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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 17:55

Dans le texte qui suit le LKP guadeloupéen rappelle que les récents propos de Guéant s'inscrivent dans une longue tradition et que le combat pour la décolonisation est une action de longue durée.

 

Les propos de Guéant : Une bonne vieille "TRADITION" Raciste


Par LKP le mardi 14 février 2012


Cer­tains, sin­gu­liè­re­ment des élus « dits » socia­lis­tes de Gua­de­loupe et autres « défen­seurs » des liber­tés se sont offus­qués des pro­pos de Claude Guéant (UMP) sur la hié­rar­chie des civi­li­sa­tions. C’est bien, il était tout de même temps, mais quand même, mieux vaut tard que jamais. Car, admet­tons tout de même que les pro­pos de Guéant s’ins­cri­vent dans une lon­gue « tra­di­tion » raciste de mépris et d’insul­tes dis­til­lés au plus haut som­met de l’Etat colo­nial Fran­çais depuis tou­jours, quel­que soit le régime poli­ti­que, quel­que soit le parti poli­ti­que au pou­voir. Et cette « tra­di­tion » raciste dure et per­dure avec la bien­veillance de bon nom­bre de ceux là mêmes, qui aujourd’hui, se disent brus­que­ment cho­qués.

Nous pré­sen­tons ci-après quel­ques mor­ceaux choi­sis parmi tant d’autres, d’expres­sions et de dis­cours qui n’ont d’ailleurs sus­cité peu ou pas d’émoi, con­fir­mant ainsi cette bonne vieille « tra­di­tion » raciste habi­tuel­le­ment accep­tée et digé­rée par les valets tro­pi­caux du sys­tème colo­nial.


Jules Ferry, le père de l’école publi­que, laï­que et obli­ga­toire décla­rait devant les dépu­tés le 28 juillet 1885 : « les races supé­rieu­res ont un droit sur les races infé­rieu­res » .


Le Géné­ral de Gaulle, père de la nation Fran­çaise, disait le 05 mars 1959 : « C’est très bien qu’il y ait des Fran­çais jau­nes, des Fran­çais noirs, des Fran­çais bruns. Ils mon­trent que la France est ouverte à tou­tes les races et qu’elle a une voca­tion uni­ver­selle. Mais à con­di­tion qu’ils res­tent une petite mino­rité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous som­mes quand même avant tout un peu­ple euro­péen de race blan­che, de cul­ture grec­que et latine, et de reli­gion chré­tienne » .

Jac­ques Chi­rac le 19 juin 1991, par­lant des immi­grés : « ….Et si vous ajou­tiez à cela le bruit et l’odeur » .


Nico­las Sar­kozy, quant à lui, décla­rait à Dakar le 26 juillet 2007 que : « l’homme afri­cain n’est pas assez ren­tré dans l’his­toire ? »


Rap­pe­lons-nous d’autres pro­pos du can­di­dat Sar­kozy : Caen, Mont­pel­lier, … mars - mai 2007 : « Alors, c’est vrai, il y a dans notre his­toire des erreurs, des fau­tes, des cri­mes, comme dans tou­tes les his­toi­res de tous les pays. Mais nous n’avons pas à rou­gir de l’his­toire de France. La France n’a pas com­mis de géno­cide, elle n’a pas inventé la solu­tion finale. Elle est le pays qui a le plus fait pour la liberté du monde. Elle est le pays qui a le plus fait rayon­ner les valeurs de liberté, de tolé­rance, d’huma­nisme. Nous pou­vons être fiers de notre pays, de ce qu’il a apporté à la civi­li­sa­tion uni­ver­selle, à l’idée d’huma­nité. Nous pou­vons être fiers d’être les enfants d’un pays de liberté et de démo­cra­tie. Nous pou­vons être fiers d’être les enfants de la patrie des Droits de l’Homme » .


Tou­lon 7 février 2007 : « A tous ceux d’entre vous qui sont reve­nus des colo­nies en ayant tout aban­donné, n’empor­tant avec eux que leurs sou­ve­nirs de jeu­nesse et cette nos­tal­gie qui ne les quit­tera plus jamais, je veux dire que si la France a une dette morale, c’est d’abord envers eux. Aux enfants des har­kis qui ont servi la France, qui ont dû fuir leur pays et que la France a si mal accueillis, je veux dire que si la France doit des excu­ses et des répa­ra­tions, c’est à eux qu’elle les doit. A tous les anciens com­bat­tants de nos ancien­nes colo­nies, je veux dire la recon­nais­sance de la France et je veux ren­dre hom­mage à Jac­ques Chi­rac de leur avoir rendu jus­tice » .


Paris 6 mai 2OO7 : « Je veux remet­tre à l’hon­neur la nation et l’iden­tité natio­nale. Je veux ren­dre aux Fran­çais la fierté d’être Fran­çais. Je veux en finir avec la repen­tance qui est une forme de haine de soi, et la con­cur­rence des mémoi­res qui nour­rit la haine des autres » .


Le 02 février 2011, le Gou­ver­ne­ment Fran­çais lan­çait l’année des outre mer dont l’objec­tif prin­ci­pal était « de chan­ger la vision des Fran­çais » sur nous, les … ultra­ma­rins, les ultra­pé­ri­phé­ri­ques. Les Fran­çais auraient donc une vision de NOUS. Rap­pe­lons-nous les voeux de Nico­las Sar­kozy en 2011 : « Je vou­drais vrai­ment qu’à la fin de cette action et de mon quin­quen­nat, les Fran­çais por­tent un autre regard sur l’Outre-mer, qu’ils vous voient comme des gens fiers, com­pé­tents, par­fai­te­ment ins­crits dans le monde d’aujourd’hui, ayant par­fai­te­ment digéré leur his­toire, n’ayant ni amer­tume, ni revan­che, sim­ple­ment de l’espé­rance pour eux et pour leurs enfants » .

NOUS serions donc sans fierté, sans dignité, sans cons­cience, incom­pé­tents, fai­néants, arrié­rés, pri­mi­tifs, …. et sur­tout pour qu’on lui f…e la paix avec l’escla­vage, il nous invi­tait gen­ti­ment à digé­rer notre his­toire. Et nous savons tous ce qui suit la diges­tion. Aurait-il osé tenir de tels pro­pos à Maillé où en août 1944, l’armée Alle­mande mas­sa­cra une cen­taine de vil­la­geois ? Aurait-il eu le cou­rage et l’insou­ciance de dire cela à Ora­dour sur Glane où un vil­lage entier a été brûlé et les vil­la­geois exé­cu­tés par les Alle­mands en juin 1944 ?

Une telle vision nous ren­voie donc, inexo­ra­ble­ment, aux expo­si­tions colo­nia­les dont le but était d’éta­ler, d’exhi­ber la gran­deur et l’immen­sité de l’empire colo­nial fran­çais mais sur­tout de mon­trer au monde et tout par­ti­cu­liè­re­ment aux Fran­çais « cette mis­sion civi­li­sa­trice » qu’un pou­voir quasi divin aurait donné à la France afin d’édu­quer les sau­va­ges, cul­ti­ver les indi­gè­nes, en faire des hom­mes sui­vant les prin­ci­pes et valeurs catho­li­ques, apos­to­li­ques et romai­nes dixit le code noir. La IIIème Répu­bli­que ne fut pas en reste sur ce plan là. L’his­toire de la France colo­niale n’est pas ensei­gnée.


Une grande majo­rité de Fran­çais ne savent rien de la bar­ba­rie du code noir qui défi­nis­sait le sta­tut de l’esclave. Ils ne savent pas que Napo­léon était un négrier qui a réta­bli l’escla­vage en Gua­de­loupe en 1802 ou que Pierre Mess­mer au nom de l’état fran­çais orga­nisa l’éli­mi­na­tion de plus de 300 000 nègres au Came­roun. Ils n’ont jamais entendu par­ler du code de l’indi­gé­nat qui déter­mi­nait plu­sieurs caté­go­ries de Fran­çais (fran­çais fran­çais et fran­çais moins fran­çais).


Ils ne sont qu’une poi­gnée à savoir ce qui s’est passé à Sétif (Algé­rie, 45 000 morts) ou à Mada­gas­car (89 000 morts). Et encore moins nom­breux sont ceux qui sau­raient vous dire ce qui s’est pro­duit les 26, 27 et 28 mai 1967 en Gua­de­loupe (assas­si­nat de plus de 100 Gua­de­lou­péens) ou sur l’île d’Ouvéa sous la pré­si­dence de Mit­té­rand en 1988. Rien non plus de l’empoi­son­ne­ment « légal » du Peu­ple Gua­de­lou­péen à la chlor­dé­cone. Ils ne savent rien non plus sur le rôle moteur joué par la France dans la des­truc­tion de la nation Haï­tienne et de nom­bre d’Etats Afri­cains. C’est ça aussi l’his­toire de « la France uni­ver­selle patrie des droits de l’homme » et source d’une « grande civi­li­sa­tion démo­cra­ti­que ».

La colo­ni­sa­tion, la traite négrière, l’escla­vage et tous leurs corol­lai­res (pillage, vol, viol, mas­sa­cre, épu­ra­tion eth­ni­que, géno­cide, alié­na­tion cul­tu­relle, domi­na­tion éco­no­mi­que, répres­sion et éra­di­ca­tion de toute con­tes­ta­tion, racisme, sou­mis­sion de la classe poli­ti­que locale, …) ont assuré et assu­rent encore aujourd’hui à la France ses riches­ses, sa puis­sance et son auto­rité.


2011, année des outre mer con­firme bien la vision colo­nia­liste de la France vis-à-vis des ter­ri­toi­res et des peu­ples sous sa domi­na­tion. Nous som­mes dans le droit fil de la loi du 23 février 2005 recon­nais­sant les bien­faits de la colo­ni­sa­tion, de la domi­na­tion et de l’asser­vis­se­ment des peu­ples.


Voilà, toute crue, la réa­lité devant laquelle cer­tains s’émeu­vent seu­le­ment à l’appro­che des élec­tions ! Ce n’est pas suf­fi­sant. Sur­tout quand ce sont des alliés incon­di­tion­nels de Guéant et Hor­te­feux. Sur­tout quand ce sont des fidè­les valets au ser­vice de l’Etat colo­nial. 

Rap­pe­lons-nous ceux qui ont été les pre­miers à récla­mer l’usage de la force con­tre le mou­ve­ment social de 2009. Les mêmes qui se sont enten­dus avec, Hor­te­feux, Guéant et Sar­kozy pour renier leurs signa­tu­res, refu­ser l’appli­ca­tion du pro­to­cole du 04 mars 2009 et arrê­ter tou­tes rela­tions avec le LKP.

Ceux là mêmes qui cra­chent sur tous ceux qui lut­tent pour la dignité, le res­pect et la sou­ve­rai­neté du Peu­ple Gua­de­lou­péen. Ceux là mêmes qui sou­tien­nent les pré­lè­ve­ments ADN sur les syn­di­ca­lis­tes, la répres­sion anti syn­di­cale et lé pwo­fi­tan kon Louisy.

Ceux-là mêmes qui ont traité LKP de fas­ciste le 06 mai 2009. Les mêmes qui ont traité les repré­sen­tants du LKP de raciste pour avoir sim­ple­ment exigé la prio­rité d’accès aux pos­tes à res­pon­sa­bi­lité pour les cadres Gua­de­lou­péens et dénon­cer l’atti­tude des patrons békés.

Ceux-là mêmes que nous n’avons jamais enten­dus sur les pro­pos racis­tes des Des­poin­tes, Guer­lain ou récem­ment chez nous de Syl­vie Hayot.

Ceux là mêmes qui ont fait de la Gua­de­loupe (con­grès des élus du 15 avril 2005), un labo­ra­toire de remise en cause des droits des étran­gers débou­chant sur des lois d’excep­tion sur les con­trô­les expé­di­tifs des étran­gers (Haï­tiens) et les expul­sions sans recours sus­pen­sifs d’exé­cu­tion, ce qui n’existe pas en France.


Encore les mêmes qui mépri­saient les Gua­de­lou­péens le 07 novem­bre 2011 en publiant et en approu­vant des pro­pos racis­tes stig­ma­ti­sant le Peu­ple de Gua­de­loupe : « la majo­rité des cri­mes et des délits est com­mise par des gua­de­lou­péens d’ascen­dance afri­caine, ce qui pose la ques­tion de la défi­ni­tion iden­ti­taire et com­mu­nau­taire de ce ter­ri­toire » .


ALORS, FACE AU MEPRIS, AUX INSUL­TES. FACE A CETTE BONNE VIEILLE « TRA­DI­TION » RACISTE, ON N’EST PAS ANTI - RACISTE ET DEFEN­SEUR DES LIBER­TES FON­DA­MEN­TA­LES PAR OPPOR­TU­NISME, YENKI DAVWA NI ELEK­SYON E POU SOVE POS A MINIS A LUREL OU POUR REVEN­DI­QUER LA GUA­DE­LOUPE FRAN­ÇAISE !


ALORS, DORE­NA­VANT, OSEZ :

- L’Appli­ca­tion pleine et entière de tou­tes les dis­po­si­tions de l’accord du 04 Mars 2009, con­clu avec le LKP ;  

  • Reven­di­quer res­pect, dignité et un véri­ta­ble déve­lop­pe­ment éco­no­mi­que, social et cul­tu­rel en faveur des Tra­vailleurs et du Peu­ple de Gua­de­loupe aujourd’hui, demain et après demain, ….en tou­tes cir­cons­tan­ces, quel­que soit le régime poli­ti­que, quel­que soit le parti poli­ti­que au pou­voir ; 
  • Une Gua­de­loupe sou­ve­raine juste et équi­ta­ble, débar­ras­sée de la pwo­fi­ta­syon kolo­nya­lis é kapi­ta­lis !

LKP - Lap­went – 12 Févriyé 2012

 

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