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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 22:42

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Colombie

Dénouement triste  et prévisible de la farce électorale

 

Comme elle en a l’habitude la classe dirigeante colombienne  a encore mis en scène une comédie électorale pour faire croire à l’opinion mondiale que la Colombie est une démocratie .

En effet, à l’inverse d’autres bourgeoisies latino américaines qui ont dû avoir recours à la dictature militaire pour écraser des révoltes populaires,  la bourgeoisie colombienne a réussi, en s’appuyant sur de  forces militaires et paramilitaires puissantes et en bénéficiant des plus  profondes complicités impérialistes,  à maintenir la façade d’un Etat de droit.

Les dernières élections présidentielles n’ont pas dérogé à la règle  et la fabrication d’un candidat « alternatif » a permis d’occuper les tréteaux électoraux et d’assurer  en même temps la victoire du candidat du pouvoir.

Opposer un candidat sans parti et sans programme, en bref un opportuniste sans racines, fils d’une famille d’émigration récente et ne faisant donc pas partie de l’oligarchie régnante, ayant administré la capitale  Bogota dans la plus parfaite orthodoxie capitaliste néolibérale, et qui n’a pas dit un mot sur les questions stratégiques : bases américaines en Colombie, empire du narco trafic sur la vie du pays,  était une pure opération de marketing politique

La promotion de la « star-savonnette » MOCKUS a donc duré juste assez de temps pour créer l’illusion d’une campagne électorale libre et ayant un enjeu réel.

Le tortionnaire SANTOS  a succédé au tortionnaire URIBE et le peuple colombien  n’a pas pris beaucoup de goût au spectacle : 51 % d’abstentions au premier tour et prés de 58% au second avec en prime l’effondrement de la « star-savonnette »  hors d’usage.

Ce résultat a pourtant réjoui les grands organisateurs de la comédie mondiale de la « bonne gouvernance », les membres du G 8 qui, réunis à Toronto, ont rendu un hommage appuyé aux narco-dirigeants qui gouvernent la Colombie et à la démocratie de façade qui y règne.

Les FARC  qui avaient appelé à l’abstention et dont le mot d’ordre a manifestement un écho de masse ont tiré  Le bilan politique de cette sinistre mascarade dans un communiqué dont COMAGUER a assuré la traduction qui suit

 

  

FARC-EP :

 

« Le triomphe illégitime de la continuité "

 



Avec la victoire illégitime de la continuité, désavouée par l'abstention des citoyens, le pays est entré dans un processus de radicalisation de la lutte politique dans lequel le peuple sera sur la première la ligne du front.


Tous les rouages de l'Etat, toutes les ressources mafieuses du gouvernement, ses pratiques délictueuses de fraude de corruption, de chantage et d'intimidation, ont été mis au service de la victoire du continuisme  cherchant ainsi désespérément un bouclier contre   la mise en accusation imminente d’Uribe par le peuple et par la justice, face  à  une gestion criminelle et néfaste pour le pays.


Le régime d'Uribe a été la tentative la plus sérieuse pour imposer un violent projet politique néolibéral d'extrême-droite basé sur le paramilitarisme. Son gouvernement passera dans l'histoire comme le plus honteux des décennies récentes, le plus meurtrier de la population civile, le plus soumis  à la politique des États-Unis, et pour cette raison, le plus systématique provocateur d’instabilité dans les  relations avec les pays voisins.


Pendant ces huit années ont gouverné le mensonge et la tromperie, la manipulation et la l’escroquerie. Uribe et le continuisme firent croire que leur politique de sécurité était  pour tous, alors qu'en fait, elle a affirmé, par la répression, les profits  des investisseurs privilégiés, qui accrurent le chômage et la pauvreté. Ils firent croire  que la défense de la souveraineté  consistait à se mettre dans les mains  du gouvernement de Washington et  à transformer la Colombie  en un pays sous occupation militaire d’une puissance étrangère.

 

Ils ont réussi à se poser en champions de la lutte contre le trafic de drogue, alors que  le président Uribe lui-même, la DAS et le général Naranjo, ont une longue histoire qui les lie à la mafia de la drogue. Ils disent au  pays qu'il n'y a ni guerre ni conflit armé, mais il y a le Plan Patriota et l'invasion des Etats-Unis ...


La sécurité démocratique et l'impunité sont  une mystification. Cela revient à  choisir comme président le ministre de la défense qui a  encouragé ces crimes contre l'humanité. Cela Consiste à distribuer des terres à l'agro-industrie paramilitaire, parce qu'elle possède la puissance  financière que n’ont pas les paysans pauvres. Cela consiste  à subventionner ou à donner en toute sécurité des fonds publics à des entrepreneurs de l'agro-business qui financeront  les campagnes électorales. La sécurité démocratique ce sont les charniers avec plus de 2000 cadavres comme il en existe à côté de la base militaire de la Macarena et plus de 4 millions de paysans déplacés par la violence d'Etat. C’est le mensonge au sujet de la fin de la guérilla bolivarienne des FARC-EP et s'inquiéter de la vitalité d'une organisation qui lutte dans des conditions difficiles  pour une nouvelle  Colombie comme l’ont reconnu ses organes  militaires en mai. La sécurité démocratique consiste à changer la Constitution pour répondre à un intérêt particulier lorsque cela est nécessaire et à 'avoir une majorité de  parasites au Congrès, à  saper l'autorité des tribunaux, aux applaudissements des inconditionnels. Ca consiste  également à répartir des positions bureaucratiques, des impôts et des contrats, et à se servir du gouvernement pour devenir riche sans aucune préoccupation morale .


La défense abjecte du militarisme effectuée  par Uribe et son appel à la création de nouvelles lois garantissant l'impunité de l'armée, annonce ce qui va arriver au cours du mandat présidentiel de Juan Manuel Santos. Sa plainte cynique et ses lamentations pharisiennes  pour protéger  un tortionnaire assassin, comme Plazas Vega, des hauts commandants militaires et l’ex-président Belisario Betancur, responsable de l'holocauste du Palais de Justice, sont la preuve pathétique de son effort pour se soustraire à partir de maintenant à  de futures accusations contre lui. Et, bien sûr, comme un moyen d'enraciner les paramilitaires narcotrafiquants à la direction de l'État, avec toutes les protections juridiques pour faire disparaître,  torturer et assassiner les opposants. La « justice militaire » qu’Uribe  réclame est une recherche d’impunité pénale comme en témoigne l'histoire récente de Colombie.


La défense véhémente de l’ancien directeur président de la DIAN et "Cellule" Mario Aranguren, qui ont commis des infractions en faveur d'Uribe et sans doute sur ses ordres, prouve l'acabit de ceux qui aspirent à maintenir  caché non seulement son passé criminel, mais la bassesse indigne de sa pratique comme gouvernant.


Nous sommes au début d’un nouveau quadriennat de l'offensive de l'oligarchie contre le peuple à tous les niveaux, enveloppé  d’officielles promesses mielleuses sur une victoire militaire  comme cela a été répété sans cesse depuis 46 ans sans se soucier ni  sans parler de s'engager à surmonter les causes qui sont à l’origine du conflit.


La profonde crise structurelle qui affecte la Colombie n'a pas de solution dans le continuisme. L’ultra- droite néolibérale, croyant qu'elle peut encore la résoudre par le haut, en a appelé à l'unité nationale sans le peuple, dans laquelle règnent seules les ambitions de ceux qui agriculteurs profit de la sécurité des investisseurs: les groupes financiers, des entreprises et les propriétaires fonciers, les groupes paramilitaires, des partis comme les piranhas se disputent les dépouilles du pouvoir, les médias dominants qui applaudissent les succès remportés en litres de sang de la politique de guerre ...Là d’aucun côté on ne voit le peuple  parce que la prospérité de ceux-là est fondée sur la misère et l'exploitation de ceux d’en bas, les exclus.


Le bicentenaire de la proclamation de l'indépendance doit ouvrir la voie à la lutte du peuple pour ses droits, pour la patrie, pour  la souveraineté, la justice sociale et la paix. Le changement des structures injustes est possible avec la mobilisation et la lutte de tous les gens de leur dignité. On ne peut rien attendre des massacreurs  embarqués dans le pouvoir d'État. Seule la lutte unie peut nous  conduire à une nouvelle Colombie. Comme nous sommes entrés de Marquetalia en 1964: nous sommes prêts à rechercher des solutions politiques aux conflits, tout en réaffirmant que notre décision de nous consacrer totalement aux  changements et aux intérêts du peuple, est irréversible , indépendamment des circonstances, des obstacles et des difficultés qu’ils  nous imposent. La justice sociale attend  de  réussir grâce à la mobilisation du peuple.

 


Secrétariat de l'état-major des FARC-EP.


Montagnes de  Colombie 21 Juin 2010


 

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