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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 15:29

 

LE DROIT A LA SANTE,

UN DROIT DE L’HOMME FONDAMENTAL

 

Les sondages réalisés ces dernières années en Russie comme dans les ex-démocraties populaires ont montré que la population se souvenait de l’ancien régime et que contrairement à la propagande permanente des bourgeoisies occidentales et à son discours manichéen où le socialisme est le Mal incarné, elle savait que les régimes socialistes avaient su faire avancer pour la très grande majorité des populations des droits humains fondamentaux  et en premier lieu le droit à la santé.

 

Au moment où les gouvernements de l’Union Européenne, France en tête, ont entrepris de détruire, pierre à pierre, les systèmes collectifs publics de Sécurité Sociale, l’article qui suit rétablit une vérité oubliée :  Les bourgeoisies capitalistes occidentales n’ont concédé  des avancées sociales en matière de protection sociale (en France loi sur les assurances sociales en 1924 et ordonnances de 1945 sur la Sécurité sociale) que par peur de la contagion socialiste  car en cette matière   le bon exemple venait  de l’URSS  comme l’a montré  le livre du médecin suisse Henri SIGERIST publié aux Etats-Unis  (en anglais) en 1937. 

 

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Brève biographie du docteur SIGERIST

De parents suisses et élevé à Paris le Docteur Henry  E. Sigerist a été peu publié en français et il est quasiment inconnu ici. La plupart de ses ouvrages sont écrits en anglais ou en allemand.

Son livre sur le système de santé soviétique a été publié en anglais et non traduit en français.

La plupart de ses biographies font silence sur l’écho considérable de son livre élogieux sur le système de santé soviétique.

La première version de son  livre est publiée en 1937 aux Etats-Unis sous le titre « Socialized medicine in the soviet union ». L’auteur enseigne depuis 1932 à l’Université John Hopkins de Baltimore l’Histoire de la Médecine dans une chaire spécialement créée pour lui. Il y consacrera un ouvrage monumental  qui constituera le fondement d’une nouvelle discipline universitaire.

A l’époque dans le contexte politique du New Deal et de l’après-crise de 1929 la position de Sigerist en faveur de la socialisation de la médecine rencontre un vif écho chez les « libéraux » (au sens qu’a ce mot aux Etats-Unis c'est-à-dire quelque chose comme « progressistes ») et la possibilité de créer un service public de la santé est évoquée. Son livre est d’ailleurs dédié à la Société soviéto-américaine de Médecine  dont il a fait partie 

Mais  les sympathies de Sigerist pour le régime soviétique vont bientôt déplaire. Son  approbation de l’intervention soviétique en Finlande * est mal perçue   mais il sera surtout mis à l’index à la suite du pacte de non-agression germano-soviétique*. Ses voyages en URSS et sa connaissance de l’état  politique et social du pays et sa maitrise de la langue russe lui permettent de comprendre le sens de ces évènements mais il se situe désormais à contre-courant de l’opinion publique étasunienne et de ceux qui la façonnent.

Pendant les années de guerre Sigerist poursuit ses travaux à l’Université John Hopkins mais ne s’exprime plus publiquement sur les évènements politiques. Cela ne suffira pas à éviter sa mise à l’écart. Dés le début de la guerre froide, considéré comme procommuniste il se voit interdire l’accès à tout emploi public aux Etats-Unis. Il va donc en 1947 regagner la Suisse où il poursuivra ses travaux jusqu’à  sa mort en 1957.

La seconde édition de l’ouvrage est publiée, toujours aux Etats-Unis, en 1946 sous le titre « Medecine and Health in the Soviet Union ». Dans la préface Sigerist explique la nouvelle structure de l’ouvrage au regard des évènements qui se sont déroulés depuis la publication de la première édition et qui ont en particulier démontré les qualités du système de santé soviétique dans le traitement des  innombrables blessés tant civils que militaires de la seconde guerre mondiale.

 

* l’intervention militaire en Finlande fait suite à l’échec d’une tentative diplomatique initiée par l’URSS d’échange de territoires avec la Finlande , l’URSS visant et elle n’ira jamais au-delà à occuper une partie de la rive Nord du Golfe de Botnie pour éviter que Leningrad, trop proche de la frontière, ne tombe aux mains de l’armée nazie dés le premier assaut. Cette action aura rempli ses objectifs puisque Leningrad ne tombera pas et résistera victorieusement à prés de mille jours de siège. Il est notoire que dans sa résistance à l’offensive soviétique, la Finlande bénéficiera de soutiens politiques et matériels de l’Allemagne nazie, mais aussi de la France et de la Grande-Bretagne tout comme de la sympathie des Etats-Unis. Il est non moins notoire qu’à l’issue de la guerre l’URSS n’exercera aucune vengeance contre le régime finlandais qui l’avait combattue  et demandera simplement que le pays reste neutre,  raison pour laquelle la Finlande n’est toujours pas membre de l’OTAN malgré les pressions qu’elle subit de la part des Etats-Unis et de l’Union Européenne pour y adhérer.

* Quant au pacte de non-agression il n’est pas une alliance soviéto-allemande mais il permet à l’URSS  une fois qu’il est établi (accords de Munich) que les occidentaux ont choisi d’abandonner leurs alliés  (Tchécoslovaquie) et de laisser à Hitler le champ libre pour ses conquêtes vers l’Est, de disposer de quelques mois supplémentaires pour se préparer à l’inévitable assaut de la formidable machine de guerre nazie.

 

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MEDECINE ET SANTÉ EN  UNION SOVIÉTIQUE

par HENRY E. SIGERlST, MD.

 

(traduction COMAGUER de la jaquette de l’édition de 1946 du livre d’Henri Sigerist)

 

Pendant la deuxième guerre mondiale l'intérêt dans le monde entier a été profondément éveillé par des rapports sur les progrès médicaux  en Union Soviétique. Les gens ont entendu parler de nouvelles opérations sur les malades et les blessés – de résultats étonnants dans les  traitements et la réadaptation - de nouvelles méthodes de lutte contre les maladies contagieuses – d’avancées frappantes dans l'organisation des services de santé  dans l'armée et dans l'industrie.

 

Pourtant ces développements remarquables ne sont pas faits en un jour. Depuis la création de l’Union Soviétique  des avancées significatives dans le domaine de la médecine et de la protection de la santé ont été enregistrées. Mais il n’existait nulle part d’étude à jour et faisant autorité de l'histoire de la médecine et de la santé dans l'Union Soviétique pour satisfaire un besoin croissant d'information sur  ce sujet.

Le livre du  Dr Sigerist ne vise pas simplement  à présenter des statistiques sur la santé et la médecine à un moment donné,  présentation  dont les données sont  rapidement périmées. Il présente plutôt les  techniques et l'organisation en usage pour développer globalement  la  protection de  la santé et leur place dans l’histoire  des progrès de la médecine. Il donne ainsi une image de la pratique soviétique en vigueur plus complète et plus détaillée que ce qui n’a jamais été présenté.

 

Henry Ernest Sigerist, le plus célèbre au monde  des historiens de la médecine, est né  en France en 1891 a été élevé en Suisse, en Angleterre et en Allemagne. A l’origine son ambition était d'être philologue, et il a appris à lire et écrire le latin, et le grec couramment, il a étudié, l’hébreu, l’arabe  et le chinois et a appris le Sanskrit pour lire les grands classiques hindous dans l'original.

 

Son intérêt général pour la science et la médecine l'ont conduit  à obtenir son diplôme de médecin   à Zurich. En 1925 il prend la succession du  grand Karl Sudhoff  de l'université de Leipzig comme chef du premier institut mondial d’histoire de la médecine. En  1931. Sigerist vient  aux Etats-Unis sur l'invitation du DR : William Henri Welch de l'université de Johns Hopkins. L'année suivante, le Dr. Welch  transmet au Dr. Sigerist sa chaise de  professeur d’histoire médicale chez Johns Hopkins et les fonctions de directeur de l'institut de l'histoire de la médecine qu'il y avait fondée. Le Dr. Sigerist a tenu ce poste pendant 15 années, se retirant en été de 1947 pour se concentrer entièrement sur le travail monumental consistant à mener à son terme  son projet  d’histoire sociale de la  médecine du monde en  six-volumes.

 

Le Dr. Sigerist est l'auteur de « Man and Medicine (1932) », « The great doctors » (1933), « American Medicine » (1934), « Socialized medicine in the Soviet union (1937) », « medicine and human welfare (1940) », « Civilization and Disease (1943) » et « The University at the crossroads (1946), » ainsi que de nombreux  articles dans des journaux savants.

Le présent ouvrage est le résultat d’années d’étude et recherche personnelle de la part de Dr. Sigerist. Il s’est d’abord  intéressé en 1932 aux  accomplissements de la médecine soviétique. Après avoir étudié le russe et toute la littérature disponible pendant trois années, il a fait plusieurs voyages prolongés en union soviétique étudiant des établissements et des organismes de santé dans des conditions variées. Son ouvrage : « Socialized médicine in the  Soviet Union », publié en 1937, a été présente  par le TIMES de Londres comme « …de  loin, de très loin la plus profonde  et la plus complète de présentation  aujourd’hui disponible de la planification volontaire par les hommes d'État soviétiques dans le domaine de la santé publique et personnelle ». 

Depuis la publication de « Socialized  médicine in the Soviet Union », le Dr. Sigerist a poursuivi ses études sur les développements médicaux soviétiques, il a encore visité l'Union Soviétique pour les observer directement, et a écrit un certain nombre d'articles notables sur le sujet. Tout  ceci a à faire  de son livre l’ouvrage définitif sur la théorie médicale et la pratique médicales soviétiques

 

The citadel press

120 East 25th  street New York 10

 

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L’ère de la santé publique est née en URSS

Source de l’article http://www.kaosenlared.net/noticia/era-salud-publica-nacio-urss

Traduction COMAGUER 

 

Le concept et surtout, la pratique de la santé publique n'ont pas toujours existé, mais ils sont une conquête de la Révolution d'octobre…

 

Juan Manuel Olarieta | 9-11-2010

Le concept et surtout la pratique de la santé publique n'ont pas toujours existé mais ils sont une conquête de la Révolution d'Octobre. Quelque chose de tellement simple comme cette pratique quotidienne et actuelle qui consiste à aller dans un centre médical pour soigner gratuitement nos maladies nous le devons à l'effort des bolcheviques. Le soin  médical a toujours existé… pour quelques privilégiés ; le soin aux travailleurs, aux  paysans et à la population, en général, existent seulement depuis 1917 et existera dans le futur seulement si nous sommes capables de le défendre au moins avec autant d'énergie qu’en ont mis d'autres pour  l'obtenir.

Le premier réseau sanitaire général de l'histoire a été l’œuvre de Nikolaï À. Semashko, fondateur du parti bolchevique et premier commissaire (ministre) à la Santé de 1918 à 1930. Dans son livre sur « La Protection de la santé en URSS », publié en 1934, Semashko a établi trois principes de base que devait réunir le service soviétique de santé : unité d'organisation, participation de la population à la totalité du travail de protection de la santé et aux mesures prophylactiques, c'est-à-dire, prévention.

La santé soviétique, par conséquent, n'était pas un service spécialement destiné aux ouvriers  et aux paysans mais une tâche à  la planification de laquelle prenaient part activement les syndicats ouvriers, les coopératives agricoles, les soviets et la population en général, c'est-à-dire, des millions de personnes qui s'occupaient et étaient pris en charge par le plus grand réseau sanitaire jamais mis en marche , s’étendant dans toute l'URSS étendue, y compris dans les coins les plus éloignés et les plus difficiles d’accès.

L'implantation du modèle de médecine soviétique dans le monde capitaliste a été l’œuvre du suisse Henry E. Sigerist qui, entre autres, a donné des cours à l'Institut d'Histoire de la Médecine de l'Université John Hopkins aux  Etats-Unis. Sigerist a voyagé plusieurs fois en URSS et a étudié méticuleusement son système sanitaire, dont il s'est transformé en divulgateur très  enthousiaste : « Les études que j'ai faites pendant trois étés en URSS – a-t-il écrit - ont peut-être été ceux plus stimulants de toute ma carrière. J'admets franchement que j’ai été impressionné par tout ce que j'ai vu, par l'effort honnête d'une nation entière pour fournir des soins à tout le peuple ». Le médecin suisse a toujours reconnu honnêtement les contributions pionnières de la révolution socialiste à la médecine mondiale, qu’il a décrit dans son livre « Socialized Médicine in the Soviet Union » (La médecine socialisée en Union Soviétique) publié à New York en 1937.

Pendant la première Guerre Mondiale, Sigerist a été mobilisé comme médecin de l'armée française, ce qui lui a permis de comprendre le caractère impérialiste de ce massacre terrible et, en même temps, d'évaluer la portée  historique de la révolution de 1917 : « Un nouvel ordre politique, économique et social est né de là et a modifié très profondément les formes des soins  médicaux [...] Puisque la santé est un bien auquel tous ont droit le service médical est gratuit [...] la médecine préventive a une priorité décisive [...] le service médical est de plus en plus fourni à la population par des centres médicaux, des dispensaires, des polycliniques [...] la culture physique est devenu populaire [...] ce qui arrive là est le début d'une nouvelle période de l'histoire de la médecine ».

Médecin et historien de la médecine, Sigerist s'est transformé un socialiste convaincu. Sans arriver à être jamais un marxiste militant, grâce à l'étude de la médecine il a compris que de le socialisme était une forme supérieure de vie pour l'humanité. Pour le médecin suisse le système sanitaire soviétique non seulement était un modèle valable de soins sanitaires qu'il fallait apporter au monde entier ; mais il était quelque chose de beaucoup plus important que cela : la santé soviétique terminait une longue évolution historique des services de santé.

En 1938 il a écrit l'article « Médecine socialisée » pour « la Yale Review » où il disait que « le peuple a droit aux soins médicaux  et la société a la responsabilité de veiller à ses membres [...] Chaque citoyen doit avoir une assistance médicale gratuite, les médecins, comme les autres travailleurs de la santé, doivent recevoir un salaire ». La santé n'est pas seulement un problème technique d'assistance au patient mais elle se protège activement en fournissant des conditions de vie décentes et de bonnes conditions de travail, l’éducation, la culture physique et  des formes de détente  et de repos.

En 1943 dans son livre « Civilization and illness » (Civilisation et maladie) il a écrit que le monde était prêt  à remplacer  « la société de concurrence par  la société de coopération ; à aller vers le socialisme ». L'œuvre incorpore d'importantes thèses du matérialisme historique sur la maladie dans deux chapitres dans lesquels elle analyse les causes matérielles et économiques déterminantes de la maladie. Le livre l'a transformé en modèle pour les étudiants et les jeunes médecins progressistes du monde entier. Déjà Le 30 janvier 1939 la revue « Time » avait publié son portrait  à la une, en le qualifiant de  plus important historien de la médecine au  monde.

À travers Sigerist l'influence de la médecine soviétique a atteint les États Unis. Avec l'aide d’investisseurs connus, le médecin suisse a créé « l'American Soviet Médical Society », qu’a présidé Walter B. Canon, ami de Pavlov et professeur émérite de Physiologie de l'Université de Harvard. L'association a publié la revue « The American Review of Soviet Medicine ». La promotion de la compréhension entre les peuples était sa manière d'aider à l'échange culturel et scientifique.

Evidemment, pendant la chasse aux sorcières de l'après-guerre il fut attaqué férocement par l'Association Médicale américaine et le cercle réactionnaire des étudiants de médecine de l'Université Johns Hopkins. Il fut mis à l’index par la Commission du Service Civil Gouvernemental, ce qui l’a empêché d'occuper ensuite des postes publics Il a alors décidé de retourner à la Suisse, où il a commencé à rédiger son œuvre capitale « Histoire de la Médecine », dont il est parvenu à publier le premier volume.

Sous l’influence de la Révolution d'octobre et de Sigerist, est aussi apparu en Angleterre un mouvement pour la nouvelle médecine sociale et en 1930 le Major Greenwood a fondé l'Association Médicale Socialiste qui a de manière décisive influencé le programme sanitaire du parti travailliste. Avec l'extension du domaine socialiste en 1945 et l'arrivée du parti travailliste au gouvernement, les travailleurs britanniques ont pu postérieurement jouir d'un réseau public de soins comme celle dont l'URSS jouissait déjà depuis plusieurs  décennies.

Depuis la Suisse, Sigerist a fait plusieurs voyages à Londres qui ont débouché sur les Conférences de Health-Clark en 1952, prononcées dans l'École Londonienne d’Hygiène et de Médecine Tropicale. Jusqu'à son décès en 1957 l'énorme œuvre de Sigerist, qui remplit les bibliothèques des facultés de médecine, a inspiré la création du nouveau système public de santé Britannique et d’autres semblables dans le monde entier.

La conclusion de ce processus qui a été entamé en URSS s’est achevé, en 1978 en URSS, à Alma-Ata, pendant l'assemblée de l'Organisation Mondiale de la Santé, quand le bloc des pays socialistes réussit à faire adopter une résolution dans laquelle, pour la  première fois, la médecine était définie comme un service public, avec un seul vote contre : celui des Etats-Unis.

En médecine ce principe est connu comme la Déclaration d'Alma-Ata et dit ce qui suit : « Le peuple a le droit et devoir de prendre part individuellement et collectivement à la planification et à la mise en œuvre  de son système sanitaire ».

Aujourd'hui dans chaque dispensaire médical, chaque hôpital ou chaque clinique publique du monde continuent à battre – immortels -  les principes de la Révolution d'octobre et son succès en apportant à toute l'humanité quelque chose d’aussi précieux que la santé.

 

 

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