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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 11:29

Le texte qui suit est la traduction par Comaguer d’un article  diffusé en anglais par la Fondation Frantz Fanon. Signé par un universitaire étasunien il a été publié récemment par la presse sud africaine.

 

Les réflexions  de Fanon sur la décolonisation des sciences humaines ont aujourd'hui de l’écho dans le milieu universitaire

 

 

Prendre la dignité et la démocratie au sérieux

 

Par Nigel C Gibson*

 

 

Dans un récent discours de remise des diplômes, Saleem Badat, le vice-doyen de l'Université de Rhodes,  a appelé les diplômés de mettre leurs connaissances et leur savoir au  travail  "au profit de la société au sens large" à travers une  « une conduite éthique, une  intégrité sans faille, un effort visionnaire, une mise au service du public et un engagement pour  le peuple  et pour les responsabilités ».

Pourtant, est-il devenu  paradoxalement plus difficile d’être un humaniste critique oppositionnel dans l'Université  post-apart­heid ? Je me le demande   parce que durant les années 1980 certains espaces intellectuels  assez stupéfiants ont été ouverts dans les universités, souvent en lien d'une certaine façon aux mouvements sociaux, au  mouvement syndical et ainsi de suite, dans les luttes contre l'apartheid.

 

Après 1994, le problème semblait être pratique, conduisant à des politiques insistant sur le développement  d’unités d'études universitaires plus réfléchies. En outre, la logique de l'Université dans les processus mondiaux néo-­libéraux (ainsi que l'autoritarisme économiste des  coupes budgétaires) a engendré  une hiérarchie où une élite peut encore se permettre des études en « Humanités » * (voir in fine , note du traducteur) avec les garanties d’un futur emploi, tandis que ceux qui ne peuvent pas se payer une formation universitaire font des études professionnelles pratiques axées sur l’emploi, souvent avec « des sciences humaines » de base , mais très secondaires et souvent mal dotées dans l’enseignement général 

 

Les problèmes  sont réduits à comment  mettre  pleinement à l’œuvre les mécanismes du marché. L'esprit d'entreprise (en matière sociale, politique, économique et psychologique, nous dit-on, est le modèle le plus rationnel et le plus équitable. Cependant  dans le même temps, a ajouté Badat,  l’Afrique du Sud devient une société « où sévissent de plus en plus souvent sur  le mode les plus  primitif et le plus ravageur le matérialisme grossier, la corruption, la soumission à l’esprit d’entreprise et l’enrichissement débridé. »

 

L’Afrique du Sud reste une société intensément politisée marquée par des rébellions constantes et des révoltes qui débouchent  rapidement sur des discussions politiques sur les défauts de la société dans son ensemble. Mais qu’est-il  advenu  des questions fondamentales et des discussions sur la création d'une nouvelle  société ? Loin du bruit de ce qui pourrait être considéré comme du bavardage  politique ou du discours électoral sur l'amélioration de la qualité  des services, des questions continuent à être posées exactement sur les points que Frantz Fanon aurait attendus.

 

Lors d'une réunion le mois dernier à Pietermaritzburg, Ntombifuthi Shandu du réseau Rural a fait remarquer que la  vie est devenue plus difficile depuis la fin de l'apartheid, reflétant la brutalité de certains de ceux qui gouvernent, et elle s’est demandé si « nous sommes dirigés par des personnes qui ont été endommagées  par la lutte durant l'apartheid ».

 

La remarque m’a  immédiatement rappelé les notes Fanon dans les damnés de la terre.  Fanon a compris que la lutte pour la « vraie libération » engendrait aussi des pathologies et des troubles psychologiques, ainsi que des traumatismes et des stress créés par des situations extrêmes qui devront être soignés par la sociothérapie.

 

Mais les commentaires du Shandu m’ont aussi fait penser à Fanon écrivant avec « la peine au  cœur» sur une politique basée sur le ressentiment qui prend simplement la place et les attitudes du colonisateur.

 

Plutôt que de bâtir une culture de discussion (et de la démocratie) il soutient qu’il existe dans le parti nationaliste, une « sclérose » qui conduit  à une « brutalité de la pensée ». Bien entendu, aujourd’hui, qu'il ne serait pas difficile de  lire l’essai du Fanon sur les  « Pièges de la conscience nationale » comme une critique du post­-apartheid en Afrique du Sud, mais ce que Shandu a exprimé profondément la préoccupation de  Fanon que la haine, le ressentiment et la vengeance, sentiments souvent encouragés durant la lutte pour des objectifs à court terme, ne peut pas favoriser la  libération ni créer des êtres libérés.

 

 

Ce qui est absolument essentiel, conclut Fanon, c’est la force de l'intelligence, la création de nouvelles dimensions pour les hommes et les femmes. Et tout comme les colonisés comprennent la « pensée » du régime colonial, les anciens colonisés sont prompts à comprendre la réalité politique postcoloniale. Pour Fanon Le problème pour les intellectuels formés par l'Université, est le manque de compréhension de la pensée à l’œuvre parmi les exclus de la nouvelle répartition  - les pauvres, les paysans sans terre, les chômeurs - mais qui n'ont jamais renoncé à l'idée de liberté.

 

Ceci  répond  aux préoccupations  de Badat  sur la pertinence des « sciences humaines » dans la formation universitaire , qui doit aider autant que possible à maintenir vivant, et à encourager le débat public sur les questions théoriques et intellectuelles et, en même temps, doit demeurer  libre de paradigmes politiques étroits ou politiciens, qu'ils soient nationaux ou globaux, y compris la distance critique envers des discours comme le « développement » et les « droits de l'homme ».

 

Fanon soutient que la violence n’a pas de fin  tant que la brutalité du colonialisme, avec toutes ses pratiques deshumanisantes,  se poursuit dans la phase d'Independence. La Violence, soutient Fanon, est  structurelle et s’exerce à de nombreux niveaux ; elle pénètre dans les pores de l'individu et le suit à son  domicile ; elle est intériorisée et reproduit constamment la déshumanisation.

 

La préoccupation  de Fanon pour la continuation de la  brutalité est liée à sa notion de décolonisation comme restructuration de la conscience. C'est là où doit s’instaurer une discussion sur le rôle  des « sciences humaines » critiques, ou peut-être mieux, des  « sciences humaines » décolonisées, qui doit être reliée à un projet plus large d’éducation décolonisée. Fanon insiste sur le fait qu'un tel changement dans les consciences  ne sera pas terminé rapidement et ne pourra certainement pas  être réalisé par  quelques slogans et quelques campagnes de marketing. Il a une base matérielle, mais il requiert également de la patience et du temps pour recentrer les psychismes fragmentés par le colonialisme et l'oppression et pour inculquer aux  personnes l’idée que ce sont elles et pas tel ou tel  démiurge qui façonneront la nouvelle société

Des « sciences humaines »  décolonisées  prendront les  questions de la liberté, de la démocratie et de la dignité humaine au sérieux en rapport  avec l’insistance de Fanon sur le fait que tout doit être  repensé, et que tous devraient participer à imaginer l'avenir. La libération et l'invention, qui ne peuvent se réduire  aux ressources humaines  et aux  bilans, ont besoin d’engagement et d’autonomie

 

Le développement des « sciences humaines » ne peut donc être compris comme un retour à un projet libéral élitaire ou refaçonné comme une notion commerciale ou africanisée de « sciences humaines » au service des actions entrepreneuriales (comme fournir de l’éthique aux étudiants en gestion des entreprises) il doit être socialement engagé et critique (dans le sens où il ne doit pas être effrayé par ses conclusions) en cherchant à aller à la racine des problèmes.

 

S’engageant à  surmonter l’aliénation et l’oppression, au sens du Fanon, les  « Humanités» décolonisées doivent inclure des discussions sur la nature de la société et ainsi aider à déverrouiller la capacité et les pouvoirs humains  pour  consciemment refaire le monde. Ceci exige une inclusion démocratique, la responsabilisation et l'égalité ainsi qu’une atmosphère de questionnement, de critique (liberté en termes de libération des projets) et  une ouverture où tous sont invités à participer à la réflexion.

En d’autres termes L’idée de  fanon de tout repenser, ne peut être soumise à aucune évaluation externe ou à un organisme de financement. La  Recherche sérieuse est un projet ouvert et démocratique. Les résultats ne peuvent être prévus à l'avance ni mesurés selon tel ou tel schéma technocratique.

Cette nouvelle ère de renouvellement de la pensée doit commencer par une prise en compte complète des 17 années passées : la période post­-apartheid,  et doit commencer par un rejet de l'état d'esprit qui réduit le travail intellectuel à l’étude, même critique, des questions politiques. La théorie doit être comprise comme quelque chose où s'engager sérieusement  et produite ainsi qu'utilisée en Afrique du Sud. En d'autres termes, doit être prise très au sérieux l’exigence  de Fanon à la fin  Des  damnés de la terre que l'indépendance signifie vraiment fabriquer de  "nouveaux concepts" dans les espaces géographiques de l'indépendance,

 

 

Publié dans le supplément n°10 du « Mail & Guardian » 26 août 10 septembre 2011

 

·   -      Nigel C Gibson est basé à Emerson College de Boston, Massachusetts. Son livre le plus récent est « Pratiques Fanoniennes en Afrique du sud - de Steve Biko à Abahlali BaseMjondolo »

 

·     -     Steve Biko, comme Fanon,  était médecin et considérait l’apartheid comme une aliénation

 

·     -    Abahlali BaseMjondolo est un mouvement  qui vise à rassembler et à défendre les intérêts des actuels « damnés de la terre » dans la société post-apartheid, catégorie qui se retrouve dans tous les pays soumis à la tyrannie du capitalisme globalisé débridé.

 

 

*[NDT : l’auteur utilise le terme anglais « Humanities »  qui recouvre dans l’enseignement tout le champ des lettres et sciences humaines : langues, philosophie, histoire sociologie, psychologie, anthropologie…

Nous avons choisi de le traduire littéralement par « Humanités » bien que le terme soit très daté et peu utilisé dans la France contemporaine mais  en pensant que rien ne devrait être plus proche de l’humanité, cette qualité, que les humanités !

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 16:40

Tract distribué dans la manifestation syndicale contre l'austérité le 11 Octobre


 

Copains, coquins et assassins !


Sarkozy et son équipe ont atteint en France un niveau d’impopularité jamais vu dans la république. Cette impopularité est justifiée. Elle sanctionne l’énormité du mensonge présidentiel permanent.


La France qui travaille – ou qui voudrait travailler - est saignée à blanc : salaires bloqués, logements trop chers, sécurité sociale diminuée, services publics détricotés… La France des rentiers, des Bettencourt, des Woerth, des exonérés de l’ISF, des banquiers à bonus ,quant à elle, ne cesse de s’enrichir jusqu’à l’obscène.


Sentant arriver une magistrale paire de claque électorale, un puissant coup de Karcher populaire sur l’Elysée, le Président se transforme en chef de guerre internationale, veut compenser tous ses échecs intérieurs par des victoires à l’étranger, vieille tactique de dictateurs aux abois largement illustrée dans l’Histoire.

 


Mais là encore le mensonge est la règle :

- dix ans d’engagement militaire en Afghanistan n’ont conduit à rien d’autre qu’à maintenir en place un gouvernement corrompu qui ne gouverne qu’à Kaboul .

- la capture par l’armée française du président Gbagbo régulièrement élu, véritable coup d’Etat qui a mis fin à sa présidence, a conduit la Côte d’Ivoire au chaos, à des règlements  de comptes sanglants  et il faut encore que cette même armée protège le président putschiste contre son propre peuple.

- le renversement par la force – 6 mois de bombardements quotidiens - du gouvernement libyen légal débouche sur une guerre civile qui risque de durer et sur la destruction d’une des économies les plus riches d’Afrique et dont la prospérité était largement partagée


L’Etat, dont les caisses seraient, parait-il, vides, trouve encore le moyen de dépenser des centaines de millions d’Euros – la « campagne libyenne » aurait déjà coûté autour de 500 millions d’Euros- ne diminue pas le budget de la défense alors qu’il taille brutalement dans tous les budgets sociaux ou se met à faire payer des services publics gratuits. (35 euros pour déposer plainte aux prud’hommes)


L’Etat fait payer aux citoyens français des  interventions militaires qui n’ont pour seul but que d’installer au pouvoir des laquais censés continuer à signer des contrats avec les copains et les coquins : les Bouygues, les Lagardère, les Bolloré et consorts …et à renvoyer , aux moments électoraux cruciaux, quelques valises pleines de billets dont leur peuple n’aura jamais vu la couleur.


Le MOSOURPA, Mouvement pour la souveraineté et le respect des peuples d’Afrique, nouvellement créé, dénonce cette politique aventuriste et meurtrière qui va faire de notre pays un des plus détestés sur le continent africain.

 

Contactez-nous : mosourpa@mailz.org

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 14:15

Le 26 mai 2011 s’est tenue à Moscou une conférence internationale pour un « tribunal contre l’agression de l’OTAN en Libye ». Y ont pris part le Vice-ambassadeur de la Libye en Russie, une délégation d’Ukraine, des communistes de Slovaquie, quelques scientifique arabes, des représentants des « antiglobalistes ».

Elle a adopté un plan d’action visant à :

1-     - Organiser et mettre en place un « Tribunal international pour instruire les crimes des USA et de l’OTAN contre la Libye »

2-      - Mettre en place un organe remplaçant une ONU totalement discréditée


Même s’il s’agit là d’un rassemblement de forces sociales modestes, sa condamnation de l’ONU rejoint celles qui sont formulées dans un nombre de plus en plus grand de pays. Le renforcement de ce mouvement critique de l’ONU devra l’obliger à aborder la question politique centrale sur le long terme : réforme de l’ONU ou création d’un autre organe concurrent sanctionnant la faillite de l’ONU.

La conférence a publié une adresse aux chefs d’Etat, aux dirigeants des partis politiques, aux personnalités publiques et religieuses, à tous les gens auxquels sont chers la paix et la sécurité sur notre planète que nous reproduisons ci-après.

 

Ce texte et les informations qui précèdent sont tirés du bulletin « NOUVELLES d’URSS »

n° 111 Septembre-Octobre 2011


 

ADRESSE

aux chefs d'Etats aux dirigeants des partis politiques, aux personnalités publiques et religieuses,

à tous les gens  auxquels sont chers la paix et la sécurité sur notre planète,

 

au sujet de la prestation d'assistance pour la préparation et la mise en place du Forum mondial «Un Tribunal international pour instruire la participation de particuliers, d'organisations et d'États à l'agression contre la Djamahiriya arabe libyenne populaire socialiste, au sujet des mesures de mise publique en demeure des agresseurs de cesser leur agression et d'indemnisation des dommages causés aux personnes, aux organisations et aux États gui ont eu à souffrir de l'agression. »

Nous, les participants à la Conférence internationale pour l'organisation d'une réaction à l'agression planétaire et de la mise en demeure des États agresseurs de 1'aire la paix; au nom des citoyens libres du monde, nous adressons aux chefs d'États, à la direction des organisations non gouvernementales, des partis politiques et des organisations de masse, aux personnalités religieuses de toutes confessions, aux simples gens de notre planète en leur proposant de soutenir les efforts pour l'organisation et la mise en place en 2011 d'un Forum civil international  pour «Un Tribunal international pour instruire la participation de particuliers, d'organisations, d'États à l'agression contre la Djamahiriya arabe libyenne populaire socialiste, la prise de mesures de mise  en demeure publique de cesser leur agression et d'indemniser les dommages causés aux personnes, aux organisations et aux États qui ont eu à souffrir de l'agression». *voir note Comaguer in fine

La tenue du Forum civil international est possible à la condition nécessaire de mobiliser la communauté civile mondiale pour s'opposer aux agressions planétaires contre les États souverains telles que les commettent depuis de nombreuses années les États-Unis d'Amérique, les États du bloc militaro-politique agressif de l'OTAN, leurs alliés financiers, militaires et planétaires.

L'Organisation des Nations unies, reconnue comme étant le garant de l'observation de la législation internationale et de l'intangibilité des principes de base de la coexistence pacifique des États, n'a pas été capable de prévenir les irruptions armées d'agresseurs sur le territoire de toute une série d'États indépendants et, de ce fait même, ne s'est pas montrée digne de nos espoirs d'un avenir pacifique pour notre génération et pour nos enfants.

Ce qui constitue l'unique force sur la planète qui puisse aujourd'hui se dresser sur la route de l'agression et instaurer la paix sur la Terre, ce fut, c'est et ce sera la force de la communauté auto-organisée des citoyens des différents pays qui se sont rassemblés pour assurer la paix sur la planète. Seuls les citoyens ordinaires des pays du monde sont dans une pleine mesure intéressés à ce que les bombes et les grêles de missiles à l'uranium ne tombent pas sur les têtes de leurs mères et de leurs enfants. Seule Une personne qui est pleinement consciente d'être avant tout le père ou la mère de ses enfants est vraiment intéressée par l'opposition à l'agression dirigée tant contre sa propre famille et son peuple que contre le pays dans lequel il vit. Ce sont précisément nous, les simples citoyens, qui sommes plus que tout intéressés à la paix et à la stabilité sur notre planète.

L'agression déclenchée par les États Unis et les pays de l'OTAN contre l'État souverain de la Djamahiriya libyenne doit être immédiatement stoppée.

Les crimes perpétrés par les participants et organisateurs de cette, irruption armée relèvent d'une condamnation personnelle. Les organisateurs et complices de ces crimes encourent des poursuites à l'égard de la communauté mondiale.

Nous, les participants à la conférence, appelons les dirigeants des États à accorder un soutien multiforme sur le plan de l'organisation, de l'information et du travail pratique au Forum civil mondial, ainsi qu’à examiner l'opportunité de réunir le Forum civil mondial avec un sommet des chefs d'Etats, de ceux qui sont les objectifs potentiels des intentions destructrices de l'agresseur planétaire. À ce moment, nous proposerons de poser les fondements d'un nouveau système des rapports dans le monde basé sur la prééminence de la souveraineté des pays et des États. Il y sera également posé la question de la réforme de l'Or­ganisation des Nations unies qui s'est trouvée incapable d'empêcher effectivement le bafouage des normes et lois Internationales ou bien du remplacement de l'O.N.U. par une organisation internationale alternative capable d'agir.

Nous, les participants à la conférence, appelons tous ceux qui sont intéressés à l'instauration de la paix sur la terre, indépendamment de leur nationalité et de leur confession, à rassembler tous leurs efforts et à porter ensemble un coup décisif à l'agression planétaire. -puisse ce Forum civile mondial devenir le précédent d’une nouvelle forme véritablement démocratique  de consolidation du droit international et d'organisation juste du monde!

Nous appelons tous ceux qui sont solidaires de la lutte du peuple libyen contre ses agresseurs, tous ceux 'qui désirent la paix sur notre planète, à prendre une part active à la préparation de la mise en place d'un Tribunal international pour juger les agresseurs de 1’été 2011.

La réalisation de cette initiative civile, le développement d'une instruction de large ampleur et d'une Cour publique pour juger les agresseurs n'est possible qu'avec votre soutien moral et matériel personnel.

1.       Pour la paix sans agresseurs! Pour la paix sans guerre!

2.      Pour la paix dans le monde entier!

3.      Les participants à la Conférence internationale MOSCOU, le 26 mai 2011.

 

*

La commission spéciale mise en place par le MEDEF estime déja les marchés de reconstruction de la Libye donc l’ampleur des dégâts à 136 milliards d’Euros.

 

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 09:47

Entamée en 1911 la colonisation de la Libye s’achève brusquement en 1943 quand les armées alliées attaquant par l’Est et par l’ouest les  forces de l’Axe (allemandes et italiennes) les rejettent à la mer en Tunisie et les poursuivent sur le sol italien. Le régime fasciste s’écroule et la Libye qui a vu se dérouler pendant trois ans sur son sol une des grandes batailles de la seconde guerre mondiale se retrouve soudain  libérée.

Le colonisateur italien est remplacé temporairement par une occupation militaire franco-britannique, la France protégeant ainsi ses intérêts coloniaux au Maghreb et en Afrique centrale  la Grande Bretagne faisant de même pour l’Egypte et le Soudan. Les Etats-Unis se contentent pour leur part d’y installer une base militaire à proximité de Tripoli.

Mais, à part sa position stratégique,  le pays ne présente alors guère d’intérêt pour les puissances occupantes – le pétrole libyen ne sera découvert qu’en 1959 - et il va revenir à l’ONU de lui accorder une  l’indépendance gagnée sans combats en remettant le pouvoir à la confraternité politico-religieuse Senoussie et à son chef le roi Idriss revenu de son exil égyptien.

Le coup d’Etat des jeunes officiers conduits par Mouammar Khadafi va mettre à bas ce régime, faible et  pro-occidental et toutes les mesures prises par le nouveau régime : fermeture des bases militaires étrangères, nationalisation du pétrole sanctionnent le passage de l’indépendance formelle accordée par l’ONU à l’indépendance réelle.

Le nouveau régime libyen prend donc immédiatement place sur la liste des pays ennemis de l’Occident  et l’agression dont il vient d’être victime de la part des coalisés de l’OTAN est l’application, après de très nombreuses péripéties, d’une sanction prévisible dès l’origine 42 ans plus tôt.

Pendant toute cette période la régime libyen a  effectué un très important travail de mémoire sur la période coloniale (1911-1943) sur ses horreurs (bombardements aériens des populations , utilisations des armes chimiques, déportations, camps de concentration)comme  sur les hauts faits de la résistance libyenne dans la période 1922-1931 sous la conduite du « Lion du désert » Omar Al Mokhtar et il a osé proposer à la puissance coloniale de tourner la page de cette période sombre  et d’établir avec elle des rapports de coopération et de bon voisinage entre Etats souverains égaux.

Cette politique a été concrétisée par un accord dont le texte intégral suit signé en 1998 par les deux pays.

Cet accord constitue un modèle de ce que tous les peuples colonisés d’Afrique sont en droit d’exiger de l'ex puissance coloniale.


L’agression actuelle de la Libye en représente la totale destruction et ouvre une longue période qui va inévitablement voir se dérouler une nouvelle guerre d’indépendance dont les formes et la durée sont encore en gestation mais dont l’écho sur le continent africain sera puissant.

 

 

 

Texte de la déclaration commune italo-libyenne signée à Rome le 4 juillet 1998

 « Attendu que le peuple libyen et le peuple italien sont liés par des rapports profonds et solides qui remontent à des siècles de contacts, d'activités commerciales et d'histoire commune. Cependant, l'occupation a provoqué des blessures telles qu'un bon nombre de Libyens s'en souvient encore.

Ayant la volonté de consolider et de développer ces relations pour l'intérêt des deux peuples amis, l'Italie invite la Libye à oublier le passé et s'engage à ne pas reproduire à l'avenir ce qu'il a fait contre la Libye par le passé. S'engageant ainsi à respecter l'esprit de bon voisinage, aucune action d'hostilité, quelles qu'en soient les raisons, ne sera déclenchée par l'Italie en direction de la Libye. Celle-ci s'engage, à son tout, à la même chose vis-à-vis de l'Italie.

Les deux parties expriment leur désir et leur détermination de pousser plus avant leurs relations bilatérales sur des bases nouvelles consolidées par l'égalité, le respect mutuel et la coopération dans de nombreux domaines. Le tout pour le bien des deux peuples et pour tout ce qui peut contribuer à renforcer la paix, le développement économique et la prospérité du bassin méditerranéen et de ses habitants.

Le gouvernement italien exprime ses regrets pour les souffrances causées au peuple libyen par l'occupation. En vue d'en éliminer, autant que possible, les traces et dépasser le passé et l'oublier pour entamer une ère nouvelle de rapports amicaux et constructifs entre les deux peuples, le gouvernement italien s'engage à :

1/ rechercher par tous les moyens possibles les citoyens libyens déportés à l'époque loin de leur famille.

2/ procéder de façon directe et à travers la coopération bilatérale ou internationale, au nettoyage des champs de mines déposées lors de la seconde guerre mondiale. Pour cela, le gouvernement italien, offre son concours pour mettre en place des sessions de formation d'unités spécialisées de déminage en Libye. II apporte, par ailleurs, son soutien médical aux personnes souffrant de ces mines terrestres dans des centres spécialisés en Italie. Il installe en outre un centre hospitalier spécialisé dans le montage des prothèses en Libye en collaboration avec le Croissant rouge libyen et la Croix rouge italienne.

3/ offrir des indemnités et des aides aux personnes sinistrées.

Contribuer aux projets humanitaires susceptibles d'aider les familles des handicapés et des sinistrés. Collaborer avec la Libye pour développer l'environnement dans les régions qui ont subi des dommages. Des conventions particulières entre les deux pays en préciseront les détails.

4/ Pour réaliser ces objectifs, des dispositions seront prises pour créer une entreprise italo-libyenne dont le président sera désigné par la partie libyenne. Cette entreprise, dans laquelle d'autres entreprises publiques et privées seront sociétaires, sera chargée de soutenir l'économie libyenne à travers la mise en place de projets environnementaux notamment, mais aussi de projets de développement en général. Une caisse nationale sera créée à laquelle contribueront les entreprises des deux pays. Elle aura pour objectif:

- La mise en valeur des régions minées pendant la seconde guerre mondiale.

- La formation des spécialistes de déminage.

- Les soins aux Libyens victimes des mines.

- La création d'un centre hospitalier spécialisé dans le traitement des victimes des mines

- la recherche des citoyens libyens déportés à l'époque loin de chez eux et la réhabilitation de leurs familles moralement et matériellement ainsi que le peuple libyen

- la mise sur pied de toutes les actions opportunes pour amoindrir l'impact négatif du passé.

L'Italie apportera son soutien particulier à la Libye sur le plan culturel, économique et artistique. Des accords spéciaux entre les services compétents des deux pays en préciseront les détails.

L'Italie s'engage devant la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste de lui restituer l'ensemble des manuscrits, des archives, des documents et autres pièces archéologiques que l'on a transférés en Italie pendant ou après l'occupation, et ce, conformément à la Convention de l'UNESCO signée le 14 novembre 1970 qui concerne les dispositions à prendre pour empêcher d'importer, d'exporter et de transporter des propriétés culturelles illégalement. Les deux pays feront en sorte que ces manuscrits, documents et autres pièces de musée soient identifiés et localisés.

Les deux pays s'engagent à une assistance mutuelle.

Le gouvernement italien offre aux citoyens libyens le droit de jouir des avantages stipulés par la législation italienne pendant l'occupation, du moment qu'ils ne s'opposent pas aux engagements découlant de l'adhésion de l'Italie à l'Union européenne. Les autorités compétentes en Libye et en Italie se chargeront de déterminer ces avantages. En contrepartie, la Libye autorise les citoyens italiens interdits de séjour en Libye, en vertu de mesures antérieures, à entrer sur son territoire pour des raisons touristiques, familiales ou professionnelles

En définitive, les deux parties notent que la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste admet qu'il n:V a plus de raisons de conflit ou de controverse avec l'Italie à propos du passé, et ce, après application des dispositions de la présente déclaration ».

 

Cette déclaration a été préparée et signée à Rome le 4 juillet 1998.


Pour le gouvernement libyen: M. Orna Mustapha AI ­Mountasir

Ministre des affaires étrangères


Pour le gouvernement italien: M. Lamberto Dini Ministre des affaires étrangères

 

 

 

 

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 21:05

On se souvient que, peu avant la fin de son mandat, Bush junior a réactivé la IV° flotte pièce maitresse du Southcom,  commandement militaire US pour la zone Amérique Latine-Caraïbe ayant mission d'ingérence permanente dans tous les pays de cette zone et vocation à y renverser les régimes légaux non alignés


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SOUTHCOM est désormais bien installé dans ses meubles et il ne pouvait l'être qu'à Miami, foyer traditionnel de la contre-révolution en Amérique Latine. Ouvert fin 2010 le nouveau quartier général accueille 2800 personnes.

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 15:40

 

Arrêté sur le territoire venezuelien voici  prés de trois mois dans des consitions douteuses - son arrestation a été annoncée par la présidence colombienne avant de l'être par le Venezuela - le dirigeant et chanteur guerillero des FARC-EP, JULIAN CONRADO, est menacé d'extradition vers la Colombie où sa tête est mise à prix .

 

Un mouvement de soutien s'est organisé qui dénonce toutes les atteintes au droit de la part des autorités venezueliennes dans cette sombre affaire et en particulier le fait que la soi-disant demande d'extradition par la Colombie est sans fondement juridique.

 

L'affiche jointe , qui fait partie du matériel de cette campagne, exige le respect par le gouvernement venezuelien des conventions de Genève et contre la torture .


ASILE POLITIQUE POUR JULIAN

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 15:05

 

 

 

Nous sommes venus, nous avons vu, nous avons détruit, nous avons oublié…


Un résumé  mis à jour du charmant dossier de la politique étrangère américaine.

Document établi par William Blum

 

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les États-Unis d'Amérique ont …. 

  1. Tenté de renverser plus de 50 gouvernements, dont la plupart avaient  été démocratiquement élus.  
  2. Tenté de supprimer un mouvement populiste ou nationaliste dans 20 pays.  
  3. Grossièrement interféré dans des élections démocratiques dans au moins 30 pays.  
  4. Largué des bombes sur les populations  de plus de 30 pays.
  5. Tenté d'assassiner plus de 50 dirigeants étrangers. 

Au total : depuis 1945, les États-Unis a effectué une ou plusieurs des actions ci-dessus, à une ou plusieurs reprises, dans les 69  pays suivants  (plus d'un tiers des pays du monde) :

  • Afghanistan
  • Albanie
  • Algérie
  • Angola
  • Australie
  • Bolivie
  • Bosnie
  • Brésil
  • Guyane Britannique (maintenant Guyana)
  • Bulgarie
  • Cambodge
  • Tchad
  • Chili
  • Chine
  • Colombie
  • Congo ( et Zaïre)
  • Costa Rica
  • Cuba
  • République dominicaine
  • Timor oriental
  • Équateur
  • Égypte
  • Salvador
  • Fidji
  • France
  • Allemagne (Allemagne de l'est en sus)
  • Ghana
  • Grèce
  • Grenade
  • Guatemala
  • Honduras
  • Inde
  • Indonésie
  • Iran
  • Irak
  • Italie
  • Jamaïque
  • Japon
  • Koweït
  • Laos
  • Liban
  • Libye
  • Mongolie
  • Maroc
  • Népal
  • Nicaragua
  • Corée du Nord
  • Pakistan
  • Palestine
  • Panama
  • Pérou
  • Philippines
  • Portugal
  • Russie
  • Seychelles
  • Slovaquie
  • Somalie
  • Afrique du Sud
  • Union soviétique
  • Soudan
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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 14:52

En COLOMBIE

les paramilitaires et les forces de police
ont assassiné


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des syndicalistes assassinés dans le monde


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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 15:10

Ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République Algérienne FRANTZ FANON a eu l’occasion de rencontrer avant sa mort en décembre 1961 la plupart des dirigeants africains qui conduisaient les luttes pour l’indépendance. Parmi ceux-ci Patrice Lumumba occupait la place centrale de véritable leader de la vraie décolonisation africaine.

FANON  suivit au jour le jour la  rapide et brutale crise congolaise qui vit ce pays passer entre le Premier Juillet 1960 et la fin de cette même année de l’indépendance à l’assassinat de Lumumba et à la sanglante reprise en main néocoloniale du pays

Dés ce moment  FANON  était  conscient que nombre  des nouvelles équipes dirigeantes issues de la décolonisation  ne seraient que  les agents du néocolonialisme.


Dans sa pièce  « UNE SAISON AU CONGO » publiée pour la première fois en 1966,  Aimé Césaire rend  à sa façon hommage à la douloureuse lucidité de son ancien élève comme en témoigne la scène 4 de l’acte I de cette pièce peu commentée qui relate dans leur rude sécheresse historique les évènements de cette reconquête coloniale précipitée.

 

 

UNE SAISON AU CONGO

AIME CESAIRE

 

Scène 4

Un écriteau tombe des cintres : on y lit : « Bruxelles, salle de la Table Ronde »,

C'est l'antichambre d'une salle du palais où se tient la Table Ronde des partis africains.

(note comaguer : table ronde ayant précédé la déclaration d’indépendance)


 Va-et-vient de 4 ou 5 hommes déguisés en banquiers  de caricature: habit, haut-de-forme, gros cigare. L'indignation et la panique sont à leur comble : on vient d'apprendre par des indiscrétions que le gouvernement belge, à la demande de Lumumba, a accepté de fixer au 30 juin 1960, l'indépendance du Congo.

 

PREMIER BANQUIER

C'est foutu. Un gouvernement de traîtres nous brade notre Empire.

 

DEUXIÈME BANQUIER

Ainsi de l'Indépendance ils ont fixé la date !

 

TROISIÈME BANQUIER

Hélas ! ils ont de ce macaque, accepté le diktat !

 

QUATRIÈME BANQUIER

Du cran, messieurs, du cran, toujours du cran que diable!

Il faut épouser son temps! Je ne dis pas l'aimer, il suffit d'épouser!

Cette indépendance n'a rien qui me déroute.

 

PREMIER BANQUIER

De ce qui constitue une calamité vraie

ruine l'État, assèche nos finances

ravale ce pays au rang d'infime puissance

c'est prendre son parti de manière longanime

 

DEUXIÈME BANQUIER

Inquiétant paradoxe ou dangereuse maxime

les deux sans doute ! Collègue, je le dis tout à trac

Je ne sais ce qu'il y a au fond de votre sac!

Mais quand dans un vaste empire se propage le mal,

C'est mal choisir son temps pour faire le libéral !

 

QUATRIÈME BANQUIER

Quand dans un vaste empire se propage le mal

les solutions hardies sont aussi les seules sages !

 

PREMIER BANQUIER

Rien de plus irritant, monsieur que ces obscurités !

Au fait ! pour sortir de nos difficultés,

Si vous avez un plan, dites, parlez, proposez

Au lieu de finasser.

 

DEUXIÈME BANQUIER

Oui-da! Avez-vous ce qu'on appelle une politique?

 

QUATRIÈME BANQUIER

Une politique? Le mot est gros, mais un peu de jugeote,

çà et là des idées qui, par ma cervelle trottent ;

à cela nul mérite. Vingt ans de tropiques:

Pensez, je les connais. Axiome:

pour rendre traitable le Sauvage, il n'est que deux

pratiques:La trique, mon cher, ou bien le matabich !*

 

PREMIER BANQUIER

Eh bien?

 

QUATRIÈME BANQUIER

Eh ! bien tant pis, je vous croyais plus vifs.

Suivez l'idée. Que veulent-ils? Des postes, des titres,

Présidents, députés, sénateurs, ministres !

Enfin le matabich ! Bon ! Auto, compte en banque

Villas, gros traitements, je ne lésine point.

Axiome, et c'est là l'important: qu'on les gave! Résultat: leur cœur s'attendrit; leur humeur devient suave.

Vous voyez peu à peu où le système nous porte :

Entre leur peuple et nous, se dresse leur cohorte. . Si du moins avec eux, à défaut d'amitié

En ce siècle ingrat sentiment périmé

Nous savons nouer les nœuds de la complicité.

 

PREMIER BANQUIER

Il suffit; bravo collègue ! Accord sans réticence !

 

CHŒUR DES BANQUIERS

Hurrah ! Hurrah ! Vive l'Indépendance !

 

*matabich : du portugais matar o bicho (tuer les bestioles) signifie : pot de vin ou pourboire 

 

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 22:09

Maurice Pergnier

Professeur d’université. Linguiste et écrivain, auteur, notamment de Discours médiatique et conflits balkaniques (L’Age d’Homme) et La désinformation par les mots (Le Rocher)

 

Cet événement (si tant est que cela en fût un, tellement il était programmé !) a été l’occasion d’un nouveau festival assourdissant de verbiage antiserbe stéréotypé. La clameur aurait atteint l’intensité de celle provoquée par l’arrestation de Slobodan Milosevic si elle n’avait été couverte par le tintamarre de l’affaire DSK. Pendant plusieurs jours, toute la litanie des slogans élaborés pendant la grande campagne de désinformation des années 90 a été répétée en boucle.

 

A longueur d’antennes et de pages, on a pu ainsi entendre et lire que Mladic était « accusé » (on ne sait plus par qui ? Et d’ailleurs qu’importe !) du massacre de Srebrenica  qui est « le pire génocide depuis la seconde guerre mondiale », que ce massacre « a fait 8 000 victimes, civiles pour la plupart » ; qu’il était responsable du « siège de Sarajevo », et bien sûr, l’auteur de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

 

Tout cela sentait tellement le réchauffé qu’on s’est mis à affubler Mladic du titre de « boucher des Balkans », en oubliant que ce qualificatif (assez peu apprécié des bouchers, soit dit en passant !) avait été l’apanage exclusif de Milosevic (avant de resservir brièvement pour Karadzic), et qu’il n’avait jamais été attribué à Mladic avant ces dernières semaines.  Mais le discours convenu sur les événements des années 90 a apparemment besoin d’un « boucher des Balkans » ; le détenteur du titre (Milosevic) ayant eu l’impolitesse de mourir avant d’être condamné, il fallait un remplaçant ! Des manifestations ayant eu lieu dans différentes villes de Serbie contre le gouvernement serbe pour condamner la livraison de Mladic au TPI, les manifestants ont été rituellement qualifiés de « nationalistes ». Le Parti radical serbe qui a apporté son soutien à ces manifestants a, comme d’habitude,  été qualifié d’ « ultranationaliste ». En revanche, et assez curieusement, l’ « épuration ethnique », l’un des maîtres mots de la logomachie des années 90 était presque absente des discours.

 

Le prétexte à ce déferlement de logomachie était que Mladic allait être « jugé », mais il était clair qu’il était déjà condamné et que le jugement était une pure formalité qui ne pouvait que confirmer la condamnation. Pour bien faire pénétrer cette idée dans la tête des lecteurs et auditeurs, on convoquait les femmes et mères des disparus de Srebrenica pour qu’elles témoignent qu’il était bien « l’organisateur » du « génocide » (comment le savent-elles ? Etaient-elles dans la confidence de l’état-major des Serbes de Bosnie ?).

 

En réalité, l’enjeu se situe bien au-delà du rôle personnel de Mladic.

Le retour en force de cette logomachie vise à conforter la vision manichéenne imposée dans les années 90 : celle d’un conflit opposant les Serbes maléfiques à de blanches colombes bosniaques puis kosovares, les premiers ayant tous les torts, les secondes n’en ayant aucun. C’est là un socle de certitude que rien ne peut venir ébranler, pas même la révélation que les chefs de l’UCK (Armée de libération du Kosovo) découpaient leurs prisonniers en morceaux pour faire le trafic de leurs organes (soit dit en passant, eux n’ont pas droit à l’appellation de « bouchers des Balkans » !) Aujourd’hui comme hier, quiconque ose émettre des doutes sur le bien-fondé de ce scénario manichéen et sur les données factuelles de la tragédie de Srebrenica est taxé de « révisionnisme ». Il est dans l’ordre des choses que tous ceux – politiques,  « intellectuels » et agents d’influence au sein des médias – qui ont participé de manière forcenée à la mise en place de cet efficace système de désinformation  tiennent par-dessus tout à le perpétuer, et à ce qu’on n’aille pas rechercher  la réalité qui se cache derrière les slogans ; mais est-ce le rôle des journalistes de se faire purement et simplement leurs perroquets et de renoncer à leur droit d’inventaire? Si l’on peut à la rigueur comprendre que, pendant les années où le drame se jouait, l’information ait été emportée dans le tourbillon d’une propagande aussi habile que massive, on reste confondu devant un tel psittacisme autiste, au bout de quinze années qui auraient pu être mises à profit pour démêler le vrai du faux (ou du moins le vérifiable de l’affabulation émotionnelle), pour resituer les événements dans leur contexte, etc. ; bref, pour faire œuvre de journalisme et non de simple caisse de résonnance.

 

Note de Comaguer :

Cet article vient utilement complèter notre texte sur la soi-disant "justice internationale"

Pour plus de détails sur le "génocide" se reporter au livre publié aux Editions Le Verjus

"Le dossier caché du "génocide" de Srebrenica."

Renseignements sur le site www.B-I-INFOS.com

 

 

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