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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 18:45

SUR LA POLICE DE LA PENSEE

***

Etude d’un cas concret  de censure sur Radio Galère

Depuis 15 ans le comité COMAGUER  (Comprendre et agir contre la guerre) créé en 2001 réalise des émissions de Politique internationale sur RADIO GALERE à Marseille.

Sous deux formes : Les carnets de COMAGUER, une chronique d’actualité hebdomadaire (durée 60 minutes), les dossiers de COMAGUER une émission thématique mensuelle sur un sujet , un auteur ou un livre (durée 90 minutes)

Pour le DOSSIER du 8 Novembre COMAGUER considérant le grand intérêt du nouveau  livre de Thierry Meyssan  « SOUS NOS YEUX »  pour la compréhension des politiques étrangères conduites par les deux derniers présidents français avait décidé d’interviewer l’auteur qui avait donné son accord. La version française du livre, déjà traduit en 9 autres langues  a été publiée en Avril 2017 par les Editions Demi-lune (France).

Thierry Meyssan habite Damas. Contact avait été pris  pour l’interroger en direct soit par téléphone soit pas SKYPE les lignes téléphoniques de la Syrie vers l’extérieur étant souvent saturées.

Comme il le fait toujours COMAGUER annonce le thème de son prochain DOSSIER par mail à son fichier de contact à l’intérieur de la radio et à l’extérieur.

Le Lundi 6 Novembre nous enregistrons  trois réactions très vives de l’intérieur de la radio émanant de 3 membres du CA contre l’invitation de Thierry Meyssan à l’antenne. C’est la première fois en quinze ans que pareille réaction se produit. Il n’est pas question du livre mais de l’auteur lui-même considéré donc comme infréquentable et dont le seul énoncé du nom semble insupportable. Voyant venir des difficultés COMAGUER fait aussitôt part à Thierry Meyssan de ces premières réactions en attendant la suite.

Le hasard veut que le soir du Lundi 6  Novembre se tienne la réunion mensuelle régulière du CA de l’association qui gère la radio. Bien que la question ne soit pas à l’ordre du jour elle est abordée probablement à la demande d’un des trois signataires des mails de protestation dont seuls deux sont présents. Au cours de la réunion Bernard Genet, porte-parole de COMAGUER et animateur de l’émission reçoit un appel téléphonique d’un des trois susnommés qui lui annonce que le débat est en cours sur le refus de l’intervention de Thierry Meyssan à l’antenne. Il demande quelle justification la CA va pouvoir donner à cette interdiction, la réponse est «  Thierry Meyssan est un conspirationniste, un fasciste ». A sa demande  son interlocutrice qui a mis l’amplificateur de son téléphone en service interroge l’assemblée et lui  répond que personne n’a lu le livre. Il confirme alors sa demande d’avoir une justification écrite à la décision qui sera prise.

Il ne la recevra que par téléphone le lendemain matin 7 Novembre.  Un message écrit  - voir ci-dessous - qui lui aurait été expédié l’après-midi de ce même jour ne lui parviendra jamais et lui sera transmis aimablement  le Samedi 11 par  un autre membre du CA qu’il rencontre à ce sujet. 

En écho à ce message COMAGUER  tient à préciser qu’il ne s’est jamais intéressé à SORAL, n’a  jamais cité ni son nom ni ses propos à l’antenne et ignore qui est CHATILLON.  D’autre part  assimiler THIERRY MEYSSAN au «  Boucher de Damas », terme utilisé pour désigner, on suppose, le Président de la république Arabe Syrienne dans un des trois mails de protestation mentionnés plus haut c’est considérer que le journaliste qui ne reprend pas à son compte les attaques virulentes du gouvernement français et les appels au meurtre du Ministre des Affaires Etrangères contre le dirigeant d’un Etat souverain est un complice de la «  Boucherie » en question.  C’est également postuler ce qui est pour nous inacceptable qu’un journaliste qui fait son métier c’est-à-dire  explique les raisons d’une politique, donne à comprendre et à réfléchir ne  saurait être qu’un chien de garde du pouvoir.  

Le CA écrit donc qu’après débat il est unanimement en désaccord avec l’intervention de Thierry Meyssan à l’antenne. Comme il n’existe à notre connaissance aucun précédent à semblable prise de position la question se pose  alors pour COMAGUER de savoir s’il s’agit d’une interdiction ou de la simple expression d’un désaccord politique. La réponse est, comme on le dit du diable, dans le détail qui suit.  

En effet assiste de plein droit au CA un des salariés permanents de l’association en CDI, un technicien, père de trois enfants, une  des chevilles ouvrières de la radio depuis des années. Ordre est donc donné à ce salarié de ne pas assurer la technique de l’émission du lendemain. L’émission est donc de fait interdite, le studio sera fermé. Le désaccord politique se transforme en censure.  Face à cet ordre de son employeur ce salarié ne peut qu’obtempérer. 

Les membres de COMAGUER se consultent  et rencontrent le lendemain 7 Novembre après-midi ce salarié pour lui dire qu’ils n’ont aucun reproche à lui faire et que la stupidité de l’ordre émanant de l’employeur  via le CA n’engage que la responsabilité de celui-ci.

Nous prévenons donc  Thierry Meyssan de cet acte de censure hypocrite qui a honte de dire son nom  et l’informons que l’émission n’aura pas lieu. Le studio étant fermé aucune annonce n’est faite  à ce sujet à l’antenne à l’heure normale de l’émission et les auditeurs sont laissés dans l’ignorance de ce qui s’est passé. Ceci justifie que par respect pour eux COMAGUER fasse connaitre  publiquement avec ce texte les raisons de ce silence.

Nous voici donc dans un pays où il n’existe plus  - et c’est tant mieux - de censure officielle, où les livres de Thierry Meyssan sont en vente libre, où aucun des dirigeants politiques mis gravement en cause dans « SOUS NOS YEUX » n’ a répondu ni donné de suites judiciaires  mais où le lynchage médiatique permanent d’un journaliste bien informé mais de facto interdit de séjour dans son propre pays crée des réflexes de chasse aux sorcières  y compris , la preuve est malheureusement faite,  au sein d’une radio associative attachée à la liberté d’expression mais qui en l’occurrence s’avère être, au moins au niveau des participants au CA du 06.11,  une victime déplorable de l’intense propagande de guerre gouvernementale développée par la France contre deux pays : la Libye et la Syrie. Cette propagande  est allée de pair avec des interventions concrètes violentes sur le terrain : bombardements en Libye, assassinat du chef de l’Etat et destruction de l’Etat ouvrant sur une crise humanitaire d’envergure , intervention des forces spéciales françaises en Syrie , livraison d’armements, soutien politique appuyé aux opposants, terroristes compris, du régime syrien, matraquage médiatique par les chaines publiques de radio et de télévision qui ne donnent la parole qu’aux seuls « experts » « dans la ligne »,  jusqu’à la préparation d’une attaque de missiles français sur la Syrie et dont l’objectif était probablement l’assassinat d’un second chef d’Etat qui selon le Ministre des Affaires étrangères français devait « disparaitre de la surface de la terre » attaque qui ne sera évitée in extremis que parce que le parlement britannique consulté refusera  cette agression et que le Président des Etats-Unis refusera son soutien arguant hypocritement qu’il n’a pas eu le temps de consulter le Congrès.

Il convient de souligner que la structuration  d’un  « l’anti-conspirationnisme » existant  depuis le 11 septembre 2001 a été décidée et conduite en France  par la  Présidence Hollande. Cela commence début 2015 par une note du Parti socialiste rédigée à la demande du Président  sur le mouvement international «  conspirationniste ». Le 27 Janvier 2015 au mémorial de la Shoah il affirme : «L’antisémitisme entretient les théories du complot qui se diffusent sans limite. Théories du complot qui ont, dans la passé, conduit déjà au pire » ce qui veut dire que pour lui tout « conspirationniste » est un antisémite, montage idéologique toujours à l’œuvre. Peu après la Fondation Jean Jaurès, think tank du PS, publie une note intitulée : « Conspirationnisme : un état des lieux » qui comprend une liste des citoyens dangereux digne d’un inventaire à la Prévert. Qu’on en juge :

« [C’est une] mouvance hétéroclite fortement intriquée avec la mouvance négationniste, et où se côtoient admirateurs d’Hugo Chavez et inconditionnels de Vladimir Poutine. Un milieu interlope que composent anciens militants de gauche ou d’extrême gauche, ex-« Indignés », souverainistes, nationaux-révolutionnaires, ultra-nationalistes, nostalgiques du IIIe Reich, militants anti-vaccination, partisans du tirage au sort, révisionnistes du 11-Septembre, antisionistes, afrocentristes, survivalistes, adeptes des « médecines alternatives », agents d’influence du régime iranien, bacharistes, intégristes catholiques ou islamistes » (p. 8).

 

Avec pareil fourre-tout, nul n’est aujourd’hui à l’abri d’une perquisition policière, voire d’une garde à vue prolongée  dans cette République fatiguée où l’état d’urgence vient d’être rendu permanent par un parlement croupion.

 

Mais que diable le CA de RADIOGALERE allait-il faire dans cette galère gouvernementale ?

***

La décision du CA du 06.11.2017 :

***

De : CA <ca-bounces@radiogalere.org> de la part de Isabelle TAITT via CA <ca@radiogalere.org>
Envoyé : mardi 7 novembre 2017 14:52
À : SUN TZU
Cc : ca radio galere
Objet : [CAdmin-Galere] Thierry Meyssan sur Radio Galère

 

 Me revient la tâche désagréable de te faire part du message du CA décidé hier

soir concernant l'intervention de Thierry Meyssan sur les ondes de Radio Galère 

 __________________________________________________________________

 Salut Bernard !

  Le CA de Radio Galère a pris connaissance, par ton annonce sur la liste infos, de ce que tu as prévu de donner la parole à Thierry Meyssan dans ton émission de mercredi soir.

 Lors de la réunion du CA de hier soir, à l'unanimité, et après avoir échangé avec toi par téléphone, en mettant le haut parleur afin que tout le monde puisse entendre ta position, nous avons acté de notre désaccord à l'intervention de Thierry Meyssan sur notre antenne commune.

   Il n'est toutefois pas dans la culture de Radio Galère d'exercer une censure a priori, c'est pourquoi nous ne te fermerons pas l'antenne mercredi soir. Par contre, afin qu'aucun salarié ne puisse se trouver en position difficile par rapport à toi, nous leur demandons de ne pas assurer la technique de cette émission.

 Nous pourrions argumenter longuement sur les raisons de notre désaccord, et nous espérons pouvoir le faire avec toi un jour, mais nous préférons nous référer à ce qui nous est commun, notre Charte. Extrait : « La radio s'engage contre tous les systèmes d'exploitation et d'oppression, pour l'émancipation de l'humanité, pour le droit des hommes et des femmes ! ». Le soutien de Thierry Meyssan à des régimes dictatoriaux et ses « fréquentations » de type Soral et Chatillon, nous suffisent aujourd'hui pour considérer que ses thèses et son discours ne sont pas conformes aux valeurs exprimées dans la Charte de Radio Galère.

***

Cette interdiction inquiétante a suscité des débats parmi les animateurs d’émissions de la radio  et le Président de l’association RADIO GALERE, absent le 06.11,  a convoqué un CA extraordinaire  pour revoir la question.

 A son issue, le communiqué suivant a été publié.

« Les membres du CA et les animateurs présents réunis le 20. 11. 17
- confirment leur attachement à la liberté d'expression et à la diversité y compris des oppositions irréconciliables.
- refusent tout jugement à priori au sujet d'une émission.
- s'engagent à être vigilants envers toute dérive qui contredirait la charte, chacun ayant une responsabilité tant légale que morale envers la radio.

Le CA »

***

COMAGUER  prend acte avec satisfaction de cette rectification et rappelle à cette occasion que :

  1. Dans le travail de journaliste indépendant  qui est celui des animateurs d’émission bénévoles sur Radio Galère donner la parole à l’auteur d’un livre ne signifie pas être le porte parole de cet auteur, mais considérer  après une lecture attentive que son livre mérite d’être lu.
  2. Le livre « SOUS NOS YEUX » apporte effectivement nombre d’éléments sur la politique néocoloniale catastrophique de la France en Libye, en Syrie  tout comme en Côte d’Ivoire. Cette politique catastrophique commence bien que tardivement à émerger et la responsabilité  morale, politique et pénale des dirigeants  qui l’ont conduite  devra être établie devant l’Histoire.
  3. COMAGUER  a observé à la lecture de ce livre que nombre d’informations qu’il rassemble occultées en France par les médias dominants se retrouvaient dans de très nombreuses publications (livres, articles, interviews) dans le monde entier et en particulier aux Etats-Unis.
  4.  La police de la pensée qui se met progressivement en place en France, dans l’OTAN et  dans l’Union Européenne (la Commission européenne vient de mettre en place le 11 Novembre un groupe de travail chargé de combattre les « fausses nouvelles » comprendre « établir la doxa lexicale et médiatique labellisée comme seule et unique vérité officielle »)  produit des effets inquiétants dans l’opinion publique. Elle prend en particulier la forme de la publication  de listes noires d’intellectuels critiques  et traduit une collusion  de plus en plus dangereuse et manifeste entre le pouvoir politique et les grands médias très majoritairement aux mains du grand Capital.
  5. Dans les guerres de quatrième génération menées aujourd’hui par les puissances impérialistes , la manipulation de l’opinion publique est partie intégrante de la stratégie d’ensemble : elle commence par  la préparation  de l’opinion à une agression à venir non annoncée mais déjà programmée pour la rendre acceptable et ensuite, quand l’agression a lieu, en violation de la charte des Nations Unies ,  elle s’emploie à  faire croire que le pays victime toujours plus faible que ses agresseurs , détruit , affamé, bouleversé  , a été « redressé »  au sens des « maisons de redressement » et qu’il a repris le « droit chemin » des maitres du monde impérialiste et de leurs multinationales.
Ce mécanisme brillament décrit dés 1988 par Noam Chomsky et Edward S. Hermann dans leur livre «  MANUFACTURING CONSENT »   (réédité en 2002) et dont les Editions Agone ont publié  en 2008 la version française (« nouvelle édition revue et actualisée –texte intégral » précise Agone) sous le titre : « LA FABRICATION DU CONSENTEMENT » fonctionne aujourd’hui à plein régime  en France. COMAGUER déplore à ce sujet que  dans les médias français l’apport du coauteur Edward S Hermann, ce professeur d’économie récemment décédé,  ait été sous estimé au point que son nom n’est même pas cité dans de nombreuses recensions alors qu’il a publié seul ou avec d’autres coauteurs de nombreux autres ouvrages de la même veine. En France citons : Edward S.Hermann, David Peterson, Génocide et propagande, L'instrumentalisation politique des massacres – Editions Lux.

 

6- Pour autant le refus de la majorité du corps électoral de s’engager aveuglément en Mai 2017 dans la DOUBLE IMPASSE : MACRON - LE PEN montre les limites déjà atteintes de ce contrôle de masse des esprits.

 

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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 11:17

LES  FANTASMAGORIES  DU QUAI D’ORSAY

 Peu après son arrivée au Quai d’Orsay Jean Yves Le Drian a nommé une porte-paroles officielle du ministère : Madame Agnès Romatet-Espagne

Il s’agit d’une diplomate de formation qui occupait déja un poste stratégique dans l’équipe de Laurent Fabius puisqu’elle s’était vu attribuer la direction du nouveau service que le tout puissant Ministre des affaires étrangères avait arraché au ministère de l’économe et des finances : la Direction des entreprises de l’économie internationale et de la promotion du tourisme. Nommée dés le mois de Juin à ce poste officiel très exposé elle semble donc présenter un profil macronien marqué.

                                                                                                                                                                                                          ***                                                                                         

Quelques interviews récentes ont retenu notre attention

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Cas n° 1 – à partir d’une dépêche AFP  

Paris demande à Téhéran de «cesser les activités qui déstabilisent la situation régionale»

© AFP 2017 Clemens Bilan   France

08:06 24.09.2017  (mis à jour 11:49 24.09.2017)

Paris a publié un communiqué exprimant son inquiétude face au dernier tir de missile iranien et demande à Téhéran de cesser les activités déstabilisant la situation dans la région.

Préoccupé par le dernier tir du missile iranien Khorramshahr, Paris appelle Téhéran à cesser de déstabiliser la situation régionale et promet de se concerter avec ses partenaires afin de forcer l'Iran à ne pas récidiver.

«La France demande à l'Iran de cesser les activités qui déstabilisent la situation régionale», a déclaré la porte-parole du Quai d'Orsay Agnès Romatet-Espagne.

L’Iran a testé un missile balistique (vidéo)

La diplomate a ajouté que la France se concerterait avec ses partenaires «sur les manières de forcer l'Iran à cesser de se comporter ainsi».

L'Iran a testé avec succès son nouveau missile balistique d'une portée de 2.000 km qui peut être doté de plusieurs ogives.

Le nouveau missile, baptisé Khorramshahr, a été présenté jeudi dernier, lors d'un défilé militaire à Téhéran. La date de l'essai n'a pas été précisée.

Lors de ce défilé, qui a été l'occasion de présenter les nouveaux matériels militaires, le Président Hassan Rohani a martelé son intention de renforcer le potentiel balistique du pays.

***

Vu depuis les bords de la Seine la présence militaire massive des Etats-Unis tout autour de l’Iran   qu’elle soit officielle (Afghanistan, Qatar, Golfe Persique)  y compris avec de l’armement nucléaire ou « spéciale » (Irak, Syrie, Jordanie et autres)  ne semble pas visible  et ne constitue en aucune façon un élément de tension internationale permanente. Que dans pareil contexte l’Iran soigne sa défense serait donc  un facteur de « déstabilisation ».  

En vérité ce qui déstabilise l’impérialisme étasunien et ses alliés c’est que ses victimes désignées ne sont  pas disposées à se laisser immoler.    

***

Cas n°2  - A la suite de l’éviction  de Daesh de sa capitale Raqqa  par les forces de la dite « Coalition »  occidentale

 qui est en position d’envahisseur d’un pays  souverain – à partir d’une dépêche de l’agence de presse iranienne presstv -

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Reprise du bulletin de  tourtaux-jacques Le 19/10/2017

INGERENCE COLONIALE DE LA FRANCE EN SYRIE : CREER UN "ETAT" A RAQQA

Syrie : nouvelle ère coloniale de la France à Raqqa ?

Thu Oct 19, 2017 1:46PM

La porte-parole de la diplomatie française a estimé que la création d’un « État » à Raqqa, une fois que Daech y sera éradiqué, fait partie des priorités de Paris.   

 « Une fois que la ville de Raqqa sera reprise aux terroristes de Daech, la mise sur pied d’un État à Raqqa sera l’une des priorités de la France », a affirmé la porte-parole du Quai d’Orsay, Agnès Romatet-Espagne.

La porte-parole de la diplomatie française a souligné que les discussions avec les pays membres de la soi-disant coalition internationale anti-Daech, en vue de créer un « État à Raqqa » une fois que cette ville sera nettoyée de la présence de Daech, font partie des priorités de Paris.

Quant à la modalité de la gestion de Raqqa une fois que Daech y sera éradiqué et aux éventuelles aides de la France à cette ville, y compris des soutiens financiers pour reconstruire ses infrastructures à long ou à court terme, elle a déclaré :

« Dans le processus de rétablissement de la stabilité à Raqqa, il est indispensable de créer un État légitime et efficace pour gérer la ville. La France est en train de le débattre sérieusement avec ses alliés au sein de la coalition internationale anti-Daech, et cela est l’une des priorités de Paris. »

Par ailleurs, il est à noter que récemment, les internautes ont diffusé des images du ministre conseiller saoudien pour les affaires du golfe Persique, Samer al-Sabhan, en compagne de Brett McGurk, représentant spécial de Donald Trump auprès de la coalition internationale à Raqqa. Il paraît que les deux hommes ont rencontré les représentants des Kurdes de Syrie que la Turquie considère comme un groupe terroriste.   

http://www.presstv.com/DetailFr/2017/10/19/539148/Raqqa--nouveau-colonialisme-français-

***

N’ayant pas réussi à renverser le gouvernement syrien comme elle s’y est employée avec acharnement depuis 2011, la France se rabat maintenant sur l’organisation d’une sécession et se propose , avec la fameuse « coalition » internationale, de découper par la force un morceau de la République arabe syrienne pour en faire un Etat non viable, enclavé, dépendant , une succursale de l’impérialisme occidental, un facteur de désordre régional permanent. Cette même France coloniale qui du temps du mandat  sur la Syrie s’était déjà livrée à ce genre d’opérations chirurgicales (séparation réussie du Liban, échec de la création d’une république druze sans oublier la cession du Sandjak d’Alexandrette à la Turquie qui a servi à partir de 2011 de base arrière aux agresseurs djihadistes).  Un passé bien lourd !

***

 

 

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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 11:13

BRÈVE HISTOIRE DE LOTAN

DE 1991 À NOS JOURS

(10)

Manlio Dinucci

 

 

LE COUP D’ÉTAT EN UKRAINE

 

Lopération conduite par lOtan en Ukraine commence quand en 1991, après le Pacte de Varsovie, se désagrège aussi lUnion Soviétique dont elle faisait partie. Les Etats-Unis et leurs alliés européens agissent immédiatement pour tirer le plus grand avantage de la nouvelle situation géopolitique.

 

LUkraine -dont le territoire de plus de 600 000 km2 fait tampon entre lOtan et la Russie, et est traversé par les couloirs énergétiques entre la Russie et lUE- nentre pas dans lOtan, comme le font dautres pays de lex URSS et de lex Pacte de Varsovie. Elle va par contre entrer dans le Conseil de coopération nord-atlantiqueet, en 1994, dans le Partenariat pour la paix, en contribuant aux opérations de maintien de la paixdans les Balkans.

 

En 2002 est adopté le Plan daction Otan-Ukraineet le président Kouchma annonce lintention dadhérer à lOtan. En 2005, dans le sillage de la révolution orange(orchestrée et financée par les USA et par les puissances européennes), le président Yushchenko est invité au sommet Otan de Bruxelles.

 

Immédiatement après est lancé un dialogue intensifié sur laspiration de lUkraine à devenir membre de lOtanet en 2008 le sommet de Bucarest donne le feu vert à son entrée. En 2009 Kiev signe un accord qui permet le transit terrestre en Ukraine dapprovisionnements pour les forces Otan en Afghanistan. Désormais ladhésion à lOtan semble certaine mais, en 2010, le président nouvel élu Yanoukovitch annonce que, tout en continuant la coopération, ladhésion à lOtan nest pas au programme de son gouvernement.

 

Mais entretemps lOtan tisse un réseau de liens à lintérieur des forces armées ukrainiennes. Des officiers supérieurs participent pendant des années à des cours de lOtan Defense College à Rome et à Oberammergau (Allemagne), sur des thèmes concernant lintégration des forces armées ukrainiennes avec celles de lOtan. Sinsère dans le même cadre linstitution, auprès de lAcadémie militaire ukrainienne, dune nouvelle faculté multinationaleavec des enseignants Otan.

 

Est aussi très développée la coopération technico-scientifique dans le domaine des armements pour faciliter, à travers une plus grande interopérabilité, la participation des forces armées ukrainiennes à des opérations conjointes pour la paixsous conduite Otan.

 

En outre, étant donné que de nombreux Ukrainiens manquent dinformations sur le rôle et les objectifs de lAlliance et gardent à lesprit des stéréotypes dépassés datant de la guerre froide, lOtan institue à Kiev un Centre dinformation qui organise des rencontres et séminaires et même des visites de représentants de la société civileau quartier général de Bruxelles.

 

Et comme nexiste pas seulement ce qui se voit, il est évident que lOtan construit un réseau de relations dans les milieux militaires et civils beaucoup plus étendu que celui qui apparaît.

 

Sous direction USA/Otan, à travers la Cia et dautres services secrets vont être recrutés, financés, entraînés et armés des militants néo-nazis. Une documentation géographique montre des jeunes militants néo-nazis ukrainiens de Uno-Unso entraînés en 2006 en Estonie par des instructeurs Otan, qui leur enseignent des techniques de combat urbain et lutilisation dexplosifs pour des sabotages et attentats.

 

Même méthode que celle utilisée par lOtan, pendant la guerre froide, pour former la structure paramilitaire secrète Gladio. Active aussi en Italie où, à Camp Darby et dans dautres bases, sont entraînés des groupes néo-fascistes en les préparant à des attentats et à un éventuel coup d’état.

 

Cest cette structure paramilitaire qui entre en action Place Maïdan, en la transformant en champ de bataille : tandis que des groupes armés donnent lassaut aux édifices de gouvernement, des tireurs isolés inconnustirent avec les mêmes fusils de précision à la fois sur les manifestants et sur les policiers (presque tous touchés à la tête).

 

Le 20 février 2014 le secrétaire général de lOtan sadresse, sur un ton de commandement, aux forces armées ukrainiennes, en les avertissant de rester neutres, sous peine de graves conséquences négatives pour nos relations. Abandonné par le sommet des forces armées et par une grande partie de lappareil gouvernemental, le président Viktor Yanoukovitch est contraint à la fuite.

 

Andriy Parubiy -co-fondateur du parti national-social, constitué en 1991 sur le modèle du Parti national-socialiste dAdolf Hitler, et chef des formations paramilitaires néo-nazies est mis à la tête du Conseil de défense et de sécurité nationale.

 

Le putsch de la Place Maïdan est accompagné par une campagne de persécution, dirigée notamment contre le Parti communiste et les syndicats, analogue à celles qui marquèrent lavènement du fascisme en Italie et du nazisme en Allemagne. Sièges de parti détruits, dirigeants lynchés, journalistes torturés et assassinés ; activistes brûlés vifs dans la Maison des Syndicats à Odessa ; des habitants, sans armes, de lUkraine orientale dorigine russe sont massacrés à Marioupol, bombardés au phosphore blanc à Slaviansk, Lugansk et Donetsk.

 

Cest un véritable coup d’état sous régie USA/Otan, dans le but stratégique de provoquer en Europe une nouvelle guerre froide pour frapper et isoler la Russie et renforcer, en même temps, linfluence et la présence militaire des Etats-Unis en Europe.

 

Face au coup d’état et à loffensive contre les Russes dUkraine, le Conseil suprême de la République autonome de Crimée - territoire russe passé à lUkraine pendant la période soviétique en 1954- vote la sécession vis à vis de Kiev et la demande dannexion à la Fédération russe, décision qui sera confirmée par 97% des votes favorables par un référendum populaire. Le 18 mars 2014 Vladimir Poutine signe le traité dadhésion de la Crimée à la Fédération russe avec le statut de république autonome.

 

La Russie va alors être accusée par lOtan et par lUE davoir annexé illégalement la Crimée et soumise à des sanctions.

 

(10, à suivre)

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 17:17

BRÈVE HISTOIRE DE LOTAN

DE 1991 À NOS JOURS

(3)

Manlio Dinucci

 

LE CONTOURNEMENT DE LARTICLE 5 ET LA CONFIRMATION DU LEADERSHIP USA

 

Alors quest en cours la guerre contre la Yougoslavie, est convoqué à Washington, les 23-25 avril 1999, le sommet qui officialise la transformation de lOtan en « une nouvelle Alliance plus grande, plus flexible, capable dentreprendre de nouvelles missions, y compris les opérations de réponse aux crises ».

   Dune alliance qui, sur la base de larticle 5 du Traité du 4 avril 1949, engage les pays membres à assister même avec la force armée le pays membre qui serait attaqué dans laire nord-atlantique, elle est transformée en alliance qui, sur la base du « nouveau concept  stratégique », engage aussi les pays membres à « conduire des opérations de riposte aux crises non prévues par larticle 5, en dehors du territoire de lAlliance ».

  Pour éviter tout équivoque, le président démocrate Clinton explique dans une conférence de presse que les alliés nord-atlantiques « réaffirment quils sont prêts à affronter des conflits régionaux au-delà du territoire de lOtan ». A la question de savoir quelle est laire géographique dans laquelle lOtan est prête à intervenir, « le Président se refuse à spécifier à quelle distance lOtan entend projeter sa propre force, en disant que ce nest pas une question de géographie ». En dautres termes, lOtan entend projeter sa propre force militaire en-dehors de ses frontières non seulement en Europe, mais aussi dans dautres régions.

   Ce qui ne change pas, dans la mutation de lOtan, est la hiérarchie à lintérieur de lAlliance. La Maison Blanche dit en toutes lettres que « nous maintiendrons en Europe environ 100 mille militaires pour contribuer à la stabilité régionale, soutenir nos liens transatlantiques vitaux et conserver le leadership des Etats-Unis dans lOtan ».
  Et c
est toujours le Président des Etats-Unis qui nomme le Commandant Suprême Allié en Europe, qui est toujours un général ou amiral étasunien, et non pas les alliés, qui se bornent à ratifier le choix. Même chose pour les autres commandements clé de lAlliance.

  

 

LA SUBORDINATION DE LUNION EUROPÉENNE À LOTAN

 

Le document qui engage les pays membres à opérer en-dehors du territoire de lAlliance, souscrit par les leaders européens le 24 avril 1999 à Washington, rappelle que lOtan « soutient pleinement le développement de lidentité européenne de la défense à lintérieur de lAlliance ». Lidée est claire : lEurope occidentale peut avoir son « identité de la défense », mais elle doit rester à lintérieur de lAlliance, cest-à-dire sous commandement USA.

   Ainsi est confirmée et consolidée la subordination de lUnion européenne à lOtan. Le Traité de Maastricht de 1992 établit, à larticle 42, que « lUnion respecte les obligations de certains Etats membres, lesquels estiment que leur défense commune se réalise par lintermédiaire de lOtan, dans le cadre du Traité de lAtlantique Nord ». Celui-ci stipule, à larticle 8, que chaque Etat membre « assume l'obligation de ne souscrire aucun engagement international en contradiction avec le Traité ».

   Et dans une confirmation ultérieure de ce quest le rapport Otan-UE, le protocole n° 10 sur la coopération instituée par larticle 42 souligne que lOtan « reste le fondement de la défense » de lUnion européenne.

 

 

LADOPTION PAR LITALIE DUN « NOUVEAU MODÈLE DE DÉFENSE » QUI VIOLE LARTICLE 11 DE SA CONSTITUTION

 

En participant avec ses bases et ses forces armées à la guerre contre la Yougoslavie, pays qui navait accompli aucune action agressive ni contre lItalie ni contre dautres membres de lOtan, et en sengageant à conduire des opérations non prévues par larticle 5 en-dehors du territoire de lAlliance, lItalie confirme avoir adopté une nouvelle politique militaire et, simultanément, une nouvelle politique étrangère. Celle-ci, en utilisant comme instrument la force militaire, viole le principe constitutionnel, affirmé par lArticle 11, que «lItalie répudie la guerre en tant quinstrument datteinte à la liberté́ des autres peuples et comme mode de solution des conflits internationaux ».

   Cest le « nouveau modèle de défense » adopté par lItalie, dans le sillage de la réorientation stratégique étasunienne, quand, avec le sixième gouvernement Andreotti, elle participe à la guerre du Golfe : les Tornado de laéronautique italienne effectuent 226 sorties pour un total de 589 heures de vol, bombardant les objectifs indiqués par le commandement étasunien. Cest la première guerre à laquelle participe la République italienne, en violant lArticle 11, un des principaux fondements de sa propre Constitution.

   Immédiatement après la guerre du Golfe, pendant le septième gouvernement Andreotti, le Ministère de la défense publie, en octobre 1991, le rapport Modèle de défense / Lignes de développement des Forces Armées dans les années 90. Le document reconfigure le positionnement géostratégique de lItalie, en la définissant comme « élément central de laire géostratégique qui s’étend de façon unitaire du Détroit de Gibraltar jusqu’à la Mer Noire, en se reliant, à travers Suez, avec la Mer Rouge, la Corne dAfrique et le Golfe Persique ». Etant donné la « significative vulnérabilité stratégique de lItalie » surtout pour lapprovisionnement pétrolifère, « les objectifs permanents de la politique de sécurité italienne se configurent dans la protection des intérêts nationaux, dans la plus vaste acception de ces termes, partout où cest nécessaire », en particulier de ces intérêts qui «ont une incidence directe sur le système économique et sur le développement du système productif, en tant que condition indispensable pour la conservation et le progrès de lactuelle organisation politique et sociale de la nation ».

   En 1993 -pendant que lItalie est en train de participer à lopération militaire lancée par les USA en Somalie, et quau gouvernement Amato succède celui de Ciampi - lEtat-major de la défense déclare qu’« il faut être prêts à se projeter à longue distance » pour défendre partout les « intérêts vitaux », afin de « garantir le progrès et le bien-être national en conservant la disponibilité des sources et voies dapprovisionnement des produits énergétiques et stratégiques ».

   En 1995, pendant le gouvernement Dini, l’état-major de la défense fait un nouveau pas en avant, en affirmant que « la fonction des forces armées transcende le strict cadre militaire pour se hausser aussi à la mesure du statut et du rôle du pays dans le contexte international ».

  En 1996, pendant le gouvernement Prodi, ce concept va être développé dans la 47ème session du Centre des hautes études de la défense. « La politique de la défense -affirme le général Angioni - devient un instrument de la politique de la sécurité et, donc, de la politique extérieure ».

    Cette politique anticonstitutionnelle, introduite par des décisions apparemment techniques, se trouve de fait institutionnalisée en passant au-dessus dun parlement qui, dans sa très grande majorité, sen désintéresse ou ne sait même pas précisément ce qui est en train dadvenir.

 

(3. A suivre)

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BRÈVE HISTOIRE DE LOTAN

DE 1991 À NOS JOURS

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Manlio Dinucci

 

LEXPANSION DE LOTAN VERS LA RUSSIE

 

Dans cette même année -1999- où elle lance la guerre contre la Yougoslavie et annonce vouloir « conduire des opérations de réponse aux crises, non prévues à larticle 5, en-dehors du territoire de lAlliance », lOtan commence son expansion vers lEst. Elle englobe les trois premiers pays de lex Pacte de Varsovie : Pologne, République tchèque et Hongrie.

  Ensuite, en 2004, elle s’étend à sept autres : Estonie, Lettonie, Lituanie (auparavant parties de lURSS) ; Bulgarie, Roumanie, Tchécoslovaquie (auparavant membres du Pacte de Varsovie) ; Slovénie (auparavant partie de la Fédération Yougoslave). Au sommet de Bucarest, en avril 2008, est décidée lentrée pour lannée suivante de lAlbanie (membre à un moment du Pacte de Varsovie) et de la Croatie (auparavant partie de la Fédération Yougoslave).

  En les faisant entrer dans lOtan, Washington aliène ces pays non pas tant à lAlliance que directement aux USA. Roumanie et Bulgarie mettent immédiatement à disposition des Etats-Unis les importantes bases militaires de Costanza et Burgas en Mer Noire. La République Tchèque garantit la disponibilité de son territoire pour le déploiement de rampes de missiles du « bouclier anti-missiles » USA.

  La Lituanie, avant même dentrer dans lOtan, se met à acheter des armements étasuniens, en commençant par 60 missiles Stinger pour une valeur de plus de 30 millions de dollars.

  En 2002 la Pologne achète 48 chasseurs F-16 de la société étasunienne Lockheed Martin et, pour les payer, utilise un prêt étasunien de presque 5 milliards de dollars (avec intérêts non seulement financiers mais politiques).

  La Bulgarie procède, sur directive de Washington, à une drastique épuration des forces armées, en expulsant des milliers dofficiers (considérés comme non totalement fiables) pour les remplacer par plus de 2 mille officiers jeunes et fiables, formés par des instructeurs étasuniens et capables de parler un excellent anglais, ou plutôt américain.

  De cette façon les Etats-Unis renforcent ensuite leur influence en Europe. Sur dix pays de lEurope centre-orientale qui entrent dans lOtan entre 1999 et 2004, sept entrent dans lUnion européenne entre 2004 et 2007 : à lUnion européenne qui s’élargit vers lEst, les Etats-Unis superposent lOtan qui s’élargit à lEst sur lEurope. Le véritable but de lopération est révélé par les fonctionnaires du Pentagone : les dix pays de lEurope centre-orientale entrés dans lOtan - déclarent-ils en février 2003 - « sont en train de prendre dimportantes positions pro-USA, en réduisant efficacement linfluence des puissances de la vieille Europe, comme lAllemagne et la France ».

  Ainsi se révèle, clairement, le dessein stratégique de Washington : prendre appui sur les nouveaux membres de lEst, pour établir dans lOtan des rapports de force encore plus favorables aux Etats-Unis, afin disoler la « vieille Europe » qui pourrait un jour se rendre autonome.

  Lexpansion à lest de lOtan a, en plus de celles-là, dautres implications. En englobant non seulement les pays de lex Pacte de Varsovie mais aussi les trois républiques baltes autrefois membres de lURSS, lOtan arrive jusquaux confins de la Fédération Russe. Malgré les assurances de Washington sur les intentions pacifiques de lOtan, cela constitue une menace, y compris nucléaire, envers la Russie.

   Pour tranquilliser la Russie, lOtan affirme « ne pas avoir dintention, ni plans, de déployer des armes nucléaires sur le territoire des nouveaux membres » de lEurope centre-orientale. La valeur de cet engagement sera démontré par le fait que lOtan, après avoir promis solennellement de ne pas maintenir dunités de combat sur le territoire des pays de lEurope centre-orientale sur le point dentrer ou entrés dans lAlliance, utilise immédiatement après la base aérienne hongroise de Taszar comme principal centre logistique des forces étasuniennes opérant dans les Balkans.

  Lengagement de ne pas déployer darmes nucléaires dans les pays dEurope centre-orientale va être démenti par le fait que, parmi les armes nucléaires conservées par les Etats-Unis en Europe dans le  cadre de lOtan, se trouvent « des bombes nucléaires pour avions à double capacité ». Puisque des avions de ce type, tels les F-16 de lU.S. Air Force et les 48 achetés par la Pologne, opèrent dans les pays de lEurope centre-orientale entrés dans lOtan, leur présence dans ces bases avancées constitue une potentielle menace nucléaire à l’égard de la Russie.

 

(4. A suivre)

 

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Manlio Dinucci

 

 

AFGHANISTAN : LA PREMIÈRE GUERRE DE LOTAN EN-DEHORS DE LAIRE EURO-ATLANTIQUE

 

Le motif réel de lintervention USA/Otan en Afghanistan nest pas sa libération des talibans, qui avaient été entraînés et armés au Pakistan dans une opération dirigée par la CIA pour conquérir le pouvoir à Kaboul, mais loccupation de cette aire de première importance stratégique pour les Etats-Unis.

  LAfghanistan est au carrefour entre Moyen-Orient, Asie centrale, méridionale et orientale. Dans cette aire (dans le Golfe et dans la Caspienne) se trouvent les plus grandes réserves pétrolières du monde. Se trouvent aussi trois grandes puissances -Chine, Russie et Inde - dont la force est en train de saccroître et dinfluer sur lorganisation du monde. Comme lavait prévu le Pentagone dans son rapport du 30 septembre 2001, « la possibilité existe qu’émerge en Asie un rival militaire avec une formidable base de ressources ».

  La décision de délocaliser des forces en Afghanistan, comme premier pas pour étendre la présence militaire étasunienne en Asie centrale, va être prise à Washington non pas après le 11 septembre, mais avant. Cest ce que révèlent des sources fiables, selon lesquelles « le président Bush, deux jours avant le 11 septembre, était sur le point de signer un plan détaillé qui prévoyait des opérations militaires en Afghanistan » (NBC News, 16 mai 2002) : avant donc lattaque terroriste qui officiellement motive la guerre en Afghanistan, était déjà sur la table du président « le plan de guerre que la Maison Blanche, la CIA et le Pentagone ont mis en acte après le 11 septembre ».

   Dans la période précédant le 11 septembre 2001, apparaissent en Asie de forts signaux dun rapprochement entre Chine et Russie, qui se concrétisent quand, le 17 juillet 2001, les présidents Jiang Zemin et Vladimir Poutine signent à Moscou le «Traité de bon voisinage, damitié et de coopération», défini comme une « pierre angulaire » dans les relations entre les deux pays. Sans toutefois le déclarer, Washington considère le rapprochement entre Chine et Russie comme un défi aux intérêts étasuniens en Asie, au moment critique où les Etats-Unis essaient doccuper, avant dautres, le vide que la désagrégation de lURSS a laissé en Asie centrale. Une position géostratégique clé pour le contrôle de cette aire est celle de lAfghanistan.

  Sous la motivation officielle de pourchasser Ossama Ben Laden, désigné comme mandant des attaques du 11 septembre à New York et Washington, la guerre commence le 7 octobre 2001 avec le bombardement de lAfghanistan effectué par laviation étasunienne et britannique. Précédemment on a infiltré en territoire afghan des forces spéciales avec la mission de préparer lattaque avec lAlliance du nord, et dautres formations anti-Talibans. Sous les bombardements massifs et loffensive terrestre de lAlliance du nord, les forces talibanes, à qui se joignent des volontaires provenant du Pakistan et dautres pays, sont contraintes à abandonner Kaboul le 13 novembre.

   Le Conseil de sécurité de lONU autorise alors, par la résolution 1386 du 20 décembre 2001, la constitution de lIsaf (Force internationale dassistance à la sécurité). Sa mission est dassister lautorité afghane par intérim à Kaboul et environs. Selon larticle VII de la Charte des Nations Unies, lemploi des forces armées mises à disposition par des membres de lONU pour de telles missions doit être établi par le Conseil de sécurité assisté par le Comité d’état-major, composé des chefs d’état-major des membres permanents du Conseil de sécurité. Même si ce Comité nexiste pas, lIsaf reste jusquen août 2003 une mission ONU, dont la direction va être confiée successivement à la Grande-Bretagne, la Turquie, lAllemagne et les Pays-Bas.

  Mais soudain, le 11 août 2003, lOtan annonce avoir «pris le rôle de leadership de lIsaf, force sous mandat ONU ». Cest un véritable coup de force : aucune résolution du Conseil de sécurité nautorise lOtan à prendre le leadership, cest-à-dire le commandement, de lIsaf. Cest seulement après coup, dans la résolution 1659 du 15 février 2006, que le Conseil de sécurité « reconnaît lengagement continu de lOtan dans la direction de lIsaf ».
   Depuis le 11 ao
ût 2003 ce nest plus lONU qui dirige la mission mais lOtan : le quartier général de lIsaf se trouve en fait inséré dans la chaîne de commandement de lOtan, qui choisit tour à tour les généraux à mettre à la tête de lIsaf. Comme le souligne un communiqué officiel, « LOtan a assumé le commandement et la coordination de lIsaf en août 2003 : cette mission est la première en dehors de laire euro-atlantique dans lhistoire de lOtan ». La mission Isaf se trouve donc insérée dans la chaîne de commandement du Pentagone. Dans cette même chaîne de commandement sont insérés les militaires italiens assignés à lIsaf, avec hélicoptères et avions, y compris chasseurs-bombardiers Tornado.

 

(5. A suivre)

 

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Manlio Dinucci

 

 

LA GUERRE US/OTAN EN IRAK

 

Le plan étasunien dattaquer et occuper lIrak apparaît dans son évidence quand, après loccupation de lAfghanistan en novembre 2001, le président Bush le met, en 2002, à la première place des pays faisant partie de l’ « axe du mal ».

   Après la première guerre du Golfe en 1991, lIrak a été soumis à un très dur embargo qui a provoqué en dix années environ un millions de morts, dont environ un demi-million denfants. Massacre provoqué, en plus de la dénutrition chronique et du manque de médicaments, par la carence deau potable et les maladies infectieuses et parasitaires qui en découlent. Les Etats-Unis - des documents découverts plus tard le montrent - ont mis en oeuvre un plan précis : dabord bombarder les sites d’épuration et les aqueducs pour provoquer une crise hydrique, puis empêcher avec lembargo que lIrak puisse importer les systèmes d’épuration. Les conséquences sanitaires étaient clairement prévues depuis le début et programmées de façon à accélérer leffondrement de lIrak. Dautres victimes seront provoquées, dans les années suivant la première guerre, par les projectiles à uranium appauvri, massivement utilisés par les forces étasuniennes et alliées dans les bombardements aussi bien aériens que terrestres.

  La seconde guerre contre lIrak se révèle cependant plus difficile à justifier que celle effectuée en 1990-1991. A la différence dalors, lIrak de Saddam Hussein naccomplit aucune agression et sen tient à la résolution 1441 du Conseil de sécurité des Nations Unies, permettant aux inspecteurs ONU dentrer dans tous les sites pour vérifier l’éventuelle existence darmes de destruction massive (qui ne seront pas constatées). Il devient par conséquence plus difficile pour les Etats-Unis de créer la motivation « légale » pour la guerre et, sur cette base, dobtenir un imprimatur international analogue à celui de 1991.
   L
administration Bush est cependant décidée à aller jusquau bout. Elle fabrique donc une série de « preuves », qui savèreront ensuite fausses, sur la présumée existence dun gros arsenal darmes chimiques et bactériologiques, qui serait en possession de lIrak, et sur sa présumée capacité de construire dans un bref délai des armes nucléaires. Et, comme le Conseil de sécurité de lONU se refuse à autoriser la guerre, ladministration Bush tout simplement le contourne.

  La guerre commence le 20 mars 2003 avec le bombardement aérien de Bagdad et dautres centres par laviation étasunienne et britannique et avec lattaque terrestre effectuée par des marines entrés en Irak par le Koweït. Le 9 avril des troupes étasuniennes occupent Bagdad. Lopération, dénommée « Iraqi Freedom », est présentée comme « guerre préventive » et « exportation de la démocratie ». Ainsi est mis en acte le principe énoncé dans le Quadrennial Defense Review Report du Pentagone (30 septembre 2001) : « Les forces armées étasuniennes doivent conserver la capacité, sous la direction du Président, dimposer la volonté des Etats-Unis à nimporte quel adversaire, y compris des états et entités non-étatiques, de changer le régime dun état adversaire ou doccuper un territoire étranger jusqu’à ce que les objectifs stratégiques étasuniens soient réalisés ».
   Mais, outre la
« volonté des Etats-Unis », il y a la volonté des peuples de résister. Cest ce qui advient en Irak, où les forces doccupation étasuniennes et alliées-y compris les forces italiennes engagées dans lopération « Antique Babylone »- auxquelles se joignent les mercenaires de compagnies privées, rencontrent une résistance quils ne sattendaient pas à trouver, malgré la très dure répression qui provoque (rien que par leffet des actions militaires) des dizaines de milliers de morts dans la population.

   Comme la résistance irakienne enraye la machine de guerre étasunienne et alliée, Washington recourt à lantique mais toujours efficace politique du « diviser pour régner », en faisant des concessions à certains regroupements chiites et kurdes afin disoler les sunnites. Dans le cas où lopération ne réussirait pas, Washington a un plan de réserve tout prêt : désagréger lIrak (comme il la déjà fait avec la Fédération Yougoslave) de façon à pouvoir contrôler les zones pétrolifères et dautres aires dintérêt stratégique, à travers des accords avec des groupes de pouvoir locaux.

     Cest dans cet objectif quintervient officiellement l’’Otan, qui a de fait participé à la guerre avec ses propres structures et forces. En 2004 est instituée la « Mission Otan dentraînement », dans le but déclaré d’ « aider lIrak à créer defficientes forces armées ». De 2004 à 2011 vont être entraînés, dans 2000 cours spéciaux tenus dans des pays de lAlliance, des milliers de militaires et policiers irakiens qui sont aussi dotés darmes données par ces mêmes pays. Simultanément lOtan envoie en Irak des instructeurs et conseillers, y compris italiens, pour « aider lIrak à créer son propre secteur de la sécurité sous conduite démocratique et durable » et pour « établir un partenariat à long terme de lOtan avec lIrak ».

 

(6. A suivre)

 

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Manlio Dinucci

 

 

LA COOPÉRATION MILITAIRE OTAN-ISRAEL DE PLUS EN PLUS ÉTROITE

 

En avril 2001 Israël signe au quartier général de lOtan à Bruxelles l’ «accord de sécurité », sengageant à protéger les « informations classifiées » quil recevra dans le cadre de la coopération militaire.

  En juin 2003 le gouvernement italien signe avec celui dIsraël un mémorandum dentente pour la coopération dans le secteur militaire et de la défense, qui prévoit notamment le développement conjoint dun nouveau système de guerre électronique.

    En janvier 2004 un avion radar Awacs de lOtan atterrit pour la première fois à Tel Aviv et le personnel israélien va être entraîné à lutilisation de ses technologies.

  En décembre 2004 on annonce que lAllemagne fournira à Israël deux autres sous-marins Dolphin, qui sajouteront aux trois (dont deux offerts) remis dans les années 90. Israël peut ainsi renforcer sa flotte de sous-marins dattaque nucléaire, constamment maintenus en navigation en Méditerranée, Mer Rouge et Golfe Persique.

    En février 2005 le secrétaire général de lOtan effectue sa première visite officielle à Tel Aviv, où il rencontre les plus hautes autorités militaires israéliennes pour « étendre la coopération militaire ».

    En mars 2005 se déroule en Mer Rouge le premier exercice naval conjoint Israël-Otan : le commandement du groupe naval de la « Force de réaction Otan » est confié à la marine italienne qui y participe avec la frégate Bersagliere.

   En mai 2005, après avoir été ratifié au Sénat et à la Chambre, le mémorandum dentente italo-israélien devient loi : ainsi est institutionnalisée la coopération entre les ministères de la défense et les forces armées des deux pays concernant l’« importation, exportation et transit de matériels militaires », l’ « organisation des forces armées », la « formation/entraînement ».

  En mai 2005, Israël est admis comme membre de lAssemblée parlementaire de lOtan.

  En juin 2005 la marine israélienne participe à un exercice Otan dans le Golfe de Tarante.

 En juillet 2005 des troupes israéliennes participent pour la première fois à un exercice Otan, qui se déroule en Ukraine.

  En juin 2006 un navire de guerre israélien participe à un exercice Otan en Mer Noire dans le but de « créer une meilleure interopérabilité entre la marine israélienne et les forces navales Otan ».

  En octobre 2006, Otan et Israël concluent un accord qui établit une coopération israélienne plus étroite avec le programme Otan « Dialogue méditerranéen », dont le but est de « contribuer à la sécurité et stabilité de la région ». Dans ce cadre, « Otan et Israël saccordent sur les modalités de la contribution israélienne à lopération maritime de la Nato Active Endeavour » (Nato/Israël Cooperation, 16 octobre 2006).

    Israël est ainsi récompensé par lOtan pour son attaque et invasion du Liban. Les forces navales israéliennes, qui avec les forces aériennes et terrestres viennent de pilonner le Liban avec des milliers de tonnes de bombes massacrant des civils, se trouvent intégrées dans lopération Otan qui devrait « combattre le terrorisme en Méditerranée ». Les mêmes forces navales qui, en bombardant la centrale électrique de Jiyyeh sur les côtes libanaises ont provoqué une énorme marée noire qui sest diffusée en Méditerranée (dont le traitement coûtera des centaines de millions de dollars), collaborent maintenant avec lOtan pour « contribuer à la sécurité de la région ».

   Le 2 décembre 2008, environ trois semaines avant lattaque israélienne contre Gaza, lOtan ratifie le « Programme de coopération individuel » avec Israël. Il comprend une vaste gamme de domaines dans lesquels « Otan et Israël coopèreront pleinement » : contre-terrorisme, dont échange dinformations entre les services de renseignement ; connexion dIsraël au système électronique Otan ; coopération dans le secteur des armements ; augmentation des exercices militaires conjoints Otan-Israël ; élargissement de la coopération dans la lutte contre la prolifération nucléaire (en ignorant quIsraël, unique puissance nucléaire de la région, a refusé de signer le Traité de non-prolifération).

 

 

LOTAN « À LA CHASSE AUX PIRATES » DANS LOCÉAN INDIEN

 

En octobre 2008, un groupe naval de lOtan, le Standing Nato Maritime Group 2 (Snmg2), traverse le Canal de Suez pour entrer dans lOcéan Indien. En font partie des navires de guerre dItalie, des Etats-Unis, dAllemagne, de Grande-Bretagne, de Grèce et de Turquie. Ce groupe naval (dont le commandement est assumé par roulement des pays membres) fait partie dune des trois composantes de lAllied Joint Force Command Naples, dont le commandement est attribué de façon permanente à un amiral étasunien, le même qui commande les Forces navales USA en Europe. Laire dans laquelle opère le Snmg2 na désormais plus de frontières, en ceci quil constitue une des unités de la « Force de réaction Otan », prête à être projetée « pour nimporte quelle mission dans nimporte quelle partie du monde ».

  Objectif officiel de la mission du Snmg2 dans lOcéan Indien : mener des « opérations anti-piraterie » le long des côtes de la Somalie, en escortant les navires marchands qui transportent les aides alimentaires du World Food Program des Nations Unies. Dans cet « effort humanitaire », lOtan « continue à coordonner son assistance avec lopération Enduring Freedom sous conduite USA ». Derrière cette mission Otan, il y a donc bien autre chose. À ce moment-là, en Somalie, la politique étasunienne est en train de subir un nouvel échec : les troupes éthiopiennes, qui y ont été envoyées en 2006 après l’échec de la tentative de la CIA de renverser les Cours islamiques en soutenant une coalition « anti-terrorisme » des seigneurs de la guerre, ont été contraintes à se retirer par la résistance somalienne.
  Washington pr
épare alors dautres opérations militaires pour étendre son propre contrôle sur la Somalie, provoquant dautres désastreuses conséquences sociales. Ces dernières sont à la base du phénomène de la piraterie, né à la suite de la pêche illégale par des flottes étrangères et de la décharge de substances toxiques dans les eaux somaliennes, qui ont ruiné les petits pêcheurs, parmi lesquels certains ont eu recours à la piraterie.
  Dans la strat
égie USA/Otan, la Somalie est importante par sa position géographique sur les côtes de lOcéan Indien. Pour contrôler cette aire a été positionnée à Djibouti, à lembouchure de la Mer Rouge, une task force étasunienne. Lintervention militaire, directe et indirecte, dans cette zone et dans dautres sintensifie alors avec la naissance du Commandement Africa des Etats-Unis. Cest dans son « aire de responsabilité » quest envoyé le groupe naval Otan.

  Celui-ci a aussi une autre mission officielle : visiter certains pays du Golfe persique (Koweït, Bahreïn, Qatar et Emirats Arabes Unis), partenaires Otan dans le cadre de lInitiative de coopération dIstanbul. Les navires de guerre de lOtan vont ainsi sajouter aux porte-avions et autres nombreuses unités que les USA ont déployés dans le Golfe et dans lOcéan Indien, dans une fonction anti-Iran et pour mener, y compris avec laviation navale, la guerre aérienne en Afghanistan.

 

(7. A suivre)

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LA DÉMOLITION DE L’ÉTAT LYBIEN

 

La stratégie USA/Otan consiste à démolir les Etats qui sont totalement ou en grande partie hors du contrôle des Etats-Unis et des plus grandes puissances européennes, surtout ceux situés dans les aires riches en pétrole et/ou avec une importante position géostratégique. On privilégie, dans la liste des démolitions, les Etats qui nont pas une force militaire  pouvant mettre en danger, par des représailles, celle des démolisseurs.

   Lopération commence en plantant des coins dans les fissures internes, quon trouve dans tout Etat. Dans la Fédération Yougoslave, dans les années 90, vont être fomentées les tendances sécessionnistes, en soutenant et armant les secteurs ethniques et politiques qui sopposent au gouvernement de Belgrade. Cette opération va être mise en oeuvre en prenant appui sur les nouveaux groupes de pouvoir, souvent formés de politiciens passés à lopposition pour saccaparer dollars et postes de pouvoir.

  Simultanément on mène une campagne de matraquage médiatique pour présenter la guerre comme nécessaire pour défendre les civils, menacés dextermination par un féroce dictateur.

  On demande ensuite lautorisation au Conseil de sécurité de lONU, en motivant lintervention par la nécessité de destituer le dictateur qui massacre des civils désarmés. Il suffit dun tampon où est écrit « on autorise toutes les mesures nécessaires» mais, sil nest pas donné (comme dans le cas de la Yougoslavie), on continue quand même. La machine de guerre USA/Otan, déjà préparée, entre en action avec une massive attaque aéronavale et des opérations terrestres à lintérieur du pays, autour duquel le vide a été fait par un embargo très sévère.

   Cette stratégie, après avoir été mise en oeuvre contre la Fédération Yougoslave, va être adoptée contre la Libye en 2011.

  Dabord on va financer et armer les secteurs tribaux hostiles au gouvernement de Tripoli et aussi des groupes islamistes définis comme terroristes jusque quelques mois auparavant. En même temps sont infiltrées en Libye des forces spéciales, dont des milliers de commandos qataris facilement camouflables. Toute lopération est dirigée par les Etats-Unis, dabord via le Commandement Africa, puis via lOtan sous commandement étasunien.

  Le 19 mars 2011 commence le bombardement aéronaval de la Libye. En sept mois, laviation USA/Otan va effectuer 30 mille missions, dont 10 mille dattaque, avec utilisation de plus de 40 mille bombes et missiles. lItalie participe à cette guerre avec ses bases et forces militaires, en foulant le Traité damitié, de partenariat et de coopération entre les deux pays. 

 Pour la guerre contre la Libye lItalie met à disposition des forces USA/Otan 7 bases aériennes (Trapani, Gioia del Colle, Sigonella, Decimomannu, Aviano, Amendola et Pantelleria), assurant assistance technique et approvisionnements. LAéronautique italienne participe à la guerre en effectuant 1182 missions, avec des chasseurs-bombardiers Tornado, F-16 Falcon, Eurofighter 2000, AMX, drones Predator B et ravitailleurs KC-767 e KC130J. La Marine militaire italienne est engagée dans la guerre sur plusieurs fronts : des opérations dembargo naval aux activités de patrouille et dapprovisionnement.

   Avec la guerre USA/Otan de 2011, lEtat libyen est démoli et Kadhafi assassiné ; lentreprise est attribuée à une « révolution inspiratrice » que les USA se disent fiers de soutenir, en créant « une alliance sans égal contre la tyrannie et pour la liberté ». Ainsi est démoli cet Etat qui, sur la rive sud de la Méditerranée face à lItalie, garantissait « de hauts niveaux de croissance économique » (comme le montrait) en 2010 la Banque Mondiale) avec une augmentation moyenne annuelle du PIB de 7,5%, et enregistrait de « hauts indicateurs de développement humain » dont laccès universel à linstruction primaire et secondaire et, pour 46%, à celle de niveau universitaire. Malgré les disparités, le niveau de vie de la population libyenne était notablement plus élevé que celui des autres pays africains. En témoignait le fait que plus de deux millions dimmigrés, en majorité africains, trouvaient du travail en Libye.

   La guerre, donc, va aussi toucher les immigrés venant dAfrique sub-saharienne qui, persécutés sous laccusation davoir collaboré avec Kadhafi, sont emprisonnés ou obligés de fuir. Nombre dentre eux, poussés par le désespoir, tentant la traversée de la Méditerranée vers lEurope. Ceux qui y perdent la vie sont eux aussi des victimes de la guerre par laquelle lOtan a démoli l’État libyen.

 

 

LES VRAIES RAISONS DE LA GUERRE CONTRE LA LIBYE

 

De multiples facteurs rendent la Libye importante aux yeux des Etats-Unis et des puissances européennes. Les réserves pétrolières - les plus grandes dAfrique, précieuses par leur haute qualité et leur faible coût dextraction - et celles de gaz naturel.

   Après que Washington a aboli en 2003 les sanctions en échange de lengagement de Kadhafi de ne pas produire darmes de destruction massive, les grandes compagnies pétrolières étasuniennes et européennes affluent en Libye avec des grandes espérances, qui seront cependant déçues. Le gouvernement libyen concède les licences dexploitation aux compagnies étrangères qui laissent à la compagnie nationale libyenne (National Oil Corporation of Libya, Noc) le plus haut pourcentage du pétrole extrait : étant donnée la forte compétition, celui-ci atteint environ 90%. De plus la Noc demande, dans les contrats, que les compagnies étrangères embauchent du personnel libyen y compris dans des postes dirigeants. En abattant lEtat libyen, les Etats-Unis et les puissances européennes visent de fait à semparer de sa richesse énergétique.

 En plus de lor noir, ils visent lor blanc libyen : limmense réserve deau fossile de la nappe nubienne (estimée à 150 mille km3), qui s’étend sous Libye, Soudan et Tchad. Les possibilités de développement quelle offre ont été démontrées par le gouvernement libyen, qui a construit un réseau daqueducs long de 4000 km pour transporter leau, extraite en profondeur par 1300 puits dans le désert, jusquaux villes côtières et à loasis de Koufra, en rendant fertiles des terres désertiques. Ces réserves hydriques, qui ont une perspective plus précieuse que celles pétrolifères, sont convoitées  - à travers les privatisations promues par le FMI- par les multinationales de leau, qui contrôlent presque la moitié du marché mondial de leau privatisée.

   Dans le viseur USA/Otan se trouvent aussi les fonds souverains, les capitaux que lEtat libyen a investi à l’étranger. Les fonds souverains gérés par la Libyan Investment Authority (Lia) sont estimés à environ 70 milliards de dollars, qui montent à plus de 150 si on inclut les investissements étrangers de la Banque centrale et dautres organismes. Depuis sa construction en 2006, la Lia a effectué en cinq années des investissements dans plus de cent sociétés nord-africaines, asiatiques, européennes, nord-américaines et sud-américaines : holding, banques, immobilières, industries, compagnies pétrolières et autres.  Ces fonds sont « congelés », cest-à-dire séquestrés, par les Etats-Unis et par les plus grandes puissances européennes.

  Lassaut sur les fonds souverains libyens a un impact particulièrement fort en Afrique. Cest là que la Libyan Arab African Investment Company avait effectué des investissements dans plus de 25 pays, dont 22 en Afrique sub-saharienne, en programmant de les accroître surtout dans les secteurs minéralier, manufacturier, touristique et dans celui des télécommunications. Les investissements libyens avaient été décisifs dans la réalisation du premier satellite de télécommunications de la Rascom (Regional African Satellite Communications Organization) qui, entré en orbite en août 2010, permettait aux pays africains de commencer à se rendre indépendants des réseaux satellitaires étasuniens et européens, avec une économie annuelle de centaines de millions de dollars.

  Plus importants encore avaient été les investissements libyens dans la réalisation des trois organismes financiers lancés par lUnion africaine : la Banque africaine dinvestissement, avec siège à Tripoli ; le Fonds monétaire africain, avec siège à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, avec siège à Abuja (Nigéria). Le développement de ces organismes aurait pu permettre aux pays africains de se soustraire en partie au moins au contrôle de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, instruments de domination néocoloniale, en affaiblissant le dollar et le franc Cfa (monnaie que sont obligés dutiliser 14 pays africains, ex-colonies françaises). Le gel des fonds libyens assène un coup mortel à tout le projet.

  Les emails de Hillary Clinton (secrétaire d’état de ladministration Obama en 2011), révélés ensuite en 2016, confirment quel a été le véritable but de la guerre : bloquer le plan de Kadhafi dutiliser les fonds souverains libyens pour créer des organismes financiers autonomes de lUnion africaine et une monnaie africaine alternative au dollar et au franc CFA.

  Pour les USA et lOtan, cest la position géographique même de la Libye qui est importante, à lintersection entre Méditerranée, Afrique et Moyen-Orient. On se souviendra que le Roi Idriss, en 1953, avait concédé aux Anglais lutilisation de bases aériennes, navales et terrestres  en Cyrénaïque et Tripolitaine. Un accord analogue avait été conclu en 1954 avec les Etats-Unis, qui avaient obtenu lutilisation de la base aérienne de Wheelus Field aux portes de Tripoli. Après labolition de la monarchie, la République arabe libyenne avait obligé en 1970 les forces étasuniennes et britanniques à évacuer les bases militaires et, lannée suivante, avait nationalisé les propriétés de British Petroleum et obligé les autres compagnies à verser à lEtat libyen des pourcentages beaucoup plus élevés de leurs profits.

 

(8. A suivre)

 

BRÈVE HISTOIRE DE LOTAN

DE 1991 À NOS JOURS

(8)

Manlio Dinucci

 

 

LA DÉMOLITION DE L’ÉTAT LYBIEN

 

La stratégie USA/Otan consiste à démolir les Etats qui sont totalement ou en grande partie hors du contrôle des Etats-Unis et des plus grandes puissances européennes, surtout ceux situés dans les aires riches en pétrole et/ou avec une importante position géostratégique. On privilégie, dans la liste des démolitions, les Etats qui nont pas une force militaire  pouvant mettre en danger, par des représailles, celle des démolisseurs.

   Lopération commence en plantant des coins dans les fissures internes, quon trouve dans tout Etat. Dans la Fédération Yougoslave, dans les années 90, vont être fomentées les tendances sécessionnistes, en soutenant et armant les secteurs ethniques et politiques qui sopposent au gouvernement de Belgrade. Cette opération va être mise en oeuvre en prenant appui sur les nouveaux groupes de pouvoir, souvent formés de politiciens passés à lopposition pour saccaparer dollars et postes de pouvoir.

  Simultanément on mène une campagne de matraquage médiatique pour présenter la guerre comme nécessaire pour défendre les civils, menacés dextermination par un féroce dictateur.

  On demande ensuite lautorisation au Conseil de sécurité de lONU, en motivant lintervention par la nécessité de destituer le dictateur qui massacre des civils désarmés. Il suffit dun tampon où est écrit « on autorise toutes les mesures nécessaires» mais, sil nest pas donné (comme dans le cas de la Yougoslavie), on continue quand même. La machine de guerre USA/Otan, déjà préparée, entre en action avec une massive attaque aéronavale et des opérations terrestres à lintérieur du pays, autour duquel le vide a été fait par un embargo très sévère.

   Cette stratégie, après avoir été mise en oeuvre contre la Fédération Yougoslave, va être adoptée contre la Libye en 2011.

  Dabord on va financer et armer les secteurs tribaux hostiles au gouvernement de Tripoli et aussi des groupes islamistes définis comme terroristes jusque quelques mois auparavant. En même temps sont infiltrées en Libye des forces spéciales, dont des milliers de commandos qataris facilement camouflables. Toute lopération est dirigée par les Etats-Unis, dabord via le Commandement Africa, puis via lOtan sous commandement étasunien.

  Le 19 mars 2011 commence le bombardement aéronaval de la Libye. En sept mois, laviation USA/Otan va effectuer 30 mille missions, dont 10 mille dattaque, avec utilisation de plus de 40 mille bombes et missiles. lItalie participe à cette guerre avec ses bases et forces militaires, en foulant le Traité damitié, de partenariat et de coopération entre les deux pays. 

 Pour la guerre contre la Libye lItalie met à disposition des forces USA/Otan 7 bases aériennes (Trapani, Gioia del Colle, Sigonella, Decimomannu, Aviano, Amendola et Pantelleria), assurant assistance technique et approvisionnements. LAéronautique italienne participe à la guerre en effectuant 1182 missions, avec des chasseurs-bombardiers Tornado, F-16 Falcon, Eurofighter 2000, AMX, drones Predator B et ravitailleurs KC-767 e KC130J. La Marine militaire italienne est engagée dans la guerre sur plusieurs fronts : des opérations dembargo naval aux activités de patrouille et dapprovisionnement.

   Avec la guerre USA/Otan de 2011, lEtat libyen est démoli et Kadhafi assassiné ; lentreprise est attribuée à une « révolution inspiratrice » que les USA se disent fiers de soutenir, en créant « une alliance sans égal contre la tyrannie et pour la liberté ». Ainsi est démoli cet Etat qui, sur la rive sud de la Méditerranée face à lItalie, garantissait « de hauts niveaux de croissance économique » (comme le montrait) en 2010 la Banque Mondiale) avec une augmentation moyenne annuelle du PIB de 7,5%, et enregistrait de « hauts indicateurs de développement humain » dont laccès universel à linstruction primaire et secondaire et, pour 46%, à celle de niveau universitaire. Malgré les disparités, le niveau de vie de la population libyenne était notablement plus élevé que celui des autres pays africains. En témoignait le fait que plus de deux millions dimmigrés, en majorité africains, trouvaient du travail en Libye.

   La guerre, donc, va aussi toucher les immigrés venant dAfrique sub-saharienne qui, persécutés sous laccusation davoir collaboré avec Kadhafi, sont emprisonnés ou obligés de fuir. Nombre dentre eux, poussés par le désespoir, tentant la traversée de la Méditerranée vers lEurope. Ceux qui y perdent la vie sont eux aussi des victimes de la guerre par laquelle lOtan a démoli l’État libyen.

 

 

LES VRAIES RAISONS DE LA GUERRE CONTRE LA LIBYE

 

De multiples facteurs rendent la Libye importante aux yeux des Etats-Unis et des puissances européennes. Les réserves pétrolières - les plus grandes dAfrique, précieuses par leur haute qualité et leur faible coût dextraction - et celles de gaz naturel.

   Après que Washington a aboli en 2003 les sanctions en échange de lengagement de Kadhafi de ne pas produire darmes de destruction massive, les grandes compagnies pétrolières étasuniennes et européennes affluent en Libye avec des grandes espérances, qui seront cependant déçues. Le gouvernement libyen concède les licences dexploitation aux compagnies étrangères qui laissent à la compagnie nationale libyenne (National Oil Corporation of Libya, Noc) le plus haut pourcentage du pétrole extrait : étant donnée la forte compétition, celui-ci atteint environ 90%. De plus la Noc demande, dans les contrats, que les compagnies étrangères embauchent du personnel libyen y compris dans des postes dirigeants. En abattant lEtat libyen, les Etats-Unis et les puissances européennes visent de fait à semparer de sa richesse énergétique.

 En plus de lor noir, ils visent lor blanc libyen : limmense réserve deau fossile de la nappe nubienne (estimée à 150 mille km3), qui s’étend sous Libye, Soudan et Tchad. Les possibilités de développement quelle offre ont été démontrées par le gouvernement libyen, qui a construit un réseau daqueducs long de 4000 km pour transporter leau, extraite en profondeur par 1300 puits dans le désert, jusquaux villes côtières et à loasis de Koufra, en rendant fertiles des terres désertiques. Ces réserves hydriques, qui ont une perspective plus précieuse que celles pétrolifères, sont convoitées  - à travers les privatisations promues par le FMI- par les multinationales de leau, qui contrôlent presque la moitié du marché mondial de leau privatisée.

   Dans le viseur USA/Otan se trouvent aussi les fonds souverains, les capitaux que lEtat libyen a investi à l’étranger. Les fonds souverains gérés par la Libyan Investment Authority (Lia) sont estimés à environ 70 milliards de dollars, qui montent à plus de 150 si on inclut les investissements étrangers de la Banque centrale et dautres organismes. Depuis sa construction en 2006, la Lia a effectué en cinq années des investissements dans plus de cent sociétés nord-africaines, asiatiques, européennes, nord-américaines et sud-américaines : holding, banques, immobilières, industries, compagnies pétrolières et autres.  Ces fonds sont « congelés », cest-à-dire séquestrés, par les Etats-Unis et par les plus grandes puissances européennes.

  Lassaut sur les fonds souverains libyens a un impact particulièrement fort en Afrique. Cest là que la Libyan Arab African Investment Company avait effectué des investissements dans plus de 25 pays, dont 22 en Afrique sub-saharienne, en programmant de les accroître surtout dans les secteurs minéralier, manufacturier, touristique et dans celui des télécommunications. Les investissements libyens avaient été décisifs dans la réalisation du premier satellite de télécommunications de la Rascom (Regional African Satellite Communications Organization) qui, entré en orbite en août 2010, permettait aux pays africains de commencer à se rendre indépendants des réseaux satellitaires étasuniens et européens, avec une économie annuelle de centaines de millions de dollars.

  Plus importants encore avaient été les investissements libyens dans la réalisation des trois organismes financiers lancés par lUnion africaine : la Banque africaine dinvestissement, avec siège à Tripoli ; le Fonds monétaire africain, avec siège à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, avec siège à Abuja (Nigéria). Le développement de ces organismes aurait pu permettre aux pays africains de se soustraire en partie au moins au contrôle de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, instruments de domination néocoloniale, en affaiblissant le dollar et le franc Cfa (monnaie que sont obligés dutiliser 14 pays africains, ex-colonies françaises). Le gel des fonds libyens assène un coup mortel à tout le projet.

  Les emails de Hillary Clinton (secrétaire d’état de ladministration Obama en 2011), révélés ensuite en 2016, confirment quel a été le véritable but de la guerre : bloquer le plan de Kadhafi dutiliser les fonds souverains libyens pour créer des organismes financiers autonomes de lUnion africaine et une monnaie africaine alternative au dollar et au franc CFA.

  Pour les USA et lOtan, cest la position géographique même de la Libye qui est importante, à lintersection entre Méditerranée, Afrique et Moyen-Orient. On se souviendra que le Roi Idriss, en 1953, avait concédé aux Anglais lutilisation de bases aériennes, navales et terrestres  en Cyrénaïque et Tripolitaine. Un accord analogue avait été conclu en 1954 avec les Etats-Unis, qui avaient obtenu lutilisation de la base aérienne de Wheelus Field aux portes de Tripoli. Après labolition de la monarchie, la République arabe libyenne avait obligé en 1970 les forces étasuniennes et britanniques à évacuer les bases militaires et, lannée suivante, avait nationalisé les propriétés de British Petroleum et obligé les autres compagnies à verser à lEtat libyen des pourcentages beaucoup plus élevés de leurs profits.

 

(8. A suivre)

 

 

BRÈVE HISTOIRE DE LOTAN

DE 1991 À NOS JOURS

(10)

Manlio Dinucci

 

 

LE COUP D’ÉTAT EN UKRAINE

 

Lopération conduite par lOtan en Ukraine commence quand en 1991, après le Pacte de Varsovie, se désagrège aussi lUnion Soviétique dont elle faisait partie. Les Etats-Unis et leurs alliés européens agissent immédiatement pour tirer le plus grand avantage de la nouvelle situation géopolitique.

 

LUkraine -dont le territoire de plus de 600 000 km2 fait tampon entre lOtan et la Russie, et est traversé par les couloirs énergétiques entre la Russie et lUE- nentre pas dans lOtan, comme le font dautres pays de lex URSS et de lex Pacte de Varsovie. Elle va par contre entrer dans le Conseil de coopération nord-atlantiqueet, en 1994, dans le Partenariat pour la paix, en contribuant aux opérations de maintien de la paixdans les Balkans.

 

En 2002 est adopté le Plan daction Otan-Ukraineet le président Kouchma annonce lintention dadhérer à lOtan. En 2005, dans le sillage de la révolution orange(orchestrée et financée par les USA et par les puissances européennes), le président Yushchenko est invité au sommet Otan de Bruxelles.

 

Immédiatement après est lancé un dialogue intensifié sur laspiration de lUkraine à devenir membre de lOtanet en 2008 le sommet de Bucarest donne le feu vert à son entrée. En 2009 Kiev signe un accord qui permet le transit terrestre en Ukraine dapprovisionnements pour les forces Otan en Afghanistan. Désormais ladhésion à lOtan semble certaine mais, en 2010, le président nouvel élu Yanoukovitch annonce que, tout en continuant la coopération, ladhésion à lOtan nest pas au programme de son gouvernement.

 

Mais entretemps lOtan tisse un réseau de liens à lintérieur des forces armées ukrainiennes. Des officiers supérieurs participent pendant des années à des cours de lOtan Defense College à Rome et à Oberammergau (Allemagne), sur des thèmes concernant lintégration des forces armées ukrainiennes avec celles de lOtan. Sinsère dans le même cadre linstitution, auprès de lAcadémie militaire ukrainienne, dune nouvelle faculté multinationaleavec des enseignants Otan.

 

Est aussi très développée la coopération technico-scientifique dans le domaine des armements pour faciliter, à travers une plus grande interopérabilité, la participation des forces armées ukrainiennes à des opérations conjointes pour la paixsous conduite Otan.

 

En outre, étant donné que de nombreux Ukrainiens manquent dinformations sur le rôle et les objectifs de lAlliance et gardent à lesprit des stéréotypes dépassés datant de la guerre froide, lOtan institue à Kiev un Centre dinformation qui organise des rencontres et séminaires et même des visites de représentants de la société civileau quartier général de Bruxelles.

 

Et comme nexiste pas seulement ce qui se voit, il est évident que lOtan construit un réseau de relations dans les milieux militaires et civils beaucoup plus étendu que celui qui apparaît.

 

Sous direction USA/Otan, à travers la Cia et dautres services secrets vont être recrutés, financés, entraînés et armés des militants néo-nazis. Une documentation géographique montre des jeunes militants néo-nazis ukrainiens de Uno-Unso entraînés en 2006 en Estonie par des instructeurs Otan, qui leur enseignent des techniques de combat urbain et lutilisation dexplosifs pour des sabotages et attentats.

 

Même méthode que celle utilisée par lOtan, pendant la guerre froide, pour former la structure paramilitaire secrète Gladio. Active aussi en Italie où, à Camp Darby et dans dautres bases, sont entraînés des groupes néo-fascistes en les préparant à des attentats et à un éventuel coup d’état.

 

Cest cette structure paramilitaire qui entre en action Place Maïdan, en la transformant en champ de bataille : tandis que des groupes armés donnent lassaut aux édifices de gouvernement, des tireurs isolés inconnustirent avec les mêmes fusils de précision à la fois sur les manifestants et sur les policiers (presque tous touchés à la tête).

 

Le 20 février 2014 le secrétaire général de lOtan sadresse, sur un ton de commandement, aux forces armées ukrainiennes, en les avertissant de rester neutres, sous peine de graves conséquences négatives pour nos relations. Abandonné par le sommet des forces armées et par une grande partie de lappareil gouvernemental, le président Viktor Yanoukovitch est contraint à la fuite.

 

Andriy Parubiy -co-fondateur du parti national-social, constitué en 1991 sur le modèle du Parti national-socialiste dAdolf Hitler, et chef des formations paramilitaires néo-nazies est mis à la tête du Conseil de défense et de sécurité nationale.

 

Le putsch de la Place Maïdan est accompagné par une campagne de persécution, dirigée notamment contre le Parti communiste et les syndicats, analogue à celles qui marquèrent lavènement du fascisme en Italie et du nazisme en Allemagne. Sièges de parti détruits, dirigeants lynchés, journalistes torturés et assassinés ; activistes brûlés vifs dans la Maison des Syndicats à Odessa ; des habitants, sans armes, de lUkraine orientale dorigine russe sont massacrés à Marioupol, bombardés au phosphore blanc à Slaviansk, Lugansk et Donetsk.

 

Cest un véritable coup d’état sous régie USA/Otan, dans le but stratégique de provoquer en Europe une nouvelle guerre froide pour frapper et isoler la Russie et renforcer, en même temps, linfluence et la présence militaire des Etats-Unis en Europe.

 

Face au coup d’état et à loffensive contre les Russes dUkraine, le Conseil suprême de la République autonome de Crimée - territoire russe passé à lUkraine pendant la période soviétique en 1954- vote la sécession vis à vis de Kiev et la demande dannexion à la Fédération russe, décision qui sera confirmée par 97% des votes favorables par un référendum populaire. Le 18 mars 2014 Vladimir Poutine signe le traité dadhésion de la Crimée à la Fédération russe avec le statut de république autonome.

 

La Russie va alors être accusée par lOtan et par lUE davoir annexé illégalement la Crimée et soumise à des sanctions.

 

(10, à suivre)

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29 octobre 2017 7 29 /10 /octobre /2017 14:25

BRÈVE HISTOIRE DE LOTAN

DE 1991 À NOS JOURS

(2)

Manlio Dinucci


LINTERVENTION OTAN DANS LA CRISE DES BALKANS

 

Le « nouveau concept stratégique » de lOtan se trouve mis en pratique dans les Balkans, où la crise de la Fédération Yougoslave, due aux oppositions entre les groupes de pouvoir et aux poussées centrifuges des républiques, a atteint le point de rupture.

  En novembre 1990, le Congrès des Etats-Unis approuve le financement direct de toutes les nouvelles formations « démocratiques » de la Yougoslavie, encourageant ainsi les tendances sécessionnistes. En décembre, le parlement de la République croate, contrôlé par le parti de Franjo Tudjman, établit une nouvelle constitution par laquelle la Croatie est « patrie des Croates » (et non plus des Croates et des Serbes, peuples constituants de la république) et est souveraine sur son territoire. Six mois plus tard, en juin 1991, outre la Croatie, cest la Slovénie qui proclame sa propre indépendance. Immédiatement après, éclatent des affrontements entre larmée fédérale et les indépendantistes. En octobre, en Croatie, le gouvernement Tudjman expulse plus de 25 mille Serbes de la Slavonie, tandis que ses milices occupent Vukovar. Larmée fédérale répond, en bombardant et occupant la ville. La guerre civile commence à s’étendre, mais pourrait encore être arrêtée.

  La voie qui vient d’être prise est au contraire diamétralement opposée : lAllemagne, engagée à étendre son influence économique et politique dans la région des Balkans, en décembre 1991 reconnaît unilatéralement Croatie et Slovénie comme états indépendants. Conséquence : le jour suivant les Serbes de Croatie proclament à leur tour lautodétermination, en constituant la République serbe de la Krajina. En janvier 1992 lEurope des douze reconnaît aussi, outre la Croatie, la Slovénie. Dès lors senflamme aussi la Bosnie-Herzégovine qui, à petite échelle, représente la gamme complète des nœuds ethniques et religieux de la Fédération Yougoslave.

   Les casques bleus de lOnu, envoyés en Bosnie comme force dinterposition entre les factions en lutte, vont être volontairement laissés en nombre insuffisant, sans moyens adaptés et sans directives précises, finissant par devenir otages au milieu des combats. Tout concourt à démontrer la « faillite de lOnu » et la nécessité que ce soit lOtan qui prenne en main la situation. En juillet 1992 lOtan lance la première opération de « réponse à la crise », pour imposer lembargo à la Yougoslavie.

  En février 1994, des avions Otan abattent des avions serbo-bosniaques qui violent lespace aérien interdit sur la Bosnie. Cest la première action de guerre depuis la fondation de lAlliance. Avec elle lOtan viole larticle 5 de sa propre charte constitutive, puisque laction guerrière nest pas motivée par lattaque dun membre de lAlliance et est effectuée en dehors de son aire géographique.

 

 

LA GUERRE CONTRE LA YOUGOSLAVIE

 

Lincendie ayant été éteint en Bosnie (où le feu couve sous la cendre de la division en états ethniques), les pompiers de lOtan courent jeter de lessence sur le foyer du Kosovo, où depuis des années est en cours une revendication dindépendance par la majorité albanaise. A travers des canaux souterrains en grande partie gérés par la Cia, un fleuve darmes et de financements, entre fin 1998 et début 1999, va alimenter lUck (Armée de libération du Kosovo), bras armé du mouvement séparatiste kosovar-albanais. Des agents de la Cia déclareront ensuite être entrés au Kosovo en 1998 et 1999, en habits dobservateurs de lOSCE chargés de vérifier le « cessez-le-feu », fournissant à lUck des manuels étasuniens dentraînement militaire et des téléphones satellitaires, afin que les commandants de la guérilla puissent être en contact avec lOtan et Washington. LUck peut ainsi déclencher une offensive contre les troupes fédérales et les civils serbes, avec des centaines dattentats et denlèvements. Alors que les affrontements entre les forces yougoslaves et celles de lUck provoquent des victimes des deux côtés, une puissante campagne politico-médiatique prépare lopinion publique internationale à lintervention de lOtan, présentée comme unique façon darrêter la « purification ethnique » serbe au Kosovo. La cible prioritaire est le président de la Yougoslavie, Slobodan Milosevic, accusé de « crimes contre lhumanité » pour les opérations de « purification ethnique ».

    La guerre, nommée «Opération force alliée », commence le 24 mars 1999. Pendant que les avions des Etats-Unis et dautres pays de lOtan larguent les premières bombes sur la Serbie et le Kosovo, le président démocrate Clinton annonce : « A la fin du XXème siècle, après deux guerres mondiales et une guerre froide, nous et nos alliés avons la possibilité de laisser à nos enfants une Europe libre, pacifique et stable ». Dans la guerre, le rôle de lItalie va être déterminant : le gouvernement DAlema met le territoire italien, en particulier les aéroports, à disposition totale des forces armées des Etats-Unis et dautres pays, pour opérer ce que le président du Conseil définit comme « le droit dingérence humanitaire ».

  Pendant 78 jours, décollant surtout des bases italiennes, 1100 avions effectuent 38000 sorties, larguant 23000 bombes et missiles. 75% des avions et 90% des bombes et missiles sont fournis par les Etats-Unis.  Sont aussi étasuniens le réseau de communication, le commandement, le contrôle et le renseignement à travers lesquels sont conduites les opérations : « Sur 2000 objectifs traités en Serbie par les avions de lOtan -documente ensuite le Pentagone- 1999 ont été choisis par le renseignement étasunien et un seulement par les Européens ».

  Systématiquement, les bombardements démantèlent les structures et infrastructures de la Serbie, provoquant des victimes surtout parmi les civils. Les dommages qui en dérivent pour la santé et lenvironnement sont incalculables. De la raffinerie de Pancevo, notamment, s’échappent, à cause des bombardements, des milliers de tonnes de substance chimiques hautement toxiques (dont dioxine et mercure). Dautres dégâts sont provoqués par lemploi massif par lOtan, en Serbie et Kosovo, de projectiles à uranium appauvri, déjà utilisés dans la guerre du Golfe.

   Participent aussi aux bombardements 54 avions italiens, qui accomplissent 1378 sorties, attaquant les objectifs indiqués par le commandement étasunien. « Par le nombre davions nous navons été seconds que par rapport aux USA. LItalie est un grand pays et on ne doit pas s’étonner de lengagement démontré dans cette guerre », déclare le président du Conseil DAlema pendant sa visite le 10 juin 1999 à la base dAmendola, en soulignant que, pour les pilotes qui y ont participé, cela a été «une grande expérience humaine et professionnelle ».

   Le 10 juin 1999, les troupes de la Fédération yougoslave commencent à se retirer du Kosovo et lOtan met fin aux bombardements. La résolution 1244 du Conseil de sécurité de lOnu indique que la présence internationale doit avoir une « participation substantielle de lOtan » et être déployée « sous contrôle et commandement unifiés ». A qui revient le commandement ? Le président Clinton lexplique en soulignant que laccord sur le Kosovo prévoit « le déploiement dune force internationale de sécurité avec lOtan comme noyau, ce qui signifie une chaîne de commandement unifiée de lOtan ». « Aujourdhui lOtan affronte sa nouvelle mission : celle de gouverner », commente le Washington Post.

   La guerre finie, les Etats-Unis envoient au Kosovo plus de 60 agents du FBI, mais on ne trouvera pas de traces de massacres pouvant justifier laccusation, faite contre les Serbes, d’ « épuration ethnique ». Slobodan Milosevic, condamné à 40 années de réclusion par la Cour Pénale Internationale pour lex Yougoslavie, meurt en prison après cinq années de détention. La même cour le disculpe, en 2016, de laccusation de « purification ethnique ».

    Le Kosovo, où les Etats-Unis installent une grande base militaire (Camp Bondsteel), devient une sorte de protectorat de lOtan. En même temps, sous la couverture de la « Force de paix », lex Uck au pouvoir terrorise et expulse plus de 250 mille Serbes, Roms, Juifs et Albanais « collaborationnistes ». En 2008, avec lautoproclamation du Kosovo comme Etat indépendant, est accomplie la démolition de la Fédération Yougoslave.

 

(2. A suivre)

BRÈVE HISTOIRE DE LOTAN

DE 1991 À NOS JOURS

(3)

Manlio Dinucci

 

LE CONTOURNEMENT DE LARTICLE 5 ET LA CONFIRMATION DU LEADERSHIP USA

 

Alors quest en cours la guerre contre la Yougoslavie, est convoqué à Washington, les 23-25 avril 1999, le sommet qui officialise la transformation de lOtan en « une nouvelle Alliance plus grande, plus flexible, capable dentreprendre de nouvelles missions, y compris les opérations de réponse aux crises ».

   Dune alliance qui, sur la base de larticle 5 du Traité du 4 avril 1949, engage les pays membres à assister même avec la force armée le pays membre qui serait attaqué dans laire nord-atlantique, elle est transformée en alliance qui, sur la base du « nouveau concept  stratégique », engage aussi les pays membres à « conduire des opérations de riposte aux crises non prévues par larticle 5, en dehors du territoire de lAlliance ».

  Pour éviter tout équivoque, le président démocrate Clinton explique dans une conférence de presse que les alliés nord-atlantiques « réaffirment quils sont prêts à affronter des conflits régionaux au-delà du territoire de lOtan ». A la question de savoir quelle est laire géographique dans laquelle lOtan est prête à intervenir, « le Président se refuse à spécifier à quelle distance lOtan entend projeter sa propre force, en disant que ce nest pas une question de géographie ». En dautres termes, lOtan entend projeter sa propre force militaire en-dehors de ses frontières non seulement en Europe, mais aussi dans dautres régions.

   Ce qui ne change pas, dans la mutation de lOtan, est la hiérarchie à lintérieur de lAlliance. La Maison Blanche dit en toutes lettres que « nous maintiendrons en Europe environ 100 mille militaires pour contribuer à la stabilité régionale, soutenir nos liens transatlantiques vitaux et conserver le leadership des Etats-Unis dans lOtan ».
  Et c
est toujours le Président des Etats-Unis qui nomme le Commandant Suprême Allié en Europe, qui est toujours un général ou amiral étasunien, et non pas les alliés, qui se bornent à ratifier le choix. Même chose pour les autres commandements clé de lAlliance.

  

 

LA SUBORDINATION DE LUNION EUROPÉENNE À LOTAN

 

Le document qui engage les pays membres à opérer en-dehors du territoire de lAlliance, souscrit par les leaders européens le 24 avril 1999 à Washington, rappelle que lOtan « soutient pleinement le développement de lidentité européenne de la défense à lintérieur de lAlliance ». Lidée est claire : lEurope occidentale peut avoir son « identité de la défense », mais elle doit rester à lintérieur de lAlliance, cest-à-dire sous commandement USA.

   Ainsi est confirmée et consolidée la subordination de lUnion européenne à lOtan. Le Traité de Maastricht de 1992 établit, à larticle 42, que « lUnion respecte les obligations de certains Etats membres, lesquels estiment que leur défense commune se réalise par lintermédiaire de lOtan, dans le cadre du Traité de lAtlantique Nord ». Celui-ci stipule, à larticle 8, que chaque Etat membre « assume l'obligation de ne souscrire aucun engagement international en contradiction avec le Traité ».

   Et dans une confirmation ultérieure de ce quest le rapport Otan-UE, le protocole n° 10 sur la coopération instituée par larticle 42 souligne que lOtan « reste le fondement de la défense » de lUnion européenne.

 

 

LADOPTION PAR LITALIE DUN « NOUVEAU MODÈLE DE DÉFENSE » QUI VIOLE LARTICLE 11 DE SA CONSTITUTION

 

En participant avec ses bases et ses forces armées à la guerre contre la Yougoslavie, pays qui navait accompli aucune action agressive ni contre lItalie ni contre dautres membres de lOtan, et en sengageant à conduire des opérations non prévues par larticle 5 en-dehors du territoire de lAlliance, lItalie confirme avoir adopté une nouvelle politique militaire et, simultanément, une nouvelle politique étrangère. Celle-ci, en utilisant comme instrument la force militaire, viole le principe constitutionnel, affirmé par lArticle 11, que «lItalie répudie la guerre en tant quinstrument datteinte à la liberté́ des autres peuples et comme mode de solution des conflits internationaux ».

   Cest le « nouveau modèle de défense » adopté par lItalie, dans le sillage de la réorientation stratégique étasunienne, quand, avec le sixième gouvernement Andreotti, elle participe à la guerre du Golfe : les Tornado de laéronautique italienne effectuent 226 sorties pour un total de 589 heures de vol, bombardant les objectifs indiqués par le commandement étasunien. Cest la première guerre à laquelle participe la République italienne, en violant lArticle 11, un des principaux fondements de sa propre Constitution.

   Immédiatement après la guerre du Golfe, pendant le septième gouvernement Andreotti, le Ministère de la défense publie, en octobre 1991, le rapport Modèle de défense / Lignes de développement des Forces Armées dans les années 90. Le document reconfigure le positionnement géostratégique de lItalie, en la définissant comme « élément central de laire géostratégique qui s’étend de façon unitaire du Détroit de Gibraltar jusqu’à la Mer Noire, en se reliant, à travers Suez, avec la Mer Rouge, la Corne dAfrique et le Golfe Persique ». Etant donné la « significative vulnérabilité stratégique de lItalie » surtout pour lapprovisionnement pétrolifère, « les objectifs permanents de la politique de sécurité italienne se configurent dans la protection des intérêts nationaux, dans la plus vaste acception de ces termes, partout où cest nécessaire », en particulier de ces intérêts qui «ont une incidence directe sur le système économique et sur le développement du système productif, en tant que condition indispensable pour la conservation et le progrès de lactuelle organisation politique et sociale de la nation ».

   En 1993 -pendant que lItalie est en train de participer à lopération militaire lancée par les USA en Somalie, et quau gouvernement Amato succède celui de Ciampi - lEtat-major de la défense déclare qu’« il faut être prêts à se projeter à longue distance » pour défendre partout les « intérêts vitaux », afin de « garantir le progrès et le bien-être national en conservant la disponibilité des sources et voies dapprovisionnement des produits énergétiques et stratégiques ».

   En 1995, pendant le gouvernement Dini, l’état-major de la défense fait un nouveau pas en avant, en affirmant que « la fonction des forces armées transcende le strict cadre militaire pour se hausser aussi à la mesure du statut et du rôle du pays dans le contexte international ».

  En 1996, pendant le gouvernement Prodi, ce concept va être développé dans la 47ème session du Centre des hautes études de la défense. « La politique de la défense -affirme le général Angioni - devient un instrument de la politique de la sécurité et, donc, de la politique extérieure ».

    Cette politique anticonstitutionnelle, introduite par des décisions apparemment techniques, se trouve de fait institutionnalisée en passant au-dessus dun parlement qui, dans sa très grande majorité, sen désintéresse ou ne sait même pas précisément ce qui est en train dadvenir.

 

(3. A suivre)

***

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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 16:54

BRÈVE HISTOIRE DE LOTAN

DE 1991 À NOS JOURS

(1)

Manlio Dinucci

 

 

   LOtan, fondée le 4 avril 1949, comprend pendant la guerre froide seize pays : Etats-Unis, Canada, Belgique, Danemark, France, République fédérale allemande, Grande-Bretagne, Grèce, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Espagne, Turquie. A travers cette alliance, les Etats-Unis conservent leur domination sur les alliés européens, en utilisant lEurope comme première ligne dans la confrontation, y compris nucléaire, avec le Pacte de Varsovie. Ce dernier, fondé le 14 mai 1955 (six ans après lOtan), comprend Union Soviétique, Bulgarie, Tchécoslovaquie, Pologne, République démocratique allemande, Roumanie, Hongrie, Albanie (de 1955 à 1968).

 

 

DE LA GUERRE FROIDE À LAPRÈS-GUERRE FROIDE

 

En 1989 survient l’ « écroulement du Mur de Berlin » : cest le début de la réunification allemande qui se réalise quand, en 1990, la République Démocratique se dissout en adhérant à la République Fédérale dAllemagne. En 1991 se dissout le Pacte de Varsovie : les pays de lEurope centre-orientale qui en faisaient partie ne sont alors plus alliés de lURSS. Dans la même année, se dissout lUnion Soviétique : à la place dun unique état sen forment quinze.

  La disparition de lURSS et de son bloc crée, dans la région européenne et centre-asiatique, une situation géopolitique entièrement nouvelle. Dans le même temps, la désagrégation de lURSS et la profonde crise politique et économique qui frappe la Russie signent la fin de la superpuissance en mesure de rivaliser avec celle des Etats-Unis.

   La guerre du Golfe de 1991 est la première guerre, dans la période suivant le second conflit mondial, que Washington ne justifie pas par la nécessité de contenir la menaçante avancée du communisme, justification qui a été à la base de toutes les précédentes interventions militaires étasuniennes dans le « tiers monde », de la guerre de Corée à celle du Vietnam, de linvasion de la Grenade à lopération contre le Nicaragua. Avec cette guerre les Etats-Unis renforcent leur présence militaire et leur influence politique dans laire stratégique du Golfe persique, où se concentre une grande partie des réserves pétrolières mondiales.

   En même temps Washington lance à ses adversaires, ex adversaires et alliés un message sans équivoque. Il est contenu dans la National Security Strategy of the United States (Stratégie de la sécurité nationale des Etats-Unis), le document par lequel la Maison Blanche énonce, en août 1991, sa nouvelle stratégie.

   « Malgré l’émergence de nouveaux centres de pouvoir - souligne le document signé par le président- les Etats-Unis restent le seul Etat avec une force, une portée et une influence en toutes dimensions - politique, économique et militaire - réellement mondiales. Dans les années 90, tout comme pour la grande partie de ce siècle, aucun substitut nexiste au leadership américain ».

  Six mois après la directive présidentielle, un document provenant du Pentagone - Defense Planning Guidance for the Fiscal Years 1994-1999 (Guide pour la planification et la Défense pour les années fiscales 1994-1999), filtré à travers le New York Times en mars 1992, clarifie ce qui dans la directive présidentielle devait rester nécessairement implicite : le fait que, pour exercer leur leadership mondial, les Etats-Unis doivent empêcher que dautres puissances, y compris les anciens et les nouveaux alliés, ne puissent devenir  des concurrentes : « Notre premier objectif est dempêcher la réémergence dun autre rival, sur le territoire de lUnion Soviétique ou ailleurs, qui pose une menace de lordre de celle précédemment posée par lUnion Soviétique. Nous devons empêcher quaucune   autre puissance hostile ne domine une région dont les ressources, si elles étaient étroitement contrôlées, suffiraient à générer une puissance mondiale. Ces régions comprennent lEurope occidentale, lAsie orientale, le territoire de lex Union Soviétique et lAsie sud-occidentale ».

   Dans un tel cadre, souligne le document, « il est d une importance fondamentale de préserver lOtan comme principal instrument de la défense et de la sécurité occidentales, ainsi que comme canal de linfluence et de la participation étasuniennes dans les affaires de la sécurité européenne. Tandis que les Etats-Unis soutiennent lobjectif de lintégration européenne, ils doivent essayer dempêcher la création de dispositifs de sécurité uniquement européens, qui mineraient lOtan, en particulier la structure de commandement de lAlliance », cest-à-dire le commandement USA.

 

 

LE NOUVEAU CONCEPT STRATÉGIQUE DE LOTAN

 

Pendant quils réorientent leur propre stratégie, les Etats-Unis font pression sur lOtan pour quelle en fasse autant. Pour eux il est de première urgence de redéfinir non seulement la stratégie, mais le rôle-même de lAlliance atlantique. Avec la fin de la guerre froide et la dissolution du Pacte de Varsovie et de lUnion Soviétique même, se dissipe en effet la motivation de la « menace soviétique » qui a maintenu jusque là la cohésion de lOtan sous lindiscutable leadership étasunien : le danger existe donc que les alliés européens fassent des choix divergents voire jugent lOtan inutile dans la nouvelle situation géopolitique qui sest créée dans la région européenne.

   Le 7 novembre 1991 (après la première guerre du Golfe, à laquelle lOtan a participé non officiellement en tant que telle, mais avec ses forces et structures), les chefs dEtat et de gouvernement des seize pays de lOtan, réunis à Rome dans le Conseil atlantique, lancent « Le nouveau concept stratégique de lAlliance ». « Contrairement à la menace prédominante du passé - affirme le document- les risques qui demeurent pour la sécurité de lAlliance sont de nature multiforme et multidirectionnels, chose qui les rend difficiles à prévoir et évaluer. Les tensions pourraient conduire à des crises dommageables pour la stabilité européenne et jusqu’à des conflits armés, qui pourraient engager des puissances extérieures ou se répandre jusqu’à lintérieur des pays de lOtan ». Face à ces risques et dautres, « la dimension militaire de notre Alliance reste un facteur essentiel, mais le fait nouveau est quelle sera plus que jamais au service dun ample concept de sécurité ».

   En définissant le concept de sécurité comme quelque chose qui nest pas circonscrit à laire nord-atlantique, on commence à dessiner la « Grande Otan ».

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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 14:48

COMAGUER SALUE  LA « BREVE HISTOIRE DE L’OTAN » DE

 MANLIO DINUCCI

*****

Le géopoliticien et journaliste italien Manlio Dinucci vient de publier sous le titre   « Brève histoire de l’OTAN de 1991 à nos jours » une excellente synthèse de ce qui n’est ni une évolution ni même une transformation de l’OTAN mais une véritable mutation.

Le maintien du nom et en son sein de la domination sans partage des Etats-Unis et de leurs chefs militaires ne peuvent pas cacher - et Manlio Dinucci en fait l’éclatante démonstration-  le fait que cette alliance militaire défensive du temps d’une « Guerre Froide » qu’elle avait initiée avant que l’adversaire qu’elle s’était elle-même choisi n’organise lui-même sa réplique est devenue depuis 1991 un outil militaro-politique de portée mondiale, un outil de domination impérialiste dont la direction ne peut évidemment pas échapper au pays dont le budget militaire atteint à peu prés 50% du budget militaire mondial.

En dix courts épisodes Manlio Dinucci retrace les principales étapes de cette gigantesque mutation qui s’est opérée très rapidement, en un quart de siècle, et qui est, de très très loin  l’institution internationale la plus sanglante  et la plus destructrice dans cette période à côté de laquelle son « Sparring partner » (son partenaire à l’entrainement) : « le terrorisme international » fait piètre figure.

En insistant sur le cas de son pays l’Italie, Manlio Dinucci montre combien la puissance dominante s’embarrasse peu des règles politiques et constitutionnelles régissant ses alliés ; mais en regardant le cas de la France on découvrirait que la réintégration par Nicolas Sarkozy de la France dans les structures du commandement militaire de l’OTAN a donné à notre pays un zèle sinistre de nouveau converti. En témoignent le rôle de leader de la France dans la destruction de la Libye (Sarkozy et Juppé) et son soutien constant aux takfiristes syriens (Hollande et Fabius).

Reste à souligner également la quasi intégration dans cette période d’Israël dans l’OTAN. Israël, Etat ambigu est quasi membre de l’Union Européenne, quasi membre de l’OTAN, quasi membre du club des puissances nucléaires mais ne souscrit à aucun engagement ferme et écrit qui pourrait le contraindre à renoncer à l’exercice solitaire de sa domination sur la Palestine.

Les dix épisodes du texte de Manlio Dinucci seront  à compter du  21.10.2017 publiés au rythme de deux par semaine sur le blog de COMAGUER (http://www.comaguer.over-blog.com) avec évidemment l’aimable autorisation de l’auteur et de sa traductrice française Marie Ange Patrizio.

Bonne lecture !

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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 14:15

JEU DE PISTE EN FRANCAFRIQUE

***

NOUVEL EPISODE : ANTONOV 26

https://www.youtube.com/watch?v=E70Lq94Kezk

Le crash en mer tout prés de l’aéroport d’Abidjan d’un ANTONOV 26 reste entouré de beaucoup d’imprécisions.

***

Rappel de quelques faits incontestables avant de poursuivre l’enquête.

L’AVION :

L’ANTONOV 26 est un avion cargo léger à usage principalement militaire qui peut même être utilisé comme bombardier. Conçu en URSS  il s’est beaucoup vendu – au total 1386 exemplaires produits -  d’abord dans les pays du bloc de l’Est mais ensuite dans de nombreux autres pays. Il est agréé par l’Agence européenne de sécurité aérienne depuis 2009 et d’un usage très répandu en Hongrie, Pologne, Lettonie et Lituanie.

Ce bi-turbopropulseur qui continue une longue carrière alors que sa fabrication a été interrompue en  URSS en 1986  et reprise à Kiev (Ukraine) entre 1991 et 1999 a une capacité de transport de 5,5 à 6 tonnes  ou 40 passagers et peut être utilisé soit pour des opérations de largage par parachute soit pour  des livraisons ordinaires sur des aérodromes.

LE CRASH

Il a lieu Samedi 15 Octobre au matin. Dans le meilleur des cas s’il a été fabriqué en Ukraine  l’avion a au moins dix huit ans. Les photos prises par des amateurs locaux et qui sont disponibles sur le net montrent un avion cassé en deux et échoué en bordure d’océan à peu de distance de l’extrémité sud de la piste de l’aéroport international Félix Houphouët Boigny d’Abidjan.

Les dépêches de presse divergent : pour les unes il s’agit d’un  accident à l’atterrissage pour d’autres au décollage. Sur la destination ou la provenance de l’avion  autres divergence : pour les un il s’agirait de Ouagadougou pour les autres de Bamako.

Autres imprécisions sur la météo : s’il est même question pour certains commentateurs de météo « apocalyptique », les images disponibles ne montrent rien de semblable : la mer est assez agitée mais pas tempétueuse et si l’hypothèse de l’accident au décollage est retenue, pourquoi avoir pris le risque d’un décollage dans de très mauvaises conditions météo.

LA COMPAGNIE AERIENNE

Les marques sur l’avion sont clairement celles d’une compagnie moldave siège à Chisinau la  VALAN INTERNATIONAL CARGO CHARTER LTD qui selon son site internet officiel exploite 3 ANTONOV 26 et une dizaine d’hélicoptères lourds et qui effectue des missions pour diverses agences de l’ONU voire même. Une dépêche ajoute que l’avion serait propriété dune compagnie canadienne BOUVIER et donc simplement loué par VALAN.

Cet ANTONOV 26 serait-il le produit d’un vol d’un avion propriété d’Etat par des cadres moldaves au moment de la chute du bloc de l’Est ? Les cas de privatisations sauvages de matériel militaire  ont été nombreux après 1991. L’enquête sur le crash pourra le dire. 

Le fait que l’armée française ait affrété l’avion a été reconnu officiellement. Une imprécision subsiste : cette compagnie moldave a-telle contractée directement avec l’armée française pour ce vol ou est-elle le sous-traitant de la compagnie française PEGASE AIRDROP  créée en France par Pierre Louis de Rande un officier supérieur à la retraite qui a déjà effectué plusieurs missions pour l’armée française et dont le nom apparait ici et là dans les dépêches.

Il n’est pas difficile d’imaginer que des équipages moldaves même bien formés n’aient pas des niveaux de salaire équivalents à ceux d’équipages français travaillant pour PEGASE AIRDROP. Il convient également d’observer que les crédits OPEX votés par le Parlement sur lesquels sont payés ces opérations de l’armée française à l’étranger sont aujourd’hui épuisés comme les années précédentes en fin d’exercice et que l’armée est obligée de faire baisser autant que possible les prix de ces prestations dont les factures  doivent être prélevées sur le budget ordinaire du Ministère.

QUE CONTENAIT L’AVION ?

L’équipage moldave qui a péri et des militaires français blessés. Sur certaines vidéos on peut distinguer des personnes s’extrayant seules de l’avion brisé.

Y avait-il du matériel ? Quel matériel ? Aucune information ne filtre.

 

LA VERSION MINIMALISTE DE L’ETAT MAJOR DES ARMEES

Le bruit du crash a très vite attiré sur la plage des  habitants des zones voisines ce qui a permis de disposer d’un certain nombre de photos d’amateurs intéressantes. Mais très vite les autorités ivoiriennes – la tour de contrôle très proche a perdu très vite tout contact avec l’appareil et a donc pu donner l’alerte. Quant à l’armée française elle a pu être prévenue par téléphone par les militaires français à bord de l’appareil. Toujours est-il que très vite les autorités ivoiriennes et les soldats du 43° BIMA installés à proximité ont été présents sur place et ont, comme on dit, « sécurisé » la zone.  Donc à part les blessés évacués sur l’hôpital militaire de la base française, rien n’a pu être vu de la cargaison de l’appareil  (que transportait-il ? était-il plein ?) dont les morceaux ont été rapidement tirés à terre.

Pour l’armée française l’appareil était en mission logistique dans le cadre de l’opération BARKHANE. Un point c’est tout.

***

DES PISTES DE REFLEXION

L’opération BARKHANE est une opération antiterroriste conduite par la France dans le Sahel en partenariat avec les cinq pays concernés : Tchad, Niger, Mali Mauritanie et Burkina Faso dans le Sahel dont le PC est à N’Djamena. La France y occupe une place importante. La distance aérienne entre Abidjan et N’Djamena atteint 2200 km. D’autres bases militaires françaises sont également impliquées l’une à Dakar (4400 km de N’djamena), l’autre à Bamako (3100 km de N’djamena). Mais Ouagadougou d’où venait ou où allait l’avion est beaucoup plus proche de la zone du conflit.

L’opération BARKHANE dure, coûte cher, mobilise 3000 hommes et beaucoup de matériel. Ses résultats sont discutés, les troupes françaises ne sont pas bien acceptées par les populations de la zone  et la visite d’Emmanuel Macron à Gao dés le mois de Juin tout comme son insistance à mettre en place le G5 Sahel censé appuyer BARKHANE  et la politique libyenne de l’Elysée montrent qu’un débat a lieu à Paris sur les conditions de la poursuite de cette opération. Pour autant la zone n’est pas pacifiée puisqu’il y a peu 4 soldats des forces spéciales US ont été assassinés au Niger.

Par ailleurs la présence à Abidjan des 950 hommes du 43° BIMA  installés dans le camp de Port Bouet et qui ne sont pas comptés dans les effectifs de BARKHANE montre que la France tient à maintenir une forte présence militaire dans un pays où les intérêts du Capitalisme français sont importants et qu’elle ne peut en tant que puissance néocoloniale être indifférente à la sourde tension politique existant en Côte d’Ivoire à l’approche de la fin du mandat présidentiel de l’homme qu’elle a porté au pouvoir par un coup d’état militaire : Alassane Dramane Ouattara. Le personnage est aujourd’hui immensément riche et son départ en retraite, fortune faite, permettrait de limiter les risques des soubresauts de son impopularité.

L’habillage « BARKHANE » du crash de l’ANTONOV 26 à Abidjan est commode mais peut cacher d’autres opérations plus discrètes tant le verrouillage médiatique de l’accident organisé par la France en harmonie avec le pouvoir ivoirien a été rapide.       

lieu de la chute

lieu de la chute

JEU DE PISTE EN FRANCAFRIQUE - EPISODE ANTONOV 26
JEU DE PISTE EN FRANCAFRIQUE - EPISODE ANTONOV 26
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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 19:57

Ou l’on observera qu’un petit pays anti-impérialiste peut devant l’Assemblée générale des Nations Unies rappeler  aux maitres de cette institution qu’ils ne sont pas les maitres du monde.

***

Déclaration de S.E. M. RI YONG HO, Ministre des affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée au débat général de la  72e session de l'Assemblée générale des Nations Unies -  New York, 23 septembre 2017 -

***

Traduction COMAGUER à partir du texte en anglais  (https://youtu.be/fbDW_GOvOZA)

***

   Monsieur le Président, tout d'abord, permettez-moi de féliciter Votre Excellence M. Miroslav Lajčák pour votre élection à la présidence de la 72e session de l'Assemblée générale des Nations Unies. Je souhaite plein  succès à la présente session sous votre direction avisée.

Avant d’aborder les principaux points de mon débat, je suis obligé de faire des commentaires sur le discours prononcé il y a 4 jours par quelqu'un, appelé président des États-Unis, qui a souillé cette arène sacrée de ONU. Puisque Trump a prononcé à cette même tribune ces mots violents et irresponsables provoquant la dignité suprême de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), je pense qu'il est assez juste pour moi d'apporter une réponse sur le ton correspondant.

Au cours de ses 8 mois de pouvoir, il a transformé la Maison Blanche en un champ de foire  bruyant et plein du cliquetis  des perles des bouliers et maintenant il a essayé de transformer le rassemblement de l'ONU en un nid de gangsters où l'argent est respecté et où le bain de sang  est à l'ordre du jour.

La réalité est absurde : une personne comme Trump, une personne dérangée mentalement, pleine de mégalomanie et de satisfaction de soi, la personne qui est blâmée même par des Américains comme "Commandeur de la souffrance", "Roi menteur", "Président du Mal » occupe maintenant le siège de président américain , la réalité est dangereuse : le joueur qui a vieilli en usant de menaces, de fraudes et d’autres techniques  pour acquérir une parcelle de terrain détient le bouton nucléaire ; voilà ce qui constitue aujourd'hui la plus grave menace à la paix internationale et à la sécurité.

En raison de son manque de connaissances communes de base et d’opinions personnelles, il a essayé d'insulter la dignité suprême de mon pays en le comparant  à une fusée. Ce faisant, toutefois, il a commis l’erreur irréversible de rendre  inévitable la visite de nos fusées dans l'ensemble du territoire des Etats-Unis.

Nul autre que Trump lui-même est en mission suicide. Au cas où des vies innocentes des États-Unis seraient perdues à cause de cette attaque suicide, Trump serait tenu entièrement responsable.

Le leader suprême respecté, le camarade Kim Jong Un a déclaré : « Comme homme représentant la RPDC et au nom de la dignité et de  l'honneur de mon état et de mon peuple, et en mon nom propre,  je vais faire payer chèrement à l'homme qui tient la prérogative de commandant  en chef des États-Unis son discours appelant à détruire totalement la RPDC

Trump n'était peut-être pas très conscient des propos sortis de sa bouche mais nous allons nous assurer qu'il supportera les  conséquences bien au-delà de ses mots, bien au-delà de la portée de ce qu'il peut gérer même s'il est prêt à le faire.

   Monsieur le Président, pensons aux peuples : lutter pour la paix et une vie décente pour tous sur une planète durable ; c'est le thème de la session en cours. Pour que tous les pays et tous les peuples puissent  jouir de la paix et d’une vie décente, il est impératif de réaliser avant toute autre chose une véritable justice internationale. La réalisation de la justice internationale est l'une des principales missions de l'Organisation des Nations Unies.

Monsieur le Président, l'article 1 de la Charte des Nations Unies stipule  "…apporter par des moyens pacifiques et conformément aux principes de la justice et du droit international, l'ajustement ou le règlement des différends internationaux ou les situations qui pourraient entraîner une violation de la paix". (Voir texte intégral ci-après)

Cependant en raison de l'autoritarisme et de  l'arbitraire à l'heure actuelle d'une seule grande puissance, l'objet et les principes de la Charte des Nations Unies et d'autres principes de base des relations internationales sont aujourd'hui délibérément ignorés dans l'arène des Nations Unies.

Des actes anormaux justifiant et légitimant le despotisme et l'arbitraire et les actes de violation de la vérité et  de la justice sont partagés ou tolérés.

La violation la plus étendue de la justice internationale peut être observée sur la péninsule coréenne.

Des actes d'injustice sans précédents, comme l'imposition de sanctions sévères sur une victime pour la raison que la victime a choisi de résister à l’agresseur  sont ouvertement commis au nom de l'ONU.

L'essence de la situation de la péninsule coréenne est une confrontation entre la RPDC et les États-Unis, où celle-là  (la  RPDC) tente de défendre sa dignité et sa souveraineté nationale contre la politique hostile et les menaces nucléaires des  celle-ci (les Etats-Unis)

 

Les États-Unis sont le pays qui a le premier  produit des armes nucléaires et le seul pays qui les  a utilisées, massacrant des centaines de milliers de civils innocents.

Ce sont les  États-Unis, qui ont menacé d'utiliser l'arme nucléaire contre la RPDC au cours de la guerre de Corée en 1950 et qui ont introduit pour la première fois des armes nucléaires dans la péninsule coréenne après la guerre.

Les États-Unis ont au cours de la guerre froide commencé des exercices militaires conjoints à grande échelle contre la RPDC, et ensuite ont augmenté leur importance  et leur caractère agressif après la guerre froide, organisant ces  exerces plusieurs fois chaque  année et  en mobilisant de plus en plus de moyens nucléaires.

Qu'est-ce qui pourrait être une menace plus importante que la violence des remarques telles que "Le feu et la fureur", "Destruction totale" venant de l'autorité supérieure de la plus grande puissance nucléaire.

Les  États-Unis  sont la raison même qu’a la RPDC de posséder des armes nucléaires et elle doit  renforcer et développer sa force nucléaire sur le niveau actuel pour faire face avec les États-Unis

La politique hostile des États-Unis et les menaces nucléaires ont continué pendant plus de 70 ans et ont conduit la situation sur la péninsule coréenne à un point de friction permanent. Mais  aux Nations unies des  résolutions qui légalisent l'injustice sont adoptées sélectivement en raison de la brutalité des États-Unis

 Le respecté leader, le camarade Kim Jong Un, président de la Commission des affaires de l'Etat de la RPDC a déclaré : « La justice internationale n'est jamais atteinte d’elle- même ; elle ne peut être atteinte que lorsque les pays anti-impérialistes indépendants sont assez forts. »  (Souligné par nous)

À moins que la vraie justice internationale ne devienne réalité, le seul principe philosophique valide est que la force doit être traitée par la force et que les armes nucléaires de la tyrannie doivent  être traitées avec les marteaux nucléaires de la justice.

La possession de la dissuasion nucléaire par la RPDC est une juste mesure d’auto-défense prise comme ultime option, conformément à ce principe.

Récemment, la RPDC a testé  avec succès un missile balistique capable de porter une bombe H  comme une partie des efforts déployés pour atteindre l'objectif de compléter la force nucléaire du pays.

Avec cela, la RPDC est entrée dans une phase où elle complète sa force nucléaire conformément à sa ligne de développement simultané de l'économie et de la force nucléaire.

Notre force nucléaire nationale est, à tous égards, une arme de dissuasion pour mettre un terme à la menace nucléaire des États-Unis et pour  empêcher son invasion militaire ; et notre but ultime est d'établir l'équilibre des forces avec les États-Unis.

Mesdames et Messieurs les délégués de tous les pays présents à cette session sont conscients du fait que la RPDC, contrairement aux autres États dotés d'armes nucléaires, a chaque fois rendu public pour le monde  entier le processus de test et son résultat dans toutes les étapes de l'élaboration et de l'avancement de sa force nucléaire.

Puisque l’arme de dissuasion pour préserver la paix et la sécurité de la péninsule coréenne et de la région est suffisamment renforcée, les États-Unis et ses disciples doivent maintenant réfléchir à deux fois avant de lancer une provocation militaire contre la RPDC.

Bien qu'ils parlent de "Feu et de Fureur",  de "Destruction totale" et tout le reste, chaque fois ils doivent ajouter diverses conditions telles que "nous espérons que ce ne sera pas nécessaire", "ce n'est pas notre première option" et ainsi de suite.

En conséquence, nous sommes convaincus que la paix et la sécurité de l'Asie du Nord-Est et de la région dans son ensemble  ont été consolidées

Nous n'avons pas besoin de la reconnaissance par quiconque de notre statut d'Etat doté de  l'arme nucléaire et de notre capacité de frappe nucléaire.

Le missile balistique marqué du nom sacré de la RPDC a volé au-dessus de l'univers au-dessus du ciel bleu infini, l'ogive de notre fusée a laissé sa trace sur les vagues bleues de l'océan Pacifique et la formidable explosion et vibration de la bombe à hydrogène ont été enregistrées par cette planète.

Bien que notre décision de posséder des armes nucléaires ait été une option inévitable provoquée par les Etats Unis, elle a conduit notre pays à atteindre le statut de puissance  nucléaire et de puissance balistique, et ce prestige est maintenant inscrit dans le destin immortel de la RPDC.

   Monsieur le Président, l'échec de l'Organisation des Nations Unies dans l'accomplissement de son rôle dans la réalisation d’une véritable justice internationale est principalement dû aux vieilles pratiques non démocratiques du Conseil de sécurité. Personne d’autre que le Conseil de sécurité ne tient pas compte de la Charte des Nations Unies dès le premier article et  il n'agit que dans la poursuite de la volonté et de l'intérêt de ses États membres.

Il n'est pas accessoire que la question sur la réforme du Conseil de sécurité ait déjà été posée en 1992 par la résolution 47/62 à la 47ème Session.

Depuis, la question de la réforme du Conseil de sécurité a été discutée  chaque année au cours des 25 dernières années mais sans aucun progrès. Ce fait lui-même montre clairement à quel point les membres permanents actuels sont obsédés par l’anachronisme  des leurs intérêts acquis.

Seul un membre permanent peut opposer son veto à la volonté générale de plus de 190 états membres des Nations Unies. Le Conseil de sécurité est un tel organe non démocratique de l’ONU.

Dans ce forum, je tiens à rappeler une fois de plus à tous les délégués le caractère injuste et inéquitable des "résolutions" adoptées par le Conseil de sécurité contre la RPDC.

Premièrement, le Conseil de sécurité  a fabriqué des « résolutions » illégales  et à double standard   qui interdisent à la seule RPDC le lancement d'un satellite en violation du droit international prescrivant l'utilisation pacifique de l'espace comme un droit souverain de chaque état et sans prendre aucune  position contre  tous les autres pays qui  lancent des satellites.

 

Deuxièmement, le Conseil de sécurité  a concocté  des "résolutions" illégales  et à double standard qui interdisent arbitrairement les essais nucléaires de la RPDC, bien que strictement des essais nucléaires relèvent de la souveraineté de chaque état puisque le droit international sur l'interdiction des essais nucléaires n'est pas encore entré en vigueur et qu’il y a des pays qui ont effectué de nombreux essais nucléaires.

Troisièmement, le Conseil de sécurité a condamné l'élaboration d'armes nucléaires par la RPDC comme une "menace pour la paix et la sécurité internationales" et, sur cette base, a fabriqué  des "résolutions"  l'illégales et à double-standard  en violation de l'article 51 de la Charte des Nations Unies qui reconnaît le droit de légitime défense à tout État et sans remettre en question les autres pays qui continuent à développer les plus récentes  armes nucléaires de toutes sortes.

La raison pour laquelle ces résolutions injustes et inéquitables continuent d'être adoptées, c'est que les membres permanents du Conseil de sécurité, tous puissances nucléaires, ont un intérêt commun à maintenir leur statut de monopole nucléaire.

Les membres permanents du Conseil de sécurité parlent beaucoup de non-prolifération des armes nucléaires. Vu du point de vue  de la non-prolifération nucléaire, la possession par la RPDC, d'armes nucléaires est une mesure d’auto-défense juste.

En fait, l'accord international sur la non-prolifération nucléaire n'a été possible que parce que les puissances nucléaires avaient fait la promesse de ne pas menacer les États non dotés d'armes nucléaires avec les armes nucléaires.  (Souligné par nous)

L'article 10 du Traité de Non Prolifération stipule que chaque partie a le droit de se retirer du Traité si elle décide que ses intérêts suprêmes ont été mis en cause. Cet article reconnaît que les intérêts suprêmes des Etats sont au-dessus de la non-prolifération nucléaire.

Après tout, les États-Unis eux-mêmes ont entravé les efforts internationaux de non-prolifération nucléaire en ne renonçant pas  à la menace nucléaire contre la RPDC, mais plutôt en obligeant celle-ci à posséder des armes nucléaires.

Ceci démontre éloquemment que les "résolutions"  anti-RPDC ne sont pas fondées sur des principes établis et qu'elles ne sont rien de moins que les produits de l'ancienne pratique non démocratique du Conseil de sécurité, de la conspiration et de la collusion des forces obsédées uniquement par leurs intérêts acquis.

Les États-Unis prétendent que la possession par  la RPDC, de missiles balistiques et de  bombes H constitue une "menace globale", même au sein l'ONU. Mais cette affirmation  est un gros mensonge qui s'apparente au tristement célèbre "grand mensonge" fabriqué par les États-Unis en 2003 à propos de l'existence en Irak d'armes de destruction massive afin d'envahir ce pays.

La République populaire démocratique de Corée est un état nucléaire responsable.

Nous allons prendre des mesures préventives sous forme d’actions préventives impitoyables  au cas où les États-Unis et leurs forces vassales donneraient des signes de préparation d’une sorte d’opération de "décapitation" de notre quartier général  ou d’une  attaque militaire contre notre pays. Cependant, nous n'avons aucune intention d’utiliser ou de menacer d’utiliser nos armes nucléaires contre les pays qui ne s’associent pas aux actions militaires des États-Unis contre la RPDC.

Les États-Unis ont recours à une intrigue pour condamner la possession d’armes nucléaires par la RPDC comme "une menace globale" afin de trouver un prétexte pour contraindre les autres États membres des Nations Unies à mettre  en œuvre des "résolutions" sanctions contre la RPDC

C'est une tentative égoïste et sournoise des États-Unis pour échapper à leur responsabilité dans la question nucléaire de la péninsule coréenne et pour défendre leurs propres intérêts en utilisant et sacrifiant d'autres pays qui n'ont rien à voir avec la question.

Le gouvernement de la RPDC a fait une demande au Secrétariat de l'ONU pour  qu'un forum d'experts en droit international soit organisé pour évaluer les arguments de droit et de légalité des « résolutions » du Conseil de Sécurité  mais nous n'avons eu aucun écho du Secrétariat depuis  9 mois déjà.

Il en va de même du fait que la RPDC  a fait des demandes répétées à l'ONU pour discuter de la menace grave pour la paix et la sécurité internationales causée par  les exercices militaires agressifs et  provocants conjoints, de la Corée du sud et les Etats-Unis  mais ces demandes n'ont jamais été mises à l'ordre du jour du Conseil de sécurité et refoulées chaque fois.

La Charte des Nations Unies stipule que les membres de l'Organisation des Nations Unies acceptent et appliquent les décisions du Conseil de sécurité.

Si les "résolutions" sur la RPDC adoptées au Conseil de sécurité sont vraiment justes et légitimes, il n’est pas nécessaire que tous les ambassadeurs américains à l'étranger et même le président et le secrétaire d'Etat s’affairent à contraindre  d'autres pays à la mise en œuvre des "résolutions". En outre, il n’est pas nécessaire pour les États-Unis de faire participer  leurs fantoches comme la Corée et le Japon à cette activité.

Les États membres des Nations Unies ne doivent pas céder aux pressions d'une grande puissance, en appliquant  les résolutions du Conseil de sécurité mais  se faire un jugement indépendant sur la légalité, l'impartialité et la  moralité des résolutions et contribuer à la promotion de la réforme de l'ONU en élevant  leurs voix contre le despotisme et l'arbitraire.

   Monsieur le Président, les États-Unis ont pris  des sanctions contre notre pays depuis le tout premier jour de sa fondation et on peut dire que les plus de 70 ans de la  longue histoire de la RPDC sont une histoire de lutte, de persévérance  dans la voie de l'auto-développement dans le cadre des sanctions les plus dures dans le monde.

Grâce à une  lutte si longue et si difficile, nous sommes enfin maintenant à seulement quelques pas de la porte finale de l'achèvement de notre force nucléaire nationale. Imaginer la possibilité  que la RPDC soit ébranlée d’un pouce ou modifie sa position en raison des sanctions par les forces hostiles n’est rien d’autre qu’un espoir désespéré

Le jour viendra certainement dans un avenir proche, où nous en finirons avec  tous les dommages infligés à notre développement économique pacifique et à l'amélioration du niveau de vie du peuple et avec toutes les souffrances imposées à nos femmes, enfants et personnes âgées par les sanctions odieuses et barbares contre notre République.

La RPDC  a déjà organisé un comité national d'enquête de dommages pour faire une étude approfondie de l'ensemble des dommages infligés à notre République par tous les types de sanctions.

Ce comité fera une enquête approfondie et recensera tous les dommages physiques et moraux imposés à la RPDC par les États-Unis, leurs disciples et également  par les pays qui se sont soumis à la coercition des États-Unis.

Au moment où ce racket des sanctions et la pression atteint un point critique, entrainant  la péninsule coréenne dans une situation incontrôlable, les résultats de l’enquête de ce comité auront un effet énorme en désignant  les responsables.

Monsieur le Président, ma délégation saisit cette occasion pour exprimer un soutien fort à sa solidarité avec le gouvernement cubain et les peuples qui se battent pour défendre leur souveraineté nationale et réaliser la justice internationale contre le despotisme, l'arbitraire et l'embargo unilatéral des États-Unis

Nous exprimons également un appui ferme et notre  solidarité au Gouvernement et au peuple du Venezuela qui luttent pour défendre la souveraineté nationale et la cause du socialisme. Les actes injustes et méprisables tels que fermer les yeux sur les actes odieux d'Israël en condamnant simultanément et de toutes les manières possibles   le seul gouvernement syrien qui se  bat pour protéger sa souveraineté nationale et la sécurité ne devraient pas être tolérés plus longtemps.

Le gouvernement de la RPDC défendra   certainement la paix et la sécurité du pays avec sa puissante dissuasion nucléaire et contribuera également à la sauvegarde de la paix mondiale et de  la sécurité.

 

 

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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 18:41

« Nous devons contribuer à enclencher en Irak à certains égards, comme en Syrie surtout, une transition politique inclusive où les populations seront justement représentées et nous investir dans la reconstruction de ces deux pays. 

Comme si le gouvernement syrien navait pas été soutenu de bout en bout par une large majorité de la population qui a même eu loccasion de voter pour approuver une nouvelle constitution  très démocratique et pour réélire le président sortant.

Les exclus soit quils fussent habitants dAlep Ouest, de Deir Ezzor et de toutes les localités encerclées ou occupées par les terroristes soit quils aient pu fuir le pays pour échapper aux combats pour aller pour les uns sentasser dans des camps de réfugiés en Turquie, en Jordanie ou au Liban, pour les autres réussir à prendre les chemins douloureux et dangereux de l’émigration, dernière catégorie dans laquelle le gouvernement français puisait sans cesse et sans succès des « représentants » non représentatifs dune «opposition syrienne » stipendiée ne lont pas été par une décision dun gouvernement sectaire et minoritaire mais du fait même de l’état de guerre.

Emmanuel  Macron veut une transition politique cest-à-dire quil refuse de reconnaitre que le gouvernement légal dun pays souverain bénéficie aujourdhui en Syrie mais pas dans les principaux médias français publics comme privés dune légitimité renforcée incontournable.

Il savère donc être un complice conscient et un continuateur de la politique (anti)syrienne de ses deux prédécesseurs à lElysée, continuité incarnée par linstallation de Jean Yves Le Drian à la tête de la diplomatie française.

Enfin, ultime aveu : La France doit investir dans la reconstruction du pays. La reconstruction va être une tache immense dans tout le pays mais qui peut croire que la Syrie va confier cette tâche à des entreprises de pays qui ont soutenu politiquement : « AL NOSRA FAIT DU BON BOULOT » le terrorisme islamiste.

Ceux qui ont soutenu la destruction devraient donc tirer profit de la reconstruction. Limpudence, celle du banquier, est sans limites.

« En Syrie, nous devons terminer la guerre « 

NOUS ? Qui est ce « NOUS » ?

La guerre se termine et elle a été gagnée par la République arabe syrienne souveraine, par lArmée arabe syrienne depuis le premier jour et ensuite par ses alliés. Les interventions de la « Coalition » et dans ce cadre les bombardements des « Rafale » français se sont faites sur le territoire syrien sans laccord du gouvernement syrien  et de ses représentants diplomatiques à  lONU ; et les membres de la dite coalition, France en tête, qui singéraient sans aucun mandat officiel dans la guerre de Syrie navaient pas leur place à Astana, activité militaire dont le bilan est obscur.

Comment interpréter ce NOUS ? Moi Emmanuel Macron président de la République française, chef des armées je mimplique dans lachèvement de la guerre. En fait, la République française ny est pour rien et par contre avant la Présidence Macron elle a joué un rôle évident dans sa prolongation et rien ne prouve encore aujourdhui quelle ne continue pas tant le discours présidentiel est fumeux.

Quand Sylvie Goulard, éphémère Ministre des Armées a reconnu publiquement que les forces spéciales françaises  étaient intervenues en Syrie elle na fait que reconnaitre ce qui était bien connu depuis les débuts de la guerre : les agents du renseignement militaire et les forces spéciales sur le terrain, la formation militaire en Jordanie des « opposants  syriens »  et tout ce que les archives de la défense cacheront encore un certain temps.

Et pour bien montrer sa détermination à forcer par tous les moyens la porte du club des vainqueurs  il feint de croire que la Turquie, lIran et la Russie sont assez innocents pour ignorer combien le retournement de la France est tardif et ambigu. Voulant jouer les premiers rôles dans la nouvelle étape il met sur la table sous les yeux du monde entier ses règles du jeu pour régler la question syrienne. En réalité il ne sagit que de vieux oripeaux de la politique propagandiste Hollande-Obama.

Dabord la question des armes chimiques. Elle est réglée depuis 2014 du côté du gouvernement syrien et le seul risque encore existant est que les résidus du terrorisme utilisent depuis leurs derniers réduits des attaques avec des armes chimiques reçues depuis des pays étrangers qui les soutiennent encore et en suivant des parcours tortueux où se retrouvent des bandes armées libyennes, des services secrets dévoyés comme en Bulgarie et autres. Ensuite la question des couloirs humanitaires qui nie le fait que le gouvernement et larmée syrienne ne massacrent pas les terroristes qui déposent les armes et leur donnent les moyens de se regrouper dans des villes comme Idlib en attendant une négociation sur leur sort quand le reste du territoire sera libéré, quun large amnistie est à l’œuvre pour les citoyens syriens. Peut-être espère-t-il encore une ultime comédie des Casques Blancs, comédiens sauveteurs nintervenant que devant les caméras de télévision occidentales ?

Décidément le jeune Président est un homme du passé, un ancien ministre de François Hollande, un chouchou dObama qui la soutenu autant quil a pu.

Le seul bégaiement quil sest évité est de prononcer le nom de Bachar El Assad. Mais le spectre du Président syrien le hante comme il hante les nuits de Netanyahou et donc il rêve de linculpation de Bachar El Assad par la Cour Pénale Internationale après la fin de la guerre. Madame Fatou Bensouda, procureure générale de la CPI chargée de ce genre de basses besognes par le camp occidental obéira-t-elle à la consigne comme elle vient de le faire en entamant des poursuites contre le fils survivant de Kadhafi récemment libéré et aura-t-elle lincommensurable culot de ne pas inculper les vrais coupables, les amis des décapiteurs, ceux qui à Ryad, Tel Aviv, Doha, Washington, Paris ont organisé et soutenu cette longue guerre sur le sol syrien ?

Trop tard Monsieur le Président, le dynamitage des frontières du Proche et du Moyen Orient par lOccident naura pas lieu. Votre discours est rance.

 

 

 

 

 

 

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