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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 10:00

Si le fait que lignoble manoeuvre du gouvernement colombien visant à faire élire directeur général de l'Organisation Internationle du Travail  un  traitre au mouvement syndical devenu Vice-Président du pays a échoué , pour autant le candidat élu ne donne aucune garantie sur une évolution de l'Institution en faveur des intérêts réels du monde du travail .

 

Aprés une analyse de cette élection et de son résultat nous joignons le discours pronincé devant l'Assemblée générale annuelle par ALEX MAVRIKOS, secrétaire général de la FSM la seconde international syndicale, discours qui souligne le positionnement pro-impérialiste de l'OIT et  ses graves lacunes dans la défense des intérêts concrets des travailleurs.

 

Signalons qu'ALEX MAVRIKOS mentionne dans son discours la longue lutte des travailleurs français de FRALIB ( mais sous le nom de la maison mère UNILEVER)

 

 

 

Un vent de guerre froide à l’OIT

 

L’OIT a élu son nouveau directeur général.  Parmi les organisations internationales, l’OIT a la particularité d’être celle où la stabilité dans les postes de direction est la plus grande : dix directeurs généraux  en  93 ans depuis sa création en 1919. En octobre le nouvel élu viendra remplacer son prédécesseur le chilien SOMOVIA élu en  1998 et il peut espérer conserver longtemps le poste.

L’OIT étant une institution tripartite les votes sont émis pour la moitié par les Etats membres, pour un quart par les organisations  syndicales et pour un autre quart par les organisations patronales

  La candidature du peu présentable Vice–président colombien Angelito Garzon  (voir notre bulletin N° 241) ayant été repoussée et le vote a bulletins secrets ne permet pas de dire si les promesses officielles de soutien ont été tenues et il faudrait fréquenter les coulisses de l’institution pour apprécier plus finement les résultats du scrutin.

  La candidature d’Angelito Garzon était officiellement soutenue par l’ensemble des pays latino-américains mais pour aboutir elle aurait dû obtenir les voix d’autres pays d’autres continents. Pour cela un candidat plus respectable eut été nécessaire. Il est en effet assez surprenant, mais ce n’est pas le premier cas, que les pays latino-américains dans le souci de rallier la Colombie à leur nouvelle politique unitaire de desserrement de l’étreinte yankee confie à des membres de cette oligarchie narco militaire des responsabilités qui la blanchissent au plan international. Tant qu’elle abritera 7 bases militaires US sur son sol et qu’elle confiera la formation de ses troupes à des  officiers israéliens la Colombie restera le cheval de Troie des Etats-Unis en Amérique du Sud.

 

Le nouveau directeur général est donc le britannique  GUY  RYDER.

Présenté comme un « syndicaliste » GUY RYDER  l’est comme peuvent l’être les membres de la bureaucratie syndicale internationale  qui pour la plupart n’ont partagé  la vie au travail d’aucun ouvrier ou employé , ont été embauchés , un diplôme d’enseignement supérieur en poche, par une fédération ou une confédération syndicale nationale et de là se sont trouvés propulsés dans des instances où le seul contact quotidien avec le prolétariat était le personnel – le plus souvent immigré – des entreprises de nettoyage de leur bureau.

 RYDER est donc un syndicaliste de ce type qui, issu des Trade unions britannique, a déjà occupé divers postes à l’OIT avant de parvenir au sommet de l’appareil. Mais sa référence importante est qu’il était jusqu’en 2010, année où il a pris à l’OIT un poste de   direction qui le préparait à sa nouvelle fonction,   le secrétaire général d’une des deux Internationales syndicales : la Confédération internationale des syndicats.

 Cette internationale syndicale est le produit de la fusion en 2006 de deux précédentes : la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL) instrument de la guerre froide  fondée en 1946 pour saborder le projet d’internationale syndicale unique qui avait les faveurs de l’URSS  et de la Confédération mondiale du travail (CMT) plus petite et proche du courant politique de la démocratie chrétienne dans les pays où il existait.

 La Confédération internationale des Syndicats regroupe aujourd’hui la quasi-totalité des confédération syndicales des pays développés : Etats-Unis, Canada, Europe, Japon. L’AFL-CIO étasunienne est un de ses principaux pourvoyeurs de fonds, fonds qu’elle reçoit directement du gouvernement des Etats-Unis via le National  Endowment for Democracy (NED)

 L’autre internationale syndicale : la Fédération syndicale mondiale  (FSM) après avoir été abandonnée par la quasi totalité des confédérations  syndicales des  pays  développés ne regroupe plus que des syndicats de pays ou émergents ou en voie de développement  et se réclame du socialisme.

 De leur côté les syndicats chinois ont choisi de ne pas prendre parti entre les deux internationales alors que la classe ouvrière chinoise est aujourd’hui la plus nombreuse de la planète.

 Cette grande division syndicale laisse le champ libre à la classe capitaliste dirigeante des pays dominants qui a  donc choisi de placer un anglo-saxon très modéré représentant les syndicats des pays développés et un héritier de l’orientation anticommuniste de la CISL.

Ce  choix politique est révélateur de la volonté de ne confier  aucun poste important  aux syndicats représentant les travailleurs  des pays émergents ou en voie de développement.  De cette façon la voix des plus exploités, de ceux qui subissent les conditions de travail les plus dégradantes, de ceux qui sont le plus réprimés ne sera guère entendue dans les locaux paisibles de l’OIT à Genève.

 En  même temps l’OIT pourra continuer son travail de suivi attentif  de la situation de crise économique qui  prévaut dans les grands pays développés et  s’employer  à  dévoyer par l’intermédiaire de la Confédération internationale des syndicats et de sa « filiale » européenne la Confédération européenne des syndicats  (CES) la colère des travailleurs de la base dans des campagnes stériles comme celle sur le « travail décent » au lieu de l’orienter sur les rémunérations indécentes du patronat bancaire et industriel et sur l’indécence d’inégalités sociales abyssales. L’élection de GUY RYDER vient rappeler que l’OIT fut fondée par les grandes bourgeoisies occidentales comme riposte à la révolution russe, l’OIT ayant pour rôle de promouvoir assez de  progrés  dans la condition ouvrière en Occident pour éviter la propagation de la  révolution bolchévique.

 

101° Conférence Internationale du Travail

 

Discours de George Mavrikos, Secrétaire Général de Fédération Syndicale Mondiale(FSM)

 

Mesdames, Messieurs

 

Ainsi cette année la Conférence Annuelle de l'OIT s'est tenue dans les conditions de la crise du système capitaliste. Une crise profonde qui affecte tous les niveaux de tous les champs de l'économie, de la politique, de la vie culturelle et de l'environnement.

 

L'Union Européenne est en profonde crise : la Grèce, l'Espagne, l'Italie, le Portugal, la Belgique etc. Maintenant, la crise a atteint le cœur, elle frappe à la porte de la France et envoie des messages à l'Allemagne, elle-même.

 

La crise profonde qui affecte presque tous les pays de l'Union Européenne intensifie dangereusement la compétition entre tous les pays. L'Allemagne essaie de construire ses propres alliances avec la Russie et d'autres. La France essaie tout aussi bien de construire ses propres alliances.

 

La compétition entre tous ces pays pour contrôler de nouveaux marchés pour la formation de nouveaux encadrements, pour le gaz naturel, pour le pétrole, pour les royalties sur les pipelines de l'énergie présente de graves problèmes pour la paix et de graves dangers pour les peuples.

 

En Libye, 120 000 personnes sont mortes à cause du contrôle des ressources productives de richesses.

 

En Syrie, les émirs, les rois et les sultans du Golfe Persique en droite ligne avec le gouvernement turc, fournissent des armes aux Syriens pour en tuer d'autres.

 

Les impérialistes poussent le Sud Soudan à faire de nouvelles réclamations jour après jour. En Somalie au Nigéria, dans les Iles Falkland la situation est très dangereuse.

 

Les calomnies des Etats Unis et de l'Union Européenne contre le Venezuela, contre Cuba avec ce blocus inhumain, la situation au Pakistan, en Afghanistan: tout cela donne une image complète des interventions impérialistes.

 

Nous, en tant que travailleurs, que mouvement syndical de classe, que Fédération Syndicale Mondiale (FSM), nous avons le devoir d'exposer les manigances des exploiteurs et d'édifier chez les travailleurs un esprit militant de luttes, d'internationalisme de luttes constantes contre les guerres impérialistes.

 

La FSM et ses membres et amis autour du monde ont mené d'importantes luttes durant cette dernière année. Le centre de ces luttes a été la lutte contre le chômage. Le chômage est un phénomène social, un produit du capitalisme. Le chômage vise tout le monde, surtout les femmes, et les jeunes. Le graphique montre que 75 millions de jeunes cherchent du travail.

 

L'OIT exprime facilement ses vœux, des généralités et de vagues promesses. Depuis longtemps maintenant, nous avons écouté des mots gentils pour la dignité, pour l'égalité, pour les droits démocratiques etc.

 

• Aujourd'hui, gentlemans de l'OIT il ya 200 jeunes Palestiniens emprisonnés dans les prisons israéliennes. Qu'avez-vous fait pour leur libération, pour qu'ensuite ils aient une vie et un avenir décent avec un travail dans leur propre pays.

 

• Aujourd'hui, en Amérique Centrale, 4000 enfants sont obligés de participer au trafic de drogues. Comment intervenez-vous ?

 

• En un jour, 1500 enfants meurent au fait du manque d'eau et de la misère constatée. Quelles ont été vos interventions et quels en ont été les effets?

 

• En Grèce, les deux dernières années plus de 2350 personnes, pauvres, pensionnés, sans travail se sont suicidées. Qu'a fait l'OIT pour dénoncer le gouvernement grec?

 

• Aujourd'hui en Grèce 52° et en Espagne 50,5 des chômeurs sont des jeunes. La FSM a envoyé une lettre à l'OIT pour qu'elle intervienne contre les licenciements des jeunes. Vous n'avez rien fait à ce sujet.

 

• Des milliers de jeunes sont atteints du HIV et ils ne peuvent pas obtenir de soin ni de médicaments. L'espérance de vie au Botswana est tombée à 20ans, en Swaziland à 16 et à 13 ans au Lesotho et en Zambie durant les dix dernières années.

 

• En Swaziland, les jeunes sont chassés hors de leur pays tandis que les syndicats et les organisations syndicales sont criminalisés.

 

• Au Kazakhstan les grévistes et les syndicalistes sont tués. En Malaisie, les syndicalistes sont licenciés.

 

• En Colombie, des syndicalistes sont tués tous les jours et l'OIT a enlevé le gouvernement de Colombie de la liste de non-respect des normes.

 

• Dans les mines du Chili et du Pérou, des travailleurs meurent tous les jours Où sont les moyens de sécurité imposés par l'OIT ?

 

• Le droit de grève est très largement attaqué. Les attaques contre les travailleurs à Helleniki Halvouria qui sont en grève depuis 200jours et les travailleurs d'Unilever en France qui sont en grève depuis 600 jours le prouvent. Au Panama les travailleurs du Canal de Panama sont empêchés de faire grève.

 

Pour nous, la FSM, les mots de dignité, d'égalité et aussi de justice sociale ne sont pas des généralités. Ils ont un contenu concret. C'est pourquoi les bureaux régionaux de la FSM et les Unions Internationales (UIS) de la FSM développent l'action dans tous les secteurs de base, dans toutes les régions.

 

C est pourquoi le 3 Octobre 2012, la FSM a annoncé une Journée Internationale d'Action avec comme mot d'ordre «Nourriture, eau potable, livres, médicaments, logement pour tous les travailleurs et tous les peuples»

 

Nous avons choisi ce contenu parce que nous croyons profondément qu'au 21ème siècle, c'est un crime que des travailleurs meurent de faim, de soif, que les gens vivent dans les rues que des millions d'élèves n'aient pas de livres, que les gens malades n'aient as accès aux médicaments.

 

Nous considérons que c'est un crime que les transnationales et les monopoles pillent les ressources productives de richesses des pays et des peuples qui sont laissés à souffrir. Ce monde est un mode à l'envers, ce monde n'est pas démocratique et nous, comme la FSM continueront à nous battre jusqu'à que nous l'ayons changé et pour construire un monde sans exploitation de l'homme par l'homme.

 

40, Zan Moreas street, Athens 11745 GREECE

 

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