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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 11:47

 

« Le jour où De Gaulle est parti »

Sous ce titre, publié en 2012, le romancier Guy Konopnicki fait œuvre d’historien.

En effet, au soir du 27 Avril 1969, qui voit le NON l’emporter au référendum sur l’organisation des pouvoirs publics voulu par le Président de la République, De Gaulle, comme il l’avait annoncé lui-même, démissionne.

Conformément à la Constitution l’intérim est aussitôt assuré par le Président du Sénat, Alain Poher et s’ouvre alors dans la précipitation une campagne électorale imprévue.

A l’époque Guy Konopnicki, dirigeant de l’Union des Etudiants communistes, siège au comité central du PCF. Son récit est donc un témoignage de première main sur les débats au sein de la direction du Parti Communiste.

On y découvre que, au PCF comme dans l’ensemble des forces politiques, le débat ne porte pas sur le texte référendaire qui propose une réforme du sénat et un début de régionalisation questions qui dans l’après mais 68 n’agitent pas les foules mais bien sur la poursuite ou non du mandat présidentiel de De Gaulle qui devait s’achever en 1972.

Le PCF découvre pendant l’étrange campagne électorale qui s’ouvre pour la présidentielle que le départ de De Gaulle favorise un renforcement du « camp américain » dans la politique française. Ce renforcement prend deus formes : d’une part des connivences renforcées entre les centristes à la POHER, descendants du MRP de 1945 et la SFIO de Guy Mollet, d’autre part l’émergence à droite du courant libéral atlantiste incarné par Giscard qui achèvera le parti gaulliste en remportant la présidentielle de 1974.

Cette découverte va conduire l’appareil du parti à donner tardivement et secrètement aux militants fidèles la consigne de voter OUI alors que le parti fait officiellement campagne pour le NON. Sans succès !

Le bref passage qui suit a trait au choix du candidat du PCF pour cette présidentielle inattendue. Le débat porte sur l’éventualité d’une candidature de « gauche unie » avec la SFIO ou d’une candidature du PCF seul. La SFIO a choisi Gaston Defferre ….

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LE JOUR OÙ DE GAULLE EST PARTI (p.112)

 

« Député des Bouches-du-Rhône, l'ancien ministre du général de Gaulle affronte Gaston Defferre à Marseille depuis vingt ans. Il rappelle, bien sûr, qu'aux élections municipales de 1965, le maire de Marseille a refusé toute alliance avec les communistes.

- À Marseille, poursuit François Billoux, il s'est allié avec la pire des droites. Sa dernière recrue, un nommé Jean-Claude Gaudin, est un anticommuniste fanatique, aux ordres du consulat américain! Et je vous rappelle que pour battre la liste que je conduisais aux municipales, Defferre a bénéficié du retrait de toutes les listes de droite ! Franchement, Paul, je suis comme toi, attaché à l'unité des travailleurs, mais là, nous avons affaire à un homme du grand capital !

- La question d'une discussion avec Defferre ne se pose pas, tranche Georges Marchais, profitant de l'occasion pour se mettre en avant ... Nous devons maintenant choisir une personnalité capable de porter nos idées. Ce sera une bataille difficile, mais nous sommes contraints de la mener.

Le secrétaire à l'organisation a pris de l'assurance. Il rentre de Moscou où il est désormais reçu par Léonid Brejnev en personne.

Un silence tombe sur la réunion. Seuls les dirigeants les plus anciens osent intervenir, évoquant la possibilité de s'abriter derrière un compagnon de route.

- Malheureusement, remarque Étienne Fajon, il n'existe plus, dans la France d'aujourd'hui, de savants auréolés du prestige de Paul Langevin ou de Joliot-Curie. Les travailleurs comprendraient difficilement l'absence d'un dirigeant communiste reconnu dans cette bataille. Il me semblerait naturel de présenter le secrétaire général du Parti, en le dégageant temporairement de ses autres tâches. »

 

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Le candidat du PCF, Jacques Duclos recueillera 21% des suffrages ratant de peu le second tour qui verra Pompidou éliminer facilement Poher. Defferre recueillera lui 5% des suffrages, l’électorat de la SFIO l’ayant abandonné à la fois pour Poher et pour Rocard.

 

 

 

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