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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 13:43

A propos des accords de MINSK

Notre bulletin n° 342 comportait une erreur qui n’en altérait pas la portée mais qui nécessite avec nos excuses une rectification. Nous voulions parler des accords de MINSK et non pas de KIEV comme écrit par mégarde.

Les accords de MINSK avaient pour objectif de suspendre la guerre civile lancée en Ukraine par le nouveau gouvernement après les émeutes de Maïdan. Le renversement en Février 2014 du gouvernement légal et la fuite du Président Yanukovich qui aurait été assassiné par les putschistes s’il n’avait été exfiltré in extremis par l’armée russe permettent l’installation au pouvoir d’un gouvernement, d’un parlement et d’une administration où les groupes d’extrême-droite sont présents et très actifs.

Ce coup d’Etat est favorisé par les Etats-Unis et par l’Union Européenne qui y voient l’occasion de couper les liens : historiques, linguistiques, culturels, économiques profonds entre l’Ukraine et la Russie et d’intégrer l’Ukraine dans le bloc occidental via l’OTAN et l’UE. Il fait suite à la « révolution orange » de 2004 soutenue par les mêmes mais qui s’était achevé par un échec et une nouvelle victoire du parti des régions de Yanukovitch.

Ce coup d’état violent et ses objectifs ne sont pas acceptés par toute la population ukrainienne. Dés Mars 2014 la Crimée, région autonome demande par référendum son rattachement à la Fédération de Russie qui accepte. Deux autres régions de l’Est du pays (Donetz et Lougansk) organisent un referendum d’autodétermination qui débouche le 11 mai 2014 sur une déclaration d’indépendance.

La réaction du nouveau pouvoir de Kiev est immédiate, c’est la guerre. Il s’agit bien d’une guerre entre ukrainiens puisque la Russie, qui a mis ses troupes en alerte à la frontière n’intervient pas militairement.

Un premier accord MINSK 1 organisé sous l’égide de l’OSCE vise à un cesser le feu. Il est signé le 5 Septembre 2014 entre le gouvernement de Kiev et les républiques sécessionnistes. Il ne tient pas et les combats reprennent.

Une nouvelle réunion se tient à MINSK dans la capitale du Belarus les 10 et 11 Février 2015. S’y retrouvent cette fois les présidents Hollande, Poutine et Poroschenko et la chancelière allemande Angela Merkel. François Hollande et Angela Merkel représentent l’UE qui a entretemps signé un accord d’association avec l’Ukraine et qu’elle pour ambition à lus long terme l’intégration. L’accord MINSK 2 prévoit un cesser le feu et une autonomie accrue à définir pour les deux républiques de Donetsk et Lougansk. Il ne donne pas plus de résultats que le précédent.

Le 19 Octobre 2016 les 4 signataires de MINSK 2 se retrouvent à Berlin mais la situation reste inchangée. Si de Mai 2014 à cette date, l’intensité des combats a été variable et des périodes de calme ont alterné avec des périodes de combats, la position profonde du gouvernement de Kiev n’a pas changé : il refuse de reconnaitre les pouvoirs établis dans ces deux régions et la sécession de fait des deux républiques qui ont dû s’organiser pour survivre. D’autre part, les rapports de force au sein du pouvoir ukrainien font que le Président et le Gouvernement peuvent feindre de rechercher une solution politique mais en pratique ils laissent les groupes fascistes organisés, y compris sous l’uniforme de l’armée légale, continuer la guerre.

Cette situation fait irrémédiablement penser à ce qui se passe pourtant bien loin de l’Ukraine, en Colombie. Là bas réitérant une politique mensongère déjà utilisée à d’autres périodes le gouvernement négocie des accords de désarmement avec les FARC mais laisse les paramilitaires, groupes fascistes autonomes bien identifiés par l’armée régulière, jamais poursuivis, continuer de semer la terreur.

En Janvier 2017 les attaques contre le Donbass reprennent.

Les accords de MINSK et en particulier la rencontre très difficile ayant débouché sur les accords de MINSK II ont en fait permis à la Russie de démontrer, preuves en mains, que toutes les interventions militaires que lui étaient prêtées par la propagande occidentale (comme également la destruction en vol de l’avion de ligne malaisien) étaient sans fondement, qu’elle ne cherchait pas à envahir l’Ukraine. Elle voulait pousser le gouvernement de Kiev à la négociation et à signer un document cautionné par l’Union Européenne représentée par la France et L’Allemagne dans lequel il s’engageait à un cesser le feu et à rechercher une solution politique à la crise. La mine piteuse des Hollande, Merkel et Poroshenko au matin de la nuit de négociation du 10 au 11 Février 2015 montre bien qu’ils avaient été mis en demeure de ravaler leur narration officielle de la crise ukrainienne : « c’est la faute à la Russie », pris comme des enfants les mains dans le pot de confiture.

Passé ce mauvais moment, ils allaient en réalité continuer à laisser la bride sur le cou aux fascistes de Kiev et au gouvernement complice.

Revenons donc à la crise démographique ukrainienne. Pour l’ONU la guerre civile en Ukraine aurait fait 10000 morts. Sur l’émigration ukrainienne, le Haut Commissariat des Nations Unies minimise les chiffres qui sont très éloignés de ceux avancés dans notre bulletin précédent : 600 000 seulement alors même que la seule Russie annonce de son côté avoir accueilli 800 000 personnes.

Ce traitement des chiffres par l’Occident est décidément une plaie qui colle à l’Ukraine. Cette fois ci il s’agit d’une minimisation. L’autre cas plus connu est celui de la fameuse « famine » en Ukraine en 1932.

L’affaire commence en 1935. Le 18 Février le Chicago Tribune qui appartient à Hearst magnat de la presse Us ouvertement pronazi, publie des données fabriquées par l’Allemagne hitlérienne et annonce 6 millions de morts pour cause de famine organisée par Moscou. L’affaire n’est pas oubliée et à son arrivée au pouvoir Reagan relance la croisade anti soviétique. C’est alors que fort opportunément et avec le soutien des ukrainiens réfugiés aux USA après avoir collaboré avec le Reich l’historien Robert Conquest, ancien du MI5 britannique publie son livre : « La moisson de la douleur » . Il met en circulation le chiffre de 14 millions de morts « du fait du génocide » qui va continuer à être repris sans vérification y compris par des historiens de métier. Ce livre fait suite à un autre qu’il a publié en 1969 : « la grande terreur » où il reprenait sans plus de recherches les chiffres allemands de 1935, entre 5 et 6 millions de morts.

La réalité qui correspond non pas une volonté « génocidaire du monstre Staline » mais à une période de pénurie (qui ne concerne pas que l’Ukraine) provoquée par la guerre sociale intense entre les gros paysans riches ( koulaks) et la masse des paysans pauvre engagées dans le processus de collectivisation des terres et à des épidémies qui en URSS comme ailleurs faisaient beaucoup de victimes avant l’invention des antibiotiques - la grippe espagnole des années 20 a fait plus de 20 millions de morts - s’établit dans tous les cas à un chiffre bien inférieur qui ne peut être fixé rigoureusement pour des raisons qu’explique Annie Lacroix-Riz dans l’article (1) d’où est extrait ce paragraphe sur les morts en Ukraine

« Un Chiffre doublement irrecevable :

1° Alain Blum le déduit d’estimations démographiques, puisque l’URSS ne fit aucun recensement entre 1926 et 1939 : or, entre ces dates, dans le cadre d’un boom industriel voué, depuis le début de la grande crise capitaliste, à la défense contre la menace allemande, eurent lieu de gigantesques mouvements de population interrégionaux, affectant particulièrement l’Ukraine agricole collectivisée. La faible croissance de la population ukrainienne entre les deux recensements n’autorise donc pas l’équivalence : déficit démographique égale morts de famine;

2° le mode de calcul de l’estimation est absurde : Alain Blum s’est aligné sur des statisticiens russes qui en 1990 ont regroupé la décennie 1930 de pertes présumées - 6 millions - sur la seule année 1933. »

(1) http://www.reveilcommuniste.fr/article-ukraine-33-famine-ou-desinformation-un-article-d-annie-lacroix-riz-40080616.html

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Permanence de la déformation de l'information sur l’Ukraine :

Les réfugiés /émigrés ukrainiens d’aujourd’hui échappent aux radars médiatiques occidentaux (voir bulletin 342) qui ont menti tant sur la « révolution orange » que sur Maïdan. Ils n’écrivent jamais que « Poroschenko tue son propre peuple », il laisse simplement ses complices fascistes le faire et va faire l’innocent à Minsk.

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