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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:24

L’article qui suit met le doigt sur un des aspects les plus occultés de la fameuse « dérégulation », occulté sciemment car l’indépendance des banques centrales  est la pierre angulaire de l’édifice capitaliste néolibéral visant à soustraire les monnaies nationales au contrôle du pouvoir politique et ouvrant la porte à la dictature des « marchés ».

Il revint à Pompidou, ex-fondé de pouvoir de la banque Rothschild devenu président de la république et premier fossoyeur du gaullisme d’imposer cette évolution politique décisive.

Les « marchés » n’ont donc pas pris le pouvoir, les politiques le leur ont donné.

Il appartiendra à d’autres politiques  - qui pour l’heure n’apparaissent pas sur la grande scène politico-médiatique  où, au contraire, le pouvoir politique est, dans le dos des citoyens, confié directement à des banquiers comme en Italie et en Grèce - de le reprendre. Faute de quoi se poursuivra la catastrophe capitaliste !

 

 

LA TRIBUNE 09.11.2011

Point de vue

Par JEAN-CLAUDE WERREBROUCK

Professeur d'économie à l'université de Lille

 

Coûteuse indépendance des banques centrales

 

La question du statut des banques centrales n'est jamais évoquée dans le grand débat concernant la crise financière. Il faut pourtant rappeler, pour ne prendre que l'exemple français, que la Ban­que de France, après avoir été nationalisée au lendemain de la guerre, fut entièrement soumise au Trésor jusqu'à la loi du 3 janvier 1973, loi qui devait instaurer une stricte séparation et surtout une indépendance complète par rapport à l'exécutif. Texte qui devait être confirmé et durci dans le cadre du traité de Maastricht.

Conçue comme instrument de la reconstruction du pays, la banque centrale de l'après-guerre allait affranchir la communauté nationale de contraintes jusqu'alors fixées par les croyances monétaires: oui, la monnaie n'est qu'une convention sociale puisque réellement créée à partir de rien; oui, la planche à billets, si elle est correctement manœuvrée, permet de mettre fin à la loi d'airain de la monnaie. Pourtant, dure loi - il est vrai - jusqu'alors ressentie à toutes les époques, où l'affranchissement vis-à-vis du métal précieux se soldait invariablement dans le drame. La gestion monétaire, habilement menée après la Se­conde Guerre mondiale, que l'on soit en France ou ailleurs, a autorisé des investissements publics gigantesques - investissements dont on aurait tant besoin aujourd'hui - en mettant fin à la pénurie monétaire et aux taux d'intérêt associés. De ce point de vue, l'indépendance aujourd'hui, partout constatée des banques centrales, fut un cruel retour en arrière vers l'aliénation monétaire: l'inflation, pourtant disparue depuis longtemps - les années 1960 qui précèdent l'indépendance furent beaucoup plus sages que celles qui suivirent, faisant figure de diable pour les tenants de cette régression.

Bien que la question de la dette publique ait disparu alors même que l'endettement était gigantesque au lendemain de la guerre, elle va réapparaître dès la proclamation de l'indépendance de la banque centrale. Il convient ici de bien comprendre ce qu'on entend par ce terme d'indépendance. Désormais, il devient interdit aux banques centrales de créer de la monnaie au profit des Trésors et, donc, le recours à l'endettement ne passe plus par l'autorité des exécutifs qui fixaient les prix et les taux (généralement, ces derniers étaient nuls). À l'inverse, dorénavant, tout passera par un curieux marché aux caractéristiques suivantes: un groupe de banques va détenir le monopole d'achat de bons du Trésor (les fameux « spécialistes en valeurs du Trésor » - SVT - de l'Agence France Trésor pour ce qui concerne la France) et il deviendra interdit aux particuliers d'acheter directement, comme ils pouvaient le faire dans le passé, des bons du Trésor. Situation qui correspondrait - pour donner un exemple simple - à celle d'un propriétaire de verger à qui il serait interdit de consommer sa propre récolte, laquelle pourrirait sur place, et qui devrait acheter les fruits qu'il convoite à un groupe d'entreprises bien ciblé, à l'exclusion de toutes les autres.

 Situation, à tout le moins ex­traordinaire, qui fait émerger deux marchés. L'un sera celui de la dette publique, lequel consacrera le retour au XIXe siècle, époque où il n'était pas devenu évident que la monnaie n'est qu'une convention sociale. Le second sera celui de l'épargne de nombreux ménages qui jusque-là se contentaient d'acheter des bons du Trésor, directement auprès des organismes publics chargés de leur diffusion. Ils achetaient de la matière brute (bons en direct) ; ils achètent désormais des produits plus complexes aux banques, qui se sont réservé l'achat de la matière première, qu'elles transforment en produits d'épargne.

La fin de l'autorité monétaire rétablit ainsi artificiellement la pénurie monétaire de jadis - comme à l'époque des bases métalliques - et le coût qui lui est associé: désormais, il y aura un service de la dette publique qui représentera la charge d'intérêts d'une ressource, dont la rareté est une construction toute politique. .

Vu sous un autre angle, l'indépendance des banques centrales annoncée comme la seule mesure efficace de lutte contre l'inflation correspond à un intense gaspillage de fonds publics: en interdisant le lien traditionnel entre le Trésor et la banque centrale, et en créant un marché monopolistique par ailleurs, le prix de la dette passe d'une valeur nulle à un prix positif. Cela correspond à 2,5 points de PIB s'agissant de la France, et aujourd'hui à 15 points de PIB s'agissant de la Grèce. Le gaspillage des ressources publiques est ainsi une obligation relevant, s'agissant de l'Eurozone, de traités internationaux. Quant à la sempiternelle peur des marchés, elle n'est que la conséquence d'une construction politique, puisque ces mêmes marchés ont été politiquement construits.

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 15:29

 

 

Quelques images  

 

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L'Intellectuel Alfonso Cano est mort au combat pour la libération de la Colombie de la narcoligarchie  qui la gouverne avec le soutien massif des Etats-Unis

 

 

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Marx, Lénine, Simon Bolivar et Manuel Marulanda

 

 

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Plan de la longue traque d'Alfonso Cano

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 14:19

14.11.2011

Des précisions commencent à devenir disponibles sur les conditions de l’assassinat d’Alfonso Cano.

Son groupe a bien été attaque depuis des hélicoptères mais selon une déclaration du Secrétaire général du parti Communiste Colombien les photos publiées depuis examinées par des médecins montrent qu’il a été abattu d’une balle dans la poitrine donc par le tir rapproché d’un homme au sol. Il s’agit donc bien d’une liquidation délibérée décidée au plus haut de l’Etat colombien. 

La traque du dirigeant des FAR C-EP s’était intensifiée ces derniers mois et mettait en œuvre les moyens de détection les plus sophistiqués fournis directement par les Etats-Unis à partir de leurs   7 bases militaires réparties sur l’ensemble du territoire colombien de manière à en assurer la couverture totale.

Une fois détecté le groupe guérillero recherché, l’aviation bombarde massivement la zone pour lui couper toute voie d’approvisionnement et de sortie et pour l’affaiblir numériquement. Ces objectifs atteints, des hélicoptères débarquent dans la zone de repli du groupe les commandos qui vont procéder sur ordre à la liquidation physique de tous ses membres. Le même schéma a été appliqué pour l’assassinat des deux autres dirigeants des FARC-EP : Raul Reyes et Momo Jojo.

 

HASTA SIEMPRE COMANDANTE !

A l’issue d’une longue chasse à l’homme orchestrée directement par le Président colombien avec le soutien politique, militaire et financier des Etats-Unis et l’appui technique d’Israël, le dirigeant des Forces armées révolutionnaires colombiennes – Armée du peuple (FARC-EP) est mort au combat.

 

Cet assassinat confirme la stratégie de la narcoligarchie au pouvoir : décapiter la guérilla en assassinant l’un après l’autre les dirigeants. Mais les conditions sociales, économiques et politiques de la lutte armée pour le renversement du régime demeurent.

 

   

Avec l'assassinat d'Alfonso Cano s'impose la solution du sang et des morts

 

 

 

2011-11-06-ABP NOTICIAS (agence de presse bolivarienne) -Fortune Modeste- (Fortune Modeste Valerio est un chroniqueur vénézuélien) (traduction Comaguer)

 

Dans mon dernier article: "l’ETA et les FARC-EP: le dilemme de la guerre", je soutenais que dans  la République sœur de Colombie, la direction militaire, l'oligarchie et les politiciens corrompus n’avaient ni la capacité ni la volonté de mettre fin à la guerre. L’assassinat au combat du commandant et chef des FARC-EP, Guillermo Sáenz de León, « Alfonso Cano », confirme ainsi ma thèse.

 

Il était nécessaire d'éliminer physiquement le principal idéologue (sic)

 

(ndt : Alfonso Cano était anthropologue de formation et les médias dominants le présentent volontiers comme un  « idéologue » faisant abstraction du fait que la vie de guérillero n’est pas précisément celle d’un « intellectuel en chambre ».  Lénine aussi aurait pu être qualifié d’ « idéologue », voir ci-après la hutte du guérillero)

 

pour en finir avec le conflit social et armé colombien sur la base du dialogue et d’une discussion sincère (solution politique). Nombreuses furent les vidéos et les messages envoyés par le chef des FARC-EP visant à  la recherche d'une solution négociée du conflit.

 

 

Récemment lors des élections municipales, la guérilla fariana (ndt : des FARC) a appelé la population à boycotter seulement celles où les représentants paramilitaires-uribistes et du gouvernement avaient quelques possibilités d’imposer leur volonté. Cela reflétait un changement politique correct face à une réalité qui est constamment en changement et en évolution.

 

Les résultats ont été là : une abstention majoritaire de la population colombienne, le triomphe de dirigeants non compromis dans les  massacres et les  vols et une cuisante défaite des représentants du gouvernement-uribistes et paramilitaires. Dans les zones rurales, l'abstention a atteint près de 80 %. Ce qui signifie une prise de conscience  importante pour  réfléchir à un nouveau scénario dans la société colombienne.

 

L'élimination physique du dirigeant de la guérilla la plus ancienne du monde, prétend à tort  détruire le mouvement insurrectionnel. Dans quelques jours il y aura un nouveau commandant en chef et les combats s’intensifieront  dans toute la jungle colombienne. Une direction collégiale et un remplacement automatique sont  la garantie d'avoir un organe de direction à l’épreuve de  toutes les sortes de difficultés.

 

Les bouchers qui occupent la Casa de Nariño (ndt : palais présidentiel à Bogota) sont heureux et bruyants, ce n’est pas une surprise; avec la mort des commandants Raul Reyes et Ivan Rios, l'ancien ministre de la défense, aujourd'hui président de la Colombie, Juan Manuel Santos, a profité sans retenue de l’exposition du cadavre du premier et des explications sur comment ils ont assassiné le second.

 

L'État colombien se consolide  sur le sang, la mort et la drogue. Ingrédients nécessaires pour installer une société de terreur qui engendre   la mort, les larmes et le deuil comme des exemples à suivre. Un président comme Juan Manuel Santos devrait être déclaré comme personnage d’outre-tombe, « bienfaiteur » de la mort, protecteur des morts et ennemi de la vie.

 

L'histoire de l’humanité  ne connait  pas semblable comportement, les criminels internationaux condamnés pour des crimes abominables, jamais ne se sont vantés ni ne se sont réjouis de  leurs méfaits. La plupart niaient leurs crimes ou  se repentaient

 

Celui-ci  est un criminel dans  toute sa puissance, affamé de sang et insatiable  de morts

 

Le président colombien, Juan Manuel Santos incite à la  guerre et la stimule, il est très éloigné d’une solution pacifique au conflit social et armé qui baigne la société colombienne de sang, de larmes et de morts. « La guérilla se rend  ou bien c’est la prison ou la tombe ", telle est  l'exhortation du président colombien.

 

La réalité colombienne est celle-ci : des présidents criminels, bellicistes mafieux, dépendants et corrompus. Les révolutionnaires doivent agir en comprenant la réalité du moment et ses  développements futurs. Les glorieuses FARC - EP ne sont pas détruites, la lutte continue, aujourd'hui avec plus de troupes, d’expériences et le soutien du peuple colombien.

 

Alfonso Cano: « Mourir pour le peuple c’est vivre pour toujours ».

 

Hasta siempre  commandante !

 

07-11-2011

 

   

 

 



 

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 15:13

 

LE NOUVEAU PREMIER MINISTRE LIBYEN

MADE IN USA !


aelkeib2.jpg

 

 

Le régime libyen renversé par les armes et Kadhafi assassiné, l’OTAN a considéré que sa mission était terminée.

Les bombardiers et les drones occidentaux retirés, le ciel libyen s’ouvre à nouveau aux avions civils.


Les uns transportent des « hommes d’affaires » venus signer les contrats pour reconstruire ce que l’OTAN a détruit  ou au moins dans l’immédiat ce qui concerne l’appareil productif libyen c'est-à-dire les infrastructures utiles au redéploiement de l’industrie pétrolière. Dans ce domaine les entreprises qataries se montrent particulièrement actives, l’émirat voulant usufruiter sans attendre  son engagement militaire aux côtés de l’OTAN en en soulignant publiquement l’importance. Son savoir-faire pétrolier lui facilitera la tâche. Dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, les entreprises turques seront certainement très bien placées et la commission spéciale mise en place par le MEDEF pour la reconstruction de la Libye animée par un dirigeant du groupe  Vinci aura fort à faire pour obtenir des résultats tangibles.


D’autres sont utilisés pour l’importation de personnel politique de rechange , les dirigeants « rebelles » n’étant pas tous très présentables. Ceux-ci seront donc écartés  par tous moyens et disparaitront des feux de la rampe médiatique aussi vite qu’ils y sont apparus, la population libyenne n’ayant de toute manière pas voix au chapitre.


L’émigrant le plus notable est le nouveau premier ministre arrivé directement des Etats-Unis. Il s’agit d’Abdurrahim El Keib. Ce libyen, ayant la double nationalité, né à Tripoli a quitté son pays en 1973. Il a complété sa formation de base aux Etats-Unis à l’Université de Caroline du Nord. Il est ingénieur mécanicien, spécialiste des installations pétrolières, et a longtemps enseigné à l’Université d’Alabama.


Ses compétences ont été reconnues puisqu’il a travaillé, prononcé des conférences et  conduit des sessions de formation au PETROLEUM INSTITUTE d’Abu Dhabi. Cet organisme fondé en 2001 par l’émirat est soutenu par BP, Shell Total et la société japonaise de développement pétrolier.

 


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le "petroleum institute "

 

Avec pareille carte de visite le nouveau premier ministre ne saurait être un défenseur d’une politique de nationalisation  mais son choix, celui d’un citoyen étasunien, fait par les Etats-Unis montre que les gouvernements  européens n’auront pas le champ libre pour imposer leurs hommes et leurs intérêts. Les rodomontades actuelles de l’équipe BHL-SARKOZY sont une pitoyable réponse à cette nouvelle donne qui était évidemment prévisible : l’impérialisme est un système mais dans tout systéme existe une hiérarchie et l’impérialisme principal impose ses choix aux impérialismes secondaires. Il en va de même dans le « milieu ». Chaque « coup » est organisé collectivement,  mais au moment du partage du butin, c’est le chef qui décide des parts des uns et des autres  et il s’attribue toujours la plus grosse.

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 11:29

Le texte qui suit est la traduction par Comaguer d’un article  diffusé en anglais par la Fondation Frantz Fanon. Signé par un universitaire étasunien il a été publié récemment par la presse sud africaine.

 

Les réflexions  de Fanon sur la décolonisation des sciences humaines ont aujourd'hui de l’écho dans le milieu universitaire

 

 

Prendre la dignité et la démocratie au sérieux

 

Par Nigel C Gibson*

 

 

Dans un récent discours de remise des diplômes, Saleem Badat, le vice-doyen de l'Université de Rhodes,  a appelé les diplômés de mettre leurs connaissances et leur savoir au  travail  "au profit de la société au sens large" à travers une  « une conduite éthique, une  intégrité sans faille, un effort visionnaire, une mise au service du public et un engagement pour  le peuple  et pour les responsabilités ».

Pourtant, est-il devenu  paradoxalement plus difficile d’être un humaniste critique oppositionnel dans l'Université  post-apart­heid ? Je me le demande   parce que durant les années 1980 certains espaces intellectuels  assez stupéfiants ont été ouverts dans les universités, souvent en lien d'une certaine façon aux mouvements sociaux, au  mouvement syndical et ainsi de suite, dans les luttes contre l'apartheid.

 

Après 1994, le problème semblait être pratique, conduisant à des politiques insistant sur le développement  d’unités d'études universitaires plus réfléchies. En outre, la logique de l'Université dans les processus mondiaux néo-­libéraux (ainsi que l'autoritarisme économiste des  coupes budgétaires) a engendré  une hiérarchie où une élite peut encore se permettre des études en « Humanités » * (voir in fine , note du traducteur) avec les garanties d’un futur emploi, tandis que ceux qui ne peuvent pas se payer une formation universitaire font des études professionnelles pratiques axées sur l’emploi, souvent avec « des sciences humaines » de base , mais très secondaires et souvent mal dotées dans l’enseignement général 

 

Les problèmes  sont réduits à comment  mettre  pleinement à l’œuvre les mécanismes du marché. L'esprit d'entreprise (en matière sociale, politique, économique et psychologique, nous dit-on, est le modèle le plus rationnel et le plus équitable. Cependant  dans le même temps, a ajouté Badat,  l’Afrique du Sud devient une société « où sévissent de plus en plus souvent sur  le mode les plus  primitif et le plus ravageur le matérialisme grossier, la corruption, la soumission à l’esprit d’entreprise et l’enrichissement débridé. »

 

L’Afrique du Sud reste une société intensément politisée marquée par des rébellions constantes et des révoltes qui débouchent  rapidement sur des discussions politiques sur les défauts de la société dans son ensemble. Mais qu’est-il  advenu  des questions fondamentales et des discussions sur la création d'une nouvelle  société ? Loin du bruit de ce qui pourrait être considéré comme du bavardage  politique ou du discours électoral sur l'amélioration de la qualité  des services, des questions continuent à être posées exactement sur les points que Frantz Fanon aurait attendus.

 

Lors d'une réunion le mois dernier à Pietermaritzburg, Ntombifuthi Shandu du réseau Rural a fait remarquer que la  vie est devenue plus difficile depuis la fin de l'apartheid, reflétant la brutalité de certains de ceux qui gouvernent, et elle s’est demandé si « nous sommes dirigés par des personnes qui ont été endommagées  par la lutte durant l'apartheid ».

 

La remarque m’a  immédiatement rappelé les notes Fanon dans les damnés de la terre.  Fanon a compris que la lutte pour la « vraie libération » engendrait aussi des pathologies et des troubles psychologiques, ainsi que des traumatismes et des stress créés par des situations extrêmes qui devront être soignés par la sociothérapie.

 

Mais les commentaires du Shandu m’ont aussi fait penser à Fanon écrivant avec « la peine au  cœur» sur une politique basée sur le ressentiment qui prend simplement la place et les attitudes du colonisateur.

 

Plutôt que de bâtir une culture de discussion (et de la démocratie) il soutient qu’il existe dans le parti nationaliste, une « sclérose » qui conduit  à une « brutalité de la pensée ». Bien entendu, aujourd’hui, qu'il ne serait pas difficile de  lire l’essai du Fanon sur les  « Pièges de la conscience nationale » comme une critique du post­-apartheid en Afrique du Sud, mais ce que Shandu a exprimé profondément la préoccupation de  Fanon que la haine, le ressentiment et la vengeance, sentiments souvent encouragés durant la lutte pour des objectifs à court terme, ne peut pas favoriser la  libération ni créer des êtres libérés.

 

 

Ce qui est absolument essentiel, conclut Fanon, c’est la force de l'intelligence, la création de nouvelles dimensions pour les hommes et les femmes. Et tout comme les colonisés comprennent la « pensée » du régime colonial, les anciens colonisés sont prompts à comprendre la réalité politique postcoloniale. Pour Fanon Le problème pour les intellectuels formés par l'Université, est le manque de compréhension de la pensée à l’œuvre parmi les exclus de la nouvelle répartition  - les pauvres, les paysans sans terre, les chômeurs - mais qui n'ont jamais renoncé à l'idée de liberté.

 

Ceci  répond  aux préoccupations  de Badat  sur la pertinence des « sciences humaines » dans la formation universitaire , qui doit aider autant que possible à maintenir vivant, et à encourager le débat public sur les questions théoriques et intellectuelles et, en même temps, doit demeurer  libre de paradigmes politiques étroits ou politiciens, qu'ils soient nationaux ou globaux, y compris la distance critique envers des discours comme le « développement » et les « droits de l'homme ».

 

Fanon soutient que la violence n’a pas de fin  tant que la brutalité du colonialisme, avec toutes ses pratiques deshumanisantes,  se poursuit dans la phase d'Independence. La Violence, soutient Fanon, est  structurelle et s’exerce à de nombreux niveaux ; elle pénètre dans les pores de l'individu et le suit à son  domicile ; elle est intériorisée et reproduit constamment la déshumanisation.

 

La préoccupation  de Fanon pour la continuation de la  brutalité est liée à sa notion de décolonisation comme restructuration de la conscience. C'est là où doit s’instaurer une discussion sur le rôle  des « sciences humaines » critiques, ou peut-être mieux, des  « sciences humaines » décolonisées, qui doit être reliée à un projet plus large d’éducation décolonisée. Fanon insiste sur le fait qu'un tel changement dans les consciences  ne sera pas terminé rapidement et ne pourra certainement pas  être réalisé par  quelques slogans et quelques campagnes de marketing. Il a une base matérielle, mais il requiert également de la patience et du temps pour recentrer les psychismes fragmentés par le colonialisme et l'oppression et pour inculquer aux  personnes l’idée que ce sont elles et pas tel ou tel  démiurge qui façonneront la nouvelle société

Des « sciences humaines »  décolonisées  prendront les  questions de la liberté, de la démocratie et de la dignité humaine au sérieux en rapport  avec l’insistance de Fanon sur le fait que tout doit être  repensé, et que tous devraient participer à imaginer l'avenir. La libération et l'invention, qui ne peuvent se réduire  aux ressources humaines  et aux  bilans, ont besoin d’engagement et d’autonomie

 

Le développement des « sciences humaines » ne peut donc être compris comme un retour à un projet libéral élitaire ou refaçonné comme une notion commerciale ou africanisée de « sciences humaines » au service des actions entrepreneuriales (comme fournir de l’éthique aux étudiants en gestion des entreprises) il doit être socialement engagé et critique (dans le sens où il ne doit pas être effrayé par ses conclusions) en cherchant à aller à la racine des problèmes.

 

S’engageant à  surmonter l’aliénation et l’oppression, au sens du Fanon, les  « Humanités» décolonisées doivent inclure des discussions sur la nature de la société et ainsi aider à déverrouiller la capacité et les pouvoirs humains  pour  consciemment refaire le monde. Ceci exige une inclusion démocratique, la responsabilisation et l'égalité ainsi qu’une atmosphère de questionnement, de critique (liberté en termes de libération des projets) et  une ouverture où tous sont invités à participer à la réflexion.

En d’autres termes L’idée de  fanon de tout repenser, ne peut être soumise à aucune évaluation externe ou à un organisme de financement. La  Recherche sérieuse est un projet ouvert et démocratique. Les résultats ne peuvent être prévus à l'avance ni mesurés selon tel ou tel schéma technocratique.

Cette nouvelle ère de renouvellement de la pensée doit commencer par une prise en compte complète des 17 années passées : la période post­-apartheid,  et doit commencer par un rejet de l'état d'esprit qui réduit le travail intellectuel à l’étude, même critique, des questions politiques. La théorie doit être comprise comme quelque chose où s'engager sérieusement  et produite ainsi qu'utilisée en Afrique du Sud. En d'autres termes, doit être prise très au sérieux l’exigence  de Fanon à la fin  Des  damnés de la terre que l'indépendance signifie vraiment fabriquer de  "nouveaux concepts" dans les espaces géographiques de l'indépendance,

 

 

Publié dans le supplément n°10 du « Mail & Guardian » 26 août 10 septembre 2011

 

·   -      Nigel C Gibson est basé à Emerson College de Boston, Massachusetts. Son livre le plus récent est « Pratiques Fanoniennes en Afrique du sud - de Steve Biko à Abahlali BaseMjondolo »

 

·     -     Steve Biko, comme Fanon,  était médecin et considérait l’apartheid comme une aliénation

 

·     -    Abahlali BaseMjondolo est un mouvement  qui vise à rassembler et à défendre les intérêts des actuels « damnés de la terre » dans la société post-apartheid, catégorie qui se retrouve dans tous les pays soumis à la tyrannie du capitalisme globalisé débridé.

 

 

*[NDT : l’auteur utilise le terme anglais « Humanities »  qui recouvre dans l’enseignement tout le champ des lettres et sciences humaines : langues, philosophie, histoire sociologie, psychologie, anthropologie…

Nous avons choisi de le traduire littéralement par « Humanités » bien que le terme soit très daté et peu utilisé dans la France contemporaine mais  en pensant que rien ne devrait être plus proche de l’humanité, cette qualité, que les humanités !

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 16:40

Tract distribué dans la manifestation syndicale contre l'austérité le 11 Octobre


 

Copains, coquins et assassins !


Sarkozy et son équipe ont atteint en France un niveau d’impopularité jamais vu dans la république. Cette impopularité est justifiée. Elle sanctionne l’énormité du mensonge présidentiel permanent.


La France qui travaille – ou qui voudrait travailler - est saignée à blanc : salaires bloqués, logements trop chers, sécurité sociale diminuée, services publics détricotés… La France des rentiers, des Bettencourt, des Woerth, des exonérés de l’ISF, des banquiers à bonus ,quant à elle, ne cesse de s’enrichir jusqu’à l’obscène.


Sentant arriver une magistrale paire de claque électorale, un puissant coup de Karcher populaire sur l’Elysée, le Président se transforme en chef de guerre internationale, veut compenser tous ses échecs intérieurs par des victoires à l’étranger, vieille tactique de dictateurs aux abois largement illustrée dans l’Histoire.

 


Mais là encore le mensonge est la règle :

- dix ans d’engagement militaire en Afghanistan n’ont conduit à rien d’autre qu’à maintenir en place un gouvernement corrompu qui ne gouverne qu’à Kaboul .

- la capture par l’armée française du président Gbagbo régulièrement élu, véritable coup d’Etat qui a mis fin à sa présidence, a conduit la Côte d’Ivoire au chaos, à des règlements  de comptes sanglants  et il faut encore que cette même armée protège le président putschiste contre son propre peuple.

- le renversement par la force – 6 mois de bombardements quotidiens - du gouvernement libyen légal débouche sur une guerre civile qui risque de durer et sur la destruction d’une des économies les plus riches d’Afrique et dont la prospérité était largement partagée


L’Etat, dont les caisses seraient, parait-il, vides, trouve encore le moyen de dépenser des centaines de millions d’Euros – la « campagne libyenne » aurait déjà coûté autour de 500 millions d’Euros- ne diminue pas le budget de la défense alors qu’il taille brutalement dans tous les budgets sociaux ou se met à faire payer des services publics gratuits. (35 euros pour déposer plainte aux prud’hommes)


L’Etat fait payer aux citoyens français des  interventions militaires qui n’ont pour seul but que d’installer au pouvoir des laquais censés continuer à signer des contrats avec les copains et les coquins : les Bouygues, les Lagardère, les Bolloré et consorts …et à renvoyer , aux moments électoraux cruciaux, quelques valises pleines de billets dont leur peuple n’aura jamais vu la couleur.


Le MOSOURPA, Mouvement pour la souveraineté et le respect des peuples d’Afrique, nouvellement créé, dénonce cette politique aventuriste et meurtrière qui va faire de notre pays un des plus détestés sur le continent africain.

 

Contactez-nous : mosourpa@mailz.org

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 14:15

Le 26 mai 2011 s’est tenue à Moscou une conférence internationale pour un « tribunal contre l’agression de l’OTAN en Libye ». Y ont pris part le Vice-ambassadeur de la Libye en Russie, une délégation d’Ukraine, des communistes de Slovaquie, quelques scientifique arabes, des représentants des « antiglobalistes ».

Elle a adopté un plan d’action visant à :

1-     - Organiser et mettre en place un « Tribunal international pour instruire les crimes des USA et de l’OTAN contre la Libye »

2-      - Mettre en place un organe remplaçant une ONU totalement discréditée


Même s’il s’agit là d’un rassemblement de forces sociales modestes, sa condamnation de l’ONU rejoint celles qui sont formulées dans un nombre de plus en plus grand de pays. Le renforcement de ce mouvement critique de l’ONU devra l’obliger à aborder la question politique centrale sur le long terme : réforme de l’ONU ou création d’un autre organe concurrent sanctionnant la faillite de l’ONU.

La conférence a publié une adresse aux chefs d’Etat, aux dirigeants des partis politiques, aux personnalités publiques et religieuses, à tous les gens auxquels sont chers la paix et la sécurité sur notre planète que nous reproduisons ci-après.

 

Ce texte et les informations qui précèdent sont tirés du bulletin « NOUVELLES d’URSS »

n° 111 Septembre-Octobre 2011


 

ADRESSE

aux chefs d'Etats aux dirigeants des partis politiques, aux personnalités publiques et religieuses,

à tous les gens  auxquels sont chers la paix et la sécurité sur notre planète,

 

au sujet de la prestation d'assistance pour la préparation et la mise en place du Forum mondial «Un Tribunal international pour instruire la participation de particuliers, d'organisations et d'États à l'agression contre la Djamahiriya arabe libyenne populaire socialiste, au sujet des mesures de mise publique en demeure des agresseurs de cesser leur agression et d'indemnisation des dommages causés aux personnes, aux organisations et aux États gui ont eu à souffrir de l'agression. »

Nous, les participants à la Conférence internationale pour l'organisation d'une réaction à l'agression planétaire et de la mise en demeure des États agresseurs de 1'aire la paix; au nom des citoyens libres du monde, nous adressons aux chefs d'États, à la direction des organisations non gouvernementales, des partis politiques et des organisations de masse, aux personnalités religieuses de toutes confessions, aux simples gens de notre planète en leur proposant de soutenir les efforts pour l'organisation et la mise en place en 2011 d'un Forum civil international  pour «Un Tribunal international pour instruire la participation de particuliers, d'organisations, d'États à l'agression contre la Djamahiriya arabe libyenne populaire socialiste, la prise de mesures de mise  en demeure publique de cesser leur agression et d'indemniser les dommages causés aux personnes, aux organisations et aux États qui ont eu à souffrir de l'agression». *voir note Comaguer in fine

La tenue du Forum civil international est possible à la condition nécessaire de mobiliser la communauté civile mondiale pour s'opposer aux agressions planétaires contre les États souverains telles que les commettent depuis de nombreuses années les États-Unis d'Amérique, les États du bloc militaro-politique agressif de l'OTAN, leurs alliés financiers, militaires et planétaires.

L'Organisation des Nations unies, reconnue comme étant le garant de l'observation de la législation internationale et de l'intangibilité des principes de base de la coexistence pacifique des États, n'a pas été capable de prévenir les irruptions armées d'agresseurs sur le territoire de toute une série d'États indépendants et, de ce fait même, ne s'est pas montrée digne de nos espoirs d'un avenir pacifique pour notre génération et pour nos enfants.

Ce qui constitue l'unique force sur la planète qui puisse aujourd'hui se dresser sur la route de l'agression et instaurer la paix sur la Terre, ce fut, c'est et ce sera la force de la communauté auto-organisée des citoyens des différents pays qui se sont rassemblés pour assurer la paix sur la planète. Seuls les citoyens ordinaires des pays du monde sont dans une pleine mesure intéressés à ce que les bombes et les grêles de missiles à l'uranium ne tombent pas sur les têtes de leurs mères et de leurs enfants. Seule Une personne qui est pleinement consciente d'être avant tout le père ou la mère de ses enfants est vraiment intéressée par l'opposition à l'agression dirigée tant contre sa propre famille et son peuple que contre le pays dans lequel il vit. Ce sont précisément nous, les simples citoyens, qui sommes plus que tout intéressés à la paix et à la stabilité sur notre planète.

L'agression déclenchée par les États Unis et les pays de l'OTAN contre l'État souverain de la Djamahiriya libyenne doit être immédiatement stoppée.

Les crimes perpétrés par les participants et organisateurs de cette, irruption armée relèvent d'une condamnation personnelle. Les organisateurs et complices de ces crimes encourent des poursuites à l'égard de la communauté mondiale.

Nous, les participants à la conférence, appelons les dirigeants des États à accorder un soutien multiforme sur le plan de l'organisation, de l'information et du travail pratique au Forum civil mondial, ainsi qu’à examiner l'opportunité de réunir le Forum civil mondial avec un sommet des chefs d'Etats, de ceux qui sont les objectifs potentiels des intentions destructrices de l'agresseur planétaire. À ce moment, nous proposerons de poser les fondements d'un nouveau système des rapports dans le monde basé sur la prééminence de la souveraineté des pays et des États. Il y sera également posé la question de la réforme de l'Or­ganisation des Nations unies qui s'est trouvée incapable d'empêcher effectivement le bafouage des normes et lois Internationales ou bien du remplacement de l'O.N.U. par une organisation internationale alternative capable d'agir.

Nous, les participants à la conférence, appelons tous ceux qui sont intéressés à l'instauration de la paix sur la terre, indépendamment de leur nationalité et de leur confession, à rassembler tous leurs efforts et à porter ensemble un coup décisif à l'agression planétaire. -puisse ce Forum civile mondial devenir le précédent d’une nouvelle forme véritablement démocratique  de consolidation du droit international et d'organisation juste du monde!

Nous appelons tous ceux qui sont solidaires de la lutte du peuple libyen contre ses agresseurs, tous ceux 'qui désirent la paix sur notre planète, à prendre une part active à la préparation de la mise en place d'un Tribunal international pour juger les agresseurs de 1’été 2011.

La réalisation de cette initiative civile, le développement d'une instruction de large ampleur et d'une Cour publique pour juger les agresseurs n'est possible qu'avec votre soutien moral et matériel personnel.

1.       Pour la paix sans agresseurs! Pour la paix sans guerre!

2.      Pour la paix dans le monde entier!

3.      Les participants à la Conférence internationale MOSCOU, le 26 mai 2011.

 

*

La commission spéciale mise en place par le MEDEF estime déja les marchés de reconstruction de la Libye donc l’ampleur des dégâts à 136 milliards d’Euros.

 

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 09:47

Entamée en 1911 la colonisation de la Libye s’achève brusquement en 1943 quand les armées alliées attaquant par l’Est et par l’ouest les  forces de l’Axe (allemandes et italiennes) les rejettent à la mer en Tunisie et les poursuivent sur le sol italien. Le régime fasciste s’écroule et la Libye qui a vu se dérouler pendant trois ans sur son sol une des grandes batailles de la seconde guerre mondiale se retrouve soudain  libérée.

Le colonisateur italien est remplacé temporairement par une occupation militaire franco-britannique, la France protégeant ainsi ses intérêts coloniaux au Maghreb et en Afrique centrale  la Grande Bretagne faisant de même pour l’Egypte et le Soudan. Les Etats-Unis se contentent pour leur part d’y installer une base militaire à proximité de Tripoli.

Mais, à part sa position stratégique,  le pays ne présente alors guère d’intérêt pour les puissances occupantes – le pétrole libyen ne sera découvert qu’en 1959 - et il va revenir à l’ONU de lui accorder une  l’indépendance gagnée sans combats en remettant le pouvoir à la confraternité politico-religieuse Senoussie et à son chef le roi Idriss revenu de son exil égyptien.

Le coup d’Etat des jeunes officiers conduits par Mouammar Khadafi va mettre à bas ce régime, faible et  pro-occidental et toutes les mesures prises par le nouveau régime : fermeture des bases militaires étrangères, nationalisation du pétrole sanctionnent le passage de l’indépendance formelle accordée par l’ONU à l’indépendance réelle.

Le nouveau régime libyen prend donc immédiatement place sur la liste des pays ennemis de l’Occident  et l’agression dont il vient d’être victime de la part des coalisés de l’OTAN est l’application, après de très nombreuses péripéties, d’une sanction prévisible dès l’origine 42 ans plus tôt.

Pendant toute cette période la régime libyen a  effectué un très important travail de mémoire sur la période coloniale (1911-1943) sur ses horreurs (bombardements aériens des populations , utilisations des armes chimiques, déportations, camps de concentration)comme  sur les hauts faits de la résistance libyenne dans la période 1922-1931 sous la conduite du « Lion du désert » Omar Al Mokhtar et il a osé proposer à la puissance coloniale de tourner la page de cette période sombre  et d’établir avec elle des rapports de coopération et de bon voisinage entre Etats souverains égaux.

Cette politique a été concrétisée par un accord dont le texte intégral suit signé en 1998 par les deux pays.

Cet accord constitue un modèle de ce que tous les peuples colonisés d’Afrique sont en droit d’exiger de l'ex puissance coloniale.


L’agression actuelle de la Libye en représente la totale destruction et ouvre une longue période qui va inévitablement voir se dérouler une nouvelle guerre d’indépendance dont les formes et la durée sont encore en gestation mais dont l’écho sur le continent africain sera puissant.

 

 

 

Texte de la déclaration commune italo-libyenne signée à Rome le 4 juillet 1998

 « Attendu que le peuple libyen et le peuple italien sont liés par des rapports profonds et solides qui remontent à des siècles de contacts, d'activités commerciales et d'histoire commune. Cependant, l'occupation a provoqué des blessures telles qu'un bon nombre de Libyens s'en souvient encore.

Ayant la volonté de consolider et de développer ces relations pour l'intérêt des deux peuples amis, l'Italie invite la Libye à oublier le passé et s'engage à ne pas reproduire à l'avenir ce qu'il a fait contre la Libye par le passé. S'engageant ainsi à respecter l'esprit de bon voisinage, aucune action d'hostilité, quelles qu'en soient les raisons, ne sera déclenchée par l'Italie en direction de la Libye. Celle-ci s'engage, à son tout, à la même chose vis-à-vis de l'Italie.

Les deux parties expriment leur désir et leur détermination de pousser plus avant leurs relations bilatérales sur des bases nouvelles consolidées par l'égalité, le respect mutuel et la coopération dans de nombreux domaines. Le tout pour le bien des deux peuples et pour tout ce qui peut contribuer à renforcer la paix, le développement économique et la prospérité du bassin méditerranéen et de ses habitants.

Le gouvernement italien exprime ses regrets pour les souffrances causées au peuple libyen par l'occupation. En vue d'en éliminer, autant que possible, les traces et dépasser le passé et l'oublier pour entamer une ère nouvelle de rapports amicaux et constructifs entre les deux peuples, le gouvernement italien s'engage à :

1/ rechercher par tous les moyens possibles les citoyens libyens déportés à l'époque loin de leur famille.

2/ procéder de façon directe et à travers la coopération bilatérale ou internationale, au nettoyage des champs de mines déposées lors de la seconde guerre mondiale. Pour cela, le gouvernement italien, offre son concours pour mettre en place des sessions de formation d'unités spécialisées de déminage en Libye. II apporte, par ailleurs, son soutien médical aux personnes souffrant de ces mines terrestres dans des centres spécialisés en Italie. Il installe en outre un centre hospitalier spécialisé dans le montage des prothèses en Libye en collaboration avec le Croissant rouge libyen et la Croix rouge italienne.

3/ offrir des indemnités et des aides aux personnes sinistrées.

Contribuer aux projets humanitaires susceptibles d'aider les familles des handicapés et des sinistrés. Collaborer avec la Libye pour développer l'environnement dans les régions qui ont subi des dommages. Des conventions particulières entre les deux pays en préciseront les détails.

4/ Pour réaliser ces objectifs, des dispositions seront prises pour créer une entreprise italo-libyenne dont le président sera désigné par la partie libyenne. Cette entreprise, dans laquelle d'autres entreprises publiques et privées seront sociétaires, sera chargée de soutenir l'économie libyenne à travers la mise en place de projets environnementaux notamment, mais aussi de projets de développement en général. Une caisse nationale sera créée à laquelle contribueront les entreprises des deux pays. Elle aura pour objectif:

- La mise en valeur des régions minées pendant la seconde guerre mondiale.

- La formation des spécialistes de déminage.

- Les soins aux Libyens victimes des mines.

- La création d'un centre hospitalier spécialisé dans le traitement des victimes des mines

- la recherche des citoyens libyens déportés à l'époque loin de chez eux et la réhabilitation de leurs familles moralement et matériellement ainsi que le peuple libyen

- la mise sur pied de toutes les actions opportunes pour amoindrir l'impact négatif du passé.

L'Italie apportera son soutien particulier à la Libye sur le plan culturel, économique et artistique. Des accords spéciaux entre les services compétents des deux pays en préciseront les détails.

L'Italie s'engage devant la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste de lui restituer l'ensemble des manuscrits, des archives, des documents et autres pièces archéologiques que l'on a transférés en Italie pendant ou après l'occupation, et ce, conformément à la Convention de l'UNESCO signée le 14 novembre 1970 qui concerne les dispositions à prendre pour empêcher d'importer, d'exporter et de transporter des propriétés culturelles illégalement. Les deux pays feront en sorte que ces manuscrits, documents et autres pièces de musée soient identifiés et localisés.

Les deux pays s'engagent à une assistance mutuelle.

Le gouvernement italien offre aux citoyens libyens le droit de jouir des avantages stipulés par la législation italienne pendant l'occupation, du moment qu'ils ne s'opposent pas aux engagements découlant de l'adhésion de l'Italie à l'Union européenne. Les autorités compétentes en Libye et en Italie se chargeront de déterminer ces avantages. En contrepartie, la Libye autorise les citoyens italiens interdits de séjour en Libye, en vertu de mesures antérieures, à entrer sur son territoire pour des raisons touristiques, familiales ou professionnelles

En définitive, les deux parties notent que la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste admet qu'il n:V a plus de raisons de conflit ou de controverse avec l'Italie à propos du passé, et ce, après application des dispositions de la présente déclaration ».

 

Cette déclaration a été préparée et signée à Rome le 4 juillet 1998.


Pour le gouvernement libyen: M. Orna Mustapha AI ­Mountasir

Ministre des affaires étrangères


Pour le gouvernement italien: M. Lamberto Dini Ministre des affaires étrangères

 

 

 

 

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 21:05

On se souvient que, peu avant la fin de son mandat, Bush junior a réactivé la IV° flotte pièce maitresse du Southcom,  commandement militaire US pour la zone Amérique Latine-Caraïbe ayant mission d'ingérence permanente dans tous les pays de cette zone et vocation à y renverser les régimes légaux non alignés


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SOUTHCOM est désormais bien installé dans ses meubles et il ne pouvait l'être qu'à Miami, foyer traditionnel de la contre-révolution en Amérique Latine. Ouvert fin 2010 le nouveau quartier général accueille 2800 personnes.

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 15:40

 

Arrêté sur le territoire venezuelien voici  prés de trois mois dans des consitions douteuses - son arrestation a été annoncée par la présidence colombienne avant de l'être par le Venezuela - le dirigeant et chanteur guerillero des FARC-EP, JULIAN CONRADO, est menacé d'extradition vers la Colombie où sa tête est mise à prix .

 

Un mouvement de soutien s'est organisé qui dénonce toutes les atteintes au droit de la part des autorités venezueliennes dans cette sombre affaire et en particulier le fait que la soi-disant demande d'extradition par la Colombie est sans fondement juridique.

 

L'affiche jointe , qui fait partie du matériel de cette campagne, exige le respect par le gouvernement venezuelien des conventions de Genève et contre la torture .


ASILE POLITIQUE POUR JULIAN

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