Quantcast
Mercredi 17 octobre 2012 3 17 /10 /Oct /2012 08:51

Du bon usage (éventuel) de la Cour Pénale Internationale

L’acharnement de la CPI à ne poursuivre que des africains lui a valu le sobriquet de COUR PENALE IMPERIALISTE. Une occasion vient de lui être offerte de démontrer qu’elle peut enquêter voire poursuivre des responsables militaires et politiques d’un pays qui fait partie des « amis des grandes puissances impérialistes » comme en atteste en particulier la présence massive de l’armée des Etats-Unis sur son territoire : la Colombie.
Il faut saluer l’initiative commune de trois organisations concernant des crimes contre l’humanité commis régulièrement dans ce pays.

Les trois organisations :



CENTRE EUROPEEN POUR LES DROITS CONSTITUTIONNELS ET HUMAINS (acronyme anglais et site internet ECCHR)
Ce centre a une double particularité :
Il met sur pied d’égalité les droits constitutionnels et les droits humains c'est-à-dire qu’il s’attache à confronter les droits reconnus dans une constitution nationale et les droits de l’homme, notion à caractère universel mais à spectre large et qui peut souffrir d’interprétations plus ou moins souples du fait d’un usage constant du vieux principe de la paille et la poutre.
Il a été fondé en Allemagne, est indépendant de tout financement anglo-saxon et recrute des juristes formés principalement en Allemagne et dans des pays voisins, d’où le qualificatif européen. Son secrétaire général s’est fait connaitre en tentant de lancer une action judiciaire contre DONALD RUMSFELD créateur des prisons illégales de GUANTANAMO et ABU GHRAIB.

ASSOCIATION COLOMBIENNE CAJAR :
Colectivo de abogados José Alvear Restrepo, collectif d’avocats de défense des droits de l’homme en Colombie (http://www.colectivodeabogados.org/Qui-sommes-nous)

CONFEDERATION SYNDICALE COLOMBIENNE CUT.
Affiliée à la Confédération syndicale internationale pro-occidentale (CSI) elle est cependant consciente des manœuvres du gouvernement colombien pour occulter ses responsabilités dans cette politique anti syndicale meurtrière (voir le bulletin Comaguer n°243 et sur le blog Comaguer)
viennent de déposer le 09.10.2012 un mémoire au bureau du procureur de la Cour Pénale Internationale.

Deux raisons à cette démarche :
- Le militantisme syndical est une activité sociale très dangereuse, bien que légale, en Colombie : 3000 militants ont été assassinés ces trente dernières années, dont 775 depuis 2002 date à laquelle la Colombie a adhéré à la CPI. Beaucoup d’autres ont été intimidés, menacés et maltraités. La Confédération syndicale internationale affirme que plus de la moitié des assassinats de militants syndicaux commis dans le monde l’on été dans la seule Colombie.
- Depuis l’adhésion de la Colombie à la CPI en 2002 le procureur de la CPI a entrepris des enquêtes préliminaires sur ces crimes qui auraient du, vu l’ampleur et la consistance des faits, déboucher sur l’ouverture d’une instruction officielle permettant l’audition de témoins et l’approfondissement des recherches. Or rien n’a bougé en dix ans !
En conséquence, face à la permanence de cette activité criminelle et à la paralysie des enquêtes préliminaires de la CPI comme de celles de la justice colombienne elle-même, les trois organisations ont considéré que le moment était venu de demander l’ouverture d’une instruction.



Le mémoire déposé le 9 Octobre porte sur 5 assassinats de militants syndicaux bien circonstanciés, 2 commis par les paramilitaires, 3 par les force de sécurité gouvernementales, cas exemplaires d’une pratique massive de cette forme de crime contre l’humanité visant des civils exerçant une activité légale non violente.
Ce dossier doit permettre au Procureur de demander à la Chambre d’accusation l’autorisation d’ouvrir une enquête officielle en mettant en œuvre tous les moyens de la Cour.
Il souligne , chiffres à l’appui sur 30 ans, que l’activité criminelle antisyndicale en Colombie est un phénomène permanent d’une ampleur unique au monde, que 90 % des ces crimes sont restés impunis et que les rares procédures conduites par la justice colombienne ne s’en sont pris qu’à des exécutants et n’ont pas mis en cause les responsables civils ou militaires alors qu’il s’agissait d’une politique gouvernementale ce à quoi conclut une enquête officielle de l’Organisation Internationale du travail (OIT)réalisée en 2011 .
Il déplore les réticences de la CPI à avancer dans ce dossier et critique la passivité des autorités colombiennes qui n’ont pu qu’encourager les tueurs à poursuivre leurs exactions.



Il est éminemment souhaitable que cette démarche aboutisse et ce serait pour la CPI l’occasion de démontrer qu’elle est réellement indépendante et qu’elle peut poursuivre des dirigeants de pays puissamment soutenus par les puissances impérialistes ce qu’elle n’a jamais fait jusqu’à présent. Ce serait une première étape vers ce qui serait le sommet de sa réussite : inculper et condamner tous les responsables de génocides, crimes de guerre et crimes contre l’humanité qu’ils soient puissants ou misérables !
Mais ne rêvons pas : les Etats-Unis qui, sous l’impulsion de Clinton, ont été les promoteurs de la CPI ont pris soin de ne pas y adhérer eux-mêmes et Israël leur a emboité le pas.


Par comag
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 11 octobre 2012 4 11 /10 /Oct /2012 13:32


Cet article traduit du russe et publié par «Nouvelles d'U.R.S.S.», dans son n° 117, septembre-octobre 2012 apporte un éclairage intéressant sur la Syrie. En effet il souligne que le manichéisme enfantin utilisé par les gouvernements et les médias occidentaux : « démocratie » Versus « dictature », « bons » contre « méchants », « civilisés » contre « barbares » peut être avantageusement remplacé par d’autres catégories d’analyse plus fines et plus rationnelles.
Ainsi il affirme que la Syrie est un pays progressiste et pas réactionnaire ce qui est exact sur toute une série de critères : laïcité, protection sociale, formation …En même temps il trouve les positions du gouvernement russe trop timides ...



Les gouvernements successifs de la France préfèrent manifestement les monarchies réactionnaires : Qatar, Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis



Que diable sont-ils allés faire dans cette galère et vont-ils y rester longtemps ?



*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*

L'internationalisme prolétarien



LES IMPÉRIALISTES PRÉPARENT OUVERTEMENT LA GUERRE CONTRE LA SYRIE
Article publié dans le journal russe «Révolyoutsiya»,
N° 7-8 (19-20), 2012


Les impérialistes américains ne dissimulent pas leurs intentions de s'accaparer de la Syrie. Pour cela, ils utilisent le scénario utilisé précédemment contre la Libye: soutien actif à la «cinquième colonne» à l'intérieur du pays, déchaînement d'une opposition armée de mercenaires contre les troupes gouvernementales, le tout suivi de l'accusation du gouvernement en place d'absence de « caractère démocratique». Sans oublier non plus des fragments du scénario « irakien » : bruits de possession d'armes de destruction massive par le gouvernement indésirable.


Ainsi, selon ce qu'affirme « La Voix de l'Amérique», la Syrie disposerait de l'un des plus puissants arsenaux d'armes chimiques, dont l'ypérite, le sarin et autres substances toxiques. La « détention» de cette arme inquiète fort les vautours pentagoniens.
Toutes les victimes du conflit, indépendamment des causes réelles de leur perte, sont indistinctement attribuées aux troupes gouvernementales. Ainsi en a-t-il été avec l'assassinat massif des paisibles habitants du point de brancardage d'Al Quia le 25 mai, duquel les « insurgés syriens» et, à leur suite, l'O.N.D., ont hâtivement accusé l'armée régulière.


• A la conférence de presse de Damas, le chef de la commission d'enquête sur l' assassinat massif des paisibles habitants d'Al-QuIa, le général Dja¬mal Qasem As-Souleiman, a communiqué les résultats du travail de cette commission qui ont montré que la majorité des victimes était composée d’habitants de l’endroit qui avaient refusé de participer aux manifestations anti-gouvernementales au travail de sape et à porter les armes


*[ndt] Dans la version irakienne, ce bobard monstrueux a été lancé par le Britannique Tony Blair, escroc politique, criminel de guerre et dangereux terroriste d'envergure mondiale.


Les résultats préliminaires de l'enquête se basent sur des témoignages de témoins oculaires dont les noms ne sont pas divulgués dans l'intérêt de leur sécurité. Les témoins affirment que le massacre a été perpétré par un groupe de 600 à 500 sicaires parmi lesquels se trouvaient aussi bien des membres de bandes Locales que venus de contrées voisines.
La majorité des victimes de viols ont été des enfants.
Toutes les victimes ont été tuées ou bien par coups de feu tirés à bout portant, ou bien à l'arme blanche, mais il n'y a aucune trace sur leurs corps ni de bombardements, ni de tirs d'artillerie, ni de canons de chars.
Suivant la déclaration du chef de la commission, le but de l'action était de soustraire complètement le secteur donné au contrôle des autorités.


L'Organisation des Nations unies, comme chaque fois durant ces onze dernières années, s'est trouvée être un jouet aux mains des impérialistes. Les propositions de « régularisation pacifique» du conflit, élaborées par les représentants de l'O.N.D., sont rejetées et ne sont mises en œuvre ni par le gouvernement de la Syrie, ni par la «cinquième colonne» armée. Les impérialistes n'ont, eux, nul besoin de cette «régularisation pacifique»; ils ont besoin, bien au contraire, de nouvelles victimes, dont le sang permet d'augmenter la fortune des grosses sociétés.
Quant à la bourgeoisie russe, elle ne reste nullement non plus à l'écart du partage du gâteau» par ses compères occidentaux. Et les bâtiments de guerre de la Russie, sont-ils tantôt là, près des côtes de la Syrie, tantôt n'y sont-ils pas, l'essentiel est que l'on en parle en permanence et que les journalistes les utilisent pour bien montrer que l'élite de la F.R. est prête à se battre pour son « butin de guerre» du conflit qui se déploie impétueusement.


Cela étant, par l'intermédiaire des moyens d'information de masse et de propagande, ceux de chez nous comme ceux de l'Occident, un même torrent de désinformation se déverse sur la tête des citoyens: le régime de Bachar al-Asad, que nous, les bolchéviks, considérons comme un régime progressiste, est un «régime sanguinaire», rien d'autre. À la télévision de Russie on fait mousser les communiqués sur les nouvelles victimes dans la zone des hostilités dont la responsabilité incombe bien évidemment à l'armée syrienne, c'est à croire gue les sicaires tirent leur poudre aux moineaux sans blesser personne.


Toutes les tentatives (il faut dire assez timides et faiblardes) des autorités de Russie pour «prévenir» l'intervention en Syrie ne sont dictées par rien d'autre que par l'aspiration à défendre les intérêts des firmes transnationales russes dans ce pays. Même les livraisons d'armes au gouvernement syrien, dont les politiciens européens accusent notre pays, elles ne sont pas effectuées dans le but d'aider généreusement le gouvernement progressiste d'Asad, mais pour satisfaire nos marchands d'armes qui désirent seulement s'en mettre plein les poches grâce aux souffrances humaines.
Sn fait, l'irruption des troupes américano¬OTANiennes en République arabe syrienne est une question résolue et la direction de la Fédération de Russie le sait. L'information a filtré suivant laquelle les forces des unités mécanisées et celles de la protection contre les mines préparent l'évacuation de Syrie des citoyens de Russie. Cela signifie que l'intervention directe en R.A.S. n'est plus très loin.
La raison pour laquelle les États.-Unis ont soudain ressenti le mécontentement du gouvernement syrien est fort prosaïque. À la base de la guerre civile qui sévit en Syrie, il y a l'éternelle aspiration de l'impérialisme à l'obtention du profit. Avoir le contrôle des ressources de pétrole de ce pays, voilà la raison pour laquelle la guerre a été déclenchée, voilà la raison pour laquelle les impérialistes ont organisé l'assassinat massif d'innocents.
Ces jours derniers, on a de nouveau recommencé à parler de la prochaine crise, de 1a chute imminente des prix mondiaux du pétrole et des conséquences néfastes que cela aura sur l'économie de marché de la Russie. Les experts a affirment qu’en en cas de chute du cours du baril de pétrole à moins de 60 dollars, le célèbre Fonds de stabilité de la Fédération de Russie. ne suffira que pour une semaine ... La bourgeoisie se prépare déjà à sauver les biens qu'elle a pillés moyennant les «blocs de mesures anticrise», à peu près comme ceux-là même qu'utilisent à présent les gouvernements de Grèce, d'Espagne et d'autres pays d'Europe. Ces mesures consistent en baisse et gel des salaires, réduction de toutes les garanties sociales et en licenciements massifs. C'est de cette manière, aux frais du peuple laborieux que les capitalistes tentent de sauver du krach la base de leur économie: le système bancaire.
Mais, pour la bourgeoisie, l'issue la plus commode pour sortir de la crise économique, c'est la guerre. La guerre fera grimper les prix du pétrole, ouvrira de nouveaux débouchés pour la vente d'armements, de substances toxiques, etc., tandis que, par la même occasion, elle permettra, de manière absolument légale, de mater le mouvement ouvrier qui prendrait de «mauvaises tournures». Aujourd'hui, la guerre est devenue indispensable aux impérialistes, elle leur accordera encore un petit sursis jusqu'à l'effondrement de leur régime gangrené jusqu'à la moelle et qui ne se maintient plus que par la force de ses baïonnettes.
Tous les communistes, toutes les organisations ouvrières, toutes les organisations de jeunesse, tous les honnêtes gens du monde doivent s'unir étroitement pour résister à la soldatesque impérialiste qui passe toutes les bornes.
Nous, les combattants de la Jeune Garde des bolchéviks de toute l'Union soviétique (J.G.B.tUS; sigle russe: VMGB), avec nos camarades aînés du P.C.B.T.U., déclarons:


« Impérialistes et sionistes, bas les pattes devant la Syrie! »


NON à la nouvelle guerre au Proche-Orient!

Par comag
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 26 septembre 2012 3 26 /09 /Sep /2012 12:49

Le MOSOURPA, Mouvement pour la SOUveraineté et le Respect des Peuples d'Afrique, est une association créée à Marseille en 2011. Son nom exprime trés simplement ses buts. 

Son Président d'honneur est le professeur de droit international Robert Charvin, ancien doyen de la Faculté de Droit et de Science politique de Nice.

 

Elle vient d'adresser un courrier aux présidents de tous les groupes parlementaires de la nouvelle Assemblée Nationale. Nous le reproduisons ci-aprés.

 

 

 

afrique2.jpg

 

 

 

 

 

 

MOSOURPA

Mouvement pour la souveraineté et le respect des peuples d’Afrique

61 Rue Consolat

13001 Marseille

 

                                                                                                              M.  XXX

Président du groupe  XXX

Assemblée nationale

126 Rue de l’Université

75355 Paris 07 SP

 

 

Monsieur le Président,

Vous ignorez peut-être que le précédent gouvernement de la République a organisé en 2011 un coup d’état dans un pays étranger. Tel est pourtant le cas.

Le 28  novembre  2010 se tenait le second tour des  élections présidentielles en Côte d’Ivoire. Deux candidats restaient en présence : d’un côté le président sortant LAURENT GBAGBO, de l’autre le dirigeant d’un mouvement sécessionniste qui avait  pendant huit ans soustrait par la violence des armes la moitié du pays à l’autorité du gouvernement légal : ALASSANE DRAMANE OUATTARA.

 

Sous la pression de la France et de ses alliés  le gouvernement légal reconnu par toute la communauté et les institutions internationales a accepté d’organiser cette élection dans des conditions d’extrême précarité. En effet, la division du pays  et la présence sur la moitié du territoire de bandes armées qui y faisaient régner la loi de la jungle depuis huit ans et faisaient campagne pour le candidat OUATTARA le pistolet mitrailleur à la main, ne pouvaient permettre la  libre expression des citoyens vivant dans ces zones.

Malgré cette situation le président LAURENT GBAGBO,  qui a laissé s’exprimer son adversaire dans les zones policées du pays,  a gagné l’élection dont le résultat a été  proclamé par le Conseil Constitutionnel, conformément à la Constitution ivoirienne.

 

La République française a refusé le résultat des urnes et le 11 avril 2011, elle a imposé par la force militaire en bombardant le palais présidentiel, le candidat battu : Alassane DRAMANE OUATTARA. Ce jour-là, Le président GBAGBO a échappé à la mort mais a été enlevé et séquestré sur le sol de la Côte d’Ivoire avant d’être enlevé une seconde fois pour être livré à la Cour Pénale Internationale.

Dix-huit mois après ce coup d’état qui rappelle les pires heures de la colonisation, le nouveau Président et son entourage ont installé dans ce pays une véritable dictature. Installé par un putsch il gouverne en putschiste : opposants emprisonnés, assassinats politiques, opposition politique et presse muselées et atteintes permanentes aux libertés publiques tant par la police du régime que par les bandes armées qui le restent.

 

Le MOSOURPA entretient des liens très étroits avec la population ivoirienne et souhaite vous rencontrer pour vous apporter  de nombreux témoignages sur l’état dramatique des droits de l’homme en Côte d’Ivoire.

La France en imposant par la force un dictateur en Côte d’Ivoire, est en train de ruiner le crédit dont elle pouvait encore bénéficier sur le continent africain.

 

Il vous appartient de réfléchir avec votre groupe et dans les commissions de l’Assemblée Nationale aux conséquences désastreuses pour notre pays de cet acte colonial d’un autre âge qui va le faire détester par tous les peuples d’Afrique, et vous disposez à l’Assemblée des tous les moyens d’investigation  nécessaires pour vérifier que nous disons vrai.

 

Dans l’attente de cette rencontre que nous espérons proche tant la dégradation de la situation ivoirienne est rapide, nous vous adressons, Monsieur le Président, nos salutations citoyennes respectueuses.

 


 

Marseille le 21 Septembre 2012

 

 

 

Par comag
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 25 septembre 2012 2 25 /09 /Sep /2012 13:50

En japonais DIAOYU se dit SENKAKU

En chinois SENKAKU se dit DIAOYU

 

Deux mots pour désigner la même réalité géographique : 8 ilots rocheux – en fait 5 iles et 3 cailloux -  inhabités dont le plus vaste couvre à peine 4 km2. A environ 200 kilomètres au nord de Taiwan, à environ 400 kilomètres au sud de l’ile japonaise d’Okinawa et à environ 300 kilomètres de la côte de la République Populaire de Chine.

Ces quelques cailloux perdus en Mer de chine orientale ne devraient pas susciter beaucoup d’intérêt. Pourtant ils sont au centre d’une crise internationale entre la Chine et le Japon qui pour l’instant n’a pas fait de victimes mais a fait monter la température politique dans les deux pays, au niveau des gouvernements comme à celui des opinions publiques, chacun revendiquant la souveraineté sur l’archipel.

 

 

 

    diaoyu.jpeg

 

Origine du conflit

Les documents de droit international sur le sujet ne sont pas légion, la question de la souveraineté sur ces ilots déserts  et leur éloignement en mer n’ayant pas beaucoup préoccupé les pays voisins et leurs diplomates dans les temps anciens.

A partir du 14° siècle l’archipel est connu car il se trouve sur la route maritime reliant l’empire chinois au royaume de Ryükyü. Ce royaume insulaire indépendant dont l’ile d’Okinawa est le centre  va durer du 15° siècle au 19° siècle et connaitra une période de grande prospérité aux 16°et  17°siècles.   Il est un  carrefour d’échanges entre la Chine le Japon et la Corée et permet aux empires rivaux de contourner les interdits commerciaux officiels entre ces pays. Des échanges culturels intenses accompagnent ces échanges commerciaux comme en atteste le patrimoine architecturel et artistique du royaume où les trois influences extérieures : coréenne, japonaise et chinoise sont visibles. Le statut des Diaoyu/Senkaku n’est pas clarifié mais le géographe japonais Hayashi Shibei qui établit une carte de la région en 1785 les considère comme territoire chinois en leur attribuant le seul nom de Diaoyu. Il ne fait que suivre le mouvement général : les cartes de l’époque qu’elles soient établies par des chinois ou par des navigateurs européens rangent toutes  les ilots parmi les possessions chinoises et les colorient comme la Chine. D’autre part il est établi que le royaume de Ryukyu payait tribut à l’empereur de Chine dont il était de fait le vassal.

En 1879 le Japon, profitant de l’affaiblissement de la Chine, annexe le royaume. Le roi Sho Tai est destitué et, affublé d’un titre de marquis, installé de force au Japon. Le royaume devient alors la préfecture d’Okinawa. Cette annexion est confirmée par le traité de Shimonoseki (1897). Mais ce traité qui vient concrétiser la défaite chinoise dans la guerre sino-japonaise de 1894-1895 ne mentionne pas expressément les Diaoyu. Dans ce traité le Japon enlève Formose (aujourd’hui Taiwan) à la Chine et va ensuite tenter d’argumenter en disant que les ilots situés entre Formose et Okinawa font partie du lot.

La politique impérialiste du Japon contre la Chine se poursuivra jusqu’à sa défaite et sa capitulation en 1945, mais dés la Conférence du Caire en 1943 à laquelle participe Tchang Kai-Chek avec Churchill et Roosevelt les revendications de la Chine nationaliste pour la récupération des terres chinoises annexées par la Japon Impérial sont retenues. Taiwan doit revenir à la Chine comme les Diaoyu gérées à l’époque par le « préfet » japonais de Taibei (version japonaise de Taipeh). Le communiqué final de la conférence de Postdam confirmera les accords passés au Caire.

Le nom japonais de Senkaku apparu en  1900 ne sera utilisé par la diplomatie japonaise qu’à partir de 1950. En effet, après sa capitulation le Japon est absent de la scène diplomatique, mais la prise de pouvoir par les communistes à Pékin et le repli des nationalistes chinois défaits sur Taiwan crée une division entre chinois dont le Japon entreprend de tirer parti pour réintégrer les Diaoyu/Senkaku dans la « préfecture » d’Okinawa. Cette ambition est contrecarrée jusqu’en 1972, date à laquelle les Etats-Unis qui occupent massivement Okinawa en transfèrent l’administration  au gouvernement japonais. Il ne sera jamais question dans ce transfert des Diaoyu. Les Etats-Unis qui se rapprochent de la Chine évitent soigneusement de favoriser des ambitions japonaises qu’ils connaissent et ne les feront jamais leurs  sachant qu’elles sont contraires aux accords de fin de guerre et tant elles  leur paraissent dérisoires au regard de leur grande politique de rapprochement avec la Chine. On en restera là et, Japon excepté, aucun pays ne conteste la souveraineté chinoise sur les Diaoyu.

 

    diaoyu2.jpeg

La période actuelle

Il est bien loin le traité de Shimonoseki, ils sont bien loin les traités inégaux qui avaient vu la Chine tomber au rang de pays dominé, en partie envahi et colonisé. Bien que les relations économiques soient très intenses, le Japon très développé mais avec des taux de croissance faibles voire nuls, dépassé par son voisin en tant que seconde puissance économique mondiale, prend ombrage de cette nouvelle situation et voit se réveiller son vieux nationalisme impérial (le Japon a encore un empereur !). Il veut oublier sa capitulation et 1945 et entreprend de remettre en cause les accords de 1945. Il le fait avec la question des Iles Kouriles qu’il veut reprendre à la Russie et avec les Diaoyu/Senkaku qu’il veut reprendre à la Chine.

Cette politique va donner lieu à un premier incident diplomatique en 2010. Des chalutiers chinois pêchant dans l’archipel sont menacés par des patrouilleurs militaires japonais. Un des chalutiers réagit vigoureusement et vient tamponner les navires de guerre japonais. Il est arraisonné et son commandant expédié au Japon. Il est prévu de le faire juger pour violation des eaux territoriales japonaises. Le gouvernement chinois proteste, les Etats-Unis ne disent rien, le Japon se trouve isolé et l’incident diplomatique qu’il a fabriqué tourne court. Le commandant du chalutier est libéré sans procès. Il  rentre en Chine comme un héros.

Pour autant le Japon ne change pas de politique et il va tenter de profiter de la nouvelle stratégie des Etats-Unis dans le Pacifique annoncée en 2012. Cette stratégie confirme la zone Pacifique comme la région clé du monde et  la Chine comme adversaire principal dans cette région. Le Japon pense donc pouvoir compter cette fois sur l’appui des Etats-Unis pour relancer son offensive sur les iles Diaoyu/Senkaku. Les manœuvres politiques débutent au printemps 2012. Elles consistent à lancer une campagne pour faire acheter les iles qui seraient propriété privée d’un citoyen japonais par le gouvernement. Il s’agirait d’une sorte de « nationalisation ».

Les discussions se poursuivent entre la municipalité de Tokyo  qui pourrait également se porter acquéreur et le gouvernement. Le 10 Juin, la veille de l’ouverture du débat parlementaire sur la question,  six membres du parlement japonais se rendent sur les iles. Le 7 Juillet le premier ministre Yoshihiko Noda confirme qu’il négocie l’achat des iles au propriétaire privé.

Le 15 Aout, 14 ressortissants chinois qui avaient débarqué sur les iles sont arrêtés par le Japon. La droite japonaise riposte en envoyant dix de ses militants ultra nationalistes sur les iles.

Le 24 Aout, Yoshihido Noda annonce que les iles sont partie intégrante du territoire japonaise. Deux jours plus tard il précise que la négociation pour le rachat de 3 des iles à leur propriétaire par le gouvernement est en cours. Enfin le 5 Septembre l’accord avec le vendeur est obtenu. Le contrat est signé le 11 Septembre.

Voici donc la crise ouverte dans toute son intensité par un face à face des deux gouvernements aux niveaux les plus élevés.

S’ouvre alors en Chine une  période d’importantes manifestations de rue. Elles ont d’autant plus de succès que la manœuvre japonaise ravive les très mauvais souvenirs de l’invasion du pays par le Japon. Commencée en 1931 par l’attaque de la Mandchourie et poursuivie en 1937 elle ne s’est achevée qu’en 1945. La guerre sino-japonaise a donc duré 14 ans, elle a fait plus de 10 millions de morts côté chinois et les pratiques de l’armée japonaise ont laissé de très mauvais souvenirs. Les manifestants s’en sont pris  violemment à de nombreux signes de la présence économique japonaise en Chine : voitures, magasins de téléphonie …Des chinois de la diaspora ont manifesté dans de nombreux pays.

 

Mais elle est devenue internationale et multiforme. En voici quelques aspects :

  • Les Etats-Unis après avoir imprudemment laissé la Japon avancer vers le conflit ne veulent pas d’une crise de grande ampleur entre leurs deux principaux créanciers. Léon Panetta, le secrétaire du Pentagone s’est rendu très récemment à Pékin  et,  d’après le communiqué officiel de la rencontre, il a  reconnu que les iles étaient chinoises.
  • La position extrêmement  prudente voire embarrassée des Etats-Unis qui voudraient bien que la crise ne s’amplifie pas  tient également au fait qu’ils ont une présence militaire très importante sur l’ile d’Okinawa – ils occupent 20 % du territoire – et que toute position trop favorable à la Chine pourrait conduire le gouvernement NODA à relayer  les revendications de  la population d’Okinawa qui manifeste sans succès depuis des décennies pour le départ des troupes US.
  • La crise a  rapproché encore plus le régime de Taiwan de la Chine Populaire. En effet taïwanais et chinois du continent considèrent que les iles sont chinoises et rejettent avec une égale vigueur le coup de force politique de Tokyo. La question de l’exercice de la souveraineté par Taipeh ou Pékin ne les divise pas et, dans l’état actuel de leurs relations, les deux Etats trouveraient la solution  à l’exploitation des ressources de la zone en matière de pêche ou d’exploitation à venir de ressources pétrolières sous-marines. Là encore l’embarras des Etats-Unis est extrême face à une Chine en voie de réunification.
  • Le président  chinois HU JINTAO et son probable successeur XI JINPING ont  réaffirmé  que la Chine ne reconnaitrait jamais la souveraineté japonaise sur les iles. En même temps le gouvernement a pris une série de décisions concrètes  manifestant un refroidissement notable des relations entre les deux pays. A quelques semaines du Congrès du Parti Communiste chinois la crise va favoriser les tenants d’une politique de fermeté vis-à-vis des Etats-Unis.
  • Sur le plan du droit international la Chine a déposé auprès de la commission spécialisée de l’ONU sur le droit de la mer un dossier montrant que les Diaoyu se situent sur le  prolongement du plateau continental chinois et qu’elles doivent donc  être considérées comme se situant dans la zone économique exclusive (ZEE) chinoise. A contrario le rattachement à l’archipel japonais d’Okinawa n’est pas fondé puisque une fosse marine de 2000 m sépare l’archipel des Diaoyu de celui d’Okinawa et de la ZEE japonaise.

Petites iles, grands effets !

 

   

Par comag
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 30 août 2012 4 30 /08 /Août /2012 21:35

Un communiqué de la présidence de la République en date du 23 Aout nous a appris qu'à l'occasion d'un entretien téléphonique avec le Premier Ministre britannique, François Hollande avait "souligné l'engagement de la France à apporter un soutien effectif à l'opposition syrienne , y compris sur le terrain".

 

Comme sur le terrain l'opposition ne s'exprime qu'à coup de mortiers, de lance-grenades, de bazookas et de fusils mitrailleurs, le Président de la République vient d'engager officiellement  la France dans une nouvelle guerre.

 

Hollande a remplacé Sarkozy mais il s'allie avec Cameron pour faire la guerre en Syrie comme Sarkozy l'avait fait en Libye.

 

Il est urgent de s'opposer à cet abus de pouvoir et à cette nouvelle aventure militaire désastreuse .

 

COMAGUER a signé l'appel du COMITE VALMY qui suit


 

Appel à faire cesser l’agression contre la Syrie et à refuser la participation de la France à celle-ci
Comité Valmy


(www.comite-valmy.org)

 

À TOUS LES FRANÇAIS

Nous sommes aujourd’hui l’objet d’une longue et importante campagne médiatique qui nous abreuve de mensonges à propos de la Syrie. Cet acharnement des médias de la pensée unique a pour but de nous faire accepter la participation de la France à une agression criminelle contre un pays souverain, qui fut longtemps un pays ami et que nous avons aussi, autrefois occupé sous mandat de la Société des Nations. Cette agression que subissent déjà l’Etat-nation et le peuple syrien, viole les lois internationales, les traités signés par notre pays, notre constitution et nos lois.


Ainsi :

Comment qualifierait-on, en France, l’appui que donneraient l’Allemagne, la Suisse ou l’Espagne par exemple, par la mise à la disposition de bases, d’armements, d’argent, de munitions, de matériel de communication, de service de propagande sans nuance, à des groupes armés et fanatisés, ces groupes attaquant notre gendarmerie, notre police, détruisant à l’explosif les trains, les aéroports, les lignes électriques, assassinant fonctionnaires, journalistes, élus, choisis sur critères ethniques ou religieux ? Que diraient les Etats-Unis si le Canada ou le Mexique se livraient contre eux à des attaques semblables ?

Qui est tué en Syrie ? La moitié des morts estimées entre 17 et 20.000 par les occidentaux appartiennent aux forces gouvernementales, dites de « répression ».

Le seul correspondant accepté par nos journalistes et les médias en France, leur source unique concernant la situation en Syrie est une officine partisane (une seule personne en réalité) pilotée par les services secrets britanniques, l’autoproclamé « Observatoire Syrien des Droits de l’Homme ».

Comment qualifiait-on chez nous pendant l’Occupation la radio et les journaux inféodés à l’ennemi du peuple et de la nation ? « Radio Paris est allemand ».

Même si, et beaucoup d’entre nous ont conscience que ce n’est pas le cas, Bachar Al Assad était bien le dictateur affirmé par les médias du système, les Syriens qui refusent l’agression de leur pays souverain par des hordes étrangères seraient-ils pour autant des suppôts de cette prétendue dictature ?

La France et l’Angleterre sont entrées en guerre pour défendre la Pologne de Pilsudski, qui coopérait juste avant avec Hitler ; les millions de personnes qui ont dénoncé les guerres US contre l’Irak soutenaient le peuple irakien agressé et pas nécessairement Saddam Hussein.

Comment ose-t-on parler de « la communauté internationale », comme si elle était unie ou majoritaire, alors que les réunions organisées par l’OTAN et les émirats et rassemblant de pseudo « amis de la Syrie », concernent moins de population que la dernière réunion de Téhéran, le jeudi 9 août 2012, où plus de la moitié de la population mondiale était représentée ? Cette majorité des peuples, n’en déplaise aux pseudos « humanitaires » ou aux « bobos de gauche ou de droite », dénonce l’alliance agressive de l’OTAN, des euro occidentalistes, du Japon avec des émirs et les salafistes et djihadistes du Proche-Orient. Les peuples prennent conscience du risque grandissant de guerre mondiale qui ne pourrait être que nucléaire. Ils n’acceptent plus les guerres d’agression déclenchées sous des prétextes aussi divers que mensongers comme en Irak, Afghanistan (il n’y eut aucun ultimatum ni déclaration de guerre), Yougoslavie, Côte d’Ivoire, Libye, et qui aujourd’hui avec la Syrie servirait de détonateur à une conflagration généralisée.

Si la France officielle installée dans une logique de guerre et qui déjà soutient de différentes manières l’agression extérieure, notamment en fournissant des armements et des spécialistes aux extrémistes salafistes aux origines diverses, franchissait le pas de la guerre ouverte que certains réclament dans ses rangs, alors nous nous trouverions du mauvais coté, celui des fauteurs de guerre que nous imposent les politiques, les journalistes et les « élites » autoproclamées qui monopolisent le pouvoir au détriment de la souveraineté populaire.

Nous, organisations et citoyens d’horizons divers, de sensibilités différentes, estimons avoir le devoir d’alerter sur le péril imminent qui menace non seulement l’honneur et les valeurs de la France, les principes de notre République, mais également, au-delà, notre sécurité, notre vie et celle de nos enfants. Au nom de la paix et du respect de ces valeurs, nous demandons que cesse cette agression contre la Syrie, afin de briser l’engrenage d’une nouvelle guerre mondiale, que seuls les peuples peuvent empêcher.

15 août 2012

Cet appel ouvert à la signature des citoyens qui souhaitent contribuer à cette initiative, est initié par le Bureau national du Comité Valmy ainsi que par des personnalités et des militants d’organisations et de sensibilités diverses.


Signer : info@comite-valmy.org

 

Par comag
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés