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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 18:03

EXTRAIT DE « POUR LA REVOLUTION AFRICAINE »

Première édition : Maspéro 1964    Réédition La Découverte Syros 2001      

 

Publié dans "Afrique Action." N° 19, 20 février 1961.


 

La Mort de Lumumba

Pouvions – nous faire autrement?


Les observateurs qui se sont trouvés dans les capitales africaines pendant le mois de juin 1960 pouvaient se rendre compte d'un certain nombre de choses. De plus en plus nombreux, en effet, d'étranges personnages venus d'un Congo à peine apparu sur la scène internationale s'y 8uccèdaient. Que disaient ces Congolais? Ils disaient n'importe quoi. Que Lumumba était vendu aux Ghanéens- Que Gizenga était acheté par les  Guinéens Kashamura par les yougoslaves.... Que les civilisateurs belges partaient trop tôt, etc. ...

Mais si l'on s'avisait d'attraper dans un coin un de ces Congolais, de l'interroger, alors on s'apercevait que quelque chose de très grave se tramait contre l'indépendance du Congo et contre l’Afrique.

Des sénateurs, des députés congolais aussitôt après les fêtes de l'indépendance se sauvaient hors du Congo et se rendaient... aux Etats-Unis. D'autres s'installaient pour plusieurs semaines à Brazzaville. Des syndicalistes étaient invités à New­York. Là encore, si l'on prenait l'un de ces députés on de ces sénateurs dans un coin et qu'on l'interrogeait, il devenait patent que tout un processus très précis allait se mettre en route.

Dès avant le 1er juillet 1960, l'opération Katanga était lancée, Son but ? Bien sûr, sauvegarder l'Union Minière. Mais au-delà de celle opération, c'est une conception belge qui était défendue. Un Congo unifié, avec un gouvernement central, allait à l'encontre des intérêts belges. Appuyer les revendications décentralisatrices des diverses provinces, susciter ces revendications, les alimenter, telle était la politique belge avant l'indépendance.

Dans leur tâche, les Belges étaient aidés par les autorités de la Fédération Rhodésies-Nyassaland. On sait aujourd'hui, et M. Hammarskjöld mieux que quiconque, qu'avant le 30 juin 1960, un pont aérien Salisbury-Elisabethville alimentait le Katanga en armes. Lumumba avait certain jour proclamé que la libération du Congo serait la première phase de la complète indépendance de l'Afrique Centrale et Méridionale et il avait très précisément fixé ses prochains objectifs: soutien des mouvements nationalistes en Rhodésie, en Angola, en Afrique du Sud.

Un Congo unifié ayant à sa tête un anticolonialiste militant constituait un danger réel pour celle Afrique sudiste, très proprement sudiste, devant laquelle le reste du monde se voile la face. Nous voulons dire devant laquelle le reste du monde se contente de pleurer, comme à Sharpville, ou de réussir des exercices de style à l'occasion des journées anticolonialistes. Lumumba, parce qu'il était le chef du premier pays de cette région à obtenir l'indépendance, parce qu'il savait concrètement le poids du colonialisme, avait pris I'engagement au nom de son peuple de contribuer physiquement à la mort de celle Afrique-là. Que les autorités du Katanga et celles du Portugal aient tout mis en œuvre pour saboter l'indépendance du Congo ne nous étonne point. Qu'elles aient renforcé l'action des Belges et augmenté la poussée des forces centrifuges au Congo est un fait. Mais ce fait n'explique pas la détérioration qui s'est installée progressivement au Congo, ce fait n'explique pas l'assassinat froidement décidé, froidement mené de Lumumba, cette collaboration colonialiste au Congo est insuffisante à expliquer pourquoi en février 1961 l'Afrique va connaître autour du Congo sa première grande crise.

Sa première grande crise car il faudra qu'elle dise si elle avance ou si elle recule. Il faudra qu'elle comprenne qu'il ne lui est plus possible d'avancer par régions, que, comme un grand corps qui refuse toute mutilation, il lui faudra avancer en totalité, qu'il n'y aura pas une Afrique qui se bat contre le colonialisme et une autre qui tente de s'arranger avec le colonialisme. Il faudra que l'Afrique, c'est-à-dire les Africains, comprennent qu'il n'y a jamais de grandeur à atermoyer et qu'il n'y a jamais de déshonneur à dire ce que l'on est et ce que l'on veut et qu'en réalité l'habileté du colonisé ne peut être en dernier ressort que son courage, la conception lucide de ses objectifs et de ses alliances, la ténacité qu'il apporte à sa libération.

Lumumba croyait en sa mission.  Il avait une confiance exagérée dans le peuple. Ce peuple, pour lui, non seulement ne pouvait se tromper, mais ne pouvait être trompé. Et de fait, tout semblait lui donner raison. Chaque fois par exemple que dans une région les ennemis du Congo arrivaient à soulever contre lui l'opinion, il lui suffisait de paraître, d'expliquer, de dénoncer, pour que la situation redevienne normale. Il oubliait singulièrement qu'il ne pouvait être partout à la fois et que le miracle de l'explication était moins la vérité de ce qu'il exposait que la vérité de sa personne.

Lumumba avait perdu la bataille pour la présidence de la République. Mais parce qu'il incarnait d'abord la confiance que le peuple congolais avait mise en lui, parce que confusément les peuples africains avaient compris que lui seul était soucieux de la dignité de son pays, Lumumba n'en continua pas moins à exprimer le patriotisme congolais et le nationalisme africain dans ce qu'ils ont de plus rigoureux et de plus noble.

Alors d'autres pays beaucoup plus importants que la Belgique ou le Portugal décidèrent de s'intéresser directement à la question. Lumumba fut contacté, interrogé. Après son périple aux Etats-Unis la décision était prise : Lumumba devait disparaître.

Pourquoi? Parce que les ennemis de l'Afrique ne s'y étaient pas trompés. Ils s'étaient parfaitement rendus compte que Lumumba était vendu, vendu à l'Afrique s'entend. C'est à dire qu'il n'était plus à acheter.

Lee ennemis de l'Afrique se ont rendu compte avec un certain effroi que si Lumumba réussissait, en plein cœur du dispositif colonialiste, avec une Afrique française se transformant en communauté rénovée, une Angola « province portugaise » et enfin l'Afrique orientale, c'en était fini de « leur » Afrique au sujet de laquelle ils avaient des plans très précis.

Le grand succès des ennemis de l'Afrique, c'est d'avoir compromis les Africains eux-mêmes. Il est vrai que ces Africains étaient directement intéressés par le meurtre de Lumumba. Chefs de gouvernements fantoches, au sein d'une indépendance fantoche, confrontés jour après jour à. une opposition massive de leurs peuples, ils n'ont pas été longs à se convaincre que l'indépendance réelle du Congo les mettrait personnellement en danger.

Et il y eut d'autres Africains, un peu moins fantoches, mais qui s'effraient dès qu'il est question de désengager l'Afrique de l'Occident. On dirait que ces Chefs d'Etat africains ont toujours peur de se trouver en face de l'Afrique. Ceux-là aussi, moins activement, mais consciemment, ont contribué à la détérioration de la situation au Congo. Petit à petit, on se mettait d'accord en Occident qu'il fallait intervenir au Congo, qu'on ne pouvait pas laisser les choses évoluer à ce rythme. . ..

Petit à petit, l'idée d'une intervention de l'O.N.U. prenait corps. Alors on peut dire aujourd'hui que deux erreurs simultanées ont été commises par les Africains.

Et d'abord par Lumumba quand il sollicita l'intervention de l'O.N.U. Il ne fallait pas faire appel à l'O.N.U. L'O.N.U. n'a jamais été capable de régler valablement un seul des problèmes posés à la conscience de l'homme par le colonialisme, et chaque fois qu'elle est intervenu, c'était pour venir concrètement au secours de la puissance colonialiste du pays oppresseur.

Voyez le Cameroun. De quelle paix jouissent les sujets de M. Ahidjo tenus en respect par un corps expéditionnaire français qui, la plupart du temps, a fait ses premières armes en Algérie? L'O.N.U. a cependant contrôlé l'autodétermination du Cameroun et le gouvernement français y a installé un « exécutif provisoire ».

Voyez le Viet-Nam.

Voyez le Laos.

Il n'est pas vrai de dire que l'O.N.U. échoue parce que les causes sont difficiles.

En réalité l'O.N.U. est la carte juridique qu'utilisent les intérêts impérialistes quand la carte de la force brute a échoué.

Les partages, les commissions mixtes contrôlées, les mises sous tutelle sont des moyens légaux internationaux de torturer, de briser la volonté d'indépendance des peuples, de cultiver l'anarchie, le banditisme et la misère.

Car enfin, avant l'arrivée de l'O.N.U., il n'y avait pas de massacres au Congo. Après les bruits hallucinants propagés à dessein à l'occasion du départ des Belges, on ne comptait qu'une dizaine de morts. Mais depuis l'arrivée de l'O.N.U. on a pris l'habitude chaque matin d'apprendre que les Congolais par centaines s'entremassacraient.

On nous dit aujourd'hui que des provocations répétées furent montées par des Belges déguisés en soldats de l'Organisation des Nations Unies. On nous révèle aujourd'hui que des fonctionnaires civils de l'O.N.U. avaient en fait mis en place un nouveau gouvernement le troisième jour de l'investiture de Lumumba. Alors on comprend beaucoup mieux ce que l'on a appelé la violence, la rigidité, la susceptibilité de Lumumba.

Tout montre en fait que Lumumba fut anormalement calme.

Les chefs de mission de l'O.N.U. prenaient contact avec les ennemis de Lumumba et avec eux arrêtaient des décisions qui engageaient l'Etat du Congo. Comment un chef de gouvernement doit-il réagir dans ce cas? Le but recherché et atteint est le suivant: manifester l'absence d'autorité, prouver la carence de l'Etat.

Donc motiver la mise sous séquestre du Congo.

Le tort de Lumumba a été alors dans un premier temps de croire en l'impartialité amicale de l'O.N.U. Il oubliait singulièrement que l'O.N.U. dans l'état actuel n'est qu'une assemblée de réserve, mise sur pied par les Grands, pour continuer entre deux conflits armés la « lutte pacifique » pour le partage du monde. Si M. Iléo en aout 1960 affirmait à qui voulait l'entendre qu'il fallait pendre Lumumba, si les membres du cabinet Lumumba ne savaient que faire des dollars qui, à partir de cette époque, envahirent Léopoldville, enfin si Mobutu tous les soirs se rendait à Brazzaville pour y faire et y entendre ce que l'on devine mieux aujourd'hui, pourquoi alors s'être tourné avec une telle sincérité, une telle absence de réserve vers l'O.N.U. ?

Les Africains devront se souvenir de cette leçon. Si une aide extérieure nous est nécessaire, appelons nos amis. Eux seuls peuvent réellement et totalement nous aider à réaliser nos objectifs parce que précisément, l'amitié qui nous lie à eux est une amitié de combat.

Mais les pays africains de leur côté, ont commis une faute en acceptant d'envoyer leurs troupes sous le couvert de l'O.N.U. En fait, ils admettaient d'être neutralisés et sans s'en douter, permettaient aux autres de travailler.

Il fallait bien sûr envoyer des troupes à Lumumba, mais pas dans le cadre de l'O.N.U. Directement. De pays ami à pays ami. Les troupes africaines au Congo ont essuyé une défaite morale historique. L'arme au pied, elles ont assisté sans réagir (parce que troupes de l'O.N.U.) à la désagrégation d'un Etat et d'une nation que l'Afrique entière avait pourtant salués et chantés. Une honte.

Notre tort à nous, Africains, est d'avoir oublié que l'ennemi ne recule jamais sincèrement. Il ne comprend jamais. Il capitule, mais ne se convertit pas.

Notre tort est d'avoir cru que l’ennemi avait perdu de sa combativité et de sa nocivité. Si Lumumba gêne, Lumumba disparaît. L'hésitation dans le meurtre n'a jamais caractérisé l'impérialisme. .

Voyez Ben M'Hidi, voyez Moumié, voyez Lumumba. Notre tort est d'avoir été légèrement confus dans nos démarches. Il est de fait qu'en Afrique, aujourd'hui, les traîtres existent. Il fallait les dénoncer et les combattre. Que cela soit dur après le rêve magnifique d'une Afrique ramassée sur elle-même et soumise aux mêmes exigences d'indépendance véritable ne change rien à la réalité. '

Des Africains ont cautionné la politique impérialiste au Congo, ont servi d'intermédiaires, ont cautionné les activités et les singuliers silences de l'O.N.U. au Congo.

Aujourd'hui ils ont peur. Ils rivalisent de tartufferies autour de Lumumba déchiqueté. Ne nous y trompons point, ils expriment la peur de leurs mandants. Les impérialistes aussi ont peur. Et ils ont raison car beaucoup d Africains beaucoup d'Afro-Asiatiques ont compris. Les impérialistes vont marquer un temps d'arrêt. Ils vont attendre que « l'émotion légitime » se calme. Nous devons profiter de ce court répit pour abandonner nos craintives démarches et décider de sauver le Congo et l'Afrique.

Les impérialistes ont décidé d'abattre Lumumba. Ils l'ont fait. Ils ont décidé de constituer des légions de volontaires.

Elles sont déjà sur place.

L'aviation katangaise sous les ordres de pilotes sud-africains et belges a commencé depuis plusieurs jours les mitraillages au sol. De BrazzaviIIe, des avions étrangers. se rendent bondés de volontaires et d’officiers parachutistes au secours d'un certain Congo.

Si nous décidons de soutenir Gizenga, nous devons le faire résolument.

Car nul ne connaît le nom du prochain Lumumba. Il y a en Afrique une certaine tendance représentée par certains hommes. C'est cette tendance dangereuse pour l'impérialisme qui est en cause. Gardons-nous de ne jamais l'oublier: c'est notre sort à tous qui se joue au Congo.

 

 

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 19:23

 

 

 

 

Une nouvelle année,

un nouveau livre de DOMENICO LOSURDO en français !

 

Les éditions ADEN annoncent la publication le 21 Janvier 2011 de la traduction française très attendue de l’avant-dernier ouvrage du philosophe italien DOMENICO LOSURDO sur  STALINE

Ce livre publié en Italie en 2008 et déjà réédité dans ce pays, vient d’être  traduit et publié récemment au Brésil, les traductions espagnole et allemande sont en cours.

Les lecteurs français pourront donc très bientôt en prendre connaissance et cette lecture accompagnera en cette nouvelle année les réflexions nécessaires à une  lutte ambitieuse et généralisée contre la violente offensive mondiale de la réaction capitaliste en cours.

 

Voici la présentation qu’en font les Editions Aden sur leur site Internet :

 

Staline: histoire et critique d'une légende noire

Domenico LOSURDO

Traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio

Postface de Luciano Canfora
COUV Staline

  

Il fut un temps oùd’illustres hommes d’Etat – comme Churchill – et des intellectuels de premier plan – Hannah Arendt ou Thomas Mann pour ne citer qu’eux– avaient pour Staline, et pour le pays qu’il guidait, du respect, de la sympathie et même de l’admiration. Avec l’éclatement de la Guerre froide d’abord, et surtout, ensuite, avec le Rapport Khrouchtchev, Staline devient, du jour au lendemain, un "monstre", comparable peut-être seulement à Hitler.


Le contraste radical entre ces attitudes à l’égard du "petit père des peuples" devrait pousser l’historien non pas à trancher en faveur d’une de ces images mais bien à les étudier toutes, en analysant les conflits et les intérêts qui sont àl’origine de ces prises de positions.


C’est ce que réalise Domenico Losurdo, en revenant scrupuleusement sur les tragédies du XXe siècle et en déconstruisant et contextualisant nombre des accusations et louanges adressées à Staline. Cet essai est une approche à la fois historique, historiographique et philosophique –qui, comme en Italie à sa sortie, ne manquera pas de susciter de vives polémiques.

 


Domenico LOSURDO est professeur d’histoire de la philosophie à l’Université́d’Urbino. Il est notamment l’auteur de Révisionnisme en histoire, problèmes et mythes (Albin Michel) et de Fuir l’histoire (Delga). Son premier livre aux Editions Aden, Le péché originel du XXe siècle, a rencontré un vif succès d’estime.

 

Parution: janvier 2011
ISBN: 9782805900631
532 pages

 

20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 16:04

RETENEZ CES NOMS : ILS  SONT LES ORGANISATEURS PERMANENTS DE  LA CONTRE REVOLUTION EN AMERIQUE LATINE


Ils se sont réunis cette semaine à Washington  et voici ce qu’en dit Eva Golinger : 

 

Le Congrès des USA parraine un évènement contre les pays de l’ALBA. 

Le 14 Novembre 2010 - La nouvelle salle de conférences du Centre des Visiteurs du Congrès des Etats-Unis à Washington sera le siège mercredi prochain 17 Novembre d’un rencontre intitulée : "Danger dans les Andes : menaces à la démocratie, aux droits de l’homme et la sécurité interaméricaine."

   Les sujets principaux qui seront débattues au sein du Congrès américain mettent en évidence l’escalade des agressions contre des pays comme le Venezuela, cuba, la Bolivie, l’Equateur et le Nicaragua - tous membres de l’Alliance Bolivarienne des Peuples de Notre Amérique (ALBA) - et comprennent des "débats" fondés sur trois questions : 

Est-ce que la démocratie et les droits de l’homme sont mis en danger par le développement du ’Socialisme du XXI° Siècle’ au Venezuela, en Equateur en Bolivie ? 

 L’ALBA de Cuba, du Venezuela, de la Bolivie, de l’Equateur et du Nicaragua constitue-t-elle une menace pour les intérêts américains et pour la sécurité interaméricaine ? 

La politique des Etats-Unis dans la région permet-elle de répondre à l’érosion de la démocratie et à l’influence dangereuse d’acteurs hostiles comme l’Iran, les groupes terroristes et les narcotrafiquants ?

L’évènement est parrainé par le Congrès des Etats-Unis et comportera la participation des chefs des commissions des relations extérieures, soit :

Elliot Engel, Démocrate Newyorkais et actuel chef du Sous Comité des Relations Extérieures pour l’Hémisphère Occidental

 Connie Mack, Républicain de Floride, et prochain chef du Sous Comité des Relations Extérieures pour l’Hémisphère Occidental

Ileana Ros-Lehtinen, parti Républicain de Floride, prochain chef du Comité des Relations Extérieures

Ron Klein, Démocrate de Floride et membre du Sous Comité des Relations Extérieures pour l’Hémisphère Occidental.

La présence de Démocrates aussi bien que de Républicains à cet évènement contre les pays de l’ALBA met en évidence que la politique d’agression de Washington à l’égard de l’Amérique Latine est une politique bipartite, et une politique d’État de l’empire des États-Unis.

Aux côtés de ces congressistes, participeront comme "experts" des figures de l’extrême droite latino-américaine pour disserter sur ce qu’eux considèrent comme une "menace" à leur pouvoir et influence dans la région. 

Pour le Venezuela, il y aura Guillermo Zuloaga, criminel fuyant la Justice Vénézuélienne et artisan du coup d’état.
Pour la Bolivie, participeront des membres des groupes séparatistes et terroristes de Santa Cruz, comme Luis Nuñez, président du Comité Civique de Santa Cruz et Javier El-Hage, représentant de la néfaste Fondation pour les Droits de l’Homme, section Bolivie.

 La Fondation pour les Droits de l’Homme est une organisation créée par le Vénézuélien Thor Halvorrsen (fils) qui se consacre à attaquer le gouvernement d’Hugo Chavez et qui a sollicité l’intervention militaire des Etats-Unis au Venezuela.

Participeront aussi à cette rencontre :

Alejandro Aguirre, président de la Société Interaméricaine de Presse (SIP),

José Cárdenas, ancien directeur de l’USAID pour l’Amérique Latine,

John Walters, l’ex-tsar anti-drogue des USA

Joel Hirst, du puissant Conseil des Relations Extérieures, éminence grise de Washington,

Otto Reich, ancien ambassadeur des Etats-Unis au Venezuela (qui fit sortir de sa prison vénézuélienne le terroriste Orlando Bosch) et qui fut aussi Assistant au Secrétaire d’Etat pour l’Amérique Latine pendant le coup d’état de 2002.

 Roger Noriega, lui aussi ex-Assistant au Secrétaire d’Etat pour l’Amérique Latine sous le gouvernement Bush et ancien ambassadeur des Etats-Unis à l’OEA.

Tous ces personnages ont une histoire d’agression et d’hostilité contre le gouvernement d’Hugo Chavez au Venezuela et ont promu, soutenu et financé les coups d’état au Venezuela, en Bolivie, Honduras et Equateur, durant les 10 dernières années. En permanence, ils portent des coups à la paix et à la stabilité de Cuba.

Il y aura des représentants de l’Equateur, comme l’avocat de droite Edgar Teran, et le congressiste Enrique Herreria, et d’autres représentants d’institutions (think-tanks) américaines.

 Parmi les amphitryons supplémentaires de cet évènement terroriste figurera l’organisation Vénézuélienne de Miami FUDAPREFC (www.fundaprefc.org), créée par la partisane de coup d’état Yuri López Pérez, qui se consacre à défendre les commissaires de la police métropolitaine condamnés pour homicides multiples durant le coup d’état d’Avril 2002 : Lázaro Forero, Iván Simonovis y Henry Vivas.

 Parrainera aussi l’évènement l’Institut Interaméricain pour la Démocratie, fondé à Miami par l’Argentin Guillermo Lousteau Heguy et qui a sous ses ordres par exemple les terroristes Cubains Carlos Alberto Montaner et Armando Valladares. Cet institut a organisé un évènement intitulé " déjeuner avec Lucio Gutierrez" le 23 Septembre, curieusement une semaine avant la tentative de coup d’état contre le président Rafael Correa en Equateur qui a été conduite par Guttierez.

Parmi les accueillants on note aussi la Fondation Héritage, l’American Enterprise Institute (AEI),le Centre pour une Police de Sécurité et l’Institut Hudson, quatre “think tanks” de l’extrême droite US qui se sont consacrés à agresser le Venezuela ces dernières années, en publiant des "informations" sur les "menaces" du gouvernement de Hugo Chavez et en dirigeant plusieurs millions de dollars vers les secteurs de l’opposition vénézuélienne.

Participe enfin « Americas Forum », organisation fondée par Otto Reich et Roger Noriega, entre autres membres de l’extrême droite latino-américaine aux Etats-Unis, pour mettre au point des stratégies d’agression contre les pays de l’ALBA.

Cet évènement met en évidence qu’après les élections législatives des Etats-Unis le 2 Novembre dernier, lors desquelles la droite US a atteint une majorité de choc au Congrès, la politique de Washington envers l’Amérique Latine sera beaucoup plus agressive et dangereuse durant les prochains mois.

 Article original : Congreso de Estados Unidos patrocina evento contra países de la ALBA

 http://centrodealerta.org/noticias/ traduction française LE GRAND SOIR

mise en page comaguer@orange.fr   (http://comaguer.over-blog.com )

 

 

 

 

 

 


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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 21:19

Très modeste  appendice au nouveau livre d’Annie Lacroix-Riz

 «  Le Vatican, l’Europe et le Reich »

 

Un exfiltré français par les voies vaticanes


Le dernier ouvrage d’Annie Lacroix-Riz est monumental  puisqu’il couvre et fait découvrir  un demi-siècle de diplomatie vaticane : de 1914 à  1955.

De ce fait l’épisode le plus connu du soutien du Vatican au III° Reich : celui de l’exfiltration des dignitaires nazis après la défaite  s’inscrit dans un ensemble où les sympathies du Vatican pour le III° Reich s’inscrivent  dans une politique constante de soutien aux empires centraux  (Prusse et Autriche-Hongrie) confortée par une haine féroce de l’URSS et par une méfiance certaine envers  la France « maçonnique ». Entre  les monarchies réactionnaires et les républiques nées d’une révolution le cœur  du Vatican penche toujours du côté des premières

L’exfiltration des dignitaires nazis , militaires , civils, ecclésiastiques , scientifiques  confondus, ainsi que leurs alliés italiens, belges, croates, roumains, hongrois  etc. …a utilisé toutes « les voies impénétrables » de l’Eglise catholique pour leur permettre d’échapper aux poursuites et aux condamnations. Dans une très large mesure la mise à l’abri de ce personnel  s’est faite dans la lointaine et très catholique Argentine gouvernée à l’époque par un Perón qui ne cachait ses sympathies ni pour Mussolini ni pour Hitler.

La « filière argentine » a été magistralement décrite par un essayiste argentin UKI GONI dans son livre publié  en 2002 sous le titre, inspiré du nom de code – ODESSA -  qui avait été donné au système des exfiltrations mis en place à partir de 1946 : « THE REAL ODESSA ». L’ouvrage n’a malheureusement pas été traduit en français.

La filière argentine a aussi concerné la France collaborationniste.  Du côté des organisateurs de la filière UKI GONI mentionne les noms de GEORGES GUILBAUD, proche de LAVAL de CHARLES LESCA, tous deux criminels de guerre  et du cardinal TISSERANT en poste au Vatican.

Il ne mentionne pas un autre criminel de guerre français qui a aussi rejoint l’Argentine à cette époque : SIMON  SABIANI.

Le personnage est connu. Militant communiste dés la fondation du PCF au Congrès de Tours, il va dériver progressivement vers la droite, s’accoquiner avec la pègre, gouverner Marseille en tant que premier adjoint d’un maire falot de 1929 à 1935 et se retrouver parmi les dirigeants nationaux du PPF dès sa création par DORIOT en 1936. Pendant l’occupation il collabore activement avec l’occupant et devra prendre la fuite sitôt les armées alliées débarquées en Provence  en Aout 1944. Il se replie progressivement vers l’Allemagne avec le groupe dirigeant du PPF qui s’installe en Allemagne  à Sigmaringen.

Le 22 Février 1945 la voiture de DORIOT est mitraillée par deux avions volant en basse altitude. Le leader du PPF meurt et c’est la débandade dans son entourage. A partir de ce moment là la biographie de SABIANI devient lacunaire et JEAN VAUCORET  l’auteur de la thèse de III° cycle d’histoire qu’il lui a consacré en 1979 avoue qu’il ne dispose que des informations fournies par la famille trente ans plus tard alors même que Sabiani  après s’être séparé volontairement de sa famille à Sigmaringen la reverra  en 1946 à Rome et qu’elle ne devait pas ignorer comment il était arrivé là . VAUCORET ne s’attarde pas sur cette question alors que  la contribution du Vatican au sauvetage des criminels de guerre nazis avait été posée au grand public européen dés 1963 par la pièce « Le Vicaire » de l’écrivain allemand Rolf Hochhut. Elle suscita de vives controverses et  VAUCORET ne pouvait pas l’ignorer.

En 1991 un journaliste marseillais Jean Baptiste Nicolai publiera une biographie de Sabiani  mais sur la période de la fuite en Argentine il se contente de recopier mot à mot  et sans le dire le texte du chapitre correspondant de la thèse.

Que retenir de consistant dans ce travail inabouti et qui ne mentionne  pas non plus que SABIANI est, après la libération, condamné  deux fois à mort comme criminel de guerre ?

 Résumons  cependant  (les passages en italique sont extraits de la thèse sus mentionnée)

Sabiani rejoint l’Italie  il « arrive à Florence  en compagnie de DEAT » « En 1946 sa fille Dora reçoit une lettre expédiée de Livourne. Ayant rétabli le contact avec les siens, il tente de retrouve sa femme et sa fille Agathe, qui se trouvent elles aussi en Italie. Les retrouvailles ont lieu un an plus tard à Rome  ou, plus précisément, dans la banlieue romaine dans la propriété du Prince LANCELLOTTI  où Sabiani réside jusqu’en Septembre 1946 ». De  rapides recherches sur la famille LACELLOTTI la situent  comme une  riche famille aristocratique ayant produit un Cardinal au 16° siècle, propriétaire d’un palais sur une des plus belles places de Rome, la Piazza Navona, et selon un document du Partito Radicale italien de 1956 très gros propriétaire foncier dans Rome. Mais, poursuit la thèse : « A cette date, Sabiani quitte le domaine du prince pour se réfugier dans un couvent prés du Vatican. En effet la police française ayant retrouvé sa trace, le neveu du prince LANCELLOTTI qui occupe un poste important au Ministère de l’Intérieur, le prévient à temps. Jusqu’en décembre 1946, il demeure caché dans un couvent de religieuses tenu par Sœur Augustine et Sœur Marguerite (sœur visitatrice de Rome). C’est grâce au Vatican que Sabiani pourra quitter l’Italie  où le danger d’être reconnu et arrêté augmente chaque jour. C’est sous le nom de Pedro Multedo que le 11 Janvier 1947 Sabiani quitte Rome à destination de Buenos Aires. »

Tous les éléments de la filière vaticano-argentine sont bien là  réunis mais la thèse se tient soigneusement à distance de toute recherche d’explication.

Sabiani  avec son passeport italien au nom de Multedo reste à Buenos Aires où « avec Palevsky et quelques oustachis il entretient des relations suivies »  jusqu’en 1954.  Les criminels de guerre condamnés à la Libération ayant été amnistiés en 1951, il s’installe à Barcelone où ses amis français pourront lui rendre plus facilement visite et où, d’après  le livre de l’historien Paul Jankowski , professeur à Stanford  dans son livre « Communism and collaboration – Simon Sabiani  and politics in Marseille 1919-1944, il retrouve le fils du gangster marseillais Carbone et Maurice-Yvan Sicard animateur du journal antisémite L’émancipation nationale .

Il  y meurt le 29 septembre 1956. Ce jour là, la radio franquiste interrompt ses émissions pour l’annoncer  et pour révéler que PEDRO MULTEDO est en vérité SIMON SABIANI : «  c’était notre ami et notre camarade ; il déploya dans la lutte contre le communisme l’activité la plus énergique. Son rôle fut particulièrement important entre 1936 et 1938.  Quand, au péril de sa vie, il empêcha à plusieurs reprises l’acheminement vers l’Espagne des renforts en hommes, en armes et en matériel que le front populaire de France envoyait à son homologue espagnol.»

 

 

28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 14:03

 

 

 

 

A propos de films soviétiques sur la Grande guerre patriotique

 

Comaguer a réalisé une interview de deux dirigeants de la cinémathèque d’Etat russe (GOSFILMGFOND) venus présenter à Marseille trois films sur cette guerre.

Cette interview peut être retrouvée sur le site http://www.dotspirit.com (voir mode d’emploi in fine)

En complément de cet enregistrement nous publions ici un complément écrit établi par l’interpréte russe qui a pensé utile de fournir aux auditeurs une version française écrite la plus complète possible des propos précis et détaillés tenus en russe par Mrs Borodachev et Bosenko.

Nous l’en remercions vivement.

 

 

Présentation de GOSFILMFOND

 

GOSFILMFOND est une organisation d’Etat créée en 1937 afin de préserver la richesse nationale – le cinéma. Les films les plus anciens qui y sont conservés datent de 1896, comme  les films des frères Lumière, et le film russe le plus ancien qui date de 1898 et est intitulé « Stenka Razine ». Depuis 1937, tous les films qui passaient sur l’écran soviétique puis russe devaient être déposés au GOSFILMFOND de la Fédération de Russie, c’est-à-dire qu’il n’était autorisé de montrer un film sur le territoire de l’URSS  et qu’il ne l’est maintenant en Russie qu’après l’obtention du document de GOSFILMFOND. Actuellement, notre collection compte plus de 60 000 références et quelques millions bobines et chaque année il y en a de plus en plus, surtout ces quelques dernières années nous avons reçu entre 1500 et 2000 films par an. A GOSFILMFOND il n’y a pas que des films russes et soviétiques, mais tous les films qu’on montrait sur le territoire de la Russie d’avant la Révolution d’octobre, de l’URSS et de nos jours. Ce sont tous les films achetés par les entreprises privées ainsi que par l’Etat. Ce n’est qu’une fois que le film est passé par le GOSFILMFOND qu’on a le droit de le projeter sur le territoire de la Russie. Les films sont gardés dans de bonnes conditions, ils ne sont pas sélectionnés et personne ne regarde leurs origine – les conditions sont les mêmes pour tous, c’est pour cela que nous avons les films de très bonne qualité: elle a fasciné les Japonais à qui nous avons donné des films il y a dix ans à peu près. Nous travaillons aussi avec les Allemands et bientôt, le 20 octobre, nous allons passer aux Américains des films qui ont été préservés chez nous, mais pas aux Etats-Unis.

Près de 600 personnes travaillent à GOSFILMFOND. Cette organisation est située à 50 km de Moscou, donc la qualité d’air est très bonne. Elle occupe un territoire de 113 hectares ; c’est une petite ville autonome avec toutes les conditions pour la vie.

 

 

Présentation des films

 

Ces films sont vraiment magnifiques, et, très malheureusement, en Europe on n’en sait guère. Cette idée est née entre le directeur du Théâtre Toursky, Richard Martin, et moi. Nous avons décidé de projeter ces films à Marseille car Marseille est une ville internationale et car nous avons une longue histoire de coopération avec Richard Martin et son théâtre. Je voulais montrer les vrais événements, comment cela se passait en réalité puisque si l’Europe Orientale a une vision plus ou moins objective de la Seconde Guerre Mondiale, l’Europe Occidentale, malheureusement ignore une grande partie de la vérité. A mon avis ces films montrent une image plus objective que tous les autres films de fiction créés des temps de l’URSS sur la Grande Guerre Patriotique, tel est notre nom pour la Seconde Guerre Mondiale. Le réalisateur même, Youriy Ozerov était l’ancien combattant, or il a tout transmis sur l’écran du fond de lui-même, je dirais. Il essayait de rendre son film le plus objectif possible. Nul ne nie le rôle des Etats-Unis, de l’Angleterre et de la France dans la guerre. Bien sûr, ils ont aidé, ils ont combattu, mais le chiffre parle de lui-même – l’URSS a perdu plus de 25 000 000 de personnes et a libéré quasiment toute l’Europe de l’Allemagne fasciste. En même temps, si l’on regarde du point de vue du territoire, on voit que les alliés, débarqués dans  La Manche, ont libéré une toute petite partie de l’Europe. Le reste a vraiment été libéré par l’armée soviétique, par l’Armée Rouge qui a subi de grandes pertes. C’est donc cela que nous voudrions présenter aux spectateurs européens. Sans aucun

 

embellissement, juste la réalité du comment cela se passait.

Mon père et ses quatre frères combattaient à la guerre – ils étaient à Leningrad lors du blocus. Ainsi, le thème de la guerre est très proche pour chaque citoyen russe. Et il faut souligner que ce n’étaient pas que des Russes qui ont gagné la guerre - la Russie compte plusieurs nationalités : des tchouvaches, des tatars, des tchéchènes, et tous les peuples qui vivent sur le territoire de la Fédération de la Russie. C’est pour ça que c’est une très grande victoire. Personne ne nie la participation active des ex républiques de l’Union – Tadjikistan Ouzbékistan, Kirghizstan, Kazakhstan… les ressortissants de ces républiques ont fait un apport énorme pour l’URSS. C’était donc une victoire commune. Et nous avons voulu le montrer aux spectateurs marseillais.

 

Expliquer le choix du premier film.

 

En fait, ce film se compose de quatre parties. Il est très long et pour cela il est impossible de le montrer en entier - on n’a pas le temps.  Mais les deux premières parties que nous avons amenées décrivent les évènements réels de façon plus compacte. Donc, nous avons décidé de vous les montrer ici. Les autres sont aussi très intéressants, mais malheureusement cela nécessite trop de temps.

En effet, mon idée de départ était de faire une rétrospective d’une dizaine de films sur la Seconde Guerre mondiale, mais on va voir comment ça va se passer maintenant et ensuite il serait possible de tout refaire de façon plus développée. C’est un premier pas, un essai.

Sinon, chez nous on a tourné 720 films sur la Seconde Guerre Mondiale.

 

Bosenko rajoute :

 

 

En ce qui concerne le premier film, « Les Vivants et les Morts », il a été tourné sept ans plus tôt que le film « Libération » de Youriy Ozerov et il fait partie d’une époque un peu différente car il s’agissait d’un moment de transition dans la vie du pays.

Le cinéma soviétique dépendait de façon importante du gouvernement, que ce soit l’époque de Lénine ou de Staline, de Khrouchtchev ou de Brejnev. Et le roman même de Simonov, et s’était le premier roman de sa fameuse trilogie : « Les Vivants et les Morts », « On ne nait pas soldat » et « Le dernier été », ce premier roman a été créé lors de la fin du gouvernement de Khrouchev et le début de celui de Brejnev.

Simonov est un des premiers écrivains de l’époque soviétique qui narrait les difficultés du début de la guerre, nos défaites de la première période de la guerre et c’était un nouveau regard pour le cinéma ainsi que pour la littérature soviétique. Ce n’est donc pas par hasard que ce roman a été présenté pour le prix Lénine dans les années 60. Cette transition du pays, du cinéma et de la littérature est reflétée dans le film « Les Vivants et les Morts ».

 

Borodachev parle de la deuxième soirée, des deux films tirés de « Libération »

 

La création de ce film était très intére

 

ssante et très compliquée car c’était un projet d’une très grande envergure. Il y avait un ordre du gouvernement soviétique, des obligations à effectuer pour un délai de quelques années : les usines produisaient les chars qui devaient être identiques à ceux des années de guerre. Donc, plusieurs organismes étaient impliqués dans la création du film. Et bien sûr, selon nous, le film est plus réussi du point de vue cinématographique. Je souligne encore une fois que ce film reflète une partie de la libération de l’Europe Occidentale. Nous pensons que c’est intéressant pour le spectateur français.

Nous avons une image très positive des Français. La France a toujours témoigné son amitié envers la Russie d’avant la Révolution, de l’URSS et d’aujourd’hui. Pour nous les Français sont des frères. Nous savons comment combattait l’escadrille Normandie-Niemen, comment combattaient les Français.

Le sujet de la guerre en France est traité avec précaution. La France était une combattante active de la Seconde Guerre Mondiale, mais le rapport des forces était inégal. Je pense que ni la France, ni une autre nation ne pouvait gagner toute seule contre l’Allemagne d’Hitler. C’est pour cela que je ne vois pas de raison pour ces remords de conscience que je ressens chez les Français. La France a dû faire face à une puissance bien supérieure à elle. Je pense que contre une telle puissance ne pouvait gagner que l’Etat soviétique très fort et avec des grandes richesses naturelles. Et encore, au début de la guerre on a quand même subi plusieurs défaites et on a perdu tellement de gens. Rien n’était préparé. Et d’ailleurs ces films le montrent.

 

Bosenko rajoute:

Je peux rajouter que les sept ans de

 

différence qu’il y a entre les deux films « Les Vivants et les Morts » et « Libération » sont une étape importante du point de vue cinématographique. Pendant cette période Bondartchuk crée une épopée cinématographique « La Guerre et la Paix ». Et ce film de bataille d’une grande envergure qui, à mon avis, a mérité son Oscar du meilleur film étranger aux Etats-Unis en 1968, a fait monter le cinéma soviétique à un autre niveau de développement, car en Europe pendant ce temps-là on créait déjà des  films épiques de bataille sur la Seconde Guerre Mondiale : le film américain « Le jour le plus long », et le film yougoslave « la Bataille de la  Neretva » (1), et ainsi de suite. Pour cela le film de Youriy Ozerov représentait notre apport dans cette création des épopées, du cinéma épique sur la Seconde Guerre Mondiale. Nous étions prêts à cela, capables de le faire, car Bondartchuk avec son film de bataille « la Guerre et la Paix » en quatre parties nous a ouvert le chemin.

 

Après que « la Résistance française est connue partout dans le monde »

 

Heureusement, l’histoire a fait que le peuple russe et le peuple français ont toujours été très proches. Et avant la Révolution, et après, pendant l’Union Soviétique, et maintenant.

 

Dernière question : rééditio

 

n

 

Oui, cela nous intéresse et on y pense et on en rêve. Malheureusement, ce n’est pas toujours évident de trouver une réponse adéquate. Heureusement, Richard Martin (2) est professionnel et il comprend la signification de ce genre d’évènements. Parfois, les gens ne le comprennent pas, ont peur d’organiser de telles manifestations. Le sujet de la guerre est toujours traité avec précaution quand on le propose en Europe. Sinon, nous organisons des évènements en Italie et à Paris par exemple.

Le travail de GOSFILMFOND ne consiste pas uniquement à conserver les films, mais aussi à les étudier, à étudier l’œuvre. Ainsi, Valeriy Bosenko représente le département d’étude des films. Nous avons une grande envie de montrer dans tous les pays de l’Europe Occidentale et pas uniquement dans une seule ville, mais surtout dans les banlieues, car nous savons que lors de la guerre froide il a été toujours affirmé que les acteurs principaux étaient les Américains et les Anglais.

 

Malgré des pertes énormes – 25 millions de personnes, le peuple russe ne garde pas de rancune ni envers les Allemands, ni envers les Italiens qui combattaient. Par exemple, mon père était chargé de l’entrepôt de nourriture. Quand il voyait des enfants allemands qui demandaient du pain, il leur donnait à chaque fois. Il n’y a pas de rancune.

 

Stalinisme :

 

Il suffit de rappeler l’expression de Churchill qui disait que Staline a hérité d’une Russie en « lapti » (3) et a laissée la Russie atomique.

 

Je dois dire aussi que ce voile de silence sur l’époque de Staline et sur l’époque soviétique de l’histoire est parfois rompu par les Français eux-mêmes. Par exemple, maintenant un événement d’une très grande envergure a lieu aux Halles, au centre de Paris. Il est intitulé « Moscou et Saint-Pétersbourg : deux visages de la Russie ». (4)

J’y ai participé et lors de la projection des films muets russes et soviétiques j’ai vu un auditoire qui restait jusqu’à la fin malgré le fait que les films n’étaient pas conservés en entier, mais que par fragments. Le film « Révolutionnaire » de 1917 et le film « Moscou en octobre » de 1927.

Et dix ans plus tôt, en 2000, plus de 60 films de l’époque de Staline ont été projetés à Toulouse et il y avait un symposium consacré au le cinéma soviétique de l’époque de Staline. Donc, parfois les Français prennent l’initiative eux aussi.

 

 

 

Notes de Comaguer

 

 

(1)   La bataille de la Neretva (nom d’une rivière) s’est déroulée entre Janvier et Avril 1943 en Yougoslavie sur le territoire de l’actuelle Bosnie-Herzégovine. Il s’agissait d’une puissante offensive commandée par Hitler et ses soutiens fascistes locaux (oustachis et tchetnik) contre les partisans communistes yougoslaves conduits par Tito. Ceux-ci résistèrent victorieusement à un écrasement total que l’inégalité des forces rendait probable. Elle a été immortalisée en 1969 par un film du réalisateur yougoslave Veljko Bulajic. « La bataille de la Neretva ». Bénéficiant d’une distribution exceptionnelle : Yul Brynner, Curd Jurgens, Silva Koscina, Orson Welles, Serguiei Bondartchouk  ce film est considéré comme un des meilleurs films de guerre de toute l’histoire du cinéma. Bondartchouk, comédien dans ce film, est également le réalisateur d’un très grand film de guerre «  Guerre et Paix » d’après le roman de Tolstoi qui lui valut l’Oscar du meilleur film étranger en 1968.

 

(2)   Directeur du Théâtre Toursky à Marseille qui accueillait cette manifestation

 

 

(3)   Les « lapti » sont des chaussons en écorce de bouleau très peu chers mais très peu résistants portés  traditionnellement par les populations rurales pauvres de Russie

 

 

(4)   Il s’agit dans le cadre de l’année de la Russie en France  d’un festival cinématographique « Portraits de villes : Moscou et Saint-Pétersbourg » au Forum des Images

 

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Les archives radio de comaguer  (pour écoute et téléchargement)

 

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 12:47

La Russie a célébré avec éclat la victoire de 1945 sur les régimes fascistes; Elle l'a fait à Moscou en Mai et elle vient de le faire en Chine à l'occasion de la visite officielle de DIMITRI MEDVEDEV.

Le président russe a rappellé que la  campagne , brève mais puissante, de l'Armée Rouge contre le Japon avait été décisive dans la capitulation sans conditions de l'Empire.

 

Pour revenir sur le front occidental, nous publions un document récent du Parti Communiste Bolchévique de toute l'Union Soviétique sur la bataille de Berlin  traduit et publié  par le périodique NOUVELLES D'URSS.

 

Ce document confirme que l'URSS a joué un rôle unique et décisif dans la capitulation des deux puissances de l'Axe.

 

 

L'OPÉRATION DE BERLIN

 

 

 

 

«Nouvelles d'U.R.S.S.», 104, juillet-août 2010

 

 

 

 

Article publié dans le journal russe "Rabotbché-krestyyanski ~Serp i molot"

4  (201)  avril 2010

 

 

 

L'Opération de Berlin occupe une place particulière dans l'Histoire de la Grande Guerre patriotique. La conquête de Berlin signifiait l'achèvement victorieux de la guerre contre l'Allemagne fasciste. Avec la prise de Berlin, une solution définitive était apportée aux questions politico-militaires les plus importantes, desquelles dépendaient pour beaucoup l'organisation d'après-guerre de l'Allemagne et sa place dans la vie politique de l'Europe.


Ce qui constituait le but essentiel à cette étape de la guerre, c'était la liquidation complète du fascisme dans le régime social et étatique de l'Allemagne et l'engagement des poursuites les plus sévères contre tous les principaux criminels nazis pour leurs actes de cruauté, leurs assassinats massifs, leurs destructions, les outrages dont ils ont accablé les peuples des pays occupés.


Bien que, suivant les décisions prises à la Conférence de Yalta, la zone soviétique d'occupation devait s'étendre loin à l'ouest de Berlin et que les troupes soviétiques étaient déjà prêtes à commencer l'opération de Berlin, les Anglais continuaient encore à caresser le rêve de prendre Berlin avant que l'Armée rouge n'y parvienne.

 

I. V. Staline savait qu’au dernier moment, les dirigeants hitlériens développeraient une intense activité en quête d'accords séparés avec les gouvernements américain et anglais. Considérant la situation désespérée des troupes  allemandes, on pouvait s'attendre à ce que les hitlériens cessent de résister à l'Ouest et ouvrent la route de Berlin aux troupes américaines et anglaises pour ne pas donner la ville à l'Armée rouge.


En s'efforçant de sauver sa capitale et d'éviter la capitulation sans conditions, le gouvernement hitlérien avait mobilisé toutes les ressources du pays. Comme toujours, le commandement allemand avait jeté les forces principales de ses troupes terrestres et aériennes contre l'Armée rouge. Vers le 15 avril, il avait sur le front de l'Est: 214 divisions (dont 34 blindées et 15 motorisées) et 14 brigades. Ne s'opposaient en tout aux troupes américano-anglaises qui approchaient de l'Elbe que 60 divisions d'infanterie allemandes faiblement décomplétées, dont la capacité de combat égalait celle de 26 di visions organiques" ainsi que 5 divisions blindées qui ne comportaient même pas 200 chars en bon état. Les alliés disposaient de 80 divisions pléthoriques dont 23 divisions blindées. Les alliés présentaient un avantage particulier en aviation.

 

Ainsi, le forçage du Rhin par les troupes américaines et anglaises s'est-il effectué dans des conditions grandement facilités et le Rhin a-t-il été conquis par elles, pour l'essentiel sans résistance de la part des Allemands. Le haut commandement des troupes alliées a rapidement jeté, ses forces principales sur  l'axe de Berlin afin d'arriver au plus vite jusqu'à l'Elbe.

 

Tout en faisant tout leur possible pour retarder l'offensive de l'Armée rouge, les hitlériens continuaient de chercher en même temps à obtenir un accord avec les milieux dirigeants des Etats-Unis d’Amérique et de l'Angleterre afin d'éviter la capitulation sans conditions. Comme toujours, ils espéraient une scission de la coalition antihitlérienne. Les dirigeants hitlériens ont fait tout ce qu'ils ont pu pour empêcher que Berlin soit conquis par l'Armée rouge, ils étaient prêts à donner la capitale aux troupes américaines et anglaises.

 

Les alliés se proposaient également de prendre Berlin. En dépit de l'entente intervenue entre les principales grandes puissances de la coalition antifasciste sur l'inclusion de la capitale allemande dans la zone d'opération des troupes soviétiques, Churchill, faisant fi de l'accord conclu à Yalta, insistait pour que les formations britanniques progressent à l'est de l'Elbe. Le 1er avril 1945, peu avant la prise de Vienne par les troupes soviétiques, Churchill écrivait à Roosevelt: «Il ne fait pas de doute que les armées russes vont prendre toute l'Autriche et qu'elles entreront dans Vienne. Si elles prennent aussi Berlin n'auront~elles pas alors une idée par trop exagérée de ce qu'elles auront apporté une contribution écrasante à notre victoire commune ? C'est pourquoi je suis d'avis, que d'un point de vue politique, il nous faut avancer le plus loin possible vers l'Est en Allemagne et qu'au cas où Berlin se trouverait à  notre portée, nous devrions évidemment le prendre ».

 

Le travail de préparation de l'Opération de Berlin a été, pour le Haut Commandement soviétique, sans précédent par son envergure et son axe d'attaque. La conception de l'Opération de Berlin était pour l'essentiel définie dès novembre 1944 par l'Etat-major.

 

   Soigneusement élaboré sur les indications et sous la direction de I. V. Staline, le plan de l'Opération de Berlin tenait compte de la situation sous tous ses aspects et de la nécessité d'écraser l'ennemi extrêmement rapidement. Il a été envisagé d'encercler l'ensemble du dispositif de Berlin, de le couper en deux parties, d'encercler et d'anéantir chacune d’elles séparément. Il a été proposé d'en encercler une dans la région de Berlin et l'autre dans les bois du sud-est de la ville. L'organisation de la riposte à la défense ennemie pal' de puissantes frappes frontales a été étudiée très en détail. Après avoir conquis Berlin, il ne restait plus aux troupes soviétiques qu'à atteindre l'Elbe pour y rencontrer les troupes américano-anglaises. Ont pris part  à cette opération : le 1 er Front biélorusse (commandé par le maréchal de l'Union soviétique G. K. Joukov), le 1er Front ukrainien (commandé par le maréchal de l'Union soviétique I. S. Koniev) et le 2e Front biélorusse (commandé par le maréchal de l'Union soviétique K. K. Rokossovki), une partie des troupes de la Défense aérienne du pays, une partie des forces de la Flotte de la Baltique et la Flottille du Dniepr.

 

Au début de l'Opération de Berlin on comptait dans les 1er et 2e Fronts biélorusses et le 1er Front ukrainien: 2 500 000 hommes, 4600 canons et mortiers, 6250 chars et canons automoteurs, 7500 avions de combat. Leur supériorité sur l'ennemi était globalement de: 2,5 contre 1 pour les hommes, 4,0 contre 1 pour l'artillerie, 4,1 contre 1 pour les chars et les canons automoteurs, 2,3 contre 1 pour l'aviation. Mais la supériorité était encore plus élevée sur les axes des efforts principaux du fait de la concentration des forces principales à ces endroits.

 

Ayant décidé de résister avec acharnement, le commandement allemand avait créé une puissante défense échelonnée en profondeur depuis l'Oder jusque et y compris la ville de Berlin où toutes les forces disponibles étaient concentrées contre les troupes soviétiques.

 

L'opération de Berlin a commencé le 16 avril à 5 heures (heure de Moscou) par l'écrasement de la défense allemande sur la rive occidentale de l'Oder et de la Neisse avec exploitation plus avant de ce succès et manœuvre d'encerclement et de liquidation par les troupes soviétiques du regroupement de troupes allemande dans la région de Berlin, ainsi que dans les bois plus au sud-est de la ville. L'Opération de Berlin était achevée le 2 mai après la prise de la ville par les troupes soviétiques et leur arrivée sur l'Elbe.

 

Le regroupement allemand encerclé dans les bois a été disloqué et écrasé entre le 26 et le 30 avril. Quand aux troupes ennemies encerclées dans Berlin, elles ont continué à opposer une résistance furieuse.

 

Les combats pour Berlin ont débuté le 21 avril. Pour procéder à l'assaut de Berlin, les troupes soviétiques ont dû recourir à toute leur riche expérience de la conduite des combats de rues. Chaque attaque de l'infanterie et des chars Soviétiques était accompagnée de frappes massives de l'artillerie et de l'aviation sur tous les secteurs du front.

 

Le 30 avril à 21 heures 50minutes, le sergent A. M. Begoro et le sous-sergent M. V. Kanta­rtya ont hissé le Drapeau de la Victoire sur la coupole principale du Reichstag. Mais la garnison du Reichstag n'a pas cessé pour autant de résister et ce n'est que dans la matinée du 2 mai que les restes des éléments défensifs ont capitulé. Le Reichstag était pris.


Le 30 avril, Hitler s'est donné la mort en laissant un testament par lequel il transmettait le pouvoir au GroBadmiral K. Doenitz. Le matin du 1er  mai, le général d'infanterie H. Krebs, chef d'état-major  des troupes terrestres allemandes, s'est présenté au cantonnement des unis de la s= Armée de la Garde. C'est le général V. I. Tchouï­kov, commandant de la 8e Armée de la Garde, qui fut chargé de mener les pourparlers avec lui.

 

De la mission dont avait été chargé Krebs, il est apparu que les hitlériens tentaient de se soustraire à la capitulation sans conditions. A 18 heure 30 minutes l'ensemble de l'artillerie qui avait participé à l'assaut du secteur central de Berlin fit alors pleuvoir un déluge de feu. Le 2 mai à 00 heure 40 minutes, les fascistes ont demandé par radio de cesser le feu en informant de l'envoi de parlementaires. Le général G. Weidling, commandant de la défense de Berlin, qui emboîtait le pas aux parlementaires, fit part, au nom du commandement allemand, de son accord pour la capi­tulation sans conditions. Le 2 mai vers 15 heures, la résistance de la garnison de Berlin avait cessé partout. À la fin de la journée, les troupes soviétiques occupaient toute la ville. Le jour de la chute de Berlin est entré dans l'histoire comme la date de la plus grande victoire des armes soviétiques.

 

Le 8 mai 1945, à Berlin, les représentants du Haut Commandement allemand ont signé l'acte de capitulation sans conditions des forces armées allemandes. L'Opération de Berlin s'est achevée par la prise de Berlin et l'arrivée des troupes soviétiques sur l'Elbe.

Au cours de l'Opération de Berlin, l'Armée rouge a anéanti 70 divisions d'infanterie, 12 divisions blindées et 11 divisions motorisées, de nombreuses unités autonomes et détachements ennemis. Environ 480000 soldats et officiers ont été fait prisonniers et près de 11000 canons et mortiers, plus de 1500 chars et canons d'assaut, 4500 avions ont été capturés.

 

La brillante Opération historique de Berlin a été directement mise au point et s'est déroulée  sous la direction directe du Commandant en Chef suprême des armées r. V. Staline qui, le 6 novembre 1944, a placé les Forces armées soviétiques et l'ensemble du peuple soviétique devant la mission historique de «donner le coup de grâce à la bête fasciste et à sa propre tête et hisser sur Berlin le drapeau de la victoire» (I. V. Staline, «Au sujet de la Grande Guerre patriotique», 5e édition, p. 168).

 

 

 

 

 Le C.C. du P.C.B.tUS

 

 

 

 

 

21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 21:59


Obama va à Canossa

 10-07-2010

 
L’attaque de la flottille de la paix par Israël : un détail déjà oublié. Il aura fallu à peine plus d’un mois pour que la politique USraélienne reprenne son cours habituel : celui de la grande complicité. L’embarras face à l’ampleur des réactions internationales a été de courte durée et dès la réunion du Conseil de Sécurité qui débouchait sur la honteuse résolution demandant à l’agresseur de mener une enquête sur sa propre agression, comme s’il existait le moindre doute sur la responsabilité pénale d’Israël, il était évident que rien n’allait une nouvelle fois troubler l’alliance mortifère du sionisme et de l’impérialisme étasunien.

 

Le fait vient d’être confirmé avec éclat à l’issue de la visite de Netanyahu à Washington et de sa rencontre avec Obama. Le compte-rendu qu’en a fait le 8 Juillet le correspondant à New-York du quotidien israélien Ha'aretz (traduit ci-après) est éclairant puisque non seulement l’attaque de la flottille est passée sous silence mais que Netanyahu a obtenu que toutes les tentatives allant dans le sens d’un contrôle de l’armement nucléaire d’Israël soient abandonnées et que Obama reconnait le droit à Israël de se servir de l’arme nucléaire pour sa défense sans qu’il soit même précisé que la défense nucléaire serait limitée à la riposte à une menace nucléaire (aujourd’hui inexistante) : ce qui veut donc dire le droit de mener une attaque nucléaire de première frappe.

Israël vient donc, et il s’agit d’un événement politique important, de passer, avec l’accord explicite de la Maison Blanche, de sa stratégie traditionnelle de l’ambigüité nucléaire (non reconnaissance officielle de la détention de l’arme nucléaire) à la stratégie de la menace nucléaire effective qui est celle que seuls au monde les Etats-Unis utilisaient jusqu’à présent, et à une menace qu’Israël exerce seul (Israël n’est pas membre officiel d’une alliance militaire) et en fonction de ses seuls intérêts.


Face à pareille évolution, il faut à l’Iran, régulièrement menacé de bombardement, y compris nucléaire, depuis près de trois ans, énormément de sang-froid pour ne pas hurler « A l’assassin » et pour ne pas tomber dans le piège de la fausse symétrie qui pour lui consisterait à dire : « les menaces contre ma sécurité sont désormais permanentes - et de citer tous les discours, interviews, confidences et autres prises de position contenant ces menaces, ils sont légion – et ceci me met dans l’obligation de me doter de la dissuasion nucléaire pour y mettre un terme ».

Signalons incidemment que le premier réacteur nucléaire civil iranien construit par la Russie à Busher devrait commencer à fonctionner en août prochain avec 11 ans de retard.



Ci-joint l’article de Barak David dans l'éditon (new-yorkaise) du quotidien Haaretz, 8 juillet 2010, New-York.

Publié sur : http://www.informationclearinghouse.info/article25902.htm

Traduction Comaguer


L’administration Obama : Israël a le droit à des capacités nucléaires à des fins de dissuasion

L'administration Obama a révélé au grand public, au cours de la visite du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Washington, une série d'accords entre les deux pays sur la politique israélienne « d'ambiguïté nucléaire »- qui jusqu’à ce jour avaient été tenus secrets.

Au centre de ces accords se trouve un veto israélien contre la tenue d'une conférence internationale pour la dénucléarisation du Moyen-Orient, ainsi qu’une volonté sans précédent des Etats-Unis de coopérer avec Israël dans le domaine de l'énergie nucléaire à usage civil.

Les révélations viennent à la suite de la conférence de non-prolifération nucléaire d'examen du Traité, tenue en mai, qui a appelé Israël à accepter des inspections internationales de ses installations nucléaires, et à la tenue d'une conférence internationale pour la dénucléarisation du Moyen-Orient. Le document final de la conférence a été adopté en dépit de vives protestations d'Israël auprès des Etats-Unis.

En pourparlers depuis la conférence, les Etats-Unis ont précisé que cette décision avait été une « erreur ». (?) Dans un effort pour clarifier la position de l'administration sur la question du nucléaire israélien, il a été décidé que - en coordination avec Israël - les détails des arrangements de haut niveau entre les deux parties, arrêtés durant les années 1960, seraient finalement révélés.

Les arrangements ont été mis à jour au fil des ans, y compris au cours de l’année écoulée.

L’objectif de Washington par ces révélations a été d’assainir l'atmosphère et de corriger l'impression donnée lors de la conférence que les États-Unis ne soutenaient pas Israël.

Suite à leur réunion à la Maison Blanche mardi, une annonce spéciale a été faite une heure plus tard concernant les assurances données à Netanyahou par le président américain Barack Obama.

Selon l'annonce, "le président a dit au premier ministre, qu’il reconnaît qu'Israël doit toujours avoir la capacité de se défendre par lui-même, contre toute menace ou possible combinaison de menaces, et que seul Israël peut déterminer ses besoins de sécurité. Le Président s'est engagé à poursuivre les efforts états-uniens pour lutter contre toutes les tentatives internationales pour contester la légitimité de l'État d'Israël."

"Le président a souligné que les États-Unis continueront leur longue pratique de travail en étroite collaboration avec Israël pour s’assurer que les initiatives et les politiques de contrôle des armements ne portent pas atteinte à la sécurité d'Israël, et pour soutenir leurs efforts communs afin de renforcer la paix et la stabilité internationales," poursuit la déclaration.

Dans le cas où le projet de conférence sur la dénucléarisation du Moyen-Orient aurait lieu, "les Etats-Unis insistent pour que cette conférence soit consacrée à une discussion visant à un échange de vues sur un vaste programme, afin d'inclure les questions de sécurité régionale, de vérification et de respect (ndt. sous-entendu : des accords), et toutes les catégories d'armes de destruction massive et de leurs systèmes de transport."

"Le président a souligné que la conférence n'aura lieu que si tous les pays sont convaincus qu'ils peuvent y assister, et que tous les efforts visant à montrer du doigt Israël rendront peu probable la tenue d'une telle conférence. À cet égard, les deux dirigeants ont également convenu de travailler ensemble pour s'opposer aux efforts pour montrer du doigt Israël lors de la Conférence générale de l'AIEA en Septembre."

Entre-temps, avant le départ pour New-York, Netanyahu a rencontré le secrétaire à la Défense Robert Gates et lui a exposé les nécessités de la sécurité d'Israël dans le cadre d'un accord permanent pour la création d'un Etat palestinien.

(Traduction Comaguer)



1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 23:01

LES EMISSIONS RADIO DE COMAGUER

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 22:53

Le Samedi 19 Juin le Comité Palestine de Marseille recevait Gilles Devers, avocat très investi dans  toutes les actions en justice  conduites ou à conduire contre les crimes et délits du gouvernement israélien.

Un auditoire  à la fois attentif avisé et curieux a suivi son exposé et le quotidien La Marseillaise a rendu compte de cette conférence dans son édition du 21 Juin (voir document ci-dessous)

En introduction de cette réunion , COMAGUER a rappelé que, face à un projet et à une  politique sionistes fondamentalement  colonialistes, réactionnaires et racistes, la  lutte doit être menée sur tous les plans : idéologique, politique et judiciaire et que sur ce dernier plan, comme allait le démontrer l’exposé très nourri de Gilles Devers, les possibilités d’action contre l’impunité israélienne devenaient de plus en plus nombreuses et praticables.

 

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 22:42

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Colombie

Dénouement triste  et prévisible de la farce électorale

 

Comme elle en a l’habitude la classe dirigeante colombienne  a encore mis en scène une comédie électorale pour faire croire à l’opinion mondiale que la Colombie est une démocratie .

En effet, à l’inverse d’autres bourgeoisies latino américaines qui ont dû avoir recours à la dictature militaire pour écraser des révoltes populaires,  la bourgeoisie colombienne a réussi, en s’appuyant sur de  forces militaires et paramilitaires puissantes et en bénéficiant des plus  profondes complicités impérialistes,  à maintenir la façade d’un Etat de droit.

Les dernières élections présidentielles n’ont pas dérogé à la règle  et la fabrication d’un candidat « alternatif » a permis d’occuper les tréteaux électoraux et d’assurer  en même temps la victoire du candidat du pouvoir.

Opposer un candidat sans parti et sans programme, en bref un opportuniste sans racines, fils d’une famille d’émigration récente et ne faisant donc pas partie de l’oligarchie régnante, ayant administré la capitale  Bogota dans la plus parfaite orthodoxie capitaliste néolibérale, et qui n’a pas dit un mot sur les questions stratégiques : bases américaines en Colombie, empire du narco trafic sur la vie du pays,  était une pure opération de marketing politique

La promotion de la « star-savonnette » MOCKUS a donc duré juste assez de temps pour créer l’illusion d’une campagne électorale libre et ayant un enjeu réel.

Le tortionnaire SANTOS  a succédé au tortionnaire URIBE et le peuple colombien  n’a pas pris beaucoup de goût au spectacle : 51 % d’abstentions au premier tour et prés de 58% au second avec en prime l’effondrement de la « star-savonnette »  hors d’usage.

Ce résultat a pourtant réjoui les grands organisateurs de la comédie mondiale de la « bonne gouvernance », les membres du G 8 qui, réunis à Toronto, ont rendu un hommage appuyé aux narco-dirigeants qui gouvernent la Colombie et à la démocratie de façade qui y règne.

Les FARC  qui avaient appelé à l’abstention et dont le mot d’ordre a manifestement un écho de masse ont tiré  Le bilan politique de cette sinistre mascarade dans un communiqué dont COMAGUER a assuré la traduction qui suit

 

  

FARC-EP :

 

« Le triomphe illégitime de la continuité "

 



Avec la victoire illégitime de la continuité, désavouée par l'abstention des citoyens, le pays est entré dans un processus de radicalisation de la lutte politique dans lequel le peuple sera sur la première la ligne du front.


Tous les rouages de l'Etat, toutes les ressources mafieuses du gouvernement, ses pratiques délictueuses de fraude de corruption, de chantage et d'intimidation, ont été mis au service de la victoire du continuisme  cherchant ainsi désespérément un bouclier contre   la mise en accusation imminente d’Uribe par le peuple et par la justice, face  à  une gestion criminelle et néfaste pour le pays.


Le régime d'Uribe a été la tentative la plus sérieuse pour imposer un violent projet politique néolibéral d'extrême-droite basé sur le paramilitarisme. Son gouvernement passera dans l'histoire comme le plus honteux des décennies récentes, le plus meurtrier de la population civile, le plus soumis  à la politique des États-Unis, et pour cette raison, le plus systématique provocateur d’instabilité dans les  relations avec les pays voisins.


Pendant ces huit années ont gouverné le mensonge et la tromperie, la manipulation et la l’escroquerie. Uribe et le continuisme firent croire que leur politique de sécurité était  pour tous, alors qu'en fait, elle a affirmé, par la répression, les profits  des investisseurs privilégiés, qui accrurent le chômage et la pauvreté. Ils firent croire  que la défense de la souveraineté  consistait à se mettre dans les mains  du gouvernement de Washington et  à transformer la Colombie  en un pays sous occupation militaire d’une puissance étrangère.

 

Ils ont réussi à se poser en champions de la lutte contre le trafic de drogue, alors que  le président Uribe lui-même, la DAS et le général Naranjo, ont une longue histoire qui les lie à la mafia de la drogue. Ils disent au  pays qu'il n'y a ni guerre ni conflit armé, mais il y a le Plan Patriota et l'invasion des Etats-Unis ...


La sécurité démocratique et l'impunité sont  une mystification. Cela revient à  choisir comme président le ministre de la défense qui a  encouragé ces crimes contre l'humanité. Cela Consiste à distribuer des terres à l'agro-industrie paramilitaire, parce qu'elle possède la puissance  financière que n’ont pas les paysans pauvres. Cela consiste  à subventionner ou à donner en toute sécurité des fonds publics à des entrepreneurs de l'agro-business qui financeront  les campagnes électorales. La sécurité démocratique ce sont les charniers avec plus de 2000 cadavres comme il en existe à côté de la base militaire de la Macarena et plus de 4 millions de paysans déplacés par la violence d'Etat. C’est le mensonge au sujet de la fin de la guérilla bolivarienne des FARC-EP et s'inquiéter de la vitalité d'une organisation qui lutte dans des conditions difficiles  pour une nouvelle  Colombie comme l’ont reconnu ses organes  militaires en mai. La sécurité démocratique consiste à changer la Constitution pour répondre à un intérêt particulier lorsque cela est nécessaire et à 'avoir une majorité de  parasites au Congrès, à  saper l'autorité des tribunaux, aux applaudissements des inconditionnels. Ca consiste  également à répartir des positions bureaucratiques, des impôts et des contrats, et à se servir du gouvernement pour devenir riche sans aucune préoccupation morale .


La défense abjecte du militarisme effectuée  par Uribe et son appel à la création de nouvelles lois garantissant l'impunité de l'armée, annonce ce qui va arriver au cours du mandat présidentiel de Juan Manuel Santos. Sa plainte cynique et ses lamentations pharisiennes  pour protéger  un tortionnaire assassin, comme Plazas Vega, des hauts commandants militaires et l’ex-président Belisario Betancur, responsable de l'holocauste du Palais de Justice, sont la preuve pathétique de son effort pour se soustraire à partir de maintenant à  de futures accusations contre lui. Et, bien sûr, comme un moyen d'enraciner les paramilitaires narcotrafiquants à la direction de l'État, avec toutes les protections juridiques pour faire disparaître,  torturer et assassiner les opposants. La « justice militaire » qu’Uribe  réclame est une recherche d’impunité pénale comme en témoigne l'histoire récente de Colombie.


La défense véhémente de l’ancien directeur président de la DIAN et "Cellule" Mario Aranguren, qui ont commis des infractions en faveur d'Uribe et sans doute sur ses ordres, prouve l'acabit de ceux qui aspirent à maintenir  caché non seulement son passé criminel, mais la bassesse indigne de sa pratique comme gouvernant.


Nous sommes au début d’un nouveau quadriennat de l'offensive de l'oligarchie contre le peuple à tous les niveaux, enveloppé  d’officielles promesses mielleuses sur une victoire militaire  comme cela a été répété sans cesse depuis 46 ans sans se soucier ni  sans parler de s'engager à surmonter les causes qui sont à l’origine du conflit.


La profonde crise structurelle qui affecte la Colombie n'a pas de solution dans le continuisme. L’ultra- droite néolibérale, croyant qu'elle peut encore la résoudre par le haut, en a appelé à l'unité nationale sans le peuple, dans laquelle règnent seules les ambitions de ceux qui agriculteurs profit de la sécurité des investisseurs: les groupes financiers, des entreprises et les propriétaires fonciers, les groupes paramilitaires, des partis comme les piranhas se disputent les dépouilles du pouvoir, les médias dominants qui applaudissent les succès remportés en litres de sang de la politique de guerre ...Là d’aucun côté on ne voit le peuple  parce que la prospérité de ceux-là est fondée sur la misère et l'exploitation de ceux d’en bas, les exclus.


Le bicentenaire de la proclamation de l'indépendance doit ouvrir la voie à la lutte du peuple pour ses droits, pour la patrie, pour  la souveraineté, la justice sociale et la paix. Le changement des structures injustes est possible avec la mobilisation et la lutte de tous les gens de leur dignité. On ne peut rien attendre des massacreurs  embarqués dans le pouvoir d'État. Seule la lutte unie peut nous  conduire à une nouvelle Colombie. Comme nous sommes entrés de Marquetalia en 1964: nous sommes prêts à rechercher des solutions politiques aux conflits, tout en réaffirmant que notre décision de nous consacrer totalement aux  changements et aux intérêts du peuple, est irréversible , indépendamment des circonstances, des obstacles et des difficultés qu’ils  nous imposent. La justice sociale attend  de  réussir grâce à la mobilisation du peuple.

 


Secrétariat de l'état-major des FARC-EP.


Montagnes de  Colombie 21 Juin 2010