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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 15:50


L’Europe n’existe pas !

A force de propagande, de colloques, de corruption des milieux de la presse et de l’éducation, l’Europe a fini par faire croire qu’elle existait.

 

1- Géographie : cette péninsule du continent eurasiatique demeure un défi conceptuel pour les géographes.

 

Si à l’Ouest l’Océan Atlantique constitue bien une frontière commune, ses limites à l’Est sont imprécises :
- Les Dardanelles et le Bosphore? Mais alors  la plus grande partie d’Istanbul et la Turquie de l’ouest sont en Europe et donc l’entrée de la Turquie dans l’UE devrait elle se faire en n’acceptant qu’une fraction du pays. Hypothèse ridicule.
- L’Oural : c’est le sens de la célèbre formule gaullienne : « De l’Atlantique à l’Oural » Mais alors la Russie serait une entité artificielle mi européenne mi asiatique. Non sens : les populations sibériennes sont-elles asiatiques au même titre que les indonésiens, les birmans ou les japonais ? L’Asie elle-même est-elle une unité conceptuelle valable ? la réponse s’impose : dés l’instant où le géographe ou le géopoliticien fait un effort de précision il fait éclater le cadre et introduit des distinctions : Asie mineure (la pauvre !) Asie centrale, Asie du Sud-est, Asie orientale et pour brouiller encore les limites  s’y surajoute le concept d’Orient : Proche, Moyen, Extrême sans oublier la plaque tectonique indienne collée au « continent » par les hasards de la dérive qui sera un « sous-continent » trop à l’Est pour être moyen-orientale, trop à l’Ouest pour être extrême-orientale. Cette particularité fera le bonheur des tenants de l’invasion aryenne et des nazis qui accrocheront l’Inde à l’Europe prenant ainsi le monde arabe en tenaille.

 

2- Histoire :
Faute  de limites géographiques réelles, la Manche, pas plus que les Alpes ou les Carpates ne constituent pas des obstacles à une importante circulation humaine  l’Histoire de l’Ouest de l’Eurasie  est, le plus souvent, une histoire de conflits entre européens. Plus rarement il s’agit de conflits entre européens et non européens (turcs ottomans ou mongols) mais dans ces cas la traversée d’est en ouest de l’Eurasie n’a été empêchée par aucun obstacle géographique et ces empires disparus ont été plus victimes de leur immensité que de transgression de fortes  limites terrestres. L’empire romain ne s’étend par sur toute l’Europe du Nord et déborde largement sur le monde arabe et quand il éclate en deux parties l’empire d’Occident et l’empire d’Orient la coupure se fait en pleine Europe. 

 

 

3- Institutions :
 La situation contemporaine se caractérise par une énorme confusion (La Suisse, au cœur de l’Europe restant presque toujours un cas à part, comme elle s’est tenue à part des nombreuses guerres européennes)

  •  L’Union Européenne est l’héritière à la fois de la CEE et de l’OTAN. Ces deux institutions d’origine sont le produit de la mise sous tutelle par les Etats-Unis au sortir de la seconde guerre mondiale de la partie la plus occidentale de la péninsule eurasiatique. Cette tutelle va continuer à s’exercer jusqu’à l’élargissement l’UE en 2004 et ne seront admis dans l’UE élargie à l’Est que des membres de l’OTAN. Aujourd’hui les écarts entre les deux groupes sont très peu nombreux.  Quelques membres de l’UE ne sont pas membres de l’OTAN : Autriche Irlande, Suède, Finlande alors que l’ « orientale » Turquie  en est un membre de poids.
    Au sein même de l’UE  les sous-ensembles se sont multipliés : il y a les Schengen et les non Schengen, il y a les Euros et les non Euros il y a même les enclaves espagnoles en Afrique et  les régions « européennes » ultramarines ou ultra périphériques, ces colonies françaises éparpillées sur tous les océans
    Dans les compétitions sportives européennes sont admises les équipes turques et israéliennes mais pas celle des deux Etats qui les séparent géographiquement : la Syrie et la Liban.
    La mise en tutelle de l’Europe de l’extrême ouest par les Etats-Unis s’est faite économiquement par le biais du plan Marshall dont les crédits étaient répartis par l’Organisation Européenne de Coopération économique : OECE élargie ensuite aux autres pays mis sous tutelle économico politique par les Etats-Unis : Mexique, Chili, Corée du Sud, Japon, Turquie, Australie, Nouvelle-Zélande, Israël : ce sera l’OCDE
    Un des objectifs des gouvernements des pays membres de l’UE est de faire croire que cette Union déjà bourrée de contradictions institutionnelles et prospérant sur le maintien voulu par   les traités  d’inégalités de revenus, de régimes fiscaux, de systèmes de protection sociale, est un bloc solide alors qu’il est en première instance un espace de libre circulation des marchandises et des capitaux et un lieu d’exercice de la concurrence libre et non faussée.

 

  •  L’autre objectif est de minimiser deux autres institutions "européennes" elles aussi : l’Organisation pour la Sécurité Collective Européenne (OSCE) et le Conseil de l’Europe.

 

  • L’OSCE:
  • Issue des accords d’Helsinki  regroupe 56 Etats. Sa qualification d’européenne est discutée et discutable puisqu’en sont membres le Canada et les Etats-Unis d’une part et les républiques d’Asie centrale ex soviétiques d’autre part  Contrairement à la propagande otanienne la paix qui règne depuis 1945 en Europe est le résultat non pas de la politique de paix de l’OTAN mais d’abord de l’équilibre des forces URSS/USA jusqu’en 91.  Il a suffi que l’URSS disparaisse pour que l’OTAN mène une guerre en Europe contre la Serbie en 1997. Quant à la « politique européenne de défense » celle de l’UE elle n’est qu’une annexe de la politique de l’OTAN  et intéresse plus les fabricants d’armes européens que les populations du « continent ».  En pratique l’OSCE est affaiblie volontairement par les Etats-Unis  qui Serbie mise à part ne se gênent pas pour mettre en cause la stabilité des régimes qui leur déplaisent bien qu’ils soient membres de l’OSCE. De ce fait l’OSCE n’est plus un outil de  sécurité puisque, par le biais des révolutions de couleur un des membres de l’organisation s’ingère dans la vie des autres. Cette critique a été fortement exprimée par Vladimir Poutine en 2007 à la conférence de Munich et elle a toute sa place dans sa vision de l’avenir de l’Europe.

 

 

  •  Le Conseil de l’Europe :

Il se présente lui-même ainsi sur son site (www.coe.int)

Le Conseil de l’Europe, dont le siège est à Strasbourg (France), regroupe aujourd’hui, avec ses 47 pays membres, la quasi-totalité du continent européen. Créé le 5 mai 1949 par 10 Etats fondateurs, le Conseil de l’Europe a pour objectif de favoriser en Europe un espace démocratique et juridique commun, organisé autour de la Convention européenne des droits de l’homme et d’autres textes de référence sur la protection de l’individu.

Conçu lui aussi comme un instrument de la guerre froide et promu par le même homme qui en avait lancé le discours inaugural (Churchill – discours de Fulton) l’institution s’est progressivement élargie. Il est aujourd’hui l’institution européenne la plus large. Ainsi en sont membres des pays comme  l’Islande  la Suisse, l’Albanie, la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan qui ne font pas partie des découpages traditionnels.  Il s’y ajoute deux observateurs : les Etats-Unis et le Canada  dont la présence rappelle l’origine historique de l’institution  et confirme le maintien d’une tutelle anglo-saxonne sur l’Europe. Le bannissement du Belarus, seul exclu du Conseil, illustre ce droit de veto otano-étasunien car aucun observateur honnête n’accepterait de dire que par exemple les performances de la Turquie en matière de  droits de l’homme qui constituent le critère d’admission  sont supérieures à celles du Belarus.

Le Conseil de l’Europe s’est cependant ces dernières années illustré en produisant des documents accusant les atteintes aux droits de l’homme de l’OTAN ( en ex Yougoslavie par exemple) ou la complicité de certains Etats européens dans l’ouverture sur leur territoire de prisons de la CIA destinées aux séquestrés de la « guerre contre le terrorisme ». Mais ces Etats étaient trop liés aux Etats-Unis pour leur refuser ce service si peu conforme aux principes « européens » des droits de l’homme et le Conseil de l’Europe n’a pu aller au-delà d’une simple  élucidation officielle de vilenies cachées.

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Bilan

Ce bref survol  démontre que l’EUROPE est un concept guimauve trituré de mille manières par les puissances du moment, que c’est un  drapeau arboré depuis 1945 autant à Washington qu’à Bruxelles (siège de l’Otan et de l’Union Européenne) qu’à Strasbourg (siège du Conseil de l’Europe et du Parlement européen). La crise économique européenne qui affecte les pays de la zone Euro comme d’autres (la Grande-Bretagne par exemple) est le prétexte d’une grande offensive idéologique en faveur de l’Europe fédérale. Il s’agit évidement d’un château de cartes : Quelle Europe ? Qui ? Comment ?

Laissant de côté le cas d’Etats centralisés préexistants qui se décentralisent en adoptant une constitution fédérale , comme par exemple le Brésil,  s’il y a une leçon à tirer de l’application concrète de la doctrine politique fédérale : libre association de partenaires égaux qui délèguent à l’échelon supérieur les pouvoirs  de défense et de représentation politique commune au niveau international , c’est qu’elle n’a été le plus souvent que la mise en œuvre d’une domination d’un partenaire sur les autres : le fédéralisme étasunien a été scellé par la guerre de Sécession et la défaite des confédérés, le fédéralisme allemand a été le fruit de la domination prussienne sur les autres principautés et régions.

Quels pays et quels intérêts domineraient une Europe fédérale ? « L’axe franco-allemand », si à l’honneur dans le discours ici dominant, peut légitimement inquiéter les citoyens des petits pays de cette Europe incertaine qu’ils soient  grecs, serbes,  hongrois , portugais ou autres et il en inquiète déjà beaucoup.

Etonnante contradiction du discours des puissants : la biodiversité serait à protéger impérativement chez les animaux et les végétaux  et à combattre chez les humains, espèce unique mais culturellement et socialement extrêmement diversifiée, au nom de l’unité du mode de  production et de consommation capitaliste, au nom de l’unicité du calcul bancaire.

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Les pays de l'OSCE : en vert les membres, en orangé les associés plus ou moins "européens" 

 

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 15:10

 

 

 

 

 

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L’Unité africaine est à construire

Les indépendances formelles des années 60 n’ont pas produit de miracle politique. Les histoires nationales, coloniales, des peuples de continent qui compte aujourd’hui ,1 milliard d’habitant (moins que la Chine ou  l’Inde mais est divisé en 54 Etats étaient trop diverses pour que l’Union Africaine puisse dépasser elle aussi le stade d’une représentation internationale formelle incapable jusqu’à présent de s’opposer à des conflits interétatiques africains qui n’étaient souvent que des affrontements directs ou indirects de sur le sol africain puissances extérieures.

L’histoire de l’Erythrée qui était jusqu’à la partition du Soudan en 2011 le dernier Etat africain à avoir accédé à l’indépendance (1991 confirmée par référendum en 1993) est à cet égard riche d’enseignements.

Nous l’aborderons sous forme de commentaire de texte à partir de la traduction d’un texte publié récemment par le FRONT POPULAIRE POUR LA DEMOCRATIE ET LA JUSTICE (sur son site en anglais : www.shaebia.org), héritier du FRONT POPULAIRE POUR LA LIBERATION DE L’ERYTHREE, au pouvoir en Erythrée depuis l’indépendance.

 

A la recherche d'une Union africaine réelle

Mardi 13 mars 2012 14:13 | Écrit par Daniel s. |

Traduction COMAGUER

PrintE-mail

L'Union africaine (UA) a construit elle-même un nouveau siège social. C'est une bonne chose, même si beaucoup peuvent ne pas en voir la nécessité. Au moins, avons-nous réussi à trouver un lieu historique pour  construire le nouveau bâtiment.  L’endroit accueillait une prison où beaucoup de vies innocentes furent achevées  par des dictateurs brutaux, tous ces massacres disparaissant d’une façon ou d’une autre des écrans radars de l’Union. (1) Bien sûr, ce n'est pas une histoire dont  l'Union africaine peut être  fière, mais oublions  tout ça et imaginons l'avenir du continent et le rôle de l'Union dans celui-ci. C'est un jour nouveau et nous devrions essayer de repérer les défauts  de l'Union et d’y  trouver remède.

Assez  de rêve, revenons à la réalité. Peut-on faire des recherches sur les failles ou les bévues de l'Union Africaine ? Et quelqu'un peut-il suggérer des remèdes ? C’est hautement improbable. C'est parce que l'Union n'a jamais vraiment réussi à atteindre un objectif  important  pour les pays africains. Contrairement aux autres regroupements  régionaux liés par des intérêts communs, économiques par exemple, l'Union Africaine n'est pas unie par une vision claire, sauf pour les quelques premières années de sa vie lorsque la question de l'indépendance a été un point de ralliement. Mais cette période et ce contexte sont à présent bien dépassés et  l'Union n'a pas depuis été en mesure de se restructurer et de se repositionner face aux nouveaux défis du continent. Inutile donc de faire des recherches car  l'Union n'a pas vraiment entrepris quelque chose de significatif pendant la plus grand partie de son existence. Expliquer sa faiblesse est la question fondamentale, exigeant du  bon sens et pas de recherche.

Le problème avec l’Union Africaine est fondamental car il  mène à la conclusion qu’elle est par nature obsolète. Quels résultats concrets ont-ils été obtenus  jusqu'ici grâce aux  efforts de l'Union ? Le plus souvent, l'Union a plutôt été une extension de la manipulation des pays africains par des puissances étrangères. L’approbation de l'Union de la sanction illégale et injuste de l'Érythrée, où paradoxalement pas une seule preuve concrète n’a été apportée pour la  justifier, peut être mentionnée. (2) N’allons pas jusqu’à suggérer que l’UA ait le pouvoir d’imposer une sanction significative à un de ses membres si elle était considérée comme justifiée. Mais pourquoi, au moins moralement, ne pourrait-elle  se tenir au  côté de ses membres lorsqu'ils sont attaqués ? La rhétorique des objectifs de l'Union et sa pratique ont été jusqu'à présent deux pôles séparés.

Toute Union est composée de membres, et donc sa faiblesse ou sa force devrait  être le reflet direct de ses membres. Cependant, dans l’idéal   et tant qu’il s’agit   des besoins et de l'impact sur les membres individuels, les unions composées  de membres faibles auraient dû  être  plus entendues.

Cela aurait accru sa capacité à accomplir plus que ce qui, autrement, aurait pu être impossible ou au moins beaucoup plus difficile. En considérant cet argument comme  rationnel, l’engagement des membres de l'Union Africaine aurait dû être plus important que dans  toute  autre Union. Exceptée  la ferveur nationaliste et panafricaine des premières années  de l'Union, ce n'a pas  été le cas pour la plus grande partie des cinquante années de  l'existence de l'Union. (3)

Ce serait donner une idée trompeuse que  compter le nombre d'années pendant lesquelles   l'union a subi, jusqu’à se proclamer  résiliente. La résilience d’une organisation et surtout une organisation régionale ou continentale comme

L’Union africaine, peut seulement être mesurée par la  façon adaptative et souple, avec laquelle elle  traite des questions importantes au fil du temps. Par conséquent, ce fait rend indispensable pour elles de revoir constamment leurs objectifs, leurs règles et leurs priorités selon les exigences  du contexte dans lequel elles existent. À cet égard, l'échec se dresse au cœur du problème inhérent à  l'Union africaine et qui la mène à l'impuissance. Cela a fait de  l'Union africaine, comme elle a toujours été, une organisation basée sur des sentiments et des vœux creux

L'urgente nécessité pour l'Union africaine n'est donc pas un  nouveau siège, mais une nouvelle vision et un nouvel engagement face à de très grands   défis pour les peuples africains, dont l'union a jusqu’à présent été incapable. Puisque l'engagement implique des sacrifices, ses membres devraient également être prêts à faire tous les sacrifices nécessaires pour une union plus forte qui sera en mesure de conduire  l'Afrique hors de la pauvreté généralisée, de l’anarchie et des injustices. Une union  qui défendra ses États membres et les peuples africains, qui ne restera pas passive  lorsque se produisent des injustices flagrantes, comme celles qui ont été commises sur le site du nouveau quartier général. Bien sûr, cette histoire  n'est pas une histoire dont  l'Union africaine peut être fière, mais maintenant nous ferions  mieux de ne pas tout oublier si nous voulons imaginer l'avenir du continent et le rôle de l'Union dans celui-ci

Dernière mise à jour  le mercredi 21 mars 2012

 

 

 

EXPLICATION DE TEXTE

(1) Le nouveau siège de l’Union Africaine à Addis Abeba a été inauguré le 28 Janvier 2012 en présence de Jia Qiglin, un des neuf membres de la commission permanente du Bureau Politique du Parti Communiste chinois, l’organe dirigeant du pays. Le lendemain c’était au tour du président chinois Hu Jintao lui-même de visiter le nouveau bâtiment. La justification de cette présence de la Chine Populaire au plus haut niveau s’explique par le fait que le bâtiment a été entièrement financé par la Chine pour un prix de 150 millions d’Euros, construit en moins de 3 ans par une entreprise chinoise et  avec des matériaux importés de Chine. Ces conditions ont été acceptées par le gouvernement éthiopien  qui voulait conserver le siège de l’UA dans sa capitale où il se tient depuis sa fondation en 1963 et faire pièce à la volonté de Kadhafi de l’installer et de le construire aux frais de la Libye dans sa ville natale de Syrte. Le Président éthiopien MELES ZENAWI était donc prêt à tout comme il a accepté en 2005 d’envoyer l’armée éthiopienne envahir la Somalie à la demande des Etats-Unis.

 

 

  siege-UA.jpegle nouveau siège de l'union africaine

 

   

Le bâtiment, composé d’une tour de 100 m de hauteur et d’une salle de congrès de 2500 places, a été construit sur un terrain  que l’Ethiopie a cédé à cette fin à l’Union Africaine. A cet  emplacement avait été construite par le régime impérial dans les années 1920 une prison. Après l’invasion italienne (1935)  l’occupant l’avait agrandie et « modernisée » Y furent enfermés successivement torturés et assassinés des résistants éthiopiens du temps de la colonisation, ensuite des opposants éthiopiens, et  des nationalistes érythréens et somaliens.  Cette prison politique, très connue sous le nom d’ALEM BEKAGH  n’était pas la seule en Ethiopie mais elle était et reste dans la mémoire éthiopienne et africaine le symbole de la répression la plus brutale.  Il est estimé que plus de 10000 prisonniers politiques y sont morts.  

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Memorial des droits de l'homme  de l'Union Africaine

 Sur le site du nouveau siège, la plaque du mémorial des droits de l’homme de l’UA à la mémoire des victimes : « du trafic des esclaves, du colonialisme  et particulièrement du génocide rwandais 1994), des massacres de la prison d’Alem Bekagn (1937-1974) de la terreur rouge (1977-1978) en Ethiopie et de l’apartheid en Afrique du Sud

 

A la mort de l’empereur Hailé Sélassié, le DERG , la junte militaire dirigée par le colonel MENGITSU qui prend le pouvoir, va utiliser à plein cet instrument d’oppression et d’exécution dans la période 1976-1977 connue sous le nom de « terreur rouge ».Ainsi  les cadavres de 60 anciens ministres de l’empereur déchu qui avaient été enterrés dans la cour de l’établissement ont été retrouvés à l’occasion des travaux de construction du siège de l’Union Africaine.      

 

 

L’expression « terreur rouge » est très largement utilisée à l’époque car le DERG qui se réclame du marxisme-léninisme va recevoir le soutien militaire de l’URSS pour s’opposer à la tentative d’invasion de l’Ethiopie par la Somalie voisine. En effet, dans le découpage  colonial la province de l’Ogaden bien que peuplée de somalis parlant le somalien a té rattachée à l’Ethiopie. Le régime somalien dictatorial, qui se réclame lui aussi du marxisme-léninisme, conduit par le général Siad Barre va détourner l’énergie nationale  des tâches de la construction du pays et s’engager dans l’aventure militaire de la conquête de l’Ogaden. On assiste alors à un spectaculaire renversement d’alliance. L’URSS, jusque là alliée de la Somalie, désavoue l’invasion de l’Ogaden et s’engage militairement du côté de l’Ethiopie. Elle le fait au nom du respect des frontières et dans une période où la direction soviétique s’est engagée sur le continent africain dans une partie de « grand échiquier » avec les Etats-Unis soutenant militairement des gouvernements qui  sous un label marxiste-léniniste ne conduisent pas une politique d’orientation socialiste. Sitôt parties les forces soviétiques de Somalie les Etats-Unis apporteront leur soutien à ce pays mais sans s’engager militairement en direct.        

Ce type d’intervention militaire à l’étranger et ce jeu de domino sur le continent africain conduira à l’époque la Chine Populaire à considérer l’URSS comme un nouvel impérialisme : le  « social-impérialisme. »  

L’URSS va effectivement engager des moyens militaires lourds  dont le maniement sur le terrain est assuré par dix mille  militaires cubains et l’invasion somalienne est repoussée.

Le DERG essaiera ensuite de l’entrainer dans une attaque de la SOMALIE mais elle s’y refusera toujours au nom du respect des frontières coloniales. Fidel Castro reconnaitra ultérieurement que l’engagement cubain en Ethiopie  - et donc en Erythrée - sera le seul cas où il aura obéi sans discuter à l’URSS et qui laissera de mauvais souvenirs à l’armée cubaine qui perdra 5000 hommes dans les combats (contre 1 mort du côté soviétique)

En effet les troupes soviéto-cubaines ne quittent pas l’Ethiopie et adoptant la position du gouvernement d’Addis-Abeba qui considère l’Erythrée comme une province éthiopienne elles vont prendre une part active dans  la lutte contre la guérilla érythréenne.

Les principales villes d’Erythrée, en particulier le port de Massawa, que la flotte soviétique va utiliser en remplacement des ports somaliens qu’elle a dû abandonner,  sont occupées et la guérilla, face des forces très supérieures se replie sur les zones rurales. Ce sera la période la plus difficile de la lutte pour l’indépendance.

 

Mais la situation géopolitique d’ensemble subit de profonds changements : révolution iranienne, invasion de l’Afghanistan et le continent africain perd temporairement de l’importance. L’URSS va alléger sa présence en Ethiopie et Cuba concentrer son intervention militaire sur le continent africain en Angola où son action assurera la victoire du MPLA dans la guerre civile qui l’oppose depuis l’indépendance à l’UNITA soutenue militairement par l’Afrique du Sud et les Etats-Unis, et politiquement par la Chine.

 

Il faudra cependant toute la décennie 80, marquée en outre par une terrible famine en 84-85, pour que la guérilla érythréenne parvienne à reconquérir la totalité du territoire national. Aujourd’hui la plupart des citoyens érythréens âgés de plus de 40 ans, hommes et femmes confondus, sont d’anciens guérilleros. La nation érythréenne s’est construite seule, dans une guerre prolongée, autour d’un parti fort, au prix de sacrifices considérables et elle ne fait pas bon accueil aux donneurs de leçon occidentaux, surtout les Etats-Unis  qui après la chute de l’URSS ont remplacée celle-ci à Addis-Abeba et y faisaient, jusqu’à l’arrivée de la Chine, la pluie et le beau temps. D’où les sanctions honteuses prises contre l’Erythrée par le Conseil de Sécurité (voir point 2 du texte) alors que les récents incidents frontaliers reprochés à l’Erythrée sont le fait d’une Ethiopie qui n’a jamais accepté d’être privée d’un accès à la Mer Rouge. 

Entourée de son ennemi éthiopien, de la Somalie chaotique et du Soudan divisé, gardée au Sud par l’armée US fortement installée à Djibouti, qui pourrait reprocher à la petite Erythrée d’avoir une indépendance, si chèrement gagnée, ombrageuse et farouche.

 

Qu’elle ne porte pas aux nues l’Union Africaine qui n’a jamais rien fait pour elle, qui a en permanence laissé libre cours aux aventures guerrières de sa voisine éthiopienne dans la région n’est pas pour surprendre. A la lumière de l’histoire de l’Erythrée, le panafricanisme est une baudruche.

 

Ce qui n’empêche pas l’Erythrée de poursuivre sa marche pour sortir de la pauvreté et pour le bien être de son peuple. Elle commence à mettre en valeur son potentiel minier, a depuis deux ans un des meilleurs taux de croissance économique du continent et parallèlement a réussi, par sa politique sociale volontaire et prolongée, à placer le pays au premier rang d’Afrique subsaharienne pour l’âge moyen au décès : 61 ans.

 

18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 10:30

 

     

 

 

 

GROS APPETITS POUR LE SAHEL

16.04.2012

 

Tandis que les médias de masse nous abreuvent de détails sur l’ordre constitutionnel, l’islamisme, l’intangibilité des frontières, chaque « expert » (bien payé et pas neutre comme le démontre le documentaire sur « les nouveaux chiens de garde ») trouvant ainsi l’occasion d’étaler son savoir sur des questions qui, pour les puissants de ce monde, sont secondaires.

L’ordre constitutionnel n’est respectable que tout autant qu’il n’est pas dérangé par le résultat d’un référendum comme en 2005 en France , l’islamisme est ici encouragé ( guerre d’Afghanistan 1979-1989) là utilisé ( Yougoslavie) ou brandi à l’occasion comme un épouvantail  alors que les relations les plus étroites sont entretenues avec les pays qui le financent ( Arabie saoudite, Qatar) .

Tout ce spectacle hypocrite sert à masquer d’autres enjeux.

La carte qui suit émane d’un club très officiel puisqu’il est une sorte de commission spécialisée de l’OCDE sur le Sahel et l’Afrique de l’Ouest. Rien de plus respectable pour les pouvoirs capitalistes en place puisque l’OCDE est l’institution qui a succédé à l’OECE chargée dés les débuts de la guerre froide de la répartition des crédits Marshall c'est-à-dire de la mise sous contrôle économique par les Etats-Unis des pays de l’Ouest européen. Depuis l’OCDE s’est installée comme bureau de recherche et de planification de l’ordre capitaliste occidental dominant.

Qu’ait été créé au sein de l’OCDE un club SAHEL et AFRIQUE DE L’OUEST  suffit à démontrer que cette région  du monde est considérée par le capitalisme occidental comme une de ses arrière-cours et qu’il a dans cette zone des projets et des appétits qui ne s’embarrassent pas de la souveraineté des Etats de la région.

Que dit cette carte ?

1-      D’abord sur la population

Que les touaregs sont majoritaires dans la zone Nord du Mali, ce qui est une évidence démographique de longue date  et cette partie du territoire malien actuel est appelée AZAWAD, terme revendiqué par le MNLA.

Qu’ils ne sont pas majoritaires au Sud de la boucle du Niger. Là aussi simple rappel des faits.

Mais surtout elle montre que la zone à dominante touareg dépasse très largement le Mali, qu’elle s’étend jusqu’en Libye et qu’elle est donc déstabilisée par la disparition du régime libyen. 

2 -Ensuite sur les ressources convoitées :

Le niveau actuel des cours de l’or et les inquiétudes des possédants sur la stabilité des monnaies des pays capitalistes riches a déchainé une ruée mondiale vers le métal jaune

L’accès à de nouvelles sources de pétrole et de gaz est une préoccupante stratégique des Etats-Unis comme de l’Union européenne et iles veulent mettre la main sur les nouveaux gisements avant l’Inde et la Chine. L’Afrique de l’Ouest est donc de ce point de vue le terrain de chasse prioritaire.

3 - Dernière indication de portée politique et stratégique considérable : « le gaz du bassin de Taoudéni pourrait être exporté via l’Algérie ». Là s’exprime la crainte que l’Algérie et sa société pétrolière nationale la SONATRACH qui a déjà commencé à prendre part aux côtés des sociétés occidentales (Total et ENI en particulier) aux recherches prometteuses en Mauritanie et au Mali devienne le maitre du jeu.

 Pour l’empêcher rien de tel qu’un  bon gros désordre « islamique » pour mettre le pouvoir algérien, le seul qui conserve encore un peu d’indépendance du Caire à Rabat, sur la défensive. 

Mais une autre histoire est possible qui n’est évidemment pas celle que veulent écrire les puissances membres de l’OCDE : que sous la houlette de l’Algérie, qui aujourd’hui a seule les capacités militaires et techniques pour le faire,  les pays de la région se mettent d’accord pour exploiter ensemble ces nouvelles ressources pétrolières, les utilisent pour leur propre développement et exportent  le reste par un port à construire sur l’Atlantique en Mauritanie ou au Sénégal. Un vrai projet Sud-Sud qui constituerait une véritable décolonisation du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.

 

 

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 15:21

Un scandale en préparation à l’Organisation Internationale du Travail

 

L’énorme écho de la révolution russe dans les classes ouvrières des pays développés  entraina la création de partis communistes en rupture avec les partis socialistes de la seconde internationale qui avaient pris le parti de la guerre. Cela conduisit les bourgeoisies dirigeantes à  lancer une série de réformes accordant quelques droits aux travailleurs.

Ces initiatives nationales trouvaient leur inspiration dans la toute nouvelle Organisation internationale du Travail fondée en 1919  qui a pris place comme agence spécialisée dans le système ONU après la seconde guerre mondiale.

Son mode d’organisation a peu évolué. Elle regroupe des délégations nationales tripartites : Etat, Patronat, syndicats  et a pour objectif de mettre au point  des textes consensuels, les conventions, sur les aspects les plus concrets de la lutte des classes. Chaque Etat peut alors librement par les voies propres à sa Constitution et sans aucune contrainte de délai  les mettre en application. Elles constituent une véritable soupape de sécurité, prêtes à l’usage en cas de durcissement du conflit de classe. Certains pays y ont fréquemment recours, d’autres participent aux discussions préparatoires mais ne les introduisent presque jamais dans leur législation nationale , au premier chef les Etats-Unis qui se situe très en bas du tableau en compagnie du Qatar, des Emirats Arabes Unis du Bahreïn et de quelques autres bons amis des impérialistes occidentaux , d’autres enfin  sachant que le non respect de conventions qu’ils ont eux-mêmes introduites  dans leur législation n’entraine aucune sanction de la part de l’OIT se donnent l’apparence de démocraties bourgeoises en appliquant les pires politiques anti ouvrières et antisyndicales.

Tel est le cas de la Colombie. Elle se situe à un niveau moyen dans le classement des ratifications mais elle occupe depuis des années une première place mondiale  incontestée dans le classement des assassinats de militants syndicaux. Pour autant jamais l’OIT n’a jugé bon de sévir dans le cas colombien. La raison en est simple : l’Etat  et le patronat colombien ayant depuis des décennies partie liée dans cette politique criminelle, ce sont deux des trois membres de la délégation colombienne qui empêchent toute condamnation réclamée par la partie syndicale

Bien sûr, comme l’attestent les extraits des documents officiels de l’OIT qui suivent, l’OIT n’ignore rien de  ce qui se passe mais est condamnée statutairement à l’impuissance.


 

Conseil d’administration  

313e session, Genève, 15-30 mars 2012

GB.313/INS/9

Section institutionnelle

 

 

 NEUVIÈME QUESTION À L’ORDRE DU JOUR

Rapports du Comité de la liberté syndicale

363e rapport du Comité de la liberté syndicale

 

 

CAS N° 2761

RAPPORT INTÉRIMAIRE

Plaintes contre le gouvernement de la Colombie présentées par

– la Confédération syndicale internationale (CSI)

– la Fédération syndicale mondiale (FSM)

– la Centrale unitaire des travailleurs de Colombie (CUT) et

– le Syndicat national des travailleurs de l’industrie alimentaire (SINALTRAINAL)

 

 

 

C. Conclusions du comité

426. Le comité observe avec préoccupation que les allégations portent sur des assassinats, des tentatives d’assassinat et des arrestations arbitraires de dirigeants syndicaux et de syndicalistes.

427. A cet égard, tout en déplorant profondément les assassinats et les actes de violence allégués, le comité prend note des informations fournies par le gouvernement sur les efforts qu’il déploie pour combattre l’impunité et la violence dont sont victimes les travailleurs et pour assurer la protection des dirigeants syndicaux (renouvellement de l’accord tripartite de 2006, création de tribunaux spéciaux afin que des décisions judiciaires puissent être rendues promptement dans les cas de violence contre des syndicalistes, l’adoption de la résolution no 716 du 6 avril 2011 qui inclut la catégorie d’activiste syndical dans la population qui fait l’objet du programme de protection, un budget de 110 millions de dollars pour financer ledit programme en 2012, l’adoption du décret no 4912 du 26 décembre 2011 qui modifie la nature et le fonctionnement du Comité d’évaluation des risques et de recommandation des mesures afin de parvenir à une évaluation plus objective du risque, l’adoption de la loi no 1448 de 2011 qui prévoit l’indemnisation des familles des syndicalistes victimes des actes de violence, etc.), et prend également note du fait que seulement quelques enquêtes ont été ouvertes sur les actes dénoncés et que trois décisions ont été rendues sur des cas d’assassinat. Le comité souligne que la liberté syndicale ne peut s’exercer que dans une situation de respect et de garantie complets des droits fondamentaux de l’homme, en particulier du droit à la vie et du droit à la sécurité de la personne, que les droits des organisations d’employeurs et de travailleurs ne peuvent s’exercer que dans un climat exempt de violence, de pressions ou de menaces de toute sorte à l’encontre des dirigeants et des membres de ces organisations, et qu’il appartient au gouvernement de garantir le respect de ces principes. [Voir Recueil de décisions et de principes du Comité de la liberté syndicale, cinquième édition, 2006, paragr. 43 et 44.]

 

 

Il n’y aurait hélas rien de nouveau sous le soleil noir de la répression syndicale en Colombie si le gouvernement de ce pays n’avait pas proposé au poste de Directeur général de l’OIT à pourvoir au mois de Juin 2012 un personnage emblématique de l’état de la « démocratie » colombienne.

Il ne s’agit ni plus ni moins que du Vice-président élu  avec le Président SANTOS en 2010 : ANGELINO GARZON

ANGELINO GARZON  a une trajectoire politique particulière qui ? si elle n’est pas unique dans l’Histoire, mérite cependant d’être connue. Enfant du peuple il sera militant puis responsable syndical jusqu’au plus haut niveau en qualité de Secrétaire général de la CUT, il militera dans la gauche politique  d’abord dans l’Union Patriotique, puis dans le M19,  mouvement de guérilla qui dépose les armes en 1990

A partir de cette date et à l’issue d’un séjour en Espagne qui va le transformer il retourne sa veste, grimpe dans l’appareil d’Etat, représente la Colombie à l’ONU et à l’OIT (déjà), est élu gouverneur de l’état de Cauca avec l’appui du groupe «  Convergence civique et populaire » notoirement lié aux paramilitaires,  devient un des principaux propagandistes du traité de libre échange USA-COLOMBIE,   puis accède quasiment au sommet : la Vice-présidence du pays.

En proposant sa candidature à la Direction Générale de l’OIT, SANTOS avance un pion dans sa politique très offensive de respectabilisation du système politique colombien, système oligarchique violent, dont les coulisses sont occupées par les paramilitaires fascistes, et qui compte un des plus grand nombre de prisonniers politiques au monde.

Si l’OIT choisit ANGELINO GARZON comme Directeur général elle aura participé sciemment au blanchiment  d’un traitre au mouvement syndical et au blanchiment à travers lui d’un régime  sanglant. Elle aura choisi la voie de la honte.

La France qui entretient d’excellents rapports avec le régime colombien comme l’a confirmé le fait que le nouveau président SANTOS ait choisi Paris comme lieu de sa première visite officielle à l’étranger alors qu’il était de tradition qu’elle ait lieu à Washington,  va cependant présenter un  candidat face à ANGELINO GARZON : l’ancien Ministre GILLES DE ROBIEN.

 

 

23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 15:29

 

LE DROIT A LA SANTE,

UN DROIT DE L’HOMME FONDAMENTAL

 

Les sondages réalisés ces dernières années en Russie comme dans les ex-démocraties populaires ont montré que la population se souvenait de l’ancien régime et que contrairement à la propagande permanente des bourgeoisies occidentales et à son discours manichéen où le socialisme est le Mal incarné, elle savait que les régimes socialistes avaient su faire avancer pour la très grande majorité des populations des droits humains fondamentaux  et en premier lieu le droit à la santé.

 

Au moment où les gouvernements de l’Union Européenne, France en tête, ont entrepris de détruire, pierre à pierre, les systèmes collectifs publics de Sécurité Sociale, l’article qui suit rétablit une vérité oubliée :  Les bourgeoisies capitalistes occidentales n’ont concédé  des avancées sociales en matière de protection sociale (en France loi sur les assurances sociales en 1924 et ordonnances de 1945 sur la Sécurité sociale) que par peur de la contagion socialiste  car en cette matière   le bon exemple venait  de l’URSS  comme l’a montré  le livre du médecin suisse Henri SIGERIST publié aux Etats-Unis  (en anglais) en 1937. 

 

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Brève biographie du docteur SIGERIST

De parents suisses et élevé à Paris le Docteur Henry  E. Sigerist a été peu publié en français et il est quasiment inconnu ici. La plupart de ses ouvrages sont écrits en anglais ou en allemand.

Son livre sur le système de santé soviétique a été publié en anglais et non traduit en français.

La plupart de ses biographies font silence sur l’écho considérable de son livre élogieux sur le système de santé soviétique.

La première version de son  livre est publiée en 1937 aux Etats-Unis sous le titre « Socialized medicine in the soviet union ». L’auteur enseigne depuis 1932 à l’Université John Hopkins de Baltimore l’Histoire de la Médecine dans une chaire spécialement créée pour lui. Il y consacrera un ouvrage monumental  qui constituera le fondement d’une nouvelle discipline universitaire.

A l’époque dans le contexte politique du New Deal et de l’après-crise de 1929 la position de Sigerist en faveur de la socialisation de la médecine rencontre un vif écho chez les « libéraux » (au sens qu’a ce mot aux Etats-Unis c'est-à-dire quelque chose comme « progressistes ») et la possibilité de créer un service public de la santé est évoquée. Son livre est d’ailleurs dédié à la Société soviéto-américaine de Médecine  dont il a fait partie 

Mais  les sympathies de Sigerist pour le régime soviétique vont bientôt déplaire. Son  approbation de l’intervention soviétique en Finlande * est mal perçue   mais il sera surtout mis à l’index à la suite du pacte de non-agression germano-soviétique*. Ses voyages en URSS et sa connaissance de l’état  politique et social du pays et sa maitrise de la langue russe lui permettent de comprendre le sens de ces évènements mais il se situe désormais à contre-courant de l’opinion publique étasunienne et de ceux qui la façonnent.

Pendant les années de guerre Sigerist poursuit ses travaux à l’Université John Hopkins mais ne s’exprime plus publiquement sur les évènements politiques. Cela ne suffira pas à éviter sa mise à l’écart. Dés le début de la guerre froide, considéré comme procommuniste il se voit interdire l’accès à tout emploi public aux Etats-Unis. Il va donc en 1947 regagner la Suisse où il poursuivra ses travaux jusqu’à  sa mort en 1957.

La seconde édition de l’ouvrage est publiée, toujours aux Etats-Unis, en 1946 sous le titre « Medecine and Health in the Soviet Union ». Dans la préface Sigerist explique la nouvelle structure de l’ouvrage au regard des évènements qui se sont déroulés depuis la publication de la première édition et qui ont en particulier démontré les qualités du système de santé soviétique dans le traitement des  innombrables blessés tant civils que militaires de la seconde guerre mondiale.

 

* l’intervention militaire en Finlande fait suite à l’échec d’une tentative diplomatique initiée par l’URSS d’échange de territoires avec la Finlande , l’URSS visant et elle n’ira jamais au-delà à occuper une partie de la rive Nord du Golfe de Botnie pour éviter que Leningrad, trop proche de la frontière, ne tombe aux mains de l’armée nazie dés le premier assaut. Cette action aura rempli ses objectifs puisque Leningrad ne tombera pas et résistera victorieusement à prés de mille jours de siège. Il est notoire que dans sa résistance à l’offensive soviétique, la Finlande bénéficiera de soutiens politiques et matériels de l’Allemagne nazie, mais aussi de la France et de la Grande-Bretagne tout comme de la sympathie des Etats-Unis. Il est non moins notoire qu’à l’issue de la guerre l’URSS n’exercera aucune vengeance contre le régime finlandais qui l’avait combattue  et demandera simplement que le pays reste neutre,  raison pour laquelle la Finlande n’est toujours pas membre de l’OTAN malgré les pressions qu’elle subit de la part des Etats-Unis et de l’Union Européenne pour y adhérer.

* Quant au pacte de non-agression il n’est pas une alliance soviéto-allemande mais il permet à l’URSS  une fois qu’il est établi (accords de Munich) que les occidentaux ont choisi d’abandonner leurs alliés  (Tchécoslovaquie) et de laisser à Hitler le champ libre pour ses conquêtes vers l’Est, de disposer de quelques mois supplémentaires pour se préparer à l’inévitable assaut de la formidable machine de guerre nazie.

 

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MEDECINE ET SANTÉ EN  UNION SOVIÉTIQUE

par HENRY E. SIGERlST, MD.

 

(traduction COMAGUER de la jaquette de l’édition de 1946 du livre d’Henri Sigerist)

 

Pendant la deuxième guerre mondiale l'intérêt dans le monde entier a été profondément éveillé par des rapports sur les progrès médicaux  en Union Soviétique. Les gens ont entendu parler de nouvelles opérations sur les malades et les blessés – de résultats étonnants dans les  traitements et la réadaptation - de nouvelles méthodes de lutte contre les maladies contagieuses – d’avancées frappantes dans l'organisation des services de santé  dans l'armée et dans l'industrie.

 

Pourtant ces développements remarquables ne sont pas faits en un jour. Depuis la création de l’Union Soviétique  des avancées significatives dans le domaine de la médecine et de la protection de la santé ont été enregistrées. Mais il n’existait nulle part d’étude à jour et faisant autorité de l'histoire de la médecine et de la santé dans l'Union Soviétique pour satisfaire un besoin croissant d'information sur  ce sujet.

Le livre du  Dr Sigerist ne vise pas simplement  à présenter des statistiques sur la santé et la médecine à un moment donné,  présentation  dont les données sont  rapidement périmées. Il présente plutôt les  techniques et l'organisation en usage pour développer globalement  la  protection de  la santé et leur place dans l’histoire  des progrès de la médecine. Il donne ainsi une image de la pratique soviétique en vigueur plus complète et plus détaillée que ce qui n’a jamais été présenté.

 

Henry Ernest Sigerist, le plus célèbre au monde  des historiens de la médecine, est né  en France en 1891 a été élevé en Suisse, en Angleterre et en Allemagne. A l’origine son ambition était d'être philologue, et il a appris à lire et écrire le latin, et le grec couramment, il a étudié, l’hébreu, l’arabe  et le chinois et a appris le Sanskrit pour lire les grands classiques hindous dans l'original.

 

Son intérêt général pour la science et la médecine l'ont conduit  à obtenir son diplôme de médecin   à Zurich. En 1925 il prend la succession du  grand Karl Sudhoff  de l'université de Leipzig comme chef du premier institut mondial d’histoire de la médecine. En  1931. Sigerist vient  aux Etats-Unis sur l'invitation du DR : William Henri Welch de l'université de Johns Hopkins. L'année suivante, le Dr. Welch  transmet au Dr. Sigerist sa chaise de  professeur d’histoire médicale chez Johns Hopkins et les fonctions de directeur de l'institut de l'histoire de la médecine qu'il y avait fondée. Le Dr. Sigerist a tenu ce poste pendant 15 années, se retirant en été de 1947 pour se concentrer entièrement sur le travail monumental consistant à mener à son terme  son projet  d’histoire sociale de la  médecine du monde en  six-volumes.

 

Le Dr. Sigerist est l'auteur de « Man and Medicine (1932) », « The great doctors » (1933), « American Medicine » (1934), « Socialized medicine in the Soviet union (1937) », « medicine and human welfare (1940) », « Civilization and Disease (1943) » et « The University at the crossroads (1946), » ainsi que de nombreux  articles dans des journaux savants.

Le présent ouvrage est le résultat d’années d’étude et recherche personnelle de la part de Dr. Sigerist. Il s’est d’abord  intéressé en 1932 aux  accomplissements de la médecine soviétique. Après avoir étudié le russe et toute la littérature disponible pendant trois années, il a fait plusieurs voyages prolongés en union soviétique étudiant des établissements et des organismes de santé dans des conditions variées. Son ouvrage : « Socialized médicine in the  Soviet Union », publié en 1937, a été présente  par le TIMES de Londres comme « …de  loin, de très loin la plus profonde  et la plus complète de présentation  aujourd’hui disponible de la planification volontaire par les hommes d'État soviétiques dans le domaine de la santé publique et personnelle ». 

Depuis la publication de « Socialized  médicine in the Soviet Union », le Dr. Sigerist a poursuivi ses études sur les développements médicaux soviétiques, il a encore visité l'Union Soviétique pour les observer directement, et a écrit un certain nombre d'articles notables sur le sujet. Tout  ceci a à faire  de son livre l’ouvrage définitif sur la théorie médicale et la pratique médicales soviétiques

 

The citadel press

120 East 25th  street New York 10

 

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L’ère de la santé publique est née en URSS

Source de l’article http://www.kaosenlared.net/noticia/era-salud-publica-nacio-urss

Traduction COMAGUER 

 

Le concept et surtout, la pratique de la santé publique n'ont pas toujours existé, mais ils sont une conquête de la Révolution d'octobre…

 

Juan Manuel Olarieta | 9-11-2010

Le concept et surtout la pratique de la santé publique n'ont pas toujours existé mais ils sont une conquête de la Révolution d'Octobre. Quelque chose de tellement simple comme cette pratique quotidienne et actuelle qui consiste à aller dans un centre médical pour soigner gratuitement nos maladies nous le devons à l'effort des bolcheviques. Le soin  médical a toujours existé… pour quelques privilégiés ; le soin aux travailleurs, aux  paysans et à la population, en général, existent seulement depuis 1917 et existera dans le futur seulement si nous sommes capables de le défendre au moins avec autant d'énergie qu’en ont mis d'autres pour  l'obtenir.

Le premier réseau sanitaire général de l'histoire a été l’œuvre de Nikolaï À. Semashko, fondateur du parti bolchevique et premier commissaire (ministre) à la Santé de 1918 à 1930. Dans son livre sur « La Protection de la santé en URSS », publié en 1934, Semashko a établi trois principes de base que devait réunir le service soviétique de santé : unité d'organisation, participation de la population à la totalité du travail de protection de la santé et aux mesures prophylactiques, c'est-à-dire, prévention.

La santé soviétique, par conséquent, n'était pas un service spécialement destiné aux ouvriers  et aux paysans mais une tâche à  la planification de laquelle prenaient part activement les syndicats ouvriers, les coopératives agricoles, les soviets et la population en général, c'est-à-dire, des millions de personnes qui s'occupaient et étaient pris en charge par le plus grand réseau sanitaire jamais mis en marche , s’étendant dans toute l'URSS étendue, y compris dans les coins les plus éloignés et les plus difficiles d’accès.

L'implantation du modèle de médecine soviétique dans le monde capitaliste a été l’œuvre du suisse Henry E. Sigerist qui, entre autres, a donné des cours à l'Institut d'Histoire de la Médecine de l'Université John Hopkins aux  Etats-Unis. Sigerist a voyagé plusieurs fois en URSS et a étudié méticuleusement son système sanitaire, dont il s'est transformé en divulgateur très  enthousiaste : « Les études que j'ai faites pendant trois étés en URSS – a-t-il écrit - ont peut-être été ceux plus stimulants de toute ma carrière. J'admets franchement que j’ai été impressionné par tout ce que j'ai vu, par l'effort honnête d'une nation entière pour fournir des soins à tout le peuple ». Le médecin suisse a toujours reconnu honnêtement les contributions pionnières de la révolution socialiste à la médecine mondiale, qu’il a décrit dans son livre « Socialized Médicine in the Soviet Union » (La médecine socialisée en Union Soviétique) publié à New York en 1937.

Pendant la première Guerre Mondiale, Sigerist a été mobilisé comme médecin de l'armée française, ce qui lui a permis de comprendre le caractère impérialiste de ce massacre terrible et, en même temps, d'évaluer la portée  historique de la révolution de 1917 : « Un nouvel ordre politique, économique et social est né de là et a modifié très profondément les formes des soins  médicaux [...] Puisque la santé est un bien auquel tous ont droit le service médical est gratuit [...] la médecine préventive a une priorité décisive [...] le service médical est de plus en plus fourni à la population par des centres médicaux, des dispensaires, des polycliniques [...] la culture physique est devenu populaire [...] ce qui arrive là est le début d'une nouvelle période de l'histoire de la médecine ».

Médecin et historien de la médecine, Sigerist s'est transformé un socialiste convaincu. Sans arriver à être jamais un marxiste militant, grâce à l'étude de la médecine il a compris que de le socialisme était une forme supérieure de vie pour l'humanité. Pour le médecin suisse le système sanitaire soviétique non seulement était un modèle valable de soins sanitaires qu'il fallait apporter au monde entier ; mais il était quelque chose de beaucoup plus important que cela : la santé soviétique terminait une longue évolution historique des services de santé.

En 1938 il a écrit l'article « Médecine socialisée » pour « la Yale Review » où il disait que « le peuple a droit aux soins médicaux  et la société a la responsabilité de veiller à ses membres [...] Chaque citoyen doit avoir une assistance médicale gratuite, les médecins, comme les autres travailleurs de la santé, doivent recevoir un salaire ». La santé n'est pas seulement un problème technique d'assistance au patient mais elle se protège activement en fournissant des conditions de vie décentes et de bonnes conditions de travail, l’éducation, la culture physique et  des formes de détente  et de repos.

En 1943 dans son livre « Civilization and illness » (Civilisation et maladie) il a écrit que le monde était prêt  à remplacer  « la société de concurrence par  la société de coopération ; à aller vers le socialisme ». L'œuvre incorpore d'importantes thèses du matérialisme historique sur la maladie dans deux chapitres dans lesquels elle analyse les causes matérielles et économiques déterminantes de la maladie. Le livre l'a transformé en modèle pour les étudiants et les jeunes médecins progressistes du monde entier. Déjà Le 30 janvier 1939 la revue « Time » avait publié son portrait  à la une, en le qualifiant de  plus important historien de la médecine au  monde.

À travers Sigerist l'influence de la médecine soviétique a atteint les États Unis. Avec l'aide d’investisseurs connus, le médecin suisse a créé « l'American Soviet Médical Society », qu’a présidé Walter B. Canon, ami de Pavlov et professeur émérite de Physiologie de l'Université de Harvard. L'association a publié la revue « The American Review of Soviet Medicine ». La promotion de la compréhension entre les peuples était sa manière d'aider à l'échange culturel et scientifique.

Evidemment, pendant la chasse aux sorcières de l'après-guerre il fut attaqué férocement par l'Association Médicale américaine et le cercle réactionnaire des étudiants de médecine de l'Université Johns Hopkins. Il fut mis à l’index par la Commission du Service Civil Gouvernemental, ce qui l’a empêché d'occuper ensuite des postes publics Il a alors décidé de retourner à la Suisse, où il a commencé à rédiger son œuvre capitale « Histoire de la Médecine », dont il est parvenu à publier le premier volume.

Sous l’influence de la Révolution d'octobre et de Sigerist, est aussi apparu en Angleterre un mouvement pour la nouvelle médecine sociale et en 1930 le Major Greenwood a fondé l'Association Médicale Socialiste qui a de manière décisive influencé le programme sanitaire du parti travailliste. Avec l'extension du domaine socialiste en 1945 et l'arrivée du parti travailliste au gouvernement, les travailleurs britanniques ont pu postérieurement jouir d'un réseau public de soins comme celle dont l'URSS jouissait déjà depuis plusieurs  décennies.

Depuis la Suisse, Sigerist a fait plusieurs voyages à Londres qui ont débouché sur les Conférences de Health-Clark en 1952, prononcées dans l'École Londonienne d’Hygiène et de Médecine Tropicale. Jusqu'à son décès en 1957 l'énorme œuvre de Sigerist, qui remplit les bibliothèques des facultés de médecine, a inspiré la création du nouveau système public de santé Britannique et d’autres semblables dans le monde entier.

La conclusion de ce processus qui a été entamé en URSS s’est achevé, en 1978 en URSS, à Alma-Ata, pendant l'assemblée de l'Organisation Mondiale de la Santé, quand le bloc des pays socialistes réussit à faire adopter une résolution dans laquelle, pour la  première fois, la médecine était définie comme un service public, avec un seul vote contre : celui des Etats-Unis.

En médecine ce principe est connu comme la Déclaration d'Alma-Ata et dit ce qui suit : « Le peuple a le droit et devoir de prendre part individuellement et collectivement à la planification et à la mise en œuvre  de son système sanitaire ».

Aujourd'hui dans chaque dispensaire médical, chaque hôpital ou chaque clinique publique du monde continuent à battre – immortels -  les principes de la Révolution d'octobre et son succès en apportant à toute l'humanité quelque chose d’aussi précieux que la santé.

 

 

12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 13:38

Lettre collective adressée le 12 Mars à LAURENT GBAGBO

incarcéré à la CPI à La Haye

 

 

MONSIEUR LE PRESIDENT,

 

Les soussignés, réunis à Marseille le 03.03.2012 à l'invitation de l'association MOSOURPA, « MOuvement pour la SOUveraineté et le Respect des Peuples d'Afrique » et le  soutien de SURVIE 13, "FRANCAFRIQUE, BAS LES MASQUES", ayant examiné ensemble les problèmes soulevés par la CPI et en particulier par la procédure menée à l'encontre de justiciables africains et plus particulièrement celle menée contre vous, se permettent de vous adresser leurs sentiments de solidarité.


Ils ont constaté en premier lieu le caractère non fondé de la saisine de la CPI à votre encontre à moins de considérer que la Côte d'Ivoire n'est plus un Etat de droit et que ses juridictions sont hors d'état de se prononcer équitablement. 

Paradoxalement la CPI s'est reconnue incompétente pour statuer sur le sort de SAYEF ISLAM KADHAFI alors que la Libye est dans un complet état de désorganisation.  Cette simple et première observation que nous tenions à vous transmettre montre l'arbitraire des positions du parquet de la CPI et la pratique des « deux poids deux mesures » qui affecte son fonctionnement.


Le massacre de Douékoué pratiqué par la rébellion aujourd'hui proche de OUATTARA devrait faire l'objet d'une saisine de la CPI ce qui, à ce jour, n'est pas le cas.


Les participants se sont engagés à poursuivre l'analyse et à saisir le procureur de la CPI d'un mémoire en défense de votre personne considérant que vous êtes la victime de la politique répressive menée par la France et par ses satellites africains.


Nous vous assurons de notre soutien fraternel.

 

 

Cette démarche initiée par le Professeur Robert Charvin, ancien doyen de la Faculté de Droit et de Science Politique de Nice, a le soutien de Comaguer

 


 

STATUTS DE LA CPI

 

Article 17: QUESTIONS RELATIVES À LA RECEVABILITÉ

1.   Eu égard au dixième alinéa du préambule et à l'article premier du présent Statut, une affaire est jugée irrecevable par la Cour lorsque :

  a) L'affaire fait l'objet d'une enquête ou de poursuites de la part d'un État ayant compétence en l'espèce, à moins que cet État n'ait pas la volonté ou soit dans l'incapacité de mener véritablement à bien l'enquête ou les poursuites;

  b) L'affaire a fait l'objet d'une enquête de la part d'un État ayant compétence en l'espèce et que cet État a décidé de ne pas poursuivre la personne concernée, à moins que cette décision ne soit l'effet du manque de volonté ou de l'incapacité de l'État de mener véritablement à bien des poursuites;

  c) La personne concernée a déjà été jugée pour le comportement faisant l'objet de la plainte, et qu'elle ne peut être jugée par la Cour en vertu de l'article 20, paragraphe 3;

  d) L'affaire n'est pas suffisamment grave pour que la Cour y donne suite.

2.   Pour déterminer s'il y a manque de volonté de l'État dans un cas d'espèce, la Cour considère l'existence, eu égard aux garanties judiciaires reconnues par le droit international, de l'une ou de plusieurs des circonstances suivantes :

  a) La procédure a été ou est engagée ou la décision de l'État a été prise dans le dessein de soustraire la personne concernée à sa responsabilité pénale pour les crimes relevant de la compétence de la Cour visés à l'article 5;

  b) La procédure a subi un retard injustifié qui, dans les circonstances, dément l'intention de traduire en justice la personne concernée;

  c) La procédure n'a pas été ou n'est pas menée de manière indépendante ou impartiale mais d'une manière qui, dans les circonstances, dément l'intention de traduire en justice la personne concernée.

3.   Pour déterminer s'il y a incapacité de l'État dans un cas d'espèce, la Cour considère si l'État n'est pas en mesure, en raison de l'effondrement de la totalité ou d'une partie substantielle de son propre appareil judiciaire ou de l'indisponibilité de celui-ci, de se saisir de l'accusé, de réunir les éléments de preuve et les témoignages nécessaires ou de mener autrement à bien la procédure.

 

 

18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 14:33

 

 

Le meilleur des princes est celui dont on ignore l’existence

Moins bon est celui qu’on aime et loue

Moins bon encore celui qui se fait craindre

Et encore moins celui qui attire le mépris


LAO3.jpg 

17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 17:55

Dans le texte qui suit le LKP guadeloupéen rappelle que les récents propos de Guéant s'inscrivent dans une longue tradition et que le combat pour la décolonisation est une action de longue durée.

 

Les propos de Guéant : Une bonne vieille "TRADITION" Raciste


Par LKP le mardi 14 février 2012


Cer­tains, sin­gu­liè­re­ment des élus « dits » socia­lis­tes de Gua­de­loupe et autres « défen­seurs » des liber­tés se sont offus­qués des pro­pos de Claude Guéant (UMP) sur la hié­rar­chie des civi­li­sa­tions. C’est bien, il était tout de même temps, mais quand même, mieux vaut tard que jamais. Car, admet­tons tout de même que les pro­pos de Guéant s’ins­cri­vent dans une lon­gue « tra­di­tion » raciste de mépris et d’insul­tes dis­til­lés au plus haut som­met de l’Etat colo­nial Fran­çais depuis tou­jours, quel­que soit le régime poli­ti­que, quel­que soit le parti poli­ti­que au pou­voir. Et cette « tra­di­tion » raciste dure et per­dure avec la bien­veillance de bon nom­bre de ceux là mêmes, qui aujourd’hui, se disent brus­que­ment cho­qués.

Nous pré­sen­tons ci-après quel­ques mor­ceaux choi­sis parmi tant d’autres, d’expres­sions et de dis­cours qui n’ont d’ailleurs sus­cité peu ou pas d’émoi, con­fir­mant ainsi cette bonne vieille « tra­di­tion » raciste habi­tuel­le­ment accep­tée et digé­rée par les valets tro­pi­caux du sys­tème colo­nial.


Jules Ferry, le père de l’école publi­que, laï­que et obli­ga­toire décla­rait devant les dépu­tés le 28 juillet 1885 : « les races supé­rieu­res ont un droit sur les races infé­rieu­res » .


Le Géné­ral de Gaulle, père de la nation Fran­çaise, disait le 05 mars 1959 : « C’est très bien qu’il y ait des Fran­çais jau­nes, des Fran­çais noirs, des Fran­çais bruns. Ils mon­trent que la France est ouverte à tou­tes les races et qu’elle a une voca­tion uni­ver­selle. Mais à con­di­tion qu’ils res­tent une petite mino­rité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous som­mes quand même avant tout un peu­ple euro­péen de race blan­che, de cul­ture grec­que et latine, et de reli­gion chré­tienne » .

Jac­ques Chi­rac le 19 juin 1991, par­lant des immi­grés : « ….Et si vous ajou­tiez à cela le bruit et l’odeur » .


Nico­las Sar­kozy, quant à lui, décla­rait à Dakar le 26 juillet 2007 que : « l’homme afri­cain n’est pas assez ren­tré dans l’his­toire ? »


Rap­pe­lons-nous d’autres pro­pos du can­di­dat Sar­kozy : Caen, Mont­pel­lier, … mars - mai 2007 : « Alors, c’est vrai, il y a dans notre his­toire des erreurs, des fau­tes, des cri­mes, comme dans tou­tes les his­toi­res de tous les pays. Mais nous n’avons pas à rou­gir de l’his­toire de France. La France n’a pas com­mis de géno­cide, elle n’a pas inventé la solu­tion finale. Elle est le pays qui a le plus fait pour la liberté du monde. Elle est le pays qui a le plus fait rayon­ner les valeurs de liberté, de tolé­rance, d’huma­nisme. Nous pou­vons être fiers de notre pays, de ce qu’il a apporté à la civi­li­sa­tion uni­ver­selle, à l’idée d’huma­nité. Nous pou­vons être fiers d’être les enfants d’un pays de liberté et de démo­cra­tie. Nous pou­vons être fiers d’être les enfants de la patrie des Droits de l’Homme » .


Tou­lon 7 février 2007 : « A tous ceux d’entre vous qui sont reve­nus des colo­nies en ayant tout aban­donné, n’empor­tant avec eux que leurs sou­ve­nirs de jeu­nesse et cette nos­tal­gie qui ne les quit­tera plus jamais, je veux dire que si la France a une dette morale, c’est d’abord envers eux. Aux enfants des har­kis qui ont servi la France, qui ont dû fuir leur pays et que la France a si mal accueillis, je veux dire que si la France doit des excu­ses et des répa­ra­tions, c’est à eux qu’elle les doit. A tous les anciens com­bat­tants de nos ancien­nes colo­nies, je veux dire la recon­nais­sance de la France et je veux ren­dre hom­mage à Jac­ques Chi­rac de leur avoir rendu jus­tice » .


Paris 6 mai 2OO7 : « Je veux remet­tre à l’hon­neur la nation et l’iden­tité natio­nale. Je veux ren­dre aux Fran­çais la fierté d’être Fran­çais. Je veux en finir avec la repen­tance qui est une forme de haine de soi, et la con­cur­rence des mémoi­res qui nour­rit la haine des autres » .


Le 02 février 2011, le Gou­ver­ne­ment Fran­çais lan­çait l’année des outre mer dont l’objec­tif prin­ci­pal était « de chan­ger la vision des Fran­çais » sur nous, les … ultra­ma­rins, les ultra­pé­ri­phé­ri­ques. Les Fran­çais auraient donc une vision de NOUS. Rap­pe­lons-nous les voeux de Nico­las Sar­kozy en 2011 : « Je vou­drais vrai­ment qu’à la fin de cette action et de mon quin­quen­nat, les Fran­çais por­tent un autre regard sur l’Outre-mer, qu’ils vous voient comme des gens fiers, com­pé­tents, par­fai­te­ment ins­crits dans le monde d’aujourd’hui, ayant par­fai­te­ment digéré leur his­toire, n’ayant ni amer­tume, ni revan­che, sim­ple­ment de l’espé­rance pour eux et pour leurs enfants » .

NOUS serions donc sans fierté, sans dignité, sans cons­cience, incom­pé­tents, fai­néants, arrié­rés, pri­mi­tifs, …. et sur­tout pour qu’on lui f…e la paix avec l’escla­vage, il nous invi­tait gen­ti­ment à digé­rer notre his­toire. Et nous savons tous ce qui suit la diges­tion. Aurait-il osé tenir de tels pro­pos à Maillé où en août 1944, l’armée Alle­mande mas­sa­cra une cen­taine de vil­la­geois ? Aurait-il eu le cou­rage et l’insou­ciance de dire cela à Ora­dour sur Glane où un vil­lage entier a été brûlé et les vil­la­geois exé­cu­tés par les Alle­mands en juin 1944 ?

Une telle vision nous ren­voie donc, inexo­ra­ble­ment, aux expo­si­tions colo­nia­les dont le but était d’éta­ler, d’exhi­ber la gran­deur et l’immen­sité de l’empire colo­nial fran­çais mais sur­tout de mon­trer au monde et tout par­ti­cu­liè­re­ment aux Fran­çais « cette mis­sion civi­li­sa­trice » qu’un pou­voir quasi divin aurait donné à la France afin d’édu­quer les sau­va­ges, cul­ti­ver les indi­gè­nes, en faire des hom­mes sui­vant les prin­ci­pes et valeurs catho­li­ques, apos­to­li­ques et romai­nes dixit le code noir. La IIIème Répu­bli­que ne fut pas en reste sur ce plan là. L’his­toire de la France colo­niale n’est pas ensei­gnée.


Une grande majo­rité de Fran­çais ne savent rien de la bar­ba­rie du code noir qui défi­nis­sait le sta­tut de l’esclave. Ils ne savent pas que Napo­léon était un négrier qui a réta­bli l’escla­vage en Gua­de­loupe en 1802 ou que Pierre Mess­mer au nom de l’état fran­çais orga­nisa l’éli­mi­na­tion de plus de 300 000 nègres au Came­roun. Ils n’ont jamais entendu par­ler du code de l’indi­gé­nat qui déter­mi­nait plu­sieurs caté­go­ries de Fran­çais (fran­çais fran­çais et fran­çais moins fran­çais).


Ils ne sont qu’une poi­gnée à savoir ce qui s’est passé à Sétif (Algé­rie, 45 000 morts) ou à Mada­gas­car (89 000 morts). Et encore moins nom­breux sont ceux qui sau­raient vous dire ce qui s’est pro­duit les 26, 27 et 28 mai 1967 en Gua­de­loupe (assas­si­nat de plus de 100 Gua­de­lou­péens) ou sur l’île d’Ouvéa sous la pré­si­dence de Mit­té­rand en 1988. Rien non plus de l’empoi­son­ne­ment « légal » du Peu­ple Gua­de­lou­péen à la chlor­dé­cone. Ils ne savent rien non plus sur le rôle moteur joué par la France dans la des­truc­tion de la nation Haï­tienne et de nom­bre d’Etats Afri­cains. C’est ça aussi l’his­toire de « la France uni­ver­selle patrie des droits de l’homme » et source d’une « grande civi­li­sa­tion démo­cra­ti­que ».

La colo­ni­sa­tion, la traite négrière, l’escla­vage et tous leurs corol­lai­res (pillage, vol, viol, mas­sa­cre, épu­ra­tion eth­ni­que, géno­cide, alié­na­tion cul­tu­relle, domi­na­tion éco­no­mi­que, répres­sion et éra­di­ca­tion de toute con­tes­ta­tion, racisme, sou­mis­sion de la classe poli­ti­que locale, …) ont assuré et assu­rent encore aujourd’hui à la France ses riches­ses, sa puis­sance et son auto­rité.


2011, année des outre mer con­firme bien la vision colo­nia­liste de la France vis-à-vis des ter­ri­toi­res et des peu­ples sous sa domi­na­tion. Nous som­mes dans le droit fil de la loi du 23 février 2005 recon­nais­sant les bien­faits de la colo­ni­sa­tion, de la domi­na­tion et de l’asser­vis­se­ment des peu­ples.


Voilà, toute crue, la réa­lité devant laquelle cer­tains s’émeu­vent seu­le­ment à l’appro­che des élec­tions ! Ce n’est pas suf­fi­sant. Sur­tout quand ce sont des alliés incon­di­tion­nels de Guéant et Hor­te­feux. Sur­tout quand ce sont des fidè­les valets au ser­vice de l’Etat colo­nial. 

Rap­pe­lons-nous ceux qui ont été les pre­miers à récla­mer l’usage de la force con­tre le mou­ve­ment social de 2009. Les mêmes qui se sont enten­dus avec, Hor­te­feux, Guéant et Sar­kozy pour renier leurs signa­tu­res, refu­ser l’appli­ca­tion du pro­to­cole du 04 mars 2009 et arrê­ter tou­tes rela­tions avec le LKP.

Ceux là mêmes qui cra­chent sur tous ceux qui lut­tent pour la dignité, le res­pect et la sou­ve­rai­neté du Peu­ple Gua­de­lou­péen. Ceux là mêmes qui sou­tien­nent les pré­lè­ve­ments ADN sur les syn­di­ca­lis­tes, la répres­sion anti syn­di­cale et lé pwo­fi­tan kon Louisy.

Ceux-là mêmes qui ont traité LKP de fas­ciste le 06 mai 2009. Les mêmes qui ont traité les repré­sen­tants du LKP de raciste pour avoir sim­ple­ment exigé la prio­rité d’accès aux pos­tes à res­pon­sa­bi­lité pour les cadres Gua­de­lou­péens et dénon­cer l’atti­tude des patrons békés.

Ceux-là mêmes que nous n’avons jamais enten­dus sur les pro­pos racis­tes des Des­poin­tes, Guer­lain ou récem­ment chez nous de Syl­vie Hayot.

Ceux là mêmes qui ont fait de la Gua­de­loupe (con­grès des élus du 15 avril 2005), un labo­ra­toire de remise en cause des droits des étran­gers débou­chant sur des lois d’excep­tion sur les con­trô­les expé­di­tifs des étran­gers (Haï­tiens) et les expul­sions sans recours sus­pen­sifs d’exé­cu­tion, ce qui n’existe pas en France.


Encore les mêmes qui mépri­saient les Gua­de­lou­péens le 07 novem­bre 2011 en publiant et en approu­vant des pro­pos racis­tes stig­ma­ti­sant le Peu­ple de Gua­de­loupe : « la majo­rité des cri­mes et des délits est com­mise par des gua­de­lou­péens d’ascen­dance afri­caine, ce qui pose la ques­tion de la défi­ni­tion iden­ti­taire et com­mu­nau­taire de ce ter­ri­toire » .


ALORS, FACE AU MEPRIS, AUX INSUL­TES. FACE A CETTE BONNE VIEILLE « TRA­DI­TION » RACISTE, ON N’EST PAS ANTI - RACISTE ET DEFEN­SEUR DES LIBER­TES FON­DA­MEN­TA­LES PAR OPPOR­TU­NISME, YENKI DAVWA NI ELEK­SYON E POU SOVE POS A MINIS A LUREL OU POUR REVEN­DI­QUER LA GUA­DE­LOUPE FRAN­ÇAISE !


ALORS, DORE­NA­VANT, OSEZ :

- L’Appli­ca­tion pleine et entière de tou­tes les dis­po­si­tions de l’accord du 04 Mars 2009, con­clu avec le LKP ;  

  • Reven­di­quer res­pect, dignité et un véri­ta­ble déve­lop­pe­ment éco­no­mi­que, social et cul­tu­rel en faveur des Tra­vailleurs et du Peu­ple de Gua­de­loupe aujourd’hui, demain et après demain, ….en tou­tes cir­cons­tan­ces, quel­que soit le régime poli­ti­que, quel­que soit le parti poli­ti­que au pou­voir ; 
  • Une Gua­de­loupe sou­ve­raine juste et équi­ta­ble, débar­ras­sée de la pwo­fi­ta­syon kolo­nya­lis é kapi­ta­lis !

LKP - Lap­went – 12 Févriyé 2012

 

11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 10:18

2007-2012

La satellisation de la France

L’année 2011 et les débuts de 2012 ont constitué une éclatante confirmation de la satellisation de la France par le bloc anglo-saxon, Etats-Unis en tête. Le mandat de Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa s’achève et tous les actes de la diplomatie française en particulier depuis l’arrivée au gouvernement de l’ancien militant d’Occident, Gérard Longuet et de l’ex-Premier Ministre « droit dans ses bottes » expression empruntée  aux officiers de cavalerie d’ancien régime dressés à charger l’ennemi sabre au clair, confirment que la France  s’est rangée comme le satellite le plus zélé du bloc anglo-saxon. Oui satellite, car à l’image de ces républiques d’Europe de l’Est que l’on désignait ainsi et avec beaucoup de condescendance du temps de la guerre froide  elle a accepté ce rôle de second  couteau dans une bande dont les maitres sont évidemment à Washington.

Ceux et il en existe encore qui souligneront qu’il n’y a pas de troupes étasuniennes sur le sol français devraient comprendre que la subordination stratégique du pays étant acquise, il est moins onéreux de laisser ce sous-traitant docile des besognes impériales les effectuer à ses frais.

Bien sûr les grands médias français qui pour la plupart sont contrôlés financièrement par des marchands d’armes s’efforcent d’entretenir l’illusion que la France décide librement de sa politique internationale voire même qu’elle mène le combat du bloc atlantico-anglo-saxon. Ce travail lui est facilité par le marchand d’illusions que ces marchands d’armes ont largement contribué à porter temporairement au sommet de l’Etat.

Pareil commentaire pourrait paraitre excessif s’il ne s’alimentait de faits nombreux et convergents.

1-      Sur la Libye : A l’exception des organes français de propagande personne ailleurs n’ignore que les opérations militaires contre le régime libyen ayant conduit à son renversement et à l’assassinat du chef de l’Etats ont été conduites par l’appareil militaire étasunien, dans et hors l’OTAN , qui a assuré leur coordination globale et vient de prendre pied directement sur la sol libyen apportant dans ses bagages un chef d’Etat un peu falot ( mais on ne lui demandera pas d’être énergique) et qui a l’immense mérite d’avoir la double nationalité libyo-étasunienne et d’être un expert pétrolier.

2-      Sur l’Afghanistan : l’annonce d’un retrait futur des troupes françaises a suivi de quelques heures la même annonce faite par Obama et la France comme les Etats-Unis restera présente sur place pour former et encadrer les très nombreux supplétifs afghans dont les soldes n’ont guère de chance de provenir des fonds d’un budget officiel national afghan qui reste celui d’un des pays les plus pauvres du monde.

3-      Sur la Côte d’Ivoire : Les Etats-Unis ont laissé la France organiser le coup d’Etat militaire contre le Président Gbagbo pour installer à sa place un homme formé à Washington aux disciplines économiques les plus rigoureuses du néocolonialisme. Les derniers développements de la situation ivoirienne font apparaitre un certain mécontentement des Etats-Unis  qui trouvent que le nouveau régime mis en place « manu militari » par la France qui leur a affirmé péremptoirement qu’elle avait la situation bien en main ne semble pas capable de créer un climat assez apaisé pour être « propice aux affaires ». Une redistribution des cartes est à l’étude à Washington.

Ces dernières semaines ont de ce point de vue été riches d’enseignement

1-      A la traditionnelle Conférence sur la Sécurité de Munich qui , bien que moins médiatisée, est à la diplomatie ce que celle de Davos est à l’économie étaient présents les Ministres des Affaires Etrangères des Etats-Unis de Grande Bretagne, de Russie d’Allemagne de Turquie, d’Egypte, du Qatar  , le Vice-ministre des Affaires étrangères chinois , le Président du Conseil italien, le premier ministre grec , le premier ministre tunisien le secrétaire général de l’OTAN et quelques autres mais ce qui est notable c’est que le gouvernement français n’était pas représenté. Les trois  français qui ont pris la parole étaient  en effet le général ABRIAL  en poste dans l’Etat-major central de l’OTAN qui a parlé au nom de l’OTAN, Madame Claude-France Arnould, diplomate, Directrice de l’Agence européenne de l’armement et Michel Barnier commissaire européen. Les deux premiers se sont exprimés en anglais. Un signe parmi d’autres que la république française  est en cours de dissolution  dans des institutions supranationales. La conséquence est connue : plus le pouvoir réel se concentre dans ces institutions plus il échappe au contrôle des citoyens.

2-      La Russie et la Chine ont opposé leur veto au projet de résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU   au motif simple que cette résolution appelait à la démission du chef de l’Etat Syrien demande qui outrepasse les pouvoirs statutaires de l’ONU. Les Etats-Unis, le pays qui dans toute l’histoire de l’ONU est celui  qui a le plus et de très loin utilisé son droit de veto, ont poussé des hurlements et  immédiatement la  France a annoncé qu’elle allait organiser une coalition pour imposer dans les faits la résolution bloquée. En bonne logique une telle position devrait conduire à l’exclusion du Conseil de Sécurité car si vous occupez une place importante dans une institution, si vous en avez accepté les règles, annoncer « urbi et orbi » et au plus haut niveau que vous vous moquez des décisions qu’elle vient de prendre et que vous allez conduire des actions extérieures contradictoires avec la décision prise, vous ne la respectez plus et elle peut donc vous considérer comme démissionnaire. Pratiquement cette position vient confirmer que les actions secrètes menées  sur le terrain depuis le printemps 2011 pas le bloc atlantico-anglo-saxon pour faire tomber le régime syrien vont se poursuivre et même s’intensifier. La France devient  le héraut de cette guerre non déclarée, qui est une des formes du terrorisme d’Etat (en fait des Etats de votre bande) contre la Syrie.

 

Attardons nous enfin sur les actions du bloc atlantico-anglo-saxon en Afrique. Ces actions sur ce contient ont pris un tour très concret et très visible en 2011 (voir les cas de la Libye et de la Côte d’Ivoire déjà mentionnés)
Mais elles s’inscrivent dans un plan stratégique plus général qui concerne la totalité du continent. Les attentats du 11 Septembre ont donné prétexte ouvert la porte à deux interventions militaires directes et massives de Etats-Unis en Afghanistan et en Irak. Mais l’installation du « terrorisme islamique » comme ennemi principal rendait en même temps possible des interventions  en tous lieux contre un ennemi proliférant et non localisé. L’identification islamique a permis de commencer une mise sous contrôle de la partie Nord du continent africain. Elle a pris la forme  de l’Initiative Pan sahélienne (PSI)  lancée par les Etats-Unis en 2001 qui a permis de faire pénétrer les forces spéciales , les  conseillers militaires et les diverses entreprises mercenaires des Etats-Unis de prendre pied presque partout de la Méditerranée aux pays au Sud du Sahara. Une exception notable à cette pénétration : la Libye  où le bloc devait rattraper son retard. Pour justifier cette initiative et cette ingérence miliaire il suffisait qu’aient lieu quelques attentats ou enlèvements effectués  par des islamistes ou attribués à des islamistes. Il eurent lieu mais si l’on en croit un des meilleurs connaisseurs de cette zone sahélienne  l’anthropologue britannique, JEREMY KEENAN  qui a mené sur le terrain  son enquête et les a relatés dans deux livres solides    DARK SAHARA  (2009 Pluto Press) et  THE SAHARA : PAST,PRESENT AND FUTURE (2007 Routledge) les versions officielles  qui de déroulent da&ns des zones tés peu habitées et où les témoins de ces évènements indépendants des terroristes comme des services secrets  sont rares ne sont guère probantes.

 

 

En vert foncé les pays de la  PSI et en vert pâle ceux ajoutés pour la TSCTI

 

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En 2005 la PSI s’élargit et se transforme en TRANS SAHARA COUTERTERRORISM INITIATIVE (TSCTI). Quatre  nouveaux pays entrent dans son champ d’intervention : Algérie, Sénégal, Nigeria et Soudan. Trois de ces pays sont des pays pétroliers et Le Nigéria est le premier pétrolier d’Afrique et un très gros exportateur vers les Etats-Unis (15% des importations étasuniennes). L’activité terroriste islamique  se poursuit sous diverses appellations dans la zone  AQMI au Maghreb, BORO HAKAM au Nigeria  justifiant la multiplication des manœuvres interarmées, la fourniture de matériel anti-terroriste et la présence permanente de forces spéciales et d’instructeurs.

 

En fin en 2007, BUSH décide de la création de l’AFRICOM commandement militaire US unifié de toute l’Afrique, Egypte exceptée. Les initiatives contre terroristes peuvent désormais s’appliquer partout où surgissent des groupes terroristes islamistes : Somalie (AL SHAAHAB) KENYA et OUGANDA (FOUS DE DIEU). Le terrorisme islamique est donc en définitive le meilleur prétexte à une ingérence militaire US généralisée poursuivant deux objectifs : contenir l’influence grandissante des pays du BRICS dans la contient et pas seulement celle de la Chine et sanctuariser les pays pétroliers  alimentant les Etats-Unis et en priorité le Nigeria.

 

Les anciennes puissances coloniales  de la zone : France et Grande-Bretagne ont donc vu arriver les USA avec leurs gros RANGERS et ils n’ont guère eu le choix que de se soumettre tout en essayant de ménager leurs intérêts économiques régionaux. La nouvelle alliance néocoloniale est donc formée et elle a un chef à Washington qui, coïncidence, se trouve être le premier président noir – en vérité métis -  des Etats-Unis.

 

Les choses sont tellement claires qu’elles peuvent être écrites et diffusées. Ainsi le HOMELAND SECURITY DEPARTMENT, le Ministère de l’Intérieur des Etats-Unis, a-t-il publié récemment un document concernant principalement le Nigeria qui a été cité sur le site canadien http://www.globalresearch.org  et où l’on peut lire :

 

Page 18 : « Un attentat bien coordonné par Boko Haram pourrait avoir de bien plus graves conséquences (NDT  sur d’autres attentats dans la zone du delta du Niger qui n’étaient pas le fait d’islamistes), interrompant complètement dans le pire scenario, la production pétrolière nigériane ce qui ferait bondir les cours mondiaux du pétrole et le prix du gaz aux Etats-Unis (NDT  le Nigeria est également une gros exportateur de gaz vers les USA). En conséquence les auteurs de ce document recommandent, dans un effort pour combattre l’instabilité croissante qui se manifeste au Nigeria de développer une politique de coopération militaire semblable à celle pratiquée au Yémen qui clairement comprend des assassinats extrajudiciaires et l’utilisation de drones pour des bombardements. »

 

Page 24 : « Tout comme le triumvirat franco-anglo-américain a orchestré récemment le renversement du régime libyen, les mêmes puissances militaro-industrielles offrent leurs services dans une effort pour partager les ressources domestiques du Nigeria. »

 

Page 25 : « Dans une récente manifestation d’inquiétude concernant les progrès de Boko Haram, la France a offert son soutien militaire au Nigeria. Rencontrant à Abuja son homologue nigérian Olugbenga Ashira, le Ministre des affaires étrangères Alain Juppé a indiqué : « Nous devons combattre ce phénomène. Nous sommes prêts à partager toute information. Nous sommes prêts à coordonner nos services de renseignement. Nous sommes prêts à coopérer en matière d’entrainement. La France est directement concernée par la question du terrorisme »

 

Peuples et gouvernements africains sont prévenus : le triumvirat néocolonial est constitué.  Sa feuille de route est rédigée à Washington.

 

 

 

Annexe

L’institut finnois des affaires étrangères a publié un document de 80 pages très complet sur le TSCI d’où nous avons extrait la carte suivante. Elle fait apparaitre en noir le « corridor terroriste » qui traverse l’Afrique d’Est en Ouest, sorte de piste cheyenne où les cow-boys étasuniens circulent aussi  librement que les terroristes  en se jouant des frontières avec le consentement  plus ou moins forcé des Etats concernés.

2007-2012

La satellisation de la France

 

L’année 2011 et les débuts de 2012 ont constitué une éclatante confirmation de la satellisation de la France par le bloc anglo-saxon, Etats-Unis en tête. Le mandat de Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa s’achève et tous les actes de la diplomatie française en particulier depuis l’arrivée au gouvernement de l’ancien militant d’Occident, Gérard Longuet et de l’ex-Premier Ministre « droit dans ses bottes » expression empruntée  aux officiers de cavalerie d’ancien régime dressés à charger l’ennemi sabre au clair, confirment que la France  s’est rangée comme le satellite le plus zélé du bloc anglo-saxon. Oui satellite, car à l’image de ces républiques d’Europe de l’Est que l’on désignait ainsi et avec beaucoup de condescendance du temps de la guerre froide  elle a accepté ce rôle de second  couteau dans une bande dont les maitres sont évidemment à Washington.

Ceux et il en existe encore qui souligneront qu’il n’y a pas de troupes étasuniennes sur le sol français devraient comprendre que la subordination stratégique du pays étant acquise, il est moins onéreux de laisser ce sous-traitant docile des besognes impériales les effectuer à ses frais.

Bien sûr les grands médias français qui pour la plupart sont contrôlés financièrement par des marchands d’armes s’efforcent d’entretenir l’illusion que la France décide librement de sa politique internationale voire même qu’elle mène le combat du bloc atlantico-anglo-saxon. Ce travail lui est facilité par le marchand d’illusions que ces marchands d’armes ont largement contribué à porter temporairement au sommet de l’Etat.

Pareil commentaire pourrait paraitre excessif s’il ne s’alimentait de faits nombreux et convergents.

1-      Sur la Libye : A l’exception des organes français de propagande personne ailleurs n’ignore que les opérations militaires contre le régime libyen ayant conduit à son renversement et à l’assassinat du chef de l’Etats ont été conduites par l’appareil militaire étasunien, dans et hors l’OTAN , qui a assuré leur coordination globale et vient de prendre pied directement sur la sol libyen apportant dans ses bagages un chef d’Etat un peu falot ( mais on ne lui demandera pas d’être énergique) et qui a l’immense mérite d’avoir la double nationalité libyo-étasunienne et d’être un expert pétrolier.

2-      Sur l’Afghanistan : l’annonce d’un retrait futur des troupes françaises a suivi de quelques heures la même annonce faite par Obama et la France comme les Etats-Unis restera présente sur place pour former et encadrer les très nombreux supplétifs afghans dont les soldes n’ont guère de chance de provenir des fonds d’un budget officiel national afghan qui reste celui d’un des pays les plus pauvres du monde.

3-      Sur la Côte d’Ivoire : Les Etats-Unis ont laissé la France organiser le coup d’Etat militaire contre le Président Gbagbo pour installer à sa place un homme formé à Washington aux disciplines économiques les plus rigoureuses du néocolonialisme. Les derniers développements de la situation ivoirienne font apparaitre un certain mécontentement des Etats-Unis  qui trouvent que le nouveau régime mis en place « manu militari » par la France qui leur a affirmé péremptoirement qu’elle avait la situation bien en main ne semble pas capable de créer un climat assez apaisé pour être « propice aux affaires ». Une redistribution des cartes est à l’étude à Washington.

Ces dernières semaines ont de ce point de vue été riches d’enseignement

1-      A la traditionnelle Conférence sur la Sécurité de Munich qui , bien que moins médiatisée, est à la diplomatie ce que celle de Davos est à l’économie étaient présents les Ministres des Affaires Etrangères des Etats-Unis de Grande Bretagne, de Russie d’Allemagne de Turquie, d’Egypte, du Qatar  , le Vice-ministre des Affaires étrangères chinois , le Président du Conseil italien, le premier ministre grec , le premier ministre tunisien le secrétaire général de l’OTAN et quelques autres mais ce qui est notable c’est que le gouvernement français n’était pas représenté. Les trois  français qui ont pris la parole étaient  en effet le général ABRIAL  en poste dans l’Etat-major central de l’OTAN qui a parlé au nom de l’OTAN, Madame Claude-France Arnould, diplomate, Directrice de l’Agence européenne de l’armement et Michel Barnier commissaire européen. Les deux premiers se sont exprimés en anglais. Un signe parmi d’autres que la république française  est en cours de dissolution  dans des institutions supranationales. La conséquence est connue : plus le pouvoir réel se concentre dans ces institutions plus il échappe au contrôle des citoyens.

2-      La Russie et la Chine ont opposé leur veto au projet de résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU   au motif simple que cette résolution appelait à la démission du chef de l’Etat Syrien demande qui outrepasse les pouvoirs statutaires de l’ONU. Les Etats-Unis, le pays qui dans toute l’histoire de l’ONU est celui  qui a le plus et de très loin utilisé son droit de veto, ont poussé des hurlements et  immédiatement la  France a annoncé qu’elle allait organiser une coalition pour imposer dans les faits la résolution bloquée. En bonne logique une telle position devrait conduire à l’exclusion du Conseil de Sécurité car si vous occupez une place importante dans une institution, si vous en avez accepté les règles, annoncer « urbi et orbi » et au plus haut niveau que vous vous moquez des décisions qu’elle vient de prendre et que vous allez conduire des actions extérieures contradictoires avec la décision prise, vous ne la respectez plus et elle peut donc vous considérer comme démissionnaire. Pratiquement cette position vient confirmer que les actions secrètes menées  sur le terrain depuis le printemps 2011 pas le bloc atlantico-anglo-saxon pour faire tomber le régime syrien vont se poursuivre et même s’intensifier. La France devient  le héraut de cette guerre non déclarée, qui est une des formes du terrorisme d’Etat (en fait des Etats de votre bande) contre la Syrie.

 

Attardons nous enfin sur les actions du bloc atlantico-anglo-saxon en Afrique. Ces actions sur ce contient ont pris un tour très concret et très visible en 2011 (voir les cas de la Libye et de la Côte d’Ivoire déjà mentionnés)
Mais elles s’inscrivent dans un plan stratégique plus général qui concerne la totalité du continent. Les attentats du 11 Septembre ont donné prétexte ouvert la porte à deux interventions militaires directes et massives de Etats-Unis en Afghanistan et en Irak. Mais l’installation du « terrorisme islamique » comme ennemi principal rendait en même temps possible des interventions  en tous lieux contre un ennemi proliférant et non localisé. L’identification islamique a permis de commencer une mise sous contrôle de la partie Nord du continent africain. Elle a pris la forme  de l’Initiative Pan sahélienne (PSI)  lancée par les Etats-Unis en 2001 qui a permis de faire pénétrer les forces spéciales , les  conseillers militaires et les diverses entreprises mercenaires des Etats-Unis de prendre pied presque partout de la Méditerranée aux pays au Sud du Sahara. Une exception notable à cette pénétration : la Libye  où le bloc devait rattraper son retard. Pour justifier cette initiative et cette ingérence miliaire il suffisait qu’aient lieu quelques attentats ou enlèvements effectués  par des islamistes ou attribués à des islamistes. Il eurent lieu mais si l’on en croit un des meilleurs connaisseurs de cette zone sahélienne  l’anthropologue britannique, JEREMY KEENAN  qui a mené sur le terrain  son enquête et les a relatés dans deux livres solides    DARK SAHARA  (2009 Pluto Press) et  THE SAHARA : PAST,PRESENT AND FUTURE (2007 Routledge) les versions officielles  qui de déroulent da&ns des zones tés peu habitées et où les témoins de ces évènements indépendants des terroristes comme des services secrets  sont rares ne sont guère probantes.

 

 

En vert foncé les pays de la  PSI et en vert pâle ceux ajoutés pour la TSCTI

 

 

 

En 2005 la PSI s’élargit et se transforme en TRANS SAHARA COUTERTERRORISM INITIATIVE (TSCTI). Quatre  nouveaux pays entrent dans son champ d’intervention : Algérie, Sénégal, Nigeria et Soudan. Trois de ces pays sont des pays pétroliers et Le Nigéria est le premier pétrolier d’Afrique et un très gros exportateur vers les Etats-Unis (15% des importations étasuniennes). L’activité terroriste islamique  se poursuit sous diverses appellations dans la zone  AQMI au Maghreb, BORO HAKAM au Nigeria  justifiant la multiplication des manœuvres interarmées, la fourniture de matériel anti-terroriste et la présence permanente de forces spéciales et d’instructeurs.

 

En fin en 2007, BUSH décide de la création de l’AFRICOM commandement militaire US unifié de toute l’Afrique, Egypte exceptée. Les initiatives contre terroristes peuvent désormais s’appliquer partout où surgissent des groupes terroristes islamistes : Somalie (AL SHAAHAB) KENYA et OUGANDA (FOUS DE DIEU). Le terrorisme islamique est donc en définitive le meilleur prétexte à une ingérence militaire US généralisée poursuivant deux objectifs : contenir l’influence grandissante des pays du BRICS dans la contient et pas seulement celle de la Chine et sanctuariser les pays pétroliers  alimentant les Etats-Unis et en priorité le Nigeria.

 

Les anciennes puissances coloniales  de la zone : France et Grande-Bretagne ont donc vu arriver les USA avec leurs gros RANGERS et ils n’ont guère eu le choix que de se soumettre tout en essayant de ménager leurs intérêts économiques régionaux. La nouvelle alliance néocoloniale est donc formée et elle a un chef à Washington qui, coïncidence, se trouve être le premier président noir – en vérité métis -  des Etats-Unis.

 

Les choses sont tellement claires qu’elles peuvent être écrites et diffusées. Ainsi le HOMELAND SECURITY DEPARTMENT, le Ministère de l’Intérieur des Etats-Unis, a-t-il publié récemment un document concernant principalement le Nigeria qui a été cité sur le site canadien http://www.globalresearch.org  et où l’on peut lire :

 

Page 18 : « Un attentat bien coordonné par Boko Haram pourrait avoir de bien plus graves conséquences (NDT  sur d’autres attentats dans la zone du delta du Niger qui n’étaient pas le fait d’islamistes), interrompant complètement dans le pire scenario, la production pétrolière nigériane ce qui ferait bondir les cours mondiaux du pétrole et le prix du gaz aux Etats-Unis (NDT  le Nigeria est également une gros exportateur de gaz vers les USA). En conséquence les auteurs de ce document recommandent, dans un effort pour combattre l’instabilité croissante qui se manifeste au Nigeria de développer une politique de coopération militaire semblable à celle pratiquée au Yémen qui clairement comprend des assassinats extrajudiciaires et l’utilisation de drones pour des bombardements. »

 

Page 24 : « Tout comme le triumvirat franco-anglo-américain a orchestré récemment le renversement du régime libyen, les mêmes puissances militaro-industrielles offrent leurs services dans une effort pour partager les ressources domestiques du Nigeria. »

 

Page 25 : « Dans une récente manifestation d’inquiétude concernant les progrès de Boko Haram, la France a offert son soutien militaire au Nigeria. Rencontrant à Abuja son homologue nigérian Olugbenga Ashira, le Ministre des affaires étrangères Alain Juppé a indiqué : « Nous devons combattre ce phénomène. Nous sommes prêts à partager toute information. Nous sommes prêts à coordonner nos services de renseignement. Nous sommes prêts à coopérer en matière d’entrainement. La France est directement concernée par la question du terrorisme »

 

Peuples et gouvernements africains sont prévenus : le triumvirat néocolonial est constitué.  Sa feuille de route est rédigée à Washington.

 

 

 

Annexe

L’institut finnois des affaires étrangères a publié un document de 80 pages très complet sur le TSCI d’où nous avons extrait la carte suivante. Elle fait apparaitre en noir le « corridor terroriste » qui traverse l’Afrique d’Est en Ouest, sorte de piste cheyenne où les cow-boys étasuniens circulent aussi  librement que les terroristes  en se jouant des frontières avec le consentement  plus ou moins forcé des Etats concernés.





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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 22:44

 

TEXTE A PARAITRE DANS LE PROCHAIN NUMERO DE MARS-AVRIL DE "NOUVELLES D'URSS"

 

NON À LA NOUVELLE GUERRE!

Déclaration du Comité Central du P.C.B.tUS en rapport avec la situation de crise autour de l'Iran

(Texte reçu par Internet le 14-01-2012)

 

La situation du Proche- et Moyen-Orient, qui menace d'exploser, a été chauffée à blanc en cette fin de 1'année passée: les E.-U.A. et toute une série d'autres pays occidentaux accusent l'Iran d'élaborer l'arme nucléaire en secret. Les experts de l'A.I.É.A., contrôlée par les Etats Unis d’Amérique ont annoncé au monde entier que le programme nucléaire de Téhéran avait, prétendent-ils, dès l'origine, une orientation militaire et qu'il continue à  se développer dans cette même voie.

Bien que le président de l'Iran, Mahmoud Ahmadinejad, dans son intervention du 22 septembre 2011 à la 66e session de l'Assemblée générale de l'O.N.U. ait, du haut de la tribune, rejeté ces accusations, qu'il ait encore une nouvelle fois notifié officiellement le caractère pacifique du programme nucléaire iranien et qu'il ait imputé la faute de tous les derniers conflits militaires internationaux aux États-Unis d’Amérique et à leurs alliés, les pays impérialistes de l'Occident et l'État sioniste d'Israël continuent de faire monter la pression de la situation dans le secteur du golfe persique.

Le 5 janvier, les moyens mondiaux d'information de masse ont fait connaître la décision des pays de l'Union européenne de se joindre aux sanctions des États Unis et de mettre l'embargo sur les importations de pétrole de l'Iran vers l'U.E. (la décision définitive sera prise le 30 janvier). De tels actes de la part des puissances impérialistes et chefs de file des milieux sionistes ont pour objet d'asphyxier l'économie de l'Iran et tendent à mettre le fier peuple iranien à genoux.

En réponse, l'Iran a déjà déclaré qu'en cas de la mise en place de sanctions contre le secteur pétrolier iranien, il était prêt à bloquer le transport du pétrole par le détroit d'Ormuz d'importance stratégique (par lequel passent 40 p. 100 des importations maritimes de pétrole, y compris vers l'Europe et les Etats-Unis d’Amérique. L'Iran a procédé à  des manœuvres de sa marine de guerre qui ont duré 10 jours dans l'aire maritime contigüe au détroit d'Ormuz au cours desquelles il a expérimenté de nouveaux missiles de différentes classes.

A leur tour, les États Unis ont introduit leur escadre aéronavale avec à sa tête le porte-avions «John Stennis» dans un secteur de manœuvres du golfe Persique, laquelle escadre a quitté la région à la fin des manœuvres. Auparavant, un groupe aéronaval de choc avec à sa tête le porte-avions atomique «Carl Winson» est entré dans l'océan Indien d'où il s'est dirigé vers la mer d'Oman. La Grande-Bretagne quant à elle a envoyé son plus moderne puissant contre-torpilleur «Dering» dans le golfe persique. Israël et les Etats Unis envisagent de procéder dans les toutes prochaines semaines à des manœuvres conjointes de défense antimissile sans précédent par leur ampleur sous le non de code «Sévère défi 12». Il ne fait pas de doute que les nuages s’amoncellent effectivement au-dessus de l'Iran. En témoignent les dernières interviews du ministre de la Défense des Etats Unis  Léon Panetta et du président du Comité unifié des chefs des états-majors des Forces armées des  Etats Unis le général Martin Dempsey à propos de l’inéluctabilité de la frappe des objectifs nucléaires iraniens en cas d'insoumission de l'Iran au diktat des puissances occidentales.

La situation s'aggrave chaque jour un peu plus et est sur le point d'échapper au contrôle à tout moment, menaçant d'évoluer vers la guerre avec les conséquences imprévisibles dont parlent même les officiels des États qui se préparent à l'agression: Etats-Unis d’Amérique, Israël, Grande-Bretagne.

Les causes de cette nouvelle tension d'hystérie guerrière au Proche- et Moyen-Orient résident avant tout dans l'exacerbation des contradictions du monde capitaliste. La crise économique mondiale qui a éclaté en 2008 avec la crise du système hypothécaire des Etats-Unis d’Amérique ne va pas en s'apaisant. Bien plus, nous sommes en présence de tous les indices de récession de l'économie des grandes puissances impérialistes occidentales qui menace de se transformer en une crise encore plus dévastatrice que la crise de 1939 - 1933. Il est caractéristique que cette crise frappe toujours plus spécialement les économies monopolistiques d'État hautement développées des Etats-Unis d’Amérique et des pays de l'Union européenne. Dans de nombreux Etats capitalistes, la diminution de la production et l'augmentation du chômage se sont mêlées à d'autres sérieuses secousses de l'économie capitaliste mondiale telles que crise monétaire, crise énergétique, crise des matières premières.

La crise mondiale menace l'existence de tout le système capitaliste grâce auquel les pays de l'Occident s'éternisent en tirant profit du pillage des autre pays. Ce sont les impérialistes américano-sionistes qui craignent le plus de perdre leur position dominante dans le monde. Comme on le sait, les États-Unis d'Amérique pratiquent un mode de vie parasitaire en s'enrichissant au moyen du tirage illimité de dollars papier-monnaie avec lesquels ils se procurent tant les marchandises que les matières premières qui leur sont indispensables. Leur dollar «devise»-mondiale n'est gagé par aucun actif si ce n'est par la puissance de l'armée américaine.

Les dépenses militaires et la guerre sont l'unique issue des États impérialistes pour sauver leur économie de la banqueroute et du krach. A part cela, les milieux sionistes, qui sont les possesseurs des principales richesses des Etats-Unis d’Amérique, comptent renforcer, au cours de la guerre, leur position dominante dans le monde, après avoir noyé leurs concurrents qui prennent leur essor, en brûlant en même temps dans le feu des dépenses militaires les dollars sans valeur pour empêcher la débâcle de l'économie américaine, grosse de bouleversements sociaux.

Après avoir étouffé militairement l'aspiration de l'Iran à un développement indépendant, les Etats Unis auraient la possibilité d'installer leur contrôle complet sur toute la région pétrolifère du Proche- et Moyen-Orient. Il suffit de dire que les gouvernements à marionnettes des pays producteurs de pétrole du golfe Persique sont dans le cours de la politique américaine depuis longtemps tandis que l'Irak, autrefois insoumis, a été écrasé et que ses exploitations pétrolières travaillent à présent sous contrôle des monopoles américains.

Les «révolutions oranges» des pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient que les politologues bourgeois appellent «le printemps arabe» et qui ont été préalablement organisées par les services spéciaux  de l'Occident, vont dans le sens de l'activité des impérialistes des Etats-Unis d’Amérique visant à contrôler toutes les ressources énergétiques du monde et à assurer leur domination mondiale. Au nombre des actes d'ingérence des impérialistes occidentaux dans les affaires intérieures des pays arabes, le plus sanguinaire a été celui de l'agression non dissimulée contre la Libye au cours de laquelle des milliers de pai­sib1es citoyens ont été exterminés sans pitié, ainsi que les dirigeants du gouvernement libyen légal avec à leur tête Mouammar Kadhafi. Les tentatives de l'Occident n'ont de cesse en Syrie, malgré les milliers de victimes, de destituer le gouvernement légal de Bachar al-Assad. En vérité, nous sommes témoins d'encore un nouveau rictus kabitue1 de bête sauvage impérialiste, lorsque le pétrole devient plus cher que le sang humain. Cela étant, l'organisation de «révolutions oranges» par l'Occident dans les pays de l'Orient arabe doit en même temps être considérée comme un «nettoyage» particulier des arrières avant la guerre programmée contre l'Iran.

Les milieux sionistes des Etats-Unis ont parfaitement bien compris que si l'Iran devenait effectivement détenteur de l'arme nucléaire les possibilités d'imposer leur diktat dans la région en seraient a1ors d'autant limitées: ils ont bien assimilé la 1eçon que la République Populaire et Démocratique de Corée socialiste a donné aux agresseurs impérialistes. C'est pourquoi on s'attend en tout premier lieu à une frappe sur les centres nucléaires souterrains de l'Iran.

La soumission de l'Iran à leur domination constitue la mission intermédiaire dans la chaine des missions globales des impérialistes des Etats-Unis en vue d'instaurer leur domination mondiale. Leur objectif principal demeure le même: la liquidation de la Russie en tant qu'Etat autonome et l'étouffement de leur principal concurrent dans la sphère économique à l'instant donné: la Chine.

L'orientation anti-Russie de la défense antimissile américaine d'Europe ne fait pratiquement plus de doutes parmi les experts indépendants. Après avoir installé des systèmes de défense antimissile analogues en Iran,les Etats-Unis d’Amérique auraient bouclé la boucle de leurs bases antimissiles dirigées contre le cœur de la Russie: sa partie européenne. Outre cela, l'avancement des troupes américaines vers la ceinture méridionale de la Russie, du côté du Caucase, est gros d'établissement de la domination américaine complète sur les républiques de Transcaucasie, y compris sur l'Arménie qui fait partie de: l'O.T.S.C* ainsi que de déstabilisation définitive de la situation dans les républiques du Caucase du Nord avec détachement ultérieur de la Russie de toute sa région méridionale.

Au cas où l'opération d'Iran serait couronnée de succès, les Etats- Unis d’Amérique auraient atteint encore un autre objectif: ils pourraient paralyser 1'économie de la Chine qui s'abreuve du pétrole iranien (la Chine achète annuellement de l'ordre de 20 p. 100  de tout son pétrole que lui fournit l'Iran) en réduisant celui-ci à la portion congrue, faisant ainsi échouer les plans de la direction chinoise de porter la production du P.I.B. de la République Populaire de Chine à la première place dans le monde pour 2020.

Seulement, le danger de tous ces plans des vautours américains réside en ce que le conflit régional au Proche-Orient peut se transformer en une troisième guerre mondiale avec emploi de l'arme nucléaire avec toutes les conséquences fatales pour toute l'humanité. Et en plus de cela, le danger de déclenchement du conflit encore du fait de la course préélectorale qui a commencé aux Etats Unis pour le fauteuil: présidentiel, au cours de laquelle l'administration démocrate actuellement en activité, dirigée par le «pacificateur» Oba­ma, ne voulant pas être en reste dans la défense des intérêts nationaux de l'Amérique» face aux vautours républicains qui font traditionnellement des discours belliqueux, peut être tentée de faire le pas décisif le plus insensé qu'il soit.

Le Parti communiste des bolchéviks de toute l’Union soviétique se prononce résolument contre l’agression en préparation des forces armées des Etats-Unis d’Amérique et de leurs alliés contre la République islamique d’Iran, ainsi que contre l’ingérence des pays occidentaux dans les affaires intérieures de la République arabe syrienne. Nous sommes solidaires des peuples d’Iran et de Syrie qui défendent l’indépendance de leurs pays fac à la menace des visées agressives des milieux impérialistes et sionistes de l’Occident. Nous appelons toutes les forces éprises de paix de la planète à créer des fronts anti-impérialistes dans leurs pays et, ayant manifesté , leur solidarité , de se prononcer contre le déclenchement d’une nouvelle guerre , grosse du risque de se transformer en une troisième guerre mondiale apocalyptique avec emploi de l’arme nucléaire.

N. A. Andréyéya, Secrétaire générale du C.C. du P.C.B.tUS

LENINGRAD, le 12-01-2012.

 

* O.T.S.C., -- Organisation du Traité de sécurité collective (sigle russe: ODXB) dont font partie la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, l'Arménie et quelques républiques d'Asie moyenne. (N.d.T.)