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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 19:16

Note de Comaguer : le bulletin mensuel "Nouvelles d'URSS" qui publie la traduction française de publications de groupes politiques et syndicaux de Russie, d'Ukraine et de quelques autres anciennes républiques soviétiques n'a qu'une édition papier et nous avons considéré que ce texte récent qui constitue une analyse de la marche à la guerre entreprise par l'Occident méritait d'être diffusé.

 

 

«Nouvelles d'U.R.S.S.», n° 112, novembre-décembre 2011


DECLARATION DU COMITÉ CENTRAL DU P.C.B.tUS
À propos des évènements de Libye des 20 et 21 octobre 2011


« Les Etats-Unis d’Amérique ont ouvert la boîte de Pandore »

 

    L'impérialisme Etats-Unis-Israël-­OTAN a montré encore une fois sa gueule bestiale de vautour-cannibale ensanglantée dans l'immolation de milliers de vies humaines (50000 Libyens massacrés, plus de 200000 blessés, 2 millions, sur les 6 millions d’habitants de la Libye, sont devenus des  réfugiés qui se sont involontairement trouvés sur la route de la domination mondiale, si passionnément désirée, des Etats-Unis d’Amérique. vers les gisements de ressources pétrolières et gazières mondiales. Il est universellement connu que la «faute» du dirigeant irakien Saddam Hussein était d'être assis sur le gisement de pétrole le plus riche du Proche-­Orient et que c'est la raison pour laquelle il a été renversé par la campagne militaire des Etats-Unis d’Amérique contre l'Irak et sauvagement mis à mort par de maniaques sous-hommes américains qui ont fait la démonstration au monde entier de leur monstrueuse moquerie outrageante à l'égard de Saddam Hussein.


    Les Etats-Unis d’Amérique ont accusé Saddam Hussein de posséder des armes de destruction massive, mais cette accusation n'a pas été confirmée, étant donné que Sad­dam Hussein n'avait pas de telles armes(1)• Aujourd'hui, les vautours impérialistes chantent leur victoire sur Muammar Kadhafi qu'ils ont tué le 20 octobre 2011. Sa «faute» à lui, pour les Etats-Unis, était la même que celle de Hussein mais «en plus», il était le dirigeant reconnu de la lutte de libération nationale des peuples de l'ensemble du continent africain, il avait prévu de créer une devise africaine, ce qui aurait porté un coup sérieux au statut du dollar américain. Muammar Kadhafi savait beaucoup de choses et aurait pu en dire beaucoup sur Sarkozy, Berlusconi, Cameron et consorts pour avoir été personnellement en rapport avec eux. De là les appels hystériques du ministre des Affaires étrangères des Etats Unis Hillary Clinton de tuer Kadhafi (pour effacer les traces). Sa récente visite à Tripoli - en compagnie (pour assurer sa garde) de militaires des 3e et 6e détachements du SEAL2 d'affectation spéciale américaine placé sous les ordres opérationnels du Commandement des opérations spéciales des Forces aériennes des Etats-Unis, où elle est arrivée en avion séparé, disloqué ensuite sur l'aéroport, et repartie dans la nuit du 20 au 21 octobre - fonde à considérer que l'opération d'extermination de M. Kadhafi a été réalisée sous le contrôle de Hillary Clinton en personne.


   D'après les sources du ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis, nous avons appris que le groupe composé des 3e et 6e détachements du SEAL, après la fin de la visite de H. Clinton à Tripoli, a pris place le 20 octobre avec des guides locaux dans leurs véhicules pour se diriger vers Syrte. «Le groupe était composé de spécialistes de la lutte radio-électronique et de pointeurs azimutaux. Les premiers se sent occupés de l'opération de désinformation pour attirer Kadhafi hors de la ville~ les seconds ont pointé avec précision les bombardiers (anglais) sur la colonne de trois jeeps à bord desquelles se déplaçait le dirigeant de la Jamahiriya avec sa garde et des vanilliers. Quelques autres groupes ont bloqué les autres voies de départ de la ville, de sorte que l'on connaissait la seule direction probable du déplacement de la colonne où se trouvait M. Kadhafi. Après qu'il eut été constaté que les blessures du dirigeant de la Jamahiriya, du fait de l'attaque aérienne, étaient mortelles, son corps a été remis aux militaires du C.N.T.», a conclu l'informateur du ministère des Affaires Etrangères des É.-D.A. Ces derniers ont fait justice sommaire de M. Kadhafi. L'ex-chef du Service de sécurité du dirigeant libyen Man~ür Daw' a dit que Muammar Kadhafi s'est conduit avec 'courage jusqu'à la dernière heure de sa vie et a seulement éprouvé de l'inquiétude pour le sort de son pays et de ses citoyens.


    Muammar Kadhafi était une personnalité remarquable, un révolutionnaire-patriote de sa Patrie, sous lequel la Libye était devenue le pays le plus prospère de, l'Afrique, sous lequel chaque citoyen libyen, grâce aux 40 ans de gouvernement de M. Kadhafi, avait droit à l'instruction et à la protection médicale gratuites, à une subvention désintéressée de 50000 dollars aux jeunes ménages, au logement, à une allocation mensuelle de 730 dollars à chaque chômeur et autres avantages sociaux. L'Amérique impérialiste ou tout autre pays de l'OTAN peuvent-ils se venter de cela, eux qui, en violation de la nature de l'O.N.U. et au mépris de sa Résolution n° 1973 (du 24-03-2011), ont perpétré leurs bombardements barbares de la population civile des villes de Libye en essayant d'exterminer Muammar Kadhafi ? Barack Obama, lauréat prématuré du prix Nobel «de la paix», a poursuivi la mission sanglante de chef-terroriste -international commencée par son prédécesseur G.W.Bush.


    Toutes les pseudo-«révolutions » qui se sont produites récemment et qui continuent de se produire aujourd'hui en Afrique et au Moyen-Orient' ont été approuvées et financées par les Etats-Unis elles sont réalisées avec la participation directe des combattants d'affectation spéciale et des conseillers militaires, en utilisant les désœuvrés e et aigrefins locaux, les bobos avides d'argent, le tout grassement rémunéré par les commanditaires des «révolutions» en dollars américains, véritables papillotes de papier sans valeur que les presses de la Réserve Fédérale Etats-Unis impriment sans discontinuer.


    Le Conseil de sécurité de l'O.N.U. a encore une nouvelle fois fait montre de son impuissance et de son inaptitude à assumer la fonction qui lui a été confiée par l'O.N.U. d'être tenu de défendre tout pays victime d'une agression arbitraire, de défendre le peuple de ce pays de son anéantissement par les fascistes contemporains. Dans les conditions du monde unipolaire, par suite de la destruction violente de l'U.R.S.S., le Conseil de sécurité de l'O.N.U. a perdu sa signification initiale, il s'est transformé en un fidèle servant des f.-U.A. et c'est pourquoi il doit être remplacé par un autre organe. L'OTAN, en qualité d'arme de réalisation de la politique militaire de conquête et de pillage des Etats-Unis  doit être dissous puisque le but pour lequel il a été créé n'existe plus aujourd'hui: s'opposer au bloc des pays du Pacte de Varsovie. Ce sont ceux qui ont détruit l'U.R.S.S. qui sont pour beaucoup coupables du discrédit de Conseil de sécurité de l'O.N.U. comme garant de la paix et de la stabilité. Nous accusons nos «démocrates »  leurs acolytes et leurs bailleurs de fonds qui ont effectué la contre-révolution en U.R.S.S., ce qui a eu des conséquences tragiques pour le monde entier.


    Les moyens d'information de masse pro-occidentaux ont organisé à Tripoli un spectacle de pacotille bon marché dans le style d'Hollywood présentant aux caméras des correspondants occidentaux la «joie immense du peuple enfin libéré du tyran Muammar Kadhafi» avec même présentation de petites filles aux visages barbouillés aux couleurs de la «révolution». On se demande si les femmes d'Orient, dans leur petite enfance, étaient aussi révolutionnaires et si politiquement au fait pour, déjà, comprendre CE QUI SE PASSAIT dans leur pays? Sont-ils sûrs aujourd'hui, ces enfants et leurs parents, que le nouveau pouvoir banditoïde de mercenaires" et de parasites vénaux- pardon de «révolutionnaires»-insurgés - offrira à la jeunesse la possibilité de recevoir une instruction supérieure gratuite (aux frais de l 'Eta t) en Europe comme du temps de Muammar Kadhafi: Les avantages sociaux, si importants pour le peuple seront-ils maintenus ? La Libye demeurera-t-elle l'État le plus heureux de l'Afrique ayant le niveau de vie le plus élevé sous le pouvoir des «Insurgés» ? C'est fort douteux.Le plus probable est que les «vainqueurs» vont s'entre-égorger les uns les autres dans leur lutte pour le pouvoir, tandis que le peuple libyen n'aura plus qu'à s'enfoncer dans le tourbillon de la misère, de la faim et du banditisme effréné des «insurgés».Un exemple vivant: l’Irak d'aujour­d'hui.
    A présent, pour remercier ses «amis» occidentaux pour leurs armes, au moyen desquelles les Insurgés ont anéanti le peuple de Libye, et pour les frappes aériennes des forces de l'OTAN sur les villes libyennes réduites en cendres, le Conseil national de transition (le C.N.T.) a déjà cédé à la France pratiquement gratuitement un tiers des ressources pétrolières (ce dont il avait déjà été convenu dès mars de l'année en cours). On se souvient que N. Sarkozy a, en s'abaissant on ne peut plus humblement, demandé de l'argent à Muammar Ka­dhafi pour sa campagne électorale présidentielle, argent qU'il a reçu et dont il s'est acquitté par la participation la plus active de la France à l'anéantissement de la Libye: et de son dirigeant. L'Angleterre n'a pas non plus été oubliée par le nouveau gouvernement de la Libye (le C.N.T.): elle a reçu une grosse part d u gâteau pétrolier presque pour rien. Quant aux Etats-Unis il ne vaut même pas la peine d'en parler. A présent, après l'extermination de Muammar Kadhafi, Barack Obama se vante devant la communauté internationale du fait que «la mission de l'OTAN a été réalisée de la manière extrêmement efficace …Il ne fait aucun doute que nous avons accompli exactement ce que nous avions promis de faire en Libye. » c'est-à-dire dans le déroulement de l'opération militaire internationale pour l'assassinat de la population civile de la Libye. « Les Etats-Unis d’Amérique se réservent toujours le droit et l’obligation de se défendre, de défendre leurs alliés et leurs propres intérêts »


    On se demande bien, mais QUI a menacé et menace à présent les Etats-Unis et leurs acolytes de l’OTAN ? Comme on le sait, évidemment PERSONNE. Le 20 octobre, le président de la Russie D. Medvedev a déclaré que l'annonce de la capture de Kadhafi était une «excellente nouvelle» (ITAR­TASS) .La Douma d'Etat n'a pas repris cette déclaration en raison de la situation en Libye et de l'assassinat de Kadhafi.


    Il y a 10 ans, les Etats-Unis ont rassemblé la communauté impérialiste dans la lutte pour les ressources énergétiques mondiales sous le drapeau de la prétendue «lutte contre le terrorisme» grâce à l'explosion, organisée parles services spéciaux des Etats-Unis des deux tours du World Trade Center à Manhattan le 11 septembre 2001 et à une série d'autres actes de terrorisme organisés par les mêmes services spéciaux. Aujourd'hui, les services spéciaux Etats-Unis ont élaboré une nouvelle technique pour s'ingérer dans les affaires de n’importe quel pays et pour renverser son dirigeant en organisant  de prétendues «guerres et révolutions de libération nationale de renversement des - tyrans ».


    Dans leur lutte pour les ressources énergétiques mondiale les Etats-Unis ont ouvert la boîte de Pandore en Afrique et au Proche-Orient par leurs «révolutions pour l’instauration de la démocratie à la mode américaine» et pour « la liberté de l'individu ».Cela faisant, ils ont placé le monde devant le fait de l’élargissement de l'approfondissement de la guerre globale pour les ressources mondiales. Le tour de la Russie aussi approche de tomber victime des maniaques impérialistes Etats-Unis-Israël-OTAN. Ayant ouvert la boîte de Pandore, Etats-Unis ne seront pas à même de la refermer. Ils ont eux-mêmes fixé la limite de leur possibilité de maîtriser les processus imprévisibles en plein développement qui conduisent à l'apocalypse générale. Les évènements qui se produisent dans le monde par la faute de l'empire du mal, les É.-U.A. exigent que soit créé un monde multipolaire et un nouveau système pour le gérer à la place du Conseil de sécurité de l'O.N.U. et à la place de l'O.N.U. elle-même qui se sont transformés en un instrument inféodé aux É.-U.A. pour la violence et le brigandage à l'échelle internationale.
    Les auteurs de l'assassinat bestial de Muammar Kadhafi tentent d'une manière ou d'une autre de justifier (ce qui est impossible) ou d'amoindrir aux yeux de l'opinion publique le crime qu’ils ont perpétré. Barack Obama et ses acolytes vont très rapidement se convaincre dans la pratique que la violence et les assassinats auxquels ils se sont livrés en Libye seront vengés. La lutte des peuples d'Afrique et du Proche-Orient, des peuples du monde entier, contre le banditisme-terrorisme international des É.-U.A. et de l'Europe impérialiste du bloc agressif Etats-Unis-Israël-OTAN, ne fait que commencer. Et la Libye n'est pas brisée.


    Muammar Kadhafi a été et restera aux yeux des honnêtes gens de la planète un patriote de son pays, un héros, intrépide et honnête, qui ne s'est pas caché et ne s'est pas enfui de son pays pour sauver sa peau. Muammar Kadhafi restera pour toujours, dans l'histoire de la lutte pour la liberté et l'indépendance des pays du continent africain, comme un remarquable homme politique et homme d'État gui a commencé les transformations socialistes en Libye qui a osé s’opposer ouvertement ­  à la dictature Etats-Unis. Il est déjà entré dans  l'histoire comme guerrier, héros et fils fidèle de son peuple qu'il a aimé et auprès duquel il est toujours resté

 

Le Comité Central  du Parti Communiste Bolchévique de toute l’Union Soviétique
LENINGRAD, le 22-10-2011.

1.    Les armes de destruction massive, ce sont Etats-Unis qui les possèdent et qui les ont déjà utilisées de nombreuses fois et les utiliseront probablement encore. (NDT)
2- SEAL, sigle américain de « Sea-Air-Land » qui désigne un groupe mixte de débarquement-diversion (petites unités de bâtiments de combat de  l'aéronavale ou de l'infanterie de marine). (N.D.T.)



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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:24

L’article qui suit met le doigt sur un des aspects les plus occultés de la fameuse « dérégulation », occulté sciemment car l’indépendance des banques centrales  est la pierre angulaire de l’édifice capitaliste néolibéral visant à soustraire les monnaies nationales au contrôle du pouvoir politique et ouvrant la porte à la dictature des « marchés ».

Il revint à Pompidou, ex-fondé de pouvoir de la banque Rothschild devenu président de la république et premier fossoyeur du gaullisme d’imposer cette évolution politique décisive.

Les « marchés » n’ont donc pas pris le pouvoir, les politiques le leur ont donné.

Il appartiendra à d’autres politiques  - qui pour l’heure n’apparaissent pas sur la grande scène politico-médiatique  où, au contraire, le pouvoir politique est, dans le dos des citoyens, confié directement à des banquiers comme en Italie et en Grèce - de le reprendre. Faute de quoi se poursuivra la catastrophe capitaliste !

 

 

LA TRIBUNE 09.11.2011

Point de vue

Par JEAN-CLAUDE WERREBROUCK

Professeur d'économie à l'université de Lille

 

Coûteuse indépendance des banques centrales

 

La question du statut des banques centrales n'est jamais évoquée dans le grand débat concernant la crise financière. Il faut pourtant rappeler, pour ne prendre que l'exemple français, que la Ban­que de France, après avoir été nationalisée au lendemain de la guerre, fut entièrement soumise au Trésor jusqu'à la loi du 3 janvier 1973, loi qui devait instaurer une stricte séparation et surtout une indépendance complète par rapport à l'exécutif. Texte qui devait être confirmé et durci dans le cadre du traité de Maastricht.

Conçue comme instrument de la reconstruction du pays, la banque centrale de l'après-guerre allait affranchir la communauté nationale de contraintes jusqu'alors fixées par les croyances monétaires: oui, la monnaie n'est qu'une convention sociale puisque réellement créée à partir de rien; oui, la planche à billets, si elle est correctement manœuvrée, permet de mettre fin à la loi d'airain de la monnaie. Pourtant, dure loi - il est vrai - jusqu'alors ressentie à toutes les époques, où l'affranchissement vis-à-vis du métal précieux se soldait invariablement dans le drame. La gestion monétaire, habilement menée après la Se­conde Guerre mondiale, que l'on soit en France ou ailleurs, a autorisé des investissements publics gigantesques - investissements dont on aurait tant besoin aujourd'hui - en mettant fin à la pénurie monétaire et aux taux d'intérêt associés. De ce point de vue, l'indépendance aujourd'hui, partout constatée des banques centrales, fut un cruel retour en arrière vers l'aliénation monétaire: l'inflation, pourtant disparue depuis longtemps - les années 1960 qui précèdent l'indépendance furent beaucoup plus sages que celles qui suivirent, faisant figure de diable pour les tenants de cette régression.

Bien que la question de la dette publique ait disparu alors même que l'endettement était gigantesque au lendemain de la guerre, elle va réapparaître dès la proclamation de l'indépendance de la banque centrale. Il convient ici de bien comprendre ce qu'on entend par ce terme d'indépendance. Désormais, il devient interdit aux banques centrales de créer de la monnaie au profit des Trésors et, donc, le recours à l'endettement ne passe plus par l'autorité des exécutifs qui fixaient les prix et les taux (généralement, ces derniers étaient nuls). À l'inverse, dorénavant, tout passera par un curieux marché aux caractéristiques suivantes: un groupe de banques va détenir le monopole d'achat de bons du Trésor (les fameux « spécialistes en valeurs du Trésor » - SVT - de l'Agence France Trésor pour ce qui concerne la France) et il deviendra interdit aux particuliers d'acheter directement, comme ils pouvaient le faire dans le passé, des bons du Trésor. Situation qui correspondrait - pour donner un exemple simple - à celle d'un propriétaire de verger à qui il serait interdit de consommer sa propre récolte, laquelle pourrirait sur place, et qui devrait acheter les fruits qu'il convoite à un groupe d'entreprises bien ciblé, à l'exclusion de toutes les autres.

 Situation, à tout le moins ex­traordinaire, qui fait émerger deux marchés. L'un sera celui de la dette publique, lequel consacrera le retour au XIXe siècle, époque où il n'était pas devenu évident que la monnaie n'est qu'une convention sociale. Le second sera celui de l'épargne de nombreux ménages qui jusque-là se contentaient d'acheter des bons du Trésor, directement auprès des organismes publics chargés de leur diffusion. Ils achetaient de la matière brute (bons en direct) ; ils achètent désormais des produits plus complexes aux banques, qui se sont réservé l'achat de la matière première, qu'elles transforment en produits d'épargne.

La fin de l'autorité monétaire rétablit ainsi artificiellement la pénurie monétaire de jadis - comme à l'époque des bases métalliques - et le coût qui lui est associé: désormais, il y aura un service de la dette publique qui représentera la charge d'intérêts d'une ressource, dont la rareté est une construction toute politique. .

Vu sous un autre angle, l'indépendance des banques centrales annoncée comme la seule mesure efficace de lutte contre l'inflation correspond à un intense gaspillage de fonds publics: en interdisant le lien traditionnel entre le Trésor et la banque centrale, et en créant un marché monopolistique par ailleurs, le prix de la dette passe d'une valeur nulle à un prix positif. Cela correspond à 2,5 points de PIB s'agissant de la France, et aujourd'hui à 15 points de PIB s'agissant de la Grèce. Le gaspillage des ressources publiques est ainsi une obligation relevant, s'agissant de l'Eurozone, de traités internationaux. Quant à la sempiternelle peur des marchés, elle n'est que la conséquence d'une construction politique, puisque ces mêmes marchés ont été politiquement construits.

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 15:29

 

 

Quelques images  

 

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L'Intellectuel Alfonso Cano est mort au combat pour la libération de la Colombie de la narcoligarchie  qui la gouverne avec le soutien massif des Etats-Unis

 

 

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Marx, Lénine, Simon Bolivar et Manuel Marulanda

 

 

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Plan de la longue traque d'Alfonso Cano

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 14:19

14.11.2011

Des précisions commencent à devenir disponibles sur les conditions de l’assassinat d’Alfonso Cano.

Son groupe a bien été attaque depuis des hélicoptères mais selon une déclaration du Secrétaire général du parti Communiste Colombien les photos publiées depuis examinées par des médecins montrent qu’il a été abattu d’une balle dans la poitrine donc par le tir rapproché d’un homme au sol. Il s’agit donc bien d’une liquidation délibérée décidée au plus haut de l’Etat colombien. 

La traque du dirigeant des FAR C-EP s’était intensifiée ces derniers mois et mettait en œuvre les moyens de détection les plus sophistiqués fournis directement par les Etats-Unis à partir de leurs   7 bases militaires réparties sur l’ensemble du territoire colombien de manière à en assurer la couverture totale.

Une fois détecté le groupe guérillero recherché, l’aviation bombarde massivement la zone pour lui couper toute voie d’approvisionnement et de sortie et pour l’affaiblir numériquement. Ces objectifs atteints, des hélicoptères débarquent dans la zone de repli du groupe les commandos qui vont procéder sur ordre à la liquidation physique de tous ses membres. Le même schéma a été appliqué pour l’assassinat des deux autres dirigeants des FARC-EP : Raul Reyes et Momo Jojo.

 

HASTA SIEMPRE COMANDANTE !

A l’issue d’une longue chasse à l’homme orchestrée directement par le Président colombien avec le soutien politique, militaire et financier des Etats-Unis et l’appui technique d’Israël, le dirigeant des Forces armées révolutionnaires colombiennes – Armée du peuple (FARC-EP) est mort au combat.

 

Cet assassinat confirme la stratégie de la narcoligarchie au pouvoir : décapiter la guérilla en assassinant l’un après l’autre les dirigeants. Mais les conditions sociales, économiques et politiques de la lutte armée pour le renversement du régime demeurent.

 

   

Avec l'assassinat d'Alfonso Cano s'impose la solution du sang et des morts

 

 

 

2011-11-06-ABP NOTICIAS (agence de presse bolivarienne) -Fortune Modeste- (Fortune Modeste Valerio est un chroniqueur vénézuélien) (traduction Comaguer)

 

Dans mon dernier article: "l’ETA et les FARC-EP: le dilemme de la guerre", je soutenais que dans  la République sœur de Colombie, la direction militaire, l'oligarchie et les politiciens corrompus n’avaient ni la capacité ni la volonté de mettre fin à la guerre. L’assassinat au combat du commandant et chef des FARC-EP, Guillermo Sáenz de León, « Alfonso Cano », confirme ainsi ma thèse.

 

Il était nécessaire d'éliminer physiquement le principal idéologue (sic)

 

(ndt : Alfonso Cano était anthropologue de formation et les médias dominants le présentent volontiers comme un  « idéologue » faisant abstraction du fait que la vie de guérillero n’est pas précisément celle d’un « intellectuel en chambre ».  Lénine aussi aurait pu être qualifié d’ « idéologue », voir ci-après la hutte du guérillero)

 

pour en finir avec le conflit social et armé colombien sur la base du dialogue et d’une discussion sincère (solution politique). Nombreuses furent les vidéos et les messages envoyés par le chef des FARC-EP visant à  la recherche d'une solution négociée du conflit.

 

 

Récemment lors des élections municipales, la guérilla fariana (ndt : des FARC) a appelé la population à boycotter seulement celles où les représentants paramilitaires-uribistes et du gouvernement avaient quelques possibilités d’imposer leur volonté. Cela reflétait un changement politique correct face à une réalité qui est constamment en changement et en évolution.

 

Les résultats ont été là : une abstention majoritaire de la population colombienne, le triomphe de dirigeants non compromis dans les  massacres et les  vols et une cuisante défaite des représentants du gouvernement-uribistes et paramilitaires. Dans les zones rurales, l'abstention a atteint près de 80 %. Ce qui signifie une prise de conscience  importante pour  réfléchir à un nouveau scénario dans la société colombienne.

 

L'élimination physique du dirigeant de la guérilla la plus ancienne du monde, prétend à tort  détruire le mouvement insurrectionnel. Dans quelques jours il y aura un nouveau commandant en chef et les combats s’intensifieront  dans toute la jungle colombienne. Une direction collégiale et un remplacement automatique sont  la garantie d'avoir un organe de direction à l’épreuve de  toutes les sortes de difficultés.

 

Les bouchers qui occupent la Casa de Nariño (ndt : palais présidentiel à Bogota) sont heureux et bruyants, ce n’est pas une surprise; avec la mort des commandants Raul Reyes et Ivan Rios, l'ancien ministre de la défense, aujourd'hui président de la Colombie, Juan Manuel Santos, a profité sans retenue de l’exposition du cadavre du premier et des explications sur comment ils ont assassiné le second.

 

L'État colombien se consolide  sur le sang, la mort et la drogue. Ingrédients nécessaires pour installer une société de terreur qui engendre   la mort, les larmes et le deuil comme des exemples à suivre. Un président comme Juan Manuel Santos devrait être déclaré comme personnage d’outre-tombe, « bienfaiteur » de la mort, protecteur des morts et ennemi de la vie.

 

L'histoire de l’humanité  ne connait  pas semblable comportement, les criminels internationaux condamnés pour des crimes abominables, jamais ne se sont vantés ni ne se sont réjouis de  leurs méfaits. La plupart niaient leurs crimes ou  se repentaient

 

Celui-ci  est un criminel dans  toute sa puissance, affamé de sang et insatiable  de morts

 

Le président colombien, Juan Manuel Santos incite à la  guerre et la stimule, il est très éloigné d’une solution pacifique au conflit social et armé qui baigne la société colombienne de sang, de larmes et de morts. « La guérilla se rend  ou bien c’est la prison ou la tombe ", telle est  l'exhortation du président colombien.

 

La réalité colombienne est celle-ci : des présidents criminels, bellicistes mafieux, dépendants et corrompus. Les révolutionnaires doivent agir en comprenant la réalité du moment et ses  développements futurs. Les glorieuses FARC - EP ne sont pas détruites, la lutte continue, aujourd'hui avec plus de troupes, d’expériences et le soutien du peuple colombien.

 

Alfonso Cano: « Mourir pour le peuple c’est vivre pour toujours ».

 

Hasta siempre  commandante !

 

07-11-2011

 

   

 

 



 

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 15:13

 

LE NOUVEAU PREMIER MINISTRE LIBYEN

MADE IN USA !


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Le régime libyen renversé par les armes et Kadhafi assassiné, l’OTAN a considéré que sa mission était terminée.

Les bombardiers et les drones occidentaux retirés, le ciel libyen s’ouvre à nouveau aux avions civils.


Les uns transportent des « hommes d’affaires » venus signer les contrats pour reconstruire ce que l’OTAN a détruit  ou au moins dans l’immédiat ce qui concerne l’appareil productif libyen c'est-à-dire les infrastructures utiles au redéploiement de l’industrie pétrolière. Dans ce domaine les entreprises qataries se montrent particulièrement actives, l’émirat voulant usufruiter sans attendre  son engagement militaire aux côtés de l’OTAN en en soulignant publiquement l’importance. Son savoir-faire pétrolier lui facilitera la tâche. Dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, les entreprises turques seront certainement très bien placées et la commission spéciale mise en place par le MEDEF pour la reconstruction de la Libye animée par un dirigeant du groupe  Vinci aura fort à faire pour obtenir des résultats tangibles.


D’autres sont utilisés pour l’importation de personnel politique de rechange , les dirigeants « rebelles » n’étant pas tous très présentables. Ceux-ci seront donc écartés  par tous moyens et disparaitront des feux de la rampe médiatique aussi vite qu’ils y sont apparus, la population libyenne n’ayant de toute manière pas voix au chapitre.


L’émigrant le plus notable est le nouveau premier ministre arrivé directement des Etats-Unis. Il s’agit d’Abdurrahim El Keib. Ce libyen, ayant la double nationalité, né à Tripoli a quitté son pays en 1973. Il a complété sa formation de base aux Etats-Unis à l’Université de Caroline du Nord. Il est ingénieur mécanicien, spécialiste des installations pétrolières, et a longtemps enseigné à l’Université d’Alabama.


Ses compétences ont été reconnues puisqu’il a travaillé, prononcé des conférences et  conduit des sessions de formation au PETROLEUM INSTITUTE d’Abu Dhabi. Cet organisme fondé en 2001 par l’émirat est soutenu par BP, Shell Total et la société japonaise de développement pétrolier.

 


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le "petroleum institute "

 

Avec pareille carte de visite le nouveau premier ministre ne saurait être un défenseur d’une politique de nationalisation  mais son choix, celui d’un citoyen étasunien, fait par les Etats-Unis montre que les gouvernements  européens n’auront pas le champ libre pour imposer leurs hommes et leurs intérêts. Les rodomontades actuelles de l’équipe BHL-SARKOZY sont une pitoyable réponse à cette nouvelle donne qui était évidemment prévisible : l’impérialisme est un système mais dans tout systéme existe une hiérarchie et l’impérialisme principal impose ses choix aux impérialismes secondaires. Il en va de même dans le « milieu ». Chaque « coup » est organisé collectivement,  mais au moment du partage du butin, c’est le chef qui décide des parts des uns et des autres  et il s’attribue toujours la plus grosse.

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 11:29

Le texte qui suit est la traduction par Comaguer d’un article  diffusé en anglais par la Fondation Frantz Fanon. Signé par un universitaire étasunien il a été publié récemment par la presse sud africaine.

 

Les réflexions  de Fanon sur la décolonisation des sciences humaines ont aujourd'hui de l’écho dans le milieu universitaire

 

 

Prendre la dignité et la démocratie au sérieux

 

Par Nigel C Gibson*

 

 

Dans un récent discours de remise des diplômes, Saleem Badat, le vice-doyen de l'Université de Rhodes,  a appelé les diplômés de mettre leurs connaissances et leur savoir au  travail  "au profit de la société au sens large" à travers une  « une conduite éthique, une  intégrité sans faille, un effort visionnaire, une mise au service du public et un engagement pour  le peuple  et pour les responsabilités ».

Pourtant, est-il devenu  paradoxalement plus difficile d’être un humaniste critique oppositionnel dans l'Université  post-apart­heid ? Je me le demande   parce que durant les années 1980 certains espaces intellectuels  assez stupéfiants ont été ouverts dans les universités, souvent en lien d'une certaine façon aux mouvements sociaux, au  mouvement syndical et ainsi de suite, dans les luttes contre l'apartheid.

 

Après 1994, le problème semblait être pratique, conduisant à des politiques insistant sur le développement  d’unités d'études universitaires plus réfléchies. En outre, la logique de l'Université dans les processus mondiaux néo-­libéraux (ainsi que l'autoritarisme économiste des  coupes budgétaires) a engendré  une hiérarchie où une élite peut encore se permettre des études en « Humanités » * (voir in fine , note du traducteur) avec les garanties d’un futur emploi, tandis que ceux qui ne peuvent pas se payer une formation universitaire font des études professionnelles pratiques axées sur l’emploi, souvent avec « des sciences humaines » de base , mais très secondaires et souvent mal dotées dans l’enseignement général 

 

Les problèmes  sont réduits à comment  mettre  pleinement à l’œuvre les mécanismes du marché. L'esprit d'entreprise (en matière sociale, politique, économique et psychologique, nous dit-on, est le modèle le plus rationnel et le plus équitable. Cependant  dans le même temps, a ajouté Badat,  l’Afrique du Sud devient une société « où sévissent de plus en plus souvent sur  le mode les plus  primitif et le plus ravageur le matérialisme grossier, la corruption, la soumission à l’esprit d’entreprise et l’enrichissement débridé. »

 

L’Afrique du Sud reste une société intensément politisée marquée par des rébellions constantes et des révoltes qui débouchent  rapidement sur des discussions politiques sur les défauts de la société dans son ensemble. Mais qu’est-il  advenu  des questions fondamentales et des discussions sur la création d'une nouvelle  société ? Loin du bruit de ce qui pourrait être considéré comme du bavardage  politique ou du discours électoral sur l'amélioration de la qualité  des services, des questions continuent à être posées exactement sur les points que Frantz Fanon aurait attendus.

 

Lors d'une réunion le mois dernier à Pietermaritzburg, Ntombifuthi Shandu du réseau Rural a fait remarquer que la  vie est devenue plus difficile depuis la fin de l'apartheid, reflétant la brutalité de certains de ceux qui gouvernent, et elle s’est demandé si « nous sommes dirigés par des personnes qui ont été endommagées  par la lutte durant l'apartheid ».

 

La remarque m’a  immédiatement rappelé les notes Fanon dans les damnés de la terre.  Fanon a compris que la lutte pour la « vraie libération » engendrait aussi des pathologies et des troubles psychologiques, ainsi que des traumatismes et des stress créés par des situations extrêmes qui devront être soignés par la sociothérapie.

 

Mais les commentaires du Shandu m’ont aussi fait penser à Fanon écrivant avec « la peine au  cœur» sur une politique basée sur le ressentiment qui prend simplement la place et les attitudes du colonisateur.

 

Plutôt que de bâtir une culture de discussion (et de la démocratie) il soutient qu’il existe dans le parti nationaliste, une « sclérose » qui conduit  à une « brutalité de la pensée ». Bien entendu, aujourd’hui, qu'il ne serait pas difficile de  lire l’essai du Fanon sur les  « Pièges de la conscience nationale » comme une critique du post­-apartheid en Afrique du Sud, mais ce que Shandu a exprimé profondément la préoccupation de  Fanon que la haine, le ressentiment et la vengeance, sentiments souvent encouragés durant la lutte pour des objectifs à court terme, ne peut pas favoriser la  libération ni créer des êtres libérés.

 

 

Ce qui est absolument essentiel, conclut Fanon, c’est la force de l'intelligence, la création de nouvelles dimensions pour les hommes et les femmes. Et tout comme les colonisés comprennent la « pensée » du régime colonial, les anciens colonisés sont prompts à comprendre la réalité politique postcoloniale. Pour Fanon Le problème pour les intellectuels formés par l'Université, est le manque de compréhension de la pensée à l’œuvre parmi les exclus de la nouvelle répartition  - les pauvres, les paysans sans terre, les chômeurs - mais qui n'ont jamais renoncé à l'idée de liberté.

 

Ceci  répond  aux préoccupations  de Badat  sur la pertinence des « sciences humaines » dans la formation universitaire , qui doit aider autant que possible à maintenir vivant, et à encourager le débat public sur les questions théoriques et intellectuelles et, en même temps, doit demeurer  libre de paradigmes politiques étroits ou politiciens, qu'ils soient nationaux ou globaux, y compris la distance critique envers des discours comme le « développement » et les « droits de l'homme ».

 

Fanon soutient que la violence n’a pas de fin  tant que la brutalité du colonialisme, avec toutes ses pratiques deshumanisantes,  se poursuit dans la phase d'Independence. La Violence, soutient Fanon, est  structurelle et s’exerce à de nombreux niveaux ; elle pénètre dans les pores de l'individu et le suit à son  domicile ; elle est intériorisée et reproduit constamment la déshumanisation.

 

La préoccupation  de Fanon pour la continuation de la  brutalité est liée à sa notion de décolonisation comme restructuration de la conscience. C'est là où doit s’instaurer une discussion sur le rôle  des « sciences humaines » critiques, ou peut-être mieux, des  « sciences humaines » décolonisées, qui doit être reliée à un projet plus large d’éducation décolonisée. Fanon insiste sur le fait qu'un tel changement dans les consciences  ne sera pas terminé rapidement et ne pourra certainement pas  être réalisé par  quelques slogans et quelques campagnes de marketing. Il a une base matérielle, mais il requiert également de la patience et du temps pour recentrer les psychismes fragmentés par le colonialisme et l'oppression et pour inculquer aux  personnes l’idée que ce sont elles et pas tel ou tel  démiurge qui façonneront la nouvelle société

Des « sciences humaines »  décolonisées  prendront les  questions de la liberté, de la démocratie et de la dignité humaine au sérieux en rapport  avec l’insistance de Fanon sur le fait que tout doit être  repensé, et que tous devraient participer à imaginer l'avenir. La libération et l'invention, qui ne peuvent se réduire  aux ressources humaines  et aux  bilans, ont besoin d’engagement et d’autonomie

 

Le développement des « sciences humaines » ne peut donc être compris comme un retour à un projet libéral élitaire ou refaçonné comme une notion commerciale ou africanisée de « sciences humaines » au service des actions entrepreneuriales (comme fournir de l’éthique aux étudiants en gestion des entreprises) il doit être socialement engagé et critique (dans le sens où il ne doit pas être effrayé par ses conclusions) en cherchant à aller à la racine des problèmes.

 

S’engageant à  surmonter l’aliénation et l’oppression, au sens du Fanon, les  « Humanités» décolonisées doivent inclure des discussions sur la nature de la société et ainsi aider à déverrouiller la capacité et les pouvoirs humains  pour  consciemment refaire le monde. Ceci exige une inclusion démocratique, la responsabilisation et l'égalité ainsi qu’une atmosphère de questionnement, de critique (liberté en termes de libération des projets) et  une ouverture où tous sont invités à participer à la réflexion.

En d’autres termes L’idée de  fanon de tout repenser, ne peut être soumise à aucune évaluation externe ou à un organisme de financement. La  Recherche sérieuse est un projet ouvert et démocratique. Les résultats ne peuvent être prévus à l'avance ni mesurés selon tel ou tel schéma technocratique.

Cette nouvelle ère de renouvellement de la pensée doit commencer par une prise en compte complète des 17 années passées : la période post­-apartheid,  et doit commencer par un rejet de l'état d'esprit qui réduit le travail intellectuel à l’étude, même critique, des questions politiques. La théorie doit être comprise comme quelque chose où s'engager sérieusement  et produite ainsi qu'utilisée en Afrique du Sud. En d'autres termes, doit être prise très au sérieux l’exigence  de Fanon à la fin  Des  damnés de la terre que l'indépendance signifie vraiment fabriquer de  "nouveaux concepts" dans les espaces géographiques de l'indépendance,

 

 

Publié dans le supplément n°10 du « Mail & Guardian » 26 août 10 septembre 2011

 

·   -      Nigel C Gibson est basé à Emerson College de Boston, Massachusetts. Son livre le plus récent est « Pratiques Fanoniennes en Afrique du sud - de Steve Biko à Abahlali BaseMjondolo »

 

·     -     Steve Biko, comme Fanon,  était médecin et considérait l’apartheid comme une aliénation

 

·     -    Abahlali BaseMjondolo est un mouvement  qui vise à rassembler et à défendre les intérêts des actuels « damnés de la terre » dans la société post-apartheid, catégorie qui se retrouve dans tous les pays soumis à la tyrannie du capitalisme globalisé débridé.

 

 

*[NDT : l’auteur utilise le terme anglais « Humanities »  qui recouvre dans l’enseignement tout le champ des lettres et sciences humaines : langues, philosophie, histoire sociologie, psychologie, anthropologie…

Nous avons choisi de le traduire littéralement par « Humanités » bien que le terme soit très daté et peu utilisé dans la France contemporaine mais  en pensant que rien ne devrait être plus proche de l’humanité, cette qualité, que les humanités !

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 16:40

Tract distribué dans la manifestation syndicale contre l'austérité le 11 Octobre


 

Copains, coquins et assassins !


Sarkozy et son équipe ont atteint en France un niveau d’impopularité jamais vu dans la république. Cette impopularité est justifiée. Elle sanctionne l’énormité du mensonge présidentiel permanent.


La France qui travaille – ou qui voudrait travailler - est saignée à blanc : salaires bloqués, logements trop chers, sécurité sociale diminuée, services publics détricotés… La France des rentiers, des Bettencourt, des Woerth, des exonérés de l’ISF, des banquiers à bonus ,quant à elle, ne cesse de s’enrichir jusqu’à l’obscène.


Sentant arriver une magistrale paire de claque électorale, un puissant coup de Karcher populaire sur l’Elysée, le Président se transforme en chef de guerre internationale, veut compenser tous ses échecs intérieurs par des victoires à l’étranger, vieille tactique de dictateurs aux abois largement illustrée dans l’Histoire.

 


Mais là encore le mensonge est la règle :

- dix ans d’engagement militaire en Afghanistan n’ont conduit à rien d’autre qu’à maintenir en place un gouvernement corrompu qui ne gouverne qu’à Kaboul .

- la capture par l’armée française du président Gbagbo régulièrement élu, véritable coup d’Etat qui a mis fin à sa présidence, a conduit la Côte d’Ivoire au chaos, à des règlements  de comptes sanglants  et il faut encore que cette même armée protège le président putschiste contre son propre peuple.

- le renversement par la force – 6 mois de bombardements quotidiens - du gouvernement libyen légal débouche sur une guerre civile qui risque de durer et sur la destruction d’une des économies les plus riches d’Afrique et dont la prospérité était largement partagée


L’Etat, dont les caisses seraient, parait-il, vides, trouve encore le moyen de dépenser des centaines de millions d’Euros – la « campagne libyenne » aurait déjà coûté autour de 500 millions d’Euros- ne diminue pas le budget de la défense alors qu’il taille brutalement dans tous les budgets sociaux ou se met à faire payer des services publics gratuits. (35 euros pour déposer plainte aux prud’hommes)


L’Etat fait payer aux citoyens français des  interventions militaires qui n’ont pour seul but que d’installer au pouvoir des laquais censés continuer à signer des contrats avec les copains et les coquins : les Bouygues, les Lagardère, les Bolloré et consorts …et à renvoyer , aux moments électoraux cruciaux, quelques valises pleines de billets dont leur peuple n’aura jamais vu la couleur.


Le MOSOURPA, Mouvement pour la souveraineté et le respect des peuples d’Afrique, nouvellement créé, dénonce cette politique aventuriste et meurtrière qui va faire de notre pays un des plus détestés sur le continent africain.

 

Contactez-nous : mosourpa@mailz.org

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 14:15

Le 26 mai 2011 s’est tenue à Moscou une conférence internationale pour un « tribunal contre l’agression de l’OTAN en Libye ». Y ont pris part le Vice-ambassadeur de la Libye en Russie, une délégation d’Ukraine, des communistes de Slovaquie, quelques scientifique arabes, des représentants des « antiglobalistes ».

Elle a adopté un plan d’action visant à :

1-     - Organiser et mettre en place un « Tribunal international pour instruire les crimes des USA et de l’OTAN contre la Libye »

2-      - Mettre en place un organe remplaçant une ONU totalement discréditée


Même s’il s’agit là d’un rassemblement de forces sociales modestes, sa condamnation de l’ONU rejoint celles qui sont formulées dans un nombre de plus en plus grand de pays. Le renforcement de ce mouvement critique de l’ONU devra l’obliger à aborder la question politique centrale sur le long terme : réforme de l’ONU ou création d’un autre organe concurrent sanctionnant la faillite de l’ONU.

La conférence a publié une adresse aux chefs d’Etat, aux dirigeants des partis politiques, aux personnalités publiques et religieuses, à tous les gens auxquels sont chers la paix et la sécurité sur notre planète que nous reproduisons ci-après.

 

Ce texte et les informations qui précèdent sont tirés du bulletin « NOUVELLES d’URSS »

n° 111 Septembre-Octobre 2011


 

ADRESSE

aux chefs d'Etats aux dirigeants des partis politiques, aux personnalités publiques et religieuses,

à tous les gens  auxquels sont chers la paix et la sécurité sur notre planète,

 

au sujet de la prestation d'assistance pour la préparation et la mise en place du Forum mondial «Un Tribunal international pour instruire la participation de particuliers, d'organisations et d'États à l'agression contre la Djamahiriya arabe libyenne populaire socialiste, au sujet des mesures de mise publique en demeure des agresseurs de cesser leur agression et d'indemnisation des dommages causés aux personnes, aux organisations et aux États gui ont eu à souffrir de l'agression. »

Nous, les participants à la Conférence internationale pour l'organisation d'une réaction à l'agression planétaire et de la mise en demeure des États agresseurs de 1'aire la paix; au nom des citoyens libres du monde, nous adressons aux chefs d'États, à la direction des organisations non gouvernementales, des partis politiques et des organisations de masse, aux personnalités religieuses de toutes confessions, aux simples gens de notre planète en leur proposant de soutenir les efforts pour l'organisation et la mise en place en 2011 d'un Forum civil international  pour «Un Tribunal international pour instruire la participation de particuliers, d'organisations, d'États à l'agression contre la Djamahiriya arabe libyenne populaire socialiste, la prise de mesures de mise  en demeure publique de cesser leur agression et d'indemniser les dommages causés aux personnes, aux organisations et aux États qui ont eu à souffrir de l'agression». *voir note Comaguer in fine

La tenue du Forum civil international est possible à la condition nécessaire de mobiliser la communauté civile mondiale pour s'opposer aux agressions planétaires contre les États souverains telles que les commettent depuis de nombreuses années les États-Unis d'Amérique, les États du bloc militaro-politique agressif de l'OTAN, leurs alliés financiers, militaires et planétaires.

L'Organisation des Nations unies, reconnue comme étant le garant de l'observation de la législation internationale et de l'intangibilité des principes de base de la coexistence pacifique des États, n'a pas été capable de prévenir les irruptions armées d'agresseurs sur le territoire de toute une série d'États indépendants et, de ce fait même, ne s'est pas montrée digne de nos espoirs d'un avenir pacifique pour notre génération et pour nos enfants.

Ce qui constitue l'unique force sur la planète qui puisse aujourd'hui se dresser sur la route de l'agression et instaurer la paix sur la Terre, ce fut, c'est et ce sera la force de la communauté auto-organisée des citoyens des différents pays qui se sont rassemblés pour assurer la paix sur la planète. Seuls les citoyens ordinaires des pays du monde sont dans une pleine mesure intéressés à ce que les bombes et les grêles de missiles à l'uranium ne tombent pas sur les têtes de leurs mères et de leurs enfants. Seule Une personne qui est pleinement consciente d'être avant tout le père ou la mère de ses enfants est vraiment intéressée par l'opposition à l'agression dirigée tant contre sa propre famille et son peuple que contre le pays dans lequel il vit. Ce sont précisément nous, les simples citoyens, qui sommes plus que tout intéressés à la paix et à la stabilité sur notre planète.

L'agression déclenchée par les États Unis et les pays de l'OTAN contre l'État souverain de la Djamahiriya libyenne doit être immédiatement stoppée.

Les crimes perpétrés par les participants et organisateurs de cette, irruption armée relèvent d'une condamnation personnelle. Les organisateurs et complices de ces crimes encourent des poursuites à l'égard de la communauté mondiale.

Nous, les participants à la conférence, appelons les dirigeants des États à accorder un soutien multiforme sur le plan de l'organisation, de l'information et du travail pratique au Forum civil mondial, ainsi qu’à examiner l'opportunité de réunir le Forum civil mondial avec un sommet des chefs d'Etats, de ceux qui sont les objectifs potentiels des intentions destructrices de l'agresseur planétaire. À ce moment, nous proposerons de poser les fondements d'un nouveau système des rapports dans le monde basé sur la prééminence de la souveraineté des pays et des États. Il y sera également posé la question de la réforme de l'Or­ganisation des Nations unies qui s'est trouvée incapable d'empêcher effectivement le bafouage des normes et lois Internationales ou bien du remplacement de l'O.N.U. par une organisation internationale alternative capable d'agir.

Nous, les participants à la conférence, appelons tous ceux qui sont intéressés à l'instauration de la paix sur la terre, indépendamment de leur nationalité et de leur confession, à rassembler tous leurs efforts et à porter ensemble un coup décisif à l'agression planétaire. -puisse ce Forum civile mondial devenir le précédent d’une nouvelle forme véritablement démocratique  de consolidation du droit international et d'organisation juste du monde!

Nous appelons tous ceux qui sont solidaires de la lutte du peuple libyen contre ses agresseurs, tous ceux 'qui désirent la paix sur notre planète, à prendre une part active à la préparation de la mise en place d'un Tribunal international pour juger les agresseurs de 1’été 2011.

La réalisation de cette initiative civile, le développement d'une instruction de large ampleur et d'une Cour publique pour juger les agresseurs n'est possible qu'avec votre soutien moral et matériel personnel.

1.       Pour la paix sans agresseurs! Pour la paix sans guerre!

2.      Pour la paix dans le monde entier!

3.      Les participants à la Conférence internationale MOSCOU, le 26 mai 2011.

 

*

La commission spéciale mise en place par le MEDEF estime déja les marchés de reconstruction de la Libye donc l’ampleur des dégâts à 136 milliards d’Euros.

 

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 09:47

Entamée en 1911 la colonisation de la Libye s’achève brusquement en 1943 quand les armées alliées attaquant par l’Est et par l’ouest les  forces de l’Axe (allemandes et italiennes) les rejettent à la mer en Tunisie et les poursuivent sur le sol italien. Le régime fasciste s’écroule et la Libye qui a vu se dérouler pendant trois ans sur son sol une des grandes batailles de la seconde guerre mondiale se retrouve soudain  libérée.

Le colonisateur italien est remplacé temporairement par une occupation militaire franco-britannique, la France protégeant ainsi ses intérêts coloniaux au Maghreb et en Afrique centrale  la Grande Bretagne faisant de même pour l’Egypte et le Soudan. Les Etats-Unis se contentent pour leur part d’y installer une base militaire à proximité de Tripoli.

Mais, à part sa position stratégique,  le pays ne présente alors guère d’intérêt pour les puissances occupantes – le pétrole libyen ne sera découvert qu’en 1959 - et il va revenir à l’ONU de lui accorder une  l’indépendance gagnée sans combats en remettant le pouvoir à la confraternité politico-religieuse Senoussie et à son chef le roi Idriss revenu de son exil égyptien.

Le coup d’Etat des jeunes officiers conduits par Mouammar Khadafi va mettre à bas ce régime, faible et  pro-occidental et toutes les mesures prises par le nouveau régime : fermeture des bases militaires étrangères, nationalisation du pétrole sanctionnent le passage de l’indépendance formelle accordée par l’ONU à l’indépendance réelle.

Le nouveau régime libyen prend donc immédiatement place sur la liste des pays ennemis de l’Occident  et l’agression dont il vient d’être victime de la part des coalisés de l’OTAN est l’application, après de très nombreuses péripéties, d’une sanction prévisible dès l’origine 42 ans plus tôt.

Pendant toute cette période la régime libyen a  effectué un très important travail de mémoire sur la période coloniale (1911-1943) sur ses horreurs (bombardements aériens des populations , utilisations des armes chimiques, déportations, camps de concentration)comme  sur les hauts faits de la résistance libyenne dans la période 1922-1931 sous la conduite du « Lion du désert » Omar Al Mokhtar et il a osé proposer à la puissance coloniale de tourner la page de cette période sombre  et d’établir avec elle des rapports de coopération et de bon voisinage entre Etats souverains égaux.

Cette politique a été concrétisée par un accord dont le texte intégral suit signé en 1998 par les deux pays.

Cet accord constitue un modèle de ce que tous les peuples colonisés d’Afrique sont en droit d’exiger de l'ex puissance coloniale.


L’agression actuelle de la Libye en représente la totale destruction et ouvre une longue période qui va inévitablement voir se dérouler une nouvelle guerre d’indépendance dont les formes et la durée sont encore en gestation mais dont l’écho sur le continent africain sera puissant.

 

 

 

Texte de la déclaration commune italo-libyenne signée à Rome le 4 juillet 1998

 « Attendu que le peuple libyen et le peuple italien sont liés par des rapports profonds et solides qui remontent à des siècles de contacts, d'activités commerciales et d'histoire commune. Cependant, l'occupation a provoqué des blessures telles qu'un bon nombre de Libyens s'en souvient encore.

Ayant la volonté de consolider et de développer ces relations pour l'intérêt des deux peuples amis, l'Italie invite la Libye à oublier le passé et s'engage à ne pas reproduire à l'avenir ce qu'il a fait contre la Libye par le passé. S'engageant ainsi à respecter l'esprit de bon voisinage, aucune action d'hostilité, quelles qu'en soient les raisons, ne sera déclenchée par l'Italie en direction de la Libye. Celle-ci s'engage, à son tout, à la même chose vis-à-vis de l'Italie.

Les deux parties expriment leur désir et leur détermination de pousser plus avant leurs relations bilatérales sur des bases nouvelles consolidées par l'égalité, le respect mutuel et la coopération dans de nombreux domaines. Le tout pour le bien des deux peuples et pour tout ce qui peut contribuer à renforcer la paix, le développement économique et la prospérité du bassin méditerranéen et de ses habitants.

Le gouvernement italien exprime ses regrets pour les souffrances causées au peuple libyen par l'occupation. En vue d'en éliminer, autant que possible, les traces et dépasser le passé et l'oublier pour entamer une ère nouvelle de rapports amicaux et constructifs entre les deux peuples, le gouvernement italien s'engage à :

1/ rechercher par tous les moyens possibles les citoyens libyens déportés à l'époque loin de leur famille.

2/ procéder de façon directe et à travers la coopération bilatérale ou internationale, au nettoyage des champs de mines déposées lors de la seconde guerre mondiale. Pour cela, le gouvernement italien, offre son concours pour mettre en place des sessions de formation d'unités spécialisées de déminage en Libye. II apporte, par ailleurs, son soutien médical aux personnes souffrant de ces mines terrestres dans des centres spécialisés en Italie. Il installe en outre un centre hospitalier spécialisé dans le montage des prothèses en Libye en collaboration avec le Croissant rouge libyen et la Croix rouge italienne.

3/ offrir des indemnités et des aides aux personnes sinistrées.

Contribuer aux projets humanitaires susceptibles d'aider les familles des handicapés et des sinistrés. Collaborer avec la Libye pour développer l'environnement dans les régions qui ont subi des dommages. Des conventions particulières entre les deux pays en préciseront les détails.

4/ Pour réaliser ces objectifs, des dispositions seront prises pour créer une entreprise italo-libyenne dont le président sera désigné par la partie libyenne. Cette entreprise, dans laquelle d'autres entreprises publiques et privées seront sociétaires, sera chargée de soutenir l'économie libyenne à travers la mise en place de projets environnementaux notamment, mais aussi de projets de développement en général. Une caisse nationale sera créée à laquelle contribueront les entreprises des deux pays. Elle aura pour objectif:

- La mise en valeur des régions minées pendant la seconde guerre mondiale.

- La formation des spécialistes de déminage.

- Les soins aux Libyens victimes des mines.

- La création d'un centre hospitalier spécialisé dans le traitement des victimes des mines

- la recherche des citoyens libyens déportés à l'époque loin de chez eux et la réhabilitation de leurs familles moralement et matériellement ainsi que le peuple libyen

- la mise sur pied de toutes les actions opportunes pour amoindrir l'impact négatif du passé.

L'Italie apportera son soutien particulier à la Libye sur le plan culturel, économique et artistique. Des accords spéciaux entre les services compétents des deux pays en préciseront les détails.

L'Italie s'engage devant la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste de lui restituer l'ensemble des manuscrits, des archives, des documents et autres pièces archéologiques que l'on a transférés en Italie pendant ou après l'occupation, et ce, conformément à la Convention de l'UNESCO signée le 14 novembre 1970 qui concerne les dispositions à prendre pour empêcher d'importer, d'exporter et de transporter des propriétés culturelles illégalement. Les deux pays feront en sorte que ces manuscrits, documents et autres pièces de musée soient identifiés et localisés.

Les deux pays s'engagent à une assistance mutuelle.

Le gouvernement italien offre aux citoyens libyens le droit de jouir des avantages stipulés par la législation italienne pendant l'occupation, du moment qu'ils ne s'opposent pas aux engagements découlant de l'adhésion de l'Italie à l'Union européenne. Les autorités compétentes en Libye et en Italie se chargeront de déterminer ces avantages. En contrepartie, la Libye autorise les citoyens italiens interdits de séjour en Libye, en vertu de mesures antérieures, à entrer sur son territoire pour des raisons touristiques, familiales ou professionnelles

En définitive, les deux parties notent que la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste admet qu'il n:V a plus de raisons de conflit ou de controverse avec l'Italie à propos du passé, et ce, après application des dispositions de la présente déclaration ».

 

Cette déclaration a été préparée et signée à Rome le 4 juillet 1998.


Pour le gouvernement libyen: M. Orna Mustapha AI ­Mountasir

Ministre des affaires étrangères


Pour le gouvernement italien: M. Lamberto Dini Ministre des affaires étrangères

 

 

 

 

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 21:05

On se souvient que, peu avant la fin de son mandat, Bush junior a réactivé la IV° flotte pièce maitresse du Southcom,  commandement militaire US pour la zone Amérique Latine-Caraïbe ayant mission d'ingérence permanente dans tous les pays de cette zone et vocation à y renverser les régimes légaux non alignés


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SOUTHCOM est désormais bien installé dans ses meubles et il ne pouvait l'être qu'à Miami, foyer traditionnel de la contre-révolution en Amérique Latine. Ouvert fin 2010 le nouveau quartier général accueille 2800 personnes.

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