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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 10:00

LA MAISON BLANCHE INCENDIEE !

 

A l’approche du 15° anniversaire des attentats du 11 Septembre en même temps que de l’anniversaire de la déclaration d’une guerre d’un nouveau type contre un ennemi indéterminé, permanent et universel : « la guerre contre le terrorisme », il n’est pas inutile de se remémorer la première déclaration de guerre de la jeune république étasunienne.

Déclarées ou pas, souvent fabriquées à partir d’incidents fictifs les guerres constituent la trame très serrée de l’histoire de ce jeune Etat.

Cette première déclaration de guerre se fait en 1812 dans ce qu’on peut appeler le respect du « droit des gens ». Le président Madison demande au Congrès des Etats-Unis de déclarer la guerre à la Grande-Bretagne et obtient son accord.

Ce même Madison quelques années auparavant avait prononcé des phrases définitives sur le phénomène guerre :

« De tous les ennemis de la liberté publique, la guerre est peut-être le plus à redouter parce qu’elle comprend et développe le germe de tous les autres. La guerre engendre les armées qui sont à l’origine des dettes et des impôts. Et les armées, les dettes et les impôts sont les instruments connus pour placer la majorité sous la domination de quelques-uns.

Dans la guerre, le pouvoir discrétionnaire de l’exécutif est étendu. Son influence en ce qui concerne les postes, les honneurs et les émoluments s’accroît et tous les moyens pour séduire les esprits sont ajoutés à ceux pour soumettre le peuple par la force.

Le même aspect vicieux du républicanisme peut être découvert dans l’inégalité des fortunes et dans les possibilités de fraude, qui s’accroissent dans l’état de guerre tout comme dans la dégénérescence des mœurs et de la morale qu’elles engendrent.

Aucune nation ne saurait préserver sa liberté au milieu d’une guerre continuelle. »

James Madison le 20 avril 1795

 

Comaguer a apprécié le caractère prophétique de la dernière phrase sous la plume d’un orfèvre !

 

Bien sûr le tout jeune Etat ne se lance pas immédiatement dans des opérations militaires massives dont il n’a alors pas les moyens et n’envoie pas une puissante escadre bombarder et occuper Londres.

L’objectif est plus simple : annexer le Canada, colonie de sa majesté britannique. A l’époque les Etats-Unis à qui Napoléon vient de vendre la Louisiane en 1803 n’ont pas plus que le Canada encore atteint la côte Pacifique mais cette annexion ferait des Etats-Unis le plus vaste Etat du monde.

Pour la Grande-Bretagne l’actualité politique et stratégique prioritaire est en Europe : Il s’agit de casser le cou à l’empire napoléonien. Cependant Londres ne veut pas lâcher sans combattre cette colonie arrachée à la concurrence coloniale française par le traité de Paris en 1763.

La guerre, principalement circonscrite entre la région des grands lacs et la vallée du Saint Laurent, va s’étaler sur deux années avec des fortunes diverses. Côté canadien, donc côté britannique elle est menée par une armée de métier mais la guerre en Europe ne permet pas de libérer des effectifs importants. L’inattendu est la participation aux côtés des troupes britanniques de tribus indiennes confédérées sous la conduite d’un leader reconnu TECUMSEH.

Cette alliance a deux raisons principales :

  • Tant la colonisation française que la colonisation britannique du Canada à partir du 16° siècle ont été le fait de très petits nombres d’hommes arrivant dans un pays inconnu au climat rude qui ne pouvaient pas attendre des renforts rapides depuis les deux royaumes européens et qui n’ont pu prendre souche qu’en établissant des relations de bon voisinage avec les tribus amérindiennes.
  • Ce qu’ont pas contre constaté ces tribus amérindiennes qui se connaissent et pour lesquelles la frontière entre le Canada et les Etats-Unis ne constitue pas une séparation ni mentale ni concrète c’est que la jeune république née de la guerre est vorace de terres à conquérir et ne craindra pas pour ce faire d’exterminer les autochtones.

Jusqu’en 1814 l’issue de la guerre est incertaine, la mort au combat de TECUMSEH à l’automne 1813 a réduit la participation des amérindiens côté canadien mais la première défaite de Napoléon et son exil à l’ile d’Elbe permettent à la Grande Bretagne d’intensifier son effort de guerre sur le continent américain.

Elle va alors porter un coup redoutable aux Etats-Unis. Une escadre anglaise débarque au sud de Washington et des troupes fraiches font marche vers la capitale. Marche victorieuse conclue par l’incendie de la Maison Blanche et du Capitole qui est une réplique spectaculaire de l’incendie de York (ancien nom de Toronto) capitale de la colonie britannique par les troupes étasuniennes en 1813.

A la défaite militaire s’ajoute l’humiliation politique suprême : la capitale occupée par une armée étrangère et les lieux symboliques du pouvoir incendiés.

Le Président Madison qui a fui la capitale comprend alors qu’il faut finir la guerre.

Un traité de paix est signé à Gand en 1815 entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Il confirme les frontières antérieures entre la colonie canadienne et les Etats-Unis.

Les Etats-Unis ont perdu leur première guerre d’agression et cet évènement, on s’en doute, ne remplit pas las manuels d’histoire nationaux.

 

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