures contre tout État ennemi au sens de la définition donnée au paragraphe 2 du présent Article, prévues en application de l’Article 107 ou dans les accords régionaux dirigés contre la reprise, par un tel État, d’une politique d’agression, jusqu’au moment où l’Organisation pourra, à la demande des gouvernements intéressés, être chargée de la tâche de prévenir toute nouvelle agression de la part d’un tel État.

Le terme « État ennemi », employé au paragraphe 1 du présent Article, s’applique à tout État qui, au cours de la Seconde Guerre mondiale, a été l’ennemi de l’un quelconque des signataires de la présente Charte.

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Article 107

Aucune disposition de la présente Charte n'affecte ou n'interdit, vis-à-vis d'un État qui, au cours de la Seconde Guerre mondiale, a été l'ennemi de l'un quelconque des signataires de la présente Charte, une action entreprise ou autorisée, comme suite de cette guerre, par les gouvernements qui ont la responsabilité de cette action.

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A Potsdam en Aout, les alliés confirment : les Etats pacifiques et les Etats restés neutres sont les bienvenus dans l’ONU

« Pour ce qui est de l'admission des autres États dans l'Organisation des Nations unies, les trois gouvernements déclarent :

« 1° Que l'Organisation des Nations unies est ouverte à tous les autres États pacifiques qui acceptent les obligations stipulées dans la Charte actuelle et qui, de l'avis de l'Organisation, ont la possibilité et la volonté de remplir ces obligations ;

« 2° Que l'admission de ces États comme membres des Nations unies aura lieu en vertu d'une décision de l'Assemblée générale, sur la proposition du Conseil de sécurité.

« Les trois gouvernements soutiendront, en ce qui les concerne, les candidatures de tous les pays restés neutres pendant la guerre et remplissant les conditions mentionnées ci-dessus.

« Toutefois, ils se croient tenus de déclarer que, pour leur part, ils n'appuieront pas la candidature du gouvernement espagnol actuel, qui, établi avec l'aide des puissances de l'Axe, ne possède pas, en raison de ses origines, de son caractère et de son association étroite avec les pays agresseurs, les qualifications nécessaires pour justifier son admission parmi les Nations unies. »

Accords de Potsdam – 2 Aout 1945 – Signataires : Joseph Staline, Harry Truman, Clément Attlee

 

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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 12:18

En rediffusant ce bulletin de 2012 nous voulons souligner que la crise grecque vient d'apporter la démonstration que l'UNION d'un concept creux "L'Europe"  ne pouvait déboucher que sur la violence autoritaire d'un fascisme financier "soft".

 

Ajoutons qu'en début d'année  2015 le Conseil de l'Europe a suspendu la Russie pour un an. Les frontières incertaines de l'Europe auraient-elles encore bougé ? Cette ahurissante tectonique des plaques accélérée orchestrée à Bruxelles par l'UE et l'OTAN  va-t-elle se poursuivre ?

 

 

L’Europe n’existe pas !

 

A force de propagande, de colloques, de corruption des milieux de la presse et de l’éducation, l’Europe a fini par faire croire qu’elle existait.

Rien n’est plus faux !

 

  1. Géographie : cette péninsule du continent eurasiatique demeure un défi conceptuel pour les géographes.

 

Si à l’Ouest l’Océan Atlantique constitue bien une frontière commune, ses limites à l’Est sont imprécises :

  • Les Dardanelles et le Bosphore? Mais alors  la plus grande partie d’Istanbul et la Turquie de l’ouest sont en Europe et donc l’entrée de la Turquie dans l’UE devrait elle se faire en n’acceptant qu’une fraction du pays. Hypothèse ridicule.
  • L’Oural : c’est le sens de la célèbre formule gaullienne : « De l’Atlantique à l’Oural » Mais alors la Russie serait une entité artificielle mi européenne mi asiatique. Non sens : les populations sibériennes sont-elles asiatiques au même titre que les indonésiens, les birmans ou les japonais ? L’Asie elle-même est-elle une unité conceptuelle valable ? la réponse s’impose : dés l’instant où le géographe ou le géopoliticien fait un effort de précision il fait éclater le cadre et introduit des distinctions : Asie mineure (la pauvre !) Asie centrale, Asie du Sud-est, Asie orientale et pour brouiller encore les limites  s’y surajoute le concept d’Orient : Proche, Moyen, Extrême sans oublier la plaque tectonique indienne collée au « continent » par les hasards de la dérive qui sera un « sous-continent » trop à l’Est pour être moyen-orientale, trop à l’Ouest pour être extrême-orientale. Cette particularité fera le bonheur des tenants de l’invasion aryenne et des nazis qui accrocheront l’Inde à l’Europe prenant ainsi le monde arabe en tenaille.

 

  1. Histoire :

Fautede limites géographiques réelles, la Manche, pas plus que les Alpes ou les Carpates ne constituent pas des obstacles à une importante circulation humainel’Histoire de l’Ouest de l’Eurasieest, le plus souvent, une histoire de conflits entre européens. Plus rarement il s’agit de conflits entre européens et non européens (turcs ottomans ou mongols) mais dans ces cas la traversée d’est en ouest de l’Eurasie n’a été empêchée par aucun obstacle géographique et ces empires disparus ont été plus victimes de leur immensité que de transgression de forteslimites terrestres. L’empire romain ne s’étend par sur toute l’Europe du Nord et déborde largement sur le monde arabe et quand il éclate en deux parties l’empire d’Occident et l’empire d’Orient la coupure se fait en pleine Europe.

 

  1. Institutions :

 La situation contemporaine se caractérise par une énorme confusion (La Suisse, au cœur de l’Europe restant presque toujours un cas à part, comme elle s’est tenue à part des nombreuses guerres européennes)

  • L’Union Européenne est l’héritière à la fois de la CEE et de l’OTAN. Ces deux institutions d’origine sont le produit de la mise sous tutelle par les Etats-Unis au sortir de la seconde guerre mondiale de la partie la plus occidentale de la péninsule eurasiatique. Cette tutelle va continuer à s’exercer jusqu’à l’élargissement l’UE en 2004 et ne seront admis dans l’UE élargie à l’Est que des membres de l’OTAN. Aujourd’hui les écarts entre les deux groupes sont très peu nombreux.  Quelques membres de l’UE ne sont pas membres de l’OTAN : Autriche Irlande, Suède, Finlande alors que l’ « orientale » Turquie  en est un membre de poids.

Au sein même de l’UE  les sous-ensembles se sont multipliés : il y a les Schengen et les non Schengen, il y a les Euros et les non Euros il y a même les enclaves espagnoles en Afrique et  les régions « européennes » ultramarines ou ultra périphériques, ces colonies françaises éparpillées sur tous les océans

Dans les compétitions sportives européennes sont admises les équipes turques et israéliennes mais pas celle des deux Etats qui les séparent géographiquement : la Syrie et la Liban.

La mise en tutelle de l’Europe de l’extrême ouest par les Etats-Unis s’est faite économiquement par le biais du plan Marshall dont les crédits étaient répartis par l’Organisation Européenne de Coopération économique : OECE élargie ensuite aux autres pays mis sous tutelle économico politique par les Etats-Unis : Mexique, Chili, Corée du Sud, Japon, Turquie, Australie, Nouvelle-Zélande, Israël : ce sera l’OCDE

Un des objectifs des gouvernements des pays membres de l’UE est de faire croire que cette Union déjà bourrée de contradictions institutionnelles et prospérant sur le maintien voulu par   les traités  d’inégalités de revenus, de régimes fiscaux, de systèmes de protection sociale, est un bloc solide alors qu’il est en première instance un espace de libre circulation des marchandises et des capitaux et un lieu d’exercice de la concurrence libre et non faussée.

 

  L’autre objectif est de minimiser deux autres institution européennes elles aussi : l’Organisation pour la Sécurité Collective Européenne (OSCE) et le Conseil de l’Europe.

 

  • L’OSCE issue des accords d’Helsinki  regroupe 56 Etats. Sa qualification d’européenne est discutée et discutable puisqu’en sont membres le Canada et les Etats-Unis d’une part et les républiques d’Asie centrale ex soviétiques d’autre part  Contrairement à la propagande otanienne la paix qui règne depuis 1945 en Europe est le résultat non pas de la politique de paix de l’OTAN mais d’abord de l’équilibre des forces URSS/USA jusqu’en 91.  Il a suffi que l’URSS disparaisse pour que l’OTAN mène une guerre en Europe contre la Serbie en 1997. Quant à la « politique européenne de défense » celle de l’UE elle n’est qu’une annexe de la politique de l’OTAN  et intéresse plus les fabricants d’armes européens que les populations du « continent ».  En pratique l’OSCE est affaiblie volontairement par les Etats-Unis  qui Serbie mise à part ne se gênent pas pour mettre en cause la stabilité des régimes qui leur déplaisent bien qu’ils soient membres de l’OSCE. De ce fait l’OSCE n’est plus un outil de  sécurité puisque, par le biais des révolutions de couleur un des membres de l’organisation s’ingère dans la vie des autres. Cette critique a été fortement exprimée par Vladimir Poutine en 2007 à la conférence de Munich et elle a toute sa place dans sa vision de l’avenir de l’Europe.

 

Le Conseil de l’Europe :

Il se présente lui-même ainsi sur son site (www.coe.int)

Le Conseil de l’Europe, dont le siège est à Strasbourg (France), regroupe aujourd’hui, avec ses 47 pays membres, la quasi-totalité du continent européen. Créé le 5 mai 1949 par 10 Etats fondateurs, le Conseil de l’Europe a pour objectif de favoriser en Europe un espace démocratique et juridique commun, organisé autour de la Convention européenne des droits de l’homme et d’autres textes de référence sur la protection de l’individu.

Conçu lui aussi comme un instrument de la guerre froide et promu par le même homme qui en avait lancé le discours inaugural (Churchill – discours de Fulton) l’institution s’est progressivement élargie. Il est aujourd’hui l’institution européenne la plus large. Ainsi en sont membres des pays comme  l’Islande  la Suisse, l’Albanie, la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan qui ne font pas partie des découpages traditionnels.  Il s’y ajoute deux observateurs : les Etats-Unis et le Canada  dont la présence rappelle l’origine historique de l’institution  et confirme le maintien d’une tutelle anglo-saxonne sur l’Europe. Le bannissement du Belarus, seul exclu du Conseil, illustre ce droit de veto otano-étasunien car aucun observateur honnête n’accepterait de dire que par exemple les performances de la Turquie en matière de  droits de l’homme qui constituent le critère d’admission  sont supérieures à celles du Belarus.

Le Conseil de l’Europe s’est cependant ces dernières années illustré en produisant des documents accusant les atteintes aux droits de l’homme de l’OTAN ( en ex Yougoslavie par exemple) ou la complicité de certains Etats européens dans l’ouverture sur leur territoire de prisons de la CIA destinées aux séquestrés de la « guerre contre le terrorisme ». Mais ces Etats étaient trop liés aux Etats-Unis pour leur refuser ce service si peu conforme aux principes « européens » des droits de l’homme et le Conseil de l’Europe n’a pu aller au-delà d’une simple  élucidation officielle de vilenies cachées.

 

Bilan

Ce bref survol  démontre que l’EUROPE est un concept guimauve trituré de mille manières par les puissances du moment, que c’est un  drapeau arboré depuis 1945 autant à Washington qu’à Bruxelles (siège de l’Otan et de l’Union Européenne) qu’à Strasbourg (siège du Conseil de l’Europe et du Parlement européen). La crise économique européenne qui affecte les pays de la zone Euro comme d’autres (la Grande-Bretagne par exemple) est le prétexte d’une grande offensive idéologique en faveur de l’Europe fédérale. Il s’agit évidement d’un château de cartes : Quelle Europe ? Qui ? Comment ?

Laissant de côté le cas d’Etats centralisés préexistants qui se décentralisent en adoptant une constitution fédérale , comme par exemple le Brésil,  s’il y a une leçon à tirer de l’application concrète de la doctrine politique fédérale : libre association de partenaires égaux qui délèguent à l’échelon supérieur les pouvoirs  de défense et de représentation politique commune au niveau international , c’est qu’elle n’a été le plus souvent que la mise en œuvre d’une domination d’un partenaire sur les autres : le fédéralisme étasunien a été scellé par la guerre de Sécession et la défaite des confédérés, le fédéralisme allemand a été le fruit de la domination prussienne sur les autres principautés et régions.

Quels pays et quels intérêts domineraient une Europe fédérale ? « L’axe franco-allemand », si à l’honneur dans le discours ici dominant, peut légitimement inquiéter les citoyens des petits pays de cette Europe incertaine qu’ils soient  grecs, serbes,  hongrois , portugais ou autres et il en inquiète déjà beaucoup.

Etonnante contradiction du discours des puissants : la biodiversité serait à protéger impérativement chez les animaux et les végétaux  et à combattre chez les humains, espèce unique mais culturellement et socialement extrêmement diversifiée, au nom de l’unité du mode de  production et de consommation capitaliste, au nom de l’unicité du calcul bancaire.

 

 

 

 

 

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 11:33

COMAGUER fait partie des premiers signataires de l’appel qui suit, inspiré lui-même d’une démarche analogue initiée au printemps 2015 en Italie et qui ne demande qu’à s’étendre en Europe. Nous le diffusons donc en invitant groupes et individus à le signer et à le diffuser autour d’eux.

L’actualité brulante de cet appel est démontrée d’une part du fait de l’implication massive et déstabilisante de l’OTAN dans la crise ukrainienne aux côtés des néofascistes alors que l’Ukraine n’est pas membre de l’ OTAN et qu’elle n’est pas menacée d’une agression étrangère, la Russie étant promoteur et signataire des accords de Minsk2, d’autre part par le fait qu’Hillary Clinton vient de qualifier le futur traité transatlantique (TAFTA) d’OTAN ECONOMIQUE confirmant que l’OTAN a été dès l’origine et demeure un organe d’asservissement total de ses membres par le membre le plus puissant.

 

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Pour la dénonciation par la France du traité de l’Atlantique Nord et le retrait de ses Armées du commandement intégré

Appel pluraliste

Dimanche 21 juin 2015, par Comité Valmy

 

Appel pluraliste : Pour la dénonciation par la France du traité de l’Atlantique Nord et le retrait de ses Armées du commandement intégré.

Le 21 mai 2015 à l’Assemblée Nationale, lors du colloque intitulé « La France peut-elle retrouver une diplomatie indépendante », un ancien ambassadeur de France et ancien secrétaire général du Quai d’Orsay a déclaré que l’OTAN n’aurait pas dû survivre à la disparition de l’URSS et à la dissolution du Pacte de Varsovie.

Les initiateurs du présent appel de sensibilités républicaines et patriotiques diverses, ayant dans le passé, approuvé ou non l’existence de l’OTAN affirment unanimement, qu’en effet aujourd’hui, cette organisation n’a plus de raison d’être.

L’OTAN s’est en réalité élargie en intégrant, contrairement aux engagements pris envers Gorbatchev, nombre de pays anciennement socialistes, avançant ainsi méthodiquement dans un processus d’encerclement de la Russie en multipliant les bases militaires étasuniennes dans ces pays.

Cette politique ouvertement agressive s’est accompagnée de l’installation d’un bouclier de missiles anti-missiles à proximité de la Russie éventuellement destiné à permettre une première frappe nucléaire sur ce pays, en stérilisant ou en limitant de façon drastique ses possibilités de réplique.

C’est dans ce contexte géopolitique que l’Ukraine a vécu la « révolution orange », téléguidée par les États-Unis et soutenue par l’UE, qui a permis la mise en place par la force d’un gouvernement hostile à la Russie avec la participation de néonazis notoires. Il est temps que la France se dissocie de cette politique antirusse provocatrice qui risque de déboucher sur une troisième guerre mondiale éventuellement nucléaire.

Organisation politique et militaire, l’OTAN est tout à la fois l’instrument diplomatique et le bras armé qu’utilisent les Etats Unis avec la complicité des Etats vassaux au premier rang desquels se trouvent la France, la Grande Bretagne et l’Allemagne.

Le gouvernement américain, fort d’une doctrine militaire incluant la guerre préventive et l’usage d’armement nucléaire en premier, doté de plus de 700 bases militaires réparties sur tout le globe, et décidé à combattre la menace terroriste sans la volonté d’en rechercher les causes, conduit l’OTAN et donc la France à participer, dans un chaos organisé, à une guerre permanente au mépris de nos intérêts et de notre propre sécurité. De la Yougoslavie à l’Irak, de la Syrie à la Libye, la France use son potentiel militaire et son crédit diplomatique et oublie les valeurs de son peuple, au profit d’une politique définie à Washington.

En réalité, les États-Unis mènent avec l’OTAN une politique d’agression et de guerre généralisée qui ne saurait demeurer plus longtemps celle de notre nation. Il est grand temps que la France recouvre la souveraineté de ses décisions et la liberté de choisir ses partenaires en conformité avec sa philosophie et les intérêts du peuple français.

Nous appelons à la dénonciation par la France de son appartenance au traité de l’Atlantique Nord et au retrait de ses armées du commandement intégré. La France en redevenant libre devra exiger la dissolution de l’OTAN qui n’a plus de raison d’être !

Paris le 1er juin 2015

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Cet appel est ouvert à la signature des citoyens et organisations qui souhaitent contribuer à cette initiative. Il est initié par le Comité Valmy ainsi que par des militants, des personnalités et des organisations de sensibilités diverses de l’arc républicain.

 

Contact et signatures : Utiliser provisoirement cette adresse : info@comite-valmy.org

Comité Valmy
Collectif Résistance et renouveau gaullien
Pôle de Renaissance Communiste en France
Mouvement pour un socialisme du 21ème siècle
Comité pour une Nouvelle Résistance – CNR
Association Nord Sud Patrimoine Commun
Mouvement Républicain de Salut Public.
Comaguer
Editions Démocrite
Association Espace Che Guevara Bolbec 76210
Cercle des Patriotes Optimistes

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 18:01

A PROPOS DE LA CONFERENCE TRICONTINENTALE

 

Comaguer a consacré le 13 mai une émission radio (www.radiogalere.org) à cette conférence internationale tenue à la Havane en Janvier 1966 et qui avait réuni plus de 500 délégués représentant des mouvements d’opposition ou des mouvements de libération nationale  tous en lutte contre l’impérialisme étasunien et venant des trois continents : Afrique, Asie, Amérique Latine.

Il était inévitable qu’un tel rassemblement, sous la présidence de Fidel Castro,  suscite des réactions de la puissance accusée.

Mais il ne s’est pas agi de simples communiqués ou d’articles de journaux. La puissance impériale  a organisé une  riposte massive et durable à la mesure de la menace.

Les promoteurs de la Conférence furent visés : Ben Barka fut assassiné en France en Octobre 1965, Che Guevara qui se trouvait au Congo au moment de la conférence fut assassiné l’année suivante en Bolivie.

Mais ces meurtres faisaient partie d’un plan de bataille général qui va se dérouler pendant plusieurs années , d’une part en continuant les assassinats : Amilcar Cabral, un des plus remarquables participants africains, sera assassiné en Janvier 1973, d’autre part en mettant en œuvre dans leur arrière cour latino-américaine une politique de renversement des régimes progressistes pour mettre en place des dictatures militaires. Ainsi Salvador Allende, présent à la conférence dans la délégation chilienne, sera lui liquidé le 11 septembre de la même année 1973 à Santiago à l’occasion du coup d’état orchestré par Kissinger. N’échapperont à la contre offensive impérialiste, qui ne pourra cependant  pas venir à bout des communistes vietnamiens, que Fidel Castro et le régime cubain et Manuel Marulanda  le dirigeant historique des FARC colombiennes, présent à la Conférence, qui lance la guérilla en 1964 et mourra, guerillero invaincu, de mort naturelle, en 2008.

En témoigne un document peu connu que nous  reproduisons ci-aprés.

Il s’agit du rapport d’une commission du Sénat étasunien établi en Juin 1966 qui montre l’extrême attention apportée à la Conférence et à ses participants par les services de renseignement étasuniens, le travail d’analyse des travaux et des différents courants politiques représentés en particulier des positions respectives de l’URSS et de la République populaire de Chine.

Un autre document a échappé à nos recherches. Il s’agit du livre « LA LUTTE TRICONTINENTALE » d’Albert-Paul Lentin publié dés la fin de 1966 par François Maspero qui fut interdit en France jusqu’en 1982, n’est pas mentionné dans les bibliographies de son auteur  et est aujourd’hui encore  introuvable.

L’implication du gouvernement français au plus haut niveau celui de Georges Pompidou, premier ministre et Roger Frey, ministre de l’intérieur dans la disparition de Mehdi ben Barka explique probablement cette longue censure.

 

 

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THE TRICONTINENTAL CONFERENCE OF AFRICAN, ASIAN, AND LATIN AMERICAN PEOPLES

     (A Staff Report)

 
   1. INTRODUCTION

 An event of outstanding importance to the Free World took place in Havana on January 3 of this year. The Cuban capital was the site of what was probably the most powerful gathering of pro-Communist, anti-American forces in the history of the Western Hemisphere.

The first Tricontinental Conference of African, Asian, and Latin American Peoples, as it was called, was convened in the Hall of the Ambassadors at the once-swank Habana Libre Hotel (formerly the Havana Hilton Hotel) in Havana, Cuba. In all, there were 83 groups from countries on three continents-reportedly represented by approximately 513 delegates, 64 observers and 77 invited guests. These groups included 27 Latin American delegations.

The Soviet delegation was the largest at the Conference, consisting, of 40 delegates..

Asian countries were represented by 197 delegates, while Africancountries had 150, and the 27 Latin American groups comprised 165 delegates.

Also participating in the conference were 129 foreign journalists from 35 countries, including several from the United States, and more than 100 Cuban journalists.

Salient aspects of the Conference are evidenced as follows:

*The public posture of international communism since the fictitious burial of the Communist International has been that it does not engage in subversion or violence. At the Havana Conference, all pretense of nonintervention in the affairs of other nations was dropped, and the delegates, under Moscow leadership, openly committed themselves to the overthrow by violence of all those governments which do not meet with their approval.

*The Conference established a Communist-dominated general headquarters to support, direct, intensify, and coordinate guerrilla operations in Africa, Asia, and Latin America.

*Gave communism a subversive leverage surpassing anything it has heretofore possessed. Bringing into the Conference fold militant leftist and nationalist movements from many countries (which, while themselves not Communist, share the antipathy of the Communists towards the West and towards the United States, and support the Communist-backed "wars of national liberation".

*Havana was selected as the headquarters for international subversion and guerrilla operations, thus making a de facto situation de jure in international Communist circles.

*Immediately following the Conference, the Latin American delegations met and, after reviewing the problems of "revolutionary tactics and strategy," unanimously voted to establish a parallel regional organization, to be known as the Latin American Solidarity Organization (OLAS), with its permanent headquarters in Havana.

*Moscow elbowed the Chinese Communists out of the No. 1 position to emerge as the undisputed controlling force in the new international apparatus of subversion.

*On the ideological plane, however, Maoism emerged triumphant, as the speeches of the delegates and the resolutions of the Conference attest.

*Castro, who has heretofore sought to straddle the fence between Moscow and Peiping, has now openly alined himself with Moscow.

*The actions taken by the Conference point to the immediate and massive intensification of terrorism and guerrilla activity throughout the Americas, as well as in Asia and Africa.

*The Communists were able to get the varied leftwing and radical-nationalist participants in the conference to designate United States "imperialism" as enemy number one in every continent.

The gravity of the threat posed by the Tricontinental Conference was the subject of a recent study prepared by the Special Consultative Committee on Security of the Organization of American States at its sixth regular meeting. Its study concluded: « That the so-called first Afro-Asian-Latin American Peoples' Solidarity Conference constitutes a positive threat to the free peoples of the world, and, on the hemisphere level, represents the most dangerous and serious threat that international communism has yet made against the inter-American system. »

It is necessary and urgent, for the purpose of adequately defending democracy: a. That the [proven] intervention of communism in the internal affairs of the American Republics be considered as aggression, since it constitutes a threat to the security of the hemisphere.

b. That the American governments define their position regarding the present treatment of every kind to be given to communism, and that they consequently adopt coordinated measures that will lead to the common goals.


 2. POLITICAL BACKGROUND OF THE CONFERENCE

Events leading up to the Havana Conference of 1966 bear the mark of years of planning and experimentation. In reviewing- these events, it is important to understand that the Tricontinental Conference was not called to start subversive operations. The meeting, was held, rather, to coordinate subversion and guerrilla activity on a worldwide basis, to exchange experiences, and to build further on what has already been constructed-meaning- especially Cuba and Vietnam.

The Dominican delegate, Guido Gil, made this crystal clear in his address to the conference. He said: "The Dominican delegation believes it is very important-one might say almost vital-to the development of the revolutionary process of liberation of the peoples of Asia, Africa, and Latin America, to be able always to count on a consultative body such as the Tricontinental Conference through which experiences and ideas acquired in the process of the struggle of the various peoples of Asia, Africa, and Latin America could be shared."

Similar statements were made by other delegates, like the delegate from the United Arab Republic, whose Havana Embassy, incidentally, gave a reception to members of the delegations. The Arab delegate said that '" solidarity means to step across continents. * * * We support the struggle of the peoples of Vietnam." He linked that support to the success of the "struggle in the Dominican Republic,Venezuela, Colombia, and other countries."

From time to time, Communists disclose their interpretation of Marxism and relate their objectives in remarkably frank language. Such was the case in a speech made by Premier Nikita Khrushchev on January 6, 1961. Conventional war, he said, is not a precondition for the Communist takeover of the Free World. He pointed out that there are four categories of wars-world wars, local wars, liberation wars, and popular uprisings. He said that world war is ruled out, since it would mean destruction of all of society-Communist and non-Communist. "National Liberation Fronts" were endorsed as the safest and most efficacious means of extending Communist domination. This decision was ratified at the twenty-second Communist Party Congress in -.Moscow in October of that year.

The Havana conference of 1966 represents an extension of this Kremlin philosophy enunciated 5 years earlier. "Liberation wars," said Khrushchev, "will continue to exist as long as imperialism exists * * * such wars not only are permissible, but inevitable. Therefore, the peoples can attain their freedom and independence only by struggle, including armed struggle." He said, however, that the Soviets would not hesitate to use the threat of world war, particularly thermonuclear war, to immobilize Western military power and the will to use it.

Krushchev proceeded to employ nuclear blackmail by installing missiles in Cuba in 1962, and pouring troops and technicians into the island in virtual occupation of the country. There they constructed the most extensive underground fortifications in the history of the hemisphere.

Many political writers viewed the Cuban missile crisis, in retrospect, as a sort of continental divide in relations between the Soviet Union and the United States. That this is not so needs no elaboration, for the basic elements of Communist strategies articulated by Khrushchev in 1961 have, except for temporary reverses, remained very much the same. The popular name for it is "peaceful coexistence." But, as the Havana document makes clear, "peaceful coexistence" is not designed to hold back the onward march of "wars of liberation." Quite the contrary.

Prof. Robert Strausz-Hupé understood the situation when, back in 1963, he predicted "ubiquitous disturbances throughout the Free World such as uprisings throughout Latin America, Africa, and Asia."

Writing on the subject of local wars, Prof. Gerhard Niemeyer arrived at much the same conclusion as Dr. Strausz-Hupé. He said: "The cold war will take on the form of a number of concrete conflicts, each of which seems capable of settlement, so that the potential settlement of such conflicts will tend to be confused with an over-all settlement of the Cold War." Considered within the context of the statements made at the Havana conference, Dr. Niemeyer's comments assume a new significance.

Dr. Niemeyer also correctly estimated back in 1963 that political operations of the Communists would, aim at control of strategic areas in Asia, Africa, and Latin America. As the Russians well knew, there could be no better key than Cuba, and they resorted to the pickpocket method of stealing it. They intend not only to maintain control, but, as the Havana conferences clearly demonstrate, to expand Cuba as the base from which to pilfer the countries of Asia, 'Africa, and Latin America.

The strategy was articulated in Castro-official newspaper, Revolucion, in December of 1964 in the following statement: "Colombia and Venezuela form the nucleus of a vast Vietnam of Latin America."

It was no Soviet expeditionary force that put Cuba into Mr. Khrushchev's pocket in 1959 and 1960. It was done by unconventional warfare --blackmail, subversion of the Cuban Confederation of Labor, deliberate destruction of the police and armed forces, and cancellation of Cuba's democratic constitution. No overt expeditionary force created I-e upheaval in the Dominican Republic in April of 1965. The guerrilla wars being waged in Venezuela, Colombia, Peru, and other countries, which the Russian delegate to the Havana conference specifically named as targets for Communist conquest, are wars of the same nature, directed from Cuba with material support from the Soviet Union. Nothing could be plainer on this score than the words of Soviet Delegate Sharaf Rashidov.1

The value of Cuba to world communism is not primarily as a launching pad for atomic missiles, aircraft, and submarines against the United States and its neighbors. The very existance of a Communist Cuba just off our shores under Soviet occupation carries with it the shattering implications of U.S. weakness and vulnerability. The psychological value alone of a Communist Cuba is enormous, an it is being exploited every day in every way. For example, Vilma Espin de Castro, wife of Cuban Armed Forces Minister Raul Castro, journeyed to Moscow last November. Thumping the drums for the upcoming conference, she broadcast from Moscow to the world: "If little Cuba located only 90 miles from North American imperialism, is able to carry out its revolution, then all peoples every-where can do so. Her comments were echoed by virtually every delegation to the Havana conference

The tangible value of Cuba, however, is something else. Avowedly pro-Communist, it has served as a hemispheric operations center which has conducted unconventional warfare against its neighbors for the last 6 years.

The governments of Panama, Colombia, Guatemala, Venezuela, Peru, Brazil, Ecuador, Bolivia, Honduras, Nicaragua, and Argentina have protested against proved Cuban complicity in student riots, guerrilla operations, and political assassinations. A plot to assassinate, simultaneously, the presidents of Colombia and Venezuela was uncovered, and the trail led to Havana.

Cuba's role in subversion extends back to July of 1960 when Raul Castro and his wife hosted a "Preparatory Conference of Latin American Youth." Groups of teenagers from 17 Latin American countries, Canada, the United States and Europe descended on Havana. This was perhaps the first mass effort to recruit youngsters for guerrilla training.

Raul Castro addressed the assembly thus: "We must remove ourselves from the influence of the American eagle whose claws have been worn down from plundering its sister republics." Alongside the younger Castro were official delegates from Russia, Czechoslovakia, Yugoslavia, Red China, North Korea, and East Germany.

Fidel Castro himself rose from a sickbed to address the meeting. He told the youths to look upon Cuba's expropriation of United States properties as "an example for Latin America."

Just prior to the youth conference, the former Spanish Communist General Enrique Lister, appeared in Cuba. A graduate of the Frunze Military Academy in Russia, Lister set a out organizing guerrilla training camps, along with another Spanish Communist, Colonel Alberto Bayo. Bayo, it should be noted, trained Fidel Castro and his band of revolutionaries in Mexico and prepared them for their invasion of Oriente Province of Cuba on December 2, 1956.

These two Spanish Communists were the prime movers in establishing, guerrilla training camps in Cuba. Among the first was Boca Ciega school east of Havana in the resort town of Tarara.. It was placed under the control of Colonel Bayo. General Lister helped establish and later commanded the largest complex of guerrilla training schools in Minas del Frio, Oriente Province.

The training of guerrilla fighters and subversives in Cuba got underway in the middle of 1960 when Colonel Bayo received an initial batch of 19 young Latin American "becados"--so-called scholarship students. They were put through a rigorous program of drilling, marching, swimming, and mountain climbing; demolition work, infiltration tactics, and propaganda techniques. From these modest beginnings, Cuba's guerilla camps swelled in number to 10 in early 1963, following the missile crisis of the previous October. Painstaking interviews over the past several years with Castro officers, camp technicians, and other refugees who escaped following defection from the Government, indicate that by early 1966 Cuba had developed 43 such camps in which Latin Americans are trained in Viet Cong,-type terroristic wars.

Colombian officials estimated that 1,500 of its youth, including young women, were in training in Cuba the end of 1965. Virtually all of the countries of this hemisphere have presented evidence that their citizens are being trained in guerrilla operations in Cuba.

Nor are mainland United States and Puerto Rico immune from the guerrilla virus, and subversion. Previous studies of Cuba have concentrated mainly on the Cuban threat to our Latin American neighbors. However, U.S. territory is being, progressively threatened, as well, and that threat is summarized below.

Actual assaults on the United States and its institutions began as early as November 17, 1962. On that date several Cubans were arrested and charged with attempted sabotage of oil refineries in New-Jersey and retail stores in New York City. Roberto Santiesteban Casanova, the head conspirator, was found to be head of the Castro Communist spy and terrorist ring, operating in the United States. However, he and his accomplice, Jose Gomez Abad and his wife, were cloaked with diplomatic immunity by virtue of their assignment to the Cuban mission to the United Nations. Under this cloak, they recruited three others, including a pro-Castro American woman, and attempted the sabotage described by the Attorney General as "aimed at the heart of the internal security of the United States of America."

Upon the intervention of U.N. Secretary General U Thant, who argued diplomatic immunity, Robert Santiesteban Casanova was released on $250,000 bond and allowed to leave the country, without being brought to justice. This incident contrasts unpleasantly with treatment accorded U.S. nationals in Iron-Curtain countries, particularly Cuba and Russia. The case of Newcomb Mott comes instantly to mind. This young American strayed across the Soviet border, was accused of spying, sentenced to 6 months in a Soviet labor camp, and then allegedly committed suicide by the improbable method of cutting his own throat with a knife. Adding to the improbability is the apparent contradiction that the Soviet guards who were accompanying him to the labor camp would permit the American to have a sharp knife in his possession at all.

Following the revolt in Santo Domingo in April of 1965, it became known that Santiesteban Casanova had turned up there on the rebel side. It also became known that he is a meniber of the Cuban DGI-General Directorate of Intelligence-Cuba's overseas spy and sabotage system.

Then there is the startling case of February 16, 1965, in which three American Negroes and a Canadian women were seized in a plot to blow up cherished symbols American heritage-the Statue of Liberty, the Washington Monument, and the Liberty Bell. All were Castroites. All had traveled to Cuba.

Interrogation turned up the fact that ringleader, Robert S. Collier, not only had traveled to Cuba illegally with 84 so-called "students" in August of 1964, but while there had received instructions in terroristic tactics from a major in the North Vietnamese army. Walter A. Bowe, another plotter, was revealed to have been a member of the Castro-financed "Fair Play for Cuba Committee." Both had been in contact with Robert Williams, an American renegade Negro.

According to a Havana broadcast of January 5, 1966, Robert F. Williams attended the Tricontinental Conference. He is presently a fugitive from North Carolina justice as the result of a riot which occurred in Monroe, N.C., on August 27, 1961. He faced prosecution there on a kidnaping charge. During the past few years he has been conducting a series of broadcasts in English beamed to the United States from Havana. These broadcasts openly call upon American Negroes to engage in force and violence against the American Government. He is the publisher of a monthly newsletter called the Crusader. In its May-June 1964, issue, Mr. Williams describes in detail how to manufacture Molotov cocktails, organize riots, terrorize the population, and ruin cities. The Crusader of October 1964, shows a photograph of Robert F. Williams with Mao Tse-tung, Chinese Communist leader. Mr. Williams is also the author of a pamphlet entitled "Negroes With Guns," published by a Communist publishing house, Marzani and Munsell.

Williams' berserk anti-Americanism should not be lightly dismissed as something uncharacteristic and irrelevant. For the fact is this: that Williams insane hatred of America and his categorical commitment to violence were reflected, with minor changes in wording and nuance, in the speeches of the most "responsible" Conference spokesmen and in the official resolutions of the Conference.

New York Police Commissioner Michael J. Murphy revealed that the terrorists had contacts in other cities with a view toward spreading terrorism throughout the country. Collier apparently received his instructions from Major Ernesto Guevara when the latter came to the United Nations to address the General Assembly in December of 1964.

Raymond Wood, the detective who penetrated Collier's "Black Liberation Front" and turned up the information which led to the arrest of Collier and his accomplices, testified that Collier told him he had met with Major Guevara and had received instructions from him. Said detective Wood: "Three-man demolition teams were to spearhead an uprising. The Capitol and the White House were scheduled to be destroyed by air."

Detective Wood also stated that the plot called for inducing military pilots to sabotage planes, the creation of chaos within the armed forces by means of false communications, and the use of mortar and machine-gun fire on police and street crowds, and, finally, the boobytrapping of the homes of Government officials.

The same February 16 that the plotters in New York were seized by police, another event took place in Miami which suggests, at the very least, some coordination. The Roney Plaza Hotel on Miami Beach canceled a meeting of a Cuban exile group. The management told the president of the group that it had received an anonymous telephone call threatening a bombing of the premises if the meeting were held. The previous October 7, a hall in the Everglades Hotel in Miami was bombed when the same exile group met there.

Two days following that, on February 18, it was discovered that Southern Florida might be the center for the printing and distribution of Communist pro-Castro propaganda. For, on that date, a Venezuelan stevedore in the port of Caracas came upon a mailpouch filled with pro-Castro literature as the U.S. ship, Santa Rosa was being unloaded. Investigation turned up another 1,000 mailpouches containing the literature. Upon tracing its origins (amounting to 100,000 pieces), they were found to have been consigned to Caracas from Miami. A Caracas cable from Agence France-Presse remarked that "* * * the material presumably was sent bv agents of the Castro regime who have be-en infiltrated into the United States."

These are a few of the many items in the history of mounting hemispheric violence which preceded the Conference.

3. CONFERENCE PREPARATIONS

El Madhi Ben Barka, President of the International Preparatory Committee (who was subsequently kidnaped in France and is now presumed murdered), sounded the Conference theme in sessions of the Preparatory Committee.

Ben Barka pointed out at the September 1964 meeting held in .Moshi, Tanganyika, that the proposed Tricontinental Conference would blend the two great currents of world revolution: That which was born in 1917 with the Russian Revolution, and that which represents the anti-imperialist and national liberation movements of today. He thought it significant that the forthcoming Conference would be held in Cuba, because, he declared, the Cuban Revolution is the realization of these two currents.

He indicated that the anti-imperialist and national liberation movements must adopt a global strategy on a tricontinental scale. "We must achieve greater coordination in the struggle of all the peoples, as the problems in Vietnam, the Congo and the Dominican Republic stem from the same source: U.S. imperialism," he pointed out.

Ben Barka declared that each one of the anti-imperialist organizations of Africa, Asia, and Latin America were selected by the groups represented in the International Preparatory Committee, and that in those nations where there are several organizations, a National Front was formed. Said Ben Barka: "This will lead to a greater unity among the anti-imperialist forces of each country, initiating a positive process among organizations in which at times there are secondary differences, in the face of an enemy that wants to be an international gendarme. This is the spirit in Ahich the Conference will meet in Havana."

The Cuban section of the International Preparatory Committee included Armando Hart, Organizing Secretary and Foreign Relations Secretary of the Cuban Communist Party, and Osmani Cienfuegos, Cuban Minister of Construction and Communist Party leader.

"We must prepare well for this international event," said Fidel Castro, "and greet it with our best efforts in all fields."

"There is an intense mobilization of the people regarding the Tricontinental Conference, the holding, of which coincides with the VII Anniversary of the Cuban Revolution," added Armando Hart.

The Castro regime outdid itself in preparation for the occasion. No expense was spared. -Nor has any accounting of the sources of funds or their disposal been made public.

The Cuban Institute for Friendship Among the Peoples mustered up 100 luxurious automobiles, expropriated from industrialists, property owners, and government officials, for the expected guests.

One hundred and fifty guides, who were specially prepared by teachers from the Schools for Revolutionary Instruction, the Ministry of Education, and the Ministry of Foreign Affairs, were recruited.

The Ministry of Education arranged a program in cooperation with the Young Co-mmunist Union, the High School Students Union, the University Students Federation, and the Pioneers Union.

The Federation of Cuban Women, in a meeting attended by 3,500 delegates from all parts of the nation, initiated plans for parties, study circles, sports events, children's parties, parades, and simultaneous chess matches .

All such activities were conducted during the months of November and December in salute to the Tricontinental Conference and the VII Anniversary of the Cuba Revolution.

The Federation of Cuban Women organized many other activities heralding these two important events. There was the Women Workers' Conference; the opening of an experimental workshop for women's fashions; a productive work period dedicated to planting fruit and timber trees, and the harvesting of vegetables; the studying at regional and sectional levels of all material published by the Tricontinental Conference Preparatory Committee; and collective contribution of thousands of hours of volunteer work by women.

The Committees for the Defense of the Revolution organized 60,000 study circles, held conferences and seminars, and had lectures on the situations existing in Asian, African, and Latin American countries, With the reported participation of 2,150,000 members. They also organized mural exhibitions, decorated streets with flags of the participants in the Tricontinental Conference, and held seminars on the Conference in the 3,100 section headquarters throughout the Nation.

In honor of the occasion, 50,000 -people were served a supper beneath Marti's statue in the Plaza de la Revolucion. A giant "History of Cuba" exhibition was set up on La Rampa. Delegates were bailed at provincial fiestas. Nightclub stars furnished entertainment. Greeting came from the following Communist leaders: China's Chou En-lai, North Korea's Kim II Sung, North Vietnam's President Ho Chi Minh, Mongolia's Yu Tsedenbal , USSR Council of Ministers Chairman Aleksei Kosygin, and Leonid Brezhnev, First Secretary of the Communist Party of the Soviet Union, Central Committee. It all added up to an enormous lift for the prestige of the Castro regime.

A strenuous campaign was mounted to beautify Havana--an important point in the preparations to salute the historic event. A commission composed of representatives from various organizations decided to turn the empty city lots into "Friendship Gardens," to plant "Solidaritv Trees" in the City and provinces, collect rubbish, scrap iron, and old signs.

The Cuba Trade Union Center presented, throughout the capital, groups of entertainers from each of the 25 National Trade Unions. These groups performed songs and dances from each of the countries participating in the Tricontinental Conference. Programs for the Conference were printed in each of the languages represented therein. All work centers were decorated, and a special effort was made to increase production during this period.

To popularize the occasion both at home and abroad, masses of documents relating to the Tricontinental Conference, interviews, special reports, radio and TV coverage, were printed and distributed. In addition, a special call issued by the Cuban national Committee, said in part:It will be the first time in history that revolutionaries from three continents will meet, in a conference such as this. The representatives of anti-imperialist organizations from the most distant parts of Africa, Asia, and Latin America who struggle for liberation or national consolidation, will meet to firmly confront the threat created by U.S. imperialism that is manifest in aggressions in Vietnam, the Congo, and the Dominican Republic."

"Let us make the preparations work for a giant mobilization of all sectors of the country to fulfill the ambitious goals established by the Communist Party of Cuba and its First Secretary, Fidel Castro," continued the statement of the National Committee.

"This Conference," declared Dr. Raul Roa, Cuban Minister of Foreign Aff airs, and mem'@,er of the Central Committee of the Communist Party, speaking before the United Nations Organization, "has been called in order to strengthen even more the bonds of solidarity among the peoples of the three continents, and at the same time will be a point of departure for broadening and deepening the development of their struggle against colonialism, neocolonialism and imperialism, for social progress, economic development and world peace."

As a final production, the Conference more than jusfified the massive and elaborate preparations that went into its organization.

4. THE AGENDA OF THE CONFERENCE

On January 8, the four committees of the Conference discussed the provisional agenda drafted in Cairo by the Committee on Preparations at its meeting during the previous September. The agenda finally adopted was the following:

1. The struggle against imperialism, colonialism, and neocolonialism.

A. Support to the Vietnamese people in its heroic struggle against the imperialist aggression of the United States and for the liberation of South Vietnam and unification of the entire country.

B. Struggle for complete national liberation , for the right of peoples to selfdetermination, and consolidation of independence and national sovereignty in the three continents, struggle against imperialist aggression, subversive conspiracies, and foreign intervention in independent states; and against the imperialist policy of isolating peoples struggling for their national independence.

C. Intensification of all forms of struggle, including armed struggle, by the peoples of the three continents. against imperialism colonialism, and neocolonialism, headed by U.S. imperialism.

D. Support to the Cuban people in its just struggle against U.S. imperialism and in defense of national sovereignty. Support to the patriotic struggle of the Latin American peoples against the imperialism of the United States and its instruments, such as the OAS.

E. Elimination of foreign military bases in the three continents and action against the policy of military pacts.

F. Struggle to prohibit the use, production, testing, and storage of nuclear weapons, and for complete destruction of all present nuclear weapons and all instruments for producing them; and struggle for disarmament and world peace.

G. Action against apartheid and racial segregation; support to the peoples of Africa and of the United States in defending their rights to equality and freedom; struggle against discrimination and racism in all other forms.

H. Ways and means of aiding the liberation movements in Africa, Asia, and Latin America, in general, and armed struggle for independence, in particular.

2. Burning issues of the struggle against imperialism in the countries of the three continents, particularly in Vietnam, the Dominican Republic, the Congo, the Portuguese colonies, Rhodesia, southern Arabia add Palestine, Laos, Cambodia@,- South Africa, Korea, Venezuela, Guatemala, Peru, Colombia, Cyprus, Panama, Southwest Africa, and North Kalimantan.

3. Anti-imperialist solidarity among the African, Asian, and Latin American peoples in economic, social, and cultural fields.

A. For the economic emancipation and social and cultural liberation of the peoples of the three continents.

1. Principles on joint struggle to obtain and consolidate the economic emancipation of the peoples of the three continents and the struggle against the economic exploitation and aggression of imperialism, colonialism, and neocolonialism.

2. Measures to eliminate the consequences of colonial domination in the economic, social, and cultural fields.

3. Action against the policy of blockade and boycott imposed by imperialism in the case of countries that are fighting for freedom and that have already achieved independence.

4. Economic planning and mobilization of natural and manpower resources for economic development and to obtain true economic independence, based chiefly on the country's own natural resources.

5. Agrarian reform in the continents.

6. Problems of national training of personnel.

B. For the development of economic, social, and cultural relations.

1. Aid and cooperation among the peoples of Africa, Asia, America in the economic, social, and cultural fields. 2. Fundamental principles of economic and technical cooperation among the countries of the three continents, based on principles of equality and mutual interest.

3. Establishment of a new economic policy between countries of the three continents and the rest of the world. Establishment of trade, economic, and financial relations with the developed countries on a basis that makes possible the development of the others.

4. Formulation of a joint definition for the countries of Africa, Asia and Latin America of the concept of a peaceful coexistence.

C. For coordinating the action of workers', students', and women's organizations in the three continents.

4. Political and institutional unification of the efforts of the peoples of Asia, Africa, and Latin America in their joint struggle for national liberation, reconstruction, prosperity, and peace.

Summarizing the agenda and purpose of the Tricontinental Conference, the official Cuban newspaper Granma, in its issue of January 6, 1966, said:

The strategy of the revolutionary movements in their struggle against imperialism, colonialism, and neocolonialism and, especially against Yankees imperialism - principal enemy of peoples- calls for closer military ties and solidarity between the peoples of Asia, Africa, and Latin America, the working class, the progressive forces of the capitalistic countries of Europe and the United States and the Socialist camp.
 

5. RESOLUTIONS ADOPTED BY CONFERENCE

The general resolution adopted by the Tricontinental Conference represented a major victory for the philosophy of Maoism, in the sense that it rejected all Possibility of peaceful reform and declared revolutionary violence to be the only road to the future. These were the words of the resolution:

One cannot accept the, first small step as an alternative to those that follow.

We cannot permit ourselves to be deceived or frightened. * * * The struggle is to the death. * * * The peoples of the three continents must reply to imperialist violence with revolutionary violence to safeguard hard-won national independence, as well as to achieve the liberation of the peoples who are fighting to shake off the colonialist noose.

The general declaration of the Tricontinental Conference covered the following significant points:

1. Condemned Yankee imperialism for allegedly "carrying out a policy of systematic intervention and military aggression against the nations of the three continents."

2. Referred to Yankee imperialism as the "implacable enemy of all peoples of the world."

3. Referred again to Yankee imperialism as constituting "the basis for oppression; it directs, provides, and upholds the worldwide system of exploitation."

4. Proclaimed "the right of the peoples to meet imperialist violence with revolutionary violence."

5. Vigorously condemned "the Yankee imperialists' aggressive war in South Vietnam."

6. Proclaimed "its solidarity with the armed struggle of the peoples of Venezuela, Guatemala, Peru, Colombia."

7. Condemned "the aggressive policy of the U.S. Government and its Asian agents against peaceful and neutral Cambodia and calls for the rejection of all political, economic, diplomatic, and cooperation with the Yankee imperialists and with all puppet governments which help the U.S. overnment in their aggressive policy against the Indochinese peoples."

8. Condemned "the North American imperialists' blockade on Cuba."

Another resolution read in part:

North American imperialism is at the fore of the imperialists' aggressive policy. The most desperate actions against peoples, as in Vietnam and the Dominicin Republic, lie at the door of the Yankee imperialists. North American states girdle the globe. Aggressive pacts in which the United States is the leading power cover ever continent and sea. The United States is found behind everv aggressive action committed by the other imperialists.

Another resolution read in part:

« North American imperialism is at the fore of the imperialists' aggressive policy. The most desperate actions against peoples, as in Vietnam and the Dominican Republic, lie at the door of the Yankee imperialists. North American states girdle the globe. Aggressive pacts in which the United States is the leading power cover every continent and sea. The United States is found behind every aggressive action committed by the other imperialists. »

Another resolution read:

« This conference is convinced that, in view of the imperialists' violence, the peoples of the three continents must reply with revolutionary violence. The latter (people's) must make use of all the most vigorous forms of struggle, among which armed battle is one of the higher forms to obtain final victory. »

The resolution dealing with Vietnam said:

« The conference sets forth clearly that to the imperialist tactic of limited wars the effective reply is the development of liberation wars in every region where conditions are ripe. The best example is Vietnam, where the United States by stepping up its intervention is creating the conditions for a more complete defeat later. »

Again Vietnam was dealt with in these terms:

« It is necessary to multiply solidarity with the Vietnamese people throughout the world and support their heroic battle in every mariner, even by sending armed volunteers if that be necessary. The Conference supports the four points laid down by the Government of the Democratic Republic of Vietnam and the five points stated by the South Vietnam National Liberation Front, and calls on all peoples to struggle to see this applied as the sole settlement for the Vietnam case. Defense of the Vietnamese people's just cause has become a central task for the revolutionary strategy of the peoples of Africa, Asia, and Latin America. »

A resolution on Puerto Rico said in part:

« Puerto Rico remains occupied by U.S. imperialism, which not only denies her the right to independence, but has converted her into an enormous military base that includes atomic weapons. »

Another resolution stressed the importance of Cuba:

« Special mention is due solidarity with Cuba, whose people are defending and carrying forward a revolution only ninety miles from the United States. Her choice as the site of the first solidarity conference of the peoples of Africa, Asia, and Latin American is the highest recognition of the importance of her revolution and the significance it has for the peoples of the three continents. Cuba, because of her relatively small size, her geographical position near the United States and in a zone surrounded by Governments which are puppets of the Yankee imperialists * * * proves with her revolution, triumphing over all aggressions perpetrated or fomented by the United States, that revolution is possible and invincible. »

A resolution on the Panama Canal Zone said:

« The Panama Canal Zone is being used as a base for attack on peoples fighting for their liberation, it forms the Caribbean triangle with the military bases at Guantanamo and on Puerto Rico. This is done against the will of the Panamanian people. »

The resolution on the United Nations denounced it as being manipulated by the United States. The Conference's "Declaration on the OAS" said:

« That the Organization of American States has no legal or moral authority to represent the Latin American nations. That the only organization that will be able to represent Latin America will be the one composed of the democratic and anti-imperialist governments that are the genuine product of the sovereign will of the Latin American peoples. »

The Conference proposed:

« That the revolutionary movements of Colombia, Venezuela, Peru, Panama, Ecuador, and others in the Caribbean area and southern part of the hemisphere take prompt steps to make a joint study of this military situation, wlth a view to finding means to counteract the effects of this aggressive attitude of imperialism. »

The Conference resolved:

« To give the most determined support to the revolutionary movements of Colombia, Venezuela, Peru, Panama, Ecuador, and other countries of the Caribbean area and the southern part of the hemisphere in order to respond to the overall aggressive policy of U.S. imperialism with the most effective measures to counteract its effects.

To denounce before all the countries of the three continents the Yankee intervention in the armed struggles of Colombia, Venezuela, and Peru, and to promote the militant solidarity of the combatants of those countries with each other and with the peoples of the continents in the great battle for national liberation.

To give decisive support, in all forms, to the armed struggle undertaken in Peru, the path valiantly chosen by the Peruvian people to achieve its definitive and total economic and political independence. »

Such was the atmosphere and the general political character of the Tricontinental Conference in Havana.

6. U.S.A.-THE MAIN TARGET

Cuban President Osvaldo Dorticos set the tone for the extreme anti-Americanism that characterized the Conference in his speech of January 4, 1966. Dorticos said:

It is certain, however, that imperialism, especially North American imperialism, which has assumed the sad role of international gendarme, is sharpening the violence and is intensifying the taking advantage of all vile instruments of aggressions against peoples, from bribery and blackmail up to the most barefaced forms of violence and armed intervention. * * * There is no better place than this conference to proclaim without vacillations the right of peoples to oppose imperialist violence with revolutionary violence.

Dr. Guido Gil, head of the Dominican Republic's delegation to the Tricontinental Conference, joined the chorus in these terms, in a speech delivered on January 9, 1966:

It is in Asia, Africa, and Latin America where the hardest blows are being dealt imperialism, and principally its leading ai-id prime force, Yankee imperialism.

In accordance with this viewpoint, the conference adopted a resolution which said-

That the imperialist government of the United States is condemned as an aggressor and violator of the sovereignty of the Dominican people

That the OAS (Organization of American States) be condemned as the main political instrument of U.S. imperialism in the neocolonial dominating of Latin America.

On January 14, 1966, Virgilio Shuverer, a Panamanian diplomat, was interviewed in the Panamanian Legislative Palace as to his estimate of the Conference. He said:

The Tricontinental Conference, in my opinion, will have an important effect on the lives of people who are today subjected to imperialism * * * I believe that it will be a stimulus, a joint effort among the revolutionaries of the world, for carrying forward the methods and tactics being employed at present against imperialism, particularly U.S. imperialism.

On January 4, 1966, Norman Pietri Castellon, chairman of the Puerto Rican delegation to the Tricontinental Conference broadcast his views. He called Puerto Rico "the most important military fortress of U.S. imperialism," and added that "The independence movement is continuously organizing the Puerto Rican people so that we may resolutely confront U.S. imperialism." He further declared that "The Puerto Rican Independence Movement expects effective solidarity from the Tricontinental Conference of the peoples of Asia, Africa, and Latin America."

Renato Bitossi, chairman of the Communist-controlled World Federation of Trade Unions (WFTU) and a member of the Italian Communist Party's Central Committee, was interviewed on January 8, 1966, at the Hotel Havana Libre, headquarters of the Tricontinental Conference, as to the significance of the conference. Before the conference had closed its session, he assured the interviewer that the WFTU accept the resolutions adopted by this conference."

Asked how the WFTU is likely to show its solidarity, he pointed out that-

The WFTU carried out mass demonstrations during the Suez Canal crisis against the Korean war, * * * It intervened mainly with supporting demonstrations all over the world in order to assist the Cuban revolution against U.S. imperialism.

* * * The WFTLU is an observer at the Tricontinental Conference.

 
 7. THE BASIC GOAL--MORE VIETNAMS ON A TRICONTINENTAL SCALE

Dominant motif of the Havana Conference from the outset was Communist unity displayed against a backdrop of "successes" in the terroristic war being waged in Asia by the Viet Cong, alla rejection of peace offers. it was no coincidence that the first speaker at the January 4 plenary session was Nguyen Van Tien, delegate from the National Liberation Front of South Vietnam (Viet Cong), His opening speech had the quality of that of a political cheerleader, and it set a triumphant tone for the secret deliberations which followed. He asked the delegates for unanimous "solidarity" with the Viet Cong cause. ("Solidarity" can be interpreted in the Communist lexicon as do likewise. )

Van Tien said in Havana that the Viet Cong are strong enough to win any type of war "imposed upon them" by the "Yankee imperialists and their lackeys." He boasted that, "Even if the Yankees, instead of abandoning their military venture, send 300,000, 400,000, or even more troops to South Vietnam, they cannot win. * * *" He claimed that the Viet Cong control 80 percent of the territory of South Vietnam "thereby ensuring the smooth development of our struggle until final Victory." He also laid claim to "victories of strategic significance,'' and encouraged the delegates to engage in similar types of wars in their own countries. "We are," he said 'determined to defeat them (the United States) * * * determined to fight on for 5 years, 10 years, 20 years, or even longer until the Yankees abandon their policy of aggression and get Out of our territory-."

Tran Danh Tuyen, the North Vietnamese delegate.who presented the official view of Hanoi, insisted that the final resolution of the conference must include recognition "of the National Liberation Front of South Vietnam as the only hemline representative of South Vietnam." What is significant to this otherwise routine demand was his warning that victory in the Viet Cong fight was prerequisite to the success of projected wars of liberation on other continents.

It is important to note that none of the delegates who spoke at the Tricontinental Conference seriously advocated a negotiated peace in South Vietnam. Peace on the terms suggested by Tran Danh Tuyen would mean nothing less than unconditional surrender on the part of the United States.

Again linking Communist military victory in Vietnam to the ultimate success of the "Havana Conference on World-Wide Subversion," Tuyen said:

"In view of the vital bearing of the Vietnam question on our three continents and on the present situation of the entire world, please allow us to propose that the Conference adopt a special resolution on Vietnam." (Italics supplied.)

The resolution proposed by North Vietnam was: "Demand that the United States put an end to its aggressive war in South Vietnam and unconditionally and at once end their bombing of North Vietnam; withdraw their troops and arms from South Vietnam, and dismantle all military bases there; call on the United States to respect and strictly implement the 1954 Geneva agreement on Vietnam, which recognizes the right of the Vietnamese people to solve their own problems; call for the prevention of the introduction of U.S. arms, ammunition, and troops into Vietnam; forbid the United States to turn the territory of other countries into military and supply bases for aggression against Vietnam; urge all-out support for and fraternal assistance with the Vietnamese people to make sure that the Vietnamese people can resist the aggression of U.S. imperialism * * *"

Preconference guidance in this direction had already been supplied through a Pravda; editorial of December 25, 1965, which viewed the war in Vietnam as the prototype of other Communist-directed terroristic wars. Said Pravda:

"The American 'dirty war' in Vietnam is a challenge to the national liberation movement throughout the world, and a direct attack against it aimed at strangling the peoples' liberation struggle.'' (Italics supplied.) "American imperialists and their apologists are trying to prove the 'lawfulness' of waging wears against the peoples defending their national independence. But national wars are just wars. They are lawful weapons of the oppressed peoples, and express their will to live in freedom without any foreign enslavement by their puppets."

The North Korean delegate put the test of wills and the ability of the United States to cope with terroristic wars bluntly: "If the struggle against U.S. imperialism is given up," said Kim Wal Yong, "victory in revolution, independence, peace, and progress are out of the question."

The military character of the Conference was brought out in the address by Cuban President Osvaldo Dorticos, who welcomed the delegates to Havana. He welcomed them as "liberation fighters." One purpose of the meeting, he said, was the "duty to give unrestricted support to the movements of Asia, Africa, and Latin America," linking success in those areas to "the fundamental obligation to express solidarity with, and pledge the most resolute support for, the valiant people of Vietnam." He concluded his address in a call to arms with "renewed faith in the peoples' future, in their invincible fighting potential, and in the assurance of imperialism's final defeat. * * *"

Beaming to Latin America, Castro's Radio Havana described the address of Nguyen Van Tien in lyrical terms, quoting his claim that "guerrillas of his country have won great victories in the struggle against U.S. aggression." Apparently designed to pump up the courage of Cuban-exported guerrillas operating in Latin America, Radio Havana said: "The South Vietnamese revolutionary leader declared that 'in the Plei Me area, where we fought for 10 days, more than 1,700 U.S. soldiers were killed or wounded.' " Van Tien was described in the broadcast as a "South Vietnamese guerrilla."

Guido Gil of the Dominican Republic said "the popular struggle" in his country is still continuing. He said that "armed combat will be the path of liberation, and that is why the people are preparing and organizing themselves to defeat the imperialists, and we certainly will." His colleague, Cayetano Rodriguez del Prado, vowed that Dominican Communists "will convert the Dominican Republic into the Vietnam of Latin America."

It is significant to note here that one delegate, Euclides Gutiérrez Feliz, was a Vice Minister in Colonel Francisco Caamaño's so-called constitutional government, during the revolt in Santo Domingo in April 1965.

José de la Tunón, delegate from Panama, said in a Cuban broadcast to Latin America: "The peoples of Latin America and the Panamanian working class are bound to be encouraged by this event, since from it will come the plans which must be carried out against the common enemy of all peoples, Yankee imperialism."

In English-language broadcasts, Radio Hanoi recounted the cordial, informal talks Fidel Castro conducted with delegates from North and South Vietnam. It said: "Dan Thi Thanh, a militia-woman fighter who had downed a U.S. aircraft, member of the North Vietnam delegation, presented to Premier Fidel Castro a ring made of the metal from the wreckage of the U.S. plane downed in North Vietnam. The Premier clasped and raised her hand and, amid stormy applause, warmly praised the valiant fighting spirit of the Vietnamese women."

This incident is recounted here simply to underscore the terroristic and warlike nature of the conference, and the extent to which propaganda high-jinks were employed to whip up the fires of belligerency and fanaticism.

Another, and certainly more grisly, incident involves the helmet of a U.S. pilot shot down over North Vietnam. Pedro Medina Silva, the chief Communist delegate from Venezuela, talked about using the helmet for purposes of morale building.

The Venezuelan said that the National Liberation Front of Vietnam had presented the Venezuelan National Liberation Front with the helmet of a dead American pilot, shot down over North Vietnam. "The Venezuelan National Liberation Front gave it to the Tricontinental Committee for Support of Vietnam. We then deposited the helmet with the Cuban Committee for Solidarity. We shall wage a campaign of emulation, both on the island of Cuba and in Latin America with it, and we shall carry it to every continent to give more impact and more brilliance to the week of solidarity with Vietnam which is scheduled in March on a Tricontinental scale."

Commenting on the makeup of the bloodthirsty delegations to the Havana conference, Budapest's Communist newspaper Nepszabadsag implied that it was the success of Castro's guerrilla campaign in Cuba and the Viet Cong war in Asia, that influenced the Soviets to emulate those tactics on a worldwide basis. The paper noted that the conference was not in the hands of "catastrophic politicians" but in the firm glip of revolutionaries.

Judging from the Latin American representatives, in particular, it was clear that the delegates represented a breed which is prepared to fulfill the assembly's call for "immediate and concrete action." Absent, for example, were Fabricio Ojeda of Venezuela, Luis Corvalán, Secretary General of Chile's Communist Party, Luis Carlos Prestes of Brazil, and Norge Botello Fernández of the Dominican Republic. The composition of the Conference strongly suggests that a decision was made to rely less on the "national" Communist Parties and turn to the "man with the gun."

Particularly in Latin America, the prime target for subversion from the new headquarters in Havana, the Communist parties are split along national lines and tradition, and weakened by intra-party fights, and ruled by leaders who belonged to tile previous generation of revolutionaries. It would be almost impossible to weld these politically oriented Communist party bosses into a one-leader operation.

The respectable Paris newspaper, Le blonde, observed that the Soviet Union has thrown its weight behind tile guerrilla fighters rather than Communist parties because. Le Monde warns, Russia now believes that "the destiny of the revolutionary movements in Latin America lies * * * in direct action, more precisely in armed action."

Le Monde also points out that, "with the exception of Venezuela and Colombia, the orthodox Communist parties have show n no great enthusiasm for guerrilla wars."

Essentially, then, the tactics which are most likely to be followed in intensified subversion from Havana are those employed by Fidel Castro from 1957 to January 1 1959, wiled those tactics catapulted him into power and by the Viet Cons, in Vietnam today. These tactics include political subversion, penetration of student groups, bomb throwing in the cities, kidnaping, robbery, blackmail--all culminating m and supporting open guerrilla operations.

In his speech closing the Tricontinental Conference. Castro called for "a common strategy, a joint, simultaneous struggle" throughout Latin America against the United States. In fact he enumerated the projected targets including Venezuela, Peru, Colombia, and Guatemala.

Cuba's Foreign Minister Raul Roa echoed the views of his chief at the Tricontinental Conference and called upon the assembled delegates to "redouble our efforts to make this historic conference an endless source of encouragement, inspiration, and support for the liberation movements in Asia. Africa, and Latin America." He added that the effort should be dedicated especially to "those peoples who are fighting weapons in hand for their self-determination, independence and sovereignty, a perfect example of what can be found in the ** * battle being waged today by the people of Vietnam against Yankee imperialism and its allies." In keeping with this outlook it migrant n`,t be farfetched to expect in the near future an extensive diversionary move on the part of forces in various countries of Latin America in an effort to force the withdrawal of some of our forces from Vietnam.

Conference resolutions demanded "the immediate withdrawal of all foreign troops, the dismantling of foreign military bases" with special reference to American installations calculated to defend these countries from Communist aggression.

Major Luis A. Turcios, representing the Rebel Armed Forces of Guatemala (FAR) struck a similar chord at the Conference, from which we quote:

In Guatemala the only channel for revolution is armed struggle. It is a revolutionary war.

He quoted from a declaration of FAR to the effect that "The revolutionary forces have taken the only road which remains to occur people; to answer counterrevolutionary violence with revolutionary violence; to open the way for the Guatemalan revolutionary violence by force of arms * * *."

He looked to the Tricontinental Conference to "channel, coordinate, and apply effectively anti-imperialist solidarity measures." He emphasized particularly the training of the rebel armed forces which he called "the political and military instrument which Guatemalan people needed in order to wage war."

He added: "That most advanced expression of out struggle lies in the establishment of the first guerrilla zones, particularly the Edgar Iberia zone * * *. This guerrilla front was formed more than 2 years ago and now we can say that it has been definitely consolidated."

An article appearing in the New York Times of March 18, 1966, page 17, reported on a secret interview with Luis Augusto Turcios Lima by Henry Giniger. The article described Turcios as a graduate of the Polytechnical School, Guatemala's military academy, and the Ranger School at Fort Benning, Ga. While Turcios denied being a Communist, the article stated, his associate, Gabriel Salazar, head of the Political Commission of the Rebel Armed Forces, admitted Communist Party membership. Turcios admitted that his group did not number more than a few hundred, the Times reported.

Among the participants in the Conference was General Enrique Lister, referred to as "the hero of the Fifth Regiment of the Spanish Civil war," an expert in the field of guerrilla warfare. He appeared as an observer and representative of the World Peace Congress, a well-known Communist front.

Spokesman for the Venezuelan National Armed Forces of Liberation (FALN) was Pedro Medina Silva, its commander. Speaking at the Conference session on January 6, Medina Silva pointed out that the Havana Conference offers "The most opportune occasion to drag up a global strategy in the struggle * * * The revolutionary parties of Venezuela have formed the National Liberation Front. The Front has outlined as objectives to be achieved in this struggle the establishment of a nationalist, democratic government which will lav the foundations of socialism in our country. * * * Now we know that this objective can be achieved only through armed struggle." The FALN has been authoritatively described as a Communist-controlled paramilitary organization.

Roberto Garcia Urrutia, head of the delegation from Peru, addressed the Conference on January 7 as follows. He explained that since the start of the armed struggle in Peru on July 9, 1964, a number of fronts have opened and that now five guerrilla warfare centers exist. He noted that wide sectors of the intellectuals and the middle classes have already come out for the guerrillas and against the government's allegedly repressive measures. He declared that 80 percent of the students have come out firmly in support of armed struggle. In his remarks he also stated that Peruvian revolutionaries support all armed struggles of national liberation of the peoples of the three continents. "In particular," he mentioned "the struggles of Venezuela, Colombia, Guatemala, the Dominican Republic, and we especially feel solidarity with the glorious peoples of South Vietnam and the Democratic Republic of Vietnam."

Concluding, he emphasized that "This Tricontinental Conference is the most positive effort that has been made in the past few years to orientate the fight, harmonize efforts, define objectives, and basically develop on a worldwide scale the battle against the fundamental enemy of peoples, peace, progress, and mankind: Yankee

   8. THE CASE OF PUERTO RICO

The situation in the U.S. island of Puerto Rico presents considerable cause for alarm and calls for immediate attention. Latin Americans in culture and outlook, the Puerto Ricans are, as Soviet delegate Sharaf Rashidov himself declared, prey for Communist penetration and terrorism.

The history of Communist subversion to the present is considerably more alarming than is generally recognized. Some of that history was revealed by Norman Pietri, Puerto Rican delegate to the Havana Conference. He said: "Armed struggle has taken place in Puerto Rico. The struggle for independence has continued 'In the streets, and is becoming stronger daily."

Another Puerto Rican delegate, Narciso Rabell Martinez said: "The independence movement is continuously being organized among the Puerto Rican people so that we may unflinchingly confront U.S. imperialism. It is a fight waged from within the very heart of the monster. But as Jose' Marti said, 'although we are living in the heart of the monster, we also possess David's sling.' The possibility of obtaining Puerto Rico's independence is clear and present, and we believe that, with the burgeoning of the mass movement now surfacing, Puerto Rico will also soon become a 'free territory of America.' "

Cuban intrigue has converged on Puerto Rico through roughly three different means-drug trafficking, terrorism, and diplomacy and propaganda.

Puerto Rican police and the FBI nipped one plot by Cuban trained Puerto Ricans to assassinate John Bishop, FBI chief in San Juan, and to kidnap high-ranking Puerto Rican officials. One of those captured testified that contact with Cuba was carried out through agents in the Dominican Republic. Interception of the terrorist group, the so-called Armed Movement of Puerto Rico, was made outside Ramey Air Force Base, one of the largest military installations on the island. Propaganda "which declares war against the United States" was found along with rifles, pistols, field telephones, and large amounts of ammunition.

Chronic riots at the University of Puerto Rico are attributed to student agitators following instructions from Cuba's government controlled subversive student organization, the University Student Federation (FEU).

Cuba has also become an important way-station for the transfer of drugs from Red China to Puerto Rico and thence to the mainland United States. A break in one drug ring came in December 1964 with the arrest of Castroite Cubans Carabeo Nerev and two accomplices. Eugene Marshall of the Federal Narcotics Bureau in Miami revealed that the three had been back to Cuba several times since they entered this country under the cover of "exiles." The conclusion drawn is that Castro agents have entered Puerto Rico and Miami in the guise of "political exiles."

On September 24, 1964, the New York Times reported: "There are strong suspicions that Communist Cuba is making an attempt to flood Puerto Rico with drugs via Havana in an effort to undermine the economy of the island." On January 6, United Press International reported that marihuana was arriving in the United States from Cuba "in great quantities."

In an interview with New York police inspector Ira Bluth, UPI reported that "marihuana used to come to New York almost entirely from Mexico, but recently a large amount of drugs from Cuba have been discovered * * * they have .. been introduced into this country from Cuba through Florida. * * * in the past few months of 1964, 697 pounds of drugs from Cuba had been found, compared with 241 pounds in 1963. * * *"

It is believed that the sale of drugs, particularly heroin, in the United States and other Free-World countries provides a considerable amount of foreign exchange by which Cuba finances guerrilla activities. Connection between Cuban terrorism and drug traffic was brought out in other evidence. When Carabeo Nerey was arrested in Miami, he was accompanied by two Puerto Rican females, sisters Nellie and Doris Antuna. Doris, said the report, had been living with a Wilfredo Jesus Risco, who earlier had been uncovered as an intermediary in supplying Puerto Rican terrorists with money.

Sabotage, little reported and less understood in mainland United States, has taken and is taking its toll in Puerto Rico. In December1964, San Juan's newspaper, "El Madro" reported "a wave of incendiaries which swept the area. The targets were mainland U.S. companies-Levittown Construction Co., Barker's Department Store, Woolworth's, the Bata Shoe Factory, and Bargain Town.

Eight attempts were made to burn Woolworth's, but vigilance cut down the damage considerably. However, Barker's loss was placed at $4 million; Bata Shoe Factory was completely destroyed at a loss of $3 million. Newspaper accounts drew the obvious of parallel between what happened in Puerto Rico and the tactics being carried out by National-Liberation Front terrorists in Venezuela and Colombia.

Incendiarism and other acts of terrorism have been accompanied, in the past, by bloody, Communist-led student riots. Puerto Rican Congressman Carlos Westerbrand has moved to establish laws to outlaw such Communist infiltration in student organizations citing incidences of such infiltration even among the high school student bodies.

Venezuelan Pedro Medina Silva is leader of the Latin American committee to carry on terroristic wars in Latin America. He is also chief of the Venezuelan Armed Forces of National Liberation. Speaking in Havana on February 8, of this year, he announced that Venezuela, Puerto Rico, Chile, and the Dominican Republic were on the Tri-continental General Secretariat charged with carrying out terroristic wars. He said of Puerto Rican participation: " This is very important. For the first time, Latin America achieves integration (in the world war of subversion). This is the first time that Puerto Rico -Participates in an organization as important as the General Secretariat." He added: "We feel that this is a debt we owed Puerto Rico, one we have now paid by incorporating that country on a tricontinental scale in an organization which will enable it to see and observe, and above all, to contribute to its own final liberation so that it can stop being a Latin American colony.

The remarks of Soviet delegate Sharaf Rashidov, when he included Puerto Rico as a target of tricontinental subversion, recall the fact that Russian interest in that island goes back a few years. It records Soviet manipulation of Cuba for political, military, and propaganda purposes.

Back in 1954 ' the Soviets sponsored a "World Peace Conference" in Prague. This led, in 1957, to the establishment of the Afro-Asian Conference held in Cairo. Rashidov, it should be noted, headed the Soviet delegations to the Prague and Cairo Conferences. He was responsible for the behind-the-scenes maneuvering at the Cairo Conference of "non aligned" nations in late summer 1964 which, with very little persuasion it, n-tai, be deduced, led Cuba to introduce a resolution demanding that the United Nations call for a debate on the "colonial status of Puerto Rico."

The Cairo delegates accepted the resolution and, on November 20, 1964, the U.N. Committee agreed to the debate. The U.N. Committee debate is outrageous on the face of it. It completely ignored the fact that in November of 1964 the Puerto Rican people went to the polls, and cast 778,000 votes out of a total cast of about 860,000 affirming their status as U.S. citizens in a "Free State Associated with the United States"-an association that has brought Puerto Rico out of grinding poverty.

However Soviet-Cuban maneuvers lurks the kernel of Communist policy toward Puerto Rico. That policy is to force the retirement strength from the Caribbean and eventually from Latin America. It is also to be noted that U.N. acceptance of the debate came just prior to the visit to the United Nations by Major Guevara. What he said regarding Puerto Rico exposes some of that kernel. He said that the "use of Puerto Rico as a military base by the United States threatens the peace." It may be considered no co-incidence that Guevara's views were echoed by Norman Pietri, Puerto Rican delegate to the Tricontinental Conference. He said on January 10 in Havana that "14 percent of the national territory of Puerto -Rico is occupied by nine immense U.S. military bases designed to strengthen Yankee domination in Puerto Rico ***exposing the rest of the Latin American peoples to the constant threat of direct imperalist military aggression. ***" There is little difference, except in the wording, between what Guevara hinted at, and what Puerto Rican Communist Norman Peitri actually said 1 year later.

Pietri went on to spell it out: "Imperialism has everything in those gigantic bases--long-range guided missiles, super bombers loaded with atomic bombs, nuclear submarines at Roosevelt Roads, and special anti-guerrilla troops. From this stems the imperative need to win national independence in order to promote conditions conducive to total eradication of Yankee military installations in Puerto Rico and the threat they pose to the rest of Latin America."

The climax of several years intervention in Puerto Rico by the Russian-Cuban combine came on February 10, following the Tri-continental Conference. On that day, Puerto Rican terrorists actually established a "Free Puerto Rico Embassy" in Havana. At the same time, the Puerto Ricans signed a so-called "pact of solidarity" with the National Liberation Front of South Vietnam in the latter's Havana headquarters. Aping the tactics of the Viet Cong, the Puerto Ricans claimed that they (the equivalent of a National Liberation Front) were "recognized as the only legitimate representative of the Puerto Rican people."

Following that announcement, and the establishment of the Communist Puerto Rican "Embassy," 26 Latin American Communist delegations said they would establish in their countries, "national committees of solidarity with Free Puerto Rico." Viet Cong military representatives immediately added their voices to the throng, saying that "the enemy of both our peoples, and of humanity, is North American imperialism."

Norman Pietri invited Puerto Rican newspapers to send their journalists to Havana, offering to pay then- fare of $1,400 round trip, San Juan-New Orleans-Mexico-Havana, and from Havana back to San Juan via Spain. He used the precedent, or alleged precedent, of the travel of U.S. "students" to Cuba in 1963 and 1964 and their defiance of State Department regulations as justification. Eschewing United States citizenship, which the Puerto Rican group is dedicated to sever, Pietri screamed that freedoms granted under that citizenship were being violated by not permitting travel between the United States and Cuba.

Geographically, Cuba, Haiti, the Dominican Republic, and Puerto Rico extend in that order in a straight line across the Caribbean from the tip of Florida to the Leeward Islands. Under Communist control, and appropriately equipped militarily, the letter three could effectively block sea and air approaches to northern South America and the Panama Canal. Cuba alone virtually commands the access routes to the Gulf of Mexico and Central America.

This is the political and strategic significance of Puerto Rico in the communist master plan for the Western Hemisphere.


   
 WHY HAVANA?

Why was Havana chosen as headquarters for worldwide subversion? Why not Cairo, the site of the Afro-Asian organization, or Peking?

First, Cuba under Castro has a proved record of success in penetrating Latin America, and Latin America is a major target of Communist expansion. And a headquarters for worldwide Communist subversion located in Havana, right on the doorstep of the United States, is a tremendous psychological achievement, with vast potential repercussions throughout Latin America.

Second, iron-clad control of the populace must be assured if there is to be a tranquil political climate for a worldwide base of subversion. There must also be reasonable assurance against external attack, in effect, a "sanctuary."

There is overwhelming evidence that the machinery of the Cuban Government has been progressively organized over the years, to carry out its number one task-the export of Communist subversion. To a large extent, the choice of Havana in January as headquarters for world subversion is but the culmination of years of such organization. In fact, Cuba moved rapidly along the road to the fulfillment of its role in the international Communist conspiracy from the moment Fidel Castro's hatred of the United States became manifest upon his taking power in 1959. The tempo and direction of that movement increased in direct proportion to Soviet Russia's increasing intervention in that country in 1960.

In 1959, Castro launched five invasions of his Central American and Caribbean neighbors, and preparations for these invasions began little more than a month after he took power.

In February 1959, Havana commenced a propaganda campaign of radio broadcasts calling on "all revolutionary sectors and citizens to unite in the of the Government of Haiti." This drum-fire of propaganda culminated on August 13 in an invasion of Haiti from Cuban territory.

On August 26, 1959, Haitian Foreign Minister Louis Mars sent a fully documented report to the Organization of American States (OAS) on Castro's invasion. Several of the landing force were identified as members of Castro's Rebel Army and were on active duty at the time of the invasion.

On April 24, 1959, just a few days following an address by Fidel Castro at the United Nations, Panama was invaded by Cuba. Panama appealed to the OAS, which promptly sent an investigating team and determined that members of the invading force were Cubans, and that the origin of their mission was, indeed, Cuba. On May 1, the remnants of the landing force surrendered to Panamanian troops and overthrow the OAS team.

On May 31, 1959, however, another group of Cuban soldiers landed by plane in the mountainous area of Nicaragua. On June 28, still another group of Havana-trained Nicaraguans was captured trying to cross the border from Honduras into Nicaragua. On July 27, the OAS issued a finding that the group had been trained at La Cabana fortress in Cuba by Major Ernesto Guevara.

Perhaps the bloodiest battle and the greatest defeat for Castro in his 1959 invasions took place on the shores of the Dominican Republic. Castro's invasion force was exterminated, almost to a man. The date was June 14. From that date comes the name of the present Communist group in the Dominican Republic, the June 14th Movement, which was heavily involved in the revolt of April 24, 1965.

While these adventures were being launched abroad, the internal police apparatus was being organized. Castro broke up the constitutional army and replaced it with militia-originally, for propaganda purposes-called the "popular forces."

Castro tried to deal with resistance through oratory, threats, and mass arrests. He sent his militia in repeated sweeps across the mountains to dislodge and eradicate the gallant bands of guerrillas. But he has not to this day succeeded in doing so, even though he has enchained the hardy farmer who has been the most steadfast enemy of communism. As resistance continued, Soviet and Soviet-bloc "technicians" arrived in Cuba, refined its crude apparatus of invasion into smooth machinery of subversion, revamped its government, organized a system of censorship, and remade Cuba after its own image.

It is humilating enough to have the international Communist conspiracy seize control of a country only 60 miles from American shores, and maintain itself in power despite all the pressures we have thus far brought to bear. It becomes a thousand times as humiliating when that country is transformed into a headquarters for international revolutionary subversion while the OAS and the mighty United States of America look on, helpless and apparently incapable of any decisive action.

THE SOVIET UNION AND THE HAVANA CONFERENCE

The U.S.S.R. had much to gain by giving moral and material support to the Tricontinental Conference.

The Conference established an instrument through which the Soviet Union could effectively conduct subversive operations in every country of North and South America, Asia, and Africa.

Speakers at the Tricontinental Conference referred repeatedly to efforts being made to attract students, particularly those front Latin America, to attend the schools for subversion which have been established in the Soviet Union and its satellites.

In its clash with Communist China, the Tricontinental Conference furnished an opportunity for a major Soviet propaganda victory over its Chinese rival.

As early as December 9, 1965, a month before the Tricontinental Congress, Soviet Foreign Minister Andre Gromyko spoke before the Supreme Soviet of the U.S.S.R. and expressed his deep interest and support for the Congress. He felt that the Conference would provide an ample forum of representatives of anti-colonialist countries and anti-imperialist forces." He declared that "the Soviet Union as a participating factor, will do everything it can to support the struggle for peace and for national liberation and for the conference's success."

Sharaf Rashidovich Rashidov arrived at the Conference as head of a strong Soviet delegation. He will be remembered as a holder of important posts in the Communist Party of the Soviet Union and the Soviet Government, notably: Presidium chairman Uzbek Supreme Soviet; deputy chairman, Presidium, U.S.S.R. Supreme Soviet; Bureau member, Central Committee, Uzbek Communist Party; candidate member, Central Committee, Communist Party of the Soviet Union.

In his address before the Plenary session of the Tricontinental Conference on January 7, 1966, he began with some sugary plunges calculated to enhance the prestige of Fidel Castro and his regime. "We can see with our own eyes," he said, the great successes achieved by the Cuban people in creating a Dew social system...... Free Cuba," he declared, "the first socialist state on the American continent-symbolizes the invincibility of a people fighting for liberation from the oppression of imperialism and for socialism."

Then he assured the Conference of all-out Soviet aid. He stressed "that the Soviet delegation has arrived at this conference with the aim of giving all-round assistance to the unification of the anti-imperialist forces of the three continents in order to provide greater impetus to our common struggle against imperialism, colonialism and neocolonialism-led by the U.S. capitalists." Mr. Rashidov seems to have conveniently forgotten the Soviet phrases widely circulated in the United States about peaceful coexistence, disarmament, and cultural exchange.

With regard to the American effort to free the people of Vietnam from the threat of Communist enslavement, Rashidov minced no words. He charged that:

In Asia, the piratical policies of imperialism have been especially vividly expressed in the criminal aggressive war waged by the U.S.A. against the heroic people of Vietnam. The United States is subjecting the cities and villages of the Democratic Republic of Vietnam to barbaric air raids, destroying the civilian population, burning the crops, destroying industrial enterprises and communications.

The Soviet people resolutely condemn the aggression of the U.S.A. against the Vietnamese people, and express their solidarity with the heroic struggle against the modern barbarians.

All over the Soviet Union crowded meetings and demonstrations of working people are being held, at which millions of workers, collective farmers, office workers, and intellectuals are expressing their indignation and are protesting against the shameful and dirty war waged by U.S. imperialists in Vietnam. * *

Rashidov did not, of course, indicate that these meetings were organized by the Soviet Government itself.  Rashidov spoke boastfully in describing the military aid of the Soviet Union to Vietnam. He said: « The Soviet Union is supplying the fraternal people of Vietnam with the most modern weapons for meeting U.S. aggression.

We are doing everything in order that the deliveries of Soviet military equipment--aircraft, rockets, artillery, ammunition, and so on-will get into the hands of the Vietnamese freedom fighters as rapidly as possible.

We Soviet people are happy that the military equipment which the workers of the land of Soviets are producing at their enterprises with such great enthusiasm also helps the cause of the victory of our Vietnamese brothers over the aggressor. »

Then Rashidov made certain definite proposals which were subserviently approved by the Conference delegates. He proposed that an international fund be set up to aid the Communist forces in Vietnam. He proposed the "development all over the world of a mighty mass protest against the dirty war waged by the U.S. imperialists in Vietnam, the demand that it be immediately stopped and the armed forces of the U.S.A. and its allies be recalled from Vietnam."

Saluting the Communist-dominated guerrilla forces in South America, he declared that, "We express our fraternal solidarity with the armed struggle being waged by the Venezuelan, Peruvian, Colombian, and Guatemalan patriots for freedom against the stooges of imperialism."

After making a powerful appeal for revolutionary unity which clearly put the delegates of Communist China on the spot, Mr. Rashidov declared that "the Soviet delegation supports the proposal to set up at this conference an Organization of Tricontinent Solidarity," adding the proposal that "from January 3 to 10, an international week of solidarity of the three continents in the struggle against colonialism, neocolonialism and imperialism" be held.

Hardly had these words been uttered when Rashidov and his fellow Soviet diplomats were compelled to voice hypocritical apologies to the dupes throughout the world who had taken seriously the Soviet assurances regarding peaceful coexistence. On February 17, 1966 the New York Times called attention to the fact that "Soviet officials are making quiet disclaimers of the aggressive calls for revolution in Latin America, Africa, and Asia issued at last month's Tricontinental conference in Havana." The author pointed out that the Soviet Union "seems to have been led by its desire to outflank the Chinese" effort to appear more revolutionary than Moscow.

The Uruguayan Government acted promptly and vigorously by summoning the Soviet Ambassador in Montevideo to the Foreign Ministry to explain the statements of Rashidov. With tongue in cheek, the Soviet Ambassador assured the Uruguayan Minister that Rashidov was speaking "privately" and not for the Soviet Government. TASS reports of the Tricontinental Conference proceedings were toned down considerably from those issued by Prensa Latina, the Communist Cuban -press agency.

Argentine officials also expressed serious displeasure with Rashidov's speech.

The fact that the Soviet Union has emerged as the principal architect of revolutionary violence in the hemisphere was recognized by the Special Consul Committee on Security of the OAS. Speaking about the Havana Conference, the report of the committee said:

The Committee recognized that the tremendous significance of the event, of major seriousness inasmuch as it means a declaration of war against the democracies, lies in the fact that it is no longer Cuba on its own initiative that proposes to export its "revolution" to the other countries of the hemisphere, but Russia that makes common cause with the "revolutionary movements" and promises determined support to the "popular liberation movements" that follow the example of Cuba.

The Soviet delegation, headed by Rashidov, left Havana on January 16, 1966. Members of the delegation were bid farewell at the Jose Marti International Airport by Blas Roca, member of the Cuban Communist Party (PCC), by the members of the PCC's central committee, and by other Cuban dignitaries.

THE CHINESE COMMUNISTS AND THE HAVANA CONFERENCE

The Tricontinental Conference furnished the Chinese Communists with an international forum for their campaign to challenge the hegemony of the Communist Party of the Soviet Union over the world Communist movement. The Chinese leaders hoped to demonstrate that they were foremost in their denunciation of "American imperialism." Their principal anti-American diatribe was delivered on January 5, 1966 by Wu Hsueh-chien, chairman of the Chinese delegation, from which we quote:

The United States is doing all it can to place Asia, Africa, and Latin America under the total domination of "the dollar empire." In Africa, Asia, and Latin America the United States has installed thousands of military bases where it is stationing some I million soldiers. * * * Today U.S. imperialism is embarking upon the same path tread by Hitler.

Wu Hsueh-chien hailed the demonstrations in the United States against American policy in Vietnam as "A broad campaign of the masses of unprecedented proportions." [EDITORIAL NOTE.--A study published by the Educational Testing Service of Princeton University shows that Vietnam demonstrations were reported at 21 percent of the colleges-but less than 5 percent of the students participated.] The speaker advised that "We must sponsor even more powerful mass movements and develop even more extensive -people's wars so as to tighten the noose around Yankee imperialism's neck and defeat it."

The Chinese leader called for rebellion against Latin American anti-Communist governments, in these terms:

We resolutely support the peoples of the Dominican Republic, Venezuela, Peru, Colombia, Guatemala and of other countries in their armed struggle against North American imperialism and its lackeys, the people of Puerto Rico, the Guianas, Martinique, and Guadelupe in their struggle for national independence.

In an obvious reference to the Soviet Union, Wu Hsueh-chien assailed its alleged "anti-evolutionary" policy by posing the following questions:

With whom do they want to act jointly and against whom is their joint action directed? Why do they consider Yankee imperialism, the sworn enemy of the peoples of the three continents, as their principal ally for joint action, proclaiming to the four winds their unchangeable policy oriented toward the establishment of cooperation in all fields with the United States?

According, to a January 16, 1966, broadcast from Peking, the Chinese

Communists listed the following two salient points of the Conference:

1. Adoption of a resolution pledging firm support to the Vietcong forces in Vietnam.

2. Adoption of a general political resolution denouncing "the criminal acts of aggression of the United States."

At the same time, the Peking broadcasts referred to certain "failures" of the Soviet delegation, in these terms:

1."The Conference fought out a long, repeated struggle which resulted in the dismal failure of the Soviet delegations attempt to push through its erroneous line of lot fighting imperialism but splitting the Afro-Asian and Latin-American people's solidarity movement."

2. "It (the Conference) frustrated the Soviet revisionists' scheme to do away with the Afro-Asian People's Solidarity Organization--AAPSO."

3. "Throughout the Conference he (Rashidov) did not dare to make a reply to the 10 questions concerning united action raised in a speech by Wu Hsueh-chien, head of the Chinese delegation."

4. "At the political committee meetings the Soviet delegate insisted on imposing on the Conference a resolution on so-called peaceful coexistence. His attempt was strongly opposed by the delegates of China, Japan Indonesia, Korea, Malaya, Thailand, Uganda, Basutoland, Southwest Africa, Nepal, and Pakistan.

5. "In the course of the Conference, the Soviet delectation took a stand against condemning the United Nations, an instrument of U.S. imperialism."

6. The Peking broadcast of January 19, 1966, summarized the Chinese position with the statement that "The Khrushchev revisionists' slogan of 'united action' also finds its expression organizationally in the demand for establishment of a new Afro-Asian-Latin American organization to be controlled by these revisionists themselves and affiliated with such organizations -under their thumbs such as the World Peace Council."

Because Communist semantics are so alien to the Western mind, and because certain of the developments at the Havana Conference were obscured by its ostensible unanimity on key issues, this Chinese summary of what transpired at Havana sheds very little light on the actual power balance between the two major tendencies in international communism, as reflected in the Conference.

From this latter standpoint, the two most important developments were that, on the organizational plane, Peiping was elbowed out of the No. 1 position by Moscow (this is apparent from a careful reading of point 6 above); while, on the ideological plane, the Maoist philosophy scored a series of smashing triumphs.

While the Conference again underscored the very real competition for power and influence between Moscow and Peiping, the fact that both Red China and the U.S.S.R. were elected to the committee encharged with continuing the work of the Tricontinental Conference, indicates that, however serious their differences may be within the international Communist "family," Moscow and Peiping, stand united in their opposition to the United States and to the free world in general.


  THE CONFERENCE AND THE CUBAN ECONOMIC CRISIS

The Havana Conference served Fidel Castro as a life-preserver for his insecure regime. It served in the first place as a device to divert the attention of his downtrodden Cubans from the rigors of a bankrupt economy.

First-hand testimony regarding,, Cuban conditions was presented to the House Committee on Un-American Activities on June 11, 1965, by Juanita Castro Ruz, the sister of Fidel Castro, who found conditions unbearable and defected on June 20, 1964, deciding to acquaint the world regarding the true state of affairs Under the Castro dictatorship.

She described economic conditions as follows:

Miss CASTRO. When Fidel came into power, he devoted himself to the task of destroying the main Cuban industry, which was the sugar industry. I remember he said many times that we had to get away from a one-crop economy, that we had to diversify, not only on the farms but in industry also.

Not knowing what he was doing, he ordered the destruction of many canefields, to the amazement of those that knew that was the worst mistake possible. Ile talked about trying to build tip industry in Cuba and that Russia would send him whatever equipment and machinery he might require.

Besides all of this, also the Cuban peasants to whom Fidel had promised more land than just agrarian reform, well, Fidel was very far from fulfilling his promises to these peasants. The Cuban peasants, all of whom believed in Fidel, like all the rest of the Cubans, saw day by day how the wealth of the country, how their own livelihood, disappeared.

The Cuban peasants are one of the groups in Cuba who have completely ref used to cooperate with Fidel. They have absolutely refused, in spite of all threats, to work on the fields.

Miss CASTRO. All of the sugar mills in Cuba, all the sugar cane plantations, were confiscated by Fidel. There were even sugar mills that were dismantled and the machinery sent to Russia as pavement for Cuba's debts with Soviet Union for arms.

He did not distribute the land among the peasants, as he had promised, through the agrarian reform. He has forced them to work these so-called cooperatives or people's farms. The peasants have totally refused to do this and they do not cooperate with Fidel; they do not work in the fields.

Besides, during this last sugar crop, due to the fact that the peasants have refused to work, Fidel has been forced to take to the fields all the people of Cuba, including, students, public employees, even school children, so that they would do the work because the peasants refused to work in the fields. (Page 834.)

Miss CASTRO. Sugar production at present, in spite of the totals announced by the government, is lower than it was 10 years ago. For example, there is the fact that in 1952 Cuba produced 7 million tons of sugar. It was necessary, due to so large a production during the following years, to restrict the Cuban industry. But in spite of that it still continued to flourish.

The destruction of the sugar industry was so large that during 1959-1960, production decreased to only 3 ½ million tons.

Miss CASTRO. Standard of living in Cuba has decreased 100 percent. Although there may be some money, although some people may have some money, they can do nothing with it because there is no food to buy, no clothing, no shoes, no medical supplies. (Page 835.)

Miss CASTRO. For example, a family of five in Cuba-and I will try to be as accurate as possible, because' after I left Cuba, quite a few more items were rationed-for example, a family of five did not have the right to even one quart of milk a day, because in order to obtain this the family had to number six members. For example, a family of five had no right to fresh milk; instead, they received six cans of condensed milk per week. One quarter of a pound of meat a week was all thev received, and there were many weeks when they did not receive even this. (Page 836.)

Miss CASTRO. I said that Fidel's heart is in Peking, because on different occasions he has stated his feelings, his sympathy for the hard line of the Peking government, and that his stomach is in Moscow, because China cannot supply him with certain items that he requires, such as oil. (Page 840.)

("Testimony of Juanita Castro Ruz," House Committee on UnAmerican Activities, June 11, 1965, pages 834, 835, 836, and 840.) One of the biggest British banks (Barclays) recently summarized Cuba's 1966 position as follows:

Present situation-ecoiiomy weakening, despite excellent sugar harvest. Development dependent on aid from the Soviet bloc. Continued trade deficit. Reserves very low. No difficulties with payments for exports to Cuba, but position should be kept under review. Outlook: bleak.*

In its study of Foreign Agriculture, dated February 28, 1966, and published by the U.S. Department of Agriculture, we find the following estimate:

During the 7 years of the Castro regime, Cuba has failed to improve its sugarbased economv and has suffered a sharp deterioration in its food situation. * * * The cut in rice imports, coupled with reduced domestic output, means that the 1966 availability of rice in Cuba will probably be only half as high as even the low low 1965 level. On January 7, the monthly rice ration was cut from 6 to 3 pounds per person.'

The New York Times estimated the state of the Cuban economy in January 1966, in these words:

The present diffi

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 11:47

 

« Le jour où De Gaulle est parti »

Sous ce titre, publié en 2012, le romancier Guy Konopnicki fait œuvre d’historien.

En effet, au soir du 27 Avril 1969, qui voit le NON l’emporter au référendum sur l’organisation des pouvoirs publics voulu par le Président de la République, De Gaulle, comme il l’avait annoncé lui-même, démissionne.

Conformément à la Constitution l’intérim est aussitôt assuré par le Président du Sénat, Alain Poher et s’ouvre alors dans la précipitation une campagne électorale imprévue.

A l’époque Guy Konopnicki, dirigeant de l’Union des Etudiants communistes, siège au comité central du PCF. Son récit est donc un témoignage de première main sur les débats au sein de la direction du Parti Communiste.

On y découvre que, au PCF comme dans l’ensemble des forces politiques, le débat ne porte pas sur le texte référendaire qui propose une réforme du sénat et un début de régionalisation questions qui dans l’après mais 68 n’agitent pas les foules mais bien sur la poursuite ou non du mandat présidentiel de De Gaulle qui devait s’achever en 1972.

Le PCF découvre pendant l’étrange campagne électorale qui s’ouvre pour la présidentielle que le départ de De Gaulle favorise un renforcement du « camp américain » dans la politique française. Ce renforcement prend deus formes : d’une part des connivences renforcées entre les centristes à la POHER, descendants du MRP de 1945 et la SFIO de Guy Mollet, d’autre part l’émergence à droite du courant libéral atlantiste incarné par Giscard qui achèvera le parti gaulliste en remportant la présidentielle de 1974.

Cette découverte va conduire l’appareil du parti à donner tardivement et secrètement aux militants fidèles la consigne de voter OUI alors que le parti fait officiellement campagne pour le NON. Sans succès !

Le bref passage qui suit a trait au choix du candidat du PCF pour cette présidentielle inattendue. Le débat porte sur l’éventualité d’une candidature de « gauche unie » avec la SFIO ou d’une candidature du PCF seul. La SFIO a choisi Gaston Defferre ….

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LE JOUR OÙ DE GAULLE EST PARTI (p.112)

 

« Député des Bouches-du-Rhône, l'ancien ministre du général de Gaulle affronte Gaston Defferre à Marseille depuis vingt ans. Il rappelle, bien sûr, qu'aux élections municipales de 1965, le maire de Marseille a refusé toute alliance avec les communistes.

- À Marseille, poursuit François Billoux, il s'est allié avec la pire des droites. Sa dernière recrue, un nommé Jean-Claude Gaudin, est un anticommuniste fanatique, aux ordres du consulat américain! Et je vous rappelle que pour battre la liste que je conduisais aux municipales, Defferre a bénéficié du retrait de toutes les listes de droite ! Franchement, Paul, je suis comme toi, attaché à l'unité des travailleurs, mais là, nous avons affaire à un homme du grand capital !

- La question d'une discussion avec Defferre ne se pose pas, tranche Georges Marchais, profitant de l'occasion pour se mettre en avant ... Nous devons maintenant choisir une personnalité capable de porter nos idées. Ce sera une bataille difficile, mais nous sommes contraints de la mener.

Le secrétaire à l'organisation a pris de l'assurance. Il rentre de Moscou où il est désormais reçu par Léonid Brejnev en personne.

Un silence tombe sur la réunion. Seuls les dirigeants les plus anciens osent intervenir, évoquant la possibilité de s'abriter derrière un compagnon de route.

- Malheureusement, remarque Étienne Fajon, il n'existe plus, dans la France d'aujourd'hui, de savants auréolés du prestige de Paul Langevin ou de Joliot-Curie. Les travailleurs comprendraient difficilement l'absence d'un dirigeant communiste reconnu dans cette bataille. Il me semblerait naturel de présenter le secrétaire général du Parti, en le dégageant temporairement de ses autres tâches. »

 

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Le candidat du PCF, Jacques Duclos recueillera 21% des suffrages ratant de peu le second tour qui verra Pompidou éliminer facilement Poher. Defferre recueillera lui 5% des suffrages, l’électorat de la SFIO l’ayant abandonné à la fois pour Poher et pour Rocard.

 

 

 

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 11:38

A écouter les grands médias occidentaux, on pourrait croire qu’il est de plus en plus déconseillé aux présidents africains en exercice de se maintenir au pouvoir  plus longtemps que ne l’autorise la constitution de leur pays. Pourtant …

 

En Côte d’Ivoire…

Le cas qui pose le plus de problèmes est celui du Président de facto de la Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara. Proclamé battu par la Cour Suprême ivoirienne dans les conditions fixées par la Constitution et sans que la demande de recomptage des bulletins demandé par le vainqueur du scrutin : Laurent Gbagbo, n’ait été acceptée  il  a été imposé au pouvoir par un coup d’état militaire organisé le 11 avril 2011 par le Président français Nicolas Sarkozy lequel a reconnu récemment les faits.

La question se pose aujourd’hui se savoir si l’ordre constitutionnel ivoirien violé en Avril 2011  mais viol accepté par la « Communauté Internationale » va être rétabli. La constitution stipule que le mandat présidentiel a une durée de 5 ans. Donc le respect de l’ordre constitutionnel voudrait

  1. qu’une élection présidentielle se tienne en 2015.
  2. que les candidats soient de nationalité ivoirienne

Alassane Ouattara n’est pas ivoirien, il est burkinabé  d’origine et s’il a pu se présenter en 2010 c’est qu’il a bénéficié de forts appuis étrangers et de la mansuétude du président Laurent Gbagbo qui a signé un décret dérogeant dans son cas à la condition de nationalité.

Cette mansuétude pouvait s’expliquer du fait que l’autocrate Houphouët Boigny avait en 1990  choisi Alassane Ouattara comme premier ministre  sachant que l’étranger qu’il recrutait à son service , interdit « de jure » d’élection en Côte d’Ivoire, ne pourrait en aucun cas  lui faire  de l’ombre politiquement et lui ouvrirait en même temps les portes du FMI où OUATTARA avait été directeur du département Afrique. Ouattara était donc devenu de ce fait une personnalité « ivoirienne ».

 En droit donc OUATTARA ne peut pas se représenter et aujourd’hui les chancelleries occidentales  principalement à Paris et à Washington sont très préoccupées par son cas même si elles s’expriment très peu publiquement sur le sujet.

 

Et en Gambie….

Il est très peu fait cas d’un autre président africain, celui de Gambie Yahia Jammeh. Arrivé au pouvoir en 1994 par un coup d’état militaire, ce dictateur a annoncé l’été dernier qu’il allait se proclamer roi, pensant échapper ainsi  aux critiques occidentales qui ne s’adressent formellement qu’aux Présidents élus. Il n’y aurait donc pas de prolongement indu du mandat présidentiel mais un couronnement. Cette véritable farce constitutionnelle aura-t-elle lieu  et les donneurs de leçon occidentaux continueront-elles à fermer les yeux sur les pratiques fort peu démocratiques de ce personnage ?

De bons esprits  (voir document ci-après) suggèrent que le Président JAMMEH pourrait être poursuivi par la Cour Pénale Internationale en raison des nombreux crimes commis pas son régime depuis 20 ans. Hypothèse fort peu probable. En effet la procureure de la CPI Mme FATOU BENSOUDA est elle-même gambienne et si elle s’est éloignée du pays depuis pour poursuivre sa brillante carrière de magistrat international  il convient de ne pas oublier qu’elle  a été Ministre de la Justice du Président JAMMEH de 1998 à 2000.

 

 

 Pour éclairer le sujet :  quelques données  et un document récent sur la Gambie

République enserrée dans le Sénégal, la Gambie ex-colonie britannique occupe simplement la vallée du fleuve du même nom et se trouve être le plus petit état africain (11000 km2). Peuplée d’environ 1 800 000 habitants, son économie est de caractère colonial : exportatrice de produits de base et importatrice de produits manufacturés.

 

 

Gambie : 50 ans d’indépendance, 20 ans de terreur

Fatou Diagne

2015-02-24, Numéro 357

http://pambazuka.org/fr/category/features/94036

Celui-là même qui se faisait passer pour un militaire différent, qui avait promis de ne pas rester au pouvoir et de ne jamais instaurer de dictature, a fini par prendre le pays en otage. Qui disait que le pouvoir rend fou et que le pouvoir absolu rend absolument fou ?

La Gambie célèbre ses 50 ans d’accession à la souveraineté internationale. Cette indépendance loin d’être célébrée dans la concorde et la joie, se tient au moment où le pays est meurtri, divisé et assombri par les persécutions vécues ces 20 dernières années et qui n’ont épargné presque personne. Des officiers de l’Armée, des mères de famille, des juges, avocats, ministres, imams, parlementaires, journalistes, opposants politiques, hommes d’affaires ont tour à tour subi les affres du régime : violences physiques et psychologiques, emprisonnements, confiscations de biens et de titres de voyage, disparitions forcées, meurtres et des centaines d’exilés. Un bilan peu reluisant.

La Gambie vit depuis vingt ans sous un système de terreur orchestré par le président de la République et sa police politique.

LE DEFICIT D’INFORMATIONS MAINTIENT LES POPULATIONS DANS UN SEMBLANT D’INDIFFERENCE

Dans un pays où personne n’est épargné, où tout peut conduire à l’arrestation arbitraire, à la prison ferme et même à la mort ou à la disparition forcée, l’extrême prudence devient la règle.
Dans un pays où les médias sont muselés, les radios sont contraintes de distraire et de donner des informations non politiques comme pour éloigner les populations des réelles préoccupations du pays. Toutes les radios locales émettant de Banjul n’ont pas le droit de faire de l’information, de donner la voix aux populations et encore moins de critiquer le régime.

Elles sont toutes obligées de synchroniser avec la radio d’Etat pour transmettre et amplifier l’information aseptisée, la propagande du Chef suprême. Cet état de fait justifie l’autocensure qui caractérise les médias gambiens.

L’internet est surveillé et les sites d’information critiques au régime émanant de la diaspora sont bloqués. Il y a juste quelques curieux qui osent un peu essayer de braver les interdictions en surfant discrètement sur les sites prohibés afin d’avoir une bouffée d’informations et partager ainsi les perspectives des Gambiens de l’extérieur. Seulement, ces informations n’arrivent pas aux masses, encore préoccupées par leur sécurité et leur survie quotidiennes.

Oui, en 2015 voilà comment les Gambiens de l’intérieur s’informent sur leur pays.

La plupart des populations ne savent pas ce qui se passe réellement dans leur propre pays. Le blackout et le verrouillage du système d’information ont permis au régime de se perpétuer, de continuer à opérer dans le secret et de commettre dans une extrême atrocité des violations graves et massives des droits humains.

A cela s’ajoutent des pratiques souterraines pour faire comprendre au peuple entier que tout le pays est sur écoute téléphonique. Cette astuce a tétanisé les populations, qui sans trop chercher à savoir, ont décidé d’opter pour la prudence en évitant les questions politiques ou qui pourraient être perçues comme telles.

LA DESCENTE AUX ENFERS

Dès la prise de pouvoir, le régime de Jammeh avait pris l’option de la répression. Il avait alors suspendu la Constitution pour gouverner par décret, ce qui lui donnait tous les pouvoirs. Au contact du général Sani Abacha, il avait appris de lui, allant jusqu’à copier les décrets liberticides que le général utilisait pour réprimer son peuple et ses opposants. Ce sont ces décrets qui ont permis aux juges nigérians compromis de légitimer l’exécution de Ken Saro Wiwa, d’entraîner la mort de Moshood Abiola en prison, de fermer des organes de presse et de traquer les militants des droits humains.

Le régime de Banjul ayant bien compris l’utilité de tels décrets n’avait pas hésité à demander l’assistante technique de juristes mercenaires pour l’aider à verrouiller le système et gouverner sans partage dans la terreur et la brutalité.

La transition vécue entre 1994 et 1996 a permis au président Jammeh de consolider son pouvoir et de faire le vide autour de lui. Certains de ses alliés du début ont été éliminés au fil des années, tandis que les plus chanceux se sont retrouvés à l’écart. La première tentative par le corps constituant, qui avait proposé d’inclure dans la Constitution une limite pour le mandat du président, a été rejetée d’un revers de la main par le maître de Banjul et sa cohorte de «révolutionnaires». Celui-là même qui se faisait passer pour un militaire différent. Il avait promis de ne pas rester au pouvoir et de ne jamais instaurer de dictature. Il a fini par prendre le pays en otage. Qui disait que le pouvoir rend fou et que le pouvoir absolu rend absolument fou ?

Progressivement, le régime s’est attaqué à l’élite, en la poussant à l’exil forcé et en l’obligeant ainsi à ne plus avoir son mot à dire sur la marche du pays. La Gambie a perdu plus du tiers de ses ressources humaines qualifiées. Quel énorme gâchis pour un pays qui a besoin de se développer ! Le schéma est classique : limogeage, mise en quarantaine politique et sociale, asphyxie économique, dénonciations vicieuses, intimidations judiciaires et attaques physiques. Voilà comment le régime s’est construit et a écarté l’opposition et toutes les voix dissidentes qui pourraient le gêner dans son entreprise de construction d’un pays soumis.

Dans les années 2000, sentant les résistances des populations à travers le score des opposants, surtout lors de l’élection de 2001, le régime a accéléré les réformes pour barrer la route à toute possibilité de changement par les urnes et freiné le processus de décentralisation des Collectivités locales qui prévoyait de donner plus d’autonomie aux populations pour gérer les affaires locales.

Tout cela s’est fait sur le dos des populations silencieuses et a été légitimé par les changements multiples de la Constitution, dans des conditions on ne peut plus obscures. Toutes les institutions, qu’elles soient religieuses, locales, législatives et judiciaires sont sous le contrôle strict du régime.
 Pendant ce temps, le projet d’un Etat-parti se concoctait par l’entremise des juristes du Palais qui ont commencé à changer les règles du jeu et à limiter le rôle des populations dans les choix des dirigeants notamment locaux, à renforcer les lois régressives pour museler toutes les possibilités d’expression indépendante.

Dans le but de les punir, les populations des zones favorables aux opposants ont été privées de manière éhontée des programmes de l’Etat. Le message était clair et le président y va constamment pour rappeler sans détours que le développement ne se limitera qu’aux populations des zones qui votent pour lui.

En avril 2000, lors de manifestations pacifiques des élèves qui protestaient contre les abus des forces de l’ordre à l’encontre de leurs camarades, une douzaine d’entre eux a été tuée par balles, d’autres blessés, torturés et emprisonnés. Les procès qui ont suivi cet incident ont été un «real test». Les juges qui ont osé demander la libération des élèves emprisonnés et d’examiner les cas des autres victimes en ont payé le prix.

Depuis, l’organisation dite des élèves et étudiants libres a été dissoute. L’université est sous haute surveillance et le chef de l’Etat «himself» en est le président. On comprend bien la peine éprouvée par les enseignants pour dispenser leurs cours dans le respect des libertés académiques.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et la répression s’est renforcée

Entre 2004 et 2009, les journalistes et les populations ont vécu des années de détresse et de violences encore restées impunies : meurtre de Deyda Hydara, disparition forcée de Ebrima Manneh, arrestations et tortures de journalistes, saccages et liquidations d’organes de presse, campagnes contre la sorcellerie avec son lot d’humiliations et de morts, avec des populations forcées à boire des potions, trouvaille du «remède» contre le sida et les autres maladies, avec le désastre et la descente aux enfers des personnes vivant avec le Vih. Et la liste continue.

L’année 2012 a été celle de la révélation de la nature de la brutalité gratuite exercée par le régime gambien, avec l’exécution arbitraire et extrajudiciaire de 9 prisonniers, dans des conditions inhumaines, qui a choqué le monde entier. Mais cet acte n’est que la face visible de l’iceberg. Combien de personnes ont été portées disparues ? Que s’est-il passé avec les 44 Ghanéens exécutés, les purges dans l’armée, les nombreux cas de personnes dont des civils, tués pendant les détentions, etc. ?

Pourquoi ce silence dérangeant sur la Gambie ?

L’histoire sait se répéter et les hommes peinent à en tirer les conséquences. Peut-être que la Cour pénale internationale ou une Commission vérité pourront un jour éclairer les lanternes sur ces atrocités.

Aux personnes tuées, portées disparues, privées de liberté, aux familles privées d’enterrer leurs proches dans leur propre patrie, aux exilés forcés qui vivent dans la précarité, à toutes les victimes des 20 ans de la répression, célébrer 50 ans d’indépendance n’a point de sens dans ces conditions où la liberté est piétinée chaque jour.

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 14:11

Le 2 Mai 2014

Un témoignage exceptionnel  à écouter dans les archives de Comaguer sur dotspirit

voir le lien

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