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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 14:15

JEU DE PISTE EN FRANCAFRIQUE

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NOUVEL EPISODE : ANTONOV 26

https://www.youtube.com/watch?v=E70Lq94Kezk

Le crash en mer tout prés de l’aéroport d’Abidjan d’un ANTONOV 26 reste entouré de beaucoup d’imprécisions.

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Rappel de quelques faits incontestables avant de poursuivre l’enquête.

L’AVION :

L’ANTONOV 26 est un avion cargo léger à usage principalement militaire qui peut même être utilisé comme bombardier. Conçu en URSS  il s’est beaucoup vendu – au total 1386 exemplaires produits -  d’abord dans les pays du bloc de l’Est mais ensuite dans de nombreux autres pays. Il est agréé par l’Agence européenne de sécurité aérienne depuis 2009 et d’un usage très répandu en Hongrie, Pologne, Lettonie et Lituanie.

Ce bi-turbopropulseur qui continue une longue carrière alors que sa fabrication a été interrompue en  URSS en 1986  et reprise à Kiev (Ukraine) entre 1991 et 1999 a une capacité de transport de 5,5 à 6 tonnes  ou 40 passagers et peut être utilisé soit pour des opérations de largage par parachute soit pour  des livraisons ordinaires sur des aérodromes.

LE CRASH

Il a lieu Samedi 15 Octobre au matin. Dans le meilleur des cas s’il a été fabriqué en Ukraine  l’avion a au moins dix huit ans. Les photos prises par des amateurs locaux et qui sont disponibles sur le net montrent un avion cassé en deux et échoué en bordure d’océan à peu de distance de l’extrémité sud de la piste de l’aéroport international Félix Houphouët Boigny d’Abidjan.

Les dépêches de presse divergent : pour les unes il s’agit d’un  accident à l’atterrissage pour d’autres au décollage. Sur la destination ou la provenance de l’avion  autres divergence : pour les un il s’agirait de Ouagadougou pour les autres de Bamako.

Autres imprécisions sur la météo : s’il est même question pour certains commentateurs de météo « apocalyptique », les images disponibles ne montrent rien de semblable : la mer est assez agitée mais pas tempétueuse et si l’hypothèse de l’accident au décollage est retenue, pourquoi avoir pris le risque d’un décollage dans de très mauvaises conditions météo.

LA COMPAGNIE AERIENNE

Les marques sur l’avion sont clairement celles d’une compagnie moldave siège à Chisinau la  VALAN INTERNATIONAL CARGO CHARTER LTD qui selon son site internet officiel exploite 3 ANTONOV 26 et une dizaine d’hélicoptères lourds et qui effectue des missions pour diverses agences de l’ONU voire même. Une dépêche ajoute que l’avion serait propriété dune compagnie canadienne BOUVIER et donc simplement loué par VALAN.

Cet ANTONOV 26 serait-il le produit d’un vol d’un avion propriété d’Etat par des cadres moldaves au moment de la chute du bloc de l’Est ? Les cas de privatisations sauvages de matériel militaire  ont été nombreux après 1991. L’enquête sur le crash pourra le dire. 

Le fait que l’armée française ait affrété l’avion a été reconnu officiellement. Une imprécision subsiste : cette compagnie moldave a-telle contractée directement avec l’armée française pour ce vol ou est-elle le sous-traitant de la compagnie française PEGASE AIRDROP  créée en France par Pierre Louis de Rande un officier supérieur à la retraite qui a déjà effectué plusieurs missions pour l’armée française et dont le nom apparait ici et là dans les dépêches.

Il n’est pas difficile d’imaginer que des équipages moldaves même bien formés n’aient pas des niveaux de salaire équivalents à ceux d’équipages français travaillant pour PEGASE AIRDROP. Il convient également d’observer que les crédits OPEX votés par le Parlement sur lesquels sont payés ces opérations de l’armée française à l’étranger sont aujourd’hui épuisés comme les années précédentes en fin d’exercice et que l’armée est obligée de faire baisser autant que possible les prix de ces prestations dont les factures  doivent être prélevées sur le budget ordinaire du Ministère.

QUE CONTENAIT L’AVION ?

L’équipage moldave qui a péri et des militaires français blessés. Sur certaines vidéos on peut distinguer des personnes s’extrayant seules de l’avion brisé.

Y avait-il du matériel ? Quel matériel ? Aucune information ne filtre.

 

LA VERSION MINIMALISTE DE L’ETAT MAJOR DES ARMEES

Le bruit du crash a très vite attiré sur la plage des  habitants des zones voisines ce qui a permis de disposer d’un certain nombre de photos d’amateurs intéressantes. Mais très vite les autorités ivoiriennes – la tour de contrôle très proche a perdu très vite tout contact avec l’appareil et a donc pu donner l’alerte. Quant à l’armée française elle a pu être prévenue par téléphone par les militaires français à bord de l’appareil. Toujours est-il que très vite les autorités ivoiriennes et les soldats du 43° BIMA installés à proximité ont été présents sur place et ont, comme on dit, « sécurisé » la zone.  Donc à part les blessés évacués sur l’hôpital militaire de la base française, rien n’a pu être vu de la cargaison de l’appareil  (que transportait-il ? était-il plein ?) dont les morceaux ont été rapidement tirés à terre.

Pour l’armée française l’appareil était en mission logistique dans le cadre de l’opération BARKHANE. Un point c’est tout.

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DES PISTES DE REFLEXION

L’opération BARKHANE est une opération antiterroriste conduite par la France dans le Sahel en partenariat avec les cinq pays concernés : Tchad, Niger, Mali Mauritanie et Burkina Faso dans le Sahel dont le PC est à N’Djamena. La France y occupe une place importante. La distance aérienne entre Abidjan et N’Djamena atteint 2200 km. D’autres bases militaires françaises sont également impliquées l’une à Dakar (4400 km de N’djamena), l’autre à Bamako (3100 km de N’djamena). Mais Ouagadougou d’où venait ou où allait l’avion est beaucoup plus proche de la zone du conflit.

L’opération BARKHANE dure, coûte cher, mobilise 3000 hommes et beaucoup de matériel. Ses résultats sont discutés, les troupes françaises ne sont pas bien acceptées par les populations de la zone  et la visite d’Emmanuel Macron à Gao dés le mois de Juin tout comme son insistance à mettre en place le G5 Sahel censé appuyer BARKHANE  et la politique libyenne de l’Elysée montrent qu’un débat a lieu à Paris sur les conditions de la poursuite de cette opération. Pour autant la zone n’est pas pacifiée puisqu’il y a peu 4 soldats des forces spéciales US ont été assassinés au Niger.

Par ailleurs la présence à Abidjan des 950 hommes du 43° BIMA  installés dans le camp de Port Bouet et qui ne sont pas comptés dans les effectifs de BARKHANE montre que la France tient à maintenir une forte présence militaire dans un pays où les intérêts du Capitalisme français sont importants et qu’elle ne peut en tant que puissance néocoloniale être indifférente à la sourde tension politique existant en Côte d’Ivoire à l’approche de la fin du mandat présidentiel de l’homme qu’elle a porté au pouvoir par un coup d’état militaire : Alassane Dramane Ouattara. Le personnage est aujourd’hui immensément riche et son départ en retraite, fortune faite, permettrait de limiter les risques des soubresauts de son impopularité.

L’habillage « BARKHANE » du crash de l’ANTONOV 26 à Abidjan est commode mais peut cacher d’autres opérations plus discrètes tant le verrouillage médiatique de l’accident organisé par la France en harmonie avec le pouvoir ivoirien a été rapide.       

lieu de la chute

lieu de la chute

JEU DE PISTE EN FRANCAFRIQUE - EPISODE ANTONOV 26
JEU DE PISTE EN FRANCAFRIQUE - EPISODE ANTONOV 26
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