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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 12:13

Production industrielle Grèce2     Voici trois graphiques  qui se passent presque de commentaires 

 

Le premier représente la production industrielle nationale. Il démontre que l'effondrement du pouvoir d'achat des habitants , que leur salaire ou leur retraite diminue ou qu'ils soient chômeurs se répercute trés rapidement sur l'activité des industries.

 

   Le second représente l'évolution du PIB grec et fait apparaitre que la Grèce a pris de plein fouet la crise financière de 2008-2009   donc une  crise globale  du systéme dont elle est une des victimes.

 

   Le troisième représente le taux de chômage dans la même période . Sa croissance est vertigineuse dans la dernière période alors qu'en début de période la Grèce se situe dans la moyenne de l'Union Européenne.

 

   PIB Grèce2

 

chômage Gréce2

9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 11:14

Un nouveau chapitre dans le feuilleton Noriega

(voir les précédents chapitres dans les archives du blog)

  

La récente visite à Paris du Président panaméen  MARTINELLI a été fructueuse. Bien qu’il n’ait pas été reçu avec beaucoup d’éclat, le Président panaméen est à la tête d’un Etat latino-américain politiquement à droite comme la Colombie, le Chili, le Costa-Rica et le Honduras et ne peut donc qu’être apprécié par les autorités françaises.

Bien que son gouvernement soit rudement contesté à l’intérieur, que ce soit par les travailleurs agricoles des grandes plantations bananières ou les tribus indigènes qui refusent de voir leur territoire bouleversé par des sociétés minières internationales , il avance dans son projet de faire de Panama une sorte de DUBAI latino-caribéen,  ambition que viendra symboliser le doublement en cours du canal.

Les investisseurs étrangers montrent donc un intérêt soutenu pour ce petit pays. Ils sont pourtant freinés par le fait que le Panama a mauvaise réputation  et a été classé dans la « liste grise » des paradis fiscaux établie par l’OCDE et l’on sait que la chasse aux paradis fiscaux fait partie du discours convenu  resservi à chaque sommet où il est question de la « crise économique et financière ». De temps en temps il faut bien faire quelques gestes qui confirment les propos officiels. Comme nous le relations en Juillet 2010, la BNP PARIBAS a dû fermer son agence à Panama.

Mais ces gestes ne peuvent cacher longtemps la pression des intérêts capitalistes et la France cherchait depuis à ré-émerger sur le marché panaméen.

L’occasion lui a été offerte par le cas NORIEGA.

Celui-ci, bien que condamné en 2010 à sept ans de réclusion pour blanchiment d’argent par la Justice française, va quitter sa prison française et n’accomplira sans doute jamais le reste de sa peine. Il va être livré au Panama où d’autres procès l’attendent pour différentes atteintes aux droits de l’homme commises du temps où, appointé par la CIA *, il était, de 1983 à 1898, le véritable maitre du pays en qualité de commandant de la garde nationale.

En satisfaisant la demande d’extradition, déjà ancienne, du gouvernement panaméen, le gouvernement français sort en quelque sorte le Panama de la liste noire  des pays pas très présentables et obtient en échange le droit pour  les firmes françaises d’accéder aux marchés publics  panaméens. Il ne s’agit pas de perspectives théoriques mais de projets immédiats.

Les entreprises françaises de BTP n’avaient pas été retenues pour la première phase des travaux de doublement du canal consistant principalement en opérations préparatoires à la construction des nouvelles écluses (terrassements, viabilisation…).Elles pourront postuler pour la seconde (la construction des écluses elles-mêmes) le nouveau canal devant être mis en service en 2014.

La deuxième cible française est la construction du métro de Panama qui intéresse toute la filière ferroviaire française, du matériel roulant, à la signalisation  et à la billettique.

En ces temps de déséquilibre prolongé du commerce extérieur, le gouvernement  français n’allait pas continuer longtemps à faire la fine bouche sur le marché panaméen, paradis fiscal ou pas. La livraison de Noriega s’imposait.

Elle suscitera et suscite déjà quelques remous au Panama. En effet le code pénal panaméen prévoit qu’un inculpé âgé de plus de 70 ans –Noriega a 78 ans - peut ne pas être  incarcéré et simplement assigné à résidence. Les plaignants – des familles de citoyens panaméens assassinés du temps de la dictature de Noriega  - ne trouvent pas cette douceur de traitement à leur goût. D’autre part NORIEGA ne dirigeait pas seul le pays et certains de ses collaborateurs – donc des complices – sont encore sur place.

Elle peut également embarrasser les Etats-Unis car c’est bien un de leurs collaborateurs directs  qui va devoir rendre publiquement des comptes sur son action en tant que quasi chef d’Etat devant la justice panaméenne. Le procès à venir ne pourra pas non plus éviter que soit rappelé que le limogeage de NORIEGA en Décembre 1989 par celui même qui l’avait recruté du temps où il dirigeait la CIA , un certain George H.W. BUSH,  avait été une opération militaire brutale conduite par le même BUSH devenu Président et COLIN POWELL, alors chef d’Etat-major, qui avait fait 3000 morts à Panama et 30 000 sans abri.

 

*D’après les auteurs étasuniens qui se sont penchés sur son cas, Noriega issu d’un milieu très pauvre, orphelin très jeune, devient boursier de la CIA quand il est formé à l’école des officiers de Chorillos au Pérou. Il ne touche à l’époque que 5 dollars par mois en tant qu’agent débutant  mais renseigne sur les partis de gauche et les étudiants péruviens. Il  passe ensuite  par la fameuse ECOLE DES AMERIQUES dont il est diplômé en 1967 spécialisé en contre insurrection et combats dans la jungle  avant d’être recruté comme « patron » du Panama par BUSH qui lui fait allouer par la Centrale des sommes qui, selon les sources, varient entre 100 000  et 500 000 dollars par an.  NORIEGA avait vite compris qu’en prélevant au passage  une partie de la  commission occulte encaissée par la CIA sur le trafic de la cocaïne colombienne il pouvait gagner beaucoup plus. Mais , comme on dit, pour manger avec le diable, il faut une longue cuillère !

5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 11:14

La compagnie théatrale GRAT-JEAN-LOUIS HOURDIN a créé cet été au Festival d'Avignon sa pièce

COUPS DE FOUDRE - FRANTZ FANON .

 

Elle la présente en tournée dans toute la France.

Comaguer et Radio Galère ont rencontré Jean-Louis Hourdin et le comédien Cedric Djedje qui lit le dernier chapitre du livre de Fanon

 

Nous les écoutons !

 

 

 

http://drive7-dotspirit.com/OnlineDrive/navega.php?PHPSESSID=77e4fb7457ea564a19c1b5c200c27b55&lista=100

 

5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 11:07
La récente décision du gouvernement de transférer les cendres du général Bigeard aux Invalides et de le ranger ainsi au nombre des héros de la République a suscité une réelle émotion.
Bien que cette décision du candidat Sarkozy s’inspire d’une tactique électorale qui lui a réussi en 2007, à savoir  attirer sur son nom par tous les moyens, y compris les plus douteux,  le plus grand nombre possible de voix d’extrême-droite , elle ne peut pas masquer le fait qu’elle est une nouvelle manifestation d’un phénomène bien plus profond à savoir le cours outrageusement néocolonial  de la politique de l’actuel gouvernement français.  
L’enlèvement du Président Gbagbo, le renversement par la force du régime libyen et les préparatifs de « guerre civile » orchestrée en Syrie en sont une démonstration en politique étrangère, le niveau record du chômage dans les départements d’outre-mer en sont une autre en politique « intérieure ».
Honorer Bigeard c’est accepter la torture comme : « un mal nécessaire » ainsi qu’il le déclarait lui-même. Mais c’est surtout affirmer que dans ses rapports avec le colonisé, le colonisateur dévoile en torturant  les limites de sa « moralité ».  La torture fait donc partie intégrante du système politique colonial et Fanon qui a soigné des victimes de la torture le sait.
Relisons Frantz Fanon !
  
  
L’Algérie face aux tortionnaires français
Texte de Frantz Fanon publié dans El Moudjahid, N° 10, septembre 1957
La Révolution algérienne, par l’inspiration profondément humaine qui l’anime et son culte passionné de la liberté, procède depuis trois ans à la destruction méthodique d’un certain nombre de mystifications.
Certes, la Révolution algérienne restitue ses droits à l’existence nationale. Certes, elle témoigne de la volonté du peuple. Mais l’intérêt et la valeur de notre Révolution résident dans le message dont elle est porteuse.
Les pratiques authentiquement monstrueuses qui sont apparues depuis le 1er novembre 1954 étonnent surtout par leur généralisation… En réalité, l’attitude des troupes françaises en Algérie se situe dans une structure de domination policière, de racisme systématique, de déshumanisation poursuivie de façon rationnelle. La torture est inhérente à l’ensemble colonialiste.
La Révolution algérienne, en se proposant la libération du territoire national, vise, et la mort de cet ensemble, et l’élaboration d’une société nouvelle. L’indépendance de l’Algérie n’est pas seulement fin du colonialisme mais disparition, dans cette partie du monde, d’un germe de gangrène et d’une source d’épidémie.
La libération du territoire national algérien est une défaite pour le racisme et l’exploitation de l’homme ; elle inaugure le règne inconditionnel de la Justice.
   La véritable contradiction
Les guerres de libération nationale sont souvent présentées comme exprimant les contradictions internes des pays colonialistes. La guerre franco-algérienne, bien que s’inscrivant dans un contexte historique caractérisé par l’éclosion simultanée et successive de mouvements de libération nationale, présente des particularités propres.
Colonie de peuplement déclarée territoire métropolitain. L’Algérie a vécu sous une domination policière et militaire jamais égalée en pays colonial. Ceci s’explique d’abord par le fait que l’Algérie n’a pratiquement jamais déposé les armes depuis 1830. Mais surtout, la France n’ignore pas l’importance de l’Algérie dans son dispositif colonial, et rien ne peut expliquer son obstination et ses incalculables efforts, sinon la certitude que l’indépendance de l’Algérie entraînera à brève échéance l’écroulement de son empire.
L’Algérie, située aux portes de la France, permet au monde occidental de voir dans le détail et comme au ralenti les contradictions de la situation coloniale. L’appel au contingent français, la mobilisation de plusieurs classes, le rappel des officiers et des sous-officiers, les invitations au sacrifice lancées périodiquement au peuple, les impôts et le blocage des salaires ont engagé la totalité de la Nation française dans cette guerre de reconquête coloniale.
L’enthousiasme généralisé, et quelquefois véritablement sanguinaire, qui a marqué la participation des ouvriers et des paysans français à la guerre contre le peuple algérien a ébranlé dans ses fondements la thèse d’un pays réel qui s’opposerait au pays légal.
Selon une phrase significative d’un des Présidents du Conseil français, la Nation s’est identifiée avec son armée qui se bat en Algérie.
La guerre d’Algérie est faite consciencieusement par tous les Français et les quelques critiques exprimées jusqu’ici par quelques individualistes évoquent uniquement certaines méthodes qui « précipitent la perte de l’Algérie ». Mais la reconquête coloniale dans son essence, l’expédition armée, la tentative d’étouffer la liberté d’un peuple ne sont pas condamnées.
   La torture, nécessité fondamentale du monde colonial
Depuis quelques temps on parle beaucoup de tortures appliquées par les soldats français aux patriotes algériens. Des textes abondants, précis, effroyables, ont été publiés. Des comparaisons historiques ont été faites. Des personnalités étrangères, et parmi elles des Français, ont condamné ces pratiques.
Les Français qui s’insurgent contre la torture, ou en déplorent l’extension, font immanquablement penser à ces belles âmes dont parlait tel philosophe, et l’appellation « d’intellectuels fatigués » qui leur est donnée par leurs compatriotes Lacoste et Lejeune est très pertinente On ne peut à la fois vouloir le maintien de la domination française en Algérie et condamner les moyens de ce maintien.
La torture en Algérie n’est pas un accident, ou une erreur, ou une faute. Le colonialisme ne se comprend pas sans la possibilité de torturer, de violer ou de massacrer.
La torture est une modalité des relations occupant-occupé.
Les policiers français, qui pendant longtemps ont été les seuls à pratiquer ces tortures, ne l’ignorent pas. La nécessité de légitimer les tortures a toujours été considérée par eux comme un scandale et un paradoxe.
   La torture, style de vie
Il reste que le système a des accidents, des pannes. Leur analyse est d’une extrême importance.
Au cours du premier trimestre 1956, des cas de policiers à la limite de la folie se sont révélés nombreux.
Les troubles qu’ils présentaient au sein du milieu familial (menaces de mort adressées à leur femme, sévices graves sur leurs enfants, insomnies, cauchemars, menaces continuelles de suicide9 et les fautes professionnelles dont ils se sont rendus coupables (rixes avec des collègues, laisser-aller dans le service, manque d’énergie, altitudes irrespectueuses avec leurs chefs) ont nécessité à maintes reprises des soins médicaux, l’affectation dans un autre service ou, plus souvent, une mutation en France.
L’apparition multiple d’organismes révolutionnaires dynamiques, les réactions foudroyantes de nos fédayins, l’implantation du F.L.N. sur l’ensemble du territoire national posaient aux policiers français des problèmes insurmontables. Le qui- vive permanent auquel les condamnait le F.L.N. semblait devoir expliquer l’irritabilité des policiers.
Or, rapidement, les policiers s’expliquent.
Ils frappent durement leurs enfants car ils croient être encore avec des Algériens.
Ils menacent leurs femmes car « toute la journée, je menace et j’exécute ».
Ils ne dorment pas, parce qu’ils entendent les cris et les lamentations de leurs victimes.
De tels faits posent évidemment certains problèmes. Sommes-nous en présence d’hommes torturés par le remords ?
S’agit-il d’une révolte de la conscience morale ?
Les tortures reconnues par ces policiers constituent-elles des exceptions ?
L’existence de ces policiers à la limite du pathologique indique-t-elle le caractère inhabituel, inaccoutumé, somme toute illégal de la torture ?
Autrement dit, le policier tortionnaire est-il en contradiction avec les « valeurs » de son groupe et du système qu’il défend ?
Après avoir nié l’existence des tortures en Algérie, les Français ont utilisé un double argument.
D’abord, a-t-il été affirmé, il s’agit de cas exceptionnels.
La plus grande démission des intellectuels français est d’avoir toléré ce mensonge. Des sanctions vont être prises, a dit le Gouvernement français, mais nous ne devons pas les rendre publiques. Comme si la torture d’un homme ou le massacre organisé ne relevaient pas tous deux du droit criminel public. La passion de la vérité et de la justice ne peut, sans se contester, accepter pareille supercherie.
   La fuite devant les responsabilités
Mais les témoignages se faisaient de plus en plus nombreux, les tortures se révélant de moins en moins exceptionnelles, toute responsabilité fut rejetée sur des éléments étrangers servant dans l’armée française. Ce deuxième argument est important. Il montre à la fois le cynisme des autorités françaises et l’impossibilité croissante de ruser, de dissimuler, de mentir. Les Français, depuis un an, ne cessent de répéter que seuls d’anciens S.S. servant dans la Légion sont responsables des tortures. Or, la majorité des déserteurs de l’armée française sont des légionnaires étrangers. C’est parce que les méthodes policières françaises les révoltent que ces Allemands et ces Italiens abandonnent les rangs ennemis et rejoignent les unités de l’A.L.N. C’est par dizaines que nous les interrogeons avant leur rapatriement. Ces anciens légionnaires sont unanimes : la cruauté et le sadisme des forces françaises sont effroyables.
En tout état de cause il importe de ne pas oublier que l’apparition de soldats tortionnaires remonte à l’hiver 1955. Pendant près d’un an, seuls les policiers ont torturé en Algérie.
On possède aujourd’hui des précisions sur les méthodes employées par les Français. De multiples témoignages ont été publiés et l’importante gamme des techniques, répertoriée. Toutefois, aucun élément n’a été fourni sur la doctrine, la philosophie de la torture. Des renseignements parvenus au F.L.N. éclairent singulièrement cette rationalisation.
   Lofrédo et Podevin, théoriciens de la torture.
Les policiers français Lofrédo (commissaire à Alger) et Podevin (chef de la police judiciaire de Blida) ont précisé, à l’intention de leurs amis et au cours d’exposés techniques à leurs nouveaux collaborateurs, certaines des caractéristiques de leurs méthodes.
1) Plusieurs témoignages et des rapports convergents d’indicateurs désignent un Algérien comme jouant un rôle important dans l’organisation locale du F.L.N. Le patriote est arrêté et conduit dans les locaux de la P.J. On ne lui pose aucune question car, à ce moment de l’enquête, « nous ne connaissons pas la direction que doit prendre l’interrogatoire et le suspect ne doit pas se rendre compte de notre ignorance ». Le meilleur moyen consiste à briser sa résistance en utilisant la méthode dite de « mise en train par l’exemple ».
Quelques jeeps quittent la P.J. et ramènent une dizaine d’Algériens ramassés au hasard dans la rue ou, plus fréquemment, dans un douar environnant. Les uns après les autres, en présence du suspect qui, seul, intéresse la police, ces hommes vont être torturés jusqu’à la mort. On estime qu’après 5 ou 6 assassinats, le véritable interrogatoire peut commencer.
2) La deuxième méthode consiste à torturer d’abord l’intéressé. Plusieurs séances sont nécessaires pour casser son énergie. Aucune question n’est posée au suspect. L’inspecteur Podevin, qui a largement utilisé cette méthode à Blida puis à Alger, avoue qu’il est difficile de ne rien dire lorsque le torturé demande des explications. Aussi faut-il se dépêcher de briser sa résistance.
A la sixième ou septième séance, on se contente de lui dire : on t’écoute.
Ici l’interrogatoire n’est absolument pas orienté. Le suspect, en principe, doit dire tout ce qu’il sait.
Dans les deux cas, le même phénomène est retrouvé : l’interrogatoire est différé.
Dans cette perspective où l’excuse de la fin tend de plus en plus à se détacher des moyens, il est normal que la torture devienne sa propre justification. Et le système colonialiste, pour être logique, doit accepter de revendiquer la torture comme un de ses éléments importants.
   Les intellectuels français et la presse française
M. Martin-Chauffier, dans un rapport prudent où il n’est pas difficile de découvrir une semi-approbation, ne peut échapper à ce dilemme. L’argument de la torture exceptionnelle est repris ici avec une particulière vigueur. Toutefois l’auteur en arrive à reconnaître que « commis à l’étage inférieur, ces crimes se trouvent en quelque sorte couverts par la négligence des pouvoirs supérieurs à en prendre un suffisant souci, et menacent par la quasi-impunité qui les encourage à s’ériger en un véritable système ». La contradiction ne peut guère être niée et à la phrase suivante c’est un I.G.A.M.E., la plus haute autorité française en Algérie, qui approuve, conseille et légitime ces crimes. La prétendue ignorance des pouvoirs supérieurs est manifestement un mensonge et une duplicité.
M. Martin-Chauffier serait très étonné d’apprendre que son attitude est jugée ici incompréhensible. En réalité, la torture n’est pas un moyen d’obtenir des renseignements. On torture en Algérie par perversion sadique et c’est le seul mot valable du rapport de M. Martin-Chauffier : « Ce système, dit-il, a pour effet de pervertir ceux qui s’en font les instruments ».
M. G. M. Matte (Note de GD [1]), qui a participé aux expéditions françaises en Algérie, vient de publier quelques pages dans le numéro de juillet-août des « Temps Modernes ». « Je me souviens, écrit-il, que de temps en temps, lorsque le cinéma ambulant du bataillon venait nous projeter un film, et qu’il ne plaisait pas, des soldats et des officiers se levaient et allaient tranquillement passer la fin de la soirée en compagnie des prisonniers… Les cris étaient en partie couverts par la musique du film ».
M. Mattei se révolte contre ces atteintes à la dignité et à l’honneur français. Et naturellement, il termine son témoignage par l’argument désormais classique des démocrates français : « Quelle génération nous prépare-t-on dans ce bouillon de culture qu’est aujourd’hui l’Algérie… ? Car « le plus grave », évidemment, « c’est ce qu’étaient devenus, après douze mois d’A.F.N., ces jeunes rappelés avec qui j’ai passé six mois : de véritables mercenaires ».
On ne peut trouver de meilleur exemple de ce que l’on doit somme toute appeler perversion du sens moral. Lorsque les intellectuels français, avec M. Mattei, reprennent en chœur « qu’il y a actuellement en Algérie une vaste entreprise de déshumanisation de la jeunesse française » ou déplorent que les appelés français « y apprennent le fascisme », il faut savoir que seules les conséquences morales de ces crimes sur l’âme des Français intéressent ces humanistes. La gravité de tortures et des « corvées de bois », l’horreur des viols de fillettes algériennes, sont perçues parce que leur existence menace une certaine idée de l’honneur français.
Il vaut la peine de méditer sur cette attitude. Pareille exclusion de l’Algérien, pareille ignorance de l’homme torturé ou de la famille massacrée, constituent un phénomène entièrement original. Il s’apparente à cette forme de pensée égocentrique, sociocentrique, qui est devenue la caractéristique des Français.
En réalité, il semble que la crainte d’une contamination morale (?) soit totalement vaine. Les policiers malades n’étaient point tourmentés par leurs consciences. S’ils maintiennent le rythme professionnel en dehors de leurs bureaux ou de leurs ateliers, en l’occurrence les salles de tortures, c’est parce qu’ils sont victimes du surmenage. Ce que réclamaient ces policiers, c’est moins un apaisement moral que la possibilité de reprendre les tortures.
   Le système en question
Le policier qui torture en Algérie n’enfreint aucune loi. Ses actes se situent dans le cadre de l’institution colonialiste. En torturant, il manifeste une réelle fidélité au système. Aussi les soldats français ne peuvent-ils guère faire autrement sans condamner la domination française. Tout Français en Algérie doit se comporter en tortionnaire. Voulant rester en Algérie, il n’y a pour la France d’autre solution que le maintien d’une occupation militaire permanente et d’une puissante structure policière.
Les forces ennemies ne peuvent s’imaginer à quel point il leur est impossible de faire autre chose que d’évacuer le territoire national.
Le peuple algérien ne lutte pas contre les tortures, le viol des fillettes ou les assassinats collectifs. L’histoire de l’occupation française est jalonnée de tels crimes et en Kabylie, récemment encore, on faisait peur aux enfants en les menaçant d’ « appeler Bugeaud ».
Le peuple algérien n’ignore pas que la structure colonialiste repose sur la nécessité de torturer, de violer et de massacrer.
Aussi notre revendication est-elle d’emblée totale et absolue.
Les policiers sadiques qui ont perdu le sommeil et les soldats tortionnaires qui « risquent de se transformer en fascistes » nous posent, à nous Algériens, un problème précis. Comment modifier notre stratégie et intensifier notre combat pour que le territoire national soit, le plus tôt possible, libéré ?
Toute autre considération nous est radicalement étrangère.
30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 12:33

Le porte avions USS GEORGE H.W BUSH a fait escale à Marseille

du 25.11 au 29.11

 

 

at-leon-gourret.jpg

 

 

Il s’agit du dernier porte-avions nucléaire mis en service par les Etats-Unis, le dixième de la série Nimitz. Avec ce dernier porte-avions les Etats-Unis possèdent à eux seuls plus de porte-avions lourds que tous les autres Etats du monde.

 

   

Lancé en 2009 le bâtiment, qui a coûté 6 milliards de dollars, a effectué ses essais et il effectue en ce moment sa première tournée opérationnelle.

Parti de Norfolk (côte Est des Etats-Unis) il a traversé l’Atlantique puis la Méditerranée. Au printemps 2011 il a participé aux opérations de l’OTAN contre la Libye, puis a continué sa route jusqu’au détroit d’Ormuz via le canal de Suez et la Mer Rouge.

Dans ce détroit stratégique de 35 km de large qui voit passer 20% du pétrole mondial, l’USS BUSH a montré ses muscles : 60 avions de combat, leurs missiles et leurs bombes (peut-être nucléaires),  à l’Iran riverain puis il est reparti vers l’Ouest.

Un certain nombre d’organes de presse ont supposé qu’il allait au retour du Golfe d’Aden d’où il a participé aux bombardements de routine ( depuis 10 ans) de l’Afghanistan en complément du porte-avions de la 5° flotte habituellement sur cette zone, exhiber à nouveau sa musculature de prédateur d’acier au large des côtes syriennes.

Il ne semble pas que ce soit le cas puisqu’il est depuis le 25 Novembre en escale civile à Marseille dans les bassins du port de commerce au quai  où sont accueillis habituellement les plus gros navires de croisière et que le Pentagone annonce officiellement son retour prochain vers Norfolk. Il pourrait évidemment être remplacé au large de la Syrie par un des neuf autres. Mais il se peut que la présence dans les eaux syriennes de l’unique porte-avions russe : l’Amiral Kuznetsov ait temporairement dissuadé les militaires US d’une intervention directe. Ils préfèrent s’en prendre à des adversaires dix, vingt trente fois plus faibles et faire de leurs guerres de simples lynchages de masse.

   

Cette escale n’est pas un évènement exceptionnel puisque les porte-avions de la 6° flotte US font assez régulièrement à Marseille pour des « escales de loisir » pour un équipage  qui compte  sur l’USS BUSH 5600 personnes.

Souvenons-nous qu’en Décembre 2001 le porte-avions TRUMAN avait fait une « escale de loisir »  à Marseille avant d’aller prendre position en Méditerranée orientale pour attaquer l’Irak. Il faut toujours faire un effort d’imagination pour comprendre que ces jeunes gens et jeunes filles attablés paisiblement aux terrasses des cafés marseillais vont dans quelques jours faire un geste simple et comme routinier, si ce n’est ludique: appuyer sur un bouton ou abaisser une manette, qui tuera à des centaines de kilomètres des humains par dizaines ou par milliers.

En régime capitaliste, le summum de la technologie engendre le summum de l’immaturité humaine.


24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 17:43

La compagnie théâtrale GRAT – Jean Louis Hourdin a présenté au festival d’Avignon 2011 sa pièce


COUPS DE FOUDRE-FRANTZ FANON


Cette pièce qui illustre les turpitudes du temps présent et appelle à reconstruire l’espoir se conclut par la lecture du dernier chapitre de PEAUX NOIRES, MASQUES BLANCS.

(des détails sur http://www.jeanlouishourdin.com)


Une démonstration supplémentaire de l’actualité de FRANTZ FANON


La tournée de la compagnie l’a conduit à Port de Bouc. Radio Galère et Comaguer ont profité de sa présence pour réaliser une interview du metteur en scène- animateur de la troupe  JEAN LOUIS HOURDIN et de CEDRIC DJEDJE, le comédien qui lit –excellemment  - le texte de FANON.


Ce document peut être écouté et téléchargé dans les archives sonores  de COMAGUER

 

20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 12:41

    Les forces armées américaines à l’étranger

 

    GIS

Le

 

 

 

 

 

Tableau extrait de l’excellent livre de

HENRI HOUBEN

La Crise de trente ans

La fin du capitalisme ?

(Aden septembre 2011)


    Même si le sous-titre se termine sur un point d’interrogation, le livre présente une très importante quantité de documents élaborés par l’auteur à partir de document officiels qui fournissent au lecteur des matériaux de qualité pour avancer dans l’élaboration d’une réponse à cette question qui est dans la tête de beaucoup aujourd’hui.


    Les manifestations impérialistes violentes de cette crise en constituent un élément de première importance. D’où l’intérêt du document joint élaboré à partir de sources US officielles.   Où il apparait que l’empire étasunien, apaisé par la disparition de l’URSS et du bloc socialiste  et se contentant de succès militaires faciles  comme  en Yougoslavie, baisse  la garde et ses effectifs militaires après  1991 et se réarme à partir de 2001 pour se lancer dans une série d’opérations visant à assurer sa domination sans partage sur le monde et ses ressources face à la montée du multipolarisme et à la croissance rapide de nouvelles puissances économiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 19:16

Note de Comaguer : le bulletin mensuel "Nouvelles d'URSS" qui publie la traduction française de publications de groupes politiques et syndicaux de Russie, d'Ukraine et de quelques autres anciennes républiques soviétiques n'a qu'une édition papier et nous avons considéré que ce texte récent qui constitue une analyse de la marche à la guerre entreprise par l'Occident méritait d'être diffusé.

 

 

«Nouvelles d'U.R.S.S.», n° 112, novembre-décembre 2011


DECLARATION DU COMITÉ CENTRAL DU P.C.B.tUS
À propos des évènements de Libye des 20 et 21 octobre 2011


« Les Etats-Unis d’Amérique ont ouvert la boîte de Pandore »

 

    L'impérialisme Etats-Unis-Israël-­OTAN a montré encore une fois sa gueule bestiale de vautour-cannibale ensanglantée dans l'immolation de milliers de vies humaines (50000 Libyens massacrés, plus de 200000 blessés, 2 millions, sur les 6 millions d’habitants de la Libye, sont devenus des  réfugiés qui se sont involontairement trouvés sur la route de la domination mondiale, si passionnément désirée, des Etats-Unis d’Amérique. vers les gisements de ressources pétrolières et gazières mondiales. Il est universellement connu que la «faute» du dirigeant irakien Saddam Hussein était d'être assis sur le gisement de pétrole le plus riche du Proche-­Orient et que c'est la raison pour laquelle il a été renversé par la campagne militaire des Etats-Unis d’Amérique contre l'Irak et sauvagement mis à mort par de maniaques sous-hommes américains qui ont fait la démonstration au monde entier de leur monstrueuse moquerie outrageante à l'égard de Saddam Hussein.


    Les Etats-Unis d’Amérique ont accusé Saddam Hussein de posséder des armes de destruction massive, mais cette accusation n'a pas été confirmée, étant donné que Sad­dam Hussein n'avait pas de telles armes(1)• Aujourd'hui, les vautours impérialistes chantent leur victoire sur Muammar Kadhafi qu'ils ont tué le 20 octobre 2011. Sa «faute» à lui, pour les Etats-Unis, était la même que celle de Hussein mais «en plus», il était le dirigeant reconnu de la lutte de libération nationale des peuples de l'ensemble du continent africain, il avait prévu de créer une devise africaine, ce qui aurait porté un coup sérieux au statut du dollar américain. Muammar Kadhafi savait beaucoup de choses et aurait pu en dire beaucoup sur Sarkozy, Berlusconi, Cameron et consorts pour avoir été personnellement en rapport avec eux. De là les appels hystériques du ministre des Affaires étrangères des Etats Unis Hillary Clinton de tuer Kadhafi (pour effacer les traces). Sa récente visite à Tripoli - en compagnie (pour assurer sa garde) de militaires des 3e et 6e détachements du SEAL2 d'affectation spéciale américaine placé sous les ordres opérationnels du Commandement des opérations spéciales des Forces aériennes des Etats-Unis, où elle est arrivée en avion séparé, disloqué ensuite sur l'aéroport, et repartie dans la nuit du 20 au 21 octobre - fonde à considérer que l'opération d'extermination de M. Kadhafi a été réalisée sous le contrôle de Hillary Clinton en personne.


   D'après les sources du ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis, nous avons appris que le groupe composé des 3e et 6e détachements du SEAL, après la fin de la visite de H. Clinton à Tripoli, a pris place le 20 octobre avec des guides locaux dans leurs véhicules pour se diriger vers Syrte. «Le groupe était composé de spécialistes de la lutte radio-électronique et de pointeurs azimutaux. Les premiers se sent occupés de l'opération de désinformation pour attirer Kadhafi hors de la ville~ les seconds ont pointé avec précision les bombardiers (anglais) sur la colonne de trois jeeps à bord desquelles se déplaçait le dirigeant de la Jamahiriya avec sa garde et des vanilliers. Quelques autres groupes ont bloqué les autres voies de départ de la ville, de sorte que l'on connaissait la seule direction probable du déplacement de la colonne où se trouvait M. Kadhafi. Après qu'il eut été constaté que les blessures du dirigeant de la Jamahiriya, du fait de l'attaque aérienne, étaient mortelles, son corps a été remis aux militaires du C.N.T.», a conclu l'informateur du ministère des Affaires Etrangères des É.-D.A. Ces derniers ont fait justice sommaire de M. Kadhafi. L'ex-chef du Service de sécurité du dirigeant libyen Man~ür Daw' a dit que Muammar Kadhafi s'est conduit avec 'courage jusqu'à la dernière heure de sa vie et a seulement éprouvé de l'inquiétude pour le sort de son pays et de ses citoyens.


    Muammar Kadhafi était une personnalité remarquable, un révolutionnaire-patriote de sa Patrie, sous lequel la Libye était devenue le pays le plus prospère de, l'Afrique, sous lequel chaque citoyen libyen, grâce aux 40 ans de gouvernement de M. Kadhafi, avait droit à l'instruction et à la protection médicale gratuites, à une subvention désintéressée de 50000 dollars aux jeunes ménages, au logement, à une allocation mensuelle de 730 dollars à chaque chômeur et autres avantages sociaux. L'Amérique impérialiste ou tout autre pays de l'OTAN peuvent-ils se venter de cela, eux qui, en violation de la nature de l'O.N.U. et au mépris de sa Résolution n° 1973 (du 24-03-2011), ont perpétré leurs bombardements barbares de la population civile des villes de Libye en essayant d'exterminer Muammar Kadhafi ? Barack Obama, lauréat prématuré du prix Nobel «de la paix», a poursuivi la mission sanglante de chef-terroriste -international commencée par son prédécesseur G.W.Bush.


    Toutes les pseudo-«révolutions » qui se sont produites récemment et qui continuent de se produire aujourd'hui en Afrique et au Moyen-Orient' ont été approuvées et financées par les Etats-Unis elles sont réalisées avec la participation directe des combattants d'affectation spéciale et des conseillers militaires, en utilisant les désœuvrés e et aigrefins locaux, les bobos avides d'argent, le tout grassement rémunéré par les commanditaires des «révolutions» en dollars américains, véritables papillotes de papier sans valeur que les presses de la Réserve Fédérale Etats-Unis impriment sans discontinuer.


    Le Conseil de sécurité de l'O.N.U. a encore une nouvelle fois fait montre de son impuissance et de son inaptitude à assumer la fonction qui lui a été confiée par l'O.N.U. d'être tenu de défendre tout pays victime d'une agression arbitraire, de défendre le peuple de ce pays de son anéantissement par les fascistes contemporains. Dans les conditions du monde unipolaire, par suite de la destruction violente de l'U.R.S.S., le Conseil de sécurité de l'O.N.U. a perdu sa signification initiale, il s'est transformé en un fidèle servant des f.-U.A. et c'est pourquoi il doit être remplacé par un autre organe. L'OTAN, en qualité d'arme de réalisation de la politique militaire de conquête et de pillage des Etats-Unis  doit être dissous puisque le but pour lequel il a été créé n'existe plus aujourd'hui: s'opposer au bloc des pays du Pacte de Varsovie. Ce sont ceux qui ont détruit l'U.R.S.S. qui sont pour beaucoup coupables du discrédit de Conseil de sécurité de l'O.N.U. comme garant de la paix et de la stabilité. Nous accusons nos «démocrates »  leurs acolytes et leurs bailleurs de fonds qui ont effectué la contre-révolution en U.R.S.S., ce qui a eu des conséquences tragiques pour le monde entier.


    Les moyens d'information de masse pro-occidentaux ont organisé à Tripoli un spectacle de pacotille bon marché dans le style d'Hollywood présentant aux caméras des correspondants occidentaux la «joie immense du peuple enfin libéré du tyran Muammar Kadhafi» avec même présentation de petites filles aux visages barbouillés aux couleurs de la «révolution». On se demande si les femmes d'Orient, dans leur petite enfance, étaient aussi révolutionnaires et si politiquement au fait pour, déjà, comprendre CE QUI SE PASSAIT dans leur pays? Sont-ils sûrs aujourd'hui, ces enfants et leurs parents, que le nouveau pouvoir banditoïde de mercenaires" et de parasites vénaux- pardon de «révolutionnaires»-insurgés - offrira à la jeunesse la possibilité de recevoir une instruction supérieure gratuite (aux frais de l 'Eta t) en Europe comme du temps de Muammar Kadhafi: Les avantages sociaux, si importants pour le peuple seront-ils maintenus ? La Libye demeurera-t-elle l'État le plus heureux de l'Afrique ayant le niveau de vie le plus élevé sous le pouvoir des «Insurgés» ? C'est fort douteux.Le plus probable est que les «vainqueurs» vont s'entre-égorger les uns les autres dans leur lutte pour le pouvoir, tandis que le peuple libyen n'aura plus qu'à s'enfoncer dans le tourbillon de la misère, de la faim et du banditisme effréné des «insurgés».Un exemple vivant: l’Irak d'aujour­d'hui.
    A présent, pour remercier ses «amis» occidentaux pour leurs armes, au moyen desquelles les Insurgés ont anéanti le peuple de Libye, et pour les frappes aériennes des forces de l'OTAN sur les villes libyennes réduites en cendres, le Conseil national de transition (le C.N.T.) a déjà cédé à la France pratiquement gratuitement un tiers des ressources pétrolières (ce dont il avait déjà été convenu dès mars de l'année en cours). On se souvient que N. Sarkozy a, en s'abaissant on ne peut plus humblement, demandé de l'argent à Muammar Ka­dhafi pour sa campagne électorale présidentielle, argent qU'il a reçu et dont il s'est acquitté par la participation la plus active de la France à l'anéantissement de la Libye: et de son dirigeant. L'Angleterre n'a pas non plus été oubliée par le nouveau gouvernement de la Libye (le C.N.T.): elle a reçu une grosse part d u gâteau pétrolier presque pour rien. Quant aux Etats-Unis il ne vaut même pas la peine d'en parler. A présent, après l'extermination de Muammar Kadhafi, Barack Obama se vante devant la communauté internationale du fait que «la mission de l'OTAN a été réalisée de la manière extrêmement efficace …Il ne fait aucun doute que nous avons accompli exactement ce que nous avions promis de faire en Libye. » c'est-à-dire dans le déroulement de l'opération militaire internationale pour l'assassinat de la population civile de la Libye. « Les Etats-Unis d’Amérique se réservent toujours le droit et l’obligation de se défendre, de défendre leurs alliés et leurs propres intérêts »


    On se demande bien, mais QUI a menacé et menace à présent les Etats-Unis et leurs acolytes de l’OTAN ? Comme on le sait, évidemment PERSONNE. Le 20 octobre, le président de la Russie D. Medvedev a déclaré que l'annonce de la capture de Kadhafi était une «excellente nouvelle» (ITAR­TASS) .La Douma d'Etat n'a pas repris cette déclaration en raison de la situation en Libye et de l'assassinat de Kadhafi.


    Il y a 10 ans, les Etats-Unis ont rassemblé la communauté impérialiste dans la lutte pour les ressources énergétiques mondiales sous le drapeau de la prétendue «lutte contre le terrorisme» grâce à l'explosion, organisée parles services spéciaux des Etats-Unis des deux tours du World Trade Center à Manhattan le 11 septembre 2001 et à une série d'autres actes de terrorisme organisés par les mêmes services spéciaux. Aujourd'hui, les services spéciaux Etats-Unis ont élaboré une nouvelle technique pour s'ingérer dans les affaires de n’importe quel pays et pour renverser son dirigeant en organisant  de prétendues «guerres et révolutions de libération nationale de renversement des - tyrans ».


    Dans leur lutte pour les ressources énergétiques mondiale les Etats-Unis ont ouvert la boîte de Pandore en Afrique et au Proche-Orient par leurs «révolutions pour l’instauration de la démocratie à la mode américaine» et pour « la liberté de l'individu ».Cela faisant, ils ont placé le monde devant le fait de l’élargissement de l'approfondissement de la guerre globale pour les ressources mondiales. Le tour de la Russie aussi approche de tomber victime des maniaques impérialistes Etats-Unis-Israël-OTAN. Ayant ouvert la boîte de Pandore, Etats-Unis ne seront pas à même de la refermer. Ils ont eux-mêmes fixé la limite de leur possibilité de maîtriser les processus imprévisibles en plein développement qui conduisent à l'apocalypse générale. Les évènements qui se produisent dans le monde par la faute de l'empire du mal, les É.-U.A. exigent que soit créé un monde multipolaire et un nouveau système pour le gérer à la place du Conseil de sécurité de l'O.N.U. et à la place de l'O.N.U. elle-même qui se sont transformés en un instrument inféodé aux É.-U.A. pour la violence et le brigandage à l'échelle internationale.
    Les auteurs de l'assassinat bestial de Muammar Kadhafi tentent d'une manière ou d'une autre de justifier (ce qui est impossible) ou d'amoindrir aux yeux de l'opinion publique le crime qu’ils ont perpétré. Barack Obama et ses acolytes vont très rapidement se convaincre dans la pratique que la violence et les assassinats auxquels ils se sont livrés en Libye seront vengés. La lutte des peuples d'Afrique et du Proche-Orient, des peuples du monde entier, contre le banditisme-terrorisme international des É.-U.A. et de l'Europe impérialiste du bloc agressif Etats-Unis-Israël-OTAN, ne fait que commencer. Et la Libye n'est pas brisée.


    Muammar Kadhafi a été et restera aux yeux des honnêtes gens de la planète un patriote de son pays, un héros, intrépide et honnête, qui ne s'est pas caché et ne s'est pas enfui de son pays pour sauver sa peau. Muammar Kadhafi restera pour toujours, dans l'histoire de la lutte pour la liberté et l'indépendance des pays du continent africain, comme un remarquable homme politique et homme d'État gui a commencé les transformations socialistes en Libye qui a osé s’opposer ouvertement ­  à la dictature Etats-Unis. Il est déjà entré dans  l'histoire comme guerrier, héros et fils fidèle de son peuple qu'il a aimé et auprès duquel il est toujours resté

 

Le Comité Central  du Parti Communiste Bolchévique de toute l’Union Soviétique
LENINGRAD, le 22-10-2011.

1.    Les armes de destruction massive, ce sont Etats-Unis qui les possèdent et qui les ont déjà utilisées de nombreuses fois et les utiliseront probablement encore. (NDT)
2- SEAL, sigle américain de « Sea-Air-Land » qui désigne un groupe mixte de débarquement-diversion (petites unités de bâtiments de combat de  l'aéronavale ou de l'infanterie de marine). (N.D.T.)



14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:24

L’article qui suit met le doigt sur un des aspects les plus occultés de la fameuse « dérégulation », occulté sciemment car l’indépendance des banques centrales  est la pierre angulaire de l’édifice capitaliste néolibéral visant à soustraire les monnaies nationales au contrôle du pouvoir politique et ouvrant la porte à la dictature des « marchés ».

Il revint à Pompidou, ex-fondé de pouvoir de la banque Rothschild devenu président de la république et premier fossoyeur du gaullisme d’imposer cette évolution politique décisive.

Les « marchés » n’ont donc pas pris le pouvoir, les politiques le leur ont donné.

Il appartiendra à d’autres politiques  - qui pour l’heure n’apparaissent pas sur la grande scène politico-médiatique  où, au contraire, le pouvoir politique est, dans le dos des citoyens, confié directement à des banquiers comme en Italie et en Grèce - de le reprendre. Faute de quoi se poursuivra la catastrophe capitaliste !

 

 

LA TRIBUNE 09.11.2011

Point de vue

Par JEAN-CLAUDE WERREBROUCK

Professeur d'économie à l'université de Lille

 

Coûteuse indépendance des banques centrales

 

La question du statut des banques centrales n'est jamais évoquée dans le grand débat concernant la crise financière. Il faut pourtant rappeler, pour ne prendre que l'exemple français, que la Ban­que de France, après avoir été nationalisée au lendemain de la guerre, fut entièrement soumise au Trésor jusqu'à la loi du 3 janvier 1973, loi qui devait instaurer une stricte séparation et surtout une indépendance complète par rapport à l'exécutif. Texte qui devait être confirmé et durci dans le cadre du traité de Maastricht.

Conçue comme instrument de la reconstruction du pays, la banque centrale de l'après-guerre allait affranchir la communauté nationale de contraintes jusqu'alors fixées par les croyances monétaires: oui, la monnaie n'est qu'une convention sociale puisque réellement créée à partir de rien; oui, la planche à billets, si elle est correctement manœuvrée, permet de mettre fin à la loi d'airain de la monnaie. Pourtant, dure loi - il est vrai - jusqu'alors ressentie à toutes les époques, où l'affranchissement vis-à-vis du métal précieux se soldait invariablement dans le drame. La gestion monétaire, habilement menée après la Se­conde Guerre mondiale, que l'on soit en France ou ailleurs, a autorisé des investissements publics gigantesques - investissements dont on aurait tant besoin aujourd'hui - en mettant fin à la pénurie monétaire et aux taux d'intérêt associés. De ce point de vue, l'indépendance aujourd'hui, partout constatée des banques centrales, fut un cruel retour en arrière vers l'aliénation monétaire: l'inflation, pourtant disparue depuis longtemps - les années 1960 qui précèdent l'indépendance furent beaucoup plus sages que celles qui suivirent, faisant figure de diable pour les tenants de cette régression.

Bien que la question de la dette publique ait disparu alors même que l'endettement était gigantesque au lendemain de la guerre, elle va réapparaître dès la proclamation de l'indépendance de la banque centrale. Il convient ici de bien comprendre ce qu'on entend par ce terme d'indépendance. Désormais, il devient interdit aux banques centrales de créer de la monnaie au profit des Trésors et, donc, le recours à l'endettement ne passe plus par l'autorité des exécutifs qui fixaient les prix et les taux (généralement, ces derniers étaient nuls). À l'inverse, dorénavant, tout passera par un curieux marché aux caractéristiques suivantes: un groupe de banques va détenir le monopole d'achat de bons du Trésor (les fameux « spécialistes en valeurs du Trésor » - SVT - de l'Agence France Trésor pour ce qui concerne la France) et il deviendra interdit aux particuliers d'acheter directement, comme ils pouvaient le faire dans le passé, des bons du Trésor. Situation qui correspondrait - pour donner un exemple simple - à celle d'un propriétaire de verger à qui il serait interdit de consommer sa propre récolte, laquelle pourrirait sur place, et qui devrait acheter les fruits qu'il convoite à un groupe d'entreprises bien ciblé, à l'exclusion de toutes les autres.

 Situation, à tout le moins ex­traordinaire, qui fait émerger deux marchés. L'un sera celui de la dette publique, lequel consacrera le retour au XIXe siècle, époque où il n'était pas devenu évident que la monnaie n'est qu'une convention sociale. Le second sera celui de l'épargne de nombreux ménages qui jusque-là se contentaient d'acheter des bons du Trésor, directement auprès des organismes publics chargés de leur diffusion. Ils achetaient de la matière brute (bons en direct) ; ils achètent désormais des produits plus complexes aux banques, qui se sont réservé l'achat de la matière première, qu'elles transforment en produits d'épargne.

La fin de l'autorité monétaire rétablit ainsi artificiellement la pénurie monétaire de jadis - comme à l'époque des bases métalliques - et le coût qui lui est associé: désormais, il y aura un service de la dette publique qui représentera la charge d'intérêts d'une ressource, dont la rareté est une construction toute politique. .

Vu sous un autre angle, l'indépendance des banques centrales annoncée comme la seule mesure efficace de lutte contre l'inflation correspond à un intense gaspillage de fonds publics: en interdisant le lien traditionnel entre le Trésor et la banque centrale, et en créant un marché monopolistique par ailleurs, le prix de la dette passe d'une valeur nulle à un prix positif. Cela correspond à 2,5 points de PIB s'agissant de la France, et aujourd'hui à 15 points de PIB s'agissant de la Grèce. Le gaspillage des ressources publiques est ainsi une obligation relevant, s'agissant de l'Eurozone, de traités internationaux. Quant à la sempiternelle peur des marchés, elle n'est que la conséquence d'une construction politique, puisque ces mêmes marchés ont été politiquement construits.

14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 15:29

 

 

Quelques images  

 

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L'Intellectuel Alfonso Cano est mort au combat pour la libération de la Colombie de la narcoligarchie  qui la gouverne avec le soutien massif des Etats-Unis

 

 

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Marx, Lénine, Simon Bolivar et Manuel Marulanda

 

 

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Plan de la longue traque d'Alfonso Cano