Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 13:16

LES ETATS-UNIS ET LA SYRIE

Histoire d’une hostilité contemporaine permanente

 

Préambule : Avant d’être en butte à une hostilité permanente des Etats-Unis, la Syrie avait souffert de la colonisation française qui avait pris la forme en 1920 d’un mandat de la Société des Nations, une sorte de mise sous tutelle qui suscita pendant toute sa durée une résistance nationale vigoureuse qui fut matée dans le sang.

Principales dates pour mémoire :

1920 : attaque et prise de Damas mais dans d’autres régions les combats continuent jusqu’en 1923. Dans cette période troublée la France divise le pays en « zones ethniques » et sépare le Liban de la Syrie

1925 : révolte dans le djebel druze qui s’étend dans tout le pays et dure jusqu’en 1927.La France utilise ses troupes coloniales pour une répression très brutale

La France abandonne alors l’administration militaire directe et cherche à s’allier les notables locaux en fragmentant le pays. L’échec de cette politique conduit le gouvernement du Front populaire à signer un traité de paix en Décembre 1936. Ce traité reconnait l’unité de la Syrie et conserve à la France une série de bases militaires. Le traité ne sera pas présenté pour ratification au vote du Parlement par les gouvernements français suivants et ne sera donc pas appliqué.

 

Chapitre I : de l’indépendance à l’alliance avec l’URSS

En 1946 les Etats-Unis reconnaissent la nouvelle Syrie indépendante. Débute alors une période troublée caractérisée par l’émergence difficile et chaotique d’une couche d’officiers nationalistes hostiles aux anciennes classes dirigeantes de propriétaires terriens et de commerçants qui avaient collaboré avec le mandataire-occupant français.

Le tout jeune état syrien est immédiatement confronté au bouleversement que représente la création de l’Etat d’Israël. Pour obtenir la création simultanée de l’Etat palestinien prévu par l’ONU les pays arabes entrent en guerre et sont battus (première guerre israélo-arabe). Cette défaite déstabilise la Syrie. En 1949 un premier coup d’Etat renverse le premier Président Shukri al Kuwaitli Il est remplacé par Husni al Za’Im, le chef d’Etat-major qui avait conduit l’armée syrienne dans la première guerre israélo-arabe. Paradoxalement cet échec n’entrave pas sa carrière politique car il va bénéficier du soutien secret des Etats-Unis pur accéder au pouvoir. Pour Washington la priorité est d’assurer l’acheminement du pétrole saoudien, leur pétrole (l’ARAMCO - Arabian American Company - est alors leur propriété intégrale) vers la Méditerranée sans passer par le canal de Suez alors sous contrôle franco-britannique. Ils lancent le projet de TAPLINE (Trans-arab pipeline) pipeline allant de la région productrice saoudienne (au Nord-est du territoire) au port libanais de SAIDA en traversant la Jordanie et le Golan syrien. Le Président en exercice plus proche des intérêts franco-anglais est opposé au projet de pipeline. Pour bien marquer son alignement sur Washington Husni al Za’im interdit bientôt le parti communiste syrien.

Quatre mois plus tard il est lui-même renversé par un groupe d’officiers conduit par Adib Shishakli et Sami al Hinnawi. En Décembre 49, troisième coup d’état, Shishakli élimine son complice qui était lui sous l’influence britannique (dont il était probablement un agent), favorable à l’union avec l’Irak pour constituer un bloc de deux Etats sous influence britannique. L’Irak est alors dirigé par le Chérif Hussein mis en place par Londres après qu’il ait été évincé de Syrie en 1920.Shishakli maintient d’étroites relations avec les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite Bien qu’il refuse dans un premier temps d’accorder la nationalité syrienne aux 500 000 palestiniens réfugiés en Syrie après la Naqba, les Etats-Unis le considèrent comme le plus puissant dirigeant anti-communiste du pays et envisagent dés 1950 de livrer des armes à la Syrie. Cependant Shishakli a des difficultés à stabiliser son pouvoir et en 1952 il dissout le parlement et installe une dictature militaire. Mais, malgré la bienveillance du département d’Etat étasunien qui pousse la Banque Mondiale à lui accorder un prêt de 200 millions de $ son alliance avec les Etats-Unis n’aura pas le temps de prendre véritablement corps. En 1954 – le 25 février 1954 Shishakli est renversé par un coup d’état organisé par un front de partis nationalistes comprenant le Baath et le parti communiste syrien. Les élections qui suivent – le 24 Septembre 1954 – voient le succès des partis de gauche et pour la première fois dans le monde arabe un député communiste : Khalid Bakdash est élu député.

Le commentaire d’Allen Dulles, le patron de la CIA, est sans ambigüité : « la situation dans ce pays est la pire de celle de tous les pays de la région ». La riposte se prépare sous la forme du lancement en Janvier 1955 du projet de « Pacte de Bagdad » pendant moyen-oriental de l’OTAN. La Syrie et l’Egypte s’opposent à cette création. Le plus ardent avocat de cette opposition, le colonel syrien Makli est assassiné le 22 Avril 1955 par un tueur du parti « Social nationaliste syrien » (SSNP) soutien de Shishakli et proche des Etats-Unis. Cet assassinat s’inscrit dans un plan commun des services britanniques et étasuniens pour rassembler dans le camp occidental à la fois d’une part l’Irak (sous influence britannique jusqu’au coup d’état du 14 Juillet 1958 qui amènera au pouvoir le général Aref et ensuite Saddam Hussein) d’autre part la Jordanie, l’Arabie Saoudite et Israël sous influence étasunienne. Le projet qui présente de grandes analogies avec la crise actuelle consistait à susciter des incidents frontaliers avec la Turquie qui justifierait une intervention militaire irakienne accompagnée de soulèvements tribaux suscités par les services britanniques et l’intervention armée de groupes rebelles du SSNP encadrés par des agents étasuniens. En Aout 1955 Shukri al Kuwaitli revient au pouvoir et dans un climat d’union nationale où s’affirme l’influence du Baath signe en Octobre un traité d’alliance militaire avec l’Egypte. Tous ces préparatifs sont bouleversés par la nationalisation du canal de Suez le 26 Juillet 1956 qui devient aussitôt le point le plus chaud de la crise moyen-orientale et va être l’occasion pour les Etats-Unis de prendre les rênes de la politique occidentale au Moyen-Orient au détriment des anciennes puissances coloniales : France et Grande-Bretagne qui se voient intimer par Eisenhower l’ordre humiliant de retirer leurs troupes d’Egypte.

Un nouveau coup d’état pro-occidental se prépare en Syrie mais le complot est déjoué par les services secrets syriens et dénoncé à la télévision le 23 Novembre 1956. La réaction des Etats-Unis est rapide et sans ambigüité. Sur la demande d’Eisenhower qui met en avant les derniers développements de la situation en Syrie, le 30 Janvier 1957 le Congrès accorde au Président l’autorisation d’utiliser l’armée pour contenir l’influence soviétique aux Moyen-Orient. Avant cette décision politique officielle la Syrie a été un laboratoire régional d’actions clandestines de la CIA qui est intervenue sans cesse pour favoriser l’accès ou le maintien au pouvoir des différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays à partir du coup d’Etat du 30 Mars 1949. Cette politique d’ingérence permanente a été détaillée par le professeur Douglas Little spécialiste d’histoire du Moyen Orient à l’Université Clark dans son article « Cold War and covert actions. The US and Syria - 1945-1958 » publié en 1990 dans le numéro 44 du MIDDLE EAST JOURNAL (hiver 1990)

Les élections de Mai 1957 en Syrie voient le triomphe des partis de gauche. Des tentatives pour éviter la rupture totale avec l’occident conduites par Khaled al Azam et Salah Bitar ont lieu dans les mois qui suivent mais elles sont infructueuses et le 6 Aout 1957 ils signent à Moscou un accord d’assistance économique technique et militaire avec l’URSS. La guerre froide initiée par les Etats-Unis vient de s’installer durablement au Moyen-Orient, la Syrie est rangée pour des décennies par les Etats-Unis dans le camp des adversaires de l’Occident.

La crainte d’une attaque armée des USA est telle qu’en Septembre le gouvernement fait creuser des tranchées dans la ville de Damas. Pour protéger la Syrie menacée les troupes égyptiennes débarquent à Lattaquié le 18 Octobre 1957. L’armée syrienne passe sous le commandement du maréchal égyptien Abdel Hakim Amer, bras droit de Nasser, L’union des deux pays est ainsi scellée sur le terrain et prendra la forme officielle de la République Arabe Unie créée en Février 1958 et massivement approuvée par un référendum commun le 21 Février 1958. La Syrie devient la province Nord de la RAU

Cet engagement syrien sous la bannière de Nasser confirme l’engagement de la Syrie dans le camp du nationalisme arabe hostile à la domination des Etats-Unis sur la région. Cependant la fusion des deux Etats se fait au détriment de la Syrie qui voit les principales institutions de la RAU s’installer au Caire et les principaux postes confiés à des égyptiens .La rupture intervient dés 1961. Le 28 Septembre un coup d’état militaire a lieu à Damas et la Syrie reprend son indépendance. Les troupes égyptiennes quittent Lattaquié. Ce changement rapide et brutal est aussi une réponse à la révolution irakienne. En effet le coup d’état militaire du 14.07.1958 à Bagdad a renversé la monarchie, les militaires nationalistes sont au pouvoir, le PC irakien se renforce. Le pays quitte le pacte de Bagdad pro occidental, se lie avec l’URSS ce qui est de nature à favoriser un rapprochement syro-irakien.

S’ouvre alors en Syrie une nouvelle période d’instabilité qui voit s’élaborer un nouveau projet d’union qui rassemblerait tous les pays se réclamant alors du nationalisme arabe : Irak, Egypte (qui continue à s’appeler République Arabe Unie), Yémen, Algérie et Syrie. En Syrie l’affrontement sur cette question a lieu entre des « unionistes », surtout puissants à Alep et les Baathistes favorables à l’indépendance. Ceux-ci finissent par s’imposer par un nouveau coup d’Etat en Avril 1963. La Syrie se retrouve seule et se dote en Avril 1964 d’une nouvelle constitution laïque.

Dés lors s’engage entre le Baath et les Frères Musulmans un conflit qui n’a jamais cessé et constitue la toile de fond de l’actuelle guerre même si les Frères Musulmans qui tentent à plusieurs reprises de prendre le pouvoir par la voie de l’insurrection sont durement réprimés à Banyas et à Hama. Qu’ils aient tenté en Mars 2011 de revenir sur la scène dans la foulée des crises politiques en Tunisie et en Egypte qui leur ont ouvert les portes du pouvoir n’est pas une surprise et confirme que dans le monde arabe chaque évènement politique national d’importance a une répercussion très rapide chez ses voisins mais, donnée oubliée par nombre de commentateurs occidentaux des « printemps arabes » sans en être jamais la reproduction à l’identique, les histoires nationales même récentes et les structures politiques propres ayant leur influence dans l’évolution des situations.

Jusqu’à la guerre de 1967 avec Israël (nommée « guerre des six jours par Israël et « guerre arabe de 1967 » par les pays arabes) la question du nassérisme divise la Syrie. Le prestige acquis par Nasser par la nationalisation du canal de Suez est tempéré par l’expérience malheureuse de la RAU. Paradoxalement la droite syrienne qui apprécie l’anticommunisme nassérien est plus nassérienne que la gauche plus franchement nationaliste et où le PC syrien a toute sa place. La guerre de 1967 lancée par Israël qui riposte aux actions de l’Egypte en soutien à une Palestine qui n’existe toujours que sur le papier voit la déroute de la coalition arabe. La Syrie n’est pas l’objectif militaire principal d’Israël. Cependant l’aviation syrienne comme l’aviation égyptienne toutes deux équipée par l’URSS sont totalement détruites au sol et l’armée syrienne sans couverture aérienne perd la bataille du Golan qu’Israël va coloniser progressivement. La perte est encore plus grave pour l’Egypte qui perd Gaza, le Sinaï et qui voit le canal de Suez, dont la rive orientale est fermement tenue par l’armée israélienne, fermé.

La ministre de la défense syrien de l’époque est Hafez el Assad. Pilote de chasse, formé en URSS il a été stationné en Egypte avec son unité pendant la période d’unité de la RAU (1957-1961) et a cruellement ressenti la marginalisation des syriens par l’Egypte. Il éprouvera le même sentiment au moment de la guerre de 1967, l’allié égyptien ayant conduit les opérations en solitaire, laissant la Syrie et la Jordanie impréparées face à l’attaque d’Israël. On peut en conclure qu’il n’a jamais été nassérien. Cette méfiance vis-à-vis de l’Egypte sera renforcée à deux reprises quand Hafez el Assad sera devenu chef d’Etat en 1970. Une première fois en 1973 lorsque Sadate lance ses troupes dans le Sinaï mais ne pousse pas son avantage et arrête l’offensive une fois repris le contrôle du Canal de Suez permettant à la contre offensive israélienne de se développer. Une seconde fois lorsque Sadate se rend à Jérusalem et ouvre la porte au traité de paix avec Israël.

L’analyse que la Syrie fait de la politique égyptienne de Sadate est exacte et correspond à l’analyse qu’en fera l’ambassadeur d’URSS au Caire à l’époque (voir annexe). La guerre de 1973 est destinée à laver l’affront de 1967 mais n’est pas une victoire. Elle répond aux deux objectifs des Etats-Unis : rouvrir le Canal de Suez nécessaire au développement du commerce international et à la circulation facile du pétrole moyen oriental vers l’Europe et les Etats-Unis, ne pas attaquer directement Israël et ouvrir la voie de la négociation de paix qui entérinera inévitablement les conquêtes israéliennes de 1967, Sinaï excepté. Ce plan égyptien est tellement conforme à la stratégie des Etats-Unis que ceux-ci s’emploient à en concrétiser rapidement tous les objectifs. Kissinger multiplie voyages sur place et rencontres et Nixon viendra lui-même en visite officielle pour bien montrer qui a tiré les marrons du feu. Hafez el Assad les accueille l’un et l’autre mais ne cède en rien sur son refus des conquêtes militaires israéliennes et refuse tout accord de paix avec Israël. La Syrie s’installe donc dans la position de leader du front du refus position qu’elle occupe encore aujourd’hui bien que le front n’existe plus. Le traité de paix entre l’Egypte et Israël viendra confirmer et au-delà toutes les réserves syriennes

=======================================================================

ANNEXE

Le document Vinogradov

Vladimir Vinogradov est ambassadeur d’URSS en Egypte où il est arrivé à la mort de Nasser (1970) au moment de la guerre dite du Kippour (1973). Il sait mieux que personne que les armées égyptienne et syrienne ont été largement fournies par son pays en armement de très bon niveau. Il connait personnellement Sadate et il sait que Sadate issu du mouvement des officiers nassériens est très anticommuniste et cherche en fait à tourner la page du nassérisme. Il observe les allées et venues de Kissinger dans la région et ne peut que soupçonner l’existence d’un projet des Etats-Unis pour la région. Il produira donc un document circonstancié sur le plan Sadate-Kissinger qu’il présentera à Moscou au Bureau Politique

Telle est au moins la présentation qu’en fait en 2012 le chroniqueur israélien d’origine russe Israël Shamir dans un article paru dans la revue étasunienne COUNTERPUNCH et repris depuis sur divers blogs et sites internet. Vladimir Vinogradov et tous les acteurs de l’éventuel complot : Sadate, Golda Meir sont morts. Un seul survivant : Henry Kissinger … Par contre il n’est paru aucune critique de l’article d’Israël Shamir dont la traduction française suit.

+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

 

L'histoire secrète de la Guerre du Kippour

Par ISRAEL SHAMIR

Je vous préviens tout de suite, cette information n’est pas comme les autres... Si ces écrits sont authentiques, ils remettent en question toute l'hégémonie américaine sur le monde. Et justement, cela est intéressant de les prendre en considération, alors que leur modèle économique est sur le point de s'effondrer. Est-ce que l'histoire ne chercherait pas tout simplement à rétablir la vérité ?

J'ai récemment reçu à Moscou une chemise bleu-marine datée de 1975, qui contenait l'un des secrets les mieux gardés de la diplomatie du Moyen Orient et des USA. Le mémoire rédigé par l'ambassadeur soviétique au Caire Vladimir M. Vinogradov, apparemment le brouillon d'un rapport adressé au Politburo soviétique décrit la guerre d'octobre 1973 comme un complot entre les dirigeants israéliens, américains et égyptiens, orchestré par Henry Kissinger. Cette révélation va vous choquer, si vous êtes un lecteur égyptien. Moi qui suis un Israélien et qui ai combattu les Égyptiens dans la guerre de 1973, j'ai été choqué aussi, je me suis senti poignardé, et je reste terriblement excité par l'incroyable découverte. Pour un Américain cela pourra être un choc.

À en croire le dit mémoire (à paraître in extenso dans le magazine prestigieux Expert de Moscou), Anouar al Sadate, qui cumulait les titres de président, premier ministre, président de l'ASU, commandant en chef des armées, avait conspiré de concert avec les Israéliens, avait trahi la Syrie son alliée, condamné l'armée syrienne à sa perte, et Damas à se retrouver bombardée, avait permis aux tanks de Sharon de s'engager sans danger sur la rive occidentale du Canal de Suez, et en fait, avait tout simplement planifié la défaite des troupes égyptiennes dans la guerre d'octobre 1973. Les soldats égyptiens et officiers se battirent bravement et avec succès contre l'armée israélienne - trop bien, même, au goût de Sadate, puisqu'il avait déclenché la guerre pour permettre aux USA de faire leur retour au Moyen Orient. Tout ce qu'il réussit à faire à Camp Davis, il aurait pu l'obtenir sans guerre quelques années plus tôt.

Il n'était pas le seul à conspirer: selon Vinogradov, la brave grand'mère Golda Meir avait sacrifié deux mille des meilleurs combattants juifs (elle ne pensait pas qu'il en tomberait autant, probablement) afin d'offrir à Sadate son heure de gloire et de laisser les USA s'assurer de positions solides au Moyen Orient. Le mémoire nous ouvre la voie pour une réinterprétation complètement inédite du traité de Camp David, comme un pur produit de la félonie et de la fourberie.

Vladimir Vinogradov était un diplomate éminent et brillant ; il a été ambassadeur à Tokyo dans les années 1960, puis au Caire de 1970 à 1974, co-président de la Conférence de Paix de Genève, ambassadeur à Téhéran pendant la révolution islamique, représentant au ministère des Affaires étrangères de l'URSS et ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie. C'était un peintre de talent, et un écrivain prolifique ; ses archives comportent des centaines de pages d'observations uniques et de notes qui couvrent les affaires internationales, mais son journal du Caire tient la place d'honneur, et parmi d'autres, on y trouve la description de ses centaines de rencontres avec Sadate, et la séquence complète de la guerre, puisqu'il l'observait depuis le quartier général de Sadate au moment précis où les décisions étaient prises. Lorsqu'elles seront publiées, ces notes permettront de réévaluer la période post-nassérienne de l'histoire égyptienne.

Vinogradov était arrivé au Caire pour les funérailles de Nasser, et il y resta comme ambassadeur. Il a rendu compte du coup d'État rampant de Sadate, le moins brillant des hommes de Nasser, qui allait devenir le président par un simple hasard, parce qu'il était le vice-président à la mort de Nasser. Il avait aussitôt démis de leurs fonctions, exclu et mis en prison pratiquement tous les hommes politiques importants de l'Égypte, les compagnons d'armes de Gamal Abdel Nasser, et démantela l'édifice du socialisme nassérien.

Vinogradov était un fin observateur, mais nullement un comploteur ; loin d'être un doctrinaire têtu, c'était un ami des Arabes et il soutenait fermement l'idée d'une paix juste entre Arabes et Israël, une paix qui satisferaient les besoins des Palestiniens et assurerait la prospérité juive.

La perle de ses archives, c'est le dossier intitulé "La partie en jeu au Moyen Orient". Il contient quelque 20 pages dactylographiées, annotées à la main, à l'encre bleue, et il s'agit apparemment d'un brouillon pour le Politburo et pour le gouvernement, daté de janvier 1975, juste après son retour du Caire. La chemise contient le secret mortel de la collusion dont il avait été témoin. C'est écrit dans un russe vivant et tout à fait agréable à lire, pas dans la langue de bois bureaucratique à laquelle on pourrait s'attendre. Deux pages ont été ajoutées au dossier en mai 1975 ; elles décrivent la visite de Vinogradov à Amman et ses conversations informelles avec Abou Zeid Rifai, le premier ministre, ainsi que son échange de vues avec l'ambassadeur soviétique à Damas.

Vinogradov n'a pas fait connaître ses opinions jusqu'en 1998, et même à ce moment, il n'a pas pu parler aussi ouvertement que dans ce brouillon. En fait, quand l'idée de collusion lui eût été présentée par le premier ministre jordanien, il avait refusé d'en discuter avec lui, en diplomate avisé.

La version officielle de la guerre d'octobre 1973 dit que le 6 octobre 1973, conjointement avec Hafez al-Assad de Syrie, Anouar al Sadat déclencha la guerre, avec une attaque surprise contre les forces israéliennes. Ils traversèrent le canal de Suez et s'avancèrent dans le Sinaï occupé, juste quelques kilomètres. La guerre se poursuivant, les tanks du général Sharon avaient traversé à leur tour le canal, et encerclé la troisième armée égyptienne. Les négociations pour le cessez-le6feu avaient débouché sur la poignée de main à la Maison Blanche.

En ce qui me concerne, la guerre de Yom Kippour, comme nous l'avions appelée constitue un chapitre important de ma biographie. En tant que jeune parachutiste, j'ai combattu, pendant cette guerre, j'ai traversé le canal, j'ai pris les hauteurs de Gabal Ataka, j'ai survécu aux bombardements et aux corps-à-corps, j'ai enseveli mes camarades, tiré sur les chacals du désert, mangeurs d'hommes et sur les tanks ennemis. Mon unité avait été amenée par hélicoptère dans le désert, où nous avons coupé la ligne principale de communication entre les armées égyptiennes et leur base, la route Suez-le Caire. Notre position, à 101 km du Caire, a servi de cadre aux premières conversations pour le cessez-le-feu ; de sorte que je sais que la guerre n'est pas un vain mot, et cela me fait mal de découvrir que moi et mes camarades en armes n'étions que des pions jetables dans le jeu féroce où nous, les gens ordinaires, étions les perdants. Bien entendu, je n'en savais rien à ce moment, pour moi, la guerre était la surprise, mais je n'étais pas général à l'époque.

Pour Vinogradov, aucune surprise : de son point de vue, tant la traversée du canal par les Égyptiens que les incursions de Sharon étaient planifiées, agréées à l'avance par Kissinger, Sadate et Golda Meir. Le plan comportait d'ailleurs la destruction de l'armée syrienne au passage.

Pour commencer, il pose certaines questions : comment la traversée pourrait-elle avoir été une surprise alors que les Russes avaient évacué leurs familles quelques jours avant la guerre ? La concentration des forces était facile à observer, et ne pouvait pas échapper à l'attention des Israéliens. Pourquoi les forces égyptiennes n'ont-elles pas avancé après avoir traversé, et sont-elles restées plantées là ? Pourquoi n'y avait-il aucun plan pour aller plus loin ? Pourquoi y avait-il un large espace vide de 40 km, non gardé, entre la deuxième et la troisième armée, une brèche qui était une invitation pour le raid de Sharon ? Comment les tanks israéliens ont-ils pu ramper jusqu'à la rive occidentale ? Pourquoi Sadate avait-il refusé de les arrêter ? Pourquoi n'y avait-il pas de forces de réserve sur la rive occidentale ?

Vinogradov emprunte une règle chère à Sherlock Holmes qui disait : quand vous avez éliminé l'impossible, ce qui reste, aussi improbable cela soit-il, doit être la vérité. Il écrit : on ne saurait répondre à ces questions si l'on tient Sadate pour un véritable patriote égyptien. Mais on peut y répondre pleinement, si l'on considère la possibilité d'une collusion entre Sadate, les USA et la direction israélienne. Une conspiration dans laquelle chaque participant poursuivait ses propres objectifs. Une conspiration dans laquelle aucun participant ne connaissait tous les détails du jeu des autres. Une conspiration dans laquelle chacun essayait de rafler la mise, en dépit de l'accord commun.

Le plan de Sadate

Sadate était au point le plus bas de son pouvoir avant la guerre : il perdait son prestige dans son pays et dans le monde. Le moins diplômé et le moins charismatique des disciples de Nasser se retrouvait isolé. Il avait besoin d'une guerre, d'une guerre limitée avec Israël, qui ne se terminerait pas par une défaite. Une telle guerre l'aurait soulagé de la pression de l'armée, et il aurait retrouvé son autorité. Les USA étaient d'accord pour lui donner le feu vert pour la guerre, chose que les Russes n'avaient jamais fait. Les Russes protégeaient le ciel égyptien, mais ils étaient contre les guerres. Sadate devait s'appuyer sur les USA et se dégager de l'URSS. Il était prêt à le faire parce qu'il détestait le socialisme. Il n'avait pas besoin de la victoire, juste d'une non-défaite ; il avait l'intention d'expliquer son échec par la déficience des équipements soviétiques. Voilà pourquoi il avait imparti à l'armée une tâche minimale : traverser le canal et tenir la tête de pont jusqu'à ce que les Américains entrent dans la danse.

Le plan des USA

Les USA avaient perdu leur emprise sur le Moyen Orient, avec son pétrole, son canal, sa vaste population, au cours de la décolonisation. Ils étaient obligés de soutenir l'allié israélien, mais les Arabes n'arrêtaient pas de se renforcer. Il aurait fallu obliger Israël à plus de souplesse, parce que sa politique brutale interférait avec les intérêts américains. Si bien que les USA devaient conserver Israël en tant qu'allié, mais au même moment il leur fallait briser l'arrogance d'Israël. Les USA avaient besoin d'une occasion de "sauver" Israël après avoir autorisé les Arabes à frapper les Israéliens pendant un moment. Voilà comment les USA permirent à Sadate d'entamer une guerre limitée.

Israël

Les dirigeants israéliens se devaient d'aider les USA, leur principal fournisseur et soutien. Les USA devaient consolider leurs positions au Moyen Orient, parce qu'en 1973 ils n'avaient qu'un seul ami et allié, le roi Fayçal (Kissinger avait dit à Vinogradov que Fayçal essayait de l'endoctriner sur la malignité des juifs et des communistes). Si les USA devaient retrouver leurs positions au Moyen Orient, les positions israéliennes s'en trouveraient fortifiées d'autant. L'Égypte était un maillon faible, parce que Sadate n'aimait pas l'URSS ni les forces progressistes locales, on pouvait le retourner. Pour la Syrie, il fallait agir au plan militaire, et la briser.

Les Israéliens et les Américains décidèrent donc de laisser Sadate s'emparer du canal tout en contrôlant les cols de Mittla et de Giddi, la meilleure ligne de défense de toute façon. C'était le plan Rogers en 1971, et c'était acceptable pour Israël. Mais cela devait être le résultat d'une bataille, et non pas une cession gracieuse.

Pour ce qui est de la Syrie, il fallait la battre à plate couture, au plan militaire. Voilà pourquoi l'État-major israélien envoya bien toutes ses troupes disponibles sur la frontière syrienne, tout en dégarnissant le Canal, malgré le fait que l'armée égyptienne était bien plus considérable que celle des Syriens. Les troupes israéliennes sur le canal allaient se voir sacrifiées dans la partie, elles devaient périr pour permettre aux USA de revenir au Moyen Orient.

Cependant, les plans des trois partenaires allaient se voir quelque peu contrariés par la réalité du terrain ; c'est ce qui se produit généralement avec les conspirations, rien ne se passe comme prévu, dit Vinogradov, dans son mémoire...

Pour commencer, le jeu de Sadate se trouva faussé. Ses présupposés ne fonctionnèrent pas. Contrairement à ses espérances, l'URSS prit le parti des Arabes et commença à fournir par voie aérienne l'équipement militaire le plus moderne, aussitôt. L'URSS prit le risque d'une confrontation avec les USA ; Sadate ne croyait pas qu'ils le feraient parce que les Soviétiques étaient réticents envers la guerre, avant qu'elle éclate. Son second problème, selon Vinogradov, était la qualité supérieure des armes russes aux mains des Égyptiens. Elles étaient meilleures que l'armement occidental aux mains des Israéliens.

En tant que soldat israélien à l'époque, je ne puis que confirmer les paroles de l'ambassadeur. Les Égyptiens bénéficiaient de la légendaire Kalachnikov AK-47, le meilleur fusil d'assaut au monde, alors que nous n'avions que des fusils FN qui détestaient le sable et l'eau. Nous avons lâché nos FN pour nous emparer de leurs AK à la première occasion. Ils utilisaient des missiles antichars Sagger légers, portables, précis, qu'un seul soldat pouvait charger. Les Saggers ont bousillé entre 800 et 1200 chars israéliens. Nous avions de vieilles tourelles de 105 mm sans recul, montées sur des Jeeps, et il fallait quatre hommes sur chacune (en fait un petit canon) pour combattre les chars. Seules les nouvelles armes américaines redressaient quelque peu l'équilibre.

Sadate ne s'attendait pas à ce que les troupes égyptiennes, entraînées par les spécialistes soviétiques, surpassent leur ennemi israélien, mais c'est ce qui se passa. Elles franchirent le canal bien plus vite que ce qui était prévu, et avec beaucoup moins de pertes. Les Arabes battaient les Israéliens, et c'était une mauvaise nouvelle pour Sadate. Il était allé trop loin. Voilà pourquoi les troupes égyptiennes s'arrêtèrent, comme le soleil au-dessus de Gibéon, et ne bougèrent plus. Ils attendaient les Israéliens, mais à ce moment les Israéliens étaient en train de combattre les Syriens. Les Israéliens se sentaient relativement tranquilles du côté de Sadate, et ils avaient envoyé toute leur armée au nord. L'armée syrienne reçut de plein fouet l'assaut israélien et commença à battre en retraite, ils demandèrent à Sadate d'avancer, pour les soulager un peu, mais Sadate refusa. Son armée resta plantée là, sans bouger, malgré le fait qu'il n'y avait pas un Israélien en vue entre le canal et les cols de montagne. Le dirigeant syrien Assad était convaincu à l'époque que Sadate l'avait trahi, et il le déclara franchement à l'ambassadeur soviétique à Damas, Muhitdinov, qui en fit part à Vinogradov. Vinogradov voyait Sadate tous les jours et il lui demanda en temps réel pourquoi ses troupes n'avançaient pas. Il ne reçut aucune réponse sensée : Sadate bredouilla qu'il ne voulait pas parcourir tout le Sinaï pour aller à la rencontre des Israéliens, qu'ils arriveraient bien jusqu'à lui tôt ou tard.

Le commandement israélien était bien ennuyé, parce que la guerre ne se passait pas comme ils s'y attendaient. Ils avaient de lourdes pertes sur le front syrien, les Syriens se retiraient, mais il fallait se battre pour chaque mètre ; seule la passivité de Sadate sauvait les Israéliens d'un revers. Le plan pour en finir avec la Syrie avait raté, mais les Syriens ne pouvaient pas contre-attaquer efficacement.

Il était temps de punir Sadate : son armée était trop efficace, son avance trop rapide, et pire encore ; il dépendait encore plus des Soviétiques, grâce au pont aérien. Les Israéliens mirent fin à leur avancée sur Damas et envoyèrent les troupes au sud, dans le Sinaï. Les Jordaniens pouvaient à ce moment-là couper la route nord-sud, et le roi Hussein offrit de le faire à Sadate et à Assad. Assad accepta immédiatement, mais Sadate refusa d'accepter l'offre. Il expliqua à Vinogradov qu'il ne croyait pas aux capacités de combat des Jordaniens. S'ils rentrent dans la guerre, c'est l'Égypte qui va devoir les tirer d'affaire. A un autre moment, il dit qu'il valait mieux perdre tout le Sinaï que de perdre un mètre carré en Jordanie : remarque qui manquait de sincérité et de sérieux, du point de vue de Vinogradov. Et voilà comment les troupes israéliennes marchèrent vers le sud sans encombre.

Pendant la guerre, nous les Israéliens savions aussi que si Sadate avançait, il s'emparerait du Sinaï en moins de deux ; nous examinions plusieurs hypothèses pour comprendre pourquoi il ne bougeait pas, mais aucune n'était satisfaisante. C'est Vinogradov qui nous donne la clé à présent ; Sadate ne jouait plus sa partition, il attendait que les USA interviennent. Et il se retrouva avec le raid de Sharon fonçant.

La percée des troupes israéliennes jusqu'à la rive occidentale du canal est la partie la plus sombre de la guerre, dit Vinogradov. Il demanda à l'État-major de Sadate au début de la guerre pourquoi il y avait une large brèche de 40 km entre les deuxième et troisième corps d'armées, et on lui répondit que c'était une directive de Sadate. La brèche n'était même pas gardée, c'était une porte grande ouverte, comme un Cheval de Troie tapi au fond d'un programme d'ordinateur.

Sadate n'accorda pas d'attention au raid de Sharon, il était indifférent à ces coups de théâtre. Vinogradov lui demanda de faire quelque chose, dès que les cinq premiers chars israéliens eurent traversé le canal, mais Sadate refusa, disant que ça n'avait pas d'importance militairement, que ce n'était qu'une "manœuvre politique", expression fort brumeuse. Il le redit plus tard à Vinogradov, lorsque l'assise israélienne sur la rive occidentale fut devenue une tête de pont incontournable. Sadate n'écouta pas les avertissements de Moscou, il ouvrit la porte de l'Afrique aux Israéliens.

Il y a place pour deux explications, dit Vinogradov : impossible que l'ignorance militaire des Égyptiens fût aussi grande, et improbable que Sadate eût des intentions cachées. Et c'est l'improbable qui clôt le débat, comme le faisait remarquer Sherlock Holmes.

Si les Américains n'ont pas stoppé l'avancée aussitôt, dit Vinogradov, c'est parce qu'ils voulaient avoir un moyen de pression pour que Sadate ne change pas d'avis sur tout le scénario en cours de route. Apparemment la brèche avait été conçue dans le cadre de cette éventualité. Donc, quand Vinogradov parle de "conspiration", il se réfère plutôt à une collusion dynamique, semblable à la collusion concernant la Jordanie, entre la Yeshuva juive et la Transjordanie, telle que l'a décrite Avi Shlaim : il y avait des lignes générales et des accords, mais qui pouvaient changer selon le rapport de force entre les parties.

Conclusion

Les USA ont "sauvé" l'Égypte en mettant un point d'arrêt à l'avancée des troupes israéliennes. Avec le soutien passif de Sadate, les USA ont permis à Israël de frapper durement la Syrie.

Les accords négociés par les USA pour l'intervention des troupes de l'ONU ont protégé Israël pour les années à venir (dans son document important mais différent, ses annotations au livre de Heikal « Road to Ramadan », Vinogradov rejette la thèse du caractère inévitable des guerres entre Israéliens et Arabes : d'après lui, tant que l'Égypte reste dans le sillage des USA, une telle guerre est à écarter. Effectivement, il n'y a pas eu de grande guerre depuis 1974, à moins de compter les "opérations" israéliennes au Liban et à Gaza.)

Les USA ont sauvé Israël grâce à leurs fournitures militaires.

Grâce à Sadate, les USA sont revenus au Moyen Orient et se sont positionnés comme les seules médiateurs et "courtiers honnêtes" dans la région.

Sadate entreprit une violente campagne antisoviétique et antisocialiste, dit Vinogradov, dans un effort pour discréditer l'URSS. Dans ses Notes, Vinogradov charge le trait, affirmant que Sadate avait répandu beaucoup de mensonges et de désinformation afin de discréditer l'URSS aux yeux des Arabes. Sa ligne principale était que l'URSS ne pouvait ni ne souhaitait libérer le territoire arabe alors que les USA le pouvaient, le voulaient, et le faisaient.

Vinogradov explique ailleurs que l'Union soviétique était et reste opposée aux guerres d'agression, entre autres raisons parce que l'issue n'en est jamais certaine. Cependant, l'URSS était prête à aller loin pour défendre les États arabes. Et pour ce qui est de la libération, bien des années sont passées, et ont prouvé que les US ne voulaient ou ne pouvaient nullement en faire autant, alors que la dévolution du Sinaï à l'Égypte était toujours possible, en échange d'une paix séparée, et cela même sans guerre.

Après la guerre, les positions de Sadate s'améliorèrent nettement. Il fut salué comme un héros, l'Égypte eut la place d'honneur parmi les États arabes. Mais en moins d'un an, sa réputation se retrouva en lambeaux, et celle de l'Égypte n'a cessé de se ternir, dit Vinogradov.

Les Syriens avaient compris très tôt le jeu de Sadate : le 12 octobre 1973, lorsque les troupes égyptiennes s'arrêtèrent et cessèrent de combattre, le président Hafez al Assad dit à l'ambassadeur soviétique qu'il était certain que Sadate était en train de trahir volontairement la Syrie. Sadate avait permis la percée israélienne jusque sur la rive occidentale de Suez, de façon à offrir à Kissinger une occasion d'intervenir et de concrétiser son plan de désengagement, confia Assad au premier ministre jordanien Abu Zeid Rifai qui le dit à son tour à Vinogradov durant un petit-déjeuner privé qu'ils prirent chez lui à Amman. Les Jordaniens aussi soupçonnent Sadate de tricher, écrit Vinogradov. Mais le prudent Vinogradov refusa de rentrer dans ce débat, tout en ayant bien l'impression que les Jordaniens "lisaient dans ses pensées."

Lorsque Vinogradov fut désigné comme co-président de la Conférence de paix de Genève, il fit face à une position commune à l'Égypte et aux USA visant à saboter la conférence, tandis qu'Assad refusait tout simplement d'y participer. Vinogradov lui remit un avant-projet pour la conférence et lui demanda si c'était acceptable pour la Syrie. Assad répondit : Oui, sauf une ligne. Quelle ligne, demanda plein d'espoir Vinogradov, et Assad rétorqua : La ligne qui dit "la Syrie accepte de participer à la conférence." Et la conférence fut un fiasco, comme toutes les autres conférences et conversations diverses.

Quoique les soupçons formulés par Vinogradov dans son document secret soient venus à l'esprit de différents experts militaires et historiens, jamais jusqu'alors ils n'avaient été formulés par un participant aux événements, une personne aussi haut placée, aussi informée, présente aux moments clé, et en possession de tous les éléments. Les notes de Vinogradov permettent de déchiffrer et de retracer l'histoire de l'Égypte : désindustrialisation, pauvreté, conflits internes, gouvernement militaire, le tout étroitement lié à la guerre bidon de 1973.

Quelques années après la guerre, Sadate était assassiné, et son successeur désigné Hosni Moubarak entama son long règne, suivi par un autre participant à la guerre d'octobre, le General Tantawi. Obtenu par le mensonge et la trahison, le traité de paix de Camp David protège toujours les intérêts américains et israéliens. C'est seulement maintenant, alors que le régime de l'après Camp David commence à donner des signes d'effondrement, que l'on peut espérer quelque changement. Le nom de Sadate au panthéon des héros égyptiens était protégé jusqu'à maintenant, mais à la fin, comme on dit, tout ce qui est caché un temps s'avérera transparent.

P.S. En 1975, Vinogradov ne pouvait pas prédire que la guerre de 1973 et les traités qui en découlèrent allaient changer le monde. Ils scellèrent l'histoire de la présence soviétique et de sa prépondérance dans le monde arabe, même si les derniers vestiges en furent détruits par la volonté américaine bien plus tard : en Irak en 2003, et en Syrie, c'est maintenant qu'ils se voient minés. Ils ont saboté la cause du socialisme dans le monde, ce qui a été le commencement de sa longue décadence. L'URSS, l'État triomphant en 1972, le quasi gagnant de la guerre froide, finit par la perdre. Grâce à la mainmise américaine en Égypte, le schéma des pétrodollars se mit en place, et le dollar qui avait entamé son déclin en 1971 en perdant la garantie or se reprit et devint à nouveau la monnaie de réserve unanimement acceptée. Le pétrole des Saoudiens et des émirs, vendu en dollars, devint la nouvelle ligne de sauvetage de l'empire américain. Avec le recul et armés du mémoire de Vinogradov, nous pouvons affirmer que c'est en 1973-74 que se situe la bifurcation de notre histoire.

Traduction: Maria Poumier

Source : Israelshamir.net, Leschroniquesderorschach, via conjointement Lodela971 sur LIESI et Le Veilleur par mail

=======================================================================

Shamir prend ainsi position à la fois comme analyste et comme témoin direct. Chacun est en droit de se demander pourquoi il a reçu le document Vinogradov et pourquoi il l’a reçu en février 2012 au moment où la guerre de Syrie oppose sur le plan diplomatique et sur celui de la fourniture de renseignement et de matériel militaire les Etats-Unis et leurs amis et la Russie

Retenons simplement les faits non contestés :

- L’ « Effet de surprise » fourni pour expliquer les graves revers de l’armée israélienne les deux premiers jours est contestable puisque tous les experts et techniciens soviétiques présents auprès de l’armée égyptienne (plusieurs milliers) sont rapatriés dans les deux jours précédant la guerre. A noter que Sadate, amorçant son virage pro- US, et après s’être débarrassé de ses collègues nationalistes nassériens avait mis fin dés 1972 à la présence massive de l’armée soviétique en Egypte – au moins de 50 000 hommes bien équipés et une aviation puissante - et qu’il ne restait plus en 1973 que les conseillers militaires et les techniciens. Donc l’URSS savait que l’offensive allait avoir lieu même si elle n’en a su que tardivement la date. Il n’est guère vraisemblable que les services israéliens n’aient rien su. Donc soit le gouvernement israélien n’a pas reçu l’information ou n’en a rien fait preuve de légèreté, soit il a décidé de ne pas en tenir compte, preuve de conspiration.

- Remarquable percée de l’armée égyptienne qui traverse très rapidement le Canal de Suez et perce la ligne de fortification israélienne Bar lev construite par Israël après la guerre de 1967 et considérée comme imprenable

- Après quoi l’armée égyptienne arrête son offensive victorieuse laissant à Israël le Sinaï conquis en 1967

- Cette trêve de fait permet à Israël de concentrer ses forces sur le front syrien et de regagner le terrain perdu sur le Golan les premiers jours. L’armée syrienne résiste pied à pied à cette contre- offensive qui menace directement Damas qui sera bombardé.

- La guerre de régionale qu’elle était à ses débuts devient très vite internationale. L’URSS qui ne veut pas participer directement aux combats ouvre un pont aérien pour approvisionner les armées syrienne et égyptienne, les Etats-Unis font de même pour Israël. Ce face à face des deux puissances laisse même planer sur le monde l’ombre d’une guerre nucléaire.

- L’armement étasunien reçu depuis l’Allemagne permet la contre-offensive victorieuse d’Israël dans la brèche de 60 kilomètres laissée dans les lignes égyptiennes. Cette contre- offensive permet à Israël de se réinstaller sur la rive occidentale du canal et de menacer la ville de Suez. Cependant Israël ne pousse pas son avantage et attend la négociation entre les deux grands.

L’impression générale qui prévaut est celle d’une duplicité des politiques qui du côté égyptien comme du côté israélien laissent les militaires agir sans afficher les objectifs politiques. Duplicité consciente et complice, c’est la « thèse Vinogradov » ou enchainement non maitrisé d’une partie politique planétaire qui les dépasse la question peut rester ouverte. Du côté des militaires égyptiens le sentiment d’avoir été trahis par Sadate sera exprimé des années plus tard par le général Saad el Shapley.

Au moment de la guerre d’Octobre Saad el Shazly est chef d’état-major de l’armée égyptienne et tous les préparatifs de l’offensive victorieuse ont été effectués sous ses ordres. Or ce personnage clé a parlé et même écrit un livre dont un éditeur algérien a publié la traduction française - l’original avait été publié en anglais - sous le titre « La traversée de Suez ». Le personnage mérite d’être présenté. Né en 1922 il fait une brillante carrière militaire qui le conduit à la tête des forces armées égyptiennes le 16 Mai 1971. La signature des accords de paix avec Israël, ultime étape de la « trahison » de Sadate le conduit à sortir de son silence et il publie son livre sans l’accord des autorités, seul ouvrage d’un égyptien sur la guerre d’Octobre qui n’ait pas été présenté à la censure. Menacé il s’exile en Algérie où il restera 14 ans. Une cour martiale le condamne à 3 ans de prison par contumace et sans défense .Quand il rentre d’Algérie en 1992 il est jeté en prison en contradiction avec la loi égyptienne qui oblige à la révision des procès tenus en l’absence de l’inculpé. Il mourra en Egypte en 2011 dans les jours suivant la chute de Moubarak et sa mort passera de ce fait inaperçue.

Dans son livre Saad el Shazly affirme que son plan de bataille, approuvé par Sadate consistait à traverser le canal de Suez et à s’emparer de la ligne Bar Lev sans aller plus loin à l’Est car les missiles sol-air soviétiques dont il disposait n’avait pas une portée suffisante pour protéger l’armée égyptienne des attaques de l’aviation israélienne. Or il constate que Sadate trompe la Syrie en lui faisant croire que l’Egypte va poursuivre l’offensive dans le Sinaï. Saad el Shazly refuse clairement cette option ce qui lui vaudra d’être très vite relevé de ses fonctions mais en même temps il déplore que, toujours sous les ordres de Sadate, une énorme brèche de 60 kilomètres soit laissée ouverte dans la ligne de front par où les divisions de Sharon une fois équipées par les Etats-Unis s’engouffreront, repasseront le canal de Suez et seront en position de menacer le Caire avant que n’intervienne l’arbitrage des « deux grands ».

 

=======================================================================

La Syrie face à la création de l’Etats d’Israël, une position de refus intangible

L’ETAT D’ISRAEL N’A PAS ETE CREE PAR L’ONU !

 

L’acharnement de tous les gouvernements israéliens et de ses amis à faire reconnaitre par les Etats arabes voisins l’ETAT d’ISRAEL en tant que personne morale en droit international s’explique mal sans revenir aux conditions de création de cet Etat. Sur ce sujet, un travail très important a été réalisé par JEREMY R. HAMMOND un analyste étasunien indépendant qui a publié en 2011 un article intitulé « THE MYTH OF THE U.N. CREATION OF ISRAEL » sur lequel nous nous sommes appuyés.

(Voir http://www.countercurrents.org/hammond210211.htm)

1- Rappel des faits : Mandat britannique sur la Palestine

Pendant la première guerre mondiale dés Novembre 1915 au moment où la défaite de l’empire ottoman semble pratiquement acquise, son démantèlement est organisé par le fameux accord Sykes-Picot passés par la Grande-Bretagne la France. La démarche est en elle-même particulière. Sykes est un parlementaire britannique spécialiste de l’empire ottoman, Georges Picot est un diplomate français, ancien consul de France à Beyrouth en poste à l’ambassade de France à Londres. Leur accord sera validé le 16 Mai 1916 par une lettre de l’ambassadeur de France à Londres Paul Cambon, adressée au Ministre britannique des Affaires étrangères Edward Grey. Le découpage ainsi réalisé du Proche Orient arabe qui sera retouché par la suite est très favorable aux britanniques puisque la France ne se voit concéder que la tutelle sur la Syrie.

La Palestine est placée dans la future zone britannique d’influence. Son statut ne sera clarifié juridiquement que par la Société des Nations qui, en 1922, fait de la Palestine un territoire sous mandat britannique. Entretemps les britanniques auront contribué à sceller le destin de ce territoire en signant la déclaration BALFOUR. Cette déclaration issue de plusieurs mois de négociation entre le ministre des Affaires Etrangères Balfour et les représentants du mouvement sioniste en Grande-Bretagne est adressée par Balfour à Lord Rothschild et rendue publique le 9 Novembre 1917.Sa phrase clé est la suivante.

« le Gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un Foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui pourrait porter préjudice aux droits civils et religieux des communautés non juives en Palestine, ainsi qu’aux droits et au statut politique dont les Juifs pourraient jouir dans tout autre pays ».

Du point de vue du droit international il s’agit d’un document extrêmement fragile voire sans valeur. Lord Rothschild ne représente pas un Etat et le terme de « foyer national » n’a pas de bases juridiques. Presque un siècle plus tard cette ambigüité fondatrice qui est admise et en quelque sorte validée par la décision de la SDN de 1922 continue de produire des effets désastreux. L’émigration juive vers la Palestine commence alors sous la tutelle britannique.

 

2- Fin du mandat britannique

La seconde guerre mondiale achevée, la Grande Bretagne qui est très consciente de la difficulté d’imposer aux palestiniens la colonisation juive et qui cherche à se débarrasser d’un problème déjà très conflictuel demande à l’ONU par lettre en date du 2 Avril 1947 au secrétaire général de soumettre à l’Assemblée générale la question de l’avenir de la Palestine. L’assemblée générale décide la création d’une commission spéciale sur la Palestine pour enquêter sur la question palestinienne et proposer des mesures pour la régler. La commission présente son rapport le 3 Septembre 1947. Elle y souligne trois données centrales :

- Sur la base des recensements de 1946 la Palestine compte 1 203 000 arabes (65%) quasiment tous nés sur place et 608 000 juifs (33%) principalement immigrés

- Les deux populations sont mélangées sur tout le territoire et même dans les secteurs où les juifs sont nombreux (district de Jaffa) les arabes sont majoritaires

- Les arabes sont propriétaires de 85% des terres et les juifs de 7% (voir carte ci-dessous)

Disposant de ces informations, l’assemblée générale crée alors une commission sur la question palestinienne pour continuer l’étude du problème et faire des recommandations. Le 11 Novembre une sous-commission chargée d’étudier l’aspect juridique de la situation conclut que l’ONU n’est pas en droit de priver la majorité des habitants de leur territoire et de le transférer à une minorité.

 

3- L’ONU se laisse manipuler

Malgré cette restriction , l’Assemblée générale recommande au Royaume Uni de mettre en place le plan de partage de la Palestine et demande à ce que le Conseil de Sécurité veille à ce que cette mise en place ne constitue pas une menace pour la paix .

Le Conseil de sécurité se réunit le 9 décembre 1947. Ce jour là une voix s’élève pour dire que l’ONU est en train s’abuser de son pouvoir. C’est celle du représentant de la Syrie, alors premier ministre, FARIS EL KHOURY qui, observe :

« L’Assemblée générale n’est pas un gouvernement mondial qui peut donner des ordres, partager des pays, imposer des constitutions, des règles, et des traités à un peuple sans son consentement ».

Cette prise de position a une portée historique puisqu’elle est fondatrice de la politique syrienne constante depuis cette date sur la question palestinienne. Jeune république, la Syrie est alors le seul pays arabe vraiment indépendant mais sa position sera reprise par les autres états arabes y compris les monarchies sous influence britannique dans un communiqué commun en date du 6 Février 1948 qui souligne que l’Assemblée générale n’a qu’un droit de recommandation, propose que la question de la partition de la Palestine soit soumise à la Cour Internationale de Justice et souligne que toute tentative de créer un Etat juif sur le territoire arabe sera perçue comme un acte d’agression auquel ils sera répondu en usant du droit de se défendre par la force.

Cet avertissement solennel n’est pas entendu. La commission constatant l’opposition des pays arabes qui rejettent la résolution de l’Assemblée générale demande au Conseil de Sécurité de prendre les mesures nécessaires, donc d’user de la force, pour imposer la « recommandation ». Paradoxalement cette position qui viole plusieurs dispositions de la Charte des Nations Unies suscite quelques réserves de deux délégués, celui des Etats-Unis et de la Colombie mais finalement les Etats-Unis proposent un autre texte non moins ambigu. A nouveau FARIS EL KHOURY s’oppose :

« Toute recommandation pour régler un conflit ne peut être mise en application que si le parties concernées l’acceptent et la mettent en œuvre. »

Rien n’y fait car malgré la poursuite de débats juridiques oiseux sur le respect des articles 39 et 41 de la Charte des Nations unies le Royaume- Uni force la décision en déclarant qu’il abandonnera son mandat le 15 Mai en faisant comprendre que sans son interposition les affrontements entre arabes et juifs vont s’intensifier et qu’il reviendra à l’ONU de maintenir le calme. Le 14 Mai l’entité sioniste déclare unilatéralement la création de l’Etat d’Israël

4- Le viol originel du droit international se poursuit

La guerre commence et l’ONU s’est ridiculisée en laissant faire et en acceptant par faiblesse des responsabilités qu’elle n’avait pas. Inaugurés sous de tels auspices les rapports d’Israël avec l’ONU ne pouvaient être que ce qu’ils sont encore, ceux de l’indifférence et du mépris, mépris entretenu par le soutien continu et sans faille des Etats-Unis au Conseil de Sécurité.

Le second enseignement qui prend aujourd’hui tout son sens est que la Syrie est le seul Etat à avoir tenu dés l’origine une position ferme et juridiquement fondée à savoir que « L’Etat des palestiniens est en Palestine et nulle part ailleurs». Même si cela lui sera quelquefois reproché dans le mouvement de soutien à la cause palestinienne la Syrie ne suivra jamais les dirigeants palestiniens qui à un moment ou à un autre et souvent dans des situations d’extrême fragilité envisageront de renoncer à ce droit pour créer un état palestinien par défaut en Jordanie ou au Liban.

Se débarrasser de la Syrie, Etat oppositionnel qui n’a jamais varié, est un objectif historique d’Israël qui peut nouer pour y parvenir les alliances les plus douteuses dans le monde arabe et bénéficier sans scrupule du soutien d’Etats qui respectent bien peu le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

5-l’approbation du plan de partage de la Palestine par l’Assemblée générale de l’ONU

La Syrie ne sera pas la seule opposante au plan de partage mais ce qui fera basculer la situation sera le vote favorable de l’URSS.

Comment expliquer cette position qui a pesé lourd sur le destin de la Palestine?

Quelques éléments de réponse :

-nous sommes en 1948 la guerre froide est commencée mais l’URSS est en position d’infériorité stratégique puisqu’elle ne disposera de la bombe atomique que l’année suivante, couronnement du plan d’action conduit avec succès par Beria dans un pays très diminué par la guerre avec une rapidité qui laissera les occidentaux déconcertés

- l’URSS est plus préoccupée par les tensions avec les occidentaux en Europe en particulier en Allemagne et en Tchécoslovaquie où elle est présente militairement qu’au Proche-Orient où elle a tendance à considérer qu’il n’y a que des pays rétrogrades et semi colonisés. Que n’a-t-elle écouté FARIS EL KHOURY ?

- pour se souvenir des pogroms tsaristes et pour avoir vu ce qu’étaient les camps d’extermination nazis que l’Armée rouge a libéré dans sa marche victorieuse vers Berlin, l’URSS peut comprendre l’utilité d’un Etat refuge pour les juifs et se révélera sensible au discours de gauche de la première génération de dirigeants israéliens : Ben Gourion et Golda Meir.

Cette position de l’URSS fera une victime : le parti communiste syrien qui sera perçu par les syriens comme aligné sans réserve sur Moscou et qui ne sera jamais plus qu’une force d’appoint dans les alliances qu’il nouera régulièrement avec un parti Baas resté lui toujours fidèle à la cause palestinienne.

 

Chapitre 2 : après la disparition de l’URSS

La Syrie, alliée de l’URSS, armée par l’URSS va devoir se positionner dans le monde unipolaire que les Etats-Unis tentent d’imposer à partir de 1991

La première étape est connue : la guerre du Golfe

La Syrie va se rallier à la coalition internationale contre l’Irak. Les soutiens à l’IRAK seront très rares. La position de la Syrie peut s’expliquer. Hafez el Assad connait bien Saddam Hussein et il a surement compris que celui-ci était tombé dans le piège tendu par l’équipe BUSH.

Sitôt achevée la guerre Iran-Irak voulue par les Etats-Unis pour faire tomber le régime islamique iranien, Saddam Hussein qui a, dans cette guerre, servi, sans succès, les intérêts de l’Occident qui lui a fourni tout le matériel nécessaire y compris de armes chimiques utilisées à la fin du conflit contre l’armée iranienne dans la région du Chott el Arab comme cela vient d’être révélé récemment par des documents déclassifiés, est sûr de lui et il va accorder foi aux propos de l’ambassadrice US à Bagdad : April Glaspie qui lui assure que les différends qu’il a avec son voisin le Koweït, petit émirat séparé de l’Irak par l’empire britannique, sont des conflits entre pays arabes qu’ils doivent régler entre eux. Croyant, comme l’ambassadrice elle-même qui l’a reconnu par la suite, que les Etats-Unis n’interviendraient pas dans ce conflit local, il commet la faute au regard du droit international de vouloir régler le contentieux par la force. Or une toute petite équipe autour de Bush avait tout préparé pour une riposte cinglante et massive à l’invasion du Koweït. La Syrie ne pouvait pas l’ignorer.

Ce ralliement à la coalition occidentale vaudra à la Syrie quelques années de calme dans les années 90. A l'inverse le Soudan qui soutienra l'Irak verra les Etats-Unis s'acharner sur lui. Il s’en faudra de peu que Clinton n’arrache la signature de la Syrie à un traité de paix avec Israël, la rupture venant au dernier moment d’EHUD BARAK, le premier ministre israélien qui refuse de signer. Mais pendant ce temps les néo conservateurs se préparent à reprendre le pouvoir et sur leur agenda le renversement du régime syrien est toujours à l’ordre du jour.

G.W. BUSH sitôt élu, la Syrie retrouve sa place dans la liste des pays de « l’axe du mal ». Priorité sera donnée après le 11 Septembre 2001 à l’Afghanistan et à l’Irak, la Syrie et l’Iran devant suivre.

Les évènements de la dernière décennie sont connus , la machine impériale anti syrienne est en route : assassinat de Rafik Hariri attribué à la Syrie d’où vote de sanctions économiques par le Congés US (Syria Accountability Act), dans le même temps et dans un processus bien coordonné dont sera victime la Libye, pression via l’union européenne pour « libéraliser » l’économie syrienne trop autocentrée et, pour finir, le SOFT IMPERIALISM de temps de crise d’Obama qui poursuit les objectifs des néoconservateurs avec d’autres méthodes : les drones remplacent les B 52 , le mercenaires illuminés remplacent les « marines ».

 

=======================================================================

Annexe : les accords Sykes-Picot

Le tracé des frontières arrêté en 1916, tel qu’il figure sur le plan ci-dessous, aurait dû rester secret mais le document avait été communiqué à la Russie alliée dans la guerre contre l’empire ottoman et il tomba entre les mains des bolchéviques quand ils s’emparèrent du pouvoir en 1917.

Il fut modifié par la suite, la France cédant à la Turquie nouvelle une grande partie de la zone bleue et la Grande-Bretagne étendant sa zone rouge vers le Nord avec l’espoir d’y contrôler la zone pétrolière autour de Kirkouk. Les traités de Sèvres 1920 et de Lausanne 1923 fixeront ensuite les nouvelles frontières, la Turquie réalisant en 1923 d’importants gains territoriaux au détriment de la France mais surtout de l’Arménie réduite au petit territoire actuel et du Kurdistan qui ne vit jamais le jour.

19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 10:32

Medias serviles

En obtenant, sinon un abandon définitif, du moins une suspension sine die de l’attaque franco-étasunienne de  la Syrie, la Russie  a obtenu un incontestable succès diplomatique. Sa position, ferme et constante, en faveur de la résolution politique et non militaire de la crise syrienne, a fini par s’imposer alors que les tambours de la guerre avaient résonné avec une exceptionnelle intensité.

Pour parachever cette victoire la Russie a eu l’intelligence de ne pas humilier le vaincu qu’elle a sorti d’une impasse dans laquelle il s’était lui-même enfoncé  et elle a choisi de le faire magistralement par le biais d’une tribune libre de Vladimir Poutine sur le New York Times, quotidien étasunien d’audience mondiale  le 11 Septembre.

Magistralement d’abord parce que Poutine a réaffirmé le rôle central de l’ONU que les Etats-Unis et la France étaient prêts à contourner pour régler par une intervention  militaire directe un conflit qu’elles avaient alimenté par un soutien politique, logistique,  militaire et financier à des « rebelles »  dont le seul programme s’est avéré être le meurtre de masse et la violence sectaire et dans les rangs desquels les citoyens syriens se faisaient de plus en plus rares.

Magistralement ensuite parce que Poutine a clos sans agressivité mais dans des termes clairs la période historique ouverte par la disparition de l’URSS et qui a vu les Etats-Unis abuser de sa position dominante en usant de la violence militaire et en piétinant le droit international.

Magistralement enfin parce que Poutine a affirmé que le multilatéralisme venait de s’imposer sur la scène historique et que désormais les Etats-Unis n’étaient plus la puissance dominante par essence et ne pouvaient plus se considérer  que comme un Etat  parmi d’autres et que le principe du respect de la souveraineté des Etats était la pierre angulaire des rapports de droit entre eux.

Les grands médias français au lieu de publier intégralement cette interview  qui fera date et de permettre à leurs lecteurs de se faire une opinion, texte en main, se sont contentés des commentaires habituels sur la personne du président russe : le « tsar », l’homme du KGB… ce qui leur a permis de minimiser l’évènement. L’auraient-ils publié que les lecteurs auraient constaté que Poutine a parlé d’Obama  mais n’a à aucun moment mentionné la France et son Président montrant qu’il se désintéressait de ce second couteau sans classe.

Aussi avons-nous choisi, pour ceux de nos lecteurs qui n’auraient pas eu l’occasion de la découvrir sur Internet de joindre la tribune de Poutine dans son intégralité. Nous y avons ajouté la traduction du communiqué final de la réunion des présidents des Etats membres de l’Organisation de Coopération de Shanghai qui s’est tenue à Bichkek les 12 et 13 Septembre , communiqué qui confirme le soutien de la Chine , du Kazakhstan, de la république kirghize, de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan aux positions de la Russie sur la politique internationale et réaffirme, en présence du nouveau président iranien ,  le droit de l’Iran, pays membre associé de l’OCS, à l’usage civil de l’énergie atomique. Ainsi après douze ans d’existence, l’OCS prend progressivement sa place sur la scène internationale, sur la base de rapports de coopération de plus en plus étroits entre ses membres et  sans construction d’une mécanique supranationale technocratique détruisant peu  à peu l’indépendance et la souveraineté des Etats membres  comme c’est le cas dans l’Union Européenne.

=======================================================================

Un appel à la prudence de la Russie (The New York Times)

12 septembre 2013

Vladimir V. Poutine

 

Les récents événements autours de la Syrie m’ont invité à parler directement au peuple américain et à ses dirigeants politiques. Il est important de le faire au moment d’une communication insuffisante entre nos sociétés.

Les relations entre nous sont passées par différentes étapes. Nous étions les uns contre les autres pendant la guerre froide. Mais nous avons aussi été des alliés un temps, et avons vaincu les nazis ensemble. L’organisation internationale universelle - l’Organisation des Nations Unies - a ensuite été mise en place pour empêcher qu’une telle dévastation ne se reproduise jamais.

Les fondateurs de l’Organisation des Nations Unies ont compris que les décisions concernant la guerre et la paix devraient ne se prendre que par consensus, et avec le consentement de l’Amérique le droit de veto par les membres permanents du Conseil de sécurité a été inscrit dans la Charte des Nations Unies. La profonde sagesse de ceci a maintenu la stabilité des relations internationales pendant des décennies.

Personne ne veut que l’Organisation des Nations Unies subisse le sort de la Société des Nations, qui s’est effondré parce qu’il lui manquait une véritable influence. C’est possible si des pays influents contournent les Nations Unies et entreprennent une action militaire sans l’autorisation du Conseil de sécurité.

La frappe potentielle des États-Unis contre la Syrie, malgré la forte opposition de nombreux pays et les principaux responsables politiques et religieux, y compris le Pape, se traduira par plus de victimes innocentes et une escalade, propageant potentiellement le conflit au-delà des frontières de la Syrie. Une frappe augmentera la violence et déclenchera une nouvelle vague de terrorisme. Elle pourrait saper les efforts multilatéraux visant à résoudre le problème nucléaire iranien et le conflit israélo-palestinien et déstabiliser davantage le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Elle pourrait rendre l’ensemble du système du droit et de l’ordre international hors d’équilibre.

La Syrie n’est pas témoin d’une bataille pour la démocratie, mais d’un conflit armé entre le gouvernement et l’opposition dans un pays multi religieux. Il y a peu de champions de la démocratie en Syrie. Mais il y a plus qu’assez de combattants d’al-Qaïda et d’extrémistes de tous bords qui luttent contre le gouvernement. Le Département d’Etat des Etats-Unis a déjà désigné al-Nusra et l’Etat islamique d’Irak et du Levant, combattant avec l’opposition, comme des organisations terroristes. Ce conflit interne, alimenté par des armes étrangères fournies à l’opposition, est l’un des plus sanglants dans le monde.

Des mercenaires de pays arabes luttent là-bas, et des centaines d’activistes en provenance des pays occidentaux et même de Russie, sont pour nous une source de profonde inquiétude. Ne pourraient-ils pas retourner dans nos pays avec l’expérience acquise en Syrie ? Après tout, après les combats en Libye, les extrémistes sont passés au Mali. Cela nous menace tous.

Dès le début, la Russie a prôné un dialogue pacifique permettant aux Syriens d’élaborer un plan de compromis pour leur propre avenir. Nous ne protégeons pas le gouvernement syrien, mais le droit international. Nous devons utiliser le Conseil de sécurité des Nations Unies et croire que la préservation de la loi et de l’ordre dans le monde complexe et turbulent d’aujourd’hui est l’une des rares façons d’empêcher les relations internationales de sombrer dans le chaos. La loi est toujours la loi, et nous devons la suivre que nous le voulions ou non. Selon le droit international actuel, la force n’est autorisée qu’en cas de légitime défense ou par la décision du Conseil de sécurité. Tout le reste est inacceptable en vertu de la Charte des Nations Unies et constituerait un acte d’agression.

Personne ne doute que du gaz toxique ait été utilisé en Syrie. Mais il y a tout lieu de croire qu’il a été utilisé non pas par l’armée syrienne, mais par les forces de l’opposition, afin de provoquer l’intervention de leurs puissants protecteurs étrangers, qui seraient du côté des fondamentalistes. Les rapports indiquant que des activistes se préparent une nouvelle attaque - cette fois contre Israël - ne peuvent pas être ignorés.

Il est alarmant de constater que l’intervention militaire dans des conflits internes de pays étrangers est devenue monnaie courante aux États-Unis. Est-ce dans l’intérêt à long terme de l’Amérique ? J’en doute. Des millions de personnes dans le monde voient de plus en plus l’Amérique non pas comme un modèle de démocratie, mais aussi comme s’appuyant uniquement sur la force brute, bricolant des coalitions réunies sous le slogan "vous êtes avec nous ou contre nous".

Mais la force s’est révélée inefficace et inutile. L’Afghanistan chancelle, et personne ne peut dire ce qui se passera après que les forces internationales se seront retirées. La Libye est divisée en tribus et en clans. En Irak, la guerre civile se poursuit, avec des dizaines de morts chaque jour. Aux États-Unis, nombre d’entre vous établissent une analogie entre l’Irak et la Syrie, et se demandent pourquoi leur gouvernement voudrait répéter les erreurs récentes.

Peu importe à quel point les frappes seront ciblées ou à quel point les armes seront sophistiquées, des victimes civiles sont inévitables, y compris des personnes âgées et des enfants, que les frappes sont censées protéger.

Le monde réagit en demandant : si vous ne pouvez pas compter sur le droit international, alors vous devez trouver d’autres façons d’assurer votre sécurité. Ainsi, un nombre croissant de pays cherchent à acquérir des armes de destruction massive. Ce qui est logique : si vous avez l’arme nucléaire, personne ne va vous toucher. Nous sommes partis en parlant de la nécessité de renforcer la non-prolifération, alors qu’en réalité cela l’érode.

Nous devons cesser d’utiliser le langage de la force et reprendre le chemin du règlement diplomatique et politique civilisé.

Une nouvelle possibilité d’éviter une action militaire a émergé dans les derniers jours. Les Etats-Unis, la Russie et tous les membres de la communauté internationale doivent tirer parti de la volonté du gouvernement syrien de mettre son arsenal chimique sous contrôle international pour sa destruction ultérieure. A en juger par les déclarations du président Obama, les Etats- Unis voient cela comme une alternative à l’action militaire.

Je me réjouis de l’intérêt du président à poursuivre le dialogue avec la Russie sur la Syrie. Nous devons travailler ensemble pour maintenir cet espoir vivant, comme convenu lors de la réunion du G8 à Lough Erne en Irlande du Nord en juin, et réorienter le débat vers des négociations.

Si nous pouvons éviter la force contre la Syrie, cela permettra d’améliorer l’atmosphère dans les affaires internationales et de renforcer la confiance mutuelle. Ce sera notre réussite commune et ouvrira la porte à une coopération sur d’autres questions cruciales.

Ma relation professionnelle et personnelle avec le président Obama est marquée par une confiance croissante. J’apprécie cela. J’ai étudié attentivement son discours à la nation de mardi. Et je serais plutôt en désaccord avec une affirmation qu’il a faite sur l’exceptionnalisme américain, affirmant que la politique des États-Unis est "ce qui rend l’Amérique différente. C’est ce qui nous rend exceptionnels." Il est extrêmement dangereux d’encourager les gens à se considérer comme exceptionnels, quelle que soit la motivation. Il y a de grands pays et de petits pays, riches et pauvres, ceux qui ont de longues traditions démocratiques et ceux à qui il reste encore à trouver leur chemin vers la démocratie. Leurs politiques diffèrent aussi. Nous sommes tous différents, mais quand nous demandons la bénédiction du Seigneur, nous ne devons pas oublier que Dieu nous a créés égaux.

Vladimir V. Poutine,

Président de la Russie

Le 11 septembre 2013

====================================================================

Bichkek, 13 septembre-

Les dirigeants des Etats membres de l'organisation de coopération de Shanghai (OCS) ont publié une déclaration conjointe ce vendredi, précisant la position du bloc sur des questions clés comme la Syrie et la lutte contre le terrorisme.

La déclaration de Bichkek, signée par les six présidents des pays de la Chine, Kazakhstan, Kirghizistan, Russie, Tadjikistan, Ouzbékistan, dit que les relations internationales subissent  des mutations profondes avec les facteurs d'instabilité et d'incertitude en forte augmentation.

Les différends Internationaux et régionaux devraient être pacifiquement résolus par des moyens politiques et diplomatiques en vertu des principes d'égalité, de respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale, de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres Etats et sans aucune utilisation ou menace de recours à la force, a-t-elle affirmé

Réaffirmant le rôle prépondérant de l'ONU dans les affaires internationales, la déclaration a exhorté les pays liés à trouver un ensemble de solutions sur la réforme du Conseil de sécurité, qui prenne en considération les intérêts et les préoccupations des uns et des autres.

La déclaration appelle sur les membres de l'OCS à améliorer la base juridique de leur coopération dans la lutte contre le terrorisme international, le séparatisme, l’extrémisme et le crime transfrontalier  organisé.

Sur la Syrie, les États membres ont exprimé leur vive préoccupation et préconisé que la région devrait atteindre la paix, la stabilité, la  prospérité et le progrès sans ingérence extérieure, notamment l'ingérence de la force, non autorisée par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Sous réserve du respect de la souveraineté de la Syrie, les pays de l'OCS soutiennent le peuple syrien pour résoudre la crise dès que possible en mettant  un terme à la violence dans le pays et en lançant t dialogue politique vaste et inconditionnel entre le gouvernement syrien et l'opposition sur la base du communiqué de Genève publiée le 30 juin 2012.

Les États membres ont exprimé leur soutien à une conférence internationale pour  jeter les bases de la réconciliation en Syrie, de la  normalisation et de la participation internationale, dit la déclaration.

Le bloc a également exprimé son soutien pour mettre les armes chimiques, sous la supervision de la communauté internationale et les détruire étape par étape, et suggéré à la Syrie d’adhérer à la Convention sur l'interdiction du développement, de la Production, du stockage et de  l'utilisation des armes chimiques et sur leur Destruction.

La déclaration a également exprimé des inquiétudes sur la question de l'Iran, considérant comme inacceptable la menace de recours à la force par certains pays et les sanctions unilatérales.

Le bloc estime que la confrontation, si on la laisse se développer, va faire des dommages incalculables à la paix et à la sécurité de la région et du monde entier.

Les pays membres de l'OCS ont également exprimé leur position sur les questions de l'Afghanistan et de la péninsule coréenne.

Dans le domaine de l'économie, la déclaration appelle les États membres à prendre des mesures efficaces pour stimuler la coopération économique, qui constitue une garantie importante pour la stabilité de la région et le développement durable.

Enfin, les États membres de l'OCS se sont engagés  à renforcer la coopération dans le cadre de l'OCS et à porter  la coopération à un niveau supérieur afin de transformer la région en une zone  harmonieuse et  durable de paix, de convivialité et de la prospérité.

 

29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 21:18

Tract diffusé au rassemblement contre l'agression - déja commencée sous d'autes formes -de la Syrie organisé à Marseille le 29 Août 2013

 

SYRIE,  une nouvelle guerre à perdre

La « communauté internationale », France, Grande-Bretagne, Etats-Unis en tête, se prépare à lancer une nouvelle guerre, cette fois contre la Syrie.

Les résultats de ces aventures néocoloniales, en Afghanistan, en Irak, en Libye sont connus, ils sont catastrophiques : des sommes considérables englouties, des centaines de milliers de victimes, civiles pour la plupart, des millions de réfugiés, des pays détruits à l’avenir incertain.

   S’en prendre à la Syrie c’est s’en prendre à la première république du monde arabe créée en 1946 suite à la résistance prolongée et à la lutte contre l’occupation française, c’est s’en prendre au seul pays qui s’est depuis sa fondation opposé, sans jamais renoncer, à la spoliation des Palestiniens de leur terre ; c’est s’en prendre au pays qui a accueilli sur son sol tous les réfugiés de la région : Palestiniens, Irakiens ; c’est s’en prendre au pays qui a su éviter les guerres intérieures entre confessions religieuses. La Syrie qui défend le droit des Palestiniens à retourner sur leur terre ; qui a déjoué toutes les tentatives de coup d’Etat organisées par les Etats-Unis pour mettre à sa tête un vassal ; qui vit, sans peur mais avec prudence, aux côtés d’une puissance nucléaire toujours agressive et puissamment soutenue par l’Occident ; qui a, dans des conditions très difficiles, évité au Liban de devenir une colonie israélienne : cette Syrie indocile dérange et le renversement de son régime était depuis des années à l’ordre du jour. Le « printemps arabe » dont partout les fleurs ont fané sans donner de fruits était l’occasion recherchée.

   Aujourd’hui l’Occident fait ses comptes : incapacité, après diverses tentatives, à mettre sur pied une opposition présentable voire un gouvernement en exil ; soutien à une – ou plusieurs – bandes armées (et opposées entre elles) pratiquant la surenchère de la violence aveugle et au programme politique - quand il en existe un- pauvre et rétrograde ; alliance avec les monarchies pétrolières les plus réactionnaires du monde qui utilisent les superprofits pétroliers pour financer les mercenaires et corrompre une partie de la classe dirigeante de l’Occident.

   Malgré cet acharnement, auquel tout gouvernement coupé du peuple aurait succombé, le régime n’est pas tombé et il rassemble même de plus en plus de citoyens à ses côtés.

   Face à cet échec manifeste, l’Occident a le choix entre suivre la proposition de la Russie qui depuis le début de la crise a défendu, sans varier un instant d’un pouce, le principe d’une solution politique à la crise, ou bien la fuite en avant dans la vanité d’une agression militaire « punitive »  et soi-disant « ciblée » sans débouché politique, avec le risque de déclencher une crise mondiale dépassant le cadre régional, la Syrie occupant la place de la  Serbie il y a 100 ans, en 1913. Mais les pays opposés à cette agression, et à la crise qui s’en suivrait, ne sont plus ce qu’ils étaient en 1913, ni en 1999 lors de l’agression contre la Serbie.

NON À CETTE GUERRE INSENSÉE,

NON AU SOUTIEN DE NOTRE GOUVERNEMENT AUX MERCENAIRES TERRORISTES

NON À L’ALLIANCE DE NOTRE GOUVERNEMENT AVEC LES RÉGIMES LES PLUS RÉACTIONNAIRES DE LA PLANÈTE

 « Les amis de Comaguer »

16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 16:27

Depuis sa création AFRICOM n’a réussi à convaincre aucun gouvernement africain de lui ouvrir son territoire pour y installer son quartier général. Ce symbole d’une nouvelle vassalisation  du continent aurait été trop visible et certainement impopulaire. Le QG reste donc en Allemagne où depuis l’épisode de la Fraction Armée Rouge, et malgré la disparition du bloc soviétique aucune action de protestation politique contre la forte présence militaire étasunienne n’a eu lieu.

Mais cette  prudence diplomatique  n’entrave en rien l’action permanente d'Africom sur le terrain et nombre de gouvernements  africains font participer leur armée à des manœuvres avec les troupes US, font assurer la formation de leurs troupes par l’armée US (dans ce cas : Niger, Tchad Mauritanie Nigeria, Sénégal, Maroc, Algérie et Tunisie Ouganda, Burundi, Kenya, Lesotho et Botswana).

Inutile de préciser qu’il n’est jamais question de favoriser le renforcement d’armées nationales stratégiquement autonomes qui seraient des instruments de souveraineté. Les régiments africains formés sont des  troupes coloniales fournissant la chair à canon utile aux projets de l’empire et fournies en matériel et munitions made in USA.

A cette pénétration de l’armée Us à l’intérieur même des armées africaines s’ajoute une installation permanente de troupes US dans des divers lieux. Là encore une relative discrétion est de mise et il n‘est officiellement jamais question de bases militaires étasuniennes massives comme il en existe  par exemple en Italie en Allemagne et au Kosovo.

Le journal étasunien en ligne TOMDISPATCH  vient  sous la plume de son directeur NICK TURSE de faire le point sur cette présence militaire US permanente dans divers pays africains.

La plus grosse présence militaire est à Djibouti dans le camp Lemonnier jadis base de l’armée française et on peut dans ce cas parler d’une véritable  base étrangère dont la création en 2002 est d’ailleurs antérieure à AFRICOM

Avec des effectifs plus légers l’armée Us   est par ailleurs installée :

  • Au Kenya à Garissa, Manda Baya et Mombasa Louma point de départ de ses interventions dans la Somalie voisine où elle apporte un soutien logistique permanent aux forces de l’Amisom de l’Union Africaine
  • En République Centrafricaine à Bangui
  • Au Niger à Niamey
  • Au Mali à Bamako
  • Au Sud Soudan pour bien montrer que la toute nouvelle  l’indépendance de ce pays est un nouvel asservissement
  • Au Sénégal où l’aéroport de Dakar est ouvert à l’aviation de reconnaissance de l’armée Us
  • Au Burkina Faso à Ouagadougou où se trouve une base des forces spéciales  d’où ont décollé 193 vols militaires au premier trimestre 2013
  • En Ethiopie à l’aéroport d’Arba Minch
  • En Ouganda à Entebbe

Rien que pour les besoins de ravitaillement en carburant l’AFRICOM  a accès à pas moins de 29 aéroports de pays africains

Bien sûr le prétexte à cette intervention de plus en plus intense est la « guerre contre le terrorisme » sous ses divers avatars régionaux  (AQMI, BOKO HARAM etç…) mais le nouveau commandant en chef d’AFRICOM le général David Rodrigues admet que l’arrivée massive d’héroïne afghane sur le continent africain via l’océan indien est un facteur d’aggravation de l’instabilité régionale. Il est vrai qu’avec la cocaïne colombienne qui arrive par l’ouest  le territoire africain l’Afrique est désormais au cœur des trafics mondiaux.de drogue.

Pour bien illustrer les influences militaires US  il faut noter que la nouvelle mission de l’ONU au Mali qui se met  en place à compter du mois de Juillet comportera douze mille hommes et que les deux plus gros contingents seront  fournis par le Rwanda et le Nigeria deux armées sous étroite influence US.

Quant à la piraterie dans le Golfe de Guinée qui connait une croissance très spectaculaire et va dépasser en intensité la piraterie au large de la Somalie elle ne tardera pas engendrer une riposte internationale probablement conduite par les marines de l’OTAN, Etats-Unis en tête. L’ONU a jeté les bases de cette action par la résolution 20-39. Pour commencer AFRICOM avance à pas mesurés en proposant aux Etats de la CEDEAO, comme elle l’a fait à l’occasion d’un séminaire tenu à Abidjan (qui pourrait accueillir l’Etat-major de cette future force) en Février 2013,  une assistance pour la mise en place d’une police maritime commune.  Cette prudence ne peut faire oublier que les maigres forces maritimes de ces états ne sauraient être opérationnelles sans la couverture électronique (GPS, radars ,…) et aérienne des Etats-Unis.

16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 16:20

Avant propos :

Ce bulletin a été écrit avant l’installation dans le sang d’une nouvelle dictature militaire en Egypte. Cet évènement est un épisode  tragique de la rivalité pour le  pouvoir entre deux forces conservatrices qui ni l’une ni l’autre n’étaient prêtes à laisser s’exprimer   et encore moins à satisfaire les revendications du prolétariat et de la petite paysannerie d’Egypte. Les besoins élémentaires de l’immense majorité de la population égyptienne restent insatisfaits. Abandonnée par les libéraux cette population va devoir trouver seule le chemin de son émancipation  dans des conditions politiques redoutables entre le Charybde islamiste et le Scylla militaire. La situation égyptienne renvoie à la conclusion de ce bulletin : la politique désastreuse de l’Occident au Proche et au Moyen Orient consistant à prendre toujours le parti des sionistes, des féodaux du Golfe et des forces réactionnaires, s’effondre.

 

Cet été les « services » saoudiens et israéliens ne prennent pas de vacances

Le 31 Juillet le président russe a reçu à Moscou le chef de la sécurité saoudienne le prince Bandar Bin Sultan président du Conseil national de sécurité saoudien et chef des services de renseignement. Bien que Bandar bin Sultan soit généralement considéré comme un des hommes  forts du royaume il n’est ni chef d’état ni chef de gouvernement.

Qu’il ait été reçu par ses homologues russes est de bonne tradition diplomatique. Qu’il l’ait été par Poutine lui-même démontre à l’envi qu’il ne s’agissait pas d’une visite ordinaire laquelle n’avait d’ailleurs pas été annoncée à l’avance.

Bien que les communiqués officiels sur cette rencontre aient été d’un laconisme impénétrable du genre « large échange de vues sur la situation internationale »  des éléments ont commencé à filtrer les jours suivants dans la presse internationale. Les sources étaient diverses : Reuters, Rian Novosty , Al Manaar, AFP , IRIB, Slate Afrique, mais convergentes.

Au point qu’il était permis de se demander si ces informations ne provenaient pas  d’une seule et unique source  et n’étaient pas un des moyens choisi par une des deux parties à cette rencontre inhabituelle et inattendue pour faire connaitre son point de vue sans l’officialiser. Analysons-les !

Bandar bin Sultan serait donc venu acheter, stricto sensu, la renonciation de la Russie à soutenir le régime syrien.  Le prix : l’achat par l’Arabie de 15 milliards de dollars d’armement russe et la promesse d’investissements saoudiens en Russie.

Commentaire COMAGUER : l’achat d’armes est un outil habituel de négociation des féodaux saoudiens mais ils l’utilisent depuis des années pour s’acheter les bonnes grâces des Etats-Unis et de leur  tout puissant lobby militaro-industriel. La Russie  ne peut pas ignorer que les achats effectués aux Etats-Unis dépassent régulièrement et de très loin les 15 milliards de dollars mis sur la table à Moscou. La proposition alléchante en apparence est donc  en réalité humiliante pour la Russie et montre une grave méconnaissance de la politique russe en matière de vente d’armes qui se caractérise par le refus de vendre à des régimes clients , dans tous les sens du terme , des Etats-Unis

La Russie ayant confirmé qu’elle ne lâcherait pas le régime syrien, le dépit saoudien se serait manifesté en rejetant toute solution négociée à la crise syrienne et en annonçant la poursuite du conflit sous forme militaire.

Commentaire COMAGUER : l’enterrement, ainsi annoncé, du projet de  Conférence de Genève 2 destinée sous l’égide conjointe de la Russie et des Etats-Unis à ouvrir le dialogue sur l’arrêt de la guerre s’inscrit dans le nouveau cours occidental sur la question syrienne. L’Occident sait qu’il a perdu la première guerre de Syrie visant au renversement du régime mais il ne veut pas reconnaitre cette défaite. Il a donc choisi la prolongation du conflit sous d’autres formes : terrorisme aveugle dans les grandes villes, enracinement des « rebelles » dans quelques places fortes « libérées » à proximité des frontières turque et jordanienne pour permettre un approvisionnement régulier en armes et en munitions. La présence de 1000 soldats US en Jordanie est officielle. Ce choix se fait en connaissance de cause, celui de la prolongation des souffrances du peuple syrien. Il est à l’image de la formidable hypocrisie des couches dirigeantes occidentales qui dans le même temps où elles font ce choix orchestrent le tintamarre des organisations de défense des droits de l’homme. Le nombre des victimes civiles syriennes est à proportion de l’énorme arsenal fourni aux rebelles par les monarchies du Golfe Persique avec la bénédiction et la complicité d’Israël et de l’Occident.

Si elle a effectivement  éconduit l’émissaire saoudien la Russie a conscience qu’elle a rejeté une tentative indirecte des Etats-Unis de trouver un arrangement russo-étasunien sur le dos du régime syrien. La riposte de la Maison Blanche ne s’est pas fait attendre : annulation le 07 Aout de la rencontre Poutine Obama qui devait se tenir en marge du sommet du G20 à Saint Peters bourg début Septembre, évènement sans précédent depuis prés d’un demi-siècle. Que l’octroi du statut de réfugié politique à Edward Snowden ait ajouté à la colère anti russe d’Obama ne fait guère de doute mais le choix occidental de prolonger indéfiniment la guerre de Syrie s’il se confirmait serait d’une autre portée et n’aurait  pas fini d’empoisonner la situation internationale et de faire souffrir le peuple syrien. L’affaire Snowden a surtout été utilisée pour masquer dans les médias l’échec syrien auprès d’une opinion publique qu’il est plus facile d’émouvoir sur le cas d’un « traitre » que sur une des multiples guerres officielles ou officieuses conduites par les Etats-Unis sur les autres continents.

Pour autant la non rencontre des deux présidents ne signifie pas que tous les contacts soient rompus au niveau ministériel. En effet, les fanfaronnades supposées de Bandar bin Sultan qui en réplique à son échec à Moscou aurait annoncé la poursuite des opérations militaires et l’accroissement du soutien financier saoudien aux rebelles ne doivent pas cacher que les Etats-Unis sont à la recherche  d’une porte de sortie pas trop déshonorante dans la région tant ils y accumulent d’échecs : Afghanistan non conquis, Irak à nouveau en feu, Egypte incertaine …La meilleure preuve en a été la tenue à Washington trois jours seulement après l’annonce de la « nouvelle guerre froide » d’une rencontre sur deux jours des deux ministres des affaires étrangères et des deux ministres de la défense russes et étasuniens, la fâcherie d’Obama prenant aussitôt et rétrospectivement l’allure d’une bouderie d’adolescent.

Après avoir laissé déferler s ans broncher  la vague médiatique sur le « deal de Bandar bin Sultan » la Russie a fait par le truchement du porte-parole du Ministère des Affaires étrangères  une mise au point pour démentir les informations circulant dans les médias sur le contenu des entretiens entre Poutine et l’émissaire saoudien.

Ils ont donc parlé d’autre chose et ils ont inévitablement parlé de la Syrie  puisque les deux pays sont très directement impliqués dans le conflit, l’Arabie par son important soutien matériel et financier aux « rebelles » , la Russie qui a pris une position dont elle n’a jamais changé depuis 2011 celui du respect de la souveraineté syrienne et de la nécessité d’une solution politique au conflit, mais pas sur le mode rapporté par les médias.

Ce qui voudrait dire que Bandar bin Sultan, diplomate confirmé , ayant  longtemps occupé d’Octobre 1983 à Septembre 2005  le poste stratégique d’ambassadeur d’Arabie à Washington  , très proche de la famille Bush, en poste  le 11 Septembre 2001 et qui est probablement un des hommes les mieux informés au monde sur ce qui s’est réellement passé  ce jour là aux Etats-Unis n’a pas tenté de soudoyer Poutine, démarche maladroite et vouée à l’échec avec un tel interlocuteur mais qu’il est venu à la demande des Etats-Unis sonder la Russie pour savoir quelle porte de sortie trouver au conflit syrien qui permette à ceux qui ont jeté sans cesse de l’huile sur le feu : Etats-Unis, Israël France, Grande Bretagne, Qatar , Arabie de ne pas perdre totalement la face.

Dans cette hypothèse, la fable des 15 milliards d’armement semble plutôt constituer une tentative de l’opposition syrienne et de ceux qui dans les coulisses des puissances ingérentes continuent à pousser à la guerre sans fin pour faire capoter un compromis en cours d’élaboration qu’ils redoutent.

Cette même crainte vient de s’exprimer sous une autre forme sur le site israélien DEBKA FILES considéré comme une émanation des services secrets israéliens qui publie à l’occasion de la visite à Tel Aviv du chef d’état-major de l’armée US rien moins que la feuille de route que le gouvernement israélien voudrait  faire entériner par Washington. Il ne s’agit ni plus ni moins que du passage à la guerre ouverte des Etats-Unis et de l’OTAN contre la Syrie avec zones de non survols, sécession de régions entières, arrivée d’unités blindées par les frontières turque et jordanienne … une réédition de la guerre contre la Serbie de 1999, avec ou sans l’aval du Conseil de Sécurité.

Facile d’imaginer que le visiteur étasunien a été dûment informé des faiblesses de l’armée arabe syrienne, de la réalité des matériels anti aériens russes déployés sur le sol syrien, des problèmes d’approvisionnement en munitions et en carburants, mais « informé » à la sauce MOSSAD  de telle façon qu’il tire la conclusion que l’attaque massive  de la Syrie ne serait qu’une promenade de santé, et qu’il suffirait de passer à la guerre aérienne totale comme en Serbie en 1999 ou en Irak en 2003 pour écraser l’adversaire en quelques semaines.  Bref il s’agit de convaincre que ce ne serait qu’une guerre asymétrique de plus, une guerre face à un adversaire dramatiquement inférieur comme les Etats-Unis  les aiment  et il s’agit de tout faire pour que l’Arabie ne cherche pas une solution de compromis à la crise syrienne.

Mais la Russie de 2013 n’est plus la Russie exsangue et désorientée de 1999 !

Ces épisodes font donc partie de la guerre des nerfs qui prend de l’ampleur en cet été 2013 tandis que se mettent en place les conditions et que se déterminent les éléments d’une négociation politique en forme de bilan de la désastreuse politique occidentale au Proche et au Moyen Orient

 

 

 

 

 

16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 16:07

Entre Hollywood et Disneyland, la propagande étasunienne vend du rêve aux enfants.

 La dernière trouvaille de l’appareil idéologique de l’empire est d’utiliser  le conte de JONATHAN SWIFT pour mobiliser l’opinion publique « humanitaire, bien pensante … »  et particulièrement de gauche contre le régime syrien.

 

http://www.amnesty.ch/fr/rototeasers/lunion-fait-la-force

 

Bachar el Assad, le GULLIVER  qui hante les insomnies de  Laurent Fabius et de quelques autres, est tombé  au sol  ligoté par de braves lilliputiens  qui bien entendu n’ont pas reçu un sou d’un donateur extérieur et ne sont armés que de pelles de pioches et de bonnes intentions.

A ceux qui s’étonneront de l’infantilisme de telles campagnes il convient de rappeler que la dirigeante actuelle d’AMNESTY INTERNATIONAL , si elle a pu garder des bons souvenirs de ses lectures enfantines, n’est pas une innocente en politique

SUZANNE NOSSEL, à la tête d’AMNESTY INTERNATIONAL depuis Janvier 2012, était employé auparavant par le Département d’Etat qu’elle représentait à Genève au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. Diplômée de Harvard elle s’est fait connaitre en publiant en 2004 dans la revue FOREIGN AFFAIRS un article sur le « SMART POWER ‘ (le « pouvoir intelligent »), concept qui a largement inspiré les actions d’Hillary Clinton pendant quatre ans

Selon SUZANNE NOSSEL Le « SMART POWER » consiste à détruire les défenses idéologiques de l’adversaire en lui démontrant son extrême infériorité  économique et militaire avant de le détruire physiquement si nécessaire.  C’est une combinaison adaptée à chaque situation de HARD POWER (bombes, missiles …) et de SOFT POWER (la diplomatie classique..). Entre HARD et SOFT on trouve, on le sait, une gamme extrêmement variée de sanctions, pressions, assassinats ciblés …

Inutile de préciser que SUZANNE NOSSEL est une avocate de longue date d’une attaque préventive de l’Iran et un soutien de la politique sioniste, positions qu’elle a défendues  dans ses divers emplois précédents au  WALL STREET JOURNAL, chez HUMAN RIGHTS WATCH  à la FONDATION BERTELSMANN et chez MAC KINSEY.

 

19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 13:08

 

Le chef des armées en visite à Marseille

 

Largement couverte par les médias, la visite de François Hollande à Marseille n’a pas été l’occasion de déclarations officielles réconfortantes sur l’état de l’économie régionale : silence sur Fralib, silence sur la desserte maritime de la Corse, silence sur Kem One… elle a par contre suscité des commentaires lyriques (ça ne mange pas de pain, comme on dit, mais ça ne donne pas non plus de pain à ceux qui en manquent ou vont en manquer) sur la culture méditerranéenne, le rapprochement entre les peuples.

Mais alors que le Président de la République inaugurait le MUCEM ce symbole de culture voisinait avec un symbole de la puissance militaire : à quelques mètres du MUCEM était amarrée la frégate ACONIT. Celle-ci engagée en 2011 dans la guerre contre la Libye aux côtés du porte avions Charles de Gaulle venait rappeler que la France en Méditerranée est une puissance militaire, intégrée dans l’OTAN et participant à ses projets de recolonisation, 4° ou 5° marchand d’armes du monde.

CULTURE A LA BOUCHE, ARME AU POING ….

 

 

L’Aconit sur fond de MUCEM le 4 Juin 2013

 

mucem
mucem
18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 21:18

 

Le chef des armées en visite à Marseille

 

Largement couverte par les médias, la visite de François Hollande à Marseille n’a pas été l’occasion de déclarations officielles réconfortantes sur l’état de l’économie régionale : silence sur Fralib,  silence sur la desserte maritime de la Corse, silence sur Kem One… elle a par contre suscité des commentaires lyriques (ça ne mange pas de pain, comme on dit, mais ça ne donne pas non plus de pain à ceux qui en manquent ou vont en manquer) sur la culture méditerranéenne, le rapprochement entre les peuples.

Mais alors que le Président de la République inaugurait le MUCEM,  ce symbole de culture voisinait avec un symbole de la puissance militaire : à quelques mètres du MUCEM était amarrée la frégate ACONIT. Celle-ci  engagée en 2011 dans la guerre contre la Libye aux côtés du porte avions Charles de Gaulle venait rappeler que la France en Méditerranée est une puissance militaire, intégrée dans l’OTAN et participant à ses projets de recolonisation,  4° ou 5° marchand d’armes du monde.

CULTURE A LA BOUCHE, ARME AU POING ….

 

 

L’Aconit sur fond de MUCEM le 4 Juin 2013

 

 

 

 

 

 

14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 11:53

Nouvel accès aux archives sonores !

 

http://www.dotspirit.com

 

nom du lecteur : comaguer

identifiant : amiscomaguer

code : salvador13bis

 

22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 16:25

1-Hier

Le 27  juin  1980 un avion civil italien reliant Bologne à Palerme est abattu. Aucun survivant. Depuis 32 ans, les enquêtes entreprises étaient toutes restées infructueuses. Et pour cause : il s’agissait d’une erreur de tir !

L’avion visé était celui de Kadhafi mais le dirigeant libyen fut averti du projet d’assassinat … et un autre avion fut pris par erreur pour cible par… l’armée de  l’air française …….

La liquidation de Kadhafi a permis de découvrir ses archives. Dés 2010, un magistrat italien, cité dans l’article qui suit, aujourd’hui à la retraite après avoir été en charge de la cellule anti-terroriste à Rome, avait dans son livre « INTRIGO INTERNAZIONALE » affirmé que l’avion civil avait été abattu par des chasseurs français. Il y consacrait un chapitre entier : « La nuit où ils ont voulu tuer Kadhafi ».

Les preuves sont maintenant disponibles.

----------------------------------------------

Tragédie d’Ustica :

La revanche posthume de Kadhafi

La sombre histoire du vol Itavia 870, 82 passagers, abattus en plein vol en 1980 par des chasseurs français qui l'ont confondu avec l'avion de Kadhafi...

Dans la nuit du 27 juin 1980, le vol Itavia 870 (un DC 9 immatriculé I-TIGI) a décollé de Bologne en Italie à destination de Palerme en Sicile. Il transportait 77 passagers, 2 pilotes et 2 membres de personnel de cabine. Les passagers comprenaient 64 adultes, 11 enfants âgés de 2 à 11 ans, et deux enfants de moins de deux ans.

Comme à son habitude, le vol Itavia 870 a mis le cap sur la côte sud de l’Italie. A 20h59, il a brutalement disparu des écrans-radars des contrôleurs aériens italiens. L'équipage n'avait signalé aucun problème technique ou une quelconque situation d'urgence. 

A un moment donné l'avion était là, la seconde d'après il avait disparu. Les 81 passagers sont morts et les débris de l'appareil ont sombré en mer.

De prime abord, les circonstances de sa disparition semblaient inexplicables. Le vol s’est parfaitement déroulé jusqu’à ce que l’avion explose sans faire aucun survivant. Interrogées par les médias, les autorités italiennes ont d’abord laissé entendre que le vol 870 aurait pu être victime d’un attentat terroriste. Plausible dans un premier temps, cette thèse a vite été abandonnée en l’absence de toute revendication d’un possible attentat.

Les médias sont donc retournés aux nouvelles. Comme s’ils avaient reçu des consignes du sommet de l’Etat, les autorités se sont tues et aucune information complémentaire officielle n’a pu être obtenue sur l’affaire. Bien entendu, cela a aiguisé la curiosité de la presse et alimenté ses soupçons selon lesquels, la réalité devait être tenue secrète. Des soupçons qui n’ont pas tardé à se confirmer lorsque toutes les portes se sont refermées les unes après les autres, plus personne ne souhaitant évoquer la question.

Plus troublant encore, les enregistrements des données radar ont disparu ou  ont été détruits. 

D’autres informations techniques manquaient également ou étaient devenues soudainement inaccessibles. Plus effrayant encore, des témoins-clé ont commencé à décéder dans d’étranges circonstances : d’accidents de circulation, de suicides ou encore de crises cardiaques. Il s’en est suivi une décennie de dissimulation de la part des instances supérieures d’au moins 3 gouvernements. Une dissimulation qui perdure aujourd’hui…Bref, tous les ingrédients d’un scénario hollywoodien à ceci près qu’il ne s’agit pas d’une fiction mais de la réalité.

De l’obscurité à la lumière

L’histoire du vol Itavia 870 est une longue succession de maladresses, d’erreurs, de dissimulations ayant impliqué, d’une part, 3 gouvernements, et d’autre part, un gouvernement qui leur était hostile, celui de Mouammar Kadhafi

 Dans une large mesure, les détails de ce qui s’est passé cette nuit là demeurent mystérieux. Toutefois, des éléments de preuve sont apparus récemment qui apportent des éclaircissements sur ce secret longuement gardé. La chute du gouvernement Kadhafi en 2011 a permis d’entre-ouvrir les archives secrètes de l’Etat libyen. Là, parmi les innombrables projets terroristes, les accords internationaux et les terribles malentendus diplomatiques, on a retrouvé des informations détaillées sur la nuit du 27 juin 1980.    

Les raisons de l’attaque

En 1980, la communauté internationale était mobilisée contre un gouvernement qui devenait de plus en plus agressif, sous la direction du colonel Mouammar Kadhafi. Aux USA, l’administration Carter était engagée dans la course présidentielle contre Ronald Reagan, ex-acteur et ancien gouverneur de Californie. En Europe, l’OTAN était largement absorbée par la guerre froide. L’Union Soviétique venait d’envahir l’Afghanistan. Le monde semblait sur le point d’entrer en conflit.

Pour toutes ces nations, la Libye devenait un problème de plus en plus inquiétant en Méditerranée. Les forces de Kadhafi s’employaient de plus en plus activement à déstabiliser les gouvernements de la région, y compris certaines anciennes colonies françaises en Afrique du Nord. Aux yeux du gouvernement français, il était temps d’éliminer le problème Kadhafi.

Un assassinat de portée internationale

Si l’on en croit les documents découverts en Libye, l’opportunité d’assassiner Kadhafi s’est présentée dans la nuit du 27 juin 1980 alors qu’il traversait la Méditerranée en provenance d’Europe pour regagner son pays à bord de son Tupolev. Une paire de Mirages français avait été mobilisée pour une mission spéciale : intercepter et détruire en vol l’avion de Kadhafi, offrant à toutes les parties concernées, la possibilité de nier ensuite toute responsabilité dans l’affaire. Si tout allait bien, l’épave s’abîmerait en mer et le problème libyen, serait résolu une fois pour toutes.

Dès le départ, les choses ne se sont pas déroulées selon les plans. Ce qui devait être une simple interception, s’est transformé en un engagement aérien confus, impliquant des chasseurs de 4 pays. Les avions français, libyen, italiens et américains ont convergé vers un point précis au sud des côtes italiennes. C’est dans cette mêlée que s’est retrouvé le vol Itavia 870, ignorant tout du drame qui allait se jouer.

Ce que les Français ignoraient depuis le départ c’est que leur tentative d’assassinat était vouée à l’échec. D’après les documents libyens récemment découverts, Kadhafi avait été informé du complot à la dernière minute par une source des services secrets italiens, le SISMI. C’est pour cette raison qu’il a demandé à son équipage de détourner son vol vers Malte. Il était notoire qu’à l’époque, le SISMI était très influent grâce à ses contacts de haut niveau en Libye. L’Italie a conservé des relations étroites avec Kadhafi pendant de nombreuses années. C’est par exemple Bettino Craxi qui a téléphoné à Kadhafi en 1986 pour l’informer du raid imminent de F111 américains. Ce fut une nouvelle fois grâce à l’aide italienne qu’il a pu quitter sa résidence quelques minutes avant l’attaque.

  Au cours de cette nuit de 1980, au moment précis ou Kadhafi décida de dérouter son avion vers Malte, un MiG23 de l’armée de l’air libyenne faisait route au Nord à sa rencontre afin de l’escorter jusqu’en Libye. Dans la confusion, Ezedine Koal le pilote du MIG n’a pas reçu l’ordre de faire demi-tour et de rentrer à sa base. Au lieu de cela, il a poursuivi son vol vers le Nord au dessus de la Méditerranée, à la recherche du Tupolev de Kadhafi et a été rapidement repéré par les radars de l’OTAN. Selon les plans prévus dans cette éventualité, l’armée de l’air italienne et la Navy américaine ont immédiatement dépêché des intercepteurs alors qu’il s’approchait de l’espace aérien italien.     

Soudain, un combat aérien dans la confusion

Quelques minutes plus tard, le MIG-23 libyen était en vue des côtes de Sicile. Ensemble, 3 chasseurs F-104 italiens et au moins un Corsair A-7 II (probablement un vol de deux avions) sont apparus séparément venant de l’Est. Les deux chasseurs français Mirage fonçaient en provenance du Nord avec l’intention de remplir leur mission meurtrière de telle sorte que 7 voire 9 chasseurs de l’OTAN convergeaient vers un même point dans le ciel sombre au dessus de la Méditerranée.  Ignorant tout de cette concentration, le vol Itavia 870 poursuivait sa route.

C’est apparemment le MIG-23 libyen qui a aperçu le premier le DC-9 civil sur son radar. Il volait cap au Sud comme prévu. Pour le pilote libyen, il était exactement au lieu prévu du rendez-vous. Il a donc manœuvré son MIG-23 pour se placer à proximité de l’avion de ligne qu’il a vraisemblablement confondu avec le Tupolev de Kadhafi dans l’obscurité. Pour les pilotes des chasseurs français, la paire d’avions qui venait de se former correspondait à ce que prévoyait leur ordre de mission : une cible de la taille d’un avion de ligne, clairement, le Tupolev de Kadhafi, escorté par un seul chasseur libyen qui l’avait rejoint en provenance du Sud. Les deux appareils volant maintenant cap au Sud en direction de la Libye.

Aucun tir de semonce n’a été tiré. C’était supposé être un assassinat pur et simple. L’un des 2 pilotes français a lancé un missile air-air en direction de la plus grosse des cibles. Il a fait mouche et touché l’avant du vol Itavia 870 d’un tir parfait. L’avion de ligne n’avait aucune chance de s’en tirer. Il a littéralement explosé en vol. Alors qu’ils surveillaient la boule de feu qui apparaissait par intermittente dans le lointain, les deux pilotes des Mirage français ont réalisé sur leur radar embarqué que le MIG-23 libyen manœuvrait pour se placer en position de contre-attaque.

Il n’y avait donc qu’une seule chose à faire, le descendre également.

Finir le travail en descendant le MIG-23

A la vue de l’impact du missile sur l’avion de ligne tout proche, Ezedine Koal, le pilote du MIG-23 libyen s’est écarté, à la recherche d’un avion ennemi. Où qu’il pointe le nez de son appareil, son radar révélait la présence de toujours plus de chasseurs ennemis. 3 F-104S Starfighters étaient visibles d’un côté pendant qu’un ou deux Corsair A-7 de l’US Navy arrivaient d’une autre direction. 2 chasseurs français Mirage fonçaient du Nord, leurs radars déclenchant le système de réception d’alerte précoce à l’intérieur du MIG indiquant qu’ils s’apprêtaient à ouvrir le feu. Ezedine Koal était seul et en grand danger. Peu d’options s’offraient à lui en dehors d’engager le combat et de tenter de fuir plein Sud. Ses chances de survie étaient minces. Les intentions hostiles des avions ennemis ne faisaient aucun doute ; après tout ils venaient juste de descendre et dans son esprit d’assassiner le Colonel Kadhafi lui-même, l’homme qu’il était supposé escorter et protéger.

La suite fut une série confuse de manœuvres et de contre manœuvres à grande vitesse dans le ciel nocturne italien. Les chasseurs français et le libyen se sont affrontés au dessus de l’eau pendant que les appareils italiens et de l’US Navy tournaient autour. Le combat s’est déplacé vers l’Est au dessus de la terre ferme jusqu’à ce que le MIG-23 finisse par être touché où qu’il percute les montagnes invisibles plus bas. Il s’est écrasé en percutant les montagnes de Calabre à Castelsilano et Ezedine Koal n’a pas survécu.

Leur mission accomplie, les chasseurs français Mirage ont remis cap au Nord pour rentrer en France. La destruction du MIG leur garantissait qu’il n’existait aucun témoin de leur assassinat de Mouammar Kadhafi.

Ce qui s’est passé ensuite et la dissimulation de l’interception

Kadhafi a survécu à la tentative aérienne d’assassinat.

Il vivra jusqu'au "printemps arabe" libyen en 2011. 

 La France n'évoquera jamais les évènements de cette nuit-là.

 Tout comme l’Italie qui optera pour une politique de silence et de dissimulation. Observateurs extérieurs non-européens, les USA garderont également le silence. Face au silence assourdissant des autorités, les médias désigneront la disparition du Vol 870 par le Massacre d’Ustica (« Strage di Ustica » du nom d’un île proche de la mer Tyrrhénienne).

Le 18 juillet 1980 soit 21 jours après l’opération, l’épave du MIG-23 libyen a été localisée dans les montagnes de Sila. Le corps du pilote Ezedine Koal  encore attaché au siège éjectable, fut identifié grâce à son nom inscrit sur son casque. Les autorités italiennes se sont opposées à ce que deux reporters puissent prendre des photos de la scène. Ils furent appréhendés et relâchés en échange de la confiscation de leurs pellicules.

En dépit de ces ultimes efforts de dissimulation, la presse ne tarda pas à découvrir que le corps du pilote libyen était décomposé, confirmant que son décès remontait à 3 semaines, date de la disparition du vol 870. La concomitance des 2 évènements ne tarda pas à attiser la curiosité de la presse. Le corps du pilote fut rapatrié en Libye après avoir été enterré un moment en Italie. 

D’étranges coïncidences et quelques décès inexpliqués  

La dissimulation a duré jusqu’à ce que les enregistrements radars des évènements de cette nuit là disparaissent. Il aurait pu s’agir d’une coïncidence. De même les obstacles de toutes sortes et les dissimulations ont retardé l’examen des débris du DC-9 et la rédaction d’un rapport d’enquête pendant 9 ans. Un délai exceptionnellement long en matière d’accident aérien. Le rapport a conclu que « toutes les preuves examinées confirment que l’accident du DC-9 a été causé par l’explosion d’un missile près du nez de l’appareil. En l’état actuel des connaissances, il n’a pas été possible de déterminer le type, l’origine et l’identité du missile ».

La revue Aviation Week and Space Technology compléta le rapport en indiquant que les dommages causés au fuselage de l’appareil étaient compatibles avec ceux provoqués par un missile air-air. Les doutes quant à une implication militaire dans les évènements s’évanouissaient peu à peu. Mais de quelle armée pouvait-il s’agir ? Les libyens pouvaient-ils s’être rendus coupables d’un acte de terrorisme aérien air-air ? S’agissait-il de quelqu’un d’autre ? Très vite les partis politiques de gauche se mirent à affirmer que la US Navy avait abattu l’appareil accidentellement.

Des témoins-clé décèdent de manière inopinée

Plus inquiétant encore quoi qu’il pût s’agir là encore d’une coïncidence,  bon nombre de ceux qui étaient de service cette nuit là et qui auraient été des témoins clé des évènements, sont décédés dans d’étranges circonstances. 

Pierangelo Teoldi le commandant de la base d’où ont décollé les intercepteurs italiens F-104S est mort soudainement dans un accident de circulation. 

Mario Alberto Dettori et Franco Parisi, deux contrôleurs aériens ayant assisté à la scène sur leur écran-radar se sont suicidés par pendaison (choix personnel discutable compte tenu de la douleur qu’elle provoque). 

L’un de leurs collègues, Maurizio Gari est décédé d’une attaque cardiaque. Il avait 37 ans. 

Un 4ème contrôleur aérien, Antonio Muzio, ayant eu connaissance des faits intervenus cette nuit là a été retrouvé assassiné. 

Finalement,  Mario Naldini et Ivo Nutarelli, 2 des 3 pilotes italiens ayant participé à l’interception du MIG-23, sont décédés au cours d’une collision lors d’une fête aérienne sur la base de Ramstein en Allemagne. Pour de nombreux conspirationnistes, ces morts en série ne peuvent être le fait du hasard.

 Le mot de la fin sur le vol 870 ?

Une enquête formelle a finalement été lancée par un juge italien Rosario Priore qui s’est rapidement heurté aux obstacles mis en travers de son chemin par des personnalités politiques italiennes et des membres de l’OTAN. Ses conclusions ont fait état de la dissimulation mise en œuvre, et 4 généraux italiens se sont retrouvés accusés de haute trahison pour s’être opposés à l’enquête. L’accusation a finalement été abandonnée.

En juillet 2006, les fragments de l’appareil du vol 870 ont été rassemblés et livrés à Bologne depuis la base aérienne Pratica di Mare située près de Rome. Un an plus tard, en juin 2007, le fuselage reconstitué à été exposé dans le tout nouveau Musée de la Mémoire d’Ustica à Bologne. Il constitue le témoignage silencieux de ce qui a probablement été une tentative d’assassinat qui a échoué – terriblement – et provoqué la mort de 81 innocents civils et d’un pilote libyen de MIG.

C’est en 2008 que l’ancien président italien Francisco Cossiga a pris l’initiative de confirmer que le vol Itavia 870 a été descendu par des chasseurs français. Un aveu qui a fait l’effet d’une bombe bien que les détails de l’opération n’aient pas encore été rendus publics. Peu de temps après, des réparations ont été demandées à la France.

Moins de deux ans plus tard, le président Cossiga décédait d’insuffisances respiratoires.

En 2011, les tribunaux italiens ont exigé du gouvernement italien  qu’il paye 127 millions de dollars de réparation aux familles des victimes. La lumière se fait peu à peu sur la véritable histoire de ce qui s’est déroulé dans le ciel au dessus de la mer Tyrrhénienne. A la suite de la publication des derniers éléments des archives gouvernementales libyennes, la seule question qui subsiste est de savoir à quel moment les autorités publiques accepteront de reconnaître leur responsabilité dans ce qui s’est passé et de confirmer ou d’infirmer la séquence des évènements décrites dans les documents libyens.

32 ans constituent peut être un délai suffisant pour que la vérité soit enfin révélée.    

 

Traduction de l’article: « An assassination of international proportions – 27 juin 1980 and a cover-up by NATO: Civilian jet with 81 civilians shot by french Mirage instead of Qaddafi plane over Sicily » par Thomas Van Hare dans FlyHistoricWings de Juin 2012. 

 

2- Aujourd’hui

 

SOUS L’OEIL DU PARRAIN

Le jeudi 10 Janvier, un jour avant l’annonce  de l’attaque française sur le Mali le commandant US d’Africom était à Niamey (Niger) et s’exprimait sur le Mali

Il n’a donné aucune indication sur l’installation d’une base de drones US dans la région d’Agadez – à proximité de la zone uranifère- qui semble aujourd’hui confirmée par de nombreux médias mais la phrase en bleu ne laisse guère de  doute sur ses projets.

Haut du formulaire

 

Bas du formulaire

Conférence de presse du Commandant d’AFRICOM Un tour d’horizon du partenariat stratégique avec le Niger  

 

Bas du formulaire

Écrit par Siradji Sanda (Le sahel du Mardi 15 Janvier 2013)

(passages en couleurs choisis par COMAGUER)

 

Au terme d’une mission de travail qu’il a effectuée la semaine dernière au Niger, le Général américain Carter F. Ham, Commandant de la United States Africa Command (AFRICOM) a animé, jeudi dernier, une conférence de presse à Niamey. Il s’agit pour le premier responsable du commandement militaire américain pour l’Afrique d’expliquer l’objectif de sa mission et d’en tirer les conclusions.

Au cours de cette visite, le général Carter F. Ham a eu plusieurs entretiens de haut niveau, notamment avec le Président de la République, le ministre de la Défense nationale et le Chef d’Etat major général des armées. ‘’L’objectif de ma mission ici est de discuter et de développer les opportunités d’échange entre les forces armées nigériennes et américaines’’ a-t-il déclaré. D’autres questions d’actualités ne sont pas étrangères aux objectifs assignés à cette mission. ‘’Nous avons évidemment discuté avec les autorités nigériennes sur la situation qui prévaut actuellement au Mali’’ a confié le général Carter F. Ham. Mais plus globalement, le Commandant d’AFRICOM dit avoir abordé avec les autorités nigériennes les questions sécuritaires et le partenariat stratégique qui unit les Etats Unis et le Niger.

‘’Les problèmes de sécurité au Etats Unis et au Niger sont liés. Les autorités nigériennes sont engagées dans un partenariat stratégique durable avec les Etats Unis et nous avons une grande considération pour ce partenariat stratégique’’ a dit le général Carter F. Ham.

Abordant, la situation qui prévaut actuellement au Mali, le Commandant d’AFRICOM a souligné la nécessité d’avoir un plan cohérent pour que l’intervention soit efficace. ‘’Nous savons que l’option militaire n’est pas nécessairement la bonne, mais nous devons nous y préparer’’ a-t-il indiqué.

Par ailleurs, le commandant d’AFRICOM a expliqué que sa structure n’a pas encore reçu une demande exacte de ce qu’on attend d’elle. ‘’Nous n’avons pas reçu, à ce jour, une demande exacte de ce qu’on veut, mais nous avons une idée générale de ce qui se passe.

Nous sommes prêts à apporter notre appui’’ a-t-il assuré.

AFRICOM apporte déjà des appuis multiples au Niger et dans divers domaines dont la formation des pilotes et mécaniciens d’avions pour la surveillance du territoire, etc.

Créée le 7 février 2007, le commandement militaire américain pour l’Afrique (AFRICOM), a officiellement pris fonction en octobre 2007. Le siège provisoire se trouve à Stuttgart (Allemagne).