18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 16:00

Inutile de chercher , vous ne trouverez rien de semblable sur les chaines de télévision françaises qu'elles soient publiques ou privées.


Hommage soit donc rendu à la  RAI italienne qui a produit et présenté ce remarquable documentaire sur la politique de la France visant depuis 2002 à faire tomber le Président Gbagbo et sur son aboutissement  : le coup d'état militaire du 11 Avril 2011.

 

Mais l'histoire ne s'arrête pas  : Laurent Gbagbo est vivant et ses partisans,  maltraités, pourchassés voire assassinés par le pouvoir mis en place par la France s'organisent ...

 

 

 

le documentaire :

http://www.youtube.com/watch?v=eSumHaxLh4U&feature=relmfu

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 08:51

Du bon usage (éventuel) de la Cour Pénale Internationale

L’acharnement de la CPI à ne poursuivre que des africains lui a valu le sobriquet de COUR PENALE IMPERIALISTE. Une occasion vient de lui être offerte de démontrer qu’elle peut enquêter voire poursuivre des responsables militaires et politiques d’un pays qui fait partie des « amis des grandes puissances impérialistes » comme en atteste en particulier la présence massive de l’armée des Etats-Unis sur son territoire : la Colombie.
Il faut saluer l’initiative commune de trois organisations concernant des crimes contre l’humanité commis régulièrement dans ce pays.

Les trois organisations :



CENTRE EUROPEEN POUR LES DROITS CONSTITUTIONNELS ET HUMAINS (acronyme anglais et site internet ECCHR)
Ce centre a une double particularité :
Il met sur pied d’égalité les droits constitutionnels et les droits humains c'est-à-dire qu’il s’attache à confronter les droits reconnus dans une constitution nationale et les droits de l’homme, notion à caractère universel mais à spectre large et qui peut souffrir d’interprétations plus ou moins souples du fait d’un usage constant du vieux principe de la paille et la poutre.
Il a été fondé en Allemagne, est indépendant de tout financement anglo-saxon et recrute des juristes formés principalement en Allemagne et dans des pays voisins, d’où le qualificatif européen. Son secrétaire général s’est fait connaitre en tentant de lancer une action judiciaire contre DONALD RUMSFELD créateur des prisons illégales de GUANTANAMO et ABU GHRAIB.

ASSOCIATION COLOMBIENNE CAJAR :
Colectivo de abogados José Alvear Restrepo, collectif d’avocats de défense des droits de l’homme en Colombie (http://www.colectivodeabogados.org/Qui-sommes-nous)

CONFEDERATION SYNDICALE COLOMBIENNE CUT.
Affiliée à la Confédération syndicale internationale pro-occidentale (CSI) elle est cependant consciente des manœuvres du gouvernement colombien pour occulter ses responsabilités dans cette politique anti syndicale meurtrière (voir le bulletin Comaguer n°243 et sur le blog Comaguer)
viennent de déposer le 09.10.2012 un mémoire au bureau du procureur de la Cour Pénale Internationale.

Deux raisons à cette démarche :
- Le militantisme syndical est une activité sociale très dangereuse, bien que légale, en Colombie : 3000 militants ont été assassinés ces trente dernières années, dont 775 depuis 2002 date à laquelle la Colombie a adhéré à la CPI. Beaucoup d’autres ont été intimidés, menacés et maltraités. La Confédération syndicale internationale affirme que plus de la moitié des assassinats de militants syndicaux commis dans le monde l’on été dans la seule Colombie.
- Depuis l’adhésion de la Colombie à la CPI en 2002 le procureur de la CPI a entrepris des enquêtes préliminaires sur ces crimes qui auraient du, vu l’ampleur et la consistance des faits, déboucher sur l’ouverture d’une instruction officielle permettant l’audition de témoins et l’approfondissement des recherches. Or rien n’a bougé en dix ans !
En conséquence, face à la permanence de cette activité criminelle et à la paralysie des enquêtes préliminaires de la CPI comme de celles de la justice colombienne elle-même, les trois organisations ont considéré que le moment était venu de demander l’ouverture d’une instruction.



Le mémoire déposé le 9 Octobre porte sur 5 assassinats de militants syndicaux bien circonstanciés, 2 commis par les paramilitaires, 3 par les force de sécurité gouvernementales, cas exemplaires d’une pratique massive de cette forme de crime contre l’humanité visant des civils exerçant une activité légale non violente.
Ce dossier doit permettre au Procureur de demander à la Chambre d’accusation l’autorisation d’ouvrir une enquête officielle en mettant en œuvre tous les moyens de la Cour.
Il souligne , chiffres à l’appui sur 30 ans, que l’activité criminelle antisyndicale en Colombie est un phénomène permanent d’une ampleur unique au monde, que 90 % des ces crimes sont restés impunis et que les rares procédures conduites par la justice colombienne ne s’en sont pris qu’à des exécutants et n’ont pas mis en cause les responsables civils ou militaires alors qu’il s’agissait d’une politique gouvernementale ce à quoi conclut une enquête officielle de l’Organisation Internationale du travail (OIT)réalisée en 2011 .
Il déplore les réticences de la CPI à avancer dans ce dossier et critique la passivité des autorités colombiennes qui n’ont pu qu’encourager les tueurs à poursuivre leurs exactions.



Il est éminemment souhaitable que cette démarche aboutisse et ce serait pour la CPI l’occasion de démontrer qu’elle est réellement indépendante et qu’elle peut poursuivre des dirigeants de pays puissamment soutenus par les puissances impérialistes ce qu’elle n’a jamais fait jusqu’à présent. Ce serait une première étape vers ce qui serait le sommet de sa réussite : inculper et condamner tous les responsables de génocides, crimes de guerre et crimes contre l’humanité qu’ils soient puissants ou misérables !
Mais ne rêvons pas : les Etats-Unis qui, sous l’impulsion de Clinton, ont été les promoteurs de la CPI ont pris soin de ne pas y adhérer eux-mêmes et Israël leur a emboité le pas.


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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 13:32


Cet article traduit du russe et publié par «Nouvelles d'U.R.S.S.», dans son n° 117, septembre-octobre 2012 apporte un éclairage intéressant sur la Syrie. En effet il souligne que le manichéisme enfantin utilisé par les gouvernements et les médias occidentaux : « démocratie » Versus « dictature », « bons » contre « méchants », « civilisés » contre « barbares » peut être avantageusement remplacé par d’autres catégories d’analyse plus fines et plus rationnelles.
Ainsi il affirme que la Syrie est un pays progressiste et pas réactionnaire ce qui est exact sur toute une série de critères : laïcité, protection sociale, formation …En même temps il trouve les positions du gouvernement russe trop timides ...



Les gouvernements successifs de la France préfèrent manifestement les monarchies réactionnaires : Qatar, Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis



Que diable sont-ils allés faire dans cette galère et vont-ils y rester longtemps ?



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L'internationalisme prolétarien



LES IMPÉRIALISTES PRÉPARENT OUVERTEMENT LA GUERRE CONTRE LA SYRIE
Article publié dans le journal russe «Révolyoutsiya»,
N° 7-8 (19-20), 2012


Les impérialistes américains ne dissimulent pas leurs intentions de s'accaparer de la Syrie. Pour cela, ils utilisent le scénario utilisé précédemment contre la Libye: soutien actif à la «cinquième colonne» à l'intérieur du pays, déchaînement d'une opposition armée de mercenaires contre les troupes gouvernementales, le tout suivi de l'accusation du gouvernement en place d'absence de « caractère démocratique». Sans oublier non plus des fragments du scénario « irakien » : bruits de possession d'armes de destruction massive par le gouvernement indésirable.


Ainsi, selon ce qu'affirme « La Voix de l'Amérique», la Syrie disposerait de l'un des plus puissants arsenaux d'armes chimiques, dont l'ypérite, le sarin et autres substances toxiques. La « détention» de cette arme inquiète fort les vautours pentagoniens.
Toutes les victimes du conflit, indépendamment des causes réelles de leur perte, sont indistinctement attribuées aux troupes gouvernementales. Ainsi en a-t-il été avec l'assassinat massif des paisibles habitants du point de brancardage d'Al Quia le 25 mai, duquel les « insurgés syriens» et, à leur suite, l'O.N.D., ont hâtivement accusé l'armée régulière.


• A la conférence de presse de Damas, le chef de la commission d'enquête sur l' assassinat massif des paisibles habitants d'Al-QuIa, le général Dja¬mal Qasem As-Souleiman, a communiqué les résultats du travail de cette commission qui ont montré que la majorité des victimes était composée d’habitants de l’endroit qui avaient refusé de participer aux manifestations anti-gouvernementales au travail de sape et à porter les armes


*[ndt] Dans la version irakienne, ce bobard monstrueux a été lancé par le Britannique Tony Blair, escroc politique, criminel de guerre et dangereux terroriste d'envergure mondiale.


Les résultats préliminaires de l'enquête se basent sur des témoignages de témoins oculaires dont les noms ne sont pas divulgués dans l'intérêt de leur sécurité. Les témoins affirment que le massacre a été perpétré par un groupe de 600 à 500 sicaires parmi lesquels se trouvaient aussi bien des membres de bandes Locales que venus de contrées voisines.
La majorité des victimes de viols ont été des enfants.
Toutes les victimes ont été tuées ou bien par coups de feu tirés à bout portant, ou bien à l'arme blanche, mais il n'y a aucune trace sur leurs corps ni de bombardements, ni de tirs d'artillerie, ni de canons de chars.
Suivant la déclaration du chef de la commission, le but de l'action était de soustraire complètement le secteur donné au contrôle des autorités.


L'Organisation des Nations unies, comme chaque fois durant ces onze dernières années, s'est trouvée être un jouet aux mains des impérialistes. Les propositions de « régularisation pacifique» du conflit, élaborées par les représentants de l'O.N.D., sont rejetées et ne sont mises en œuvre ni par le gouvernement de la Syrie, ni par la «cinquième colonne» armée. Les impérialistes n'ont, eux, nul besoin de cette «régularisation pacifique»; ils ont besoin, bien au contraire, de nouvelles victimes, dont le sang permet d'augmenter la fortune des grosses sociétés.
Quant à la bourgeoisie russe, elle ne reste nullement non plus à l'écart du partage du gâteau» par ses compères occidentaux. Et les bâtiments de guerre de la Russie, sont-ils tantôt là, près des côtes de la Syrie, tantôt n'y sont-ils pas, l'essentiel est que l'on en parle en permanence et que les journalistes les utilisent pour bien montrer que l'élite de la F.R. est prête à se battre pour son « butin de guerre» du conflit qui se déploie impétueusement.


Cela étant, par l'intermédiaire des moyens d'information de masse et de propagande, ceux de chez nous comme ceux de l'Occident, un même torrent de désinformation se déverse sur la tête des citoyens: le régime de Bachar al-Asad, que nous, les bolchéviks, considérons comme un régime progressiste, est un «régime sanguinaire», rien d'autre. À la télévision de Russie on fait mousser les communiqués sur les nouvelles victimes dans la zone des hostilités dont la responsabilité incombe bien évidemment à l'armée syrienne, c'est à croire gue les sicaires tirent leur poudre aux moineaux sans blesser personne.


Toutes les tentatives (il faut dire assez timides et faiblardes) des autorités de Russie pour «prévenir» l'intervention en Syrie ne sont dictées par rien d'autre que par l'aspiration à défendre les intérêts des firmes transnationales russes dans ce pays. Même les livraisons d'armes au gouvernement syrien, dont les politiciens européens accusent notre pays, elles ne sont pas effectuées dans le but d'aider généreusement le gouvernement progressiste d'Asad, mais pour satisfaire nos marchands d'armes qui désirent seulement s'en mettre plein les poches grâce aux souffrances humaines.
Sn fait, l'irruption des troupes américano¬OTANiennes en République arabe syrienne est une question résolue et la direction de la Fédération de Russie le sait. L'information a filtré suivant laquelle les forces des unités mécanisées et celles de la protection contre les mines préparent l'évacuation de Syrie des citoyens de Russie. Cela signifie que l'intervention directe en R.A.S. n'est plus très loin.
La raison pour laquelle les États.-Unis ont soudain ressenti le mécontentement du gouvernement syrien est fort prosaïque. À la base de la guerre civile qui sévit en Syrie, il y a l'éternelle aspiration de l'impérialisme à l'obtention du profit. Avoir le contrôle des ressources de pétrole de ce pays, voilà la raison pour laquelle la guerre a été déclenchée, voilà la raison pour laquelle les impérialistes ont organisé l'assassinat massif d'innocents.
Ces jours derniers, on a de nouveau recommencé à parler de la prochaine crise, de 1a chute imminente des prix mondiaux du pétrole et des conséquences néfastes que cela aura sur l'économie de marché de la Russie. Les experts a affirment qu’en en cas de chute du cours du baril de pétrole à moins de 60 dollars, le célèbre Fonds de stabilité de la Fédération de Russie. ne suffira que pour une semaine ... La bourgeoisie se prépare déjà à sauver les biens qu'elle a pillés moyennant les «blocs de mesures anticrise», à peu près comme ceux-là même qu'utilisent à présent les gouvernements de Grèce, d'Espagne et d'autres pays d'Europe. Ces mesures consistent en baisse et gel des salaires, réduction de toutes les garanties sociales et en licenciements massifs. C'est de cette manière, aux frais du peuple laborieux que les capitalistes tentent de sauver du krach la base de leur économie: le système bancaire.
Mais, pour la bourgeoisie, l'issue la plus commode pour sortir de la crise économique, c'est la guerre. La guerre fera grimper les prix du pétrole, ouvrira de nouveaux débouchés pour la vente d'armements, de substances toxiques, etc., tandis que, par la même occasion, elle permettra, de manière absolument légale, de mater le mouvement ouvrier qui prendrait de «mauvaises tournures». Aujourd'hui, la guerre est devenue indispensable aux impérialistes, elle leur accordera encore un petit sursis jusqu'à l'effondrement de leur régime gangrené jusqu'à la moelle et qui ne se maintient plus que par la force de ses baïonnettes.
Tous les communistes, toutes les organisations ouvrières, toutes les organisations de jeunesse, tous les honnêtes gens du monde doivent s'unir étroitement pour résister à la soldatesque impérialiste qui passe toutes les bornes.
Nous, les combattants de la Jeune Garde des bolchéviks de toute l'Union soviétique (J.G.B.tUS; sigle russe: VMGB), avec nos camarades aînés du P.C.B.T.U., déclarons:


« Impérialistes et sionistes, bas les pattes devant la Syrie! »


NON à la nouvelle guerre au Proche-Orient!

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 12:49

Le MOSOURPA, Mouvement pour la SOUveraineté et le Respect des Peuples d'Afrique, est une association créée à Marseille en 2011. Son nom exprime trés simplement ses buts. 

Son Président d'honneur est le professeur de droit international Robert Charvin, ancien doyen de la Faculté de Droit et de Science politique de Nice.

 

Elle vient d'adresser un courrier aux présidents de tous les groupes parlementaires de la nouvelle Assemblée Nationale. Nous le reproduisons ci-aprés.

 

 

 

afrique2.jpg

 

 

 

 

 

 

MOSOURPA

Mouvement pour la souveraineté et le respect des peuples d’Afrique

61 Rue Consolat

13001 Marseille

 

                                                                                                              M.  XXX

Président du groupe  XXX

Assemblée nationale

126 Rue de l’Université

75355 Paris 07 SP

 

 

Monsieur le Président,

Vous ignorez peut-être que le précédent gouvernement de la République a organisé en 2011 un coup d’état dans un pays étranger. Tel est pourtant le cas.

Le 28  novembre  2010 se tenait le second tour des  élections présidentielles en Côte d’Ivoire. Deux candidats restaient en présence : d’un côté le président sortant LAURENT GBAGBO, de l’autre le dirigeant d’un mouvement sécessionniste qui avait  pendant huit ans soustrait par la violence des armes la moitié du pays à l’autorité du gouvernement légal : ALASSANE DRAMANE OUATTARA.

 

Sous la pression de la France et de ses alliés  le gouvernement légal reconnu par toute la communauté et les institutions internationales a accepté d’organiser cette élection dans des conditions d’extrême précarité. En effet, la division du pays  et la présence sur la moitié du territoire de bandes armées qui y faisaient régner la loi de la jungle depuis huit ans et faisaient campagne pour le candidat OUATTARA le pistolet mitrailleur à la main, ne pouvaient permettre la  libre expression des citoyens vivant dans ces zones.

Malgré cette situation le président LAURENT GBAGBO,  qui a laissé s’exprimer son adversaire dans les zones policées du pays,  a gagné l’élection dont le résultat a été  proclamé par le Conseil Constitutionnel, conformément à la Constitution ivoirienne.

 

La République française a refusé le résultat des urnes et le 11 avril 2011, elle a imposé par la force militaire en bombardant le palais présidentiel, le candidat battu : Alassane DRAMANE OUATTARA. Ce jour-là, Le président GBAGBO a échappé à la mort mais a été enlevé et séquestré sur le sol de la Côte d’Ivoire avant d’être enlevé une seconde fois pour être livré à la Cour Pénale Internationale.

Dix-huit mois après ce coup d’état qui rappelle les pires heures de la colonisation, le nouveau Président et son entourage ont installé dans ce pays une véritable dictature. Installé par un putsch il gouverne en putschiste : opposants emprisonnés, assassinats politiques, opposition politique et presse muselées et atteintes permanentes aux libertés publiques tant par la police du régime que par les bandes armées qui le restent.

 

Le MOSOURPA entretient des liens très étroits avec la population ivoirienne et souhaite vous rencontrer pour vous apporter  de nombreux témoignages sur l’état dramatique des droits de l’homme en Côte d’Ivoire.

La France en imposant par la force un dictateur en Côte d’Ivoire, est en train de ruiner le crédit dont elle pouvait encore bénéficier sur le continent africain.

 

Il vous appartient de réfléchir avec votre groupe et dans les commissions de l’Assemblée Nationale aux conséquences désastreuses pour notre pays de cet acte colonial d’un autre âge qui va le faire détester par tous les peuples d’Afrique, et vous disposez à l’Assemblée des tous les moyens d’investigation  nécessaires pour vérifier que nous disons vrai.

 

Dans l’attente de cette rencontre que nous espérons proche tant la dégradation de la situation ivoirienne est rapide, nous vous adressons, Monsieur le Président, nos salutations citoyennes respectueuses.

 


 

Marseille le 21 Septembre 2012

 

 

 

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 13:50

En japonais DIAOYU se dit SENKAKU

En chinois SENKAKU se dit DIAOYU

 

Deux mots pour désigner la même réalité géographique : 8 ilots rocheux – en fait 5 iles et 3 cailloux -  inhabités dont le plus vaste couvre à peine 4 km2. A environ 200 kilomètres au nord de Taiwan, à environ 400 kilomètres au sud de l’ile japonaise d’Okinawa et à environ 300 kilomètres de la côte de la République Populaire de Chine.

Ces quelques cailloux perdus en Mer de chine orientale ne devraient pas susciter beaucoup d’intérêt. Pourtant ils sont au centre d’une crise internationale entre la Chine et le Japon qui pour l’instant n’a pas fait de victimes mais a fait monter la température politique dans les deux pays, au niveau des gouvernements comme à celui des opinions publiques, chacun revendiquant la souveraineté sur l’archipel.

 

 

 

    diaoyu.jpeg

 

Origine du conflit

Les documents de droit international sur le sujet ne sont pas légion, la question de la souveraineté sur ces ilots déserts  et leur éloignement en mer n’ayant pas beaucoup préoccupé les pays voisins et leurs diplomates dans les temps anciens.

A partir du 14° siècle l’archipel est connu car il se trouve sur la route maritime reliant l’empire chinois au royaume de Ryükyü. Ce royaume insulaire indépendant dont l’ile d’Okinawa est le centre  va durer du 15° siècle au 19° siècle et connaitra une période de grande prospérité aux 16°et  17°siècles.   Il est un  carrefour d’échanges entre la Chine le Japon et la Corée et permet aux empires rivaux de contourner les interdits commerciaux officiels entre ces pays. Des échanges culturels intenses accompagnent ces échanges commerciaux comme en atteste le patrimoine architecturel et artistique du royaume où les trois influences extérieures : coréenne, japonaise et chinoise sont visibles. Le statut des Diaoyu/Senkaku n’est pas clarifié mais le géographe japonais Hayashi Shibei qui établit une carte de la région en 1785 les considère comme territoire chinois en leur attribuant le seul nom de Diaoyu. Il ne fait que suivre le mouvement général : les cartes de l’époque qu’elles soient établies par des chinois ou par des navigateurs européens rangent toutes  les ilots parmi les possessions chinoises et les colorient comme la Chine. D’autre part il est établi que le royaume de Ryukyu payait tribut à l’empereur de Chine dont il était de fait le vassal.

En 1879 le Japon, profitant de l’affaiblissement de la Chine, annexe le royaume. Le roi Sho Tai est destitué et, affublé d’un titre de marquis, installé de force au Japon. Le royaume devient alors la préfecture d’Okinawa. Cette annexion est confirmée par le traité de Shimonoseki (1897). Mais ce traité qui vient concrétiser la défaite chinoise dans la guerre sino-japonaise de 1894-1895 ne mentionne pas expressément les Diaoyu. Dans ce traité le Japon enlève Formose (aujourd’hui Taiwan) à la Chine et va ensuite tenter d’argumenter en disant que les ilots situés entre Formose et Okinawa font partie du lot.

La politique impérialiste du Japon contre la Chine se poursuivra jusqu’à sa défaite et sa capitulation en 1945, mais dés la Conférence du Caire en 1943 à laquelle participe Tchang Kai-Chek avec Churchill et Roosevelt les revendications de la Chine nationaliste pour la récupération des terres chinoises annexées par la Japon Impérial sont retenues. Taiwan doit revenir à la Chine comme les Diaoyu gérées à l’époque par le « préfet » japonais de Taibei (version japonaise de Taipeh). Le communiqué final de la conférence de Postdam confirmera les accords passés au Caire.

Le nom japonais de Senkaku apparu en  1900 ne sera utilisé par la diplomatie japonaise qu’à partir de 1950. En effet, après sa capitulation le Japon est absent de la scène diplomatique, mais la prise de pouvoir par les communistes à Pékin et le repli des nationalistes chinois défaits sur Taiwan crée une division entre chinois dont le Japon entreprend de tirer parti pour réintégrer les Diaoyu/Senkaku dans la « préfecture » d’Okinawa. Cette ambition est contrecarrée jusqu’en 1972, date à laquelle les Etats-Unis qui occupent massivement Okinawa en transfèrent l’administration  au gouvernement japonais. Il ne sera jamais question dans ce transfert des Diaoyu. Les Etats-Unis qui se rapprochent de la Chine évitent soigneusement de favoriser des ambitions japonaises qu’ils connaissent et ne les feront jamais leurs  sachant qu’elles sont contraires aux accords de fin de guerre et tant elles  leur paraissent dérisoires au regard de leur grande politique de rapprochement avec la Chine. On en restera là et, Japon excepté, aucun pays ne conteste la souveraineté chinoise sur les Diaoyu.

 

    diaoyu2.jpeg

La période actuelle

Il est bien loin le traité de Shimonoseki, ils sont bien loin les traités inégaux qui avaient vu la Chine tomber au rang de pays dominé, en partie envahi et colonisé. Bien que les relations économiques soient très intenses, le Japon très développé mais avec des taux de croissance faibles voire nuls, dépassé par son voisin en tant que seconde puissance économique mondiale, prend ombrage de cette nouvelle situation et voit se réveiller son vieux nationalisme impérial (le Japon a encore un empereur !). Il veut oublier sa capitulation et 1945 et entreprend de remettre en cause les accords de 1945. Il le fait avec la question des Iles Kouriles qu’il veut reprendre à la Russie et avec les Diaoyu/Senkaku qu’il veut reprendre à la Chine.

Cette politique va donner lieu à un premier incident diplomatique en 2010. Des chalutiers chinois pêchant dans l’archipel sont menacés par des patrouilleurs militaires japonais. Un des chalutiers réagit vigoureusement et vient tamponner les navires de guerre japonais. Il est arraisonné et son commandant expédié au Japon. Il est prévu de le faire juger pour violation des eaux territoriales japonaises. Le gouvernement chinois proteste, les Etats-Unis ne disent rien, le Japon se trouve isolé et l’incident diplomatique qu’il a fabriqué tourne court. Le commandant du chalutier est libéré sans procès. Il  rentre en Chine comme un héros.

Pour autant le Japon ne change pas de politique et il va tenter de profiter de la nouvelle stratégie des Etats-Unis dans le Pacifique annoncée en 2012. Cette stratégie confirme la zone Pacifique comme la région clé du monde et  la Chine comme adversaire principal dans cette région. Le Japon pense donc pouvoir compter cette fois sur l’appui des Etats-Unis pour relancer son offensive sur les iles Diaoyu/Senkaku. Les manœuvres politiques débutent au printemps 2012. Elles consistent à lancer une campagne pour faire acheter les iles qui seraient propriété privée d’un citoyen japonais par le gouvernement. Il s’agirait d’une sorte de « nationalisation ».

Les discussions se poursuivent entre la municipalité de Tokyo  qui pourrait également se porter acquéreur et le gouvernement. Le 10 Juin, la veille de l’ouverture du débat parlementaire sur la question,  six membres du parlement japonais se rendent sur les iles. Le 7 Juillet le premier ministre Yoshihiko Noda confirme qu’il négocie l’achat des iles au propriétaire privé.

Le 15 Aout, 14 ressortissants chinois qui avaient débarqué sur les iles sont arrêtés par le Japon. La droite japonaise riposte en envoyant dix de ses militants ultra nationalistes sur les iles.

Le 24 Aout, Yoshihido Noda annonce que les iles sont partie intégrante du territoire japonaise. Deux jours plus tard il précise que la négociation pour le rachat de 3 des iles à leur propriétaire par le gouvernement est en cours. Enfin le 5 Septembre l’accord avec le vendeur est obtenu. Le contrat est signé le 11 Septembre.

Voici donc la crise ouverte dans toute son intensité par un face à face des deux gouvernements aux niveaux les plus élevés.

S’ouvre alors en Chine une  période d’importantes manifestations de rue. Elles ont d’autant plus de succès que la manœuvre japonaise ravive les très mauvais souvenirs de l’invasion du pays par le Japon. Commencée en 1931 par l’attaque de la Mandchourie et poursuivie en 1937 elle ne s’est achevée qu’en 1945. La guerre sino-japonaise a donc duré 14 ans, elle a fait plus de 10 millions de morts côté chinois et les pratiques de l’armée japonaise ont laissé de très mauvais souvenirs. Les manifestants s’en sont pris  violemment à de nombreux signes de la présence économique japonaise en Chine : voitures, magasins de téléphonie …Des chinois de la diaspora ont manifesté dans de nombreux pays.

 

Mais elle est devenue internationale et multiforme. En voici quelques aspects :

  • Les Etats-Unis après avoir imprudemment laissé la Japon avancer vers le conflit ne veulent pas d’une crise de grande ampleur entre leurs deux principaux créanciers. Léon Panetta, le secrétaire du Pentagone s’est rendu très récemment à Pékin  et,  d’après le communiqué officiel de la rencontre, il a  reconnu que les iles étaient chinoises.
  • La position extrêmement  prudente voire embarrassée des Etats-Unis qui voudraient bien que la crise ne s’amplifie pas  tient également au fait qu’ils ont une présence militaire très importante sur l’ile d’Okinawa – ils occupent 20 % du territoire – et que toute position trop favorable à la Chine pourrait conduire le gouvernement NODA à relayer  les revendications de  la population d’Okinawa qui manifeste sans succès depuis des décennies pour le départ des troupes US.
  • La crise a  rapproché encore plus le régime de Taiwan de la Chine Populaire. En effet taïwanais et chinois du continent considèrent que les iles sont chinoises et rejettent avec une égale vigueur le coup de force politique de Tokyo. La question de l’exercice de la souveraineté par Taipeh ou Pékin ne les divise pas et, dans l’état actuel de leurs relations, les deux Etats trouveraient la solution  à l’exploitation des ressources de la zone en matière de pêche ou d’exploitation à venir de ressources pétrolières sous-marines. Là encore l’embarras des Etats-Unis est extrême face à une Chine en voie de réunification.
  • Le président  chinois HU JINTAO et son probable successeur XI JINPING ont  réaffirmé  que la Chine ne reconnaitrait jamais la souveraineté japonaise sur les iles. En même temps le gouvernement a pris une série de décisions concrètes  manifestant un refroidissement notable des relations entre les deux pays. A quelques semaines du Congrès du Parti Communiste chinois la crise va favoriser les tenants d’une politique de fermeté vis-à-vis des Etats-Unis.
  • Sur le plan du droit international la Chine a déposé auprès de la commission spécialisée de l’ONU sur le droit de la mer un dossier montrant que les Diaoyu se situent sur le  prolongement du plateau continental chinois et qu’elles doivent donc  être considérées comme se situant dans la zone économique exclusive (ZEE) chinoise. A contrario le rattachement à l’archipel japonais d’Okinawa n’est pas fondé puisque une fosse marine de 2000 m sépare l’archipel des Diaoyu de celui d’Okinawa et de la ZEE japonaise.

Petites iles, grands effets !

 

   

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 21:35

Un communiqué de la présidence de la République en date du 23 Aout nous a appris qu'à l'occasion d'un entretien téléphonique avec le Premier Ministre britannique, François Hollande avait "souligné l'engagement de la France à apporter un soutien effectif à l'opposition syrienne , y compris sur le terrain".

 

Comme sur le terrain l'opposition ne s'exprime qu'à coup de mortiers, de lance-grenades, de bazookas et de fusils mitrailleurs, le Président de la République vient d'engager officiellement  la France dans une nouvelle guerre.

 

Hollande a remplacé Sarkozy mais il s'allie avec Cameron pour faire la guerre en Syrie comme Sarkozy l'avait fait en Libye.

 

Il est urgent de s'opposer à cet abus de pouvoir et à cette nouvelle aventure militaire désastreuse .

 

COMAGUER a signé l'appel du COMITE VALMY qui suit


 

Appel à faire cesser l’agression contre la Syrie et à refuser la participation de la France à celle-ci
Comité Valmy


(www.comite-valmy.org)

 

À TOUS LES FRANÇAIS

Nous sommes aujourd’hui l’objet d’une longue et importante campagne médiatique qui nous abreuve de mensonges à propos de la Syrie. Cet acharnement des médias de la pensée unique a pour but de nous faire accepter la participation de la France à une agression criminelle contre un pays souverain, qui fut longtemps un pays ami et que nous avons aussi, autrefois occupé sous mandat de la Société des Nations. Cette agression que subissent déjà l’Etat-nation et le peuple syrien, viole les lois internationales, les traités signés par notre pays, notre constitution et nos lois.


Ainsi :

Comment qualifierait-on, en France, l’appui que donneraient l’Allemagne, la Suisse ou l’Espagne par exemple, par la mise à la disposition de bases, d’armements, d’argent, de munitions, de matériel de communication, de service de propagande sans nuance, à des groupes armés et fanatisés, ces groupes attaquant notre gendarmerie, notre police, détruisant à l’explosif les trains, les aéroports, les lignes électriques, assassinant fonctionnaires, journalistes, élus, choisis sur critères ethniques ou religieux ? Que diraient les Etats-Unis si le Canada ou le Mexique se livraient contre eux à des attaques semblables ?

Qui est tué en Syrie ? La moitié des morts estimées entre 17 et 20.000 par les occidentaux appartiennent aux forces gouvernementales, dites de « répression ».

Le seul correspondant accepté par nos journalistes et les médias en France, leur source unique concernant la situation en Syrie est une officine partisane (une seule personne en réalité) pilotée par les services secrets britanniques, l’autoproclamé « Observatoire Syrien des Droits de l’Homme ».

Comment qualifiait-on chez nous pendant l’Occupation la radio et les journaux inféodés à l’ennemi du peuple et de la nation ? « Radio Paris est allemand ».

Même si, et beaucoup d’entre nous ont conscience que ce n’est pas le cas, Bachar Al Assad était bien le dictateur affirmé par les médias du système, les Syriens qui refusent l’agression de leur pays souverain par des hordes étrangères seraient-ils pour autant des suppôts de cette prétendue dictature ?

La France et l’Angleterre sont entrées en guerre pour défendre la Pologne de Pilsudski, qui coopérait juste avant avec Hitler ; les millions de personnes qui ont dénoncé les guerres US contre l’Irak soutenaient le peuple irakien agressé et pas nécessairement Saddam Hussein.

Comment ose-t-on parler de « la communauté internationale », comme si elle était unie ou majoritaire, alors que les réunions organisées par l’OTAN et les émirats et rassemblant de pseudo « amis de la Syrie », concernent moins de population que la dernière réunion de Téhéran, le jeudi 9 août 2012, où plus de la moitié de la population mondiale était représentée ? Cette majorité des peuples, n’en déplaise aux pseudos « humanitaires » ou aux « bobos de gauche ou de droite », dénonce l’alliance agressive de l’OTAN, des euro occidentalistes, du Japon avec des émirs et les salafistes et djihadistes du Proche-Orient. Les peuples prennent conscience du risque grandissant de guerre mondiale qui ne pourrait être que nucléaire. Ils n’acceptent plus les guerres d’agression déclenchées sous des prétextes aussi divers que mensongers comme en Irak, Afghanistan (il n’y eut aucun ultimatum ni déclaration de guerre), Yougoslavie, Côte d’Ivoire, Libye, et qui aujourd’hui avec la Syrie servirait de détonateur à une conflagration généralisée.

Si la France officielle installée dans une logique de guerre et qui déjà soutient de différentes manières l’agression extérieure, notamment en fournissant des armements et des spécialistes aux extrémistes salafistes aux origines diverses, franchissait le pas de la guerre ouverte que certains réclament dans ses rangs, alors nous nous trouverions du mauvais coté, celui des fauteurs de guerre que nous imposent les politiques, les journalistes et les « élites » autoproclamées qui monopolisent le pouvoir au détriment de la souveraineté populaire.

Nous, organisations et citoyens d’horizons divers, de sensibilités différentes, estimons avoir le devoir d’alerter sur le péril imminent qui menace non seulement l’honneur et les valeurs de la France, les principes de notre République, mais également, au-delà, notre sécurité, notre vie et celle de nos enfants. Au nom de la paix et du respect de ces valeurs, nous demandons que cesse cette agression contre la Syrie, afin de briser l’engrenage d’une nouvelle guerre mondiale, que seuls les peuples peuvent empêcher.

15 août 2012

Cet appel ouvert à la signature des citoyens qui souhaitent contribuer à cette initiative, est initié par le Bureau national du Comité Valmy ainsi que par des personnalités et des militants d’organisations et de sensibilités diverses.


Signer : info@comite-valmy.org

 

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 17:05

SOMMET DE L’UNION AFRICAINE
ECHEC DE LA FRANCAFRIQUE



Le sommet de l’Union Africaine s’est réuni le 17 Juillet.
Il a procédé au renouvellement du président de la Commission de l’Union Africaine, son organe exécutif permanent.


A l’issue de trois tours de scrutin le sortant PING (Gabon) qui se représentait, a été battu. Il est remplacé par la sud africaine Nkosazana Dlamini-Zuma qui a obtenu les suffrages de 37 Etats soit 60% des membres de l’Union Africaine
Mme Dlamini-Zuma est une forte personnalité. Combattante de l’ANC, elle a été mariée avec l’actuel président Jacob Zuma et a occupé d’importantes fonctions ministérielles : Ministre de la Santé (elle est médecin) dans les gouvernements Mandela, puis Ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Thabo M’Beki, elle était , jusqu’à son élection par l’Union Africaine, Ministre de l’intérieur dans le gouvernement de son ex-mari.
L’arrivée à ce poste d’une militante active et de poids de la décolonisation n’est pas comme cela a été écrit une victoire des pays africains anglophones sur les pays africains francophones mais un échec pour la Françafrique qui soutenait Ping. La Françafrique paye ainsi la brutale politique néocoloniale qui a caractérisé la Présidence Sarkozy. Quelles que soient ses intentions profondes encore incertaines en matière de politique africaine l’équipe Hollande/Ayrault devra tenir compte de cette évolution nette de la situation continentale.
D’une façon plus générale les pays africains qui ont conquis leur indépendance de haute lutte : Afrique du Sud, Algérie, Angola …sont en train de pendre le pas sur ceux dont l’indépendance formelle avait été accordée par le colonisateur. La Libye était du nombre …
Un des premières prises de position de Mme Dlamini-Zuma a été de confirmer qu’il était exclu que l’Afrique livre le président soudanais Omar el Béchir à la Cour PénaIe Internationale qui le réclame. Elle considère en effet que la situation au Soudan où la guerre civile entre le Nord et le Sud a fait place à une guerre entre Etats à la suite de l’indépendance du Sud Soudan qui n’a réglé aucun des problèmes préexistants nécessite la participation du Président Omar el Béchir aux négociations pour mettre un terme au conflit Nord-Sud.
Indirectement Mme Dlamini-Zuma exprime la méfiance de nombreux dirigeants africains vis-à-vis de la Cour Pénale internationale qui, en dix ans d’activité, n’a poursuivi que des responsables africains comme s’il n’existait pas en Afrique ou ailleurs d’autres criminels de guerre en activité et qui dans le choix de ses inculpés a fait preuve jusqu’ici d’une partialité très adaptée aux manœuvres des puissances néocoloniales sur le continent, l’enlèvement du Président ivoirien Gbagbo en étant le plus récent exemple.

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 15:56

 

Les sunnites en Syrie

Merci à Raja Chemayel  qui fait la lumière sur les sunnites syriens lesquels subiraient la dictature d’un alaouite.

(http://arabefrustre.blogspot.fr/)

(http://angryarab.net/)

Traduction Comaguer

 

71 % des parlementaires syriens sont sunnites

73 % des militaires syriens sont sunnites

69 % des personnels de la police et des services de sécurité syriens sont sunnites

80 % des dirigeants d’entreprises syriens sont sunnites

Mais alors quel est leur problème ?

 

 

Réponse de COMAGUER 

Ils attendent que la République française, en  pleine cure d’austérité contre son propre peuple, engage des centaines de millions d’euros pour faciliter l’installation des milices islamistes armées par le Qatar et  l’Arabie Saoudite et soutenues par la Turquie à la tête d’un pays dont la conférence de Genève du 30 Juin a reconnu qu’il devait régler ses problèmes lui-même.

Mais M. LAURENT FABIUS travestit les résultats de cette conférence (voir ci-aprés dépêche NOVOSTI), M. FABIUS veut un changement de régime.

 

Conférence sur la Syrie : aucun appel au départ d’Assad

Publié le : lundi 2 juillet

Source : fr.rian.ru

La nécessité du départ du président syrien Bachar el-Assad n’est pas évoquée dans le document final adopté lors de la conférence internationale de Genève sur la Syrie, a déclaré lors d’un point de presse le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

"Le document n’exige pas la démission de Bachar el-Assad. La version initiale du texte contenait une clause impliquant le départ des personnes qui empêchaient la paix. Cela est contraire à l’inclusivité du processus politique en Syrie, ainsi qu’aux normes de la Charte des Nations unies sur la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats souverains. Cela n’est pas mentionné dans le document adopté aujourd’hui qui stipule que les Syriens doivent décider du sort de leur pays", a insisté M.Lavrov, avant d’ajouter que la version initiale avaient été modifiée à l’initiative de la partie russe.

Moscou œuvre afin de persuader le régime de Bachar el-Assad de respecter le plan Annan et espère que les pays en mesure d’influencer l’opposition feront de même, a ajouté le chef de la diplomatie russe.

Convoquée à l’initiative de Moscou, la conférence internationale sur la Syrie s’est déroulée le 30 juin à Genève.

 

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 14:46

Un livre explosif

Le « commandant invisible », Séméfia Sékou, est un des chefs de guerre utilisés pendant une décennie pour mener la guerre civile, organiser la partition de la Côte d’Ivoire puis faire tomber le régime ivoirien et enfin capturer le président Gbagbo. Repenti et reconnaissant tous les massacres perpétés pas ses hommes, il est aujourd’hui en prison. Il se déclare prêt à témoigner en faveur de Laurent Gbagbo devant la Cour Pénale internationale.

Le journaliste ivoirien Germain Séhoué a réussi à communiquer avec lui avec son téléphone portable et a mis en forme ces entretiens qui on été récemment publiés.

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 Nous avons sélectionné les quelques extraits qui suivent pour rappeler le rôle de la France dans le renversement du régime ivoirien  mais surtout pour souligner celui de l’ONU et de l’ONUCI sa force sur le terrain.

En effet si le « commandant invisible » dit vrai  l’ONU s’est totalement déconsidérée et son comportement honteux devrait mériter des sanctions exemplaires au plus haut niveau de l’organisation. D’autre part tout gouvernement français qui prétendrait  s’abriter derrière cette institution en déshérence pour justifier sa politique néocoloniale serait à passer sans hésitation par pertes et profits.

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Enbrun les annotations de Comaguer

En noir les intertitres du livre

En italique noir les questions du journaliste

 

Pendant la crise postélectorale, la France et l'ONUCI ont joué un rôle majeur.

Selon le Commandant invisible, «C'est la Licorne qui nous a assez armés avec même des véhicules adaptés à la guerre et c'est l 'ONUCI qui nous transportait et nous positionnait stratégiquement sur toute la ville d'Abidjan ». Et de préciser: «L 'ONUCI a même infiltré plus de 700 de nos éléments dans son effectif afin que nous puissions circuler librement.» Et pour ce faire, l 'ONUCI a mis en congé 700 de ses casques bleus pour céder aux rebelles leurs places et leurs noms, pour le temps de la mission de faire partir Gbagbo. « Et nous utilisions les noms el les grades des soldats onusiens mis en congé payé, qui étaient rentrés en .famille pour quelque temps », révèle le sachant au téléphone. Pour lui, tout a été planifié et monté: la marche des femmes d’Abobo, l'étouffement des banques, les charniers brandis ici et là, la mort des Français à l'hôtel Novotel, celle de Philippe, l'ami de Gbagbo, à Yamoussoukro, « tous ces cas ont été des montages ».

………………

Bref retour sur la passé

Tout ce qui se  passe en ce moment contre le camp Gbagbo est planifié par les autorités françaises et le camp Alassane Dramane Ouattara, soutenu par les autorités onusiennes, certains chefs d’Etat  africains, amis jurés d'Alassane et de Dominique Ouattara, depuis 2005.

Pourquoi 2005 ?

2005, parce que le mandat constitutionnel de Laurent Gbagbo, en tant que Président de la République est fini cette ode là. Mais surtout 2005 parce que c'est l'année où, après le déploiement de l'Opération des Nations-unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) autorisé le 27 février 2004 par la résolution 1528 du conseil de sécurité, l'ONU s'est sérieusement introduite dans le conflit ivoirien. La main française est toujours présente. Mais pour ne pas s'attirer des critiques et se voir accusée de responsable des conséquences d’un coup d'Etat qui devrait se faire en 2005, la France a posé au camp rebelle (groupe de Ouattara), un « alibi de défense ». Il s'agit d'organiser en faveur du Rassemblement des Républicains (RDR) un cafouillage électoral. C'est pourquoi le premier rôle du pouvoir français dans cette stratégie a été de faire pression sur le Président Laurent Gbagbo, sur son parti le FPI afin que soient organisées les élections présidentielles. Et le rôle de l'ONU était d'appuyer te pression de sorte que les élections aient lieu sans le désarmement complet des ex-rebelles pro-Ouattara. C'est pourquoi et la France et l'ONU, pendant des années, ont stressé le Président Gbagbo et les dirigeants du FPI sur ce dossier. Mais pendant longtemps, le Front populaire ivoirien a résisté et l'organisation des présidentielles sans le désarmement a été reportée à maintes reprises. Plus tard, Beugré Mambé, alors président de la Commission électorale indépendante (Cei) devrait jouer sa partition: faire avancer le dossier électoral tout en mettant en œuvre le plan frauduleux conçu pour l'arrivée de Ouattara au pouvoir. 3000 cartes d'identité et d'électeurs ont été élaborées pour être distribuées à des Burkinabé, Maliens, Guinéens, pour le camp Ouattara.

…………….

Plus loin, à propos de la bataille d’Abidjan

Lorsque les hostilités avaient véritablement commencé, où étaient-ils?

Sachez que jamais ni Soro, ni Dramane n'ont dormi à l'Hôtel Golf durant le temps qu'ils s'étaient regroupés là-bas. Je dis bien jamais. On faisait croire aux gens qu'ils y résidaient, mais jamais ils y ont passé une nuit. A part les sociétés françaises, ils résidaient au camp de l'ONUCI de la Riviera 3, chaque matin, ils venaient au Golf par hélico.

Combien d'éléments était composé le Commando visible pendant cette guerre de 2010-2011 ?

Nous  avions 5400 hommes sur le terrain. C'est notre clan qui était majoritaire dans cette belligérance.

Comment opériez-vous à Abobo ?

Nous avions d'abord reçu de la Licorne tous les plans, tous 1es repères stratégiques d'Abidjan pour pouvoir venir envahir  la ville. Elle nous avait également fourni toutes les cartes des communes d'Abidjan où les coins et recoins sont bien identifiés. Au début, c'est par le train qu'on a fait entrer petit à petit nos éléments à Abidjan. Et nous sommes allés nous installer à Bois-Sec, un petit endroit du côté de N'Dotré, à Jobo, pour former un petit camp. Et lorsque nous avons reçu les armes que la France nous avait promises, nous avons commencé à passer à l'acte, en envahissant Abobo et faisant subir des atrocités à la population pour faire peur au pouvoir. C'est là qu'on a commencé sous les consignes et ordres de l'ONUCI. C'est l'ONUCI qui nous livrait les armes, les véhicules et les moyens de combats, tout.

 

 

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 14:03

La    lecture de la traduction de l’article de Federico Roberti sur l’influence étasunienne en Italie (ci-dessous) a suscité de notre part un commentaire sur cette influence en France  qui figure en apostille du dit article (ci-après), façon de souligner que dans une temporalité différente la France contemporaine est elle aussi soumise à une influence permanente et organisée des Etats-Unis. Un « changement maintenant » ne saurait en faire abstraction !

 

Séduire les intellectuels pour éduquer le peuple

L’ambassadrice étasunienne Clare Boothe Luce en Italie (1953-1956)

 

Federico Roberti

5 juin 2012, http://byebyeunclesam.wordpress.com 

 

Avec la fin de la Seconde guerre mondiale, le réseau des services d’information étasunien développé par l’Office of War Information (OWI) et par le Psychological Warfare Branch (PWB) va désormais s’intituler United States Information Service (USIS), en Italie comme dans le reste du monde.

   A l’USIS et à son émetteur radiophonique La Voce dell’America[1], active en Italie dès la fin de février 1942, sera confiée la tâche d’agir « dans le domaine de l’éducation et de la formation mentale des Italiens, pour les orienter vers une vision démocratique de la vie », selon les termes de l’amiral Ellery Stone, chef de la Commission alliée de contrôle en Italie.

   A l’origine, les sièges de l’USIS sont au nombre de cinq, à l’ambassade et aux consulats étasuniens à Rome, Milan, Florence, Naples et Palerme, tandis que des salles de lecture sont progressivement équipées aussi à Gênes, Turin, Bari et Bologne, comme premier pas pour la constitution de l’USIS dans les consulats de ces villes.

   Le Notiziario quotidiano per la stampa, produit à Rome sur la base d’un bulletin qui est radiotélégraphié depuis New York puis traduit et distribué gratuitement aux journaux italiens, est l’organe principal de transmission des informations adopté par l’USIS. En Italie, c’est une édition spécialement étudiée pour l’Europe occidentale qui est envoyée, rapportant des nouvelles concernant surtout la politique étrangère étasunienne et divers approfondissements, ainsi que les textes intégraux des discours officiels de personnalités en vue.

  A partir de 1949, l’USIS commence à collaborer avec la propagande du Plan Marshall[2], gérée directement par l’organisme qui s’occupe de l’allocation des aides, la Economic Cooperation Administration (ECA).  Dans cette même période, se fait de plus en plus importante aussi la propagande liée à l’établissement du Pacte Atlantique, signé formellement le 4 avril 1949. A partir de ce moment,  les termes concernant la « sécurité » et la « paix » occupent un poste d’importance absolue dans la politique informative de l’USIS, avec une tendance qui va se consolider à partir de la naissance de l’Otan en 1950.

  Tout le programme informatif dépend directement de l’ambassadeur et du directeur de l’USIS, rôle qui est tenu depuis la fin de 1950 par Lloyd A. Free, ancien enseignant à l’université Princeton et directeur-adjoint de l’Office of International information, avec compétence sur la presse, le cinéma et les transmissions radiotélévisées, auprès du Département d’Etat. 

  A partir de 1951, grâce à l’augmentation des financements mis à sa disposition,  l’USIS Italia va connaître un grand développement, avec 61 employés étasuniens et 237 italiens, dont presque la moitié est en service à l’ambassade à Rome et le reste distribué dans les neuf autres bureaux présents dans le pays.

  Mais la plus grande impulsion au programme informatif et à la conduite de la politique extérieure étasunienne en Italie était encore à venir, et elle allait être le fait d’une femme…

 

A la fin de l’année 1952, le républicain Dwight D. « Ike » Eisenhower, ancien commandant en chef des Forces alliées en Europe pendant la seconde guerre mondiale, est élu 34èmePrésident des Etats-Unis.

   En Italie, Ellesworth Bunker, l’ambassadeur qui avait remplacé James C. Dunn, est destiné à ne rester en poste que quelques mois, car Eisenhower et sa nouvelle administration renouvellent les représentants diplomatiques à l’extérieur par des personnalités fortement liées au Parti Républicain. Pour l’Italie, en mars 1953, le choix tombe sur Clare Boothe Luce, journaliste et écrivain, plus connue en tant qu’épouse (en deuxièmes noces) du très puissant éditeur de Time, Life et Fortune, Henry R. Luce. Ancienne député à la Chambre des Représentants entre 1943 et 1947, Clare Boothe va mettre son anticommunisme viscéral au service de la nouvelle politique de « Ike », vouée à faire barrage au plus important Parti Communiste d’Europe occidentale, qui aux élections de juin 1953 gagne de nouveaux postes au détriment de la coalition centriste conduite par la Démocratie Chrétienne.

  Les années de Clare Boothe à Villa Taverna, siège de l’ambassade étasunienne,  sont caractérisées par une ingérence inédite dans les affaires intérieures italiennes. Débarquée de l’Andrea Doria à Naples le 22 avril, elle parcourt le pays sans relâche, depuis ce jour-là, en en visitant les zones les plus reculées, et en présidant foires, premières théâtrales, inaugurations (notamment celle, mémorable, de la Johns Hopkins University à Bologne). Mais avant tout elle s’efforce de gagner la sympathie des gens ordinaires, auprès de qui elle finira par être connue comme une « reine bonne».

  En de nombreuses circonstances, l’ambassadrice Luce ne cache pas sa propre défiance dans le gouvernement italien comme allié des Etats-Unis, opérant au fil du temps une approche de plus en plus radicale dans la lutte contre le communisme, qui se reflète dans la vaste organisation de l’USIS, lequel, entre temps, avait été englobé par l’agence gouvernementale USIA à peine née[3]. Le « Plan d’action » que celle-ci définit a deux objectifs : d’une part, mobiliser le consensus pour les politiques étasuniennes et accroître la confiance dans les gouvernants de la bannière étoilée, d’autre part s’opposer aux « extrémismes » de droite et de gauche par le biais de l’appel à la « lutte pour la démocratie en Italie ».

  Cela se résout inévitablement en une ingérence de plus en plus évidente dans les affaires intérieures du pays, non seulement dans les questions politiques mais aussi dans celles de la vie quotidienne. En effet, les indications contenues dans le « Plan d’action » de l’USIS pour les années 1953-1955 visent à endoctriner la population dans la longue période, en opérant spécialement dans les écoles, dans les universités et dans les milieux militaires. L’attention de la propagande étasunienne, à partir de ce moment-là, se concentre de plus en plus sur les représentants du milieu intellectuel, les professionnels du domaine de l’information, repérés comme médiateurs culturels et agents d’influence, capables de faire filtrer efficacement chez leurs propres co-nationaux les messages jugés opportuns, dans une sorte d’ « italianisation » de l’effort de propagande qui reflète aussi une réduction des ressources financières à disposition.

  Il s’agit d’un groupe de personnes choisies selon des critères très sélectifs, sur la base de contacts personnels déjà en cours. Ces gens ne seront pas seulement approvisionnés en matériel dans l’objectif de renforcer leurs convictions en syntonie avec la politique étasunienne, mais ils seront aussi poussés à promouvoir les instances chères aux Usa auprès du grand public qui, à leur différence, ne fréquentait pas les centres culturels ou les bibliothèques de l’USIS disponibles dans le pays, n’écoutait pas les transmissions radiophoniques de La Voce dell’America et ne pouvait pas bénéficier des échanges culturels présentés dans le cadre du Programme Fulbright (du nom du sénateur qui en avait parrainé l’adoption).

  D’autres cibles fondamentales de la propagande étasunienne sont les leaders politiques, auxquels on offre des abonnements aux principaux quotidiens d’outre-Atlantique, et le monde de l’école et de l’université : en particulier les facultés de droit, creuset des leaders de demain. Dans ce dernier domaine, l’intervention ne se limite pas à des bourses d’études mises à disposition pour fréquenter des cours aux Etats-Unis ou pour faire venir en Italie des enseignants étasuniens, mais à « travailler en direction des recteurs pour inclure des cours d’études américaines (étasuniennes, NdT) dans leurs universités, et en direction du ministre de l’Education pour donner plus d’ampleur aux thèses traitant de ces arguments… » comme indique un document préparatoire, allant même jusqu’à suggérer l’adoption des livres de textes opportuns présentés par les adeptes de l’USIS en Italie.

  Un des objectifs fondamentaux demeure cependant le monde syndical, où l’on intervient spécialement par l’intermédiaire des activistes des syndicats dits « libres », à l’exclusion de la Cgil.

 

Ouvrons ici une brève parenthèse[4].

L’ambassade étasunienne à Rome, pendant la mission de Clare Boothe Luce, fût très active dans le soutien des intérêts des sociétés pétrolières étasuniennes et dans sa lutte, de toutes les manières possibles, contre Enrico Mattei, président de l’organisme pétrolier d’Etat ENI (Ente Nazionale Idrocarburi, Société nationale des hydrocarbures, NdT) depuis sa fondation en 1953 et artisan de la stratégie  d’autonomie et d’indépendance énergétique nationale.

  L’attaque contre l’ENI par la presse étasunienne, en particulier celle de toute la chaîne contrôlée par Henry R. Luce, le mari de l’ambassadrice, fut sans répit. Fortune publia un long article de Herbert Solow critiquant le système italien des participations de l’Etat, accusé d’empêcher la libre concurrence, et l’ENI de Mattei, responsable à ses dires du ralentissement des recherches pétrolières et de freiner les investissements étasuniens dans le secteur. Sur des arguments semblables étaient fondées les enquêtes publiées sur Newsweek, Time, The New York Herald Tribune et jusque dans certains journaux locaux. L’un de ceux-ci, The Providence Sunday Journal, publia un article –dont la coupure fut portée à l’attention même du président Eisenhower- où l’on affirmait que l’Italie, afin de pouvoir participer aux affaires pétrolières au Moyen-Orient était prête à « remettre en jeu ses relations amicales avec l’Occident ».

   L’ambassadrice Luce en personne ne dédaignait par ailleurs pas de contribuer à la campagne contre Mattei. Vincenzo Cazzaniga, à l’époque président pour l’Italie d’une des « Sept Sœurs », Esso pour la nommer, témoigna que Luce, dans une sorte de contrepartie pour avoir soutenu la CISL dans la scission syndicale, avait l’habitude de s’adresser au Secrétaire Giulio Pastore : lequel assurait avoir été littéralement obsédé par l’ambassade à propos de la campagne contre le président de la République de l’époque, Giovanni Gronchi, contre la gauche de la Démocratie Chrétienne ( n) et contre Mattei qui soutenait Gronchi. Il s’agit ici du même Pastore que l’ambassadrice Luce, en d’autres circonstances, accusait de se servir de l’ENI pour introduire des mécanismes de participation ouvrière dans l’organisation de la production, par des initiatives qui auraient été plus favorables à Palmiro Togliatti (alors Secrétaire général du Parti communiste italien, NdT) qu’à la démocratie Chrétienne !

Fermons la parenthèse.

 

Les organes de presse, jugés comme le moyen le plus utile pour influencer tous les « target groups » et qui jusqu’à fin juillet 1953 avaient été approchés par le Notiziario quotidiano per la stampa, sont à présent sensibilisés par l’envoi d’articles écrits spécialement pour eux, et dirigés vers les plus diffusés d’entre eux, avec fourniture aux directeurs et rédacteurs du matériel informatif nécessaire, sur des thèmes sélectionnés, pour qu’ils puissent les rédiger tout seuls. Pour les nouvelles les plus importantes, est activé un canal direct avec les principaux quotidiens et on perfectionne un accord avec l’agence ANSA (agence nationale de presse associée[5], NdT) à laquelle on fait parvenir des communiqués détaillés et complets, à faire tout simplement suivre à ses propres utilisateurs.

  Au cours d’un voyage à Washington en été 1954, l’ambassadrice Luce –accompagnée par le nouveau directeur de l’USIS Italia, Nedville E. Nordness- participe à quelques rencontres avec des fonctionnaires du Département d’Etat et de l’USIA, pour discuter de la réorganisation du service d’information en cours en Italie. C’est l’occasion de souligner l’importance d’infiltrer la Télévision d’Etat d’italienne en gestation, y compris avec la production de séries qui lui seraient spécialement destinées (hypothèse qui est à ce moment-là rejetée à cause de ses coûts élevés), avec la proposition collatérale de doter tous les sièges de l’USIS d’un téléviseur à placer près de l’entrée, pour qu’il soit visible aussi de l’extérieur afin d’attirer les curieux… et pour suggérer une présence étasunienne plus grande dans les foires et les fêtes locales, qui attiraient alors un important public.

  Les rencontres en question donnent aussi et surtout à l’ambassadrice l’occasion de rappeler la nouvelle ligne des programmes d’action de la propagande culturelle étasunienne en Italie : ligne désormais presque entièrement tournée vers les professionnels de l’information et du monde intellectuel en général, en partant de la conviction, « mûrie après de minutieuses pondérations », que presque tous ceux-ci doivent être convaincus de la solidité de la culture d’un pays étranger avant d’accepter son leadership dans les affaires internationales[6]. Probablement l’ambassadrice pensait-elle à ces intellectuels « qui ne sont pas nos amis inconditionnels » mais qui manifestaient cependant souvent une curiosité pour la réalité américaine (du Nord, NdT), étant d’avides lecteurs de sa littérature ; à trois d’entre eux justement  (Ignazio Silone, Primo Levi et Alberto Moravia) auraient été consentis par l’USIS, l’année suivante, des aides financières pour se rendre en visite aux Etats-Unis.

  Dans ce but, en 1954 encore, le Congrès autorise un fonds spécial, appelé President’s Emergency Fund for international Affairs, pour soutenir les programmes développés par l’USIA. Parmi les nombreuses initiatives organisées, concerts, spectacles de théâtre et tournées d’artistes, on rappellera Porgy and Bess de George Gershwin, œuvre lyrique représentée sur diverses scènes dont La Scala de Milan, à qui l’USIS fournit un grand relief promotionnel.

  On essaie en outre d’assister les institutions culturelles étasuniennes qui ont un siège en Italie, comme l’American Academy et le North American College, afin d’encourager  la diffusion des études et recherches sur l’Amérique (du Nord, NdT) en collaborant à l’organisation d’expositions et en faisant la publicité de leurs initiatives.

  Un soutien clair et ouvert est aussi offert à l’Istituto Post-universitario per lo Studio dell’Organisazione Aziendale (Institut Postuniversitaire pour l’Etude de l’Organisation Entrepreneuriale) (IPSOA), fondé par l’université de Harvard et destiné à des opérateurs déjà affirmés mais encore assez jeunes pour assimiler la bonté des principes économiques en vogue outre-Atlantique, ainsi que la section européenne de l’Ecole de Recherches internationales Avancées de la Johns Hopkins University[7], dont l’inauguration –naturellement en présence de l’ambassadrice Luce- a lieu en février 1955.

  Le nouveau « Plan d’action » de l’USIS, promulgué en août 1955, rappelle en substance les mêmes principes et objectifs que ceux des deux années précédentes mais il contient quelques précisions importantes comme la quantification des interlocuteurs choisis, 21.000, divisés en  huit catégories, bien qu’aucun nom ne soit donné : 2.200 dans le domaine de l’économie et de l’industrie, 2.200 pour l’école et l’université, 3.400 dirigeants des syndicats « libres », 3.200 dans la presse, cinéma, radio et édition, 400 officiers des Forces armées, 6.500 politiques, de niveau national comme local, 2.100 professions libérales des secteurs les plus variés, mais capables par leur notoriété d’influencer les questions politiques et sociales, 1.100 étudiants universitaires, repérés surtout dans les dirigeants des organisations étudiantes. Les premiers cours de littérature américaine (nord-américaine), tenus l’année précédente dans les universités de Rome, Florence et Venise, avaient obtenu un grand succès, et le programme de traduction de textes étasuniens, adoptés ensuite dans les programmes universitaires, continuait aussi à être envoyé si bien que l’USIS de Florence avait réussi à développer à ce sujet un accord triennal avec la maison d’édition bolognaise Il Mulino.

  Le succès s’enregistrait aussi dans le champ de l’information destinée au grand public, du fait que la RAI « couvrait fréquemment les événements suggérés par l’USIS » et que l’ANSA tirait la majeure partie de ses dépêches d’agence sur les questions, pas seulement politiques, étasuniennes, directement des communiqués traduits par l’USIS, avec une procédure qui, entre temps, était devenue vraiment efficiente : le rédacteur en chef de l’USIS à Rome contactait par téléphone l’agence de presse (italienne) et dès que celle-ci indiquait quelles nouvelles, parmi celles du jour, l’intéressaient, celles-ci étaient immédiatement traduites et diffusées.

  A la fin de 1956, quand Clare Boothe Luce quitte sa charge d’ambassadrice, l’USIS italienne constitue un des plus importants et vastes programmes parmi ceux que gère l’USIA dans le monde entier. L’ambassadrice avait désormais décidé de quitter Rome quand l’USIS fit pour elle deux services importants.

Le premier fut la collaboration offerte par l’éditeur Mondadori pour la traduction et publication en Italie d’un livre d’Alden Hatch, qui sortit en juin 1956 sous le titre Ambassadrice extraordinaire. Le second fut la préparation du texte de la transmission radiophonique en anglais (italiques de la traductrice) par laquelle la RAI adressa ses adieux à la première femme ambassadeur venue d’outre-Atlantique : « … she will always be welcome to Italy, even on the briefest of visits; not as a guest, though. To us, she is and always will be ‘one of the family’” (“de la famille”... surlignage NdT).

 

Publié le 14 juin 2012 par http://byebyeunclesam.wordpress.com 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

 

Apostille de COMAGUER (Comité comprendre et agir contre la guerre, Marseille) pour la version française du texte de F. Roberti :

 

Au vu de ce texte très documenté le lecteur français pourrait céder à la tentation de se dire que le contrôle de la France par l’impérialisme étasunien n’a jamais été aussi puissant que celui exercé sur l’Italie, lequel demeure exceptionnellement visible : présence militaire massive avec ou sans truchement de l’OTAN, imbrication transatlantique du grand capital dont l’alliance FIAT-CHRYSLER est le symbole, liens mafieux, anglicisation de la langue quotidienne, jusqu’à un premier ministre issu directement de la banque US sans passer par les urnes, sans oublier évidemment les réseaux stay-behind bien décrits par Daniele Ganser.

Il y a effectivement une différence de degré.

 

Au sortir de la seconde guerre mondiale la France se retrouve dans le camp des vainqueurs. Elle doit cette position avantageuse :

- à l’alliance des gaullistes et des communistes qui reproduit au niveau national l’alliance mondiale antinazie,

- au maintien d’un empire colonial qui lui a fourni les bases arrière et les troupes de la reconquête du territoire national.

 

Rien de tel en Italie : elle s’est libérée elle-même du fascisme dans un mouvement où n’a pas existé comme en France une fraction bourgeoise organisée ayant participé à la résistance et ce sont les alliés, les Etats-Unis au premier chef, qui ont imposé aux communistes italiens dominants, avec l’appui de la mafia importée des Etats-Unis  une direction bourgeoise entièrement à leur service. Elle a perdu son petit empire colonial sans espoir de reconquête : la loi des vainqueurs.

Mais nous ne sommes plus  en 1945 et De Gaulle est mort. Le gaullisme ne lui a guère survécu puisque le premier geste du faux héritier Pompidou est de se rendre aux Etats-Unis pour faire acte d’allégeance en échange d’un respect  du « seigneur » pour l’empire néocolonial du « vassal » stabilisé – pour combien de temps ?-  après la perte de l’Indochine et de  l’Algérie. En éliminant le gaulliste Chaban-Delmas, Giscard, héritier de la France collaborationniste, poursuivra cette politique. Le soir même de son élection il prononce devant les caméras de télévision mondiales un discours en anglais et il propose l’année suivante la création du directoire impérialiste : le G7 outil non statutaire de dessaisissement systématique de l’ONU de ses  prérogatives fondatrices.

Mitterrand va réussir à maintenir cette position de vassal impérialiste en échange de la domestication des communistes  transformée aujourd’hui en simple satellisation électorale d’un parti dont le nom n’est plus que celui d’une nostalgie.

Mais dés ce moment le tropisme étasunien de la classe dirigeante s’affirme  et elle s’unifie dans un antisoviétisme orchestré méthodiquement par les Etats-Unis. Le discours de De Villepin à l’ONU contre la guerre d’Irak, qui faisait lui-même écho à la démission de Chevènement en 1991, sera le dernier soubresaut gaullien avant l’agonie.

Sarkozy n’a plus alors qu’à parachever le travail : se jeter au vu de la  planète entière dans les bras de Bush et des néoconservateurs, s’inspirer des politiques sécuritaires reconfigurées aux Etats-Unis sur la base théorique fournie par l’armée coloniale française,  réintégrer complètement l’OTAN et participer activement à toutes les aventures et agressions impérialistes : Afghanistan, Somalie, Libye, Syrie…

Il ne s’agit évidemment pas des orientations d’un homme seul mais de l’évolution d’ensemble d’une couche dirigeante, à droite comme à gauche de l’alternance, dont le référentiel idéologique commun est le mode de penser du  capitalisme impérialiste contemporain.

En témoigne l’adhésion de nombreux dirigeants français actuels aux cercles néo impérialistes transatlantiques organisés dont le plus structuré est la FRENCH AMERICAN FOUNDATION, fondation bipolaire, un pied à Washington, l’autre à Paris. Présentée sur son site,  elle a été bien décrite récemment par l’historien Pierre Hillard dans un texte accessible sur Internet et dont suit un extrait particulièrement démonstratif :

http://www.voltairenet.org/Un-relais-des-Etats-Unis-en-France

 

« La clef du système d’influence de la French-American Foundation est sa capacité à recruter des personnes appelées à occuper de hautes fonctions. Sa grande force est d’accueillir en son sein les représentants politiques issus de courants qui, officiellement, s’opposent – des socialistes à l’UMP en passant par le gaulliste Nicolas Dupont-Aignan ou le responsable de la communication de la campagne présidentielle de José Bové, Bernard Loche. Pour éviter toute conclusion hâtive, soulignons que les personnes approchées par la Fondation et qui ont accepté de la fréquenter n’ont pas pour autant accepté les offres de services qui leur ont été ultérieurement présentées.

C’est dans le programme intitulé Young Leaders qu’une véritable sélection s’opère. Comme l’affirment clairement les textes officiels : « Le programme phare des Young Leaders, piloté par les deux entités (ndlr : New York et Paris), vise à créer et à développer des liens durables entre des jeunes professionnels français et américains talentueux et pressentis pour occuper des postes clefs dans l’un ou l’autre pays » 

Au sein de la sélection, c’est le professeur de science politique états-unien et membre du CFR, Ezra Suleiman, qui fut l’unique responsable de 1981 à 1984, puis de 1994 à 2001, du recrutement des Young Leaders en France. Après une sélection drastique, seuls 125 Étasuniens et 126 Français composent les Young Leaders depuis 1981. Dans le cas de la FAF US, nous pouvons citer les noms suivants avec la date d’admission : Antony Blinken (1998, ancien conseiller en politique étrangère du président Clinton), Ian Brzezinski (2001, chargé aux affaires de défense de l’OTAN, fils du célèbre géopolitologue Zbigniew Brzezinski), le général Wesley K. Clark (1983, ex-commandant en chef des troupes de l’OTAN en Europe), le président Clinton (1984) et Hillary Clinton (1983, sénateur).

 

Dans le cas de la branche française de la French-American Foundation, nous pouvons relever en particulier :

Philippe Auberger (1989, député UMP), Yves Censi (2003, député UMP), Jérôme Chartier (2003, député UMP), Nicolas Dupont-Aignan (2001, député UMP, Debout la République), Alain Juppé (1981, député UMP), Éric Raoult (1994, député UMP), Valérie Pécresse (2002, député UMP), Jacques Toubon (1983, député UMP),

 

François Hollande (1996, député socialiste), Arnaud Montebourg (2000, député socialiste), Pierre Moscovici (1996, député socialiste), Alain Richard (1981, socialiste, ancien ministre de la Défense)

 

Henri de Castries (1994, Directeur général du groupe AXA assurances), Emmanuel Chain (1999, journaliste), Jérôme Clément (1982, Président d’Arte), Annick Cojean (2000, journaliste au Monde), Jean-Marie Colombani (1983, Directeur de la publication du Monde), Matthieu Croissandeau (2002, rédacteur en chef adjoint du Nouvel Observateur), Jean-Louis Gergorin (1994), Bernard Guetta (1981, journaliste à France Inter), Erik Izraelewicz (1994, rédacteur en chef des Échos), Laurent Joffrin (1994, PDG de Libération), Jean-Noël Jeanneney (1983, président de la Bibliothèque nationale de France), Sylvie Kaufmann (1998, journaliste au Monde), Yves de Kerdrel (2005, journaliste aux Échos), Marwan Lahoud (1999), Anne Lauvergeon (1996, présidente d’Areva), François Léotard (1981, ancien ministre de la Défense), Alain Minc (1981), Laurent Cohen-Tanugi (1996, Sanofi-Synthélabo et membre du conseil d’administration du think tank « Notre Europe » créé par l’ancien président de la Commission Jacques Delors , Christine Ockrent (1983), Olivier Nora (1995, président des Éditions Grasset), Denis Olivennes (1996, président de la FNAC)… »

  

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