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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 16:20

Avant propos :

Ce bulletin a été écrit avant l’installation dans le sang d’une nouvelle dictature militaire en Egypte. Cet évènement est un épisode  tragique de la rivalité pour le  pouvoir entre deux forces conservatrices qui ni l’une ni l’autre n’étaient prêtes à laisser s’exprimer   et encore moins à satisfaire les revendications du prolétariat et de la petite paysannerie d’Egypte. Les besoins élémentaires de l’immense majorité de la population égyptienne restent insatisfaits. Abandonnée par les libéraux cette population va devoir trouver seule le chemin de son émancipation  dans des conditions politiques redoutables entre le Charybde islamiste et le Scylla militaire. La situation égyptienne renvoie à la conclusion de ce bulletin : la politique désastreuse de l’Occident au Proche et au Moyen Orient consistant à prendre toujours le parti des sionistes, des féodaux du Golfe et des forces réactionnaires, s’effondre.

 

Cet été les « services » saoudiens et israéliens ne prennent pas de vacances

Le 31 Juillet le président russe a reçu à Moscou le chef de la sécurité saoudienne le prince Bandar Bin Sultan président du Conseil national de sécurité saoudien et chef des services de renseignement. Bien que Bandar bin Sultan soit généralement considéré comme un des hommes  forts du royaume il n’est ni chef d’état ni chef de gouvernement.

Qu’il ait été reçu par ses homologues russes est de bonne tradition diplomatique. Qu’il l’ait été par Poutine lui-même démontre à l’envi qu’il ne s’agissait pas d’une visite ordinaire laquelle n’avait d’ailleurs pas été annoncée à l’avance.

Bien que les communiqués officiels sur cette rencontre aient été d’un laconisme impénétrable du genre « large échange de vues sur la situation internationale »  des éléments ont commencé à filtrer les jours suivants dans la presse internationale. Les sources étaient diverses : Reuters, Rian Novosty , Al Manaar, AFP , IRIB, Slate Afrique, mais convergentes.

Au point qu’il était permis de se demander si ces informations ne provenaient pas  d’une seule et unique source  et n’étaient pas un des moyens choisi par une des deux parties à cette rencontre inhabituelle et inattendue pour faire connaitre son point de vue sans l’officialiser. Analysons-les !

Bandar bin Sultan serait donc venu acheter, stricto sensu, la renonciation de la Russie à soutenir le régime syrien.  Le prix : l’achat par l’Arabie de 15 milliards de dollars d’armement russe et la promesse d’investissements saoudiens en Russie.

Commentaire COMAGUER : l’achat d’armes est un outil habituel de négociation des féodaux saoudiens mais ils l’utilisent depuis des années pour s’acheter les bonnes grâces des Etats-Unis et de leur  tout puissant lobby militaro-industriel. La Russie  ne peut pas ignorer que les achats effectués aux Etats-Unis dépassent régulièrement et de très loin les 15 milliards de dollars mis sur la table à Moscou. La proposition alléchante en apparence est donc  en réalité humiliante pour la Russie et montre une grave méconnaissance de la politique russe en matière de vente d’armes qui se caractérise par le refus de vendre à des régimes clients , dans tous les sens du terme , des Etats-Unis

La Russie ayant confirmé qu’elle ne lâcherait pas le régime syrien, le dépit saoudien se serait manifesté en rejetant toute solution négociée à la crise syrienne et en annonçant la poursuite du conflit sous forme militaire.

Commentaire COMAGUER : l’enterrement, ainsi annoncé, du projet de  Conférence de Genève 2 destinée sous l’égide conjointe de la Russie et des Etats-Unis à ouvrir le dialogue sur l’arrêt de la guerre s’inscrit dans le nouveau cours occidental sur la question syrienne. L’Occident sait qu’il a perdu la première guerre de Syrie visant au renversement du régime mais il ne veut pas reconnaitre cette défaite. Il a donc choisi la prolongation du conflit sous d’autres formes : terrorisme aveugle dans les grandes villes, enracinement des « rebelles » dans quelques places fortes « libérées » à proximité des frontières turque et jordanienne pour permettre un approvisionnement régulier en armes et en munitions. La présence de 1000 soldats US en Jordanie est officielle. Ce choix se fait en connaissance de cause, celui de la prolongation des souffrances du peuple syrien. Il est à l’image de la formidable hypocrisie des couches dirigeantes occidentales qui dans le même temps où elles font ce choix orchestrent le tintamarre des organisations de défense des droits de l’homme. Le nombre des victimes civiles syriennes est à proportion de l’énorme arsenal fourni aux rebelles par les monarchies du Golfe Persique avec la bénédiction et la complicité d’Israël et de l’Occident.

Si elle a effectivement  éconduit l’émissaire saoudien la Russie a conscience qu’elle a rejeté une tentative indirecte des Etats-Unis de trouver un arrangement russo-étasunien sur le dos du régime syrien. La riposte de la Maison Blanche ne s’est pas fait attendre : annulation le 07 Aout de la rencontre Poutine Obama qui devait se tenir en marge du sommet du G20 à Saint Peters bourg début Septembre, évènement sans précédent depuis prés d’un demi-siècle. Que l’octroi du statut de réfugié politique à Edward Snowden ait ajouté à la colère anti russe d’Obama ne fait guère de doute mais le choix occidental de prolonger indéfiniment la guerre de Syrie s’il se confirmait serait d’une autre portée et n’aurait  pas fini d’empoisonner la situation internationale et de faire souffrir le peuple syrien. L’affaire Snowden a surtout été utilisée pour masquer dans les médias l’échec syrien auprès d’une opinion publique qu’il est plus facile d’émouvoir sur le cas d’un « traitre » que sur une des multiples guerres officielles ou officieuses conduites par les Etats-Unis sur les autres continents.

Pour autant la non rencontre des deux présidents ne signifie pas que tous les contacts soient rompus au niveau ministériel. En effet, les fanfaronnades supposées de Bandar bin Sultan qui en réplique à son échec à Moscou aurait annoncé la poursuite des opérations militaires et l’accroissement du soutien financier saoudien aux rebelles ne doivent pas cacher que les Etats-Unis sont à la recherche  d’une porte de sortie pas trop déshonorante dans la région tant ils y accumulent d’échecs : Afghanistan non conquis, Irak à nouveau en feu, Egypte incertaine …La meilleure preuve en a été la tenue à Washington trois jours seulement après l’annonce de la « nouvelle guerre froide » d’une rencontre sur deux jours des deux ministres des affaires étrangères et des deux ministres de la défense russes et étasuniens, la fâcherie d’Obama prenant aussitôt et rétrospectivement l’allure d’une bouderie d’adolescent.

Après avoir laissé déferler s ans broncher  la vague médiatique sur le « deal de Bandar bin Sultan » la Russie a fait par le truchement du porte-parole du Ministère des Affaires étrangères  une mise au point pour démentir les informations circulant dans les médias sur le contenu des entretiens entre Poutine et l’émissaire saoudien.

Ils ont donc parlé d’autre chose et ils ont inévitablement parlé de la Syrie  puisque les deux pays sont très directement impliqués dans le conflit, l’Arabie par son important soutien matériel et financier aux « rebelles » , la Russie qui a pris une position dont elle n’a jamais changé depuis 2011 celui du respect de la souveraineté syrienne et de la nécessité d’une solution politique au conflit, mais pas sur le mode rapporté par les médias.

Ce qui voudrait dire que Bandar bin Sultan, diplomate confirmé , ayant  longtemps occupé d’Octobre 1983 à Septembre 2005  le poste stratégique d’ambassadeur d’Arabie à Washington  , très proche de la famille Bush, en poste  le 11 Septembre 2001 et qui est probablement un des hommes les mieux informés au monde sur ce qui s’est réellement passé  ce jour là aux Etats-Unis n’a pas tenté de soudoyer Poutine, démarche maladroite et vouée à l’échec avec un tel interlocuteur mais qu’il est venu à la demande des Etats-Unis sonder la Russie pour savoir quelle porte de sortie trouver au conflit syrien qui permette à ceux qui ont jeté sans cesse de l’huile sur le feu : Etats-Unis, Israël France, Grande Bretagne, Qatar , Arabie de ne pas perdre totalement la face.

Dans cette hypothèse, la fable des 15 milliards d’armement semble plutôt constituer une tentative de l’opposition syrienne et de ceux qui dans les coulisses des puissances ingérentes continuent à pousser à la guerre sans fin pour faire capoter un compromis en cours d’élaboration qu’ils redoutent.

Cette même crainte vient de s’exprimer sous une autre forme sur le site israélien DEBKA FILES considéré comme une émanation des services secrets israéliens qui publie à l’occasion de la visite à Tel Aviv du chef d’état-major de l’armée US rien moins que la feuille de route que le gouvernement israélien voudrait  faire entériner par Washington. Il ne s’agit ni plus ni moins que du passage à la guerre ouverte des Etats-Unis et de l’OTAN contre la Syrie avec zones de non survols, sécession de régions entières, arrivée d’unités blindées par les frontières turque et jordanienne … une réédition de la guerre contre la Serbie de 1999, avec ou sans l’aval du Conseil de Sécurité.

Facile d’imaginer que le visiteur étasunien a été dûment informé des faiblesses de l’armée arabe syrienne, de la réalité des matériels anti aériens russes déployés sur le sol syrien, des problèmes d’approvisionnement en munitions et en carburants, mais « informé » à la sauce MOSSAD  de telle façon qu’il tire la conclusion que l’attaque massive  de la Syrie ne serait qu’une promenade de santé, et qu’il suffirait de passer à la guerre aérienne totale comme en Serbie en 1999 ou en Irak en 2003 pour écraser l’adversaire en quelques semaines.  Bref il s’agit de convaincre que ce ne serait qu’une guerre asymétrique de plus, une guerre face à un adversaire dramatiquement inférieur comme les Etats-Unis  les aiment  et il s’agit de tout faire pour que l’Arabie ne cherche pas une solution de compromis à la crise syrienne.

Mais la Russie de 2013 n’est plus la Russie exsangue et désorientée de 1999 !

Ces épisodes font donc partie de la guerre des nerfs qui prend de l’ampleur en cet été 2013 tandis que se mettent en place les conditions et que se déterminent les éléments d’une négociation politique en forme de bilan de la désastreuse politique occidentale au Proche et au Moyen Orient

 

 

 

 

 

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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 16:07

Entre Hollywood et Disneyland, la propagande étasunienne vend du rêve aux enfants.

 La dernière trouvaille de l’appareil idéologique de l’empire est d’utiliser  le conte de JONATHAN SWIFT pour mobiliser l’opinion publique « humanitaire, bien pensante … »  et particulièrement de gauche contre le régime syrien.

 

http://www.amnesty.ch/fr/rototeasers/lunion-fait-la-force

 

Bachar el Assad, le GULLIVER  qui hante les insomnies de  Laurent Fabius et de quelques autres, est tombé  au sol  ligoté par de braves lilliputiens  qui bien entendu n’ont pas reçu un sou d’un donateur extérieur et ne sont armés que de pelles de pioches et de bonnes intentions.

A ceux qui s’étonneront de l’infantilisme de telles campagnes il convient de rappeler que la dirigeante actuelle d’AMNESTY INTERNATIONAL , si elle a pu garder des bons souvenirs de ses lectures enfantines, n’est pas une innocente en politique

SUZANNE NOSSEL, à la tête d’AMNESTY INTERNATIONAL depuis Janvier 2012, était employé auparavant par le Département d’Etat qu’elle représentait à Genève au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. Diplômée de Harvard elle s’est fait connaitre en publiant en 2004 dans la revue FOREIGN AFFAIRS un article sur le « SMART POWER ‘ (le « pouvoir intelligent »), concept qui a largement inspiré les actions d’Hillary Clinton pendant quatre ans

Selon SUZANNE NOSSEL Le « SMART POWER » consiste à détruire les défenses idéologiques de l’adversaire en lui démontrant son extrême infériorité  économique et militaire avant de le détruire physiquement si nécessaire.  C’est une combinaison adaptée à chaque situation de HARD POWER (bombes, missiles …) et de SOFT POWER (la diplomatie classique..). Entre HARD et SOFT on trouve, on le sait, une gamme extrêmement variée de sanctions, pressions, assassinats ciblés …

Inutile de préciser que SUZANNE NOSSEL est une avocate de longue date d’une attaque préventive de l’Iran et un soutien de la politique sioniste, positions qu’elle a défendues  dans ses divers emplois précédents au  WALL STREET JOURNAL, chez HUMAN RIGHTS WATCH  à la FONDATION BERTELSMANN et chez MAC KINSEY.

 

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 13:08

 

Le chef des armées en visite à Marseille

 

Largement couverte par les médias, la visite de François Hollande à Marseille n’a pas été l’occasion de déclarations officielles réconfortantes sur l’état de l’économie régionale : silence sur Fralib, silence sur la desserte maritime de la Corse, silence sur Kem One… elle a par contre suscité des commentaires lyriques (ça ne mange pas de pain, comme on dit, mais ça ne donne pas non plus de pain à ceux qui en manquent ou vont en manquer) sur la culture méditerranéenne, le rapprochement entre les peuples.

Mais alors que le Président de la République inaugurait le MUCEM ce symbole de culture voisinait avec un symbole de la puissance militaire : à quelques mètres du MUCEM était amarrée la frégate ACONIT. Celle-ci engagée en 2011 dans la guerre contre la Libye aux côtés du porte avions Charles de Gaulle venait rappeler que la France en Méditerranée est une puissance militaire, intégrée dans l’OTAN et participant à ses projets de recolonisation, 4° ou 5° marchand d’armes du monde.

CULTURE A LA BOUCHE, ARME AU POING ….

 

 

L’Aconit sur fond de MUCEM le 4 Juin 2013

 

mucem
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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 21:18

 

Le chef des armées en visite à Marseille

 

Largement couverte par les médias, la visite de François Hollande à Marseille n’a pas été l’occasion de déclarations officielles réconfortantes sur l’état de l’économie régionale : silence sur Fralib,  silence sur la desserte maritime de la Corse, silence sur Kem One… elle a par contre suscité des commentaires lyriques (ça ne mange pas de pain, comme on dit, mais ça ne donne pas non plus de pain à ceux qui en manquent ou vont en manquer) sur la culture méditerranéenne, le rapprochement entre les peuples.

Mais alors que le Président de la République inaugurait le MUCEM,  ce symbole de culture voisinait avec un symbole de la puissance militaire : à quelques mètres du MUCEM était amarrée la frégate ACONIT. Celle-ci  engagée en 2011 dans la guerre contre la Libye aux côtés du porte avions Charles de Gaulle venait rappeler que la France en Méditerranée est une puissance militaire, intégrée dans l’OTAN et participant à ses projets de recolonisation,  4° ou 5° marchand d’armes du monde.

CULTURE A LA BOUCHE, ARME AU POING ….

 

 

L’Aconit sur fond de MUCEM le 4 Juin 2013

 

 

 

 

 

 

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 11:53

Nouvel accès aux archives sonores !

 

http://www.dotspirit.com

 

nom du lecteur : comaguer

identifiant : amiscomaguer

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 16:25

1-Hier

Le 27  juin  1980 un avion civil italien reliant Bologne à Palerme est abattu. Aucun survivant. Depuis 32 ans, les enquêtes entreprises étaient toutes restées infructueuses. Et pour cause : il s’agissait d’une erreur de tir !

L’avion visé était celui de Kadhafi mais le dirigeant libyen fut averti du projet d’assassinat … et un autre avion fut pris par erreur pour cible par… l’armée de  l’air française …….

La liquidation de Kadhafi a permis de découvrir ses archives. Dés 2010, un magistrat italien, cité dans l’article qui suit, aujourd’hui à la retraite après avoir été en charge de la cellule anti-terroriste à Rome, avait dans son livre « INTRIGO INTERNAZIONALE » affirmé que l’avion civil avait été abattu par des chasseurs français. Il y consacrait un chapitre entier : « La nuit où ils ont voulu tuer Kadhafi ».

Les preuves sont maintenant disponibles.

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Tragédie d’Ustica :

La revanche posthume de Kadhafi

La sombre histoire du vol Itavia 870, 82 passagers, abattus en plein vol en 1980 par des chasseurs français qui l'ont confondu avec l'avion de Kadhafi...

Dans la nuit du 27 juin 1980, le vol Itavia 870 (un DC 9 immatriculé I-TIGI) a décollé de Bologne en Italie à destination de Palerme en Sicile. Il transportait 77 passagers, 2 pilotes et 2 membres de personnel de cabine. Les passagers comprenaient 64 adultes, 11 enfants âgés de 2 à 11 ans, et deux enfants de moins de deux ans.

Comme à son habitude, le vol Itavia 870 a mis le cap sur la côte sud de l’Italie. A 20h59, il a brutalement disparu des écrans-radars des contrôleurs aériens italiens. L'équipage n'avait signalé aucun problème technique ou une quelconque situation d'urgence. 

A un moment donné l'avion était là, la seconde d'après il avait disparu. Les 81 passagers sont morts et les débris de l'appareil ont sombré en mer.

De prime abord, les circonstances de sa disparition semblaient inexplicables. Le vol s’est parfaitement déroulé jusqu’à ce que l’avion explose sans faire aucun survivant. Interrogées par les médias, les autorités italiennes ont d’abord laissé entendre que le vol 870 aurait pu être victime d’un attentat terroriste. Plausible dans un premier temps, cette thèse a vite été abandonnée en l’absence de toute revendication d’un possible attentat.

Les médias sont donc retournés aux nouvelles. Comme s’ils avaient reçu des consignes du sommet de l’Etat, les autorités se sont tues et aucune information complémentaire officielle n’a pu être obtenue sur l’affaire. Bien entendu, cela a aiguisé la curiosité de la presse et alimenté ses soupçons selon lesquels, la réalité devait être tenue secrète. Des soupçons qui n’ont pas tardé à se confirmer lorsque toutes les portes se sont refermées les unes après les autres, plus personne ne souhaitant évoquer la question.

Plus troublant encore, les enregistrements des données radar ont disparu ou  ont été détruits. 

D’autres informations techniques manquaient également ou étaient devenues soudainement inaccessibles. Plus effrayant encore, des témoins-clé ont commencé à décéder dans d’étranges circonstances : d’accidents de circulation, de suicides ou encore de crises cardiaques. Il s’en est suivi une décennie de dissimulation de la part des instances supérieures d’au moins 3 gouvernements. Une dissimulation qui perdure aujourd’hui…Bref, tous les ingrédients d’un scénario hollywoodien à ceci près qu’il ne s’agit pas d’une fiction mais de la réalité.

De l’obscurité à la lumière

L’histoire du vol Itavia 870 est une longue succession de maladresses, d’erreurs, de dissimulations ayant impliqué, d’une part, 3 gouvernements, et d’autre part, un gouvernement qui leur était hostile, celui de Mouammar Kadhafi

 Dans une large mesure, les détails de ce qui s’est passé cette nuit là demeurent mystérieux. Toutefois, des éléments de preuve sont apparus récemment qui apportent des éclaircissements sur ce secret longuement gardé. La chute du gouvernement Kadhafi en 2011 a permis d’entre-ouvrir les archives secrètes de l’Etat libyen. Là, parmi les innombrables projets terroristes, les accords internationaux et les terribles malentendus diplomatiques, on a retrouvé des informations détaillées sur la nuit du 27 juin 1980.    

Les raisons de l’attaque

En 1980, la communauté internationale était mobilisée contre un gouvernement qui devenait de plus en plus agressif, sous la direction du colonel Mouammar Kadhafi. Aux USA, l’administration Carter était engagée dans la course présidentielle contre Ronald Reagan, ex-acteur et ancien gouverneur de Californie. En Europe, l’OTAN était largement absorbée par la guerre froide. L’Union Soviétique venait d’envahir l’Afghanistan. Le monde semblait sur le point d’entrer en conflit.

Pour toutes ces nations, la Libye devenait un problème de plus en plus inquiétant en Méditerranée. Les forces de Kadhafi s’employaient de plus en plus activement à déstabiliser les gouvernements de la région, y compris certaines anciennes colonies françaises en Afrique du Nord. Aux yeux du gouvernement français, il était temps d’éliminer le problème Kadhafi.

Un assassinat de portée internationale

Si l’on en croit les documents découverts en Libye, l’opportunité d’assassiner Kadhafi s’est présentée dans la nuit du 27 juin 1980 alors qu’il traversait la Méditerranée en provenance d’Europe pour regagner son pays à bord de son Tupolev. Une paire de Mirages français avait été mobilisée pour une mission spéciale : intercepter et détruire en vol l’avion de Kadhafi, offrant à toutes les parties concernées, la possibilité de nier ensuite toute responsabilité dans l’affaire. Si tout allait bien, l’épave s’abîmerait en mer et le problème libyen, serait résolu une fois pour toutes.

Dès le départ, les choses ne se sont pas déroulées selon les plans. Ce qui devait être une simple interception, s’est transformé en un engagement aérien confus, impliquant des chasseurs de 4 pays. Les avions français, libyen, italiens et américains ont convergé vers un point précis au sud des côtes italiennes. C’est dans cette mêlée que s’est retrouvé le vol Itavia 870, ignorant tout du drame qui allait se jouer.

Ce que les Français ignoraient depuis le départ c’est que leur tentative d’assassinat était vouée à l’échec. D’après les documents libyens récemment découverts, Kadhafi avait été informé du complot à la dernière minute par une source des services secrets italiens, le SISMI. C’est pour cette raison qu’il a demandé à son équipage de détourner son vol vers Malte. Il était notoire qu’à l’époque, le SISMI était très influent grâce à ses contacts de haut niveau en Libye. L’Italie a conservé des relations étroites avec Kadhafi pendant de nombreuses années. C’est par exemple Bettino Craxi qui a téléphoné à Kadhafi en 1986 pour l’informer du raid imminent de F111 américains. Ce fut une nouvelle fois grâce à l’aide italienne qu’il a pu quitter sa résidence quelques minutes avant l’attaque.

  Au cours de cette nuit de 1980, au moment précis ou Kadhafi décida de dérouter son avion vers Malte, un MiG23 de l’armée de l’air libyenne faisait route au Nord à sa rencontre afin de l’escorter jusqu’en Libye. Dans la confusion, Ezedine Koal le pilote du MIG n’a pas reçu l’ordre de faire demi-tour et de rentrer à sa base. Au lieu de cela, il a poursuivi son vol vers le Nord au dessus de la Méditerranée, à la recherche du Tupolev de Kadhafi et a été rapidement repéré par les radars de l’OTAN. Selon les plans prévus dans cette éventualité, l’armée de l’air italienne et la Navy américaine ont immédiatement dépêché des intercepteurs alors qu’il s’approchait de l’espace aérien italien.     

Soudain, un combat aérien dans la confusion

Quelques minutes plus tard, le MIG-23 libyen était en vue des côtes de Sicile. Ensemble, 3 chasseurs F-104 italiens et au moins un Corsair A-7 II (probablement un vol de deux avions) sont apparus séparément venant de l’Est. Les deux chasseurs français Mirage fonçaient en provenance du Nord avec l’intention de remplir leur mission meurtrière de telle sorte que 7 voire 9 chasseurs de l’OTAN convergeaient vers un même point dans le ciel sombre au dessus de la Méditerranée.  Ignorant tout de cette concentration, le vol Itavia 870 poursuivait sa route.

C’est apparemment le MIG-23 libyen qui a aperçu le premier le DC-9 civil sur son radar. Il volait cap au Sud comme prévu. Pour le pilote libyen, il était exactement au lieu prévu du rendez-vous. Il a donc manœuvré son MIG-23 pour se placer à proximité de l’avion de ligne qu’il a vraisemblablement confondu avec le Tupolev de Kadhafi dans l’obscurité. Pour les pilotes des chasseurs français, la paire d’avions qui venait de se former correspondait à ce que prévoyait leur ordre de mission : une cible de la taille d’un avion de ligne, clairement, le Tupolev de Kadhafi, escorté par un seul chasseur libyen qui l’avait rejoint en provenance du Sud. Les deux appareils volant maintenant cap au Sud en direction de la Libye.

Aucun tir de semonce n’a été tiré. C’était supposé être un assassinat pur et simple. L’un des 2 pilotes français a lancé un missile air-air en direction de la plus grosse des cibles. Il a fait mouche et touché l’avant du vol Itavia 870 d’un tir parfait. L’avion de ligne n’avait aucune chance de s’en tirer. Il a littéralement explosé en vol. Alors qu’ils surveillaient la boule de feu qui apparaissait par intermittente dans le lointain, les deux pilotes des Mirage français ont réalisé sur leur radar embarqué que le MIG-23 libyen manœuvrait pour se placer en position de contre-attaque.

Il n’y avait donc qu’une seule chose à faire, le descendre également.

Finir le travail en descendant le MIG-23

A la vue de l’impact du missile sur l’avion de ligne tout proche, Ezedine Koal, le pilote du MIG-23 libyen s’est écarté, à la recherche d’un avion ennemi. Où qu’il pointe le nez de son appareil, son radar révélait la présence de toujours plus de chasseurs ennemis. 3 F-104S Starfighters étaient visibles d’un côté pendant qu’un ou deux Corsair A-7 de l’US Navy arrivaient d’une autre direction. 2 chasseurs français Mirage fonçaient du Nord, leurs radars déclenchant le système de réception d’alerte précoce à l’intérieur du MIG indiquant qu’ils s’apprêtaient à ouvrir le feu. Ezedine Koal était seul et en grand danger. Peu d’options s’offraient à lui en dehors d’engager le combat et de tenter de fuir plein Sud. Ses chances de survie étaient minces. Les intentions hostiles des avions ennemis ne faisaient aucun doute ; après tout ils venaient juste de descendre et dans son esprit d’assassiner le Colonel Kadhafi lui-même, l’homme qu’il était supposé escorter et protéger.

La suite fut une série confuse de manœuvres et de contre manœuvres à grande vitesse dans le ciel nocturne italien. Les chasseurs français et le libyen se sont affrontés au dessus de l’eau pendant que les appareils italiens et de l’US Navy tournaient autour. Le combat s’est déplacé vers l’Est au dessus de la terre ferme jusqu’à ce que le MIG-23 finisse par être touché où qu’il percute les montagnes invisibles plus bas. Il s’est écrasé en percutant les montagnes de Calabre à Castelsilano et Ezedine Koal n’a pas survécu.

Leur mission accomplie, les chasseurs français Mirage ont remis cap au Nord pour rentrer en France. La destruction du MIG leur garantissait qu’il n’existait aucun témoin de leur assassinat de Mouammar Kadhafi.

Ce qui s’est passé ensuite et la dissimulation de l’interception

Kadhafi a survécu à la tentative aérienne d’assassinat.

Il vivra jusqu'au "printemps arabe" libyen en 2011. 

 La France n'évoquera jamais les évènements de cette nuit-là.

 Tout comme l’Italie qui optera pour une politique de silence et de dissimulation. Observateurs extérieurs non-européens, les USA garderont également le silence. Face au silence assourdissant des autorités, les médias désigneront la disparition du Vol 870 par le Massacre d’Ustica (« Strage di Ustica » du nom d’un île proche de la mer Tyrrhénienne).

Le 18 juillet 1980 soit 21 jours après l’opération, l’épave du MIG-23 libyen a été localisée dans les montagnes de Sila. Le corps du pilote Ezedine Koal  encore attaché au siège éjectable, fut identifié grâce à son nom inscrit sur son casque. Les autorités italiennes se sont opposées à ce que deux reporters puissent prendre des photos de la scène. Ils furent appréhendés et relâchés en échange de la confiscation de leurs pellicules.

En dépit de ces ultimes efforts de dissimulation, la presse ne tarda pas à découvrir que le corps du pilote libyen était décomposé, confirmant que son décès remontait à 3 semaines, date de la disparition du vol 870. La concomitance des 2 évènements ne tarda pas à attiser la curiosité de la presse. Le corps du pilote fut rapatrié en Libye après avoir été enterré un moment en Italie. 

D’étranges coïncidences et quelques décès inexpliqués  

La dissimulation a duré jusqu’à ce que les enregistrements radars des évènements de cette nuit là disparaissent. Il aurait pu s’agir d’une coïncidence. De même les obstacles de toutes sortes et les dissimulations ont retardé l’examen des débris du DC-9 et la rédaction d’un rapport d’enquête pendant 9 ans. Un délai exceptionnellement long en matière d’accident aérien. Le rapport a conclu que « toutes les preuves examinées confirment que l’accident du DC-9 a été causé par l’explosion d’un missile près du nez de l’appareil. En l’état actuel des connaissances, il n’a pas été possible de déterminer le type, l’origine et l’identité du missile ».

La revue Aviation Week and Space Technology compléta le rapport en indiquant que les dommages causés au fuselage de l’appareil étaient compatibles avec ceux provoqués par un missile air-air. Les doutes quant à une implication militaire dans les évènements s’évanouissaient peu à peu. Mais de quelle armée pouvait-il s’agir ? Les libyens pouvaient-ils s’être rendus coupables d’un acte de terrorisme aérien air-air ? S’agissait-il de quelqu’un d’autre ? Très vite les partis politiques de gauche se mirent à affirmer que la US Navy avait abattu l’appareil accidentellement.

Des témoins-clé décèdent de manière inopinée

Plus inquiétant encore quoi qu’il pût s’agir là encore d’une coïncidence,  bon nombre de ceux qui étaient de service cette nuit là et qui auraient été des témoins clé des évènements, sont décédés dans d’étranges circonstances. 

Pierangelo Teoldi le commandant de la base d’où ont décollé les intercepteurs italiens F-104S est mort soudainement dans un accident de circulation. 

Mario Alberto Dettori et Franco Parisi, deux contrôleurs aériens ayant assisté à la scène sur leur écran-radar se sont suicidés par pendaison (choix personnel discutable compte tenu de la douleur qu’elle provoque). 

L’un de leurs collègues, Maurizio Gari est décédé d’une attaque cardiaque. Il avait 37 ans. 

Un 4ème contrôleur aérien, Antonio Muzio, ayant eu connaissance des faits intervenus cette nuit là a été retrouvé assassiné. 

Finalement,  Mario Naldini et Ivo Nutarelli, 2 des 3 pilotes italiens ayant participé à l’interception du MIG-23, sont décédés au cours d’une collision lors d’une fête aérienne sur la base de Ramstein en Allemagne. Pour de nombreux conspirationnistes, ces morts en série ne peuvent être le fait du hasard.

 Le mot de la fin sur le vol 870 ?

Une enquête formelle a finalement été lancée par un juge italien Rosario Priore qui s’est rapidement heurté aux obstacles mis en travers de son chemin par des personnalités politiques italiennes et des membres de l’OTAN. Ses conclusions ont fait état de la dissimulation mise en œuvre, et 4 généraux italiens se sont retrouvés accusés de haute trahison pour s’être opposés à l’enquête. L’accusation a finalement été abandonnée.

En juillet 2006, les fragments de l’appareil du vol 870 ont été rassemblés et livrés à Bologne depuis la base aérienne Pratica di Mare située près de Rome. Un an plus tard, en juin 2007, le fuselage reconstitué à été exposé dans le tout nouveau Musée de la Mémoire d’Ustica à Bologne. Il constitue le témoignage silencieux de ce qui a probablement été une tentative d’assassinat qui a échoué – terriblement – et provoqué la mort de 81 innocents civils et d’un pilote libyen de MIG.

C’est en 2008 que l’ancien président italien Francisco Cossiga a pris l’initiative de confirmer que le vol Itavia 870 a été descendu par des chasseurs français. Un aveu qui a fait l’effet d’une bombe bien que les détails de l’opération n’aient pas encore été rendus publics. Peu de temps après, des réparations ont été demandées à la France.

Moins de deux ans plus tard, le président Cossiga décédait d’insuffisances respiratoires.

En 2011, les tribunaux italiens ont exigé du gouvernement italien  qu’il paye 127 millions de dollars de réparation aux familles des victimes. La lumière se fait peu à peu sur la véritable histoire de ce qui s’est déroulé dans le ciel au dessus de la mer Tyrrhénienne. A la suite de la publication des derniers éléments des archives gouvernementales libyennes, la seule question qui subsiste est de savoir à quel moment les autorités publiques accepteront de reconnaître leur responsabilité dans ce qui s’est passé et de confirmer ou d’infirmer la séquence des évènements décrites dans les documents libyens.

32 ans constituent peut être un délai suffisant pour que la vérité soit enfin révélée.    

 

Traduction de l’article: « An assassination of international proportions – 27 juin 1980 and a cover-up by NATO: Civilian jet with 81 civilians shot by french Mirage instead of Qaddafi plane over Sicily » par Thomas Van Hare dans FlyHistoricWings de Juin 2012. 

 

2- Aujourd’hui

 

SOUS L’OEIL DU PARRAIN

Le jeudi 10 Janvier, un jour avant l’annonce  de l’attaque française sur le Mali le commandant US d’Africom était à Niamey (Niger) et s’exprimait sur le Mali

Il n’a donné aucune indication sur l’installation d’une base de drones US dans la région d’Agadez – à proximité de la zone uranifère- qui semble aujourd’hui confirmée par de nombreux médias mais la phrase en bleu ne laisse guère de  doute sur ses projets.

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Conférence de presse du Commandant d’AFRICOM Un tour d’horizon du partenariat stratégique avec le Niger  

 

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Écrit par Siradji Sanda (Le sahel du Mardi 15 Janvier 2013)

(passages en couleurs choisis par COMAGUER)

 

Au terme d’une mission de travail qu’il a effectuée la semaine dernière au Niger, le Général américain Carter F. Ham, Commandant de la United States Africa Command (AFRICOM) a animé, jeudi dernier, une conférence de presse à Niamey. Il s’agit pour le premier responsable du commandement militaire américain pour l’Afrique d’expliquer l’objectif de sa mission et d’en tirer les conclusions.

Au cours de cette visite, le général Carter F. Ham a eu plusieurs entretiens de haut niveau, notamment avec le Président de la République, le ministre de la Défense nationale et le Chef d’Etat major général des armées. ‘’L’objectif de ma mission ici est de discuter et de développer les opportunités d’échange entre les forces armées nigériennes et américaines’’ a-t-il déclaré. D’autres questions d’actualités ne sont pas étrangères aux objectifs assignés à cette mission. ‘’Nous avons évidemment discuté avec les autorités nigériennes sur la situation qui prévaut actuellement au Mali’’ a confié le général Carter F. Ham. Mais plus globalement, le Commandant d’AFRICOM dit avoir abordé avec les autorités nigériennes les questions sécuritaires et le partenariat stratégique qui unit les Etats Unis et le Niger.

‘’Les problèmes de sécurité au Etats Unis et au Niger sont liés. Les autorités nigériennes sont engagées dans un partenariat stratégique durable avec les Etats Unis et nous avons une grande considération pour ce partenariat stratégique’’ a dit le général Carter F. Ham.

Abordant, la situation qui prévaut actuellement au Mali, le Commandant d’AFRICOM a souligné la nécessité d’avoir un plan cohérent pour que l’intervention soit efficace. ‘’Nous savons que l’option militaire n’est pas nécessairement la bonne, mais nous devons nous y préparer’’ a-t-il indiqué.

Par ailleurs, le commandant d’AFRICOM a expliqué que sa structure n’a pas encore reçu une demande exacte de ce qu’on attend d’elle. ‘’Nous n’avons pas reçu, à ce jour, une demande exacte de ce qu’on veut, mais nous avons une idée générale de ce qui se passe.

Nous sommes prêts à apporter notre appui’’ a-t-il assuré.

AFRICOM apporte déjà des appuis multiples au Niger et dans divers domaines dont la formation des pilotes et mécaniciens d’avions pour la surveillance du territoire, etc.

Créée le 7 février 2007, le commandement militaire américain pour l’Afrique (AFRICOM), a officiellement pris fonction en octobre 2007. Le siège provisoire se trouve à Stuttgart (Allemagne).

 

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 16:18

 

 

 

A propos du Bangladesh un poème de Taslima Nasrin, écrivaine menacée de mort dans son pays et exilée

 

 

LES OUVRIERES DE LA CONFECTION

 


Les ouvrières de la confection, marchant ensemble,
ressemblent à des centaines d'oiseaux qui volent dans le ciel du Bangladesh.



Les ouvrières de la confection, retournant à minuit dans leurs taudis,

rencontrent des vagabonds des rues qui leur volent leur argent,
poussent leurs corps dans les corps des filles,
volent les dépouilles de la nuit.

Malgré une nuit blanche, avant l'aube les ouvrières de la confection à nouveau marchent ensemble,
l’eau vient à la bouche des hommes lorsqu'elles passent et crachent,
les filles les évitent autant qu’elles le peuvent
elles ne mangent la nourriture de personne, elles ne portant les vêtements de personne, elles marchent , marchent encore.

Comme des bœufs aveugles, elles se fraient un chemin
elles n’ont rien et dépendent de ceux qui ont.

Interdites de jouir des arcs en ciel,
Vouées à être jetées par terre, tripotées, violées dans les ténèbres et la peur
au lieu de se baigner avec joie dans le clair de lune.

Comme des centaines de Bangladesh volant dans le ciel du monde,
les ouvrières de la confection marchent, marchent.

 

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 10:47

Dégoût , indignation, rejet , répulsion... 

Autant de sentiments qui peuvent à juste titre envahir le coeur du citoyen confronté au mensonge, à la prévarication, à la suffisance débordante , à la médiocrité .... 

 

Ces sentiments sont humains et ont été , il y a bien longtemps déja merveilleusement résumés par Shakespeare ( Hamlet Acte III scène I) 

 

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Acte III Scène I

Etre, ou ne pas être, c'est là la question. Y a-t-il plus de noblesse d'âme à subir la fronde et les flèches de la fortune outrageante, ou bien à s'armer contre une mer de douleurs et à l'arrêter par une révolte ?. Mourir... dormir, rien de plus ;... et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du coeur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair : c'est là un dénouement qu'on doit souhaiter avec ferveur. Mourir... dormir, dormir ! peut-être rêver ! Oui, là est l'embarras. Car quels rêves peut-il nous venir dans ce sommeil de la mort, quand nous sommes débarrassés de l'étreinte de cette vie ?. Voilà qui doit nous arrêter. C'est cette réflexion-là qui nous vaut la calamité d'une si longue existence.

Qui, en effet, voudrait supporter les flagellations, et les dédains du monde, l'injure de l'oppresseur, l'humiliation de la pauvreté, les angoisses de l'amour méprisé, les lenteurs de la loi, l'insolence du pouvoir, et les rebuffades que le mérite résigné reçoit d'hommes indignes, s'il pouvait en être quitte avec un simple poinçon ?

 Qui voudrait porter ces fardeaux, grogner et suer sous une vie accablante, si la crainte de quelque chose après la mort, de cette région inexplorée, d'où nul voyageur ne revient, ne troublait la volonté, et ne nous faisait supporter les maux que nous avons par peur de nous lancer dans ceux que nous ne connaissons pas ?. Ainsi la conscience fait de nous tous des lâches ; ainsi les couleurs natives de la résolution blêmissent sous les pâles reflets de la pensée ; ainsi les entreprises les plus énergiques et les plus importantes se détournent de leur cours, à cette idée, et perdent le nom d'action...

 Doucement, maintenant ! Voici la belle Ophélia... Nymphe, dans tes oraisons souviens-toi de tous mes péchés.

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Aujourd'hui pour se déprendre de la nausée une première réponse- affective - est le rejet de la politique :

 Tous pourris  ! Qu'ils s'en aillent tous ! Que se vayan todos !

 

C'est oublier un peu vite que la nature politique a horreur du vide et que le pouvoir vacant peut être aussitôt ramassé par des aventuriers des voyous ou des fascistes.

 

La leçon de Brecht vient alors à son heure

 

 

 

 

 

« Le pire des analphabètes, c’est l’analphabète politique. Il n’écoute pas, ne parle pas, ne participe pas aux événements politiques. Il ne sait pas que le coût de la vie, le prix des haricots et du poisson, le prix de la farine, le loyer, le prix des souliers et des médicaments dépendent des décisions politiques.

 « L’analphabète politique est si bête qu’il s’enorgueillit et gonfle la poitrine pour dire qu’il déteste la politique. Il ne sait pas, l’imbécile, que c’est son ignorance politique qui produit la prostituée, l’enfant de la rue, le voleur, le pire de tous les bandits et surtout le politicien malhonnête, menteur et corrompu, qui lèche les pieds des entreprises nationales et multinationales. »

Bertold BRECHT

 

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 11:16

    Les résultats chiffrés de la politique économique et sociale des

gouvernements dirigés par Hugo Chavez

 

Document établi par  Jake Johnston et  Sara Kozameh   et publié par le CEPR -centre de recherche en économie politique- Londres (http://www.cepr.org)

Mardi 07 Mars 2013

Traduction Comaguer

______________________________________________________________________________

Le mardi 5 Mars, le président vénézuélien Hugo Chávez est décédé après 14 années au pouvoir. Voici une série de graphiques qui illustrent les changements économiques et sociaux qui ont eu lieu au Venezuela au cours de cette période.

1. Croissance (moyenne annuelle en pourcentage à gauche PIB global à droite PIB pat habitant)
 GDP_PerCap.jpg
Source : Banco Central de Venezuela

 

Ce graphique présente la croissance globale du PIB ainsi que la croissance par habitant dans l'ère pré-Chavez (1986-1999) et pendant la présidence de Chavez.

De 1999 à 2003, le gouvernement ne contrôlait pas la compagnie pétrolière d'État ; en fait, elle était contrôlée par ses adversaires, qui l'ont utilisée pour tenter de renverser le gouvernement, en particulier pendant la grève pétrolière dévastatrice de 2002 - 2003. Pour cette raison, une meilleure mesure de la croissance économique sous le gouvernement Chavez devrait commencer après qu’il ait obtenu le contrôle de la compagnie pétrolière nationale et donc de l'économie.

Ci-dessus vous pouvez voir cette croissance toutes deux mesurées depuis 2004 et pour la période 1999-2012. Nous utilisons 2004 parce que commencer avec 2003, une année déprimée en raison de la grève pétrolière, serait exagérer la croissance du PIB au cours de cette période ; en 2004, l'économie avait rattrapé son niveau de sortie de grève. Croissance après que le gouvernement a obtenu le contrôle de la compagnie pétrolière nationale fut beaucoup plus rapide.

 

2. Croissance Publique  et croissance privée – 1999-2012 (moyenne annuelle en pourcentage) Private_Public-copie-1.jpg

 

 

Source : Banco Central de Venezuela

Ce graphique illustre la croissance du secteur privé (à droite) et le secteur public (à gauche) au cours des années Chavez.

3. Taux d'inflation : avant Chavez et  pendant les années Chavez

 

  

inflation

 

 

     

Source : Banco Central de Venezuela

Inflation au Venezuela, indice des prix à la consommation


4. Chômage : Avant et après la grève pétrolière

 

 

unemployment.jpg

 

 

 

       

Source : Banco Central de Venezuela, INEC

Après la fin de la grève pétrolière  (et de la profonde récession qu'elle a causé) en 2003, le chômage a chuté drastiquement, après de nombreuses années d'augmentation avant l’élection de  Chavez. En 1999, quand Chavez a pris ses fonctions, le chômage était 14,5 pour cent ; pour 2011 il était de 7,8 pour cent.


5. La pauvreté et le taux de pauvreté extrême

     

poverty.jpg

 


Source : INEC

La pauvreté a diminué, baissant  près de 50 pour cent après  la grève pétrolière, et  l'extrême pauvreté a baissé  de plus de 70 pour cent.

 

6. Coefficient de GINI Amérique latine et caraïbe

Note comaguer : le coefficient de Gini est un  coefficient simple permettant de mesurer la dispersion des revenus – plus il est faible moins l’écart est important entre les revenus les plus élevés et les revenus les plus faibles)

      gini.jpg

 

 

 

Source : CELAC

7. Dépenses sociales en pourcentage du PIB

     

socialspending.jpg

 

 

De bas en haut : éducation, santé, logement, protection sociale, autres

Source SISOV

Les dépenses sociales ont doublé passant de 11,3 % du PIB à 22,8% en 2011

8. Scolarisation (source SISOV) en pourcentage de la classe d’âge

Note comaguer : forte progression dans le secondaire

 

  net_enrollment.jpg

 

  9. Diplômés de l’enseignement supérieur

 

higher_ed.jpg

 

 10- Malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans

Source : institut national de la nutrition

      malnutrition.jpg

 

 10-Vénézuéliens percevant une retraite

Source Institut vénézuélien d’assurances sociales

 

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 10:45
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