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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 15:21

Un scandale en préparation à l’Organisation Internationale du Travail

 

L’énorme écho de la révolution russe dans les classes ouvrières des pays développés  entraina la création de partis communistes en rupture avec les partis socialistes de la seconde internationale qui avaient pris le parti de la guerre. Cela conduisit les bourgeoisies dirigeantes à  lancer une série de réformes accordant quelques droits aux travailleurs.

Ces initiatives nationales trouvaient leur inspiration dans la toute nouvelle Organisation internationale du Travail fondée en 1919  qui a pris place comme agence spécialisée dans le système ONU après la seconde guerre mondiale.

Son mode d’organisation a peu évolué. Elle regroupe des délégations nationales tripartites : Etat, Patronat, syndicats  et a pour objectif de mettre au point  des textes consensuels, les conventions, sur les aspects les plus concrets de la lutte des classes. Chaque Etat peut alors librement par les voies propres à sa Constitution et sans aucune contrainte de délai  les mettre en application. Elles constituent une véritable soupape de sécurité, prêtes à l’usage en cas de durcissement du conflit de classe. Certains pays y ont fréquemment recours, d’autres participent aux discussions préparatoires mais ne les introduisent presque jamais dans leur législation nationale , au premier chef les Etats-Unis qui se situe très en bas du tableau en compagnie du Qatar, des Emirats Arabes Unis du Bahreïn et de quelques autres bons amis des impérialistes occidentaux , d’autres enfin  sachant que le non respect de conventions qu’ils ont eux-mêmes introduites  dans leur législation n’entraine aucune sanction de la part de l’OIT se donnent l’apparence de démocraties bourgeoises en appliquant les pires politiques anti ouvrières et antisyndicales.

Tel est le cas de la Colombie. Elle se situe à un niveau moyen dans le classement des ratifications mais elle occupe depuis des années une première place mondiale  incontestée dans le classement des assassinats de militants syndicaux. Pour autant jamais l’OIT n’a jugé bon de sévir dans le cas colombien. La raison en est simple : l’Etat  et le patronat colombien ayant depuis des décennies partie liée dans cette politique criminelle, ce sont deux des trois membres de la délégation colombienne qui empêchent toute condamnation réclamée par la partie syndicale

Bien sûr, comme l’attestent les extraits des documents officiels de l’OIT qui suivent, l’OIT n’ignore rien de  ce qui se passe mais est condamnée statutairement à l’impuissance.


 

Conseil d’administration  

313e session, Genève, 15-30 mars 2012

GB.313/INS/9

Section institutionnelle

 

 

 NEUVIÈME QUESTION À L’ORDRE DU JOUR

Rapports du Comité de la liberté syndicale

363e rapport du Comité de la liberté syndicale

 

 

CAS N° 2761

RAPPORT INTÉRIMAIRE

Plaintes contre le gouvernement de la Colombie présentées par

– la Confédération syndicale internationale (CSI)

– la Fédération syndicale mondiale (FSM)

– la Centrale unitaire des travailleurs de Colombie (CUT) et

– le Syndicat national des travailleurs de l’industrie alimentaire (SINALTRAINAL)

 

 

 

C. Conclusions du comité

426. Le comité observe avec préoccupation que les allégations portent sur des assassinats, des tentatives d’assassinat et des arrestations arbitraires de dirigeants syndicaux et de syndicalistes.

427. A cet égard, tout en déplorant profondément les assassinats et les actes de violence allégués, le comité prend note des informations fournies par le gouvernement sur les efforts qu’il déploie pour combattre l’impunité et la violence dont sont victimes les travailleurs et pour assurer la protection des dirigeants syndicaux (renouvellement de l’accord tripartite de 2006, création de tribunaux spéciaux afin que des décisions judiciaires puissent être rendues promptement dans les cas de violence contre des syndicalistes, l’adoption de la résolution no 716 du 6 avril 2011 qui inclut la catégorie d’activiste syndical dans la population qui fait l’objet du programme de protection, un budget de 110 millions de dollars pour financer ledit programme en 2012, l’adoption du décret no 4912 du 26 décembre 2011 qui modifie la nature et le fonctionnement du Comité d’évaluation des risques et de recommandation des mesures afin de parvenir à une évaluation plus objective du risque, l’adoption de la loi no 1448 de 2011 qui prévoit l’indemnisation des familles des syndicalistes victimes des actes de violence, etc.), et prend également note du fait que seulement quelques enquêtes ont été ouvertes sur les actes dénoncés et que trois décisions ont été rendues sur des cas d’assassinat. Le comité souligne que la liberté syndicale ne peut s’exercer que dans une situation de respect et de garantie complets des droits fondamentaux de l’homme, en particulier du droit à la vie et du droit à la sécurité de la personne, que les droits des organisations d’employeurs et de travailleurs ne peuvent s’exercer que dans un climat exempt de violence, de pressions ou de menaces de toute sorte à l’encontre des dirigeants et des membres de ces organisations, et qu’il appartient au gouvernement de garantir le respect de ces principes. [Voir Recueil de décisions et de principes du Comité de la liberté syndicale, cinquième édition, 2006, paragr. 43 et 44.]

 

 

Il n’y aurait hélas rien de nouveau sous le soleil noir de la répression syndicale en Colombie si le gouvernement de ce pays n’avait pas proposé au poste de Directeur général de l’OIT à pourvoir au mois de Juin 2012 un personnage emblématique de l’état de la « démocratie » colombienne.

Il ne s’agit ni plus ni moins que du Vice-président élu  avec le Président SANTOS en 2010 : ANGELINO GARZON

ANGELINO GARZON  a une trajectoire politique particulière qui ? si elle n’est pas unique dans l’Histoire, mérite cependant d’être connue. Enfant du peuple il sera militant puis responsable syndical jusqu’au plus haut niveau en qualité de Secrétaire général de la CUT, il militera dans la gauche politique  d’abord dans l’Union Patriotique, puis dans le M19,  mouvement de guérilla qui dépose les armes en 1990

A partir de cette date et à l’issue d’un séjour en Espagne qui va le transformer il retourne sa veste, grimpe dans l’appareil d’Etat, représente la Colombie à l’ONU et à l’OIT (déjà), est élu gouverneur de l’état de Cauca avec l’appui du groupe «  Convergence civique et populaire » notoirement lié aux paramilitaires,  devient un des principaux propagandistes du traité de libre échange USA-COLOMBIE,   puis accède quasiment au sommet : la Vice-présidence du pays.

En proposant sa candidature à la Direction Générale de l’OIT, SANTOS avance un pion dans sa politique très offensive de respectabilisation du système politique colombien, système oligarchique violent, dont les coulisses sont occupées par les paramilitaires fascistes, et qui compte un des plus grand nombre de prisonniers politiques au monde.

Si l’OIT choisit ANGELINO GARZON comme Directeur général elle aura participé sciemment au blanchiment  d’un traitre au mouvement syndical et au blanchiment à travers lui d’un régime  sanglant. Elle aura choisi la voie de la honte.

La France qui entretient d’excellents rapports avec le régime colombien comme l’a confirmé le fait que le nouveau président SANTOS ait choisi Paris comme lieu de sa première visite officielle à l’étranger alors qu’il était de tradition qu’elle ait lieu à Washington,  va cependant présenter un  candidat face à ANGELINO GARZON : l’ancien Ministre GILLES DE ROBIEN.

 

 

23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 15:29

 

LE DROIT A LA SANTE,

UN DROIT DE L’HOMME FONDAMENTAL

 

Les sondages réalisés ces dernières années en Russie comme dans les ex-démocraties populaires ont montré que la population se souvenait de l’ancien régime et que contrairement à la propagande permanente des bourgeoisies occidentales et à son discours manichéen où le socialisme est le Mal incarné, elle savait que les régimes socialistes avaient su faire avancer pour la très grande majorité des populations des droits humains fondamentaux  et en premier lieu le droit à la santé.

 

Au moment où les gouvernements de l’Union Européenne, France en tête, ont entrepris de détruire, pierre à pierre, les systèmes collectifs publics de Sécurité Sociale, l’article qui suit rétablit une vérité oubliée :  Les bourgeoisies capitalistes occidentales n’ont concédé  des avancées sociales en matière de protection sociale (en France loi sur les assurances sociales en 1924 et ordonnances de 1945 sur la Sécurité sociale) que par peur de la contagion socialiste  car en cette matière   le bon exemple venait  de l’URSS  comme l’a montré  le livre du médecin suisse Henri SIGERIST publié aux Etats-Unis  (en anglais) en 1937. 

 

*************

 

Brève biographie du docteur SIGERIST

De parents suisses et élevé à Paris le Docteur Henry  E. Sigerist a été peu publié en français et il est quasiment inconnu ici. La plupart de ses ouvrages sont écrits en anglais ou en allemand.

Son livre sur le système de santé soviétique a été publié en anglais et non traduit en français.

La plupart de ses biographies font silence sur l’écho considérable de son livre élogieux sur le système de santé soviétique.

La première version de son  livre est publiée en 1937 aux Etats-Unis sous le titre « Socialized medicine in the soviet union ». L’auteur enseigne depuis 1932 à l’Université John Hopkins de Baltimore l’Histoire de la Médecine dans une chaire spécialement créée pour lui. Il y consacrera un ouvrage monumental  qui constituera le fondement d’une nouvelle discipline universitaire.

A l’époque dans le contexte politique du New Deal et de l’après-crise de 1929 la position de Sigerist en faveur de la socialisation de la médecine rencontre un vif écho chez les « libéraux » (au sens qu’a ce mot aux Etats-Unis c'est-à-dire quelque chose comme « progressistes ») et la possibilité de créer un service public de la santé est évoquée. Son livre est d’ailleurs dédié à la Société soviéto-américaine de Médecine  dont il a fait partie 

Mais  les sympathies de Sigerist pour le régime soviétique vont bientôt déplaire. Son  approbation de l’intervention soviétique en Finlande * est mal perçue   mais il sera surtout mis à l’index à la suite du pacte de non-agression germano-soviétique*. Ses voyages en URSS et sa connaissance de l’état  politique et social du pays et sa maitrise de la langue russe lui permettent de comprendre le sens de ces évènements mais il se situe désormais à contre-courant de l’opinion publique étasunienne et de ceux qui la façonnent.

Pendant les années de guerre Sigerist poursuit ses travaux à l’Université John Hopkins mais ne s’exprime plus publiquement sur les évènements politiques. Cela ne suffira pas à éviter sa mise à l’écart. Dés le début de la guerre froide, considéré comme procommuniste il se voit interdire l’accès à tout emploi public aux Etats-Unis. Il va donc en 1947 regagner la Suisse où il poursuivra ses travaux jusqu’à  sa mort en 1957.

La seconde édition de l’ouvrage est publiée, toujours aux Etats-Unis, en 1946 sous le titre « Medecine and Health in the Soviet Union ». Dans la préface Sigerist explique la nouvelle structure de l’ouvrage au regard des évènements qui se sont déroulés depuis la publication de la première édition et qui ont en particulier démontré les qualités du système de santé soviétique dans le traitement des  innombrables blessés tant civils que militaires de la seconde guerre mondiale.

 

* l’intervention militaire en Finlande fait suite à l’échec d’une tentative diplomatique initiée par l’URSS d’échange de territoires avec la Finlande , l’URSS visant et elle n’ira jamais au-delà à occuper une partie de la rive Nord du Golfe de Botnie pour éviter que Leningrad, trop proche de la frontière, ne tombe aux mains de l’armée nazie dés le premier assaut. Cette action aura rempli ses objectifs puisque Leningrad ne tombera pas et résistera victorieusement à prés de mille jours de siège. Il est notoire que dans sa résistance à l’offensive soviétique, la Finlande bénéficiera de soutiens politiques et matériels de l’Allemagne nazie, mais aussi de la France et de la Grande-Bretagne tout comme de la sympathie des Etats-Unis. Il est non moins notoire qu’à l’issue de la guerre l’URSS n’exercera aucune vengeance contre le régime finlandais qui l’avait combattue  et demandera simplement que le pays reste neutre,  raison pour laquelle la Finlande n’est toujours pas membre de l’OTAN malgré les pressions qu’elle subit de la part des Etats-Unis et de l’Union Européenne pour y adhérer.

* Quant au pacte de non-agression il n’est pas une alliance soviéto-allemande mais il permet à l’URSS  une fois qu’il est établi (accords de Munich) que les occidentaux ont choisi d’abandonner leurs alliés  (Tchécoslovaquie) et de laisser à Hitler le champ libre pour ses conquêtes vers l’Est, de disposer de quelques mois supplémentaires pour se préparer à l’inévitable assaut de la formidable machine de guerre nazie.

 

**************

MEDECINE ET SANTÉ EN  UNION SOVIÉTIQUE

par HENRY E. SIGERlST, MD.

 

(traduction COMAGUER de la jaquette de l’édition de 1946 du livre d’Henri Sigerist)

 

Pendant la deuxième guerre mondiale l'intérêt dans le monde entier a été profondément éveillé par des rapports sur les progrès médicaux  en Union Soviétique. Les gens ont entendu parler de nouvelles opérations sur les malades et les blessés – de résultats étonnants dans les  traitements et la réadaptation - de nouvelles méthodes de lutte contre les maladies contagieuses – d’avancées frappantes dans l'organisation des services de santé  dans l'armée et dans l'industrie.

 

Pourtant ces développements remarquables ne sont pas faits en un jour. Depuis la création de l’Union Soviétique  des avancées significatives dans le domaine de la médecine et de la protection de la santé ont été enregistrées. Mais il n’existait nulle part d’étude à jour et faisant autorité de l'histoire de la médecine et de la santé dans l'Union Soviétique pour satisfaire un besoin croissant d'information sur  ce sujet.

Le livre du  Dr Sigerist ne vise pas simplement  à présenter des statistiques sur la santé et la médecine à un moment donné,  présentation  dont les données sont  rapidement périmées. Il présente plutôt les  techniques et l'organisation en usage pour développer globalement  la  protection de  la santé et leur place dans l’histoire  des progrès de la médecine. Il donne ainsi une image de la pratique soviétique en vigueur plus complète et plus détaillée que ce qui n’a jamais été présenté.

 

Henry Ernest Sigerist, le plus célèbre au monde  des historiens de la médecine, est né  en France en 1891 a été élevé en Suisse, en Angleterre et en Allemagne. A l’origine son ambition était d'être philologue, et il a appris à lire et écrire le latin, et le grec couramment, il a étudié, l’hébreu, l’arabe  et le chinois et a appris le Sanskrit pour lire les grands classiques hindous dans l'original.

 

Son intérêt général pour la science et la médecine l'ont conduit  à obtenir son diplôme de médecin   à Zurich. En 1925 il prend la succession du  grand Karl Sudhoff  de l'université de Leipzig comme chef du premier institut mondial d’histoire de la médecine. En  1931. Sigerist vient  aux Etats-Unis sur l'invitation du DR : William Henri Welch de l'université de Johns Hopkins. L'année suivante, le Dr. Welch  transmet au Dr. Sigerist sa chaise de  professeur d’histoire médicale chez Johns Hopkins et les fonctions de directeur de l'institut de l'histoire de la médecine qu'il y avait fondée. Le Dr. Sigerist a tenu ce poste pendant 15 années, se retirant en été de 1947 pour se concentrer entièrement sur le travail monumental consistant à mener à son terme  son projet  d’histoire sociale de la  médecine du monde en  six-volumes.

 

Le Dr. Sigerist est l'auteur de « Man and Medicine (1932) », « The great doctors » (1933), « American Medicine » (1934), « Socialized medicine in the Soviet union (1937) », « medicine and human welfare (1940) », « Civilization and Disease (1943) » et « The University at the crossroads (1946), » ainsi que de nombreux  articles dans des journaux savants.

Le présent ouvrage est le résultat d’années d’étude et recherche personnelle de la part de Dr. Sigerist. Il s’est d’abord  intéressé en 1932 aux  accomplissements de la médecine soviétique. Après avoir étudié le russe et toute la littérature disponible pendant trois années, il a fait plusieurs voyages prolongés en union soviétique étudiant des établissements et des organismes de santé dans des conditions variées. Son ouvrage : « Socialized médicine in the  Soviet Union », publié en 1937, a été présente  par le TIMES de Londres comme « …de  loin, de très loin la plus profonde  et la plus complète de présentation  aujourd’hui disponible de la planification volontaire par les hommes d'État soviétiques dans le domaine de la santé publique et personnelle ». 

Depuis la publication de « Socialized  médicine in the Soviet Union », le Dr. Sigerist a poursuivi ses études sur les développements médicaux soviétiques, il a encore visité l'Union Soviétique pour les observer directement, et a écrit un certain nombre d'articles notables sur le sujet. Tout  ceci a à faire  de son livre l’ouvrage définitif sur la théorie médicale et la pratique médicales soviétiques

 

The citadel press

120 East 25th  street New York 10

 

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L’ère de la santé publique est née en URSS

Source de l’article http://www.kaosenlared.net/noticia/era-salud-publica-nacio-urss

Traduction COMAGUER 

 

Le concept et surtout, la pratique de la santé publique n'ont pas toujours existé, mais ils sont une conquête de la Révolution d'octobre…

 

Juan Manuel Olarieta | 9-11-2010

Le concept et surtout la pratique de la santé publique n'ont pas toujours existé mais ils sont une conquête de la Révolution d'Octobre. Quelque chose de tellement simple comme cette pratique quotidienne et actuelle qui consiste à aller dans un centre médical pour soigner gratuitement nos maladies nous le devons à l'effort des bolcheviques. Le soin  médical a toujours existé… pour quelques privilégiés ; le soin aux travailleurs, aux  paysans et à la population, en général, existent seulement depuis 1917 et existera dans le futur seulement si nous sommes capables de le défendre au moins avec autant d'énergie qu’en ont mis d'autres pour  l'obtenir.

Le premier réseau sanitaire général de l'histoire a été l’œuvre de Nikolaï À. Semashko, fondateur du parti bolchevique et premier commissaire (ministre) à la Santé de 1918 à 1930. Dans son livre sur « La Protection de la santé en URSS », publié en 1934, Semashko a établi trois principes de base que devait réunir le service soviétique de santé : unité d'organisation, participation de la population à la totalité du travail de protection de la santé et aux mesures prophylactiques, c'est-à-dire, prévention.

La santé soviétique, par conséquent, n'était pas un service spécialement destiné aux ouvriers  et aux paysans mais une tâche à  la planification de laquelle prenaient part activement les syndicats ouvriers, les coopératives agricoles, les soviets et la population en général, c'est-à-dire, des millions de personnes qui s'occupaient et étaient pris en charge par le plus grand réseau sanitaire jamais mis en marche , s’étendant dans toute l'URSS étendue, y compris dans les coins les plus éloignés et les plus difficiles d’accès.

L'implantation du modèle de médecine soviétique dans le monde capitaliste a été l’œuvre du suisse Henry E. Sigerist qui, entre autres, a donné des cours à l'Institut d'Histoire de la Médecine de l'Université John Hopkins aux  Etats-Unis. Sigerist a voyagé plusieurs fois en URSS et a étudié méticuleusement son système sanitaire, dont il s'est transformé en divulgateur très  enthousiaste : « Les études que j'ai faites pendant trois étés en URSS – a-t-il écrit - ont peut-être été ceux plus stimulants de toute ma carrière. J'admets franchement que j’ai été impressionné par tout ce que j'ai vu, par l'effort honnête d'une nation entière pour fournir des soins à tout le peuple ». Le médecin suisse a toujours reconnu honnêtement les contributions pionnières de la révolution socialiste à la médecine mondiale, qu’il a décrit dans son livre « Socialized Médicine in the Soviet Union » (La médecine socialisée en Union Soviétique) publié à New York en 1937.

Pendant la première Guerre Mondiale, Sigerist a été mobilisé comme médecin de l'armée française, ce qui lui a permis de comprendre le caractère impérialiste de ce massacre terrible et, en même temps, d'évaluer la portée  historique de la révolution de 1917 : « Un nouvel ordre politique, économique et social est né de là et a modifié très profondément les formes des soins  médicaux [...] Puisque la santé est un bien auquel tous ont droit le service médical est gratuit [...] la médecine préventive a une priorité décisive [...] le service médical est de plus en plus fourni à la population par des centres médicaux, des dispensaires, des polycliniques [...] la culture physique est devenu populaire [...] ce qui arrive là est le début d'une nouvelle période de l'histoire de la médecine ».

Médecin et historien de la médecine, Sigerist s'est transformé un socialiste convaincu. Sans arriver à être jamais un marxiste militant, grâce à l'étude de la médecine il a compris que de le socialisme était une forme supérieure de vie pour l'humanité. Pour le médecin suisse le système sanitaire soviétique non seulement était un modèle valable de soins sanitaires qu'il fallait apporter au monde entier ; mais il était quelque chose de beaucoup plus important que cela : la santé soviétique terminait une longue évolution historique des services de santé.

En 1938 il a écrit l'article « Médecine socialisée » pour « la Yale Review » où il disait que « le peuple a droit aux soins médicaux  et la société a la responsabilité de veiller à ses membres [...] Chaque citoyen doit avoir une assistance médicale gratuite, les médecins, comme les autres travailleurs de la santé, doivent recevoir un salaire ». La santé n'est pas seulement un problème technique d'assistance au patient mais elle se protège activement en fournissant des conditions de vie décentes et de bonnes conditions de travail, l’éducation, la culture physique et  des formes de détente  et de repos.

En 1943 dans son livre « Civilization and illness » (Civilisation et maladie) il a écrit que le monde était prêt  à remplacer  « la société de concurrence par  la société de coopération ; à aller vers le socialisme ». L'œuvre incorpore d'importantes thèses du matérialisme historique sur la maladie dans deux chapitres dans lesquels elle analyse les causes matérielles et économiques déterminantes de la maladie. Le livre l'a transformé en modèle pour les étudiants et les jeunes médecins progressistes du monde entier. Déjà Le 30 janvier 1939 la revue « Time » avait publié son portrait  à la une, en le qualifiant de  plus important historien de la médecine au  monde.

À travers Sigerist l'influence de la médecine soviétique a atteint les États Unis. Avec l'aide d’investisseurs connus, le médecin suisse a créé « l'American Soviet Médical Society », qu’a présidé Walter B. Canon, ami de Pavlov et professeur émérite de Physiologie de l'Université de Harvard. L'association a publié la revue « The American Review of Soviet Medicine ». La promotion de la compréhension entre les peuples était sa manière d'aider à l'échange culturel et scientifique.

Evidemment, pendant la chasse aux sorcières de l'après-guerre il fut attaqué férocement par l'Association Médicale américaine et le cercle réactionnaire des étudiants de médecine de l'Université Johns Hopkins. Il fut mis à l’index par la Commission du Service Civil Gouvernemental, ce qui l’a empêché d'occuper ensuite des postes publics Il a alors décidé de retourner à la Suisse, où il a commencé à rédiger son œuvre capitale « Histoire de la Médecine », dont il est parvenu à publier le premier volume.

Sous l’influence de la Révolution d'octobre et de Sigerist, est aussi apparu en Angleterre un mouvement pour la nouvelle médecine sociale et en 1930 le Major Greenwood a fondé l'Association Médicale Socialiste qui a de manière décisive influencé le programme sanitaire du parti travailliste. Avec l'extension du domaine socialiste en 1945 et l'arrivée du parti travailliste au gouvernement, les travailleurs britanniques ont pu postérieurement jouir d'un réseau public de soins comme celle dont l'URSS jouissait déjà depuis plusieurs  décennies.

Depuis la Suisse, Sigerist a fait plusieurs voyages à Londres qui ont débouché sur les Conférences de Health-Clark en 1952, prononcées dans l'École Londonienne d’Hygiène et de Médecine Tropicale. Jusqu'à son décès en 1957 l'énorme œuvre de Sigerist, qui remplit les bibliothèques des facultés de médecine, a inspiré la création du nouveau système public de santé Britannique et d’autres semblables dans le monde entier.

La conclusion de ce processus qui a été entamé en URSS s’est achevé, en 1978 en URSS, à Alma-Ata, pendant l'assemblée de l'Organisation Mondiale de la Santé, quand le bloc des pays socialistes réussit à faire adopter une résolution dans laquelle, pour la  première fois, la médecine était définie comme un service public, avec un seul vote contre : celui des Etats-Unis.

En médecine ce principe est connu comme la Déclaration d'Alma-Ata et dit ce qui suit : « Le peuple a le droit et devoir de prendre part individuellement et collectivement à la planification et à la mise en œuvre  de son système sanitaire ».

Aujourd'hui dans chaque dispensaire médical, chaque hôpital ou chaque clinique publique du monde continuent à battre – immortels -  les principes de la Révolution d'octobre et son succès en apportant à toute l'humanité quelque chose d’aussi précieux que la santé.

 

 

12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 13:38

Lettre collective adressée le 12 Mars à LAURENT GBAGBO

incarcéré à la CPI à La Haye

 

 

MONSIEUR LE PRESIDENT,

 

Les soussignés, réunis à Marseille le 03.03.2012 à l'invitation de l'association MOSOURPA, « MOuvement pour la SOUveraineté et le Respect des Peuples d'Afrique » et le  soutien de SURVIE 13, "FRANCAFRIQUE, BAS LES MASQUES", ayant examiné ensemble les problèmes soulevés par la CPI et en particulier par la procédure menée à l'encontre de justiciables africains et plus particulièrement celle menée contre vous, se permettent de vous adresser leurs sentiments de solidarité.


Ils ont constaté en premier lieu le caractère non fondé de la saisine de la CPI à votre encontre à moins de considérer que la Côte d'Ivoire n'est plus un Etat de droit et que ses juridictions sont hors d'état de se prononcer équitablement. 

Paradoxalement la CPI s'est reconnue incompétente pour statuer sur le sort de SAYEF ISLAM KADHAFI alors que la Libye est dans un complet état de désorganisation.  Cette simple et première observation que nous tenions à vous transmettre montre l'arbitraire des positions du parquet de la CPI et la pratique des « deux poids deux mesures » qui affecte son fonctionnement.


Le massacre de Douékoué pratiqué par la rébellion aujourd'hui proche de OUATTARA devrait faire l'objet d'une saisine de la CPI ce qui, à ce jour, n'est pas le cas.


Les participants se sont engagés à poursuivre l'analyse et à saisir le procureur de la CPI d'un mémoire en défense de votre personne considérant que vous êtes la victime de la politique répressive menée par la France et par ses satellites africains.


Nous vous assurons de notre soutien fraternel.

 

 

Cette démarche initiée par le Professeur Robert Charvin, ancien doyen de la Faculté de Droit et de Science Politique de Nice, a le soutien de Comaguer

 


 

STATUTS DE LA CPI

 

Article 17: QUESTIONS RELATIVES À LA RECEVABILITÉ

1.   Eu égard au dixième alinéa du préambule et à l'article premier du présent Statut, une affaire est jugée irrecevable par la Cour lorsque :

  a) L'affaire fait l'objet d'une enquête ou de poursuites de la part d'un État ayant compétence en l'espèce, à moins que cet État n'ait pas la volonté ou soit dans l'incapacité de mener véritablement à bien l'enquête ou les poursuites;

  b) L'affaire a fait l'objet d'une enquête de la part d'un État ayant compétence en l'espèce et que cet État a décidé de ne pas poursuivre la personne concernée, à moins que cette décision ne soit l'effet du manque de volonté ou de l'incapacité de l'État de mener véritablement à bien des poursuites;

  c) La personne concernée a déjà été jugée pour le comportement faisant l'objet de la plainte, et qu'elle ne peut être jugée par la Cour en vertu de l'article 20, paragraphe 3;

  d) L'affaire n'est pas suffisamment grave pour que la Cour y donne suite.

2.   Pour déterminer s'il y a manque de volonté de l'État dans un cas d'espèce, la Cour considère l'existence, eu égard aux garanties judiciaires reconnues par le droit international, de l'une ou de plusieurs des circonstances suivantes :

  a) La procédure a été ou est engagée ou la décision de l'État a été prise dans le dessein de soustraire la personne concernée à sa responsabilité pénale pour les crimes relevant de la compétence de la Cour visés à l'article 5;

  b) La procédure a subi un retard injustifié qui, dans les circonstances, dément l'intention de traduire en justice la personne concernée;

  c) La procédure n'a pas été ou n'est pas menée de manière indépendante ou impartiale mais d'une manière qui, dans les circonstances, dément l'intention de traduire en justice la personne concernée.

3.   Pour déterminer s'il y a incapacité de l'État dans un cas d'espèce, la Cour considère si l'État n'est pas en mesure, en raison de l'effondrement de la totalité ou d'une partie substantielle de son propre appareil judiciaire ou de l'indisponibilité de celui-ci, de se saisir de l'accusé, de réunir les éléments de preuve et les témoignages nécessaires ou de mener autrement à bien la procédure.

 

 

18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 14:33

 

 

Le meilleur des princes est celui dont on ignore l’existence

Moins bon est celui qu’on aime et loue

Moins bon encore celui qui se fait craindre

Et encore moins celui qui attire le mépris


LAO3.jpg 

17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 17:55

Dans le texte qui suit le LKP guadeloupéen rappelle que les récents propos de Guéant s'inscrivent dans une longue tradition et que le combat pour la décolonisation est une action de longue durée.

 

Les propos de Guéant : Une bonne vieille "TRADITION" Raciste


Par LKP le mardi 14 février 2012


Cer­tains, sin­gu­liè­re­ment des élus « dits » socia­lis­tes de Gua­de­loupe et autres « défen­seurs » des liber­tés se sont offus­qués des pro­pos de Claude Guéant (UMP) sur la hié­rar­chie des civi­li­sa­tions. C’est bien, il était tout de même temps, mais quand même, mieux vaut tard que jamais. Car, admet­tons tout de même que les pro­pos de Guéant s’ins­cri­vent dans une lon­gue « tra­di­tion » raciste de mépris et d’insul­tes dis­til­lés au plus haut som­met de l’Etat colo­nial Fran­çais depuis tou­jours, quel­que soit le régime poli­ti­que, quel­que soit le parti poli­ti­que au pou­voir. Et cette « tra­di­tion » raciste dure et per­dure avec la bien­veillance de bon nom­bre de ceux là mêmes, qui aujourd’hui, se disent brus­que­ment cho­qués.

Nous pré­sen­tons ci-après quel­ques mor­ceaux choi­sis parmi tant d’autres, d’expres­sions et de dis­cours qui n’ont d’ailleurs sus­cité peu ou pas d’émoi, con­fir­mant ainsi cette bonne vieille « tra­di­tion » raciste habi­tuel­le­ment accep­tée et digé­rée par les valets tro­pi­caux du sys­tème colo­nial.


Jules Ferry, le père de l’école publi­que, laï­que et obli­ga­toire décla­rait devant les dépu­tés le 28 juillet 1885 : « les races supé­rieu­res ont un droit sur les races infé­rieu­res » .


Le Géné­ral de Gaulle, père de la nation Fran­çaise, disait le 05 mars 1959 : « C’est très bien qu’il y ait des Fran­çais jau­nes, des Fran­çais noirs, des Fran­çais bruns. Ils mon­trent que la France est ouverte à tou­tes les races et qu’elle a une voca­tion uni­ver­selle. Mais à con­di­tion qu’ils res­tent une petite mino­rité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous som­mes quand même avant tout un peu­ple euro­péen de race blan­che, de cul­ture grec­que et latine, et de reli­gion chré­tienne » .

Jac­ques Chi­rac le 19 juin 1991, par­lant des immi­grés : « ….Et si vous ajou­tiez à cela le bruit et l’odeur » .


Nico­las Sar­kozy, quant à lui, décla­rait à Dakar le 26 juillet 2007 que : « l’homme afri­cain n’est pas assez ren­tré dans l’his­toire ? »


Rap­pe­lons-nous d’autres pro­pos du can­di­dat Sar­kozy : Caen, Mont­pel­lier, … mars - mai 2007 : « Alors, c’est vrai, il y a dans notre his­toire des erreurs, des fau­tes, des cri­mes, comme dans tou­tes les his­toi­res de tous les pays. Mais nous n’avons pas à rou­gir de l’his­toire de France. La France n’a pas com­mis de géno­cide, elle n’a pas inventé la solu­tion finale. Elle est le pays qui a le plus fait pour la liberté du monde. Elle est le pays qui a le plus fait rayon­ner les valeurs de liberté, de tolé­rance, d’huma­nisme. Nous pou­vons être fiers de notre pays, de ce qu’il a apporté à la civi­li­sa­tion uni­ver­selle, à l’idée d’huma­nité. Nous pou­vons être fiers d’être les enfants d’un pays de liberté et de démo­cra­tie. Nous pou­vons être fiers d’être les enfants de la patrie des Droits de l’Homme » .


Tou­lon 7 février 2007 : « A tous ceux d’entre vous qui sont reve­nus des colo­nies en ayant tout aban­donné, n’empor­tant avec eux que leurs sou­ve­nirs de jeu­nesse et cette nos­tal­gie qui ne les quit­tera plus jamais, je veux dire que si la France a une dette morale, c’est d’abord envers eux. Aux enfants des har­kis qui ont servi la France, qui ont dû fuir leur pays et que la France a si mal accueillis, je veux dire que si la France doit des excu­ses et des répa­ra­tions, c’est à eux qu’elle les doit. A tous les anciens com­bat­tants de nos ancien­nes colo­nies, je veux dire la recon­nais­sance de la France et je veux ren­dre hom­mage à Jac­ques Chi­rac de leur avoir rendu jus­tice » .


Paris 6 mai 2OO7 : « Je veux remet­tre à l’hon­neur la nation et l’iden­tité natio­nale. Je veux ren­dre aux Fran­çais la fierté d’être Fran­çais. Je veux en finir avec la repen­tance qui est une forme de haine de soi, et la con­cur­rence des mémoi­res qui nour­rit la haine des autres » .


Le 02 février 2011, le Gou­ver­ne­ment Fran­çais lan­çait l’année des outre mer dont l’objec­tif prin­ci­pal était « de chan­ger la vision des Fran­çais » sur nous, les … ultra­ma­rins, les ultra­pé­ri­phé­ri­ques. Les Fran­çais auraient donc une vision de NOUS. Rap­pe­lons-nous les voeux de Nico­las Sar­kozy en 2011 : « Je vou­drais vrai­ment qu’à la fin de cette action et de mon quin­quen­nat, les Fran­çais por­tent un autre regard sur l’Outre-mer, qu’ils vous voient comme des gens fiers, com­pé­tents, par­fai­te­ment ins­crits dans le monde d’aujourd’hui, ayant par­fai­te­ment digéré leur his­toire, n’ayant ni amer­tume, ni revan­che, sim­ple­ment de l’espé­rance pour eux et pour leurs enfants » .

NOUS serions donc sans fierté, sans dignité, sans cons­cience, incom­pé­tents, fai­néants, arrié­rés, pri­mi­tifs, …. et sur­tout pour qu’on lui f…e la paix avec l’escla­vage, il nous invi­tait gen­ti­ment à digé­rer notre his­toire. Et nous savons tous ce qui suit la diges­tion. Aurait-il osé tenir de tels pro­pos à Maillé où en août 1944, l’armée Alle­mande mas­sa­cra une cen­taine de vil­la­geois ? Aurait-il eu le cou­rage et l’insou­ciance de dire cela à Ora­dour sur Glane où un vil­lage entier a été brûlé et les vil­la­geois exé­cu­tés par les Alle­mands en juin 1944 ?

Une telle vision nous ren­voie donc, inexo­ra­ble­ment, aux expo­si­tions colo­nia­les dont le but était d’éta­ler, d’exhi­ber la gran­deur et l’immen­sité de l’empire colo­nial fran­çais mais sur­tout de mon­trer au monde et tout par­ti­cu­liè­re­ment aux Fran­çais « cette mis­sion civi­li­sa­trice » qu’un pou­voir quasi divin aurait donné à la France afin d’édu­quer les sau­va­ges, cul­ti­ver les indi­gè­nes, en faire des hom­mes sui­vant les prin­ci­pes et valeurs catho­li­ques, apos­to­li­ques et romai­nes dixit le code noir. La IIIème Répu­bli­que ne fut pas en reste sur ce plan là. L’his­toire de la France colo­niale n’est pas ensei­gnée.


Une grande majo­rité de Fran­çais ne savent rien de la bar­ba­rie du code noir qui défi­nis­sait le sta­tut de l’esclave. Ils ne savent pas que Napo­léon était un négrier qui a réta­bli l’escla­vage en Gua­de­loupe en 1802 ou que Pierre Mess­mer au nom de l’état fran­çais orga­nisa l’éli­mi­na­tion de plus de 300 000 nègres au Came­roun. Ils n’ont jamais entendu par­ler du code de l’indi­gé­nat qui déter­mi­nait plu­sieurs caté­go­ries de Fran­çais (fran­çais fran­çais et fran­çais moins fran­çais).


Ils ne sont qu’une poi­gnée à savoir ce qui s’est passé à Sétif (Algé­rie, 45 000 morts) ou à Mada­gas­car (89 000 morts). Et encore moins nom­breux sont ceux qui sau­raient vous dire ce qui s’est pro­duit les 26, 27 et 28 mai 1967 en Gua­de­loupe (assas­si­nat de plus de 100 Gua­de­lou­péens) ou sur l’île d’Ouvéa sous la pré­si­dence de Mit­té­rand en 1988. Rien non plus de l’empoi­son­ne­ment « légal » du Peu­ple Gua­de­lou­péen à la chlor­dé­cone. Ils ne savent rien non plus sur le rôle moteur joué par la France dans la des­truc­tion de la nation Haï­tienne et de nom­bre d’Etats Afri­cains. C’est ça aussi l’his­toire de « la France uni­ver­selle patrie des droits de l’homme » et source d’une « grande civi­li­sa­tion démo­cra­ti­que ».

La colo­ni­sa­tion, la traite négrière, l’escla­vage et tous leurs corol­lai­res (pillage, vol, viol, mas­sa­cre, épu­ra­tion eth­ni­que, géno­cide, alié­na­tion cul­tu­relle, domi­na­tion éco­no­mi­que, répres­sion et éra­di­ca­tion de toute con­tes­ta­tion, racisme, sou­mis­sion de la classe poli­ti­que locale, …) ont assuré et assu­rent encore aujourd’hui à la France ses riches­ses, sa puis­sance et son auto­rité.


2011, année des outre mer con­firme bien la vision colo­nia­liste de la France vis-à-vis des ter­ri­toi­res et des peu­ples sous sa domi­na­tion. Nous som­mes dans le droit fil de la loi du 23 février 2005 recon­nais­sant les bien­faits de la colo­ni­sa­tion, de la domi­na­tion et de l’asser­vis­se­ment des peu­ples.


Voilà, toute crue, la réa­lité devant laquelle cer­tains s’émeu­vent seu­le­ment à l’appro­che des élec­tions ! Ce n’est pas suf­fi­sant. Sur­tout quand ce sont des alliés incon­di­tion­nels de Guéant et Hor­te­feux. Sur­tout quand ce sont des fidè­les valets au ser­vice de l’Etat colo­nial. 

Rap­pe­lons-nous ceux qui ont été les pre­miers à récla­mer l’usage de la force con­tre le mou­ve­ment social de 2009. Les mêmes qui se sont enten­dus avec, Hor­te­feux, Guéant et Sar­kozy pour renier leurs signa­tu­res, refu­ser l’appli­ca­tion du pro­to­cole du 04 mars 2009 et arrê­ter tou­tes rela­tions avec le LKP.

Ceux là mêmes qui cra­chent sur tous ceux qui lut­tent pour la dignité, le res­pect et la sou­ve­rai­neté du Peu­ple Gua­de­lou­péen. Ceux là mêmes qui sou­tien­nent les pré­lè­ve­ments ADN sur les syn­di­ca­lis­tes, la répres­sion anti syn­di­cale et lé pwo­fi­tan kon Louisy.

Ceux-là mêmes qui ont traité LKP de fas­ciste le 06 mai 2009. Les mêmes qui ont traité les repré­sen­tants du LKP de raciste pour avoir sim­ple­ment exigé la prio­rité d’accès aux pos­tes à res­pon­sa­bi­lité pour les cadres Gua­de­lou­péens et dénon­cer l’atti­tude des patrons békés.

Ceux-là mêmes que nous n’avons jamais enten­dus sur les pro­pos racis­tes des Des­poin­tes, Guer­lain ou récem­ment chez nous de Syl­vie Hayot.

Ceux là mêmes qui ont fait de la Gua­de­loupe (con­grès des élus du 15 avril 2005), un labo­ra­toire de remise en cause des droits des étran­gers débou­chant sur des lois d’excep­tion sur les con­trô­les expé­di­tifs des étran­gers (Haï­tiens) et les expul­sions sans recours sus­pen­sifs d’exé­cu­tion, ce qui n’existe pas en France.


Encore les mêmes qui mépri­saient les Gua­de­lou­péens le 07 novem­bre 2011 en publiant et en approu­vant des pro­pos racis­tes stig­ma­ti­sant le Peu­ple de Gua­de­loupe : « la majo­rité des cri­mes et des délits est com­mise par des gua­de­lou­péens d’ascen­dance afri­caine, ce qui pose la ques­tion de la défi­ni­tion iden­ti­taire et com­mu­nau­taire de ce ter­ri­toire » .


ALORS, FACE AU MEPRIS, AUX INSUL­TES. FACE A CETTE BONNE VIEILLE « TRA­DI­TION » RACISTE, ON N’EST PAS ANTI - RACISTE ET DEFEN­SEUR DES LIBER­TES FON­DA­MEN­TA­LES PAR OPPOR­TU­NISME, YENKI DAVWA NI ELEK­SYON E POU SOVE POS A MINIS A LUREL OU POUR REVEN­DI­QUER LA GUA­DE­LOUPE FRAN­ÇAISE !


ALORS, DORE­NA­VANT, OSEZ :

- L’Appli­ca­tion pleine et entière de tou­tes les dis­po­si­tions de l’accord du 04 Mars 2009, con­clu avec le LKP ;  

  • Reven­di­quer res­pect, dignité et un véri­ta­ble déve­lop­pe­ment éco­no­mi­que, social et cul­tu­rel en faveur des Tra­vailleurs et du Peu­ple de Gua­de­loupe aujourd’hui, demain et après demain, ….en tou­tes cir­cons­tan­ces, quel­que soit le régime poli­ti­que, quel­que soit le parti poli­ti­que au pou­voir ; 
  • Une Gua­de­loupe sou­ve­raine juste et équi­ta­ble, débar­ras­sée de la pwo­fi­ta­syon kolo­nya­lis é kapi­ta­lis !

LKP - Lap­went – 12 Févriyé 2012

 

11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 10:18

2007-2012

La satellisation de la France

L’année 2011 et les débuts de 2012 ont constitué une éclatante confirmation de la satellisation de la France par le bloc anglo-saxon, Etats-Unis en tête. Le mandat de Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa s’achève et tous les actes de la diplomatie française en particulier depuis l’arrivée au gouvernement de l’ancien militant d’Occident, Gérard Longuet et de l’ex-Premier Ministre « droit dans ses bottes » expression empruntée  aux officiers de cavalerie d’ancien régime dressés à charger l’ennemi sabre au clair, confirment que la France  s’est rangée comme le satellite le plus zélé du bloc anglo-saxon. Oui satellite, car à l’image de ces républiques d’Europe de l’Est que l’on désignait ainsi et avec beaucoup de condescendance du temps de la guerre froide  elle a accepté ce rôle de second  couteau dans une bande dont les maitres sont évidemment à Washington.

Ceux et il en existe encore qui souligneront qu’il n’y a pas de troupes étasuniennes sur le sol français devraient comprendre que la subordination stratégique du pays étant acquise, il est moins onéreux de laisser ce sous-traitant docile des besognes impériales les effectuer à ses frais.

Bien sûr les grands médias français qui pour la plupart sont contrôlés financièrement par des marchands d’armes s’efforcent d’entretenir l’illusion que la France décide librement de sa politique internationale voire même qu’elle mène le combat du bloc atlantico-anglo-saxon. Ce travail lui est facilité par le marchand d’illusions que ces marchands d’armes ont largement contribué à porter temporairement au sommet de l’Etat.

Pareil commentaire pourrait paraitre excessif s’il ne s’alimentait de faits nombreux et convergents.

1-      Sur la Libye : A l’exception des organes français de propagande personne ailleurs n’ignore que les opérations militaires contre le régime libyen ayant conduit à son renversement et à l’assassinat du chef de l’Etats ont été conduites par l’appareil militaire étasunien, dans et hors l’OTAN , qui a assuré leur coordination globale et vient de prendre pied directement sur la sol libyen apportant dans ses bagages un chef d’Etat un peu falot ( mais on ne lui demandera pas d’être énergique) et qui a l’immense mérite d’avoir la double nationalité libyo-étasunienne et d’être un expert pétrolier.

2-      Sur l’Afghanistan : l’annonce d’un retrait futur des troupes françaises a suivi de quelques heures la même annonce faite par Obama et la France comme les Etats-Unis restera présente sur place pour former et encadrer les très nombreux supplétifs afghans dont les soldes n’ont guère de chance de provenir des fonds d’un budget officiel national afghan qui reste celui d’un des pays les plus pauvres du monde.

3-      Sur la Côte d’Ivoire : Les Etats-Unis ont laissé la France organiser le coup d’Etat militaire contre le Président Gbagbo pour installer à sa place un homme formé à Washington aux disciplines économiques les plus rigoureuses du néocolonialisme. Les derniers développements de la situation ivoirienne font apparaitre un certain mécontentement des Etats-Unis  qui trouvent que le nouveau régime mis en place « manu militari » par la France qui leur a affirmé péremptoirement qu’elle avait la situation bien en main ne semble pas capable de créer un climat assez apaisé pour être « propice aux affaires ». Une redistribution des cartes est à l’étude à Washington.

Ces dernières semaines ont de ce point de vue été riches d’enseignement

1-      A la traditionnelle Conférence sur la Sécurité de Munich qui , bien que moins médiatisée, est à la diplomatie ce que celle de Davos est à l’économie étaient présents les Ministres des Affaires Etrangères des Etats-Unis de Grande Bretagne, de Russie d’Allemagne de Turquie, d’Egypte, du Qatar  , le Vice-ministre des Affaires étrangères chinois , le Président du Conseil italien, le premier ministre grec , le premier ministre tunisien le secrétaire général de l’OTAN et quelques autres mais ce qui est notable c’est que le gouvernement français n’était pas représenté. Les trois  français qui ont pris la parole étaient  en effet le général ABRIAL  en poste dans l’Etat-major central de l’OTAN qui a parlé au nom de l’OTAN, Madame Claude-France Arnould, diplomate, Directrice de l’Agence européenne de l’armement et Michel Barnier commissaire européen. Les deux premiers se sont exprimés en anglais. Un signe parmi d’autres que la république française  est en cours de dissolution  dans des institutions supranationales. La conséquence est connue : plus le pouvoir réel se concentre dans ces institutions plus il échappe au contrôle des citoyens.

2-      La Russie et la Chine ont opposé leur veto au projet de résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU   au motif simple que cette résolution appelait à la démission du chef de l’Etat Syrien demande qui outrepasse les pouvoirs statutaires de l’ONU. Les Etats-Unis, le pays qui dans toute l’histoire de l’ONU est celui  qui a le plus et de très loin utilisé son droit de veto, ont poussé des hurlements et  immédiatement la  France a annoncé qu’elle allait organiser une coalition pour imposer dans les faits la résolution bloquée. En bonne logique une telle position devrait conduire à l’exclusion du Conseil de Sécurité car si vous occupez une place importante dans une institution, si vous en avez accepté les règles, annoncer « urbi et orbi » et au plus haut niveau que vous vous moquez des décisions qu’elle vient de prendre et que vous allez conduire des actions extérieures contradictoires avec la décision prise, vous ne la respectez plus et elle peut donc vous considérer comme démissionnaire. Pratiquement cette position vient confirmer que les actions secrètes menées  sur le terrain depuis le printemps 2011 pas le bloc atlantico-anglo-saxon pour faire tomber le régime syrien vont se poursuivre et même s’intensifier. La France devient  le héraut de cette guerre non déclarée, qui est une des formes du terrorisme d’Etat (en fait des Etats de votre bande) contre la Syrie.

 

Attardons nous enfin sur les actions du bloc atlantico-anglo-saxon en Afrique. Ces actions sur ce contient ont pris un tour très concret et très visible en 2011 (voir les cas de la Libye et de la Côte d’Ivoire déjà mentionnés)
Mais elles s’inscrivent dans un plan stratégique plus général qui concerne la totalité du continent. Les attentats du 11 Septembre ont donné prétexte ouvert la porte à deux interventions militaires directes et massives de Etats-Unis en Afghanistan et en Irak. Mais l’installation du « terrorisme islamique » comme ennemi principal rendait en même temps possible des interventions  en tous lieux contre un ennemi proliférant et non localisé. L’identification islamique a permis de commencer une mise sous contrôle de la partie Nord du continent africain. Elle a pris la forme  de l’Initiative Pan sahélienne (PSI)  lancée par les Etats-Unis en 2001 qui a permis de faire pénétrer les forces spéciales , les  conseillers militaires et les diverses entreprises mercenaires des Etats-Unis de prendre pied presque partout de la Méditerranée aux pays au Sud du Sahara. Une exception notable à cette pénétration : la Libye  où le bloc devait rattraper son retard. Pour justifier cette initiative et cette ingérence miliaire il suffisait qu’aient lieu quelques attentats ou enlèvements effectués  par des islamistes ou attribués à des islamistes. Il eurent lieu mais si l’on en croit un des meilleurs connaisseurs de cette zone sahélienne  l’anthropologue britannique, JEREMY KEENAN  qui a mené sur le terrain  son enquête et les a relatés dans deux livres solides    DARK SAHARA  (2009 Pluto Press) et  THE SAHARA : PAST,PRESENT AND FUTURE (2007 Routledge) les versions officielles  qui de déroulent da&ns des zones tés peu habitées et où les témoins de ces évènements indépendants des terroristes comme des services secrets  sont rares ne sont guère probantes.

 

 

En vert foncé les pays de la  PSI et en vert pâle ceux ajoutés pour la TSCTI

 

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En 2005 la PSI s’élargit et se transforme en TRANS SAHARA COUTERTERRORISM INITIATIVE (TSCTI). Quatre  nouveaux pays entrent dans son champ d’intervention : Algérie, Sénégal, Nigeria et Soudan. Trois de ces pays sont des pays pétroliers et Le Nigéria est le premier pétrolier d’Afrique et un très gros exportateur vers les Etats-Unis (15% des importations étasuniennes). L’activité terroriste islamique  se poursuit sous diverses appellations dans la zone  AQMI au Maghreb, BORO HAKAM au Nigeria  justifiant la multiplication des manœuvres interarmées, la fourniture de matériel anti-terroriste et la présence permanente de forces spéciales et d’instructeurs.

 

En fin en 2007, BUSH décide de la création de l’AFRICOM commandement militaire US unifié de toute l’Afrique, Egypte exceptée. Les initiatives contre terroristes peuvent désormais s’appliquer partout où surgissent des groupes terroristes islamistes : Somalie (AL SHAAHAB) KENYA et OUGANDA (FOUS DE DIEU). Le terrorisme islamique est donc en définitive le meilleur prétexte à une ingérence militaire US généralisée poursuivant deux objectifs : contenir l’influence grandissante des pays du BRICS dans la contient et pas seulement celle de la Chine et sanctuariser les pays pétroliers  alimentant les Etats-Unis et en priorité le Nigeria.

 

Les anciennes puissances coloniales  de la zone : France et Grande-Bretagne ont donc vu arriver les USA avec leurs gros RANGERS et ils n’ont guère eu le choix que de se soumettre tout en essayant de ménager leurs intérêts économiques régionaux. La nouvelle alliance néocoloniale est donc formée et elle a un chef à Washington qui, coïncidence, se trouve être le premier président noir – en vérité métis -  des Etats-Unis.

 

Les choses sont tellement claires qu’elles peuvent être écrites et diffusées. Ainsi le HOMELAND SECURITY DEPARTMENT, le Ministère de l’Intérieur des Etats-Unis, a-t-il publié récemment un document concernant principalement le Nigeria qui a été cité sur le site canadien http://www.globalresearch.org  et où l’on peut lire :

 

Page 18 : « Un attentat bien coordonné par Boko Haram pourrait avoir de bien plus graves conséquences (NDT  sur d’autres attentats dans la zone du delta du Niger qui n’étaient pas le fait d’islamistes), interrompant complètement dans le pire scenario, la production pétrolière nigériane ce qui ferait bondir les cours mondiaux du pétrole et le prix du gaz aux Etats-Unis (NDT  le Nigeria est également une gros exportateur de gaz vers les USA). En conséquence les auteurs de ce document recommandent, dans un effort pour combattre l’instabilité croissante qui se manifeste au Nigeria de développer une politique de coopération militaire semblable à celle pratiquée au Yémen qui clairement comprend des assassinats extrajudiciaires et l’utilisation de drones pour des bombardements. »

 

Page 24 : « Tout comme le triumvirat franco-anglo-américain a orchestré récemment le renversement du régime libyen, les mêmes puissances militaro-industrielles offrent leurs services dans une effort pour partager les ressources domestiques du Nigeria. »

 

Page 25 : « Dans une récente manifestation d’inquiétude concernant les progrès de Boko Haram, la France a offert son soutien militaire au Nigeria. Rencontrant à Abuja son homologue nigérian Olugbenga Ashira, le Ministre des affaires étrangères Alain Juppé a indiqué : « Nous devons combattre ce phénomène. Nous sommes prêts à partager toute information. Nous sommes prêts à coordonner nos services de renseignement. Nous sommes prêts à coopérer en matière d’entrainement. La France est directement concernée par la question du terrorisme »

 

Peuples et gouvernements africains sont prévenus : le triumvirat néocolonial est constitué.  Sa feuille de route est rédigée à Washington.

 

 

 

Annexe

L’institut finnois des affaires étrangères a publié un document de 80 pages très complet sur le TSCI d’où nous avons extrait la carte suivante. Elle fait apparaitre en noir le « corridor terroriste » qui traverse l’Afrique d’Est en Ouest, sorte de piste cheyenne où les cow-boys étasuniens circulent aussi  librement que les terroristes  en se jouant des frontières avec le consentement  plus ou moins forcé des Etats concernés.

2007-2012

La satellisation de la France

 

L’année 2011 et les débuts de 2012 ont constitué une éclatante confirmation de la satellisation de la France par le bloc anglo-saxon, Etats-Unis en tête. Le mandat de Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa s’achève et tous les actes de la diplomatie française en particulier depuis l’arrivée au gouvernement de l’ancien militant d’Occident, Gérard Longuet et de l’ex-Premier Ministre « droit dans ses bottes » expression empruntée  aux officiers de cavalerie d’ancien régime dressés à charger l’ennemi sabre au clair, confirment que la France  s’est rangée comme le satellite le plus zélé du bloc anglo-saxon. Oui satellite, car à l’image de ces républiques d’Europe de l’Est que l’on désignait ainsi et avec beaucoup de condescendance du temps de la guerre froide  elle a accepté ce rôle de second  couteau dans une bande dont les maitres sont évidemment à Washington.

Ceux et il en existe encore qui souligneront qu’il n’y a pas de troupes étasuniennes sur le sol français devraient comprendre que la subordination stratégique du pays étant acquise, il est moins onéreux de laisser ce sous-traitant docile des besognes impériales les effectuer à ses frais.

Bien sûr les grands médias français qui pour la plupart sont contrôlés financièrement par des marchands d’armes s’efforcent d’entretenir l’illusion que la France décide librement de sa politique internationale voire même qu’elle mène le combat du bloc atlantico-anglo-saxon. Ce travail lui est facilité par le marchand d’illusions que ces marchands d’armes ont largement contribué à porter temporairement au sommet de l’Etat.

Pareil commentaire pourrait paraitre excessif s’il ne s’alimentait de faits nombreux et convergents.

1-      Sur la Libye : A l’exception des organes français de propagande personne ailleurs n’ignore que les opérations militaires contre le régime libyen ayant conduit à son renversement et à l’assassinat du chef de l’Etats ont été conduites par l’appareil militaire étasunien, dans et hors l’OTAN , qui a assuré leur coordination globale et vient de prendre pied directement sur la sol libyen apportant dans ses bagages un chef d’Etat un peu falot ( mais on ne lui demandera pas d’être énergique) et qui a l’immense mérite d’avoir la double nationalité libyo-étasunienne et d’être un expert pétrolier.

2-      Sur l’Afghanistan : l’annonce d’un retrait futur des troupes françaises a suivi de quelques heures la même annonce faite par Obama et la France comme les Etats-Unis restera présente sur place pour former et encadrer les très nombreux supplétifs afghans dont les soldes n’ont guère de chance de provenir des fonds d’un budget officiel national afghan qui reste celui d’un des pays les plus pauvres du monde.

3-      Sur la Côte d’Ivoire : Les Etats-Unis ont laissé la France organiser le coup d’Etat militaire contre le Président Gbagbo pour installer à sa place un homme formé à Washington aux disciplines économiques les plus rigoureuses du néocolonialisme. Les derniers développements de la situation ivoirienne font apparaitre un certain mécontentement des Etats-Unis  qui trouvent que le nouveau régime mis en place « manu militari » par la France qui leur a affirmé péremptoirement qu’elle avait la situation bien en main ne semble pas capable de créer un climat assez apaisé pour être « propice aux affaires ». Une redistribution des cartes est à l’étude à Washington.

Ces dernières semaines ont de ce point de vue été riches d’enseignement

1-      A la traditionnelle Conférence sur la Sécurité de Munich qui , bien que moins médiatisée, est à la diplomatie ce que celle de Davos est à l’économie étaient présents les Ministres des Affaires Etrangères des Etats-Unis de Grande Bretagne, de Russie d’Allemagne de Turquie, d’Egypte, du Qatar  , le Vice-ministre des Affaires étrangères chinois , le Président du Conseil italien, le premier ministre grec , le premier ministre tunisien le secrétaire général de l’OTAN et quelques autres mais ce qui est notable c’est que le gouvernement français n’était pas représenté. Les trois  français qui ont pris la parole étaient  en effet le général ABRIAL  en poste dans l’Etat-major central de l’OTAN qui a parlé au nom de l’OTAN, Madame Claude-France Arnould, diplomate, Directrice de l’Agence européenne de l’armement et Michel Barnier commissaire européen. Les deux premiers se sont exprimés en anglais. Un signe parmi d’autres que la république française  est en cours de dissolution  dans des institutions supranationales. La conséquence est connue : plus le pouvoir réel se concentre dans ces institutions plus il échappe au contrôle des citoyens.

2-      La Russie et la Chine ont opposé leur veto au projet de résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU   au motif simple que cette résolution appelait à la démission du chef de l’Etat Syrien demande qui outrepasse les pouvoirs statutaires de l’ONU. Les Etats-Unis, le pays qui dans toute l’histoire de l’ONU est celui  qui a le plus et de très loin utilisé son droit de veto, ont poussé des hurlements et  immédiatement la  France a annoncé qu’elle allait organiser une coalition pour imposer dans les faits la résolution bloquée. En bonne logique une telle position devrait conduire à l’exclusion du Conseil de Sécurité car si vous occupez une place importante dans une institution, si vous en avez accepté les règles, annoncer « urbi et orbi » et au plus haut niveau que vous vous moquez des décisions qu’elle vient de prendre et que vous allez conduire des actions extérieures contradictoires avec la décision prise, vous ne la respectez plus et elle peut donc vous considérer comme démissionnaire. Pratiquement cette position vient confirmer que les actions secrètes menées  sur le terrain depuis le printemps 2011 pas le bloc atlantico-anglo-saxon pour faire tomber le régime syrien vont se poursuivre et même s’intensifier. La France devient  le héraut de cette guerre non déclarée, qui est une des formes du terrorisme d’Etat (en fait des Etats de votre bande) contre la Syrie.

 

Attardons nous enfin sur les actions du bloc atlantico-anglo-saxon en Afrique. Ces actions sur ce contient ont pris un tour très concret et très visible en 2011 (voir les cas de la Libye et de la Côte d’Ivoire déjà mentionnés)
Mais elles s’inscrivent dans un plan stratégique plus général qui concerne la totalité du continent. Les attentats du 11 Septembre ont donné prétexte ouvert la porte à deux interventions militaires directes et massives de Etats-Unis en Afghanistan et en Irak. Mais l’installation du « terrorisme islamique » comme ennemi principal rendait en même temps possible des interventions  en tous lieux contre un ennemi proliférant et non localisé. L’identification islamique a permis de commencer une mise sous contrôle de la partie Nord du continent africain. Elle a pris la forme  de l’Initiative Pan sahélienne (PSI)  lancée par les Etats-Unis en 2001 qui a permis de faire pénétrer les forces spéciales , les  conseillers militaires et les diverses entreprises mercenaires des Etats-Unis de prendre pied presque partout de la Méditerranée aux pays au Sud du Sahara. Une exception notable à cette pénétration : la Libye  où le bloc devait rattraper son retard. Pour justifier cette initiative et cette ingérence miliaire il suffisait qu’aient lieu quelques attentats ou enlèvements effectués  par des islamistes ou attribués à des islamistes. Il eurent lieu mais si l’on en croit un des meilleurs connaisseurs de cette zone sahélienne  l’anthropologue britannique, JEREMY KEENAN  qui a mené sur le terrain  son enquête et les a relatés dans deux livres solides    DARK SAHARA  (2009 Pluto Press) et  THE SAHARA : PAST,PRESENT AND FUTURE (2007 Routledge) les versions officielles  qui de déroulent da&ns des zones tés peu habitées et où les témoins de ces évènements indépendants des terroristes comme des services secrets  sont rares ne sont guère probantes.

 

 

En vert foncé les pays de la  PSI et en vert pâle ceux ajoutés pour la TSCTI

 

 

 

En 2005 la PSI s’élargit et se transforme en TRANS SAHARA COUTERTERRORISM INITIATIVE (TSCTI). Quatre  nouveaux pays entrent dans son champ d’intervention : Algérie, Sénégal, Nigeria et Soudan. Trois de ces pays sont des pays pétroliers et Le Nigéria est le premier pétrolier d’Afrique et un très gros exportateur vers les Etats-Unis (15% des importations étasuniennes). L’activité terroriste islamique  se poursuit sous diverses appellations dans la zone  AQMI au Maghreb, BORO HAKAM au Nigeria  justifiant la multiplication des manœuvres interarmées, la fourniture de matériel anti-terroriste et la présence permanente de forces spéciales et d’instructeurs.

 

En fin en 2007, BUSH décide de la création de l’AFRICOM commandement militaire US unifié de toute l’Afrique, Egypte exceptée. Les initiatives contre terroristes peuvent désormais s’appliquer partout où surgissent des groupes terroristes islamistes : Somalie (AL SHAAHAB) KENYA et OUGANDA (FOUS DE DIEU). Le terrorisme islamique est donc en définitive le meilleur prétexte à une ingérence militaire US généralisée poursuivant deux objectifs : contenir l’influence grandissante des pays du BRICS dans la contient et pas seulement celle de la Chine et sanctuariser les pays pétroliers  alimentant les Etats-Unis et en priorité le Nigeria.

 

Les anciennes puissances coloniales  de la zone : France et Grande-Bretagne ont donc vu arriver les USA avec leurs gros RANGERS et ils n’ont guère eu le choix que de se soumettre tout en essayant de ménager leurs intérêts économiques régionaux. La nouvelle alliance néocoloniale est donc formée et elle a un chef à Washington qui, coïncidence, se trouve être le premier président noir – en vérité métis -  des Etats-Unis.

 

Les choses sont tellement claires qu’elles peuvent être écrites et diffusées. Ainsi le HOMELAND SECURITY DEPARTMENT, le Ministère de l’Intérieur des Etats-Unis, a-t-il publié récemment un document concernant principalement le Nigeria qui a été cité sur le site canadien http://www.globalresearch.org  et où l’on peut lire :

 

Page 18 : « Un attentat bien coordonné par Boko Haram pourrait avoir de bien plus graves conséquences (NDT  sur d’autres attentats dans la zone du delta du Niger qui n’étaient pas le fait d’islamistes), interrompant complètement dans le pire scenario, la production pétrolière nigériane ce qui ferait bondir les cours mondiaux du pétrole et le prix du gaz aux Etats-Unis (NDT  le Nigeria est également une gros exportateur de gaz vers les USA). En conséquence les auteurs de ce document recommandent, dans un effort pour combattre l’instabilité croissante qui se manifeste au Nigeria de développer une politique de coopération militaire semblable à celle pratiquée au Yémen qui clairement comprend des assassinats extrajudiciaires et l’utilisation de drones pour des bombardements. »

 

Page 24 : « Tout comme le triumvirat franco-anglo-américain a orchestré récemment le renversement du régime libyen, les mêmes puissances militaro-industrielles offrent leurs services dans une effort pour partager les ressources domestiques du Nigeria. »

 

Page 25 : « Dans une récente manifestation d’inquiétude concernant les progrès de Boko Haram, la France a offert son soutien militaire au Nigeria. Rencontrant à Abuja son homologue nigérian Olugbenga Ashira, le Ministre des affaires étrangères Alain Juppé a indiqué : « Nous devons combattre ce phénomène. Nous sommes prêts à partager toute information. Nous sommes prêts à coordonner nos services de renseignement. Nous sommes prêts à coopérer en matière d’entrainement. La France est directement concernée par la question du terrorisme »

 

Peuples et gouvernements africains sont prévenus : le triumvirat néocolonial est constitué.  Sa feuille de route est rédigée à Washington.

 

 

 

Annexe

L’institut finnois des affaires étrangères a publié un document de 80 pages très complet sur le TSCI d’où nous avons extrait la carte suivante. Elle fait apparaitre en noir le « corridor terroriste » qui traverse l’Afrique d’Est en Ouest, sorte de piste cheyenne où les cow-boys étasuniens circulent aussi  librement que les terroristes  en se jouant des frontières avec le consentement  plus ou moins forcé des Etats concernés.





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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 22:44

 

TEXTE A PARAITRE DANS LE PROCHAIN NUMERO DE MARS-AVRIL DE "NOUVELLES D'URSS"

 

NON À LA NOUVELLE GUERRE!

Déclaration du Comité Central du P.C.B.tUS en rapport avec la situation de crise autour de l'Iran

(Texte reçu par Internet le 14-01-2012)

 

La situation du Proche- et Moyen-Orient, qui menace d'exploser, a été chauffée à blanc en cette fin de 1'année passée: les E.-U.A. et toute une série d'autres pays occidentaux accusent l'Iran d'élaborer l'arme nucléaire en secret. Les experts de l'A.I.É.A., contrôlée par les Etats Unis d’Amérique ont annoncé au monde entier que le programme nucléaire de Téhéran avait, prétendent-ils, dès l'origine, une orientation militaire et qu'il continue à  se développer dans cette même voie.

Bien que le président de l'Iran, Mahmoud Ahmadinejad, dans son intervention du 22 septembre 2011 à la 66e session de l'Assemblée générale de l'O.N.U. ait, du haut de la tribune, rejeté ces accusations, qu'il ait encore une nouvelle fois notifié officiellement le caractère pacifique du programme nucléaire iranien et qu'il ait imputé la faute de tous les derniers conflits militaires internationaux aux États-Unis d’Amérique et à leurs alliés, les pays impérialistes de l'Occident et l'État sioniste d'Israël continuent de faire monter la pression de la situation dans le secteur du golfe persique.

Le 5 janvier, les moyens mondiaux d'information de masse ont fait connaître la décision des pays de l'Union européenne de se joindre aux sanctions des États Unis et de mettre l'embargo sur les importations de pétrole de l'Iran vers l'U.E. (la décision définitive sera prise le 30 janvier). De tels actes de la part des puissances impérialistes et chefs de file des milieux sionistes ont pour objet d'asphyxier l'économie de l'Iran et tendent à mettre le fier peuple iranien à genoux.

En réponse, l'Iran a déjà déclaré qu'en cas de la mise en place de sanctions contre le secteur pétrolier iranien, il était prêt à bloquer le transport du pétrole par le détroit d'Ormuz d'importance stratégique (par lequel passent 40 p. 100 des importations maritimes de pétrole, y compris vers l'Europe et les Etats-Unis d’Amérique. L'Iran a procédé à  des manœuvres de sa marine de guerre qui ont duré 10 jours dans l'aire maritime contigüe au détroit d'Ormuz au cours desquelles il a expérimenté de nouveaux missiles de différentes classes.

A leur tour, les États Unis ont introduit leur escadre aéronavale avec à sa tête le porte-avions «John Stennis» dans un secteur de manœuvres du golfe Persique, laquelle escadre a quitté la région à la fin des manœuvres. Auparavant, un groupe aéronaval de choc avec à sa tête le porte-avions atomique «Carl Winson» est entré dans l'océan Indien d'où il s'est dirigé vers la mer d'Oman. La Grande-Bretagne quant à elle a envoyé son plus moderne puissant contre-torpilleur «Dering» dans le golfe persique. Israël et les Etats Unis envisagent de procéder dans les toutes prochaines semaines à des manœuvres conjointes de défense antimissile sans précédent par leur ampleur sous le non de code «Sévère défi 12». Il ne fait pas de doute que les nuages s’amoncellent effectivement au-dessus de l'Iran. En témoignent les dernières interviews du ministre de la Défense des Etats Unis  Léon Panetta et du président du Comité unifié des chefs des états-majors des Forces armées des  Etats Unis le général Martin Dempsey à propos de l’inéluctabilité de la frappe des objectifs nucléaires iraniens en cas d'insoumission de l'Iran au diktat des puissances occidentales.

La situation s'aggrave chaque jour un peu plus et est sur le point d'échapper au contrôle à tout moment, menaçant d'évoluer vers la guerre avec les conséquences imprévisibles dont parlent même les officiels des États qui se préparent à l'agression: Etats-Unis d’Amérique, Israël, Grande-Bretagne.

Les causes de cette nouvelle tension d'hystérie guerrière au Proche- et Moyen-Orient résident avant tout dans l'exacerbation des contradictions du monde capitaliste. La crise économique mondiale qui a éclaté en 2008 avec la crise du système hypothécaire des Etats-Unis d’Amérique ne va pas en s'apaisant. Bien plus, nous sommes en présence de tous les indices de récession de l'économie des grandes puissances impérialistes occidentales qui menace de se transformer en une crise encore plus dévastatrice que la crise de 1939 - 1933. Il est caractéristique que cette crise frappe toujours plus spécialement les économies monopolistiques d'État hautement développées des Etats-Unis d’Amérique et des pays de l'Union européenne. Dans de nombreux Etats capitalistes, la diminution de la production et l'augmentation du chômage se sont mêlées à d'autres sérieuses secousses de l'économie capitaliste mondiale telles que crise monétaire, crise énergétique, crise des matières premières.

La crise mondiale menace l'existence de tout le système capitaliste grâce auquel les pays de l'Occident s'éternisent en tirant profit du pillage des autre pays. Ce sont les impérialistes américano-sionistes qui craignent le plus de perdre leur position dominante dans le monde. Comme on le sait, les États-Unis d'Amérique pratiquent un mode de vie parasitaire en s'enrichissant au moyen du tirage illimité de dollars papier-monnaie avec lesquels ils se procurent tant les marchandises que les matières premières qui leur sont indispensables. Leur dollar «devise»-mondiale n'est gagé par aucun actif si ce n'est par la puissance de l'armée américaine.

Les dépenses militaires et la guerre sont l'unique issue des États impérialistes pour sauver leur économie de la banqueroute et du krach. A part cela, les milieux sionistes, qui sont les possesseurs des principales richesses des Etats-Unis d’Amérique, comptent renforcer, au cours de la guerre, leur position dominante dans le monde, après avoir noyé leurs concurrents qui prennent leur essor, en brûlant en même temps dans le feu des dépenses militaires les dollars sans valeur pour empêcher la débâcle de l'économie américaine, grosse de bouleversements sociaux.

Après avoir étouffé militairement l'aspiration de l'Iran à un développement indépendant, les Etats Unis auraient la possibilité d'installer leur contrôle complet sur toute la région pétrolifère du Proche- et Moyen-Orient. Il suffit de dire que les gouvernements à marionnettes des pays producteurs de pétrole du golfe Persique sont dans le cours de la politique américaine depuis longtemps tandis que l'Irak, autrefois insoumis, a été écrasé et que ses exploitations pétrolières travaillent à présent sous contrôle des monopoles américains.

Les «révolutions oranges» des pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient que les politologues bourgeois appellent «le printemps arabe» et qui ont été préalablement organisées par les services spéciaux  de l'Occident, vont dans le sens de l'activité des impérialistes des Etats-Unis d’Amérique visant à contrôler toutes les ressources énergétiques du monde et à assurer leur domination mondiale. Au nombre des actes d'ingérence des impérialistes occidentaux dans les affaires intérieures des pays arabes, le plus sanguinaire a été celui de l'agression non dissimulée contre la Libye au cours de laquelle des milliers de pai­sib1es citoyens ont été exterminés sans pitié, ainsi que les dirigeants du gouvernement libyen légal avec à leur tête Mouammar Kadhafi. Les tentatives de l'Occident n'ont de cesse en Syrie, malgré les milliers de victimes, de destituer le gouvernement légal de Bachar al-Assad. En vérité, nous sommes témoins d'encore un nouveau rictus kabitue1 de bête sauvage impérialiste, lorsque le pétrole devient plus cher que le sang humain. Cela étant, l'organisation de «révolutions oranges» par l'Occident dans les pays de l'Orient arabe doit en même temps être considérée comme un «nettoyage» particulier des arrières avant la guerre programmée contre l'Iran.

Les milieux sionistes des Etats-Unis ont parfaitement bien compris que si l'Iran devenait effectivement détenteur de l'arme nucléaire les possibilités d'imposer leur diktat dans la région en seraient a1ors d'autant limitées: ils ont bien assimilé la 1eçon que la République Populaire et Démocratique de Corée socialiste a donné aux agresseurs impérialistes. C'est pourquoi on s'attend en tout premier lieu à une frappe sur les centres nucléaires souterrains de l'Iran.

La soumission de l'Iran à leur domination constitue la mission intermédiaire dans la chaine des missions globales des impérialistes des Etats-Unis en vue d'instaurer leur domination mondiale. Leur objectif principal demeure le même: la liquidation de la Russie en tant qu'Etat autonome et l'étouffement de leur principal concurrent dans la sphère économique à l'instant donné: la Chine.

L'orientation anti-Russie de la défense antimissile américaine d'Europe ne fait pratiquement plus de doutes parmi les experts indépendants. Après avoir installé des systèmes de défense antimissile analogues en Iran,les Etats-Unis d’Amérique auraient bouclé la boucle de leurs bases antimissiles dirigées contre le cœur de la Russie: sa partie européenne. Outre cela, l'avancement des troupes américaines vers la ceinture méridionale de la Russie, du côté du Caucase, est gros d'établissement de la domination américaine complète sur les républiques de Transcaucasie, y compris sur l'Arménie qui fait partie de: l'O.T.S.C* ainsi que de déstabilisation définitive de la situation dans les républiques du Caucase du Nord avec détachement ultérieur de la Russie de toute sa région méridionale.

Au cas où l'opération d'Iran serait couronnée de succès, les Etats- Unis d’Amérique auraient atteint encore un autre objectif: ils pourraient paralyser 1'économie de la Chine qui s'abreuve du pétrole iranien (la Chine achète annuellement de l'ordre de 20 p. 100  de tout son pétrole que lui fournit l'Iran) en réduisant celui-ci à la portion congrue, faisant ainsi échouer les plans de la direction chinoise de porter la production du P.I.B. de la République Populaire de Chine à la première place dans le monde pour 2020.

Seulement, le danger de tous ces plans des vautours américains réside en ce que le conflit régional au Proche-Orient peut se transformer en une troisième guerre mondiale avec emploi de l'arme nucléaire avec toutes les conséquences fatales pour toute l'humanité. Et en plus de cela, le danger de déclenchement du conflit encore du fait de la course préélectorale qui a commencé aux Etats Unis pour le fauteuil: présidentiel, au cours de laquelle l'administration démocrate actuellement en activité, dirigée par le «pacificateur» Oba­ma, ne voulant pas être en reste dans la défense des intérêts nationaux de l'Amérique» face aux vautours républicains qui font traditionnellement des discours belliqueux, peut être tentée de faire le pas décisif le plus insensé qu'il soit.

Le Parti communiste des bolchéviks de toute l’Union soviétique se prononce résolument contre l’agression en préparation des forces armées des Etats-Unis d’Amérique et de leurs alliés contre la République islamique d’Iran, ainsi que contre l’ingérence des pays occidentaux dans les affaires intérieures de la République arabe syrienne. Nous sommes solidaires des peuples d’Iran et de Syrie qui défendent l’indépendance de leurs pays fac à la menace des visées agressives des milieux impérialistes et sionistes de l’Occident. Nous appelons toutes les forces éprises de paix de la planète à créer des fronts anti-impérialistes dans leurs pays et, ayant manifesté , leur solidarité , de se prononcer contre le déclenchement d’une nouvelle guerre , grosse du risque de se transformer en une troisième guerre mondiale apocalyptique avec emploi de l’arme nucléaire.

N. A. Andréyéya, Secrétaire générale du C.C. du P.C.B.tUS

LENINGRAD, le 12-01-2012.

 

* O.T.S.C., -- Organisation du Traité de sécurité collective (sigle russe: ODXB) dont font partie la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, l'Arménie et quelques républiques d'Asie moyenne. (N.d.T.)

 

 

 

 


 

11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 19:03

Nous publions ici l'introduction de l'excellent livre de l'universitaire ivoirien

ADON GNANGUI 

 

 

 

Côte d'ivoire: 11 avril 2011, Le coup d'Etat de trop de la France en Afrique

 De Adon Gnangui

(L’Harmattan Novembre 2011)

 

Introduction

La France, on l'a toujours soupçonnée d'être l'instigatrice de nombreux coups d'Etat, souvent perpétrés sur le continent africain et notamment dans les pays francophones, ses anciennes colonies. Ce qui était un soupçon, au regard de ce qui s'est passé en Côte-d'Ivoire le Il avril 2011, a connu une confirmation; Plus de doute, la France a opéré, au mépris de la grande majorité du peuple ivoirien, un coup d'Etat. Cette situation, inacceptable, sera difficile à pardonner par le peuple ivoirien qui voit ainsi sa liberté et la souveraineté du pays bafouées. Ce qui, indubitablement, est une véritable humiliation, ne saura être toléré par les Ivoiriens et encore moins par les peuples africains qui sont tous interpellés par la volonté de la France de restaurer le néocolonialisme dans ses anciennes colonies.

Face à une situation aussi grave, quelle peut être la réaction des Ivoiriens et des Africains dans leur ensemble? Comment peut-on douter que les Ivoiriens ne soient choqués par le comportement hideux de la France qui, depuis 2002 et même avant en 1999, dans la tentative de reconstruction de son pré carré en Afrique après le décès de Félix Houphouët-Boigny, est à l'origine de la déstabilisation de ce pays?

Pour cela la France est prête à tout, même aux pires atrocités, tant pis si les populations - femmes, hommes, enfants - sont massacrées. Pourvu qu'elle parvienne à ses fins. En tout cas pourvu qu'elle atteigne les objectifs qu'elle s'est fixée. C'est justement à cela que nous venons d'assister en Côte-d'Ivoire ce 11 avril 2011. Il s'agit d'une situation inconcevable qu'il faut s'abstenir de laisser passer sous silence. Sans doute, chacun peut faire son analyse en la matière, mais force est d'admettre que la Côte-d'Ivoire en tant qu'Etat indépendant et souverain, dotée d'une Constitution et d'un arsenal juridique ainsi que d'institutions administratives et politiques nécessaires à son fonctionnement et au bien-être de sa population, est à même de faire face à tout problème notamment celui d'ordre électoral et d'y apporter des solutions idoines.

En réalité, la crise postélectorale imaginée, c'est le moins qu'on puisse dire, car montée de toutes pièces par la France et d'autres prédateurs venus du monde occidental, n'est que la face cachée de l'iceberg. L'objectif de la classe politique française était bien de déstabiliser la Côte-d'Ivoire, de la fragiliser ainsi pour mettre à la tête de ce pays, une personne qu'elle aura à sa botte, une personne manipulable et donc acquise à sa cause comme un valet vis-à-vis de son maître. Pour valider ce complot, il fallait montrer à l'opinion française et au monde entier un alibi; d'où la diabolisation du Président Laurent Gbagbo.

Au regard de tout ceci, le peuple ivoirien, cinquante ans après ce qu'il est convenu d'appeler l'indépendance de son pays, a acquis incontestablement une maturité politique et intellectuelle que personne ne peut nier. Il est alors aisé de comprendre qu'aujourd'hui il ne puisse pas se murer derrière un silence insensé face à ce comportement de la France, digne d'un film hollywoodien, irresponsable dans un monde intelligent et civilisé en ce XXIe siècle.

Cet ouvrage est le lieu indiqué pour dénoncer, sans passion mais avec force, cette souffrance que la France a toujours infligée aux peuples dans ses anciennes colonies, même si cela les plonge dans une extrême pauvreté, pourvu qu'elle y trouve son intérêt. En réalité ne sommes-nous donc pas dans la logique dressée par le général De Gaule selon laquelle « un pays n'a pas d'amis, il n'a que des intérêts! » nonobstant le caractère dramatique que la défense de ces intérêts peut engendrer pour ce pays et son peuple. Sans doute que, par la suite, d'autres Ivoiriens voire Africains et même au-delà procéderont à d'autres analyses sur le fondement de la guerre imposée à la Côte-d'Ivoire par la France, ses multinationales et ses alliés occidentaux, une guerre qui paraît à première vue absurde et injuste au regard des raisons évoquées pour la justifier, à savoir le contentieux électoral qui aurait d'ailleurs pu être réglé sans recourir à la violence si vraiment il s'agissait d'un simple problème électoral. « Côte d'ivoire: 11 avril 2011, Le coup d'Etat de trop de la France en Afrique »  est un ouvrage simple à lire du fait qu'il privilégie une lecture accessible à tous. Il a pour objet de taire comprendre aux citoyens ivoiriens, africains et à tous les .rus de l'Afrique, que le développement de nos pays en Afrique, exige certes une bonne gouvernance, mais aussi et surtout une réelle indépendance vis-à-vis de la France et du reste du monde.

En somme, l'ouvrage se veut un véritable stimulateur de discussions. C'est à cet égard un livre polémique; il présente même parfois des opinions assez tranchées qui peuvent heurter la logique de pensée ou de compréhension de certains lecteurs. Mais en réalité, non adepte de la langue de bois, j'ai voulu être moi-même en écrivant ce livre pour exprimer ma compréhension et ma vision dans les relations entre la Côte d’ivoire en particulier et de manière générale entre les pays africains anciennement colonies françaises et la France. C'est sans doute un cri, pour dire aux puissances économiques en quête permanente de matières premières pour renforcer leur développement ou répondre à leurs besoins divers, de se soucier des droits à la vie, du développement, du bien-être peuples des pays détenteurs de ces matières. Pour cela s'y prennent avec beaucoup de tact en respectant le à la souveraineté nationale dont dispose chaque État membre de l'Organisation des Nations Unies mais également le libre droit dont dispose chaque pays dans la gestion et l'exploitation de ses ressources naturelles. Car faut-il le rappeler, il s'agit d'un droit inaliénable que nul ne peut contester à un Etat aussi pauvre qu'il soit.

Nous allons, à travers cet ouvrage, faire un rappel historique rapide des relations entre la France et ses anciennes colonies d'Afrique, montrer la situation de néocolonialisme dans laquelle la France veut replonger la Côte-d'Ivoire comme d'ailleurs la plupart de ses anciennes colonies du continent. Aussi, paraît-il important, tout en nous inscrivant dans cette logique absurde et insensée de la France, en ce 21° siècle, de tenter de comprendre et d'analyser dans quelle mesure le Gouverneur *que la France vient d'imposer à la Côte-d'Ivoire va entreprendre sa mission, dans quelles conditions et surtout avec qui, dans un contexte où l'ingérence française est plus que jamais dénoncée par la population et particulièrement les jeunes qui ne se reconnaissent en aucun cas dans ce qu'ils considèrent comme une véritable imposture. Nous ne saurons terminer notre analyse sans nous interroger sur l'avenir des relations entre la France et la Côte-d'Ivoire, et de manière générale entre la France et ses anciennes colonies d'Afrique. Pour être complet dans notre analyse mais surtout pour être cohérent et juste envers nous-mêmes, s'il convient d'admettre la responsabilité des grandes puissances économiques dans l'état de sous-développement dans lequel tous les pays africains sont plongés, force est aussi de reconnaître notre propre part de responsabilité dans la situation de sous développement et de pauvreté de nos pays, notamment la Côte-d'Ivoire.

Autrement dit, en Côte-d'Ivoire, par exemple, le constat est que l'Etat de droit fait cruellement défaut et que l'impunité est récurrente, deux éléments fondamentaux nécessaires à un pays pour accéder au développement et réduire considérablement la pauvreté et l'injustice sociale.

 

*Nous voulons ici qualifier ainsi M. Dramane OUATTARA, pour être dans notre logique selon laquelle le Président démocratiquement et légalement élu en Côte d'Ivoire est sans aucun doute M. Laurent GBAGBO, jusqu'à preuve légale du contraire.

 

 

 

 

11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 11:41

PSYCHIATRIE ET POLITIQUE

POST-SCRITUM COLOMBIEN A L’ANNEE FANON

 

Comme un post-scriptum à l’année FANON, nous publions ce texte très éclairant d’un journaliste colombien qui décrit bien  la pathologie mentale collective dont soufre la nation colombienne, aux prises depuis des décennies avec une violence d’Etat qui a de longs antécédents et présente, mutatis mutandis, tous les caractères d’une violence coloniale  comme l’a décrite FANON, violence destructrice pour le colonisé et aliénante pour le colonisateur.

Cette violence soutenue sans discontinuer par l’impérialisme US a conduit inexorablement à une riposte armée : la guérilla.

L’omniprésence et la quotidienneté de l’assassinat, arbitraire, impuni, enraciné profondément dans les mœurs, fait du choix de la lutte armée la voie étroite et unique vers une  mort digne, préalable nécessaire au renversement d’un pouvoir pathogène.

La Guerre comme identité et la mort autour

Juan Alberto Sánchez Marín

27-12-2011

Traduction COMAGUER

La Colombie a vécu dans la guerre avant d'être elle-même. Une réalité qui perdure  et s’est insérée totalement dans l’imaginaire et les structures mentales  des habitants. Qu’elle s’appelle Grande Colombie, Nouvelle Grenade, Confédération Grenadine, Etats-Unis de Colombie ou République de Colombie, la guerre est présente dans la langue des présidents comme dans celle des paysans, dans le désir, dans la mémoire, dans la peur, dans l’obsession. Les uns ou les autres  de ces sentiments générés ou obtenus selon le bord qui les utilise: pour les puissants, par le mélange et la manipulation des faits, pour les humiliés et les offensés dans  l’épreuve du gavage.

Le président Juan Manuel Santos, incarnation de l'euphémisme « cachaco » (NDT : argotique  pour désigner les habitants de Bogota)  parle de la paix comme de quelque chose d’aimable  et de possible (1). Tous ses prédécesseurs l'ont fait. Depuis avant la Patria Boba  (NDT : mot à mot « patrie stupide » allusion à la période confuse des débuts de l’indépendance de la Colombie de 1810 à 1816), jusqu'à aujourd’hui, au cours de la prospérité envahissante et absurde que nous subissons, il ne s‘est passé autre chose que pour de courtes périodes. La Colombie est un pays plein de guerriers qui se croient pacifiques et de méchants  qui le sont par la grâce de Dieu. Personne ne  s’accepte, nous refusons ce que nous savons que nous sommes.

Dans le jardin traversé par trois Cordillères et baigné par deux océans, la haine pousse en terre fertile et  toujours  bourgeonne  la  vengeance. Et les raisons de poursuivre le cycle de la mort ne manquent pas d’être renouvelées chaque jour.

Un panorama difficile, bâti sur des mensonges, des amnisties, des repentirs, des arrangements avec le ciel. Autant de justifications et d’absolutions  pour continuer  le massacre sans mal de tête, sans  tremblement des mains. Destin fatal qui nous donne la tranquillité du devoir accompli.

Quand quelqu’un  parle  sérieusement on sait qu'il est un traitre, un   brillant tricheur, ou peut être digne de Popeye, ou redondant, ou le contraire, mais pas correct  et jamais sincère. Qui rit  bientôt reposera rigide, l'heureux ne peut être pris au sérieux, il provoque l'envie. L’ambiguïté est une  certitude.  C'est un conte du « mamagallismo » (NDT : expression populaire rendue célèbre par Gabriel Garcia Marquez dans Cent ans de solitude et qui désigne une attitude de plaisanterie cynique). Réflexion médiocre de pistoleros  aigris.

Les généraux veulent  et demandent la guerre pour  faire carrière et se sentir utiles. La justice militaire leur confère une certaine   irresponsabilité ; l'État camoufle ainsi les assassins à sa solde dans le cadre institutionnel, les exécutions extrajudiciaires deviennent des racontars d’adversaires

Les monseigneurs, les conservateurs et les champions de la droite catholique profanent, à ces hauteurs, les corps, les temples de Dieu des croyants simplets : ils refusent  l'avortement, interdisent  l'utilisation de contraceptifs. Ils continuent de condamner les femmes au  blâme et au bucher. Ils sont nostalgiques de L'Inquisition, mais ils s'efforcent de faire des lois qui purgent comme le feu. Leurs saintes croisades ne manquent  pas  d’être des violences déshonorantes.

Une société pourrie qui regarde comme des malades ceux  qui ont des goûts différents, ludiques, sexuels, ou de ceux que la moyenne amorphe  de la population voit ou ressent comme différents : toutes  options de la personnalité qui ne correspondent pas à ses maximes  en latin de cuisine excluantes. Et ceux qui accusent sont les mêmes que ceux dont l'âme pourrit  à l'intérieur, eunuques de la psyché, pédophiles, violeurs, ceux que protège l’esprit de corps clérical.

Les enfants, qui ont toujours été les victimes dans les zones rurales, les  bidonvilles ou les villages, maintenant tombent également dans les rues des centres-villes ou à l'intérieur des maisons, moins par balles perdues que par tir dispersé délibéré. Parce qu'il n’y a pas de balles perdues ni de fin dans cette guerre sans calendrier qui est la vie quotidienne d'un pays sanglant, assoiffé de cadavres et de sépultures.

L'ange gardien ne protège personne. Et les anges déchus ne sont ni  pardonnés ni oubliés, bien qu'on  soutienne toujours le contraire. Sans honnêteté, sans vérité, il y a seulement des ressentiments impuissants et croissants. La mémoire n'est pas une table rase, encore moins avec les bourreaux qui  sur le devant de la scène rient aux éclats

La Sécurité Démocratique, un autre nom de guerre inventé par le créole tardif Pablo Morillo ( NDT : l’auteur compare l’ancien Président Uribe au général espagnol Pablo Morillo qui conduisit pour la Couronne d’Espagne la reconquête de la Colombie à partir de 1815) que voulut être le Pacificateur Alvaro Uribe, fut en réalité une mer d’insécurité sinistre, ouvertement fasciste, pendant  laquelle on  poursuivit et on assassina ceux qui contrarièrent les objectifs annoncés.

La guerre très  guerrière  est partout et dans tous les domaines. Chaque secteur, chaque strate, chaque colombien, fournit ce qu’il peut : le riche souffle le feu, le militaire vise  et tire il donne des coups de matraque, le journaliste attise, la mère conditionne à  l'obéissance, le miséreux  vote en échange d’une brique, le bigot  prêche la patience, le  banquier est présent dans chaque caissier, le voyou  croit voler l’installé ,le tueur  tue et tue encore, le  juge donne la maison ou la rue  comme  prison.

Les législateurs  violent leurs règles et ceux qui ne le font pas labourent  le désert du lever au coucher du soleil  Les juges sont aveugles et vénaux et ce sont  eux qui restent  vivants le lendemain matin. Les partis politiques, sans exception, se mordent la queue de rage quand ils perdent, et ceux qui ne le font pas, se détruisent les entrailles d’envie  lorsqu'ils gagnent. Dirigeants, nationaux, régionaux ou locaux, se trahissent  en démantelant  les services publics, et ceux qui ne le font pas n’existent pas.

La terreur passe  par des choses stupides qui nous émeuvent, comme le football ou la mauvaise musique que nous chantonnons comme le « vallenato » ou la « guascarrilera » (NDT : deux styles de musique populaire), sans laisser de côté les amours malheureux  et les amis maltraités.

Certains ont eu recours  à  l'enlèvement comme une manière ironique de survivre. D'autres ont décidé de détruire le pays à coup de tronçonneuses, avec le consentement et la tape sur l'épaule convenus. Nous avons tous  escaladé  le futur, perchés  sur  des machettes et des fusils.

Dans un lieu où la guerre séduit et où  la paix désoriente, comment celui qui a prêché la conciliation ou le tendre qui parle de la justice sociale peut-il ne pas être déshonoré ? L'inégalité est nécessaire, la faim est appropriée. La désorganisation de l'Etat organise  la coexistence dans la catastrophe.

Et  la guerre est magnifique et spectaculaire à la  TV ou à la radio. Souriante, aseptique, étrange, lointaine. S'il y a la guerre, on ne le sent pas ; s'il y a conflit, ce n'est pas le nôtre. La caméra ou le microphone refroidissent  un massacre comme ils veulent, mais ils réchauffent  le ressentiment quand il convient. Parce que, comme celle  du sculpteur de La Fontaine, l'âme du colombien est de glace pour la  vérité et de feu pour le mensonge (2).

Fascinés  par la tromperie, nous croyons que la guerre est bonne, nécessaire et mène à la paix. Mais cet espoir nous importe peu  parce que le scénario de la  guerre se maintient intact. Un blanc heureusement mobile, éthéré, qui dépasse les budgets, perpétue le pouvoir, choisit les dirigeants, maintient les choses comme elles sont : en haut ceux  qui prospèrent en bas ceux qui souffrent, au milieu les fils  mystérieux de la domination.

Ici, la certitude de la paix  effraie. État, gouvernements, dirigeants, industriels, grandes entreprises, banquiers et autres puissants aspirent à ce que les exclus, les pauvres et les inutiles du système reposent en paix dès que possible. Afin qu'ils parviennent à une  vie meilleure avec une  santé non donnée, une aide non fournie, des maisons qui se démolissent  ou ne se construisent  pas, une  faim qui tenaille, une ignorance qu’ils favorisent. Et, bien entendu, s’ils résistent à ces tourments, ce sont les armes israéliennes  ou gringas et leurs utilisateurs diligents  comme le SMAD (3), le DAS ou son remplaçant, le DNI (4), les groupes GAULA (5), pour n'en nommer que quelques-uns.

La guerre est noble. Comment ne le serait-elle  pas, si sous les bombes le  pays renait et si  nous approuvons ainsi l'identité d’une nation qui nous distingue des autres ? Si la mort de milliers d’anonymes permet de fabriquer  autant de patronymes  laïcs et des héritiers  sans fin ! La Mort en Colombie n'est pas un mal nécessaire, c'est un bien planifié, exécuté et béni par les mêmes héros, patriarches et patriotes que nous fabriquons  et qui maintenant s’avancent en  quête désespérée d’un piédestal. Des Frankenstein galonnés, des pygmalions cravatés, des patrons narcos, des assassins à chapelets de plomb.

Un modèle  que reproduisent  l'histoire, les médias, les classes et les élites qui nous abrutissent, l'éducation du berceau à  la tombe. Il faut donner des miettes comme  aumônes. Ou aller contre nous-mêmes, pour être saufs  et récupérer le fils corrompu, le frère criminel, le père mafieux, l’ami politique, celui-là Uribiste celui-ci  Santista ou le superego avec le croisé Ordóñez (6). Des torrents de larmes chez  les violents, parce qu’aucun acte  contre quelqu’un ne peut être  ni pacifique ni désintéressé, moins encore quand les cris sont rageurs, payés, factices.

S'il y a la lune, il ya plus de lunatiques ; s'il fait  soleil, ils sont dans l’ombre. Guerriers déments avec le  sang en ébullition dans des artères qui déjà explosent. Comme dans « La maison du procès », de Wilde, ils ne pourront jamais nous envoyer en enfer parce que nous y vivons déjà. Et le seul paradis imaginé est une douce vengeance (7).

Les personnes déplacées, sans voix ni vote, fuient des terres dont  on les a dépouillées et campent dans l’attente d’une éviction officielle. Les enquêtes  trainent. Les propriétaires mentent. Les  statistiques trompent. Le chœur est unanime, tandis que les autorités exhument  d’anciennes victimes, les plaignants écartent les récentes.

Silvio Rodriguez, chanteur cubain, affirme que la mort avance en secret (8). C’est ailleurs . Ici la mort hurle, son ronflement fait trembler d'un bout à l'autre et son visage apparait  dans les champs et dans les villes, à tout moment. Bien que le résultat soit le même, personne ne l’entend, personne ne la voit, personne ne la regarde en face  jusqu'à ce que ce qui devait arriver arrive et qu’on tombe poignardé. Parce que nous allons tous voler en éclat  pour  que les maitres  de l'un des pays  les plus méchants et les plus malheureux de la planète puissent  continuer à exister dans leur impudence. Et personne ne nous sauve d' entre les morts (9).

 

NOTES :

(1) Mots du président Juan Manuel Santos à la marche pour la liberté des otages. Villeta, Cundinamarca, 6 décembre 2011. Site Web de la présidence de la République. http://bit.ly/sRQasO

(2) "Le sculpteur et la statue de Jupiter," "Fables" de Jean de La Fontaine.

(3) Escadron mobile antiémeutes de la police nationale colombienne.

(4) Département Administratif du Ministère de la sécurité, dépendant de l'Agence de renseignement du président. Par l’associer  avec l'espionnage et la poursuite  des opposants et des juges, le corps a été remplacé par la Direction nationale du renseignement.

(5) Groupes d'action unifiée par la liberté personnelle, appartenant à l'armée.

(6) Alejandro Ordonez Maldonado, procureur général de la nation, le champion de l'extrême-droite colombienne  qui  se distingue par ses croisades catholique et moralistes.

(7) "Poèmes en prose", par Oscar Wilde. Éd. Bibliothèque  Virtuelle Miguel de Cervantès. Madrid, 1999.

(8) Chanson: « Testament », album: « Queue d'un nuage », Silvio Rodriguez.

(9) Référence à "Sueurs froides: d' entre les morts" (« Vertigo » ou "D’entre les morts "), d’Alfred Hitchcock, basé sur le roman du même nom de Pierre Boileau et Thomas Narcejac (1954).

 

 

 

 

 

9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 09:16
L’UKRAINE NAUFRAGEE
Les sondages d’opinion réalisés ces dernières années dans les anciennes républiques soviétiques font régulièrement apparaitre une forte nostalgie populaire de la période socialiste.
Le discours présenté par le délégué ukrainien au congrès de la Fédération syndicale mondiale tenu à Athènes en 2011 * démontre s’il en était besoin que les lendemains capitalistes de la disparition de l’URSS ne sont pas remplis de chants d’allégresse.
Mais les médias occidentaux et les autorités de l’Union Européenne qui ont tout fait depuis vingt ans pour soustraire l’Ukraine à l’influence russe s’intéressent beaucoup plus au sort de Mme TIMOSHENKO , passionaria de la « révolution orange » , et ancienne premier Ministre, aujourd’hui condamnée et emprisonnée pur divers trafics financiers juteux auxquels elle s’est livrée dans la période où s’effondrait l’économie ukrainienne. Qu’elle soit victime de règlement de comptes entre les diverses cliques de nouveaux riches qui se partagent le patrimoine ukrainien ne la disculpe en rien et les gouvernements capitalistes qui la défendent le font uniquement pour sauver le petit groupe social de parvenus corrompus qu’ils ont contribué à mettre en place.
 
Le discours a été traduit et publié par le mensuel NOUVELLES D’URSS dans son n° de Janvier-Février 2012.
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CE QUE LE CAPITALISME A APPORTE À L'UKRAINE
Nous citons en abrégé le rapport du camarade P. V. Tichtchenko, président de la «Kharkovienne laborieuse», au 16e Congrès de la Fédération syndicale Mondiale (F.S.M.) qui s'est tenu en Avril à Athènes (Grèce)
Article publié dans le journal ukrainien «Rabotche- krestyyanskaya pravda», N° 6 (171), 2011
 
Chers camarades!
Je vous salue, courageux combattants de la cause de la classe ouvrière! Je suis monté à cette tribune en tant que représentant de l'Ukraine, l'une des républiques de l'Union soviétique pour vous raconter ce par quoi le peuple ukrainien a payé l'effondrement de l'Union soviétique et la restauration du capitalisme en Ukraine, tout comme dans les autres républiques de l'U.R.S.S.
Cela fait vingt ans que se poursuit l'anéantissement ciblé de tout ce qui a été construit et créé durant les années du socialisme. Sous prétexte de retrouver le propriétaire effectif, il a été procédé à la privatisation, surnommée dans le peuple «prikhvatisatsiya »
(« prikhvatisatsiya »  il s'agit d'un paronyme de 'privatisatsiya' de création populaire, le verbe russe 'prikhavatit' signifiant 'prendre pour soi, accaparer, s'approprier'. N.d.T. )
ce qui est un acte cynique et éhonté sans équivalent dans le monde, à la suite de quoi 27 familles ont reçu en toute propriété la plus grande partie des richesses créées par des générations de Soviétiques et appartenant à l'ensemble du peuple. Ce que ces requins n'ont pas pu avaler en bloc des rapaces l'ont englouti en petits morceaux. Le peuple a été trompé et pillé. Quant à l'énorme part du potentiel économique, technique et intellectuel, elle a été perdue ou dilapidée.
Ce n'est pas un hasard si, au bout de vingt ans, l'Ukraine n'a même pas encore pu retrouver son niveau de produit intérieur brut de 1990. Il n’était, en 2010, que de 63 p. 100 du résultat le plus élevé de l'époque du socialisme ! Il ne pouvait pas en être autrement si, durant toutes ces années, le pouvoir vénal, malgré sa couleur politique et son nom, a, comme il s'est en suivi anéanti les forces productives du pays pour complaire au capital étranger. Des milliers d'entreprises ont été détruites, 12 millions d'emplois ont été perdus.
Rien que dans l'oblast de Kharkov, selon les données statistiques, au cours de la période de 1996 à 2008, 1879 entreprises ont été déclarées en faillite et liquidées. En deux ans, encore environ 200 entreprises ont été liquidées, dont l'usine ~appareillage électrique» qui, à l'époque soviétique, employait 15000 ouvriers. Encore quelques entreprises d'État sont menacées d'anéantissement: l'usine «Chevtchenko», l'Usine électromécanique de Kharkov (sigle russe: KhemZ), l'usine Proton, puis l'usine «Malichev » (où travaillaient 70000 ouvriers, alors qu'il n'en reste plus que 4000 aujourd’hui), l'usine d'aviation de Kharkov (sigle russe: KhaZ, qui produisait deux avions par mois et n'en a produit que quatre au cours des six dernières années). C'est précisément dans ces entreprises que se trouvent les plus fortes dettes de salaires. Ainsi, 27 millions de ghrivnyas sont dus aux chevtchekoviens, 31 millions aux avionneurs, 20 millions aux maltchéviens. L'usine KhTZ (usine de tracteurs), qui produisait plus de 50000 tracteurs par an et employait 40 000 ouvriers, en sort aujourd'hui par an autant qu'elle sortait par semaine en 1932, soit de 500 à 600 unités!! Il n'y reste plus que 3900 ouvriers. Les ouvriers de l'usine «Chevtchenko» qui restent encore à l'entreprise (1800 sur 22000 en 1990) ont été obligés, soutenus par les militants des organisations sociales «Kharkovienne laborieuse» et Union panukrainienne des ouvriers (sigle russe: VSR), de mener les 21 et 22 mars une action de protestation avec barrage de la chaussée de la rue suivie d'une marche à travers tout Kharkov jusqu'au bâtiment de l'Administration oblastale avec comme revendication le paiement des dettes de salaires et la garantie des emplois.
 
LES CHEVTCHEKOVIENS FONT GRÈVE
Mais comme le chef de l'Administration ne sortait pas voir les ouvriers, les ouvriers ont été obligés de se rendre eux-mêmes à l'Administration. C'est alors que trois officiers généraux de la milice ont tenté de m'arrêter comme organisateur de l'action. En vain! Des femmes, ouvrières de l'usine, se sont cramponnées avec tant d'obstination à ces officiers que j'en étais arrivé à avoir bien peur pour leurs pattes d'épaule. Les femmes sont en fait une bien puissante force ! Le pouvoir a été obligé de s'occuper de résoudre les problèmes du personnel de cette entreprise.
Les processus de destruction ont touché pratiquement tout l'est industriel de l'Ukraine. La ville de Makéyevka, autrefois contre industriel du Donbass, s'est transformée en une petite ville de province, en un trou perdu. Ces dernières années, ont été anéantis: 20 des 30 mines de charbon, le combinat de cotonnades, l'usine «Scytche», l'usine de structures de béton armé, la fonderie de tuyaux, la verrerie; au combinat métallurgique qui fonctionne encore, il ne reste plus que 1500 ouvriers sur les 20 000 de 1991. Il n’y a rien d’étonnant au fait que, sur les 720000 habitants de Makéyevka en 1991, il n'en reste plus aujourd’hui que 380000.
Ville de Kramatorsk, oblast de Donets. Ont été anéanties les usines suivantes: Atfa (qui fabriquait de l'appareillage laser pour la médecine et la défense), « Konditsionère» (« Climatiseur»), le groupement des deux entreprises industrielles (trust) «Donmachstroï» et «Kramjilstroï». À l'usine de constructions mécaniques lourdes de Kramatorsk, le nombre de travailleurs est passé de 7000 à 800 et à l'usine de constructions mécaniques de Novokramatorsk (qui construisait des trains de laminoir, des excavateurs marchants et autres), il est passé de 34000 à 14000. C'est la même situation dans les autres entreprises de 1'0'blaste. Ont été fermées les entreprises suivantes: le Combinat de matériel chimique de Slavyansk, l'Usine de soude de Sla'l7ansk, les cokeries ont été partagées en plusieurs parties. Il est prévu de fermer plus de 100 mines en tout dans l'oblast. Au péril de leur vie, les ouvriers extraient le charbon en abattage à ciel ouvert organisé de façon criminelle sans autorisation. Ce genre de situation avait cours à la fin du XIXe s. Le nombre de chômeurs est officiellement estimée à 40000 personnes, mais, selon des données ~ officielles, il serait de 200000 personnes.
Dans l'oblast de Lougansk, sur 92 mines de charbon en 1990, il n'en reste plus que 38. La raffinerie de pétrole de «Linosse» et l'Usine de construction de locomotives Diesel de Lougansk sont arrêtées et ne travaillent plus.
C'est la même situation dans l'oblast de Dniépropétrovsk. Ici aussi, les constructions mécaniques sont en voie d'anéantissement. L'usine de matériel minier a cessé d'exister, Youjmach», qui produisait les meilleures fusées du monde et sur les fusées porteuses duquel on met encore jusqu'à présent sur orbite des satellites et des vaisseaux cosmiques, a réduit ses effectifs de sept fois, tandis que le nombre d'ouvriers de «Dnépropress» a été réduit de neuf fois. Dans les entreprises qui travaillent encore, on introduit le système contractuel pour l'embauche au trav.ail, ce qui rend le travailleur sans défense face au patron.
La situation n'est pas non plus meilleure dans la capitale. Les usines « Bolchévik» et « Arsénal» luttent pour leur survie. Kiev, qui a également été un centre industriel, s'est transformé en une ville de bureaux.
Nombre des usines qui travaillent encore sont incapables d'assurer des conditions de travail acceptables à leurs travailleurs. Ainsi, dans le froid hivernal, les ouvriers d'usines telles que l'usine de tracteurs de Kharkov et l'usine « Malichev» sont obligés d’allumer des feux de bois dans les ateliers pour réchauffer un peu les locaux et l'outillage.
Mais l'anéantissement touche non seulement les entreprises qui travaillent pour l'énergétique et ont travaillé pour le département de la Défense, mais également celles des autres domaines comme les constructions mécaniques, la microélectronique …
Mais n'est-il pas monstrueux que dans un pays ayant de tels tchernozioms (note Comaguer : les faneuses terres noires ukrainiennes à la fertilité exceptionnelle), (30 p. 100 des réserves mondiales), ayant de telles possibilités pour l'agriculture, on anéantisse les constructions de machines agricoles? Ont cessé d'exister: l'usine de châssis automoteurs de tracteurs de Kharkov produisant 100000 tracteurs par an, l'Usine «Faucille et Marteau» qui produisait des moteurs pour engins agricoles à raison de 50000 par an, l'usine de moteurs de tracteurs de Kharkov.
Le président criminel L. Koutchma a, par ses oukases, détruit les kolkhozes, ce que même Hitler n'avait pas osé faire, portant ainsi un coup gigantesque à la production agricole et à toute l'infrastructure agricole. A titre d'exemple, selon les données de la direction des statistiques de l'oblast de Kharkov, le cheptel bovin a été réduit plus que dans les années de l'occupation fasciste:
-- en 1990, le cheptel bovin s'élevait pour l'oblast à 1 million 203 000 têtes et, en 2009 à 101400 têtes: chute de 11,8 fois;
-- en 1990. le cheptel de vaches était de 311 900 têtes et, en 2009, de 40000 têtes: chute de 9,2 fois;
-- la production de lait était, en 1990, de 10299 000 quintaux et, en 2009, de 1 683000 quintaux: chute de 6 fois.
Les nouveaux propriétaires «effectifs» ayant rejeté les méthodes scientifiques de gestion de l'économie agricole, la rotation des cultures, cultiv.ent le blé, le tournesol, le maïs, le colza pour l'exportation et préparent le golodomor au peuple. Des types de produits comme la viande, les légumes, le sucre, l'Ukraine les achète à l'étranger, alors que sous le socialisme, elle les produisait en quantité suffisante pour sa propre consommation et pour les autres républiques de l'U.R.S.S. À titre d'exemple, le sucre, il en était produit 6,5 millions de tonnes par an et il n'en est plus produit aujourd'hui que 1,5 million de tonnes. Ce qui peut être le point final dans la question de l'anéantissement de la production agricole, c'est la mise en marche planifiée par le pouvoir du mécanisme de vente de la terre d'intérêt agricole, y compris à des ploutocrates étrangers, ce qui constitue le crime le plus monstrueux à l'égard des générations actuelles et futures d'Ukrainiens.
Mais une illégalité encore plus grande, aussi bien en ville qu'à la campagne, se produit avec ledit secteur parallèle. De l'aveu même des dirigeants de l'Etat, plus de la moitié de tous les moyens financiers sont générés dans le secteur parallèle de l'économie. Par conséquent, à peu près la même quantité de ceux qui travaillent dans ce secteur est pratiquement privée de tous moyens de détense. Ils ne sont pas officiellement enregistrés comme occupant un emploi et leur ancienneté au travail n'est pas prise en compte, ils n'ont pas droit à des congés payés, on ne leur rembourse pas leurs feuilles de maladie. En cas d'accident du travail ou autre, ils ne perçoivent pas d'allocations, ils ne touchent pas leurs salaires de façon artificielle et il n'en est pas tenu compte pour le calcul de leur retraite et autres fonds. Il ne peut même pas être question de syndicat pour eux. C'est-à dire qu’en Ukraine, il y a des ouvriers qui, dans leur propre pays, sont au même régime de droit, que les clandestins. Vaut-il la peine de s'étonner que durant les années qui ont suivi la récupération de ladite indépendance, la population se soit réduite de 6 millions d'habitants?
Ce qui a été le résultat des réformes capitalistes, c'est que l'Ukraine occupe l'avant-dernière place en Europe pour son niveau de vie. Le gouvernement n'a d'argent ni pour la médecine, ni pour l'instruction et la science, ni pour l'armée, ni pour la construction de logements, ni pour la gestion communale des immeubles d'habitation, ni pour le sport et l'art. Il n'a pas non plus d'argent pour les retraites, pour les allocations sociales, pour l'augmentation des salaires et des allocations. Mais il y avait de l'argent pour tout cela en Ukraine soviétique.
Dans les conditions du capitalisme, les syndicats officiels n'ont même pas acquis la combattivité nécessaire pour détendre les intérêts de l'homme qui travaille, c'est pourquoi ils «font le jeu» du patron ou du dirigeant de l'entreprise et deviennent de ce fait les complices de l'anéantissement de leur entreprise. On peut compter sur les doigts d'une main les manifestations d'ouvriers organisées par les syndicats. Aujourd'hui, le président de la FPU* est en même temps député du Parti des régions, le parti au pouvoir, à la Rada supérieure de l'Ukraine. Dans de telles conditions, il ne faut pas s'attendre à une intensification de l'action des syndicats.
* FPU, -- sigle russe de la fédération des syndicats d'Ukraine qui est un syndicat jaune, le seul à être officiellement agréé par le pouvoir bourgeois. (N.d.T.)
Les manifestations d'entrepreneurs contre le Code des impôts, des médecins pour des salaires dignes de leur qualification et autres qui ont eu lieu cette année ne sont pas à mettre au crédit du syndicat qui sert le pouvoir actuel. Il y a déjà longtemps que le syndicat a cessé d'être l'interprète et le défenseur des intérêts du peuple laborieux. S'il ne modifie pas sa politique, le syndicat va se retrouver sans adhérents qui quitteront cette organisation. Mais pour le moment, le syndicat vit en parasite sur sa position dominante, percev.ant par contrainte les cotisations des simples membres du syndicat.
Là où il n'a pas été mis en place de syndicat officiel, il s'en constitue d'indépendants, mais i1s se trouvent également souvent sous le contrô1e de tel ou tel parti politique bourgeois. Le rôle de défenseurs des travailleurs, ce sont les ouvriers eux-mêmes qui sont obligés de le prendre sur eux en se regroupant dans des organisations sociales. Quelques unes d'entre elles sont la Kharkovienne laborieuse et l'Union panukrainienne des ouvriers (U.P.O.; sigle russe: YSR).
Les actuels détenteurs du pouvoir sont, semble-t-il fort peu inventifs. Autrement, que penser de la réforme des retraites qu'11s préparent sur injonction du P.M.I., retardant l'âge de dé part à la retraite et dispensant l’Etat de son obligation de garantir son paiement ? (Ils introduisent un système de capitalisation auquel de nombreux Etats renoncent.)
Autrement, comment doit-on considérer le Code du travail qui accentue l'exploitation impitoyable des travailleurs par l'allongement de la durée du temps de travail et par la suppression de ce qui restait du droit des travailleurs de se défendre contre l'arbitraire de l'employeur qui peut licencier un ouvrier sans l'accord du syndicat ? Comment doit-on considérer le Code du logement que prépare le gouvernement, aux termes duquel les prix et les tarifs vont grimper en flèche, les amendes et les dettes devront être payées sous peine pour les gens de se voir mettre dehors de leur logement que le pouvoir soviétique leur donnait gratuitement Comment le considérer autrement que comme un code satanique?
Depuis 1992, l'Ukraine se trouve enserrée dans l'étau du F.M.I. et danse docilement au son des mirlitons du capital occidental. Le résultat est que l'Ukraine occupe la honteuse 6e place sur la liste des pays menacés de ruine financière (cessation de paiement) avec une dette extérieure de l'État de 54,6 milliards de dollars et une dette extérieure totale de 111,6 milliards de dollars. Le pouvoir ukrainien semble ne pas savoir qu'il n'est pas un seul Etat au monde qui se soit sorti de sa misère en suiv.ant les recettes du F.M.I., mais est inévitablement tombé dans le nœud coulant de l'endettement endémique de ce monstre financier.
Mais les hordes de politiciens bourgeois qui se sont succédées l'une après l'autre au pouvoir ont tout fait pour suiv.re les recettes du F.M.I., en conséquence de quoi il s'est produit non seulement une aggravation monstrueuse de la vie de la majorité du peuple laborieux, mais en même temps l'anéantissement de la production effective et des forces productives. Il n'est pas un seul Etat au monde qui se soit employé avec un tel acharnement à anéantir ses machines-outils, ses équipements, ses précieuses réserves, son matériel agricole, ses systèmes d'irrigation, livrant tout à la ferraille. Pas un seul État qui ait traité avec tant de dédain le système de formation des ouvriers qualifiés. Il s'est produit un vieillissement catastrophique du personnel des entreprises, le lien naturel entre les générations a été rompu, ce qui est porteur d'énormes problèmes pour l'avenir. On a nettement l'impression que, par la volonté de quelqu'un, on assiste à l'anéantissement de la classe ouvrière, et en plus, pour toujours. D'ailleurs, ils ne s'en cachent même pas. En 2000 déjà, prenant la parole à la Rada supérieure de l’Ukraine, le président du Sénat de France s'est permis de «définir» quelles étaient, selon lui, les - priorités pour l'Ukraine: métallurgie, chimie, agriculture. Tout le reste, de l'avis des brasseurs d'affaires de l'impérialisme international, 1''Ukraine n'en a nul besoin. Et encore, les dirigeants reptants de l'Ukraine ont, en 20 ans, largement surpassé toutes les attentes des firmes transnationales (les F.T.N.) et de l'impérialisme international dans la question de l'anéantissement de tout le potentiel économique de l'Ukraine. Il convient, il est vrai, de mentionner que, cela étant, la classe des bourgeois, qui a grandi durant ces 20 ans, ne s'est pas oubliée. Aujourd’hui, de nombreux représentants de cette gent pique-assiette sont devenus des milliardaires et font partie des individus les plus riches du monde. Il se peut qu'il n'y ait pas d'autres pays en Europe où le rapport du revenu entre les plus pauvres et les plus riches soit si criant: 1/40 à 1/60.
«Rendez tout, cela ne vous appartient pas»
Mais si vous venez à Kiev; vous y verrez les automobiles de luxe d'un coût de 100000 à 1 million de dollars qui sont plus nombreuses que les motocyclettes à Athènes. C'est la bourgeoisie qui a fait l'acquisition de ces voitures de marques étrangères avec l'argent qu'elle a volé aux travailleurs. Mais le temps viendra où nous pourrons lui dire: «Rendes-nous tout cela qui ne vous appartient pas !».
Nous, les représentants du mouvement ouvrier, nous nous en tenons à la théorie marxiste-léniniste d'avant-garde et comprenons parfaitement que l'issue de la crise très grave que traverse l'Ukraine, tout comme la majorité des anciennes républiques de l'U.R.S.S. passe par les transformations révolutionnaires.
Il nous reste encore beaucoup de travail à faire dans le sens de l'organisation du mouvement ouvrier protestataire pour défendre les conquêtes su socialisme, contre l'absence de droits et les abus de pouvoir qui sont devenus monnaie courante dans l'Ukraine contemporaine. L'expérience de nos frères de classe du monde entier, incontestablement, nous aide beaucoup dans notre travail.
Nous avons encore beaucoup de choses à taire.
L'année 2017 approche, qui sera le 100e Anniversaire de la Grande Révolution socialiste d'Octobre, et nous avons toutes les raisons de profiter de l’expérience de nos grands-parents et arrière grands-parents pour réitérer leurs transformations révolutionnaires
Vive le mouvement ouvrier mondial !
Vive l’inéluctable victoire du socialisme sur les ténèbres du capitalisme !